11 juillet 2026

Eric

Papa, mon Papa, mon Papou.

Un mot qu'on ne dit qu'à une seule personne.

Ce qui nous a fait sourire en préparant ce texte, c'est qu'on a eu du mal à trouver de toi une photo où tu ne fasses pas le clown. Une grimace, la langue tirée, les dents de morse avec tout ce que tu trouvais, ou ce fameux sourire de travers — le sourire Baude, on en a tous les 3 hérité, merci papa.

Ce côté grand gosse te ressemblait tellement. On se souvient des batailles légendaires de pistolets à balles jaunes à travers la maison, des courses en ballon sauteur dans le couloir, de toi jouant avec les voitures télécommandées, ou envoyant les têtards morts au bout de ta sarbacane depuis l'appartement des Orres sur les gens en contrebas — et aussi de Maman te hurlant dessus quand elle l'a découvert. Cet humour tu l'auras eu jusqu'au bout : mardi dernier à l'hôpital, tu avais un capteur rouge lumineux au bout de l'index, tu pouvais à peine parler, mais tu as quand même trouvé le moyen d'articuler « E.T. téléphone maison ». Ce qui nous a valu un bon fou rire.

Indissociables de toi, il y a tes chiennes, tes « toutounes », qui ont toujours été le quatrième enfant de la maison. Sans doute les plus mal élevées de la famille, celles qui avaient tous les droits, qui partageaient ta glace ou ton gâteau, et qui t'accompagnaient partout, à la chasse comme ailleurs. La chasse cela voulait aussi dire te voir découper tranquillement un sanglier ou découvrir les bois de chevreuil cuisant dans la marmite le matin pendant qu'on prenait le petit déjeuner : bonne chance pour manger après.

Chasseur d’images aussi depuis que nous sommes tous petits, les tonnes de photos dans les albums photo de famille sont autant de souvenirs à garder de toi. Celles des photos de nature que tu nous as appris à regarder aussi, autant de souvenirs vivants de ton œil de photographe.

Grand bricoleur depuis toujours, Leroy Merlin a sans doute perdu un de ses plus gros clients détenteur de la carte Gold Platine. Il n'y a pas une seule pièce de la maison que tu n'aies refaite — salle de bain, cuisine, cabinet dentaire, salon, entrée, terrasse — souvent en attaquant les travaux un peu trop vite, parfois avec une vision pharaonique,, sans plan de bataille élaboré et nécessitant 36 allers retours au magasin. On avait toujours dit que tu t'arrêterais quand tu serais mort ; je crois que tu es parti avant d'avoir fini la salle de bains, ça nous ferait presque sourire. Et dans ton antre, dans cet atelier en bordel, il sortait de tes mains de magnifiques maquettes de bateaux, faites avec les outils de chirurgien-dentiste que Maman cherchait au cabinet.

La musique aussi a rythmé nos années. Toi, le son à fond sur les grosses enceintes du salon — des Beatles à Michael Jackson en passant par AC/DC, le classique, l'opéra, le jazz manouche — et Maman qui hurlait parce que c'était trop fort. Le tout à écouter de préférence sur le matériel dernier cri acheté en douce en pensant qu'elle ne le verrait pas.

Il y a aussi ce goût des belles choses que tu nous as transmis : collectionneur de beaux objets, de dessins, cette passion pour les brocantes à faire au lever du jour — même si cela voulait dire te suivre à vingt mètres derrière.

Et puis il y a les vacances. L'hiver aux Orres, à dévaler les pentes à fond, parce que si ça ne chauffait pas dans les cuisses, c'est qu'on n'attaquait pas assez les pistes. L'été à Batz-sur-Mer, initiant les garçons à la pêche sous-marine, a la plongée en apnée, tout ça pour ne ramener qu’une vieille. A fond sur le 4,20 de Jean-Pierre aussi, jusqu'à l'achever au large de la baie de La Baule et devoir se faire rapatrier par les sauveteurs en mer. C'est toi aussi qui nous à tous emmené chasser le mulet à l'épuisette dans le Traict les pieds dans la vase, en poussant de grands cris — pas sûr que ce soit très légal mais qu’est ce qu’on a ri.

Grâce à toi Philippe a très tôt bidouillé des ordinateurs, découvert ses premiers jeux vidéo, et finalement, indirectement, trouvé le métier qu’il fait aujourd'hui. Cécile bricole et crée dans son atelier a peu près autant en bazar que le tien et Xavier dessine encore mieux que toi.

Tout cela continuera à vivre à travers chacun de nous. Il y a une partie de toi qu'on retrouve chez nous trois, chez tes petits-enfants, dans les valeurs que tu nous as transmises, dans ce que nous sommes devenus et dans la fratrie que l'on forme.

Merci pour tout ça, pour tout le reste, et bien plus.

Sois heureux là-haut parmi ceux qui sont déjà partis — Maman, nos grands-parents, et tes nombreuses chiennes.

On t'aime, Papa.

10 juillet 2026

Papa Baude

Pour moi c'était la maison du bonheur - un papa, une maman, trois enfants, un chien, des albums photos pleins de sourires, une maison magnifique remplie de beaux objets, un grand jardin planté de pivoines et de souvenirs. Ado un peu perdue et pas très gaie, j'y ai trouvé une famille d'adoption, des années durant. Des fous-rires à en pisser dans ma culotte, des révisions de bac puis de partiels, des vacances, des repas de famille, une fête pour mes 18 ans et une autre pour ceux de Cécile où Marion a rencontré Guy, des baisers en cachette et des escaliers qui craquent, des chiens qui se succèdent avec toujours la même bonne bouille noire et blanche, des blagues de cul à table (shocking !), Starmania à fond dans les super enceintes du salon et l'odeur du tabac Amsterdamer. Cette maison je pourrais encore en redonner tellement de détails de mémoire... la petite chambre de Léone, les toilettes à mi-escalier, la couleur de la salle de bains des parents, l'odeur du parfum de Françoise, l'atelier d'Eric, la salle de jeux où nous avons fait des courses en sac, et tant d'autres.

Françoise est partie il y a quelques années déjà, et maintenant c'est Eric qui s'en va, et avec lui toute une part de mon histoire. Ce Papa Baude à qui j'avais envisagé de demander de m'accompagner jusqu'à l'autel lors de mon mariage, mon propre père semblant pour le moins ambivalent à ce sujet. Hier nous nous sommes tous retrouvés à Batz - un autre lieu familial lui aussi marqué de tant de souvenirs, baptêmes, mariages, obsèques. C'était triste et doux de voir ou de revoir des êtres qui font ou ont fait plus ou moins partie de ma vie depuis si longtemps, mais grandis, ou vieillis, riches d'enfants ou de petits-enfants, de penser aux absents aussi. Ca s'appelle comment une amitié où l'on connaît non seulement toute la famille mais même les amis de la famille de l'autre sur plusieurs générations ? (Un trésor, probablement). 

Je me suis fait cueillir plusieurs fois - par la maquette de bateau sur le cercueil, par les mots de Cécile, Xavier et Philippe pour leur père, par le contact du cercueil sous ma main, par sa sortie de l'église, par la peine de tous. Dans la journée j'ai fait un détour par le cimetière, faire un petit signe à Guy à qui nous avions dit adieu aussi ici... Et puis cette journée caniculaire s'est terminée par une baignade en mer, les petits-enfants ont retrouvé leur droit aux rires et à la légèreté, et les adultes ont trouvé un peu de douceur dans la fraîcheur de l'eau et dans les retrouvailles de tous avec tous - un bonheur inespéré dont j'espère qu'il a été contemplé avec beaucoup de tendresse depuis là-haut par Eric et Françoise (Cécile me disait, on attend encore le SMS laconique : "Bien arrivé, Maman est avec moi, bises !").

05 juillet 2026

Un peu de paix

Avant que les températures ne remontent, ou l'arrivée de la prochaine catastrophe. Elsa et Amaury sont à Saint-Malo, les soins sont organisés et pour le moment la convalescence se passe bien. J'ai signé mon CDI après 6 ans de contrats précaires - avec ou sans revalorisation, l'avenir nous le dira. Un peu avancé sur les absurdités administratives. Léo recommence à travailler à la mi-août. Samir est d'humeur tendre, m'a aidée sur quelques trucs à la maison, sa façon à lui de dire je t'aime. La clim a donné des signaux d'alerte mais elle est repartie, ouf. Je commence un bon bouquin de la pré-rentrée littéraire - les prêts de Points Communs, j'attends avec impatience mon séjour en Irlande et je vais approfondir ma formation TSA/TDAH. Normaliser tout ce qui peut l'être : vivons heureux avant la fin du monde. 

27 juin 2026

Demain le feu

Il dit : Je ne sais sincèrement pas comment vous faites pour être, au minimum et en plus de tout ça, à l'écoute de vos patients..., elle plussoie : Je ne sais pas comment tu fais.

La vérité c'est que je ne fais pas. La vérité c'est que j'ai débloqué des niveaux d'angoisse et de fatigue insoupçonnés jusque-là, et que j'avance en mode soldat dissocié la plupart du temps. Mais que je sens bien à quel point je suis en permanence au bord d'éclater d'angoisse, de chagrin ou de rage. 

Travailler me protège - je mets mon armure invisible et j'y vais, et puis, ça me décale, pour quelques heures - ou pas, c'est selon : est-ce que je suis plus impactée par celle qui vient faire écho à ma propre éco-anxiété, ou exaspérée par ceux qui viennent pleurer sur leur petit nombril alors que dehors, en France, en 2026, les urgences débordent de gens âgés, de nourrissons ou de gens de la rue en train de littéralement CREVER de chaleur ? 

Comment est-ce que je négocie - alors je n'ai pas absorbé l'impact traumatique de la semaine précédente  - système nerveux toujours en hypervigilance et inquiétude long terme pour Elsa autant que pour Amaury - avec le fait qu'Amaury (en post-greffe) et le papa de Cécile (en soins palliatifs) sont actuellement dans des services hospitaliers sans climatisation, que les grands-mères de mes enfants - 81 et 89 ans, vivent dans des logements où la température ne redescend plus en-dessous de 32°C, augmentant les risques d'une catastrophe annoncée chaque jour ? Comment je négocie avec ma colère qui se politise et se radicalise de manière exponentielle - comme mon angoisse pour les années à venir ? 

Comment je dors la nuit en pensant que mes proches sont en danger et que je suis impuissante - on peut y ajouter le rythme et les conditions de travail de Samir, par ailleurs totalement indisponible car en mode survie ? En anticipant que la clim ne tiendra pas, que l'appartement pour lequel je me suis endettée pour 20 ans sera peut-être invivable dans 3 et qu'un départ de feu sur de l'électro-ménager épuisé peut ne pas être complètement à exclure ? 

Comment je fais pour accueillir les patients, en entretien, participer à régler des urgences au téléphone, répondre à la dame de la MDPH pour Elsa qui se manifeste enfin après 9 mois d'attente, essayer d'avancer sur les usines à gaz de Big Brother, la "facturation électronique obligatoire", et maintenir un minimum de l'intendance quotidienne ?

Comment je fais pour ne pas me prendre en pleine face le mur de ma solitude - parents fragiles, enfants fragiles, compagnon aux abonnés absents ? Hier pour amener en urgence un rafraîchisseur d'air à ma maman, qui n'avait même pas un ventilateur, je me suis retrouvée à... prendre un Uber. J'avais la possibilité d'emprunter une voiture à un pote mais, après une journée dans un bureau à 37°C, et à ce degré surtout d'épuisement et d'anxiété, prendre seule une route où les accidents se sont multipliés - malaises, agressivité ? 

Une fois dans le VTC j'ai ressenti un soulagement que je n'ai pas compris tout de suite. Et puis si : j'étais enfin relayée. Prise en charge. Accompagnée. Par un homme, tant pis s'il était inconnu et rémunéré. Le chauffeur m'a offert des Dragibus : j'en aurais pleuré. Je me suis endormie quelques instants pendant le trajet, allongée sur la banquette arrière.

Je n'arrive pas à trouver la paix, - ça tourne en permanence, la peur, les larmes, la colère. Bizarrement majorées par la (mauvaise) conscience aiguë que dans ce monde, je continue à faire partie d'une minorité très privilégiée néanmoins. Est-ce que ça me retourne le coeur ? Oui. Est-ce que ça me redonne de l'élan ? Non. Je n'ai pas l'énergie même de réfléchir où en retrouver. Et ce n'est pas fréquent - d'habitude je me défends plutôt par le : "On se relève et on lance un nouveau projet."

21 juin 2026

Ce que peut l'alliance

Il y a cette patiente hier qui m'a remerciée, les larmes aux yeux - mais ce ne sont pas ses compliments dithyrambiques l'important (ils étaient surtout dictés par son émotion intense du moment), et puis dans ce métier de liens (cf post Apprivoiser), il faut bien reconnaître que certaines rencontres ne fonctionnent pas (et ce n'est la faute ni du professionnel, ni du patient), et que d'autres resteront inoubliables

Mais avec elle oui - quelque chose résonne, sur quoi elle peut s'appuyer pour aller de plus en plus vers elle-même. Ce n'est pas dans nos histoires - la sienne est émaillée d'une suite invraisemblable de déracinements, d'abandons et de violences, mais aussi de lutte et de résilience, un mélange de courage et de fragilité qui me touche beaucoup. Nous sommes en alliance - deux femmes, une proximité d'âge, une communauté de révoltes et de valeurs, et l'habitude de faire seules - une solitude mi choisie mi subie - elle me disait, je ne sais pas si c'est parce que c'est ce que je veux ou parce que je n'arrive pas à me représenter qu'autre chose est possible. 

Hier elle me rappelait que lors de notre première séance elle m'avait dit qu'elle souhaitait enfin devenir la femme qu'elle était vraiment (et je me souviens très bien avoir alors mesuré le défi que ce serait d'apprivoiser cet animal blessé et sauvage sous ses airs très policés - c'est une transfuge accomplie) ; et qu'il lui semblait s'approcher de plus en plus de cette authenticité. La gratitude est réciproque, c'est beau d'accompagner ce chemin...

20 juin 2026

Upside down

Il s'est donc passé une semaine depuis le message précédent. Une semaine en apnée, un cauchemar qui à ce jour se termine bien - à ce jour car même si le pire est passé, rien n'est acquis encore. Une semaine qui a duré mille ans, nous laissant sidérées autant qu'épuisées Elsa et moi, une temporalité infinie en même temps qu'une accélération insensée. 

Vendredi 12, 20h, Elsa traîne littéralement Amaury aux urgences, il va mal depuis quelques jours, mais n'a pas cherché à consulter. Vendredi soir minuit, il est en soins intensifs. Samedi matin, le mot de greffe hépatique est prononcé. Dimanche, son état se dégrade, dimanche soir la médecin de garde fait une demande de passage en super urgence auprès du service national des greffes, il est admis en réanimation. Une heure après, la demande est validée (ce qui n'était pas gagné : un premier miracle). Deux heures plus tard, un greffon possible est identifié. Lundi matin, les équipes donneur/receveur donnent leur feu vert.  Lundi midi, il est transplanté - il y a des complications, trop d'incertitudes, il faudra une nouvelle intervention. Qui attendra le vendredi, sur un jeune adulte en coma artificiel depuis huit jours, intubé et fragilissime - même en bonne santé, Amaury doit peser cinquante kilos tout mouillé. Ce matin, il est réveillé, désintubé, conscient - évidemment complètement shooté par des antalgiques à dose massive mais vivant, capable de reconnaître ses parents et Elsa qui n'a quasiment pas quitté l'hôpital depuis huit jours. 

Et qui s'est montrée incroyable de courage et de maturité, un petit soldat à la présence indéfectible. Pleine de tact avec les parents, attentive aux amis, faisant au mieux de ce qui lui était possible pour elle-même. Je suis profondément émue et fière de ce qu'elle a montré d'elle cette semaine. 

Nous sommes toutes les deux encore en état de choc, submergées par le soulagement mais aussi par tout ce dans quoi cette semaine nous a replongées avec une incroyable brutalité - ces traumatismes d'il y a quelques années, pour Hugo comme pour elle - cette danse sur la ligne de crête entre la vie et la mort, la mort et la vie, tombera, tombera pas, les hôpitaux, les urgences, le sort qui s'acharne sur ma gamine, la vie le souffle coupé. Demain sera un autre jour - ce soir, nous respirons tous.

12 juin 2026

Apprivoiser

Six ans que je travaille dans ce service - depuis sa création en fait, six ans que je connais ce grand dadais lunaire, et que nous nous mobilisons - équipes académiques, équipes de soins, pour que quelque chose tienne malgré son inaptitude à rentrer dans les cases, et ses douleurs identifiées ou tues. Je l'ai vu de loin en loin, mais ai plaidé sa cause auprès de l'école, l'ai adressé à des soignants de confiance, et puis de temps en temps, nous faisions le point. Très grand, très mince, musicien à ses heures, toujours l'air de venir d'un ailleurs incertain... Il termine ses études, enfin, plus ou moins, et doit entamer un stage dont nous espérons qu'il ouvrira sur la possibilité d'une insertion malgré tout. Il est inquiet de ce saut vers une nouvelle étape qu'il n'est pas sûr de pouvoir réussir, et du fait que tout son système de soins à ce jour repose sur sa qualité d'étudiant. Un enfant dans un corps d'adulte, une sensibilité à fleur de peau, et un handicap nommé mais qu'il ne veut pas à ce jour faire reconnaître, malgré l'évidence.

Et ce soir il m'a émue aux larmes, en me disant, je sais que ce n'est pas possible, mais je voudrais vous faire un câlin. D'accord, en effet, mais peut-être pourriez-vous me dire pourquoi vous auriez envie de me faire un câlin ? Parce que depuis la première fois où nous nous sommes rencontrés, vous êtes apaisante - sinon je ne serais pas revenu. Et nous avons évoqué ces premiers entretiens, il y a six années de cela - il était si perdu alors, touchés de constater la précision de ces souvenirs partagés. C'est rare dans ce métier, et toujours bouleversant, de constater qu'avant toute autre chose c'est d'abord une rencontre humaine, un lien tissé, une histoire commune... je suis partie avec un vrai sourire, c'était un beau cadeau.

Il n'est pas le seul d'ailleurs, il y a aussi cet étudiant chinois, vu depuis les débuts du service car impossible à adresser, et avec lequel s'est tissé comme une amitié d'un genre particulier, un génie mathématique que j'aurai vu passer de l'adolescent post-traumatique au doctorant prêt à se lancer dans une carrière internationale (mais toujours adolescent d'une certaine façon), et plus habité par des questions métaphysiques que scientifiques...

04 juin 2026

Graines

Ca me fait toujours plaisir de constater qu'aujourd'hui, mes enfants vont spontanément s'interesser à la culture - bouquins, conférences, expos... ici, l'expo Calder à la Fondation Vuitton (que je les avais emmenés visiter lors de l'ouverture). Mais je ne m'attendais pas à ce que Léo fasse le lien avec un atelier autour des mobiles de Calder je crois à Beaubourg alors qu'ils avaient quoi - 6 ans ? 8 ans ?

Ca m'a vraiment touchée, au point où je lui en ai reparlé le soir - un vrai bonheur de parent de voir que les petites graines plantées dans l'enfance portent leurs fruits si longtemps après - un autre beau cadeau de Fête des Mères ;-)!

31 mai 2026

Ivre de mots

Pour la Fête des Mères, Elsa voulait m'offrir un livre dans notre librairie favorite. Une mission pas si facile - j'ai beaucoup lu, j'aime des choses très diverses, du coup elle est revenue avec un bon cadeau et cette excellente question : en fait, comment on choisit un livre ? 

Réponses possibles : parce qu'on aime l'auteur, parce qu'on a lu ou entendu de bonnes critiques, parce qu'un ami (ou notre libraire ;-)) nous l'a recommandé, parce que le thème nous intéresse, parce qu'on a eu un coup de coeur pour la quatrième de couverture ou les premières lignes... et vous, vous voyez d'autres raisons ? 

En tout cas - ce qui me touche, c'est cette transmission du goût des mots,  car j'ai moi aussi choisi un livre pour l'offrir à ma maman dans cette même librairie. Une version illustrée du Bateau ivre (un excellent cadeau pour ancienne prof de lettres donc), un petite édition poétique et confidentielle aussi autour de la filiation, puisque co-illustré par un père et sa fille, venus faire une signature quelques jours plus tôt.

29 mai 2026

Agatha

Je la connaissais à peine, cette dame, d'autant que nous ne parlions pas les mêmes langues. Mais j'aimais son sourire lumineux, son amour pour les siens et sa foi vivante, incarnée. Elle était jeune, si jeune, 61 ans ce n'est pas si loin de moi... le week-end de l'Ascension, Cyril nous annonçait une rupture d'anévrisme  gravissime, sans retour quoi qu'il arrive. Le 29 mai, elle n'était plus là, et comme beaucoup d'âmes au moment du grand départ, elle a attendu que ses filles quittent la chambre de l'hôpital pour s'envoler... nous laissant sans voix devant la vie qui bascule en un instant, et la conscience plus que jamais de ce qu'il y a d'irremplaçablement précieux dans la présence : ensemble, c'est tout.