07 juillet 2009

Fêlure

There’s a crack in everything, that’s how the light gets in. Leonard Cohen, 75 ans, élégance totale. Ecouter le Live in London, pour les orchestrations sensuelles, définitives. Ce qui n’est pas sans m’évoquer la phrase d’Audiard, qui portait dans son coeur les fêlés, parce qu’ils laissent passer la lumière…

03 juillet 2009

Impalpable

Pour être tout à fait juste en cette période, il faudrait mettre aussi dans la Care Box des instants qui ne se laissent pas facilement saisir avec des mots... Des échanges amicaux, profonds - de ceux qui nous font sentir plus vivants, d'être en contact avec la même vie, le même désir, le même appel chez l'autre. Une terrasse près de Bastille, et l'autre, au pied de Montmartre. Des bonheurs de famille - un rythme différent, le temps d'aller à la piscine, au cinéma, de faire des cabanes dans le salon et d'y dormir... Le constat qu'à situation égale par ailleurs, la lumière change contamment, et parfois du tout au tout selon les heures - nuées d'orage, pluie interminable et grise, vent déchaîné ou rafraîchissant, grands ciels dégagés et ensoleillés.

02 juillet 2009

Whatever works

...vivons n'importe quoi qui marche, qui rend heureux - serait-ce du n'importe quoi tout court aux yeux des autres. Telle est, en substance, la devise de ce film pour aujourd'hui, où n'agit plus aucun remède universel. C'est une devise pragmatique, qui a de quoi étonner chez un supposé intello comme Woody Allen - il aimait autrefois se peindre en idéaliste malmené par la vie. Et comme ce qui marche un moment ne marche pas toujours, c'est aussi un éloge vivifiant du mouvement, du provisoire, du hasard (...).

Whatever works - à la condition de ne blesser personne, comme le dit Boris, le personnage principal - qui, bien que soi-disant misanthrope avéré, ajoute aussi qu'il est absurde de refuser la plus petite opportunité de recevoir mais aussi d'offrir de la joie dans cette vie. Hédonisme forcené ? Pessimisme pragmatique (notre condition de mortels restant la trame de fond du film) ? Je ne sais pas. Mais nous en sommes sortis le sourire aux lèvres - au-delà des situations énormes, des répliques savoureusement décapantes - à voir en VO, du happy end même pas obligé, quelque chose sonne profondément juste là !

27 juin 2009

Petites victoires

De mon collège de ZEP, je suis partie hier - dernier jour - dans la joie.

Parce qu'un gamin très dur et inquiétant (et qui le reste), pour lequel je me suis battue afin d'éviter une exclusion qui, à deux mois du brevet, aurait probablement entraîné une déscolarisation définitive, est parti la larme à l'oeil, en remerciant son professeur principal pour cette année (et avait, la veille, protégé un plus jeune d'une agression - or, c'est une histoire de ce genre qui lui avait valu la menace d'exclusion).

Parce que si une petite fille (genre Pimousse : petit mais costaud - en réalité ingérable) que j'attendais n'est pas venue, son professeur a pris l'initiative de venir me voir pour me dire, depuis que vous la suivez, Faïza fait des efforts visibles et des progrès en classe, assez pour que je l'aie mentionné sur son bulletin, et s'ouvre petit à petit. Mais après les vacances ? Nous verrons bien.

Parce qu'une jeune fille reçue la semaine dernière, prostrée et le regard fuyant, suite à une agression il y a un mois, est revenue me voir radieuse. Un entretien, peu de chose : replacer ce qui lui est arrivé dans un espace pensable - oui, c'est compréhensible d'être anxieuse, triste, etc., oui, la violence ici fait effraction, aussi parce qu'elle est insensée, imprévisible - dans un contexte familial (l'agression mineure qu'elle a subie ayant fait écho à une autre concernant ses frères, et qui fut autrement plus inquiétante) - dans son corps - la possibilité de se redresser, de respirer.

Pour moi c'est aussi à cela que sert cet espace - qui n'est pas un lieu de thérapie, mais aussi la possibilité d'une rencontre unique qui dédramatise, humanise.

Parce qu'une autre, à qui je demandais, lors de cette dernière rencontre, comment elle voyait ce petit bout de chemin que nous avons fait ensemble, m'a répondu : "C'était trop court". Point de vue que je partage - reste à souhaiter que ce travail puisse se poursuivre l'année à venir... Un petit bloc de colère celle-là aussi, mais une intelligence fine et un humour grinçant mais juste, qui fait partie de ses vraies ressources...

Ce n'est pas magique. Je ne me sens pas Zorro. Je suis bien consciente du poids du contexte social, familial, de ces enfants-là, du caractère transitoire, éminemment fragile, de ces petites victoires. Et qu'elles ne sont possibles que grâce à un travail de réseau avec l'infirmière, les CPE, la principale adjointe qui a porté ce projet atypique - une psychologue entre les murs, qui ne vient évaluer ni sanctionner, mais offrir un espace de parole avant tout à l'enfant. Un espace cadeau pour moi aussi - sur mesure, absolument dans l'esprit de ce que je souhaite faire de mon métier aujourd'hui.

25 juin 2009

En vrac

...c'est un peu comme je suis... Que disait le Tarot d'Osho, début juin ? Ah oui - au coeur l'Intégration, encadrée de la Totalité et du Voyage, parachevée par le Créateur, par la voie de la carte Suivre le courant... mais en première carte - avant ces promesses qui restent à tenir, la Répression.

De ces semaines, qu'est-ce qui émerge ? Un anniversaire lumineux - autant que musical. La réunion pour les futurs CP... Une réponse positive, pour un poste longuement attendu - et là - il y a des promesses à venir - créativité, responsabilité, horizon ouvert. L'attente de la reconduction très espérée du point Ecoute. Fêtes d'école, gala de danse, animations diverses pour les enfants, pique-nique au Parc Floral. Une acceptation de principe pour un D.U. qui m'intéresse, l'idée insistante d'un temps de bénévolat, peut-être là. Un livre bouleversant - D'autres vies que la mienne, d'Emmanuel Carrère. Et un autre de Marie de Hennezel, qui reste une balise interne, récurrente, une certaine idée de la rencontre humaine avant que théorique, et de l'envie de ré-ouvrir à une dimension spirituelle... Et encore - une matinée pour installer une boutique, jouer à la marchande - et parler vrai, dans un troquet de Ménilmontant.

Et puis des mots, des mots, des mots, jusque tard dans la nuit, et qui résonnent encore longtemps après, la recherche d'un chemin, le plus juste et le plus vrai possible, le vertige, au bord de lâcher des modes, des mondes, des démons anciens... Alors - Répression, ou Intégration ?

08 juin 2009

Très juste

"Il n'y avait pour elle aucune possibilité de coexistence entre la méchanceté gratuite et l'intelligence." (Françoise Sagan, La Chamade)

Françoise n'est pas gentille, elle est trop lucide pour ça : elle est bienveillante. L'un et l'autre ont l'intelligence absolue, comme on a l'oreille absolue, la clairvoyance suprême qu'on appelle aussi la bonté. Celle qui s'abstient de juger, qui ne perd pas de temps à s'agacer de ce qui ne peut être changé. Un entendement qui prend du recul, plutôt que la perspicacité, qui s'acquiert à force d'épier autrui. (...) La bêtise est un manque d'imagination, la méchanceté, un à priori de sottise. Avec un respect souverain de la liberté d'autrui, Sartre comme Sagan voient l'être humain tel qu'il est, avec sa dignité et ses blessures. Aucun des deux n'est croyant, ils pratiquent pourtant avec authenticité l'amour du prochain. Ils ont le coeur intelligent.

Marie-Dominique Lelièvre, Sagan à toute allure

Intermittente du social

36 ans, multi-diplômée, analysée, supervisée, formée - le tout à mes frais bien entendu - et dans une absurde précarité... A ce jour - je ne sais pas comment je vais travailler l'année prochaine.

Parce que la société dans laquelle nous vivons ne propose aucune reconnaissance ni en termes de statut ni en termes de salaire aux métiers comme le mien. Que je vais de vacations (ni congés, ni maladie, ni chômage) en contrats précaires, dépendants de subventions qui elles-mêmes dépendent non de la qualité du travail effectué mais des fluctuations des orientations politiques locales. Parce que la Mairie de Paris - mais elle n'est pas la seule - ne me propose, à mon niveau de compétence et d'expérience, qu'une rémunération inférieure à celle d'une femme de ménage non déclarée. Parce que j'ai fait le pari de la refuser, dans l'attente d'un projet qui n'en finit plus d'être reporté.

Parce qu'au-delà de l'inquiétude croissante en ce qui me concerne (et restant bien consciente que je ne suis pas la plus à plaindre), je suis en colère de vivre dans un pays qui semble avoir de l'argent pour plus de consommation bling-bling, plus de sauvetage d'entreprises véreuses, plus de flics partout - mais pas pour l'enseignement, le médical, le social. Il n'est pas certain, que mon action dans un collège défavorisé soit reconduite, faute de financement ; mais le contribuable va peut-être payer pour que l'on installe des portiques de détection d'armes à l'entrée de ce type d'établissement... Suis écoeurée.

07 juin 2009

Fête des Mères

Cette année, pas de collier de nouilles, de bougeoir en pâte à sel - pas même un mot le matin, un dessin ou une carte, leur père ayant légèrement zappé la question. Mais un cadeau autrement plus précieux...

Hier soir, au moment du coucher, Léo m'interpelle - à très juste titre - sur le fait que les livres qui parlent de "comment on fait les bébés" n'expliquent en réalité jamais vraiment comment on les fait... Tu veux dire, ce qu'on entend par faire l'amour ? Acquiescement de l'intéressé. S'en est suivie une très jolie discussion sur la sexualité - sur le corps, sur le plaisir, les sentiments - une fois informé des aspects pratiques, Léo ayant naturellement enchaîné sur des questions autour de la relation - commnt dire qu'on est amoureux, pourquoi les humains ont parfois plusieurs relations amoureuses dans leur vie, etc...

Quant à la Zaza - un brin jalouse du long temps que j'avais consacré à son grand frère, elle s'est saisie de la projection de Home vendredi (à voir absolument, même si le constat est accablant) pour lancer des questions autour de l'écologie, du recyclage - avec des mots tout simples, et des remarques pertinentes... Cadeau.

06 juin 2009

Douceur

Quand j'étais petite, je rêvais d'avoir une maison, un piano et un chien. Nous avons un appartement, un piano et... un chat ! Piano qui cette semaine est passé du clavier électronique au vrai piano - cet élégant instrument laqué de noir, qui habite l'espace physique et sonore comme aucun autre. Autour de ce piano, j'ai vu jouer Léo, qui prend des cours depuis peu, entendu ma mère fredonner du Barbara et mon beau-père une chanson d'Aznavour - que demander de plus ?

01 juin 2009

Artistes en herbe

Ce jour au Centre Pompidou, des ateliers en veux-tu en voilà, pour cause de week-end Art en famille. Aussi nous avons joué avec des rétro-projecteurs (opacité et transparence, formes et silhouettes), fabriqué des bonshommes fil de fer à la Calder (et vu l'expo ensuite), participé à une grande fresque collective sur le parvis, visité un labyrinthe habité par des anges de papier de soi(e), et sauté sur des trampolines à l'image des Chinatowns du monde. J'ai rarement vu musée se mettre autant à la portée des enfants, et gratuitement encore...

28 mai 2009

You get it

Je n'ai plus les mots exacts, mais du film "Une nuit à New York", une phrase me reste dans la tête, petit éclair de vérité au hasard d'un dialogue : "En fait ce sont Les Beatles qui avaient tout compris. Ce que nous cherchons tous, ce n'est pas un marathon de baise, ni une histoire d'amour plus ou moins éternelle, mais simplement ceci : I wanna hold your hand."

27 mai 2009

Blague psy du jour

Définition possible de la "mère juive" (ou toute autre mamma un brin abusive) : celle qui tient le cordon... et les bourses !

21 mai 2009

Ascension

Oui mais ascension de quoi ..? D'un passage un peu angoissé-bluesy, à la veille d'un week-end solo - les uns et les autres partis, et moi retenue... une ombre au tableau, insaisissable mais quelques jours opressante. Et finalement ? Ai profité d'une vraie solitude, sans même éprouver le besoin de sortir. Sauf pour me racheter des rollers (l'inscription en club me paraissant finalement un peu ambitieuse), et prendre un cours en groupe mais... seule aussi (les nouveaux rollers s'étant révélés pas du tout adaptés à mon faible niveau !) Ai bouquiné, re-re-revu Out of Africa (Redford est toujours aussi beau mais son personnage est passablement déplaisant, finalement, avec le recul...), rangé un peu, bullé avec le chat. What else ?

Et d'autant plus pleinement apprécié aussi des moments de bonheur amical - un film-de-filles... entre filles, une chouette expo sur l'histoire du jazz au Musée du Quai Branly, le dernier Almodovàr, une balade en Vélib' - sans contrainte horaire aucune, pas de pioupious à aller chercher, pas de baby-sitter à ramener, le temps de prolonger l'instant.

17 mai 2009

Douceur angevine

Il y a des groupes qui se promettent de se revoir, et puis tournent la page, parce que la vie, les enfants, la course des jours... Et puis il y a des petits miracles - aidés par le côteaux-du-layon, la grande cheminée d'une ancienne demeure du XVème transformée en gîte, les balades dans les vignes... Mais avant tout par un vrai désir de garder le lien, l'intimité tissée tout au long de dix-huit mois de formation, il y a deux ans déjà. Au point que tout est bon pour n'en pas revenir : erreurs de route, crevaison, train manqué, clés oubliées, coup de blues au retour... Des chansons, de la danse, un petit air d'accordéon, des échanges et des rires, sur la vie, l'amour, les hommes, les femmes, les enfants - Laurence a raison, les lendemains de fête sont particulièrement propices aux confidences, à la parole. Et ce groupe, à la confiance donnée, à la tendresse partagée. Le temps de poser ses valises, d'ouvrir la porte, et il faut déjà repartir ? Mais tant mieux aussi, pour ce goût de trop peu, qui laisse la place au désir d'autres retrouvailles...

15 mai 2009

Cyclique

"Je pars complètement épuisée par une lutte dérisoire contre la dépression due au vide sidéral (...). Nuits d'insomnie, au rythme de la radio pour ne pas penser. Hauts-le-coeur, voire vomissements dès le lever à l'idée d'une nouvelle journée (...). Un peu d'apaisement, le soir, quand je peux me dire que c'est toujours une journée que je n'aurai plus à faire (...)"

Et ainsi de suite. Qui est-ce ? Ma mère, meurtrie et involontairement meurtrière, une fois de plus... Savoir repérer les pièges de la rhétorique dépressive ne protège pas. Et l'adulte que je suis n'est pas moins impuissante que l'enfant que j'étais - peut-être même est-elle plus atteinte encore - par l'inéluctable retour de cette blessure jamais soignée, et par ce qui s'y attache de violemment mortifère.

Un point d'appui possible dans un échange de ce week-end peut-être (voir : Douceur angevine), l'idée d'exprimer ma confiance dans sa capacité à déterminer son propre chemin, quel qu'il soit... Veiller à laisser à l'autre la responsabilité de sa vie. Plus facile à dire qu'à faire. Mais vital.

14 mai 2009

Premières fois

Première balade rollers pour les trois grands et Za à vélo, premiers sushis pour les enfants, première quiche et premier gâteau au chocolat préparé par les petites mains, première manucure pour Elsa - cadeau des 6 ans de la part de son papa (Papa pour mon prochain anniversaire je veux le MEME cadeau) ! Premier brunch d'anniversaire, avec atelier Déco'patch pour tout le monde (y sont pas beaux nos poissons ?)... Première vanne qui tue sur fond de Mika home made (C'est l'ordinateur qui se sent mal ou c'est Papa qui chante comme un canard ?) La vie avec les enfants est une suite ininterrompue de premières fois...

11 mai 2009

Convictions

Je ne conçois pas de m’occuper de l’autre sans l’aimer. Etre dans une disposition affective particulière où l’empathie se conjugue à l’accueil, à quelque chose d’inconditionnel et de bienveillant, au-delà des mots et des théories, qu’il n’est plus possible de décrire, ni de conceptualiser, à moins de le dénaturer. Quelque chose qui ne peut que se vivre. Quelque chose qui donne sa mesure et se révèle dans l’intensité de la présence à l’autre, quelque chose de l’ordre de l’être avec l’autre, un « cum », un avec, que le mot de compassion et certaines formules confessionnelles ou poétiques tentent d’approcher et de restituer maladroitement. Aucun mot, aucune pensée, aucune représentation n’est capable de rendre compte pleinement de ce qui peut se vivre et se manifester à l’instant même de la relation.
C. S., inédit.

C'est ça. C'est exactement cela pour quoi je travaille. Ca n'arrive pas toujours, ce miraculeux équilibre, cette intuition qui va ouvrir une porte, cette provocation mesurée qui va desserrer les vannes, cette rencontre humaine que les mots ne sont plus là que pour habiller, quand l'essentiel du thérapeutique se joue ailleurs (Cf Roustang, qui dit cela très bien : au commencement était le corps. Et Yalom, citant cette étude recensant les "incidents critiques" en thérapie, vécus comme les moments de bascule par les patients, et qui sont ces moments de sortie du cadre, de simple humanité. Loin, bien loin des théories savantes...)

Retrousser ses manches pour affronter un deuil, oser aborder une hospitalisation précoce en pédo-psychiatrie, affronter les racines de sa solitude, tenter de lancer une fragile passerelle père-fils après des violences en acte - ils ont du cran ces humains... Et je ne saurais pas les accompagner sans les aimer, de cet étrange amour qui se fait léger, invisible, n'encombre pas, mais laisse tout l'espace...

08 mai 2009

Toute ressemblance...

...et tels sont pour lui les êtres de chair et de sang qui traversent sa vie, absents à sa mémoire quand il leur tourne le dos et, lorsqu'ils rentrent à nouveau dans le champ de sa perception, présents d'une présence qu'il ne comprend pas. (...) Et ce voile, c'est sa raideur d'autocrate éperdu, dans la perpétuelle angoisse que l'autre, face à lui, se révèle autre chose qu'un objet qu'il peut à loisir écarter de sa vision, dans la perpétuelle angoisse que l'autre, en même temps, ne soit pas une liberté qui reconnaisse la sienne... (...) il fuit, il fuit l'insoutenable. Son désir de l'autre, sa peur de l'autre.

Muriel Barbery, Une gourmandise

Mais encore ? Presque rien... j'ai eu mon père au téléphone, c'est tout.

02 mai 2009

Nouvelle alliance

Et puis ce « nous » qui se tient un peu à l’écart, à égale distance de l’un et de l’autre. Un complice qui se jette en avant quand il faut parer les coups, renouer, unir. Un « nous » qui garde le sourire, qui broie les violences, qui gomme les grands mots, qui remet les événements à leur place. Un « nous » bourré de sagesse qui sait comment agissent les couples, comment ils se font ou se défont, pourquoi ils se jouent des tours, s’essoufflent, s’aiment moins, s’aiment à nouveau, peut-être pour toujours. Les années l’ont façonné, modèle, enrichi. Il sait ce qui mérite patience, il distingue ce qui est passager de ce qui est indestructible. Un « nous » qui se gagne, mais qui demeure fragile, exposé. Exposé comme tout ce qui compte. Un « nous » sans repos, qui combat, qui affronte, qui traverse parce que cela vaut la peine de traverser. Un « nous » qui vient de l’amour, qui va à l’amour, parce que le temps est l’une des dimensions de l’amour.

Andrée Chédid

Onze ans après jour pour jour, quinze ans après notre rencontre, ce texte choisi pour notre mariage a trouvé sa place, ou plus exactement, il l'a toujours eue, mais il l'a... quelque chose comme "trouvée-créée".

01 mai 2009

Deezer

Pour certains, j’enfonce peut-être des portes ouvertes, mais la révélation familiale de la semaine, c’est DEEZER.

Une discothèque en ligne illimitée, gratuite, légale ? Ca existe. Une interface incroyablement fluide, avec la possibilité de recherche par titres, artistes, genres – ça existe. La possibilité de se constituer des playlists personnelles à l’infini, de les partager, de les mélanger, de les conserver, d’y adjoindre des titres de sa discothèque personnelle ? Ca existe. Des radios thématiques sans pub, des radios « intelligentes », déclinaison autour d’un artiste choisi par vous-même, l’accès à des clips et des vidéos de concert ? Ca existe. L’accès à Deezer depuis le téléphone mobile n’importe où grâce au 3G ? C’est possible.

Moyennant quoi, toute la famille coince là-dessus pendant des heures, et Léo entame sa cinquième page de playlist perso (où l’on perçoit l’influence déplorable de sa mère : Dalida, Cloclo…. Et Mika. Entre autres.) Mais j’ai fait découvrir aussi à Elsa La Gadoue, Les brunes qui comptent pas pour des prunes, et retrouvé le générique de Ponyo. Pour ma part, j’ai exhumé quelques perles des années 80 (Kolé Séré, Knock on Wood…), me suis fait un best of Comédies musicales (Hair, Hello Dolly, Grease, West Side Story, que j’ai fait découvrir aux enfants), enfin écouté Berry (délicieux Bonheur…), et, après un émouvant récital sur Barbara hier soir, retrouvé dès aujourd’hui les rares chansons que je ne connaissais pas déjà par cœur : L’île aux mimosas, Sables mouvants, Pleure plus, et… Hop là !