05 juillet 2015

Un endroit où se cacher

En feuilletant le bouquin en partant de la fin, j'ai pensé : N'importe lequel d'entre nous pourrait être un sujet de roman, sans savoir comment l'histoire se termine. Par contre, quelqu'un qui ne vous connaît pas du tout pourrait le savoir, rien qu'en feuilletant les feuilles de votre vie d'une main indifférente. Et ça m'a fait flipper. 

Joyce Carol Oates, Un endroit où se cacher

03 juillet 2015

Résonances

Nous voyons tous des choses différentes, nous voyons tous toujours les mêmes choses, et ce que nous voyons nous définit absolument. Nous aimons instinctivement ceux qui voient comme nous, et nous les reconnaissons tout de suite. Mettez un homme au milieu d'une rue et demandez-lui : "Qu'est-ce que tu vois?". Dans sa réponse il y aura tout, comme dans un conte de fées. Ce que nous pensons n'est pas si important que ça, c'est ce que nous voyons qui compte (...).

...nous ne sommes jamais aussi forts que lorsqu'on est amoureux et que l'on nous aime, et cette expérience met la barre si haut que, dans mon cas du moins, seule la brève étincelle du sexe peut servir de substitut, l'amour de basse intensité ne marche pas, parce qu'il n'existe pas (...). 

- Mais les types qui me plaisent sont ceux qui me donnent envie d'être plus intelligente.
J'ajoute à voix basse :
- En temps normal, ils me donnent envie d'être plus bête.
- Eh bien, ma petite chérie, s'exclame la fille en riant. Tu es bien exigeante. 

Milena Busquets, Ca aussi, ça passera.

29 juin 2015

Inside Out

...quelle drôle d'idée de l'avoir titré Vice-versa ? Sens dessus-dessous aurait déjà été mieux... Le film est fabuleux. Incroyablement inventif, en même temps que très juste. Destiné aux enfants de tous les âges. Bouleversant. J'ai retenu mes larmes dix fois - à chaque évocation de la famille en fait - et cette petite Riley, enfant ou pré-ado, a tellement de choses en commun avec mon Elsa de cette année... Et déjà pendant le court métrage. Bref. 

Mais ce qui m'a émue tout particulièrement ce matin, c'est d'entendre une patiente de longue date m'en parler. Une patiente d'origine étrangère que j'ai connue recluse dans l'appartement qu'elle partageait avec sa soeur, au chômage, logorrhéique, avec un évident besoin de prise en charge aussi médicamenteuse que j'ai mis des mois à négocier. Une patiente qui aujourd'hui travaille en CDI, avec un visa longue durée, et vit de façon parfaitement autonome. Qui a apprivoisé au moins un peu sa peur de l'autre, fréquente des cours d'art collectifs, s'est remise à dessiner. Une patiente qui a démonté une partie des dragons infantiles pour arriver à une perception de plus en plus nuancée et finalement tendre de ses proches, et à une bien meilleure reconnaissance de ses besoins à elle. Et qui m'a dit ce matin que le film l'avait fait penser au cheminement que nous avons fait ensemble, à son acceptation progressive de la complexité de ses propres émotions et de celles des autres. Cadeau !

25 juin 2015

Donner des ailes

Parce qu'il n'y a pas d'âge pour réaliser ses rêves
Parce qu'il y a des projets qui apportent autant de joie à ceux qui les préparent qu'à ceux qui les vivent
Parce que nous avions confiance qu'elle serait ravie et en pleine forme à l'atterrissage
Parce que la vie doit passer avant les peurs
Nous l'avons fait !
Pour ses 90 ans, et dans le plus grand secret, ses trois petits-enfants et six arrière-petits-enfants ont offert à Mémé le baptême de parapente dont elle rêvait depuis des années. Au-dessus du Lac d'Annecy.
Pour ses 100 ans, Léo lui proposait de franchir le mur du son en Rafale, mais elle préférerait tester le Wingsuit ;-).

21 juin 2015

En chantant

(...) Des coups de blues, des coups de fil,
Tout recommencera au printemps
Sauf les amours indélébiles (...)
Louane

La vie c'est plus marrant, c'est moins désespérant en chantant (...).
Michel Sardou

15 juin 2015

Rester éveillés

Le premier texte est tragiquement d'actualité, éclaire autrement les débats actuels sur l'accueil des migrants de la Méditerranée : nous n'en sommes pas encore tout à fait là. Mais nous y allons. Le deuxième gagne à être lu en entier, fait écho : sommes-nous si totalement impuissants ? Nous avons la main sur notre façon de consommer, sur l'éducation de nos enfants ; de nouveaux modèles de consommation et d'échange, de pensée du collectif, se développent. Quelles sont nos priorités ?

Vu aussi La Vague, hier, avec Léo : ça fait froid dans le dos. Parce que toutes les conditions sont réunies pour voir émerger de tels mouvements de groupe. Parce que la démonstration est implacable, et la question, incontournable : et nous, qu'aurions-nous fait ? Là encore, la question de l'éducation se retrouve au centre : ceux qui gardent leur capacité de pensée sont ceux auxquels on a donné cette force-là. 

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Welzer montre comment une société peut lentement et imperceptiblement repousser les limites du tolérable au point de remettre en cause ses valeurs pacifiques et humanistes, et sombrer dans ce qu'elle aurait considéré comme inacceptable quelques années auparavant. Les gens s'habitueront (et s'habituent déjà) aux événements climatiques extrêmes, aux épisodes de disette ou aux déplacements de population. Les habitants des pays riches s’habitueront aussi très probablement à des politiques de plus en plus agressives envers les migrants ou d'autres Etats, mais surtout ressentiront de moins en moins cette injustice que ressentent les populations touchées par les catastrophes. C'est ce décalage qui servira de terreau à de futurs conflits.

Comment tout peut s'effondrer, Pablo Servigne et Raphaël Stevens

Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire (…) La civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Plus d’électricité, de pétrole, de télécommunications et la civilisation s’écroule. Elle ne tient sur rien du tout (…). 

Le rôle de l’éducation est souverain : et si on éduquait les enfants au contentement et non à l’avidité permanente ? Une avidité stimulée par la publicité, qui affirme qu’il nous manque toujours quelque chose. Cette civilisation du besoin chronique et permanent, sans cesse ressassé, installe dans les esprits la sensation de manque. Le phénomène de la vie, ce qui fait que nous existons, devrait avoir une place dans l’éducation des enfants (…). Aujourd’hui, les jeunes ne savent pas quelle place ils auront et s’ils auront une place dans l’avenir. Ce système-là peut-il encore perdurer ? Non. Il ne faut donc pas s’illusionner et se raconter des histoires : notre système arrive à ses limites. Il faut maintenant que l’imagination se mette en route, pour en créer un autre.

L’exigence fondamentale, c’est que tout le monde puisse manger, se vêtir, se soigner. Voilà ce qu’une civilisation digne de ce nom devrait pouvoir fournir à tout le monde. Aucun bonheur n’est possible sans la satisfaction des besoins vitaux. 

(…) Qui enrichit ces gens-là ? C’est nous. Ils s’enrichissent parce que des gens insatiables achètent de plus en plus, parce que toute une communauté humaine leur donne les pleins pouvoirs. Ils n’existent que parce que nous les faisons exister. Nous donnons très peu de place à ce qui est indispensable, à ce qui amène véritablement la joie. Et nous ne mettons aucune limite au superflu.

Pierre Rabhi, interview Bastamag

07 juin 2015

Chaleur humaine

J'adore les moments improbables, totalement inattendus : ce soir au pub un peu tristounet du coin de la rue (mais ouvert le dimanche et éclairé par un rayon de soleil), rencontre du troisième type entre un Africain body-buildé, une femme vieillissante, écrivain franco-britannique, et moi-même - et des échanges étonnants sur les familles - parents, enfants, fratries, les rêves - voyager en combi Volkswagen ou en bateau, le racisme, la solitude, quelques phrases qui fusent en anglais, et beaucoup de douceur qui circule - une tendresse perceptible, des humains réciproquement bienveillants.

05 juin 2015

Médecine douce

Mon remède à tout, mon échappée belle : la voile. Il n'y a rien qui me soigne de tout, me porte, me donne des ailes, comme le bateau... Avant même d'y être : je me suis allégée dès l'arrivée en gare de Toulon, je chantais en faisant le marché pour l'avitaillement - et longtemps après - la sensation de tanguer qui demeure, l'esprit lavé de tout, comme neuf.

Psy ou spi, comme dirait Milie ? Bah, les deux, mais là, spi. Un univers sans contraintes et sous la protection attentive d'Yves, un monde clos et flottant, sans autres devoirs que ceux qui contribuent au bien-être de tous - veiller aux repas (merci le marché !), partager l'apéro, papoter comme on ne le fait parfois qu'avec les inconnus, sans image à préserver ou objectifs à servir - juste pour le plaisir de l'échange. Loin de la terre, des news et des réseaux, en plein contact avec l'eau et le ciel, la lune qui se lève, le vent qui joue à cache-cache - en bateau, j'ai l'impression d'être "moi, mais en mieux". Et aussi de trouver un espace protecteur, réparateur, qui répond à un profond besoin d'être délestée parfois de mes responsabilités, bercée, insouciante.

J'ai appris des mots nouveaux, pas le vocabulaire marin (que je commence à maîtriser), mais ceux de notre (somptueuse) zone de nav' : "A m'ment donné" pour au bout d'un moment, "de longue" pour souvent ou depuis longtemps, "dégun" pour personne ou rien

J'ai aussi dépassé un peu ma trouille des manœuvres de port - pas peu fière d'avoir fait la dernière pour rentrer à Toulon, de nuit. Apprivoisé encore un peu plus la carte et la règle de Cras. Et retrouvé quelque chose de ce mythique départ en Corse, moment fondateur de mon amour de la mer : apprendre, oui, mais pas comme une fin en soi - apprendre pour naviguer d'un endroit sublime à un autre (Porquerolles, Port-Cros, Le Levant), pour savoir quand lâcher le contrôle (gilets et chaussures remisés dans les cabines), pour décider de plonger dans l'eau turquoise, pour improviser une course avec un bateau inconnu. Bref, la rigueur, oui - mais au service de la liberté. Jamais stage croisière n'aura mieux porté son nom, et c'est très bien ainsi : après tout, le but ultime n'est pas de savoir faire des empannages parfaits ou de récupérer un homme à la mer en trois minutes, mais bien de naviguer...

C'était chouette de le partager avec ma cousine préférée - qui s'est adaptée à vitesse grand V et dont la joie faisait plaisir à voir, de retrouver Yves, de découvrir un nouvel équipage : le minot, la brute et le méchant, dixit notre chef de bord - à dire vrai, beaucoup d'humour et de gentillesse de tous côtés -  et même un attachant "nouveau sauvage", anarchiste et marginal vivant à l'année sur son bateau avec femme, enfant et chien - un fracassé comme je les aime... mais un amour à distance prudente, désormais.

A peine atterrie, déjà l'envie de repartir, avec la chance d'avoir un horizon à court terme, puisque j'y emmène les enfants dans un mois  : un autre rêve qui se réalise, leur ouvrir la porte de ce monde de la mer et du vent.

27 mai 2015

Rhizome

Je ne vais pas frimer, je n'ai pas lu Deleuze - mais dans ce que j'ai compris de la notion de rhizome, il y a quelque chose qui me parle intuitivement - un réseau protéiforme, non hiérarchique, proliférant - qui fait écho à mon intérêt pour la mise en lien, la circulation de l'information, la création de réseaux.

"...un rhizome est un modèle dans lequel l'organisation des éléments ne suit pas une ligne de subordination hiérarchique — avec une base, (ou une racine, un tronc), offrant l'origine de plusieurs branchements, mais où tout élément peut affecter ou influencer tout autre.

...tout attribut affirmé d'un élément peut affecter la conception des autres éléments de la structure, ainsi qu'influer sur les processus actifs parmi le maillage. Peu importe sa position, (la réciprocité est de mise entre tous les items), à tout moment l'initiative, autant que la validation, peuvent s'établir au moment nécessaire et suffisant.

Etant polymorphe (voire polycéphale ...) le rhizome n'a par conséquent, pas de centre (...) Sa direction peut être inopinée, sa progression chaotique. Et simultanément il n'a ni début ni fin institués par avance : il intègre l'aléatoire dans l'épanouissement de sa virtualité (...)"

Donc, hier, à la maison : expérience rhizomique :-) - dans cette mise en lien de collègues, amis, voire amis-collègues, sans projet très arrêté autre que de créer un lien incarné, une progressive re-connaissance, et de voir ce qu'il en sort - idées communes, réseau de réseaux, échanges de représentations, projets en pré-gestation. 

20 mai 2015

Parée !

"L'urgent est fait, l'impossible est en cours, pour les miracles, prévoir un délai." Adolescente, j'avais ça sur mon agenda... 

J'en suis là : je tiens l'équilibre, seule, l'urgence est parée. Pour l'impossible, c'est en cours : portage de projets novateurs, travail de réseau, stratégies de moyen terme sont en place pour, à plus un an ou deux, être moins précaire en termes de contrat et de finances. Idem pour une solution logement. Rien n'est acquis, mais tout ce qui pouvait être fait a été fait. 

En cours de construction : la conviction qu'il ne sert à rien de se ronger les sangs à propos de ce sur quoi on n'a pas de prise. Donc dans l'immédiat : chômage, maladie, retraite - vis-à-vis desquels je suis sans protection : GET OUT OF MY MIND !


La cohérence et la vigilance par rapport aux enfants - imparfaite, mais au mieux de mes forces, toujours. Pour les proches - autant que possible. La disponibilité pour les patients - peut-être est-ce que c'est un des points les plus fragiles, ces jours. Pour garder cependant l'équilibre, le psy, la supervision, le yoga, les déplacements en vélo, la méditation, la respiration, les médecines douces plutôt que la chimie - fait aussi. Une vie en cohérence avec mes valeurs - CouchSurfing, HomeExchange, Babyloan, Blablacar, Colibris, La Ruche qui dit Oui, les TED Talks... de plus en plus. L'ouverture à la possibilité d'une vraie rencontre, même si je me rends bien compte à quel point je suis devenue un chat sauvage - j'essaie aussi, les jours où je m'en sens la force.

Alors... je ne veux plus qu'on me dise qu'il faut que je trouve la force en moi-même. Parce que je n'ai pas d'inquiétude là-dessus : la force, je l'ai, et je la mets en oeuvre tous les jours. Et je voudrais QUAND MEME parfois être un bébé qu'on berce, une femme qu'on aime.

16 mai 2015

Rainbow Picnic

On avait la météo contre nous, la date aussi (un samedi de week-end prolongé). Mais aussi la volonté de faire (ou de fer !) - pour que la Cité s'ouvre aux thématiques LGBT, grâce à ou en dépit de la diversité culturelle qui y règne. Combien des pays qui y sont représentés criminalisent l'homosexualité - et les différences (culturelles, religieuses, politiques) en général ? Combien d'étudiants, sur les 6000 du campus, sont venus en France en espérant, pas toujours à raison, pouvoir y vivre leur vie sans peur, en toute liberté ? Pourtant, cet accueil de la diversité sous toutes ses formes est au coeur du projet du lieu - porteur d'un projet de paix et de rencontre entre les adultes de demain (qui n'est pas la moindre de mes raisons d'aimer y travailler !).

Alors, OK, sous les parapluies (au moins au début), nous n'étions pas très nombreux. Une trentaine, peut-être un peu plus. Mais j'ai été bluffée par la qualité des débats, portés par de pourtant très jeunes volontaires. Par l'esprit bon enfant, festif, des animations, incluant un twister géant. Et touchée par les retours des organisateurs sur mon implication dans le projet, et sur la présence de mes enfants, qui ont choisi de rester, ont écouté les débats, échangé avec les animateurs - et c'est vrai que c'était chouette, cette sensation d'alignement entre le discours que je leur tiens et ce que je soutiens dans ma vie professionnelle et personnelle : l'ouverture à l'autre, la parole qui circule - un message qui reste à mon avis la meilleure des préventions contre la peur, la haine et le repli sur soi. 

12 mai 2015

Printemps

Juste parce qu'ils me feraient presque croire à l'amour ces deux-là ! A la possibilité de (se) reconstruire, de faire des projets, de s'engager. Parce qu'ils étaient trop mimi, avec leurs bouquets l'un pour l'autre. Parce qu'il y a là une forme d'évidence - entre eux, avec nous - valeurs partagées, culture, humour, générosité, fluidité avec et entre les gamins (qui ne sont plus des gamins...) mais surtout je crois un parti-pris commun (voir post précédent), celui de choisir la vie. 

10 mai 2015

Voulez-vous danser Grand-Mère ?

Ils sont venus ils sont tous là, et la Mamma est (presque) en pleine forme pour ses 70 ans ! Une belle occasion pour dire l'attention, l'affection, chanter tous ensemble, danser, évoquer des souvenirs... et se régaler, bien sûr. 

Un défi aussi : pas de père, pas de compagnon, pas de frères et soeurs pour préparer ensemble, donner de l'élan. Un défi à l'histoire qui se répète, aux liens brisés ou douloureux, à la tristesse sous-jacente. Un défi en écho aux mots de David : Je sais que ta force est de partager, de proposer. De tenir aussi. Ce sont trois mots qui portent ta capacité d'aimer (l'IPhone propose d'ailer !).

Défi relevé : ce fut une très belle journée au dire des uns et des autres. Des moments émouvants, de l'amour qui circule, en musique ou en chanson, quatre générations qui se sont donné la main pour aider, jouer, célébrer ensemble. 

"Sur un air qui vous rappelle
Combien la vie était belle..."
Oui. Et c'est un choix. Une décision. 
Rendre la vie aussi belle que possible, toujours. 

Lucile (avec deux ailes)

04 mai 2015

Souchy et Voulzon

Le bon côté d'avoir à prendre les places de concert six mois à l'avance, c'est que c'est presque une surprise quand ça arrive. Quand en plus il s'agit d'y retrouver des amis d'aussi longue date, ce n'est que du bonheur, parce qu'on a grandi avec J'ai dix ans, Bidon, La ballade de Jim, Le pouvoir des fleurs, Rockcollection, Foule Sentimentale, Belle-Île-en-Mer... Parce que c'est chouette de voir toute une salle connaître TOUTES les chansons par cœur. Et la complicité des deux artistes - une belle histoire d'amitié à travers temps.

22 avril 2015

La nuit et le jour

J'avais gardé un bon souvenir de Montpellier - un job d'été il y a... longtemps. Ici, nous avions tout ce qu'il fallait : du soleil presque tout le temps, un jardin, une piscine praticable (entre 21 et 24°), un chat intérimaire, une jolie ville, des rencontres sympas (notre échangeuse de maison, un CS montpelliérain, une étudiante russe, les cousins en balade). 

De la bonne humeur dans les mauvais plans - marche inutile sous la pluie, recherche infructueuse d'un billard, petit train promène-couillons consternant (je leur avait dit, pourtant !)... et dans les moments chouettes - des moules-frites improvisées au bord de la piscine (et une baignade dans le plus simple appareil), un restaurant de poissons au bord de l'étang de Thau et un déjeuner tous les trois dans une cour de trois étoiles, un film réjouissant et nécessaire, En quête de sens. Un film optimiste, argumenté, porteur de valeurs qui sont profondément celles que j'ai envie de partager avec les enfants - je n'aurais pas pu faire plus pédagogique-sans-être-rasoir, et nous en avons longuement discuté ensuite. Dans le même esprit, j'ai découvert grâce à notre ami Marcel la possibilité de prêter de l'argent via le micro-crédit, à de petits entrepreneurs dans les pays en voie de développement. 

Tout bien donc. Et pourtant, une alternance angoisse/insomnie telle que j'ai pris la décision en rentrant d'arrêter toute béquille médicamenteuse tellement j'ai eu l'impression que la réponse chimique majorait le problème. Parce que oui, Wonderwoman est fatiguée, et depuis longtemps ; mais pas mal à ce point ? Bilan : je n'ai plus ni nausée, ni migraine, ni rebonds d'anxiété sévère ; je ne dors pas plus, mais je dors mieux ; sage décision. Reste : l'absolu ras-le bol de tout porter seule. L'envie d'aimer et d'être aimée pour de bon. 

15 avril 2015

Légèrement mélancolique

"Sally n'avait jamais réalisé, avant d'organiser à son tour son mariage, que cela prenait toujours des proportions qui dépassaient les époux, qu'il s'agisse d'une petite ou d'une grande cérémonie. Les participants qui étaient dans une relation amoureuse à ce moment-là n'en étaient que plus heureux, leur amour en ressortait renforcé au contact d'un jeune couple plein d'espoirs. Pour ceux qui n'avaient pas eu cette chance, un mariage était comme la coupure qu'on se fait avec une feuille de papier : gênant, douloureux et impossible à ignorer."

"-...il y a des gens qui font ça, pourquoi pas nous ?
- Parce que ces gens-là ne grandissent jamais.
La repartie de Célia fut instantanée, ce qui amena Sally à penser que son amie s'était déjà posé la même question.
- Grandir. Je me dis parfois qu'on en fait tout un plat pour pas grand-chose, dit alors Sally.
- Moi aussi, ajouta Celia."

J. Courtney Sullivan, Les débutantes

10 avril 2015

Miracle de Pâques

Alleluia ! France Inter est (presque) ressuscitée ! Ce matin, un échange revigorant (et musclé) entre Philippe Val et Thomas Legrand (déterminisme social vs responsabilité individuelle), suivi d'un billet de François Morel sur l'état de santé de Radio France (les vrais indicateurs : le brushing de Laurence Bloch et la nouvelle moquette de Mathieu Gallet, donc :-)).

09 avril 2015

Anges gardiens

Parce que les enfants ont reçu plus de chocolat qu'ils ne pouvaient en manger (et que trop de chocolat tue le chocolat), Léo a eu cette idée de génie - dans la droite ligne de notre Fête des voisins : redistribuer des oeufs dans tout l'immeuble - paillassons, cage d'escalier, ascenseur. Nous avons attendu qu'il soit un peu tard, et puis nous sommes allés jouer les cloches en cachette, sur chaque palier. C'était déjà très drôle. mais ce qui était encore meilleur, c'est la pluie de petits mots le lendemain sur notre message - l'impression transitoire que le monde était plus doux, et qu'il suffit d'ouvrir les mains pour que les gens entrent dans la danse - parce que nous avons tous tant de besoin de lien, et d'un peu de magie ordinaire - quelques oeufs colorés  trouvés sur le pas de la porte en partant travailler.

Je crois très fort à cette idée, et n'étais pas peu fière de ce que Léo en a fait en prenant cette initiative : le don appelle le don. Je suis absolument convaincue que ce que nous donnons à l'univers nous revient - y compris notre mauvaise humeur, notre ingratitude ou notre désespoir, d'ailleurs. Ce qui ne m'empêche nullement d'être parfois de très mauvaise humeur. 

Et je voudrais dire merci. A la vie, et à quelques-uns qui se reconnaîtront. Pour tout ce qui a été offert, sans même qu'il soit besoin de le demander. A nous trois, du vent dans les voiles, la chance de passer une semaine en bateau. A Léo, des ailes et un toit, de l'autre côté de l'océan. Aux enfants, les canaux de Venise. A moi, une solution pour barouder librement cet été - "échange toit au soleil contre location de voiture", et je crois que ce qui compte le plus à mes yeux, c'est aussi la certitude d'une présence adulte amicale avec les enfants et moi. A nous tous les trois ce week-end de Pâques, beaucoup de paix et d'amour, d'intelligence du coeur, le dimanche à Châteaufort comme le lundi à Montlevon. Dans ma boîte aux lettres cette semaine, une pochette-surprise venue de Nashville, affectueuse pensée de notre guitariste CouchSurfeur. C'est chouette. C'est un peu fou, quand on y pense. Et c'est ça qui est beau.

Famille de la lose peut-être ;-) - voir post précédent - mais sur laquelle veille une solide (et rieuse) brochette d'anges gardiens

02 avril 2015

Ou : la famille de la lose :-)

Nous disions donc : une entorse pour Elsa, un claquage pour Léo, et pour Lulu, plus de carte d'identité, permis de conduire, carte vitale, carte bleue... A part ça, c'est le printemps.

31 mars 2015

Crazy Family

Elsa : C'est pas COOL d'avoir un enfant né en 2003 qui aime Sardou ? (Si. J'avoue. C'est grave cool. Surtout quand on enchaîne ensuite avec un karaoké You Tube années 80 qui se termine sur une super home video de LuLuZaZa en train de massacrer Les sunlights des tropiques en pleurant de rire). 

LuLu : On va chez Marion jeudi.
Zaza : Jeudi c'est après mercredi ?
LuLu, perplexe : Bah oui, c'est le demain de demain...
Léo : Ah oui je fais ça aussi moi, ça rapproche les jours quand ils sont trop loin.
Certes...

J'ai réalisé un truc ; mon tatouage, je l'ai pensé comme une boussole : pour ne plus jamais perdre le Nord. Mais comme je ne le vois que dans la glace, il est bien possible que parfois je me croie à l'Est et que je sois carrément à l'Ouest...