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Care Box
To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
20 septembre 2026
La vieille dame et la mer
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17 septembre 2026
Drôle d'oiseau
J'avoue, ça me manque les rencontres improbables de CouchSurfing, ces humains atypiques qui débarquaient à la maison sur le mode J'irai dormir chez vous. Mais j'ai peut-être une nouvelle piste : c'est contraignant, l'échange de maisons, gérer l'intendance pour sortir Elsa et moi de la maison deux ou trois jours, alors je teste l'échange juste sur ma chambre : nous restons chez nous, je dors dans le salon et nous avons un.e invité.e à la maison. A la lecture du profil de Robin, j'avais un bon feeling, alors je lui ai proposé de dîner aussi avec nous.
Excellente idée : il a vécu partout dans le monde (enfant d'expat'), a fait des études (et un doctorat) de mathématiques mais il a fondé son entreprise de reconnaissance/classement des oeuvres d'art via des outils informatiques, vit aussi partiellement de la photo et notamment de photos de mariages, et élève des poules de race dans son jardin !
Contact très facile et naturel (nous avons eu une discussion à bâtons rompus sur notre perception des hommes de 50 ans, et aussi sur les TDAH), plein d'anecdotes à partager et un vrai intérêt pour l'autre : il a donc eu droit à un exposé complet d'Elsa sur les Pullip et ils ont partagé leur passion mutuelle pour la photo. Une excellente soirée, et quelques points de plus sur Homeexchange : que demander de plus ?
12 septembre 2026
Les copines c'est la vie !

06 septembre 2026
Petits pas, la suite
Il y a presque 6 ans de cela, je listais nos petits pas - ceux qui permettent d'avoir une empreinte plus légère sur la Terre - ma part de colibri. Je constate avec plaisir qu'aussi petits soient-ils, ils restent plus ou moins d'actualité. J'y ajoute, de moins en moins d'achats de neuf, notamment pour l'habillement.
Aujourd'hui ce qui se construit c'est beaucoup le "ensemble", la chorale, Points Communs, la copropriété, l'adhésion à un syndicat, un soutien financier (très, très modeste) aux collectifs qui me paraissent œuvrer sur les thématiques les plus urgentes - information indépendante, écologie, droits de l'homme.
Est-ce que c'est suffisant ? Evidemment pas. Est-ce que ce sont des priorités de bobos ? Absolument. Mais encore une fois - ne rien faire n'est plus une option.
05 septembre 2026
Soudain
J'adore que le film ait été tourné dans un véritable Ehpad, laissant là aussi le hasard et la grâce s'inviter là où on ne les attendait pas. Le sous-texte politique est parfois un peu insistant (la scène avec le tableau blanc), mais c'est si beau de se dire qu'un réalisateur a eu suffisamment le courage de ses convictions pour faire confiance au spectateur pour le suivre jusqu'au bout de sa démonstration.
01 septembre 2026
Pas de cette oreille
Perte d'audition 3ème round, assorti de toute une famille d'acouphènes à l'intensité variable, et examens en cascade. Ces dernières semaines j'ai vraiment peur, c'est épuisant professionnellement et personnellement - me concentrer en consultation, être en groupe, prendre un verre, manger au restaurant devient systématiquement problématique - et la chorale, comment ça va se passer ? Evidemment c'est un cercle vicieux stress/fatigue/céphalées/acouphènes, qu'il va falloir enrayer avant que je ne me déprime complètement.
Caser les RV médicaux en même temps que la reprise du travail, c'est aussi de la fatigue supplémentaire - le point "rassurant", c'est que mon état n'est pas imputable qu'aux problèmes ORL : tension totalement dans les chaussettes, qui entraîne ou majore aussi les maux de tête, étourdissements et effondrements de fin de journée. Restent à faire une nouvelle IRM, un bilan biologique complet, et aussi vérifier ce qui se passe au niveau ophtalmique, ostéopathique et dentaire : tout ça se tient, et peut influencer... ou soulager au contraire. Wait & see... mais la recommandation de mon médecin, c'est quand même de lancer un dossier RQTH. Un peu dur à... entendre.
21 août 2026
Que la montagne est belle...
Mais depuis quelques années, je découvre la lune : il y a de l'eau aussi à la montagne ! (Mais nooon ?) Des lacs - d'abord à Annecy, puis en Suisse, ici à Saint-Gervais, de grandes piscines en plein air (à Chamonix, j'ai nagé dans le bassin olympique, les yeux grands ouverts sur le Mont Blanc), des torrents - la découverte de cet été, c'est le canyoning.
Kesaco ? Un jeu d'enfants, de la descente de torrents ultra-ludique, sauter dans les flaques et les cailloux, mais parfois de plusieurs mètres de hauteur (en toute sécurité, avec un guide), descendre en rappel dans les cascades, cheminer dans les rochers - parfois à quatre pattes - sur un site magnifique, au milieu de la forêt. J'ai adoré - je résiste rarement au bonheur d'expérimenter un truc nouveau - et c'est aussi un bel exercice de confiance - se jeter à l'eau et/ou dans le vide, parce que je vois que c'est possible - il faut juste faire ce petit pas, de ma propre volonté, confiance en soi - ou parce que le guide tient la corde de rappel d'une main ferme, confiance en l'autre. Nature somptueuse, éclats de rire sous la douche des cascades (une petite réminiscence de la Jamaïque, et une pensée tendre pour Halo), et franchement bluffée par l'intrépidité des jumeaux - aucune hésitation de leur part dans un parcours théoriquement destiné à des plus grands.
Quatre étés après Annecy, retrouver cette sensation de petite famille imaginaire, avec moins d'illusions mais toujours de la joie. Les jumeaux ont grandi, leurs différences s'affirment, et j'aime beaucoup le lien paisible et affectueux que nous avons construit.
Imrane me touche par son côté observateur silencieux et réfléchi (ça me rappelle quelqu'un je crois), parfois nettement agacé par les tourbillons impulsifs de Naïm comme de Samir. Nous partageons aussi le goût de la lecture, et je me suis régalée à l'entraîner dans une librairie pour choisir un bouquin avec l'aide du libraire - il n'était pas fan de celui qu'il avait emmené, et j'ai pensé à Pennac, et au droit imprescriptible de ne pas finir un livre quand on ne l'aime pas. Son enthousiasme quant à notre choix m'a fait tellement plaisir !
Et Naïm par sa sensibilité à l'autre et la finesse de ses réflexions comme de ses questions. Un petit échantillon ? Nous visitons une ravissante église baroque, il me questionne sur le "parloir" (confessionnal), je lui explique et lui demande en rigolant, tu crois que tu as des péchés à confesser ? Il me répond, oui, mais, tout le monde en a, non ? Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps solo avec chacun, mais pas le petit moment d'intimité où nous avons échangé sur sa sensibilité particulière et la façon dont ça impacte sa relation avec son frère et son père (à qui j'en ai touché deux mots). Notre lien a subtilement changé ensuite, sa confiance m'a émue.
Samir... n'a pas plus qu'avant de possibilité de mettre des mots sur ses émotions, mais je sais qu'il écoute ; et je le vois veiller à sa façon au bien-être de chacun, en prenant en charge toutes les conduites, en faisant les courses qui feront plaisir à l'un ou à l'autre, moi comprise, en donnant toujours à ses enfants le meilleur de ce qu'il peut. J'étais heureuse qu'il ne s'oublie pas tout à fait et de lui offrir le baptême de parapente qu'il s'était réservé. Lui s'est fait une joie de nous inviter dans un excellent restaurant le dernier soir, sa façon à lui de prendre soin.
Il y a eu des temps calmes aussi - de la lecture, de longues siestes, des brasses tranquilles dans le petit lac de Passy en fin de journée, une bière fraîche sur le balcon du chalet... juste vivre.
Je me suis réservé le temps d'une balade solo - un chemin de forêt ravissant partait juste derrière notre chalet. De grimper un peu au hasard, sans itinéraire arrêté - j'ai su que j'étais arrivée quand j'ai découvert une des nombreuses chapelles désertes des hauteurs, où je me suis arrêté un moment pour chanter. Un petit moment de grâce et de paix, de communion avec le plus-grand-que-soi, quel que soit le nom qu'on lui donne, et je trouve que les paysages de montagne, plus encore que la mer, renvoient à cela : nous sommes tout petits devant l'immensité, et pour ma part je trouve cette idée infiniment réconfortante.
12 août 2026
Paris, 2026 ?
Je suis rentrée chez moi ensuite - mais j'ai le cœur lourd. Sur la dalle, la chaleur et les tensions vont continuer de monter tout au long de cette dernière journée... et je suis hantée par ce qui se passera demain matin au lever du jour. Les associations promettent de ne pas les lâcher, d'orienter au mieux, de garder ensemble les personnes qui le souhaitent, mais comment ? Y aura-t-il quelques propositions décentes ? Des affrontements ? Il n'y a que des populations vulnérables dans ce groupe, et c'est leur nombre qui donnait un peu de poids aux négociations, mais une fois dispersés ? Et les obligations de l'Etat sur les hébergements d'urgence, on en parle ?
10 août 2026
Les deux devoirs : veiller et espérer.
Ce titre magnifique d'un chapitre des Misérables, retrouvé grâce au film Victor comme tout le monde. Le texte est à la hauteur, dont voici la fin :
L’avenir arrivera-t-il ? il semble qu’on peut presque se faire cette question quand on voit tant d’ombre terrible. Sombre face-à-face des égoïstes et des misérables. Chez les égoïstes, les préjugés, les ténèbres de l’éducation riche, l’appétit croissant par l’enivrement, un étourdissement de prospérité qui assourdit, la crainte de souffrir qui, dans quelques-uns, va jusqu’à l’aversion des souffrants, une satisfaction implacable, le moi si enflé qu’il ferme l’âme ; — chez les misérables, la convoitise, l’envie, la haine de voir les autres jouir, les profondes secousses de la bête humaine vers les assouvissements, les cœurs pleins de brume, la tristesse, le besoin, la fatalité, l’ignorance impure et simple.
Faut-il continuer de lever les yeux vers le ciel ? le point lumineux qu’on y distingue est-il de ceux qui s’éteignent ? L’idéal est effrayant à voir ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant, mais entouré de toutes ces grandes menaces noires monstrueusement amoncelées autour de lui ; pourtant pas plus en danger qu’une étoile dans les gueules des nuages.
Dans cette période, l'accélération des aberrations sociales, politiques et écologiques et l'approche des présidentielles m'amènent plus que jamais à une envie croissante d'action. Outre la librairie-café coopérative (et sa chorale pour garder de la joie), j'envisage fortement une inscription syndicale à la rentrée, la participation à des manifestations, et peut-être l'engagement dans l'action associative (je pense notamment à la LDH). Ce qui me ramène à la question du temps, non extensible, et de la part à garder pour... juste vivre, avec ou malgré tout cela... "Etre heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple", comme l'écrit Prévert.
Et aussi à des questions sur une autre vigilance, celle à ma colère comme moteur, à qui Jean-Yves Leloup souffle une ou deux pistes de réponse peut-être, comme un garde-fou bienveillant : Avant de descendre dans la rue, descendre en soi-même : QUI descend dans la rue ? écho à son fameux, Qui tourne la clé ? Descendre à partir de ce qui transforme la colère. Ou encore : revenir dans son axe, retrouver un espace en soi où il y a en soi un peu de paix et de bonheur, c'est par là qu'il faut commencer. Et après, à partir de ce lieu-là, agir.
Hier avec Marion nous sommes allées apporter des packs d'eau et de la nourriture sur le lieu d'occupation conjointe Samu Social / Utopia 56. Un enfer sur une dalle de béton brûlante, des femmes, des petits enfants, aucune réponse de l'Etat. Ce qui m'a appelée là-bas plus encore qu'ailleurs, c'est cette convergence entre les professionnels impuissants et les usagers, leurs souffrances en écho qui pour une fois se solidarisent. Ce que nous avons apporté - littéralement, des gouttes d'eau, dérisoires, pour une tentative qui a toutes les chances de se terminer par une évacuation brutale. Fallait-il ne rien faire pour autant ? Je crois que pour moi, ce n'est plus possible.
05 août 2026
Res-source

Allier le terrestre et le spirituel, la gravité et les rires, faire le marché, manger des confitures maison, je n'ai besoin de rien d'autre. Faire des projets de rando pourquoi pas, Belle-Ile, ou la montagne ? Je suis pleine de gratitude pour ces jours, qui m'ont comme ramenée chez moi : la simplicité, l'amitié, la nature - l'essentiel.

