25 octobre 2026

Légèrement décalé

C'était une invitation de Charlotte, sur la péniche, un groupe de formation animé par un doux pas si dingue qui affirme que notre cerveau peut via l'hypnose nous faire accéder à divers états de conscience sur commande, modélisant neurotransmetteurs et psychotropes à volonté. Et une occasion pour moi de me reconnecter à l'utilisation de l'hypnose sur le plan pro - ce que je fais peu alors que j'en constate la puissance quand je me lance. Bref, une proposition difficile à refuser !

On essaie ? La sérotonine : ...c'est comme un sol chaud sous les pieds... qu'on sent remonter lentement jusqu'au sommet... ou une lumière d'après-midi qui entre en diagonale... et rend tout suffisant... et l'horizon diffuse depuis le centre vers chaque extrémité... en prenant son temps... une présence à soi-même si tranquille... qu'elle ressemble à un bonheur ordinaire... qui s'installe... pour rester... tu es à ta place.

(Je ne sais pas vous mais moi ça va déjà mieux).

21 octobre 2026

Lava

 Je cuisine de moins en moins - nos différences d'habitudes alimentaires, avec Elsa, ça devient un gag, et pour moi seule, souvent une salade en été ou une soupe et des œufs en hiver c'est largement suffisant. A Paris, un classique de brasserie de temps en temps - un tartare par exemple, je ne mange presque plus de viande à part au restaurant (et donc pas souvent !). 

 Et puis il y a ces lieux exceptionnels où la cuisine devient un art, et où se laisser surprendre est un bonheur - parce que quel que soit le menu proposé, on peut être sûr d'aller de délice en délice. Chez Lava, prendre le menu Carte Blanche c'est accepter de ne pas savoir ce qu'il y aura dans les assiettes, et se laisser emmener dans un mélange de saveurs incroyable - c'est beau au regard - le dressage, la vaisselle, exquis au goût, ludique - deviner les parfums, les épices, les ingrédients derrière les textures et les mélanges inédits.

Il y a quelque de particulier pour moi dans cette façon de concevoir la cuisine, une émotion  que je ressens habituellement plutôt devant une expo, un film, une sculpture - quelque chose qui au-delà du plaisir du repas vient toucher mon admiration pour l'infinie capacité de l'humain à créer du beau, à partager de la joie - ici à transcender l'acte simple de manger. Les lieux comme celui-ci - il y en a d'autres bien sûr - me mettent en hypnose douce, ni repas du quotidien ni bistrot parisien pressé - c'est un autre monde.

17 octobre 2026

17 Octobre

 Ca avait bien commencé pourtant, avec toutes ces pancartes pleines d'humour et de créativité. Sauf qu'à posteriori... on se demande ce qui a commencé vraiment, ce 17 octobre. Ou ce qui avait commencé depuis longtemps déjà, mais qui nous a éclaté à la figure ce jour-là.

 Le 17 octobre, c'est ce jour où une manif pacifique a été gazée et nassée au démarrage. Ce jour où un orchestre de jeunes a délibérément été visé par des lacrymos et des grenades assourdissantes avant même qu'un cortège ne se forme. Ce jour où les informations contradictoires volontairement données sur les parcours ont amplement contribué au chaos et à la rage qui ont dégénéré en fin de la journée.

Pour ma part, je n'ai même pas pu entrer sur la place de la République, qui disparaissait sous les fumées noires au milieu des détonations. Partie pour ce qui devait être le parcours en soutien des jeunes - maman de jeunes adultes, psy pour les étudiants, il me semblait que ma place était plus là qu'avec les Gilets jaunes, je n'ai pu aller ni vers Nation ni vers Clichy. Avec Lalie nous avons marché vers Bastille, quittant la place avant que les manifestants errants ne soient, à nouveau, violemment dispersés. 

Avant, les violences policières, les mutilations et les gardes à vue de gamins réclamant des profs et des chaises ; après, les couvre-feux, les manifestations interdites, les réseaux sociaux censurés,  et les hélicos de surveillance au-dessus de Paris. Depuis ? Une classe politique à la dérive rivalise de propositions autoritaires, des groupes néo-nazis défilent en toute impunité et un homme est mort, et plusieurs autres blessés, expressément visés pour leur couleur de peau. Et demain ? Je ne sais pas. 

06 octobre 2026

Lutter est un aveu d'amour

...slogan proposé par l'Indéprimeuse. La pancarte sur la droite me fend le coeur. Et pourtant, cette mobilisation était magnifique - de joie, de créativité, de vitalité. Mais ces jours-ci... je suis suspendue aux informations. En boucle. Littéralement obsédée. Sommeil fracassé par les algorithmes.

Effarée de ce qui se passe. Ravie de voir que ça bouge enfin, et que cela commence par cette jeunesse à qui on promet un futur de cauchemar climatique, géopolitique, économique, et j'en oublie. Révoltée de la violence et de la surdité de dirigeants qui ne font même plus semblant d'être à la tête d'une démocratie. Heureuse de voir que les jeunes se politisent, pas dupes, et semblent se diriger vers le seul projet de gauche qui leur permet d'imaginer un autre avenir. Horrifiée de constater que nous n'avons pas attendu l'éventuel passage au pouvoir du RN pour adopter des méthodes fascistes. Amusée de voir que les médias jour après jour sont obligés de nuancer leurs propos, et même les plus conservateurs d'entre eux, devant l'impossibilité du déni. 

Espoir, colère, inquiétude, et joie tout de même. De voir que les adultes, parents, syndicats, membres de l'Education Nationale, élus de gauche, étudiants, élèves d'établissements privilégiés ou historiquement à droite rejoignent progressivement le mouvement. Je ne sais pas où nous allons, mais si c'est enfin ensemble, c'est déjà beaucoup !

Quelques pancartes percutantes :  "Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux : levons-nous !" / Je pense donc je gêne" / "Je leur apprends à lever la main, pas à baisser la tête" / "Les feux de poubelle, ça ne fait peur qu'aux ordures" / "On veut les Masters, pas les poulets" / "La voici, ta République en marche" <3!

04 octobre 2026

20 ans déjà !

Vingt ans que nous nous connaissons - c'est un rendez-vous annuel et une mise à jour de nos vies - et toujours une joie. Tout au long de l'année nous marchons sur nos chemins respectifs, et puis pour quelques jours nous marchons ensemble, et c'est bien ainsi. Sac à dos et chaussures de rando, et c'est parti.

Drôle de monde cependant, où l'on peut se baigner en octobre et où la crème solaire reste indispensable... aussi nous avons partagé nos inquiétudes, la violence de ce monde - et les répressions des manifestations lycéennes ces jours-ci, le climat, l'empoisonnement lent de ce que nous mangeons, l'inquiétude pour nos enfants... des discussions moins légères qu'auparavant peut-être, mais toujours du bonheur à nous retrouver.

Je me suis fait cueillir par une balade sur l'anse Du Guesclin, où sont déposées les cendres d'Hubert - je n'ai pas pu m'empêcher d'adresser un message à Paul, ému à son tour. D'être touchée par la beauté de cette plage de début du monde, juste en bas du gîte. De craquer pour les huîtres de Cancale, et les épices de Rollinger - j'ai ramené de la cardamome pour le café, et de la cannelle pour nos cinnamon rolls. De me baigner une fois, deux fois, trois fois, et jusqu'au dernier moment avant de reprendre le train - c'était inespéré. Et de faire une visite-surprise à Amaury, tout étonné de me voir débarquer. Un rab' de vacances, comme les deux week-ends précédents - je me suis bénie de ma décision de m'accorder enfin de vrais week-ends, ce qui n'était plus le cas depuis... pas loin de dix ans ? Parce qu'il faut vivre, pendant que nous sommes vivants. Demain qui sait ? Soyons heureux en attendant la fin du monde.

01 octobre 2026

Une autre famille

 Depuis aussi loin que je me souvienne, je n'ai eu de cesse de me faire adopter. Par les familles de mes amis, de mes amours, par des employeurs ou des équipes - dès que je gratte un peu dans mes souvenirs, je reconnais bien cette petite corde sensible qui vibre à la moindre occasion. Une inclination qui traverse ce blog aussi, dans lequel il est souvent question de famille de coeur.

Depuis à peu près aussi longtemps, je me suis intéressée à la philosophie, à la spiritualité, à ce qui en nous aspire à plus grand que nous. Aux débats, et aux conversations profondes. Au souci de l'autre, à la justice et à la solidarité. 

Et on peut y ajouter mon insatiable curiosité pour les expériences nouvelles et les chemins de traverse. Aussi ce soir, je crois bien que j'étais à ma place. Les mois qui viennent me le diront, mais j'ai été très émue d'être accueillie au seuil de cette nouvelle maison par deux de mes humains préférés.

23 septembre 2026

L'ancien monde ?

Ce soir, j'ai fait un bref passage à l'AG d'une asso locale - et ça m'a désolée. Des gens de bonne volonté sans doute, mais crispés sur des appareils politiques moribonds, et absolument pas prêts à s'ouvrir - à d'autres convictions, à de nouveaux outils, à de nouveaux projets ou à d'autres profils. Et même pas fichus de ne pas se tirer dans les pattes entre eux : toute ressemblance avec la primaire de gauche... et oui, justement. A minuscule échelle, j'ai vu se jouer ce dont nous sommes témoins à l'échelle nationale : une population vieillissante, pour ne pas dire en voie de disparition, crispée sur un narcissismes des petites différences et des a priori qui achèvent de les mettre hors jeu.

L'une d'elle a eu le malheur, ou la bonne idée, de pester contre le nombre de personnes rassemblées par LFI dans une autre salle locale - et il m'est apparu que de toute évidence, c'était là-bas qu'il fallait aller voir ce qui se passe. Pour me faire une idée par moi-même. Là-bas en effet : large groupe, dynamisme, créativité, pyramide des âges beaucoup plus diverse - bon, pour la couleur de peau ou les CSP on n'y est pas encore mais c'est tellement plus vivant... donc, affaire à suivre. 

20 septembre 2026

La vieille dame et la mer

OK "vieille dame" ça ne sonne pas très bien - mais c'est pour le clin d'oeil littéraire. Et puis, c'était la commande : Maman voulait voir la mer, après cet été étouffant dans son appartement. 

Elle nous a donc choisi une location avec vue mer - on ne peut plus près, même pas une route entre nous, la plage de galets et les cabines qui font la réputation de Cayeux. Et puisque la marche est difficile, nous avons visité Saint-Valéry en tuk-tuk ! Bien nous en a pris, 10 km de balades et en côte s'il vous plaît. Avant de nous régaler d'une incroyable planche fromages et charcuterie le midi.  

Samir nous a rejointes le samedi soir, le dimanche nous avons visité la Maison de la Baie de Somme, par un temps très couvert, et...le ciel s'est dégagé d'un seul coup, et nous avons déjeuné en terrasse à Mers-les-bains, sous un soleil radieux et devant des eaux bleu des mers du Sud - l'effet magique des galets gris.

17 septembre 2026

Drôle d'oiseau

J'avoue, ça me manque les rencontres improbables de CouchSurfing, ces humains atypiques qui débarquaient à la maison sur le mode J'irai dormir chez vous. Mais j'ai peut-être une nouvelle piste : c'est contraignant, l'échange de maisons, gérer l'intendance pour sortir Elsa et moi de la maison deux ou trois jours, alors je teste l'échange juste sur ma chambre : nous restons chez nous, je dors dans le salon et nous avons un.e invité.e à la maison. A la lecture du profil de Robin, j'avais un bon feeling, alors je lui ai proposé de dîner aussi avec nous. 

Excellente idée : il a vécu partout dans le monde (enfant d'expat'), a fait des études (et un doctorat) de mathématiques mais il a fondé son entreprise de reconnaissance/classement des oeuvres d'art via des outils informatiques, vit aussi partiellement de la photo et notamment de photos de mariages, et élève des poules de race dans son jardin ! 

Contact très facile et naturel (nous avons eu une discussion à bâtons rompus sur notre perception des hommes de 50 ans, et aussi sur les TDAH), plein d'anecdotes à partager et un vrai intérêt pour l'autre : il a donc eu droit à un exposé complet d'Elsa sur les Pullip et ils ont partagé leur passion mutuelle pour la photo. Une excellente soirée, et quelques points de plus sur Homeexchange : que demander de plus ? 

12 septembre 2026

Les copines c'est la vie !

Un week-end, au choix : sans enfants, sans hommes, sans parents, sans boulot (ou tout ça à la fois), où n'être en responsabilité de rien ni de personne : les vacances quoi ! On mange bien, on goûte (de délicieuses pâtisseries) à 11h, on boit bien aussi (du champagne bien nommé Histoire de famille, sur la plage), on fait les marchés (Deauville ET Trouville), on se baigne (oui, elle était bonne), on joue à Presque (cadeau de Léo), on se tire les cartes, on fait une séance de médiation improvisée pendant que nous rajeunissons visiblement grâce à nos hilarants patchworks de patchs aux collagène : vous êtes une carotte... vous sentez vos racines s'enfoncer profondément vers le centre de la terre, tandis que vos fanes s'élancent vers le ciel... (attention, au lapin !).