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| ...ou la méthode FLY : First Love Yourself. Un clin d'oeil à Anna. |
To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
03 janvier 2017
Un message de Maman
Mais ,
TOUT VA BIEN quand même :-)
Tout le monde, il est normal,
J'aime quand tu réagis au quart de tour
Fonce... dans le brouillard !
Après l'hiver, le printemps
Sursum corda !
TOUT VA BIEN quand même :-)
Tout le monde, il est normal,
J'aime quand tu réagis au quart de tour
Fonce... dans le brouillard !
Après l'hiver, le printemps
Sursum corda !
Ben moi, ça m'a fait du bien de savoir que je peux, de temps à autre, réagir au quart de tour. Parce que j'ai tellement l'impression de me contenir et d'essayer de faire au mieux tout le temps et partout...
Après, non, je ne suis pas certaine que dans mon entourage tout le monde il soit normal :-P... mais bon :-) :
Il faut aimer les gens tels qu'ils sont ou ne les aimer pas, les aimer tels qu'ils sont ou n'aimer que ses propres rêves, les aimer tels qu'ils sont ou les espérer autres et leur reprocher toujours de nous décevoir.
Après, non, je ne suis pas certaine que dans mon entourage tout le monde il soit normal :-P... mais bon :-) :
Il faut aimer les gens tels qu'ils sont ou ne les aimer pas, les aimer tels qu'ils sont ou n'aimer que ses propres rêves, les aimer tels qu'ils sont ou les espérer autres et leur reprocher toujours de nous décevoir.
André Comte-Sponville
01 janvier 2017
31 décembre 2016
Finir en douceur
Un nouvel an sous le signe de l'amitié, pour les grands chez Marion, pour Elsa et ses copines à la maison. Tout pareil pour Léo, parti à une fête avec des amis qu'il connaît depuis la maternelle. Puissent leurs amitiés être aussi durables et précieuses, c'est un tel trésor !
30 décembre 2016
27 décembre 2016
Mamie présidente !
Ou comment un délire Léo-LuLu se transforme en chouette cadeau d'anniversaire pour les 80 ans de YoYo...
Nous avons une très bonne nouvelle à vous annoncer, c’est que Léo sait enfin ce qu’il veut faire plus tard, ça y est, il a trouvé : il veut faire une école de Police, parce que plus tard, il veut être Josette Police !
Nous avons une très bonne nouvelle à vous annoncer, c’est que Léo sait enfin ce qu’il veut faire plus tard, ça y est, il a trouvé : il veut faire une école de Police, parce que plus tard, il veut être Josette Police !
Josette Police, un métier
d’avenir, un poste polyvalent et évolutif :
- Des compétences multiples : organisateur d’événements, chef cuisiner étoilé, astrologue, gouvernante, conseillère municipale, musicienne, et même célébrante de pompes funèbres : une vraie femme-orchestre !
- Un métier de diplomate et de médiateur tout terrain, formé aux interlocuteurs difficiles et aux situations d’urgence et de crise
- Un métier de services à la personne : mari impatient, enfants débordés, petits-enfants malades, paroissiens démotivés, élus récalcitrants
- Un métier de créateur de bien-être et de chaleur humaine
Le souci, c’est
que le poste est actuellement pourvu, et par quelqu’un qui l’occupe
brillamment, Josette Police, souvent imitée, jamais égalée !
En fait, nous savons de
source sûre que notre Josette Police aspire à évoluer encore, et
même, aspirerait aux plus hautes fonctions : Mamie,
présidente !
En avant-première, nous
vous dévoilons les grandes lignes de son programme :
Mamie présidente, tout
le monde fera cinq repas équilibrés par jour. Car la nourriture est
à la santé ce que le carburant est à la voiture ! Le bio sera
obligatoire à la cantine, et le pot-au-feu sera décrété plat
national. Et on croque ! Et on croque !
(les chœurs :
Mamie, Présidente !)
Mamie présidente,
personne ne prendra de poids car elle décrètera que le beurre, la
crème et le sucre ne font pas grossir. La qualité de l’alimentation
sera une priorité politique et même les animaux de compagnie seront
nourris au jambon Label Rouge.
(les chœurs : Mamie,
Présidente !)
Mamie présidente, l’Eglise ouvrira ses portes aux migrants, les femmes pourront devenir prêtres et les prêtres pourront se marier ; les grenouilles de bénitier et les donneurs de leçons iront faire des stages auprès des plus démunis et copieront cinq fois l’encyclique du pape François sur la Joie dans l’amour.
Mamie présidente, l’Eglise ouvrira ses portes aux migrants, les femmes pourront devenir prêtres et les prêtres pourront se marier ; les grenouilles de bénitier et les donneurs de leçons iront faire des stages auprès des plus démunis et copieront cinq fois l’encyclique du pape François sur la Joie dans l’amour.
(les chœurs :
Mamie, Présidente !)
Mamie présidente, les
hommes politiques seront jugés sur la tenue de leurs promesses et
l’équité de leurs décisions ; les études supérieures
seront gratuites et les retraites seront revalorisées. L’accès
aux soins sera un droit imprescriptible et toutes les médecines
douces seront remboursées. Les décisions importantes seront prises
après une consultation des astres et de leurs maisons.
(les chœurs :
Mamie, Présidente !)
Mamie présidente, il y aura une place
pour chaque chose et chaque chose à sa place ; car une maison
rangée est une maison à moitié nettoyée ! Le linge propre
sera relavé, les mouchoirs repassés et les petites culottes
amidonnées.
(les chœurs : Mamie,
Présidente !)
Mamie présidente,
l’apprentissage d’un instrument de musique sera obligatoire :
les Français feront tous partie d’une chorale, d’un jazz band ou
d’un orchestre, et ce, quel que soit leur âge.
(les chœurs : Mamie, Présidente !)
Mamie présidente, nous aurons droit à des cours de maintien et à des séances d’ostéopathie pour tous : nous nous tiendrons droits, car nous ne devons rien à personne !
(les chœurs : Mamie, Présidente !)
Mamie présidente, nous aurons droit à des cours de maintien et à des séances d’ostéopathie pour tous : nous nous tiendrons droits, car nous ne devons rien à personne !
(les chœurs : Mamie,
Présidente !)
Mamie présidente, nous aurons un
gouvernement d’exception : Bizzou sera Vice-Président et
Ministre du Café et du Bricolage, David sera Ministre de la Musique
et des Situations Exceptionnelles, Léo Ministre de l’Humour et des
Sports, Elsa Ministre des Câlins et des Bonnes Idées. LuLu sera
Chef des Relations Diplomatiques et de l’Evènementiel et
Grand-Mère sera à l’Enseignement et à la Culture, bien sûr !
Vous voulez un gouvernement qui ne ressemble à aucun autre ?
(les chœurs : Mamie,
Présidente ! VOTEZ Josette Police !)
24 décembre 2016
Un Noël tout doux
Avec une messe enjouée, un repas délicat entièrement fait maison avec amour, des cadeaux qui illuminent ou enveloppent, des messages qui font chaud au coeur. Un Noël tranquille et nature, tellement qu'on en a oublié de prendre des photos ! Juste occupés à savourer les plats (foie gras maison, salade aux agrumes rôtis, magrets aux clémentines, monts-blancs à la crème de marrons) et à découvrir les surprises imaginées pour chacun.
Quelques jours de calme, à vivre au rythme des préparatifs (avec le temps d'une expo, d'un ciné, d'une bulle, d'un spectacle, d'une piscine...), puis à atterrir doucement. Un vrai bonheur, après ces dernières semaines !
Quelques jours de calme, à vivre au rythme des préparatifs (avec le temps d'une expo, d'un ciné, d'une bulle, d'un spectacle, d'une piscine...), puis à atterrir doucement. Un vrai bonheur, après ces dernières semaines !
23 décembre 2016
Coup de coeur
Tu ne peux contrôler tous les événements qui t'arrivent, mais tu peux décider de ne pas être réduite à eux. Essaie d'être un arc-en-ciel dans le nuage d'autrui. Ne te plains pas. Fais tout ton possible pour changer les choses qui te déplaisent et si tu ne peux opérer aucun changement, change ta façon de les appréhender. Tu vas trouver une solution.
Ne geins pas. Gémir informe la brute qu'une victime est dans les parages.
Fais en sorte de ne pas mourir sans avoir accompli quelque chose de merveilleux pour l'humanité.
Maya Angelou, Lettre à ma fille... à faire lire à nos enfants. A explorer plus avant. Une femme phénoménale, un clin d'oeil à l'un de ses poèmes.
16 décembre 2016
Maman Blues
Pas tous les jours facile d'être maman solo à temps plein de deux adolescents. De lutter contre la tentation du repli, portes fermées, écrans omniprésents, de défendre les repas communs, la parole vraie échangée, la création d'instants partagés, la rupture des routines. Contente des derniers - un petit restau spontané hier, la création d'un calendrier de l'Avent avec Elsa, l'improvisation d'un texte pour les 80 ans de Yoyo avec Léo, la décoration ensemble du sapin de Noël, la patinoire du Grand Palais bientôt.
Pas tous les jours facile même (et surtout) quand je suis l'unique force de proposition - la soupe à la grimace, l'ado-boulet, l'absence de remerciements spontanés, de reconnaissance de ce qui est fait - les petits gestes comme les projets de fond. De faire face à ce sentiment que tout est dû, qu'il n'y a aucune conscience des privilèges sociaux, intellectuels, culturels mais au contraire une comparaison avec quelques autres encore plus favorisés.
Pas tous les jours facile d'assurer l'intendance jour après jour, frigo rempli, linge lavé, maison rangée, copies ou carnets signés, démarches diverses faites en temps et en heure. Et de ne pas me transformer en mégère non apprivoisée pour la litière du chat jamais nettoyée, les assiettes sales non débarrassées, le rouleau de PQ non changé, les médicaments pas pris, les paquets de gâteaux vides qui traînent, les provisions manquantes et qui le restent, le ballon d'eau chaude vidé et jamais remis en marche.
Pas toujours facile de faire la part des choses entre la nonchalance adolescente "normale" et l'abus caractérisé. Pas toujours drôle de faire quinze fois la même demande, et de passer de surcroît pour la mère pénible (ce qui vaut également pour tout ce qui suit). De devoir contrôler les étapes même des tâches simples, personnelles (se préparer le matin) ou collectives (lancer une machine) - il m'arrive de me demander si je n'en fais pas autant, voire plus que lorsqu'ils avaient huit et quatre ans.
Pas être dupe que le contrôle et l’assistanat systématique renforcent cependant tristement ce type de comportement. Que faire ? Car renoncer au motif que le faire moi-même ira plus vite n'est pas non plus la solution.
Pas être dupe que le contrôle et l’assistanat systématique renforcent cependant tristement ce type de comportement. Que faire ? Car renoncer au motif que le faire moi-même ira plus vite n'est pas non plus la solution.
De faire la part des choses entre la quantité de flemme lycéenne socialement acceptable et le semi-sabotage par manque de maturité, procrastination systématique, absence d'initiative. Lycée médiocre ? La difficulté compte double, faute de points de comparaison sains. D'être accusée d'être une Tiger Mother - et puis de voir mes craintes confirmées point par point à la première réunion parents-profs.
De faire la part des choses entre le malaise adolescent inévitable (et finalement constructif) et le vrai signal d'alerte, surtout quand il est exprimé de façon aussi intensive que spectaculaire - quitte à re-basculer dans les heures qui suivent en joie de vivre, complicité amicale et créativité (enfin, aussi longtemps qu'une nouvelle limite contrariante n'est pas posée...)
Pas toujours facile de me rendre disponible dans la seconde où c'est urgent, de mettre en sourdine ma propre angoisse, ou mon propre épuisement, de proposer des repères convaincants - surtout quand l'ado en face ne me donne aucune indication sur ce qui fait mouche ou non. Pas toujours confortable de proposer aussi un peu de prise de recul, de mise en perspective, d'appel à un peu plus d’indulgence, de tolérance voire de douceur avec soi-même mais aussi avec autrui.
Pas toujours facile de prendre du recul face aux inévitables reproches adolescents, de dédramatiser, de garder mon calme - ne pas me laisser blesser, ne pas laisser passer non plus, garder en tête le mot de Winnicott - la seule mission des parents d’adolescents ? Survivre. Pour le bien de tous.
Pas facile d'attendre trop souvent en vain que le mot pour remercier, la joie partagée, la petite attention, les croissants du petit déjeuner, le service spontanément rendu, le cadeau pour le plaisir ou au moins à date officielle - bref, la prise en compte de l'autre, pour moi-même comme pour tous les adultes qui les entourent pourtant tous de leur mieux, ne soient pas à sens unique. D'appeler à un peu plus d'empathie, de générosité, un peu moins d'égocentrisme.
Pas toujours facile de prendre du recul face aux inévitables reproches adolescents, de dédramatiser, de garder mon calme - ne pas me laisser blesser, ne pas laisser passer non plus, garder en tête le mot de Winnicott - la seule mission des parents d’adolescents ? Survivre. Pour le bien de tous.
Pas facile d'attendre trop souvent en vain que le mot pour remercier, la joie partagée, la petite attention, les croissants du petit déjeuner, le service spontanément rendu, le cadeau pour le plaisir ou au moins à date officielle - bref, la prise en compte de l'autre, pour moi-même comme pour tous les adultes qui les entourent pourtant tous de leur mieux, ne soient pas à sens unique. D'appeler à un peu plus d'empathie, de générosité, un peu moins d'égocentrisme.
Pas toujours évident de les garder plus ou moins à l'abri des conflits des adultes, des soucis ou des charges professionnels, et des angoisses matérielles, qu'il faut pourtant bien gérer de front.
Pas facile de se demander tous les jours si on en fait trop, ou pas assez, si tel ou tel comportement est tolérable, ou inacceptable, normal, ou inquiétant, d'avoir constamment le sentiment d'être coupable, insuffisante, voire impuissante - malgré tout l'amour et la bonne volonté du monde.
Pas facile de faire passer le message que dans le contrôle, l’exigence, l'appel à la responsabilité, il y a bien plus d'amour et de confiance dans leur capacité à grandir que dans la complaisance, le nivellement par le bas et la facilité.
Et pas facile enfin, dans ce contexte, de lutter pour garder de la bonne humeur, de la disponibilité, de l'humour, du plaisir de vivre ensemble, des projets communs, de la solidarité, de la joie qui font pourtant tout le bonheur d'être une famille, non :-)?
Envie de câlins, de fous-rires, de simplicité, d'amoûûûûûr ! De garder un regard émerveillé, parce qu'il y a aussi de quoi - devant ces adultes en devenir, si pleins de charme et d'intelligence malicieuse, de promesses à venir.
Pas facile de se demander tous les jours si on en fait trop, ou pas assez, si tel ou tel comportement est tolérable, ou inacceptable, normal, ou inquiétant, d'avoir constamment le sentiment d'être coupable, insuffisante, voire impuissante - malgré tout l'amour et la bonne volonté du monde.
Pas facile de faire passer le message que dans le contrôle, l’exigence, l'appel à la responsabilité, il y a bien plus d'amour et de confiance dans leur capacité à grandir que dans la complaisance, le nivellement par le bas et la facilité.
Et pas facile enfin, dans ce contexte, de lutter pour garder de la bonne humeur, de la disponibilité, de l'humour, du plaisir de vivre ensemble, des projets communs, de la solidarité, de la joie qui font pourtant tout le bonheur d'être une famille, non :-)?
Envie de câlins, de fous-rires, de simplicité, d'amoûûûûûr ! De garder un regard émerveillé, parce qu'il y a aussi de quoi - devant ces adultes en devenir, si pleins de charme et d'intelligence malicieuse, de promesses à venir.
Bref - je crois qu'il est temps que mes ados partent en vacances... pour mieux les retrouver.
14 décembre 2016
Anges déchus
Du Cirque du Soleil aux Elégies de Bartabas, une même image, celle d'Icare ou des anges déchus, une humanité tombée du ciel, vulnérable, menacée. Le Cirque du Soleil s'adresse aux enfants - on reste dans le conte, tout est bien qui finit bien, la virtuosité et les paillettes neutralisent le savant fou d'ailleurs moins méchant qu'il n'en a l'air - c'est plutôt un passeur, un prétexte narratif dans une forêt de légende aux couleurs chatoyantes. Les costumes et la mise en scène sont féeriques, les artistes défient les limites du corps humain et de la pesanteur - c'est un monde parfait, enchanté et enchanteur.
Chez Bartabas, c'est une toute autre histoire qui se joue - bien plus sombre, traversée par les drames de notre temps, intégrismes, massacres - ses anges sont si humains, fragiles et dépenaillés, et ses clowns, vaguement terrifiants. Un monde perdu, tragique, dans lequel pourtant la beauté, la poésie et même, la tendresse, sont omniprésentes - dans la voix rocailleuse de Tom Waits, dans ces anges qui veillent les clowns endormis - endormis, ou assassinés ? Il y a du Charlie, du Bataclan dans les niveaux de lecture toujours multiples chez Bartabas - l'horreur n'est jamais loin, mais médiatisée, transfigurée par la création, par la culture aussi - j'adore ça chez lui, ces échos de livres, de tableaux, de films - d'oeuvres majeures qui traversent et nourrissent tous ses spectacles. Et l'humour aussi, le tragi-comique, le burlesque, le clin d’œil affectueux - le petit poney shetland porté par un troupeau d'anges ou les dindons qui gloussent sur un solo équestre tout de rigueur et de gravité. A cet athée farouche, je trouve une forme de profondeur, de spiritualité qui parle de l'âme à l'âme - une émotion qui ne se dément pas.
Chez Zingaro comme au Cirque, je reste émerveillée par cette capacité de l'homme aussi au meilleur : la créativité renouvelée, le désir de repousser les limites, la recherche d'une forme de perfection, de propos total où tous les arts se mêlent - dressage, acrobatie, danse, chant - costumes, lumières et musique. Chaque image est parfaite - certaines me resteront longtemps...
Chez Zingaro comme au Cirque, je reste émerveillée par cette capacité de l'homme aussi au meilleur : la créativité renouvelée, le désir de repousser les limites, la recherche d'une forme de perfection, de propos total où tous les arts se mêlent - dressage, acrobatie, danse, chant - costumes, lumières et musique. Chaque image est parfaite - certaines me resteront longtemps...
05 décembre 2016
03 décembre 2016
Kifs 2
Dont acte :
- Un petit bistrot de marché avec Laurent à Lyon
- La rencontre d'une collègue expérimentée et chaleureuse dans le train retour du congrès EMDR
- La pluie de petits messages du monde entier pour mon anniversaire
- Le bouquet anonyme envoyé par... ma Môman
- La colonne vertébrale déverrouillée par mon ostéo préféré
- Les gens dans l'enveloppe, offert par les enfants, qui mérite un billet à part entière
- Lire au lit le samedi matin
- Une coupe de champagne offerte par la fleuriste
- La tarte au citron meringuée faite spécialement à mon intention par ma copine de toujours (le droit de choisir mon dessert d'anniversaire, comme les enfants)
- Et la liste de kifs de l'année proposée ce soir-là !
- De chouettes sorties passées et à venir (le Cirque Invisible la semaine dernière, Zingaro bientôt). Le spectacle vivant me régénère, me fait voyager, surtout quand il parle aussi directement à la part d'enfance et de poésie en moi...
- La réalisation d'un calendrier de l'Avent maison, moment de complicité avec Elsa
- Le beau froid ensoleillé de ces derniers jours
- Des nouvelles bottines d'hiver qui me ravissent (il en faut peu... pour être heureux)
- Une improbable soirée de danse à la Cité (qui mériterait aussi son propre post)
- Un post-it avec un coeur laissé par Léo un soir de retour tardif du travail
- Ma thérapeute qui m'adresse une première patiente
- Un déjeuner doux avec Ghislaine, qui me raconte une renversante histoire de vies antérieures
- Le plat à gâteau rendu par Marion... avec un nouveau gâteau dedans :-)!
- La douceur et la continuité du lien avec Ronan, un kif au quotidien, si précieux quand la vie secoue un peu trop fort, ce qui est aussi le cas ces temps-ci.
- Un petit bistrot de marché avec Laurent à Lyon
- La rencontre d'une collègue expérimentée et chaleureuse dans le train retour du congrès EMDR
- La pluie de petits messages du monde entier pour mon anniversaire
- Le bouquet anonyme envoyé par... ma Môman
- La colonne vertébrale déverrouillée par mon ostéo préféré
- Les gens dans l'enveloppe, offert par les enfants, qui mérite un billet à part entière
- Lire au lit le samedi matin
- Une coupe de champagne offerte par la fleuriste
- La tarte au citron meringuée faite spécialement à mon intention par ma copine de toujours (le droit de choisir mon dessert d'anniversaire, comme les enfants)
- Et la liste de kifs de l'année proposée ce soir-là !
- De chouettes sorties passées et à venir (le Cirque Invisible la semaine dernière, Zingaro bientôt). Le spectacle vivant me régénère, me fait voyager, surtout quand il parle aussi directement à la part d'enfance et de poésie en moi...
- La réalisation d'un calendrier de l'Avent maison, moment de complicité avec Elsa
- Le beau froid ensoleillé de ces derniers jours
- Des nouvelles bottines d'hiver qui me ravissent (il en faut peu... pour être heureux)
- Une improbable soirée de danse à la Cité (qui mériterait aussi son propre post)
- Un post-it avec un coeur laissé par Léo un soir de retour tardif du travail
- Ma thérapeute qui m'adresse une première patiente
- Un déjeuner doux avec Ghislaine, qui me raconte une renversante histoire de vies antérieures
- Le plat à gâteau rendu par Marion... avec un nouveau gâteau dedans :-)!
- La douceur et la continuité du lien avec Ronan, un kif au quotidien, si précieux quand la vie secoue un peu trop fort, ce qui est aussi le cas ces temps-ci.
Kifs 1
...et convergences d'information. Il y a eu le bouquin de Florence Servan-Schreiber. Il y a la formation EMDR et le travail sur les ressources. Et ce document envoyé par une participante du congrès (un kif à part entière, ce partage spontané !) sur l'exercice des trois questions.
Par ailleurs, je vous avais parlé aussi d’un exercice qui consiste à « muscler » l’hippocampe, cette structure cérébrale responsable de la capacité à se concentrer, et de la mémoire. Nous savons aujourd’hui que cette structure peut diminuer jusqu’à un tiers de sa taille chez les personnes qui souffrent de dépression chronique et de troubles dissociatifs. Il y a donc une raison cérébrale, anatomique, qui explique les troubles de la mémoire et de la concentration. La bonne nouvelle est que cette structure peut retrouver sa taille normale avec une bonne psychothérapie et avec de l’exercice.
De quoi s'agit-il ? Des trois kifs, en version journal de bord quotidien sur trente jours, avec renforcement via la technique du papillon, et variante intéressante qui intègre la question de la gratitude, car le 2ème kif doit être lié à quelque chose que quelqu'un d'autre a fait pour vous. (L'autre point sympa, c'est que la Care Box dans sa version originelle, la Boîte à Bonheur, était déjà un exercice d'observation et de gratitude... et qu'elle le reste).
02 décembre 2016
Les gens dans l'enveloppe
C'est l'histoire d'une romancière qui achète un lot de photos de famille sur le net, et décide de leur inventer une vie. C'est l'histoire d'un chanteur qui décide d'offrir à ces personnages des chansons qui les racontent.
Et parce que la romancière est aussi journaliste, c'est l'histoire de la recherche et de la rencontre des "vrais" gens dans l'enveloppe, qui à leur tour influencent l'écriture et fredonnent les chansons. Le chanteur, c'est Alex Beaupain (Les chansons d'amour, Les biens-aimés), la romancière, Isabelle Monnin, que je connaissais pas mais dont j'ai tout de suite reconnu la petite musique - l'observation sensible et la vulnérabilité à ce qui passe et disparaît.
Un vrai coup de foudre, pour la forme et le fond, ces narrations - fiction, enquête, musiques qui se répondent et se complètent, et cette tendresse profonde pour les vies ordinaires, ces souvenirs d'enfance qui ressemblent aux nôtres.
Je crois que toute vie vaut la peine d'être racontée, chaque vie est un témoignage de toutes les autres (...) On racontera la vie des gens dont on ne parle jamais. Elle vaut autant que celles dont on on parle - autant et aussi peu (...) ...elle est universelle et singulière, elle est par essence bouleversante, je crois à ça dur comme fer, c'est même la seule chose en laquelle je crois.
Et parce que la romancière est aussi journaliste, c'est l'histoire de la recherche et de la rencontre des "vrais" gens dans l'enveloppe, qui à leur tour influencent l'écriture et fredonnent les chansons. Le chanteur, c'est Alex Beaupain (Les chansons d'amour, Les biens-aimés), la romancière, Isabelle Monnin, que je connaissais pas mais dont j'ai tout de suite reconnu la petite musique - l'observation sensible et la vulnérabilité à ce qui passe et disparaît.
Un vrai coup de foudre, pour la forme et le fond, ces narrations - fiction, enquête, musiques qui se répondent et se complètent, et cette tendresse profonde pour les vies ordinaires, ces souvenirs d'enfance qui ressemblent aux nôtres.
Je crois que toute vie vaut la peine d'être racontée, chaque vie est un témoignage de toutes les autres (...) On racontera la vie des gens dont on ne parle jamais. Elle vaut autant que celles dont on on parle - autant et aussi peu (...) ...elle est universelle et singulière, elle est par essence bouleversante, je crois à ça dur comme fer, c'est même la seule chose en laquelle je crois.
01 décembre 2016
Danse avec la Cité
Mon utopique Cité m'a offert ce jeudi un petit moment de grâce. Dans le cadre de la Sexweek - semaine de débats et de prévention co-organisée avec un résident motivé, nous avons travaillé sur la question de la rencontre, de l'approche, du rapport au corps de l'autre, des différences culturelles lors d'une soirée de danse.
Le concept : offrir au groupe une série d'initiations à des danses du monde entier, à deux ou en groupe ; mini-démo par des pros, mini essai sur les pas de base - et beaucoup de rires, de jeu, de légèreté, et des instants improbables : les habituels caïds des soirées étudiantes vissés à leur chaise (quoi ? inviter à danser une fille que je ne connais pas alors que je ne suis même pas bourré ?), la timide étudiante japonaise qui rigole avec le résident hindou (deux cultures où pourtant, l'entrée dans la sphère intime de l'autre est quasi interdite), le mélange d'horizons et de générations dans la superbe salle de bal de la Fondation des Etats-Unis, où on s'attendrait plus à voir arriver des princesses en prom' dress avec leur gardénia au poignet que des étudiants qui tentent une sautillante java ou un sensuel souk brésilien...
Un peu de magie, beaucoup de bonne humeur, et pour moi un instant bulle de savon, infiniment bienvenu cette semaine-là.
Un peu de magie, beaucoup de bonne humeur, et pour moi un instant bulle de savon, infiniment bienvenu cette semaine-là.
17 novembre 2016
Trajectoires
Pas de posts ces dernières semaines ? Rien qui m'ait marquée ? En fait si. L'extraordinaire diversité et le courage des humains que mon métier me donne la chance de rencontrer, parfois brièvement, parfois au contraire dans un accompagnement au long cours. Le privilège de la confiance qu'ils m'accordent. L'émotion devant leurs tâtonnements, leurs questions, leurs avancées. Instantanés :
- cette femme qui a perdu il y a deux mois sa compagne d'un cancer, après dix-neuf ans d'amour - et leur incroyable parti-pris d'être dans la vie jusqu'au bout, de se réjouir de chaque possibilité restante, même réduite - conquise sur une fin pourtant inéluctable
- cette migrante mauricienne, qui a changé deux fois déjà de pays, de langue, perdu ses deux parents sans pouvoir revenir chez elle, sans papiers, qui porte à bout de bras un mariage dysfonctionnel, un mari hospitalisé et un enfant à la santé fragile, et qui me dit, je consulte parce que je me sens un peu fatiguée...
- cette très vieille dame aveugle, espagnole, dont le père a disparu dans les geôles de Franco et qui vient me raconter son récent voyage à Saint-Jacques de Compostelle et son sentiment de s'être réconciliée avec ses racines
- cette femme qui a perdu il y a deux mois sa compagne d'un cancer, après dix-neuf ans d'amour - et leur incroyable parti-pris d'être dans la vie jusqu'au bout, de se réjouir de chaque possibilité restante, même réduite - conquise sur une fin pourtant inéluctable
- cette migrante mauricienne, qui a changé deux fois déjà de pays, de langue, perdu ses deux parents sans pouvoir revenir chez elle, sans papiers, qui porte à bout de bras un mariage dysfonctionnel, un mari hospitalisé et un enfant à la santé fragile, et qui me dit, je consulte parce que je me sens un peu fatiguée...
- cette très vieille dame aveugle, espagnole, dont le père a disparu dans les geôles de Franco et qui vient me raconter son récent voyage à Saint-Jacques de Compostelle et son sentiment de s'être réconciliée avec ses racines
- cette jeune femme adoptée qui a retrouvé la trace de sa mère de naissance, une démarche d'autant plus vitale qu'elle a perdu aussi sa mère adoptive, et qui nomme de plus en plus clairement la difficulté qu'il y a à entrer de plain-pied dans le monde adulte lorsque ce regard aimant vous a fait par deux fois défaut
- ce matin cet homme qui rencontrait un psy pour la première fois de sa vie, arrivé alcoolisé et amer, reparti ému et curieux, peut-être prêt à s'aventurer finalement sur ce chemin de connaissance de soi
- cette jeune adulte gravement accidentée à l’adolescence et qui retraverse avec courage les douleurs de cette période, construisant peu à peu un sentiment de sécurité et d'intégrité qui ne s'était jamais complètement reconstitué depuis
- cette autre qui apprivoise petit à petit les absences dont elle était inconsolable pour avancer à petits pas timides dans une nouvelle relation, retrouver confiance en elle et en l'autre
- et cette dernière qui a survécu à une relation infiniment destructrice, et que j'accompagne depuis le début de ce mouvement de survie qui la laisse aujourd'hui épuisée mais libre, lumineuse, incroyablement fragile mais vivante psychiquement, preneuse de toutes les pistes, téméraire parfois (c'est toute sa question, jusqu'où aller trop loin, apprendre à se protéger, à être douce avec elle-même) mais déjà sauvée.
Les trois dernières ont remarquablement avancé aussi grâce aux outils de l'EMDR ; même à mon niveau de grande débutante, je ne cesse d'être émue par la puissance de cet outil, que je n'utilise pourtant certainement que dans une faible mesure de ses possibilités.
Ce qui me vient à me relire c'est de la gratitude : j'apprends sans cesse à leur contact, je réfléchis, je me laisse émouvoir, je remets en perspective, je progresse aussi, professionnellement grâce à leur confiance mais aussi, j'espère, humainement. C'est un drôle de métier ; mais je n'en ferais pas d'autre.
29 octobre 2016
Maison de famille
Je viens de réaliser un truc que mes oncle et tante ont compris bien avant moi. Tout comme on peut se constituer une famille de coeur, qui mêle membres de la famille réelle et amis choisis, on peut s'inventer une maison de famille, une histoire totalement imaginaire. En courant les brocantes en Bretagne ce week-end, j'ai pris beaucoup de plaisir à rêver à d'autres vies que la mienne, à imaginer ce que donnerait un intérieur où chaque objet serait choisi (ce qui n'est pas forcément le cas lorsqu'on hérite !). Pas forcément pour sa valeur marchande, mais pour le coup de coeur esthétique ou l'histoire qu'on lui prête. En fait, ce serait un peu comme entrer dans un livre, ambiance exposition coloniale ou Comtesse de Ségur, traversée transatlantique ou maison de campagne, être touchée par l'idée des petites mains qui ont brodé ce drap, façonné cet objet ou soulevé ces tasses, avec ou sans petit doigt en l'air.
Et j'ai pris conscience qu'un meuble ancien plein de charme ne coûtait pas forcément plus cher qu'un cube IKEA sans âme. Et que ça pouvait être un projet sympa de se constituer petit à petit une maison de rêve, une histoire à transmettre. Ou même, d'investir dans une seule pièce ancienne mais vraiment belle, à mixer avec du plus contemporain (ma fixette à moi, ce sont les secrétaires : à tiroirs, à tambour, à plateau de marbre...). Pour un peu, ça m'aurait même donné envie de rafistoler, poncer, lazurer, d'apprendre comment détacher du linge ancien ou entretenir de la vaisselle en métal argenté. Pour le moment, je me suis contentée de tomber amoureuse d'une charmante théière anglaise.
25 octobre 2016
Rouge-gorge
Renaud en concert au Zénith hier : toute émue - pas pour la voix, esquintée par l'alcool, les clopes et une bronchite ce soir-là. Mais par ce Toujours vivant, toujours debout - j'ai toujours eu un faible pour les survivants. Les cinq premières minutes m'ont bouleversée - un Renaud aux mains tremblantes et à la voix cahotante, qui entame cash avec Toujours debout - j'ai pensé qu'il n'irait pas au bout, et puis deux heures plus tard, nous étions toujours là - toujours debout aussi !
J'ai grandi avec ses chansons, et je les connais encore par coeur. Quasiment toutes. Comme tout le reste de la salle. Je ne les écoute plus souvent, mais elles sont encore là, intactes, c'est fou ça !
Petite larme émue quand il a commencé En cloque - je suis d'accord avec lui, je la préfère encore encore à Mistral gagnant - et à nouveau sur Manhattan-Kaboul, partie d'Axelle Red portée par un public fervent. Et plein d'ondes de bonheur à retrouver Manu, Marche à l'ombre, Fatigué, Etudiant, Morgane de toi, et tant d'autres.
Ado, je n'étais fan de personne ; mais il est le seul chanteur dont j'aie eu un poster dans ma chambre. Je le trouvais drôle, touchant, idéaliste et provocateur, le cocktail idéal quand on a quinze ans. Ses colères et sa tendresse me touchent toujours, me confrontent aussi - aujourd'hui, l'engagement, le collectif, l'idéalisme, la joie, que je retrouve aussi chez Leprest, chez Lantoine, chez Tryo, où est-ce que je leur fais une place dans ma vie ? Est-ce que je me vieux-conise, concentrée sur mes propres petits problèmes ? Qu'est-ce que j'ai oublié en chemin ?
Ado, je n'étais fan de personne ; mais il est le seul chanteur dont j'aie eu un poster dans ma chambre. Je le trouvais drôle, touchant, idéaliste et provocateur, le cocktail idéal quand on a quinze ans. Ses colères et sa tendresse me touchent toujours, me confrontent aussi - aujourd'hui, l'engagement, le collectif, l'idéalisme, la joie, que je retrouve aussi chez Leprest, chez Lantoine, chez Tryo, où est-ce que je leur fais une place dans ma vie ? Est-ce que je me vieux-conise, concentrée sur mes propres petits problèmes ? Qu'est-ce que j'ai oublié en chemin ?
PS : Cerise sur le gâteau, première partie très chouette : Gauvain Sers. Qui fait aussi des premières parties de Tryo !
23 octobre 2016
14 octobre 2016
Collège Blues
Personne n’a aimé ça. Lorsque j’interroge mes patients, c’est très souvent la période considérée comme la plus difficile à vivre – la sortie du cocon de l’enfance, la perte des repères scolaires, l’irruption de la puberté et de la sexualité. Pour les plus fragiles d’entre eux, c’est toujours là que ça déraille, la marche est trop haute, les handicaps se cumulent – plus tu es déjà fragile, plus tu es déjà perdant, déjà perdu. Si tu es différent – trop grand, trop petit, trop gros, trop maigre, trop blanc, trop noir, trop gay, trop roux, trop voyant, trop invisible – c’est dommage pour toi. Si tu es un peu plus malin, un peu plus sensible, un peu cultivé, un peu plus éduqué – c’est dommage pour toi. Si tu refuses de socialiser en bavant sur les autres, en colportant les rumeurs, en agressant les plus faibles, c’est dommage pour toi.
Tout ça, c’était déjà vrai quand j’étais au collège. Ce qui est nouveau, c’est la progression ahurissante du niveau de violence sociale, physique et verbale dans l’indifférence générale. Ce qui est nouveau, c’est que nos enfants trouvent normal de se faire bousculer, insulter, discriminer, racketter, et que la loi du silence soit respectée. Ce qui est nouveau, c’est que ces têtes blondes ou brunes se jettent à la figure leur appartenance religieuse, portée comme un drapeau en même temps que vidée de tout sens spirituel. Ce qui est nouveau aussi, c’est l’omniprésence d’un vocabulaire sexuel et sexiste ordurier, brutal, qui constitue à lui seul une agression aussi constante que banalisée, un préliminaire à une culture de la domination et du viol. Ce qui n’est pas nouveau mais va s’aggravant, c’est la banalisation de l’irrespect et du désordre, des cours chaotiques et de l’absence de travail, même pas faute de le vouloir mais, dans certains cours, faute de le pouvoir.
Ce qui me frappe c’est la gangrène de l’absence de sens : il n’y a pas d’autre rapport que le rapport de pouvoir. L’empathie pour l’autre, les interdits fondateurs (ne pas faire, ni se faire, de mal), l’idée d’un apprentissage qui a du sens en lui-même et prépare à un projet de vie, d’une spiritualité soutenue par des valeurs, d’une sexualité sous le signe du respect et du lien, d’une humanité commune, d’un sens du collectif – INEXISTANTS dans le quotidien mais je pense aussi, dans les discours qu’ils entendent.
La parole non plus n’a plus de sens – la parole donnée, l’interdit, les mots qui humanisent, bâtissent des ponts et non des murs. La parole est insulte, interjection, crachat, actes sans pensée, impulsions sans mots.
Aux élections de délégués dans la classe d’Elsa, il y a eu 18 voix pour Dark Vador et autant pour Dora l’exploratrice. Est-ce qu’un adulte a vraiment pris le temps d’expliquer le sens de cette représentation du collectif ? Est-ce que ce n’était pas le moment de faire de cette éducation « morale et civique » un temps enfin utile ? Est-ce que nos adolescents sont à ce point écœurés des systèmes adultes qu’ils désignent les héros de leur enfance - comme un gag triste, une provocation désespérée ?
Quand le quotidien de l’échange de couloir ressemble à « - Je nique ta mère par tous les trous / - Ta gueule puceau, je suis sûre que t’as jamais vu une chatte en vrai » (car l’élégance du langage n’est pas réservée aux garçons), est-ce que parfois un adulte réagit ?
Quand on a élevé ses enfants dans une culture de l’accueil de la différence et du dialogue, comment ne pas constater qu’on les a, peut-être, bien mal préparés à affronter la meute ? Que leur capacité d’analyse et leur niveau de langage sont, à cette étape, des handicaps ? Quels mots trouver, pour signifier l'inacceptable tout en gardant une cohérence, l'envie de soutenir la vision d'un monde qui intègre sans (se) désintégrer ?
Lu, mère en colère
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