24 décembre 2025

Check !


Sapin décoré par Elsa, jolie (et bonne) table (avec chaussettes de Noël pour tout le monde), messe de Noël (avec conte joué, enfants de chœur les yeux rivés sur leur téléphone), cadeaux attentionnés ou rigolos (Elsa voulait un kit bottes et ciré jaune, c'est fait), jeu participatif de Léo, Grand-Mère au top pour monter les escaliers,  musiques de Noël en boucle, humour, amour et Ferrero : je pense qu'on a coché toutes les cases. Noël, check !

Commentaire cadeau d'Elsa : "J'aime bien quand Noël feels like Noël !"

12 décembre 2025

Un concert...


...comme une fête d'amis à l'Institut du Monde Arabe, avec des invités de tous horizons rencontrés par l'artiste au fil de ses différents projets. Impossible de ne pas danser, et tout autant de ne pas être ému par cette voix envoûtante. Une joie partagée avec Nadia, pour encore plus de bonheur.

11 décembre 2025

Alegria

Je ne sais pas pourquoi les spectacles du Cirque du Soleil m'émeuvent à ce point. Peut-être parce qu'il n'y a pas tant d'espaces où deux heures durant, j'ai cinq ans et des yeux tout ronds grands ouverts, émerveillée sans aucun arrière-pensée. 

Peut-être parce qu'il y a quelque chose de bouleversant dans ce choix de vie des artistes - tout donner de soi pour créer du beau, partager de la joie, le temps de carrières courtes et précaires, toujours à la merci de la blessure de trop.

Peut-être pour cette recherche de la perfection sur tous les plans - performance acrobatique, costumes, lumières, décors, musiques...  

Peut-être parce qu'Alegria est le premier de leurs spectacles que j'aie vu, et que son sous-texte est d'une telle actualité : Laissez-vous envoûter par une ode acrobatique au pouvoir indomptable de l’espoir.Au cœur d’un royaume autrefois somptueux qui a perdu son roi, Alegría jette un regard sur la lutte de pouvoir entre l'ordre établi et un jeune mouvement animé par l’espoir de renouveau. Alors que le fou du roi tente maladroitement de s'emparer du trône, un désir grandissant de changement émerge pour défier le statu quo et faire jaillir la joie dans cet univers.

Un moment de poésie et de magie absolues. Et des rires d'enfants.

08 décembre 2025

Témoignage

Ce qu'il faudrait pouvoir expliquer quand je parle d'Elsa... et qui est si difficile à saisir pour qui ne le vit pas, et donc aussi certains jours, pour moi. 

"Mon handicap est variable. Et c’est ça, la double peine.

Parce qu’il ne se voit pas toujours. Parce qu’il ne se comporte jamais exactement pareil. Parce que mon autonomie dépend de mon état, et que cet état, je ne le choisis pas.

Il y a des jours où je suis parfaitement autonome, fonctionnel, efficace, presque « comme tout le monde ». Et puis il y a les autres jours. Les jours de crise. Les jours de burnout. Les jours où l’hyperstimulation me met à genoux.

Dans ces moments-là, je perds pied. Je ne comprends plus mon environnement, je ne sais plus où mettre mon énergie, et je peux devenir incapable d’accomplir les choses les plus simples. C’est comme si mon cerveau me retirait soudain l’accès à mes propres compétences.

Et c’est là que ça devient compliqué pour les autres.

On compare souvent avec les handicaps visibles. C’est humain : on visualise. Si quelqu’un n’a pas de jambe, on le voit. Ses jambes ne repoussent pas le lundi pour disparaître le mardi. Son besoin d’adaptation est constant, lisible, compréhensible. Même si il peut légèrement fluctuer.

Moi, non.

Je peux n’avoir besoin de rien un matin, et avoir besoin de tout l’après-midi. Je peux faire une conférence devant 200 personnes sans sourciller, et être incapable de répondre à un simple message le lendemain. Je peux paraître en pleine possession de mes moyens, tout en étant intérieurement en train de brûler. Et même pour moi, c’est déroutant.

Parfois, je ne me sens pas du tout en situation de handicap. Parfois, je me demande même si je n’ai pas exagéré. Et puis, sans prévenir, mon corps et mon cerveau me rappellent à l’ordre, et je me retrouve cloué au lit, vidé, incapable.

Comment, dans ces conditions, définir ce dont j’ai besoin ?

C’est presque ironique : parfois, le simple fait de savoir que j’ai accès à une adaptation suffit à m’éviter d’en avoir besoin. Par exemple, j’ai demandé une pièce pour me décompenser là où je suis en formation. La vérité, c’est que je ne sais pas si je l’utiliserai. Certaines semaines, elle me sera indispensable. D’autres, je ne m’en approcherai même pas. Mais savoir qu’elle existe, qu’elle est là si j’en ai besoin, c’est déjà une respiration. C’est un filet de sécurité. Et ce filet diminue ma charge mentale au point de m’éviter… d’y tomber.

Le handicap invisible est souvent jugé, minimisé, incompris. Non pas parce qu’il est imaginaire, mais parce qu’il est variable. Et parce que cette variabilité dérange les certitudes.

Je ne joue pas un rôle. Je ne mens pas. Je navigue entre mes capacités et mes limites. Et croyez-moi : j’aimerais, moi aussi, savoir à l’avance de quoi je vais avoir besoin."

Elvis Pastafiglia

04 décembre 2025

Lux(e)

Ce cercle de femmes bienveillant et chaleureux, je l'ai retrouvé avec plaisir - et au passage quelques vérités simples : je ne peux pas tout / je peux de temps à autre ne penser qu'à moi - "moi d'abord", prendre sans forcément donner en retour (un truc de dingue) / je suis aimée.

J'avais pour intention de rallumer ma flamme, retrouver ma lumière - intéressant que la réponse passe déjà par le corps - le repos, la sensation, habiter ce corps et en prendre davantage soin. Depuis le passage de la vague de désespoir je me sens infiniment fatiguée mais paisible d'avoir pu sentir le barrage s'effondrer, et d'être accueillie par une présence enveloppante et douce.

Je retiens : que je barbote dans des pensées sombres ou dans des souvenirs tendres, ma lumière est toujours là. Une flamme qui vacille parfois, mais ne s'éteint jamais. Et que pour agir avec précision  et justesse sur le réel il faut parfois prendre beaucoup de hauteur - comme la chouette harfang venue me visiter pendant le voyage au tambour.

C'est un luxe et une chance, ces temps non ordinaires que nous partageons, dans cet espace où il n'est rien qui ne puisse se dire, être déposé. Un îlot de résistance par la douceur et la profondeur, dans un monde qui ne connaît, de plus en plus, que le rapport de forces.

« Une génération de prêtresses émergera, capables de comprendre le langage de l’âme. » – Carl Jung

Nous y sommes. L’ère des nouvelles prêtresses s’élève sous nos yeux. Elles ne portent pas de couronnes d’or ni de robes de lin, elles ne résident pas dans des temples de pierre. Elles sont ici, maintenant, dans le tumulte du monde moderne, dans les ombres des cités, dans la clarté des montagnes, dans l’écho des océans.

Elles ne cherchent plus à convaincre. Elles savent. Elles sentent l’appel vibrer dans leur chair, dans leur souffle, dans chaque battement de leur cœur. Elles ne prêchent pas, elles incarnent. Elles guérissent par leur présence, éveillent par leur regard, transforment par leur vérité.

Les nouvelles prêtresses n’attendent plus l’autorisation d’exister. Elles osent. Elles prennent la parole, elles marchent avec force, elles redonnent à la sagesse ancestrale sa place dans un monde qui l’a trop longtemps exilée.

Elles dansent entre les mondes, tenant dans une main la science et dans l’autre la magie. Elles ne rejettent rien, elles unissent. L’invisible et le tangible, le sacré et le quotidien, l’ombre et la lumière. Elles comprennent que la véritable alchimie n’est pas dans la séparation, mais dans l’union des forces.

Elles réveillent la mémoire enfouie, se reconnectent aux savoirs perdus. Elles ne suivent plus des dogmes, elles suivent leur propre vérité. Elles honorent leur intuition comme une boussole divine, leur corps comme un temple, leurs paroles comme des sortilèges de création.

Elles ne sont pas seules. Partout, des âmes s’éveillent, se reconnaissent, se rejoignent. Un murmure devient un chant. Un chant devient un cri. Un cri devient un appel.

Les prêtresses d’aujourd’hui ne demandent pas la permission. Elles sont venues rétablir l’équilibre. Elles sont celles que nous attendions.

Et toi, sens-tu cet élan dans ton sang ?
Car moi, je le sens… 
Ariane Bouche

02 décembre 2025

Rose et vert

Ca continue de tourner, cette envie de collectif, d'engagement, d'agir au niveau local. Alors cet après-midi je suis allée à la rencontre d'un de nos élus municipaux, histoire de préciser un peu l'historique politique de la ville et de vérifier que j'avais bien saisi le positionnement de sa liste - rassemblement de gens de gauche et d'écologistes, avec une femme en tête de liste. L'échange était vraiment intéressant, du coup j'ai signé - banco pour faire partie du comité de soutien, d'un groupe de travail sur la santé et pour figurer le cas échéant sur la liste puisqu'il leur faut 45 noms. 

Une gauche un peu tiède à mon goût peut-être, mais les propositions plus radicales ne m'inspiraient pas complètement, ce qui a été confirmé par notre échange - le passif (maire sortant) et les tractations PC-LFI n'étant pas vraiment à leur honneur.

A quoi ça m'engage vraiment - je ne sais pas, j'ai bien précisé que si mon soutien était entier, ma disponibilité restait très limitée. Mais je suis repartie enthousiaste, avec le sentiment d'aller dans la bonne direction, de me préparer à faire ma part de colibri.

23 novembre 2025

Luluversaire

Peut-être parce que les dernières semaines avaient vraiment été grisâtres, cet anniversaire a eu une saveur toute particulière. A Samir j'avais demandé du calme et de la douceur, juste être au chaud tous les deux - je ne croyais pas si bien dire, il avait neigé quand nous nous sommes réveillés le dimanche matin. Et oui, tout était très doux. 

Le dimanche soir, ce mix inédit grands enfants-grandes amies j'ai trouvé ça génial - si fière des jeunes adultes qu'ils sont devenus, auprès de ces amies qui sont depuis leur naissance la famille qu'ils n'ont pas. Je ne sais pas si c'est mon hypersensibilité du moment, mais ça m'est vraiment allé droit au coeur cette configuration. 

Le luxe de n'avoir rien à faire aussi, zéro charge mentale (meilleur cadeau du monde en ce moment), se glisser les pieds sous la table sur laquelle fumait un délicieux bœuf bourguignon. L'idée d'un soufflage de bougies collaboratif (clin d'oeil à Léo) ! Et puis ce cadeau fabuleux - si depuis toujours ma date d'anniversaire se prête au cadeau "calendrier de l'Avent", je mesure ce qu'il a fallu de temps, de coordination et d'amour pour que je reçoive ce sac de 24 petits présents choisis personnellement par chacune - trois semaines et quelques de petits bonheurs à égrener jusqu'à Noël. Ca m'a émue aux larmes - il y a tellement de tendresse attentive dans cette idée.

21 novembre 2025

Va, Tosca


Il n'y a pas eu tant de transmissions de mon père, mais je peux lui reconnaître celle-ci, son goût pour l'opéra. Quelle chance de découvrir enfin Tosca, que j'ai beaucoup écouté, sur une scène aussi prestigieuse que l'Opera Bastille, avec rien de moins que Roberto Alagna comme ténor... c'était magnifique. Un vrai privilège que d'assister à la générale, avec une excellente vue sur la fosse d'orchestre (et d'y apercevoir Jean-Charles juste devant la cheffe d'orchestre).

13 novembre 2025

Le Noeud

Il est là constamment ces jours-ci. Coincé dans la gorge, la plupart du temps. Plus ou moins serré, plus ou moins volumineux - et le plus souvent il est impossible de distinguer le fil du chagrin du fil de l'anxiété - auxquels s'entremêlent parfois ceux de la colère et de l'impuissance. Il n'est pas nouveau, mais ce qui m'inquiète, c'est cette constance inhabituelle. Les réveils multiples. Les larmes à fleur de peau, pour un oui ou pour un non. L'ampleur du découragement. D'habitude ça va ça vient, je peux l'oublier des semaines, prendre un peu de recul, dédramatiser, me ressourcer. 

Parfois il monte à la tête et se transforme en migraine ou en nausée - ou me met en apnée, dans l'incapacité de prendre une respiration profonde. Mais je ne suis pas dupe, le corps va bien, c'est la tristesse qui s'enkyste, jusqu'au moment où le barrage craque - une soupape bienvenue de temps en temps. 

Double care

Interview dans Folie Douce de Nadège Erika, mère d'un jeune adulte en souffrance psychique et travailleuse dans le médico-social...  

"- C'est comme si elle, ma grand-mère, moi ou mes narratrices, ou tout un tas de femmes que je croise au boulot on avançait sur une deux fois deux voies, on fait deux fois notre boulot, le care dans la vie quotidienne - la vie familiale, personnelle, privée, intime, et le care dans notre vie professionnelle et on avance deux fois en parallèle et comme ça on est deux fois nous.

- Et sur ces deux voies-là vous êtes invisible et personne ne parle de ce que vous faites."

Elle dit très bien, l'indicible de la souffrance psychique - là où pour un autre enfant lui en souffrance physique elle a obtenu soutien et compassion, et l'invisible de ces métiers du care -  parce qu'il n'y a rien de glamour à s'occuper des pauvres, des malades ou des fous. Et la solitude des aidants. Et le fait que les aidants du quotidien soient, dans leur immense majorité, des aidantes.

L'appli qui propose une transcription des podcasts avait écrit, "le coeur dans notre vie quotidienne (...) et le coeur dans notre vie professionnelle", et ça résonne tellement juste... ce coeur qui s'épuise et puis repart, jour après jour. J'aime bien aussi cette phrase suspendue, "on est deux fois nous", qui dit si bien l'engagement du soi, la porosité des espaces parfois.

09 novembre 2025

Relier relire


Je me relie - à cette somptueuse nature d'automne, à Guilou que je n'avais pas vue depuis longtemps, aux craquements du feu dans la cheminée, à la présence tranquille des animaux, et à moi-même dans cet espace-temps où il n'y a rien d'autre à faire que de goûter le silence ou une parole pleine, comme j'en ai avec peu d'autres personnes. Nous relisons ensemble - les mois écoulés, le tissu de nos vies ou de celles de ceux qui nous entourent - et nous partageons nos questions, nos projets ou nos émotions - parfois ça déborde, parce que ce que nous mettons à distance ou sous des tapis épais nous rattrape dans l'avènement de cette parole, et c'est très bien ainsi. Fireplace is a safe place. Une place qui réchauffe, transmute, fait place nette pour repartir affronter ce qui suit.