14 mai 2024

Les 50èmes rugissantes


04 mai 2024

Berlin

Léo a beau travailler depuis un an, ce rite de passage d'une remise de diplôme vient tout de même marquer la fin d'une étape, un accomplissement, une reconnaissance officielle du jeune adulte talentueux qu'il est aujourd'hui. Le cadre grandiose (bâtiment de Frank Gehry), les discours, tous ces jeunes gens brillants et ces parents si fiers, c'était très beau, et j'ai versé ma petite larme émue à l'appel de son nom. C'était tellement important d'être là pour lui ce jour-là, avec Elsa, d'avoir fait le voyage jusqu'à Berlin - en train, Master Sustainability oblige !

Et puis ces quelques jours tous les trois à parcourir la ville, je suis tellement consciente que c'étaient des moments privilégiés, si précieux, des souvenirs à partager pour longtemps. J'ai découvert Berlin, que je ne connaissais pas, que j'ai trouvée plus tranquille, plus verte, moins agitée et oppressante que Paris. Ca m'a rappelé nos échanges de maisons précédents - cette fois un charmant studio au coeur de Mitte, ces voyages tous les trois où nous explorions ensemble - ici les vidéos de la chute du Mur (je me souviens tellement bien de ce jour), la porte de Brandebourg, le mausolée de l'Holocauste, à la puissance d'évocation presque aussi forte que celle du Mémorial du 11-Septembre à New York. Et nous avons contemplé la ville depuis le presque ciel de la Fernsehturm. Restée seule quarante-huit heures de plus, j'ai longuement marché le long de l'Ile aux Musées, et adoré l'expo Berlin Global au Humboldt Forum. J'aime profondément ça aussi, visiter seule, à mon rythme, changer d'itinéraire, me perdre, un bonheur que j'avais oublié depuis longtemps.

27 avril 2024

Juliette


"Frisée du tif, ronde du cul" - Juliette n'a pas changé (le cul s'est arrondi un peu plus peut-être). Juliette chante chiens et chats, les lunettes et les poivrons, termine ses rappels par une chanson d'Anne Sylvestre, et ça fait un chouette cadeau d'anniversaire pour ma maman. 

24 avril 2024

Off (the record)


 C'est un de nos talents. Les moments parfaits. Ici, pour un anniversaire à chiffres ronds, une étape inattendue du chemin de Compostelle. 

23 avril 2024

Sourire aux larmes, trouver du charme...

Quel concours de circonstances, quelle facétie de l'Univers a-t-il fallu pour qu'existe ce moment suspendu ? La rencontre de deux solitudes dans un espace virtuel. A croire que mon karma me prédispose à la rencontre improbable. Car non, je n'aurais pas parlé spontanément à ce trop jeune homme charmant et musicien. Et s'il ne l'avait pas fait, nous n'aurions pas très vite découvert d'inattendus terrains musicaux communs. Très, très communs... Assez pour décider de nous rencontrer - sans attentes, mais parce que les synchronicités étaient trop belles. En fait si, j'avais non pas une attente, mais du coup, une rêverie - ce serait un kif incroyable de chanter avec lui, qui a accompagné sur scène de grands noms de la chanson française ?

Quand il a proposé une rencontre non pas dans un café, mais autour d'une guitare, évidemment  j'ai dit oui. Je n'étais pas arrivée depuis dix minutes que nous partagions une de mes chansons absolument préférées.  J'ai vu son regard amusé et surpris lorsque j'ai fredonné la deuxième voix du refrain : rien que pour ces minutes-là, ça en valait la peine. "C'est incroyable que non seulement tu connaisses celle-là, mais aussi la deuxième voix, même moi je ne la connais pas ?!"

Le reste de la soirée, nous avons refait le monde de la chanson française, chantonné des trucs, écouté d'autres, évoqué des souvenirs de concerts, parlé juste un peu de nos vies. Et nous nous sommes quittés... enchantés, sans qu'il se soit rien passé - je ne voulais rien qui puisse gâcher ce moment parfait, respectueux, tendre comme on peut l'être dans la conscience d'une fragilité réciproque. Un moment funambule...

21 avril 2024

Sorcières de Bretagne

Ca m'a fait un bien fou. Découvrir un coin de Bretagne époustouflant, sous un soleil inespéré. et notamment une balade à pied vers une île, accessible seulement à marée basse, ce qui signifie concrètement marcher au milieu de la mer, sur d'immenses étendues de sable entourées de rochers, puis découvrir un petit paradis boisé et des plages de sable blanc aux eaux turquoise. Un monde extraordinairement sensoriel - le sable sous les pieds nus dans l'eau, la caresse du soleil ou le souffle coupant du vent, le toucher du granit, l'odeur des pins, et les couleurs : nous sommes partis sous un ciel chargé, sous des nuages en camaïeu de gris qui semblaient prêts à crever en orage, pour terminer par un bain de lumière éblouissant, au-dessus d'une eau qui reflétait toutes les nuances de vert et de bleu imaginables. Une immense bouffée d'oxygène, de nature, de connexion aux éléments.

Retrouver l'incroyable fluidité de nos échanges avec Cécile, Charlotte et Stéphanie - ce petit groupe pourtant récent dans ma vie mais qui semble être une évidence, une histoire qui va se poursuivre - des femmes thérapeutes, indépendantes à bien des titres, éprouvées par la vie mais curieuses de tout, prêtes à expérimenter autant qu'à questionner leurs expériences. C'est un tel bonheur ces conversations profondes et rieuses à la fois ! 

Nous avons terminé avec une expérience qui nous ressemble - gentiment barrée, celle du chant vibratoire ; une expérience incroyablement ludique et énergisante, quel plaisir de jouer avec le son... Un week-end de rêve, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi pleinement moi-même, aussi vivante, aussi vibrante, et en même temps dans une telle simplicité : du soleil dans un jardin, de l'intimité et de la confiance, des repas délicieux préparés ensemble, nous nous sommes dit à plusieurs reprises que c'était ça, le bonheur !

11 avril 2024

Y avait longtemps

 ...que je n'avais pas eu à nouveau ce ressenti (cyclique et sans doute inévitable) de saturation, éponge pleine côté perso comme côté pro. Inquiétude, impuissance et frustration. Les larmes qui affleurent, la gorge qui se serre - tiens tiens, je les reconnais.

Avec leur cohorte de troubles du sommeil, coups de barre massifs (chutes de tension ?) et pics anxieux. Ce qui repose la question du, et moi, qui prend soin de moi ? Je sens revenir l'épuisement, le manque de distance, la tentation de l'action-réaction... et l'envie de douceur, de sollicitude, de temps... Une irritation latente aussi - il n'y en aurait pas un pour me tirer vers le haut ? Est-ce que c'est toujours à moi d'être l'oreille, le porteur de projets, l'Elastigirl ? Dans le cadre professionnel, il n'y a pas plus le choix, mais peut-être à repenser encore le temps de travail et puis indéniablement en ce moment, il y a des situations particulièrement lourdes aussi. Et de la lassitude.

31 mars 2024

Toucher l'instant

Donc ce week-end nous avions des jumeaux de huit ans survoltés, un amoureux-couteau-suisse (ou kabyle ?), une grand-mère pas vraiment en état de marche (mais la tête va bien, merci), un jeune adulte récemment échappé d'un ministère (et une petite fleuriste qui brillait par son absence). Comme l'écrivait Halo : The concept of family is an interesting one. The definition that I like: a group consisting of parents and children living together in a household.

Voilà. Peut-être que c'est mon talent spécial, la création de tribus éphémères, inattendues et multiples. Ne pas être dupe de ce que chacun met de côté d'épuisement, de difficultés diverses ou de fragilité (un peu comme ici), mais réunir par le jeu, la bonne cuisine, le rire ou la beauté. La tendresse silencieuse. Les petits gestes. Prendre soin, autant que possible. C'est fatigant, parfois, mais c'est doux aussi.

Un coucher de soleil, des huîtres, des moules et des coquilles Saint-Jacques (pas le même jour !), un volley sur la plage, un nouveau jeu à découvrir ensemble, des œufs de Pâques cachés dans le jardin, une bouteille de champagne, un dessin de lune et des blagues de Toto, un brunch avec des œufs à la coque, écrire nos prénoms sur le sable (et nous faire encercler par la marée), un blind test Disney-Pixar, du bon vin, des fraises et des asperges du marché, des siestes, des ciels de toutes les couleurs (mais majoritairement ensoleillés), prendre le temps de cuisiner, de faire la vaisselle en dansant, de préparer un vrai café qui sent bon - autant de prétextes pour juste être. Là. Prendre le temps surtout de la gratitude, de la conscience de ce qui est précieux ici.

C'est tout sauf une légende, on espère juste toucher l'instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l'espace-temps
Les moment rares et irréels que la quiétude inonde
Rouda, n'oublie jamais notre parole du bout du monde
On ressent comme une coupure dans la vie, comme un rêve
On oublie les coups durs de la vie, comme une trêve (...)

Grand Corps Malade

26 mars 2024

Eternel retour

Pourquoi reprendre un travail sur moi quand tout va à peu près bien, quand même les secousses inhérentes à toute vie semblent pouvoir êtres accueillies avec une certaine tranquillité ?

Parce qu'on ne cesse jamais de croître, que ce travail n'a à proprement parler pas de fin, et que cette croissance nourrit aussi mon exercice professionnel.

Parce que je me rends compte que ce pli de mettre de côté mon propre ressenti, héritage de mon histoire autant que de ma pratique, ne sera jamais totalement défroissé.

Parce que dans ce métier où je me rends chaque jour infiniment disponible pour l'autre, navigant heure après heure dans des mondes plus ou moins rudes émotionnellement, il est doux pour moi de pouvoir être à mon tour accueillie.

De temps en temps, ne plus être celle qui écoute, mais celle qui est écoutée, et mieux encore, vraiment vue.

23 mars 2024

Aller vers la lumière

Je pense que le monde tient dans un équilibre, pour moi il y a autant d'ombre que de lumière sinon je pense que tout cela n'existerait pas. C'est aussi à nous ce travail à faire de vraiment d'aller voir notre lumière. Il y a le travail à faire sur l'ombre mais je dirais que le plus important...

On est une société où on cherche à guérir guérir guérir, mais je pense  que chercher la lumière, cultiver la lumière, parfois ça aide plus à guérir que de patauger dans quelque chose qui ne serait QUE "guérir, guérir" parce qu'en fait à ce moment-là vous vous envoyez un seul et même message : je veux guérir guérir ben c'est que je suis malade malade malade ! Donc peut-être que de cultiver la lumière, vraiment se désidentifier de soi-même, rejoindre cette part intérieure qui  est vraiment une présence-absence aimante, quand on goûte, quand on touche, quand on fait cette expérience, on est changé pour la vie ; et à ce moment-là, de surcroît, arrivent des guérisons par miracle.

Audrey Fella, interview Zeteo

Oui. C'est ce qui m'a fait passer de la psychanalyse, de sa fascination stérilisante pour le meurtre et l'inceste, de son goût grandiloquent pour la tragédie antique (en toute humilité) et pour le pire du pulsionnel en nous, à la psychothérapie relationnelle et transpersonnelle.