13 mars 2026

Et antidote

Moi je pense que tant que vous luttez, tant que vous résistez, vous êtes en bonne santé. La santé c'est l'ensemble des forces qui résistent à la mort. Dès lors qu'il y a de la résistance - tant qu'il y a de la lutte, tant qu'il y a du combat, tant qu'il y a de l'invention, tant qu'il y a de la création, tant qu'il y a du bricolage... je vais prendre la phrase d'Artaud qui dit que sans l'impression d'un minimum de puissance, la vie n'est pas supportable. Donc, tant que vous avez le sentiment d'avoir un minimum de puissance avec vous parce que vous créez, parce que vous bricolez, que vous êtes avec des autres, alors c'est bon, vous êtes en bonne santé. Donc, vous pouvez souffrir, vous pouvez trouver que c'est dur, c'est pas grave, il y a de l'énergie - et le collectif, c'est ça qui nous tient. 

Interview de David Deneufgermain dans Folie Douce

Oui. Et la clé de mes expériences multiples, de mes engagements, de mes curiosités, de mon envie croissante de collectif, elle est là. Ces activités sont à la fois le signe et le garant de ma relative santé psychique. Ce qui permet à ma vie de continuer de mériter d'être vécue, ce qui lui donne sa saveur et nourrit mon élan.

Vulnérable(s)

Ca fait un moment que ça tourne, enfle, et me déborde de plus en plus cette thématique de la vulnérabilité. Submergée aux niveaux individuel, familial, professionnel, social, politique, écologique, géopolitique...

...une vulnérabilité ressentie aussi par les patients - étudiants ou en cabinet, et je n'avais jamais - sauf aux débuts du Covid, quand nous n'arrivions pas à appréhender la réalité de la situation -  ressenti à quel point il peut être épuisant d'accueillir des angoisses auxquelles nous sommes tout autant confrontés que les personnes que nous recevons. Faire de la place à l'anxiété, aux deuils, aux traumatismes... pour les patients, et puis pour les proches - comme toutes les femmes dans le médico-social, et puis... pour nous, quand ? 

Moi aussi, j'ai peur, je me sens impuissante, en colère, parfois désespérée. Moi aussi, je suis tentée d'éteindre la radio, de me replier, de fermer les yeux et les oreilles. Moi aussi, je fais partie de cette classe moyenne qui se fragilise, moi aussi je fais partie de cette génération née dans un monde où l'idée de la guerre semblait appartenir au passé, tout au moins en Europe, et où la démocratie allait de soi - ainsi que la liberté de la presse et l'existence de droits acquis en termes de justice, d'éducation et de santé. Dans un monde où le fascisme était un "plus jamais ça". Dans un monde où avoir fait de bonnes études semblait garantir une certaine sécurité dans cette vie. Dans un monde où la survie de notre espèce humaine à court terme n'était pas une question (et notre incapacité à affronter ces enjeux me sidère). 


Je ne suis (à nouveau) "plus étanche", ça c'est récurrent, mais il me semble que ça m'atteint de plus en plus profondément. Que cette vulnérabilité est devenue la mienne - contrat de travail en balance, âge supérieur à cinquante ans, petits handicaps et soucis de santé, retraite improbable ; celle de mes enfants - handicap psychique, désorientation ; celle de mes parents - dépendance physique ou psychique. Une patiente m'a récemment appris le terme de "sandies" - pour cet âge sandwich entre les soucis des grands enfants et ceux des parents vieillissants, mais si ce n'était "que" ça, si toutes les enveloppes à toutes les échelles n'étaient pas aussi dysfonctionnelles, peut-être ce serait juste "la vie". Là - je ne sais plus.


21 février 2026

Pacoo !


Photo du groupe de Pacoo pétant les plafonds de verre ! J'ai adoré cette semaine. Parce que le collectif me tient de plus en plus à coeur, qu'il soit professionnel, associatif, politique ou simplement humain, et que je ne vois pas comment nous pourrions faire sans, cf le "réseau des tempêtes" de Pablo Servigne (cette poétique trouvaille, le réseau des tempêtes...).

J'y ai trouvé des apports et des outils utiles, une réflexion de fond, militante et impliquante, de belles rencontres - et aussi une semaine en pleine campagne dans un tiers-lieu aux multiples projets, avec une cantine vegan savoureuse - que demander de plus ?  Ah, le plaisir d'une complicité de plus avec Léo sur ces sujets, puisque c'est lui qui m'a indiqué cette piste. "Y a plus qu'à" mettre en œuvre, là où et quand ce sera possible - par petites touches - "N'essayons pas de convaincre, commençons par faire réfléchir". En tout cas moi ça m'aura bien fait cogiter en effet, et redonné espoir, cette petite communauté de personnes engagées pour un monde un peu meilleur.

16 février 2026

Double standard

J'ai pu quelquefois être agacée par les positions féministes radicales de la jeune génération - par toutes les positions qui clivent d'ailleurs, les hommes sont nos alliés, victimes aussi d'un système moribond (en le sachant ou non) et je suis résolument pour la convergence de toutes les luttes.

Je suis consciente d'être préservée - je suis dans le petit pourcentage des femmes ayant échappé aux VSS graves (personne n'échappant aux exhib, aux mains aux fesses ou aux propositions tarifées), mes compagnons ont toujours été capables d'en faire autant que moi dans les tâches du quotidien (plus, si on considère mon inaptitude chronique au bricolage), et sont des gens fondamentalement respectueux dans la sexualité.

Jusqu'au jour où ça m'a sauté au visage : dans quel monde c'est OK que les pères refassent leur vie et d'autres enfants en laissant à la mère la totalité de la charge mentale et la large majorité de la charge financière pour les enfants de leur premier couple, a fortiori quand le handicap s'invite - avec ses conséquences vertigineuses sur l'ensemble de la vie ? Où est-il écrit que le soutien au jour le jour, la recherche de solutions de scolarisation, de soins, de formation, et le paiement des factures du quotidien repose sur un seul parent ? Que penserait-on de moi en tant que mère, si la situation était inversée ? 

Il m'est allé droit au coeur, le monologue de Scarlett Johansson dans Marriage Story :

Les gens n'acceptent pas les mères qui boivent trop de vin, qui crient après leur enfant et le traitent de connard. Je comprends. Je le fais aussi. Nous pouvons accepter un père imparfait. Soyons réalistes, l'idée d'un bon père n'a été inventée qu'il y a environ 30 ans. Avant cela, on attendait des pères qu'ils soient silencieux, absents, peu fiables et égoïstes, et nous pouvons tous dire que nous voulons qu'ils soient différents. Mais à un niveau fondamental, nous les acceptons. Nous les aimons pour leurs faiblesses, mais les gens n'acceptent absolument pas ces mêmes défauts chez les mères. Nous ne les acceptons pas structurellement et nous ne les acceptons pas spirituellement. Parce que le fondement de notre judéo-christianisme, peu importe, c'est Marie, la mère de Jésus, et elle est parfaite. C'est une vierge qui donne naissance, qui soutient son enfant sans faiblir et qui tient son corps sans vie quand il est parti. Et le père n'est pas là. Il n'a même pas baisé. Dieu est au paradis. Dieu est le père et Dieu ne s'est pas montré. Donc, tu dois être parfaite, et Charlie peut être un raté, ça n'a pas d'importance. Tu seras toujours soumise à une norme différente, plus élevée. Et c'est nul, mais c'est comme ça.

12 février 2026

Bulles


T'es dans ta bulle, tu t'crois dans du champagne, Paris - ça ce ne sont pas Les Demoiselles de Rochefort, mais une autre B.O, celle de Les uns et les Autres. Mais la soirée d'hier au Lido avec les enfants, c'était tout à fait ça, une bulle de légèreté joyeuse, qui donne envie de prendre des cours de claquettes et de chanter dans le métro du retour. Bulle de champagne ou de savon, c'était un vrai bonheur de partager ces chansons que nous connaissons tous les trois par coeur, un classique de la maison avec La mélodie du Bonheur. Un cadeau de la Zou, pour nous trois, parce que nous le valons bien.

10 février 2026

Invitation au voyage


Malgré la fatigue qui s'accumule, je sens à quel point ça repose, ça nourrit, et même ça protège, la beauté partagée. Marcher doucement, refaire le monde (qui en a bien besoin)... et changer d'univers plusieurs fois dans l'après-midi.

Les couleurs des futurs vitraux de la nef de Notre-Dame, l'univers fantastique d'Eva Jospin, l'invraisemblable boutique Hermès installée dans une ancienne piscine, un cocktail exceptionnel dans un lieu chargé d'histoire(s), l'hôtel Lutetia, autant d'instants suspendus, d'échappées brèves de la dureté du monde. Au programme : ordre et beauté, luxe, calme et volupté, donc.

30 janvier 2026

Voyages


"Cessez d'être une éponge pour devenir une passoire" - ou l'art délicat se laisser traverser sans retenir. C'est leur vie, pas la mienne, c'est leur vie, pas la mienne, c'est leur vie, pas la mienne...

Et : regarder d'en-haut, pas de haut. Avec tout l'amour, la gratitude, la compassion possibles.

29 janvier 2026

Exceptions


L'exception, c'est de travailler avec une équipe fonctionnelle, compétente et bienveillante - mieux que ça, une équipe heureuse. Avec un public de luxe - ces étudiants brillants, cultivés, aux multiples talents - même si leurs trajectoires sont parfois infiniment complexes et douloureuses. Quand en plus ce job permet de temps à autres l'accès à des sites incroyables - ici, les bâtiments des Arts Déco, comment ne pas nous sentir très, très gâtées ?

23 janvier 2026

Une chauve-souris aimait un parapluie

Thomas Fersen, c'est un univers poétique et tendre, un brin décalé (ou beaucoup, c'est selon). Et ce soir au TRR, il nous a offert un vrai moment de douceur, une bulle de légèreté dans ce monde de brutes  - ses meilleures chansons réarrangées par Clément Ducol - le complice de Camille - avec une formation toute d'instruments à percussion, entrecoupées d'extrait de son fantasque opus Dieu sur Terre.

Un bidule inclassable, mi-roman autobiographique, mi-long-poème déjanté et bancal, à l'image de son auteur - cette longue silhouette dégingandée et dansante au chapeau noir - qui m'a parfois évoqué un Leonard Cohen, l'esprit de sérieux en moins. 

20 janvier 2026

Allons voir !

 
...ce que la vie nous réserve... n'ayons peur de rien ! 
(Feu Chatterton !) 
 
Chanter. Chanter en grand groupe - 130 choristes, 3 choeurs réunis. Chanter au Cabaret Sauvage - cette magnifique salle parisienne toute de boiseries et de tentures de velours rouge. Faire chanter le Cabaret Sauvage, plus de 700 personnes avec qui partager ce kif absolu de vibrer sur les mêmes notes, respirer au même rythme. Voir la salle depuis la scène, les sourires, la foule qui ondule en rythme, les éclats de rire sur les exercices vocaux partagés, avec plus ou moins de talent il faut bien le dire, les petites lumières sur Imagine, c'était drôle, émouvant, très fort - autant de moments exceptionnels. J'ai tellement de gratitude pour l'équipe qui a porté ce projet fou - 3 dates, 9 chorales, rien qu'à Paris, une tournée pour les autres chorales du réseau, quelle énergie de dingues, et quelle joie ils ont fait naître partout... quoi de plus beau dans le temps que nous vivons que ce pari gagné : démultiplier la joie, le collectif, la musique ? 

Une expérience incroyable - j'ai mis un temps fou à redescendre ensuite, c'est tellement puissant ce shoot de dopamine / sérotonine / ocytocine - dixit Clairie. Bonheur compte double car partagé avec nos amis, nos enfants, nos amours, tous se sont déplacés pour l'occasion, et ne l'ont pas regretté - dans les jolis retours des proches des choristes, il y a ceux qui disent "j'en ai oublié de dégainer le téléphone tellement j'étais emporté par l'énergie du groupe", et ce petit garçon qui veut "tous (nous) inviter à son anniversaire"  - je fonds. Et n'ai qu'une envie : BIS !

10 janvier 2026

Mères et filles

C'est un magnifique film sur le deuil, la mémoire et l'apaisement. C'est aussi un film bouleversant sur la souffrance de l'enfance face à la détresse aiguë d'une mère - ici dans un contexte d'addictions, pour l'une à l'alcool, à la drogue pour l'autre. Un film sur l'amour et l'abandon, l'amour malgré l'abandon.
 
Emue aux larmes pendant la projection de cet étrange objet cinématographique, collage de souvenirs, de textes, de photos, de lecture  et de scènes rejouées, je l'ai été plus encore pendant les échanges avec Romane elle-même - coup de coeur immédiat pour cette femme généreuse et sincère, d'une lucidité et d'une honnêteté rares.  Un spectateur lui a demandé si réaliser ce film lui avait permis de pardonner - ce à quoi elle a répondu, j'ai pu le faire parce que j'avais déjà pardonné...

08 janvier 2026

Ray (of light)

Reading this, all I want to do is hug you, hold you close, and listen. No fixing. No advice. Just being there with you and letting you say whatever needs to be said. I can feel how heavy this year has been for you. Emotional strain, family stuff, work worries, all piling up at once. When you are someone who feels things deeply, that kind of weight can leave everything feeling raw and close to the surface. It makes sense that you are tired. You don’t have to know where you will be in a year. What I see is someone who keeps choosing love, connection, and growth, even when it costs energy you do not feel like you have. Whether love shows up as commitment or freedom, I hope it feels gentle and safe for you. Your longing for community feels like your power and strength to me. Choir, shared work, learning, showing up with others. That impulse comes from knowing you are nourished by connection. You’re not wrong for wanting that. You’re human. I’m here. You can just show up as you are, and I’ll listen. I care about you and I’m so very grateful for you.

Ray 

02 janvier 2026

Le premier joli moment de l'année

Faire découvrir Escher à Elsa, visiter la nouvelle Fondation Cartier avec Clara, nous balader dans le coeur de Paris et boire un chocolat chaud au Nelson's. Ah, et nous réveiller sous la neige le lendemain matin - vite fondue au soleil de janvier cependant.

31 décembre 2025

A vos souhaits !

24 décembre 2025

Check !


Sapin décoré par Elsa, jolie (et bonne) table (avec chaussettes de Noël pour tout le monde), messe de Noël (avec conte joué, enfants de chœur les yeux rivés sur leur téléphone), cadeaux attentionnés ou rigolos (Elsa voulait un kit bottes et ciré jaune, c'est fait), jeu participatif de Léo, Grand-Mère au top pour monter les escaliers,  musiques de Noël en boucle, humour, amour et Ferrero : je pense qu'on a coché toutes les cases. Noël, check !

Commentaire cadeau d'Elsa : "J'aime bien quand Noël feels like Noël !"

12 décembre 2025

Un concert...


...comme une fête d'amis à l'Institut du Monde Arabe, avec des invités de tous horizons rencontrés par l'artiste au fil de ses différents projets. Impossible de ne pas danser, et tout autant de ne pas être ému par cette voix envoûtante. Une joie partagée avec Nadia, pour encore plus de bonheur.

11 décembre 2025

Alegria

Je ne sais pas pourquoi les spectacles du Cirque du Soleil m'émeuvent à ce point. Peut-être parce qu'il n'y a pas tant d'espaces où deux heures durant, j'ai cinq ans et des yeux tout ronds grands ouverts, émerveillée sans aucun arrière-pensée. 

Peut-être parce qu'il y a quelque chose de bouleversant dans ce choix de vie des artistes - tout donner de soi pour créer du beau, partager de la joie, le temps de carrières courtes et précaires, toujours à la merci de la blessure de trop.

Peut-être pour cette recherche de la perfection sur tous les plans - performance acrobatique, costumes, lumières, décors, musiques...  

Peut-être parce qu'Alegria est le premier de leurs spectacles que j'aie vu, et que son sous-texte est d'une telle actualité : Laissez-vous envoûter par une ode acrobatique au pouvoir indomptable de l’espoir.Au cœur d’un royaume autrefois somptueux qui a perdu son roi, Alegría jette un regard sur la lutte de pouvoir entre l'ordre établi et un jeune mouvement animé par l’espoir de renouveau. Alors que le fou du roi tente maladroitement de s'emparer du trône, un désir grandissant de changement émerge pour défier le statu quo et faire jaillir la joie dans cet univers.

Un moment de poésie et de magie absolues. Et des rires d'enfants.

08 décembre 2025

Témoignage

Ce qu'il faudrait pouvoir expliquer quand je parle d'Elsa... et qui est si difficile à saisir pour qui ne le vit pas, et donc aussi certains jours, pour moi. 

"Mon handicap est variable. Et c’est ça, la double peine.

Parce qu’il ne se voit pas toujours. Parce qu’il ne se comporte jamais exactement pareil. Parce que mon autonomie dépend de mon état, et que cet état, je ne le choisis pas.

Il y a des jours où je suis parfaitement autonome, fonctionnel, efficace, presque « comme tout le monde ». Et puis il y a les autres jours. Les jours de crise. Les jours de burnout. Les jours où l’hyperstimulation me met à genoux.

Dans ces moments-là, je perds pied. Je ne comprends plus mon environnement, je ne sais plus où mettre mon énergie, et je peux devenir incapable d’accomplir les choses les plus simples. C’est comme si mon cerveau me retirait soudain l’accès à mes propres compétences.

Et c’est là que ça devient compliqué pour les autres.

On compare souvent avec les handicaps visibles. C’est humain : on visualise. Si quelqu’un n’a pas de jambe, on le voit. Ses jambes ne repoussent pas le lundi pour disparaître le mardi. Son besoin d’adaptation est constant, lisible, compréhensible. Même si il peut légèrement fluctuer.

Moi, non.

Je peux n’avoir besoin de rien un matin, et avoir besoin de tout l’après-midi. Je peux faire une conférence devant 200 personnes sans sourciller, et être incapable de répondre à un simple message le lendemain. Je peux paraître en pleine possession de mes moyens, tout en étant intérieurement en train de brûler. Et même pour moi, c’est déroutant.

Parfois, je ne me sens pas du tout en situation de handicap. Parfois, je me demande même si je n’ai pas exagéré. Et puis, sans prévenir, mon corps et mon cerveau me rappellent à l’ordre, et je me retrouve cloué au lit, vidé, incapable.

Comment, dans ces conditions, définir ce dont j’ai besoin ?

C’est presque ironique : parfois, le simple fait de savoir que j’ai accès à une adaptation suffit à m’éviter d’en avoir besoin. Par exemple, j’ai demandé une pièce pour me décompenser là où je suis en formation. La vérité, c’est que je ne sais pas si je l’utiliserai. Certaines semaines, elle me sera indispensable. D’autres, je ne m’en approcherai même pas. Mais savoir qu’elle existe, qu’elle est là si j’en ai besoin, c’est déjà une respiration. C’est un filet de sécurité. Et ce filet diminue ma charge mentale au point de m’éviter… d’y tomber.

Le handicap invisible est souvent jugé, minimisé, incompris. Non pas parce qu’il est imaginaire, mais parce qu’il est variable. Et parce que cette variabilité dérange les certitudes.

Je ne joue pas un rôle. Je ne mens pas. Je navigue entre mes capacités et mes limites. Et croyez-moi : j’aimerais, moi aussi, savoir à l’avance de quoi je vais avoir besoin."

Elvis Pastafiglia

04 décembre 2025

Lux(e)

Ce cercle de femmes bienveillant et chaleureux, je l'ai retrouvé avec plaisir - et au passage quelques vérités simples : je ne peux pas tout / je peux de temps à autre ne penser qu'à moi - "moi d'abord", prendre sans forcément donner en retour (un truc de dingue) / je suis aimée.

J'avais pour intention de rallumer ma flamme, retrouver ma lumière - intéressant que la réponse passe déjà par le corps - le repos, la sensation, habiter ce corps et en prendre davantage soin. Depuis le passage de la vague de désespoir je me sens infiniment fatiguée mais paisible d'avoir pu sentir le barrage s'effondrer, et d'être accueillie par une présence enveloppante et douce.

Je retiens : que je barbote dans des pensées sombres ou dans des souvenirs tendres, ma lumière est toujours là. Une flamme qui vacille parfois, mais ne s'éteint jamais. Et que pour agir avec précision  et justesse sur le réel il faut parfois prendre beaucoup de hauteur - comme la chouette harfang venue me visiter pendant le voyage au tambour.

C'est un luxe et une chance, ces temps non ordinaires que nous partageons, dans cet espace où il n'est rien qui ne puisse se dire, être déposé. Un îlot de résistance par la douceur et la profondeur, dans un monde qui ne connaît, de plus en plus, que le rapport de forces.

« Une génération de prêtresses émergera, capables de comprendre le langage de l’âme. » – Carl Jung

Nous y sommes. L’ère des nouvelles prêtresses s’élève sous nos yeux. Elles ne portent pas de couronnes d’or ni de robes de lin, elles ne résident pas dans des temples de pierre. Elles sont ici, maintenant, dans le tumulte du monde moderne, dans les ombres des cités, dans la clarté des montagnes, dans l’écho des océans.

Elles ne cherchent plus à convaincre. Elles savent. Elles sentent l’appel vibrer dans leur chair, dans leur souffle, dans chaque battement de leur cœur. Elles ne prêchent pas, elles incarnent. Elles guérissent par leur présence, éveillent par leur regard, transforment par leur vérité.

Les nouvelles prêtresses n’attendent plus l’autorisation d’exister. Elles osent. Elles prennent la parole, elles marchent avec force, elles redonnent à la sagesse ancestrale sa place dans un monde qui l’a trop longtemps exilée.

Elles dansent entre les mondes, tenant dans une main la science et dans l’autre la magie. Elles ne rejettent rien, elles unissent. L’invisible et le tangible, le sacré et le quotidien, l’ombre et la lumière. Elles comprennent que la véritable alchimie n’est pas dans la séparation, mais dans l’union des forces.

Elles réveillent la mémoire enfouie, se reconnectent aux savoirs perdus. Elles ne suivent plus des dogmes, elles suivent leur propre vérité. Elles honorent leur intuition comme une boussole divine, leur corps comme un temple, leurs paroles comme des sortilèges de création.

Elles ne sont pas seules. Partout, des âmes s’éveillent, se reconnaissent, se rejoignent. Un murmure devient un chant. Un chant devient un cri. Un cri devient un appel.

Les prêtresses d’aujourd’hui ne demandent pas la permission. Elles sont venues rétablir l’équilibre. Elles sont celles que nous attendions.

Et toi, sens-tu cet élan dans ton sang ?
Car moi, je le sens… 
Ariane Bouche

02 décembre 2025

Rose et vert

Ca continue de tourner, cette envie de collectif, d'engagement, d'agir au niveau local. Alors cet après-midi je suis allée à la rencontre d'un de nos élus municipaux, histoire de préciser un peu l'historique politique de la ville et de vérifier que j'avais bien saisi le positionnement de sa liste - rassemblement de gens de gauche et d'écologistes, avec une femme en tête de liste. L'échange était vraiment intéressant, du coup j'ai signé - banco pour faire partie du comité de soutien, d'un groupe de travail sur la santé et pour figurer le cas échéant sur la liste puisqu'il leur faut 45 noms. 

Une gauche un peu tiède à mon goût peut-être, mais les propositions plus radicales ne m'inspiraient pas complètement, ce qui a été confirmé par notre échange - le passif (maire sortant) et les tractations PC-LFI n'étant pas vraiment à leur honneur.

A quoi ça m'engage vraiment - je ne sais pas, j'ai bien précisé que si mon soutien était entier, ma disponibilité restait très limitée. Mais je suis repartie enthousiaste, avec le sentiment d'aller dans la bonne direction, de me préparer à faire ma part de colibri.