20 mai 2010

Mobile

Les mobiles symbolisent les multiples facettes de la vie, la seule constante étant le "mouvement". Même dans les pièces les mieux fermées et visiblement les plus calmes, les mobiles frémissent au moindre mouvement d'air ou suivent en quelque sorte leur propre inspiration.

Ce qui me vient aussi, c'est que les mobiles rendent l'invisible, le subtil, le ténu, visible...

13 mai 2010

Au vol...

...dans le miroir du bijoutier, le grand sourire d'Elsa devant les petits zircons qui ornent ses oreilles fraîchement percées.


11 mai 2010

Clés

Ne vous battez pas contre la peur, sinon, vous aurez de plus en plus peur. Une nouvelle peur entrera dans votre être : la peur de la peur, qui est très dangereuse. Premièrement, la peur est une absence, et deuxièmement, la peur de la peur, c'est l'absence de l'absence. Alors, vous entrez dans la folie !

La peur n'est rien d'autre que l'absence d'amour. Faites quelque chose avec l'amour, oubliez la peur. Quand vous aimez profondément, vous ne trouvez plus la peur. Comme si la lumière était allumée et qu'on ne trouvait pas l'obscurité. Voici la clé secrète : aimez davantage.

Osho, Le courage – la joie de vivre dangereusement

Etalons

Un groupe de prévention en milieu scolaire – nous abordons une fois de plus le sujet de la pornographie. « Euh, vous savez M'dame, l'acteur, là, Freddy Sirocco... ». Les griffes de la nuit et le vent du désert, pas mal, pour un lapsus ? Plus poétique en tout cas que Rocco Siffredi, ou que la triviale « Poutre de Bamako » évoquée par le même groupe...

Différences (2)

Alors, Léo, ce serait plutôt Toutpourmagueule.com, et Elsa, Parleàmoncul.fr. Je sais, c'est pas bien... mais parfois, ça agace.

10 mai 2010

Lutinage

Que reproche-t-on souvent aux Lutins et Lutines ? De ne pas aimer vraiment, parce qu'ils sont indépendants, ne se consument pas d'angoisses, réfléchissent avant de rompre, savent passer une soirée avec un(e) amant(e) sans forcément faire l'amour, acceptent que leur compagnon ou compagne aiment d'autres personnes, annulent une soirée intime parce que leur enfant est malade sans que l'amant(e) s'en offusque et sont capables de rester des mois sans voir leurs amours tout en les aimant profondément. D'où de multiples tentatives pour étiqueter leur sentiment : est-ce de l'amitié, du désir, de l'indifférence, de la passion contrariée, de la séduction ? (...)

Les Lutins n'étiquettent pas leurs sentiments, parce que la vie leur a appris qu'une relation évolue par cycles, avec des hauts et des bas, et qu'il est vain de l'enfermer dans une catégorie. On aime parfois son compagnon comme un ami, parfois on le déteste, parfois on retrouve avec lui des élans passionnés... et c'est ainsi avec tous les hommes. Pourquoi les étiqueter, puisque la vie se charge de décoller les étiquettes... sans que l'amour disparaisse. (...)

Ensuite, viennent les ratures, quand se confrontent le rêve et la réalité. Tout comme un manuscrit raturé témoigne d'un travail de création et non d'une détérioration, les "ratures amoureuses" reflètent l'évolution d'un lien et la découverte de l'intimité.


Françoise Simpère, Guide des amours plurielles

06 mai 2010

Humide

Léo : Moi je mouille les cours !
Lulu : ???
Léo : Ben oui moi je les sèche pas !

05 mai 2010

Darshan

Sans voix. Chez Zingaro, la poésie, la démesure et la beauté, sous des formes toujours renouvelées, sont la norme. Mais là... le dispositif scénique, l'inventivité visuelle, la musique - empruntée aux répertoires spirituels de tous les lieux et temps, les chevaux - irréels à force de beauté - amènent à la création d'un langage à part entière - une langue qui parlerait directement à l'âme. C'est cela - un langage qui toucherait sans intermédiaire l'émotionnel et le spirituel. Bien sûr, on pourrait décortiquer la magie, voir comment elle est bâtie - techniquement, musicalement, culturellement - nombre des grands mythes de l'humanité sont évoqués, convoqués mais... même si on y parvenait, on n'en aurait rien dit. Rien dit du silence plein qui m'habitait après la représentation, rien dit des larmes jaillies au passage d'un grand cheval blanc sans cavalier sur un choral de Bach - inoubliable.

03 mai 2010

Rufo défend Freud

Freud, qui étudiait le comportement dilatateur des insectes, estimait que l’hystérie était plus intéressante dans les manifestations cliniques sans cause. C’est là où il est fabuleux : il cherche une cause lorsqu’elle n’est pas médicale. Il renverse la donne du sens, de la signification par rapport à la clinique. L’Anglais Donald Winnicott reprend cela à merveille lorsqu’il explique la différence entre un pédiatre et un pédopsychiatre. Le pédiatre trouve un symptôme. Il lui en faut un deuxième. Un troisième. C’est un syndrome. D’où diagnostic et traitement. Le pédopsychiatre, lui, ne doit pas s’intéresser au symptôme pour, éventuellement, en saisir le sens. Imaginez les 180 degrés de cette pensée ! (...)

De nombreux internes penchent pour le cognitivo-comportementalisme, qui a l’avantage de l’immédiateté et de l’efficacité. Mais il ne faut pas désespérer qu’ils se mettent à réfléchir. Je vais être basique et m’en excuse par avance. Imaginez que vous soyez avocat, que vous travailliez à Wall Street. Vous avez peur de l’ascenseur. On monte avec vous jusqu’à votre étage. Bravo ! Mais la question reste posée : pourquoi avez-vous eu peur ? « Are you OK ? - I am OK ! » Tel est le comportementalisme, qui répond à notre impulsivité, notre rapidité.(...)

Plutôt que la neutralité bienveillante de mes confrères et amis psychanalystes, j’ai plutôt glissé vers une empathie sensible. Sans être dans une position démagogique, ou d’érotisation, je suis très intéressé par ce que me raconte l’enfant. J’ai même établi un standard particulier dans ma pratique : quand il quitte mon bureau, j’écris 20 lignes de résumé sur ce que j’ai vécu. Non pas compris, mais vécu. Puis, lorsqu’il revient, après les avoir relues, je lui parle de ce que j’ai éprouvé en le voyant. L’enfant y est sensible : il n’est pas qu’en consultation, je suis aussi en examen de ma propre sensibilité par rapport à lui. Certains hurleront à la séduction et à la manipulation, mais ce serait tragiquement réduire la portée de la chose.

Si vous vous trouvez face à un psychiatre à l’air peu concerné dont le dialogue tient en quelques phrases stéréotypées, du genre : « Poursuivez... Allez plus loin dans vos pensées... Quel est le sens de votre démarche ?», vous quitterez bien vite son cabinet. L’empathie est essentielle dans la rencontre.

Marcel Rufo, interview

L'article complet : .

30 avril 2010

Un week-end à la mer...

...mais comme la bouteille : à l'eau - pour cause de... pluie. Même pas grave - suis de toute façon définitivement amoureuse de Paris. Le 30 avril pour la grande fête tsigane du cirque Romanès, toutes les femmes étaient gitanes, même moi, et il paraît que les gitanes vont toutes au paradis. Quoi d'autre ? Une bécane mythique, un déjeuner sous les arbres à Barbizon, le Doillon - abandonné en cours de route, je ne supporte plus ces intellectuels au coeur sec, l'expo sur les nomades accrochée aux grilles du Luxembourg, et celle de Ronis - dans la lignée de celle d'Izis - le sens de l'instant, un certain regard sur l'humain, un peu d'humour et beaucoup de poésie. A l'image de ces jours...

27 avril 2010

Licence poétique

Ma principale préoccupation, c'est d'ouvrir des fenêtres utopiques dans ma vie.

Une patiente. Qui ne fait pas que le dire, mais le vit. Une authentique citoyenne de l'Art brut, à sa manière.

25 avril 2010

Oui

Il paraît que c'est un secret ;-). Je n'en suis pas si sûre, mais c'est dommage qu'il soit si bien gardé. Dites OUI. Intérieurement. Un oui à goûter, à laisser résonner, à savourer. Expansion, ouverture, joie, sentiment d'être. Maintenant dites NON - toujours intérieurement - juste pour voir ? La lumière s'éteint, la porte se referme. Incroyable. De simplicité.

Le petit plus magique, c'est qu'il est même possible de dire OUI à ses NON. Car il est parfois utile, ou nécessaire, de dire NON. Oui à ce qui est. A ce que je suis - ou pas. A ce que tu es - ou pas. Rien à forcer. Rien à vouloir. Sans cesse oublié. Réappris. Oublié encore... retrouvé ce week-end.

PS : L'amour est dans le présent. La peur est dans l'avenir. Là où il y a l'amour, la peur n'est pas.

23 avril 2010

Un autre regard




Quelques jours de tourisme à Paris avec les enfants : la Foire du Trône (avec la barbe à papa et les loteries à la corde, s’il vous plaît !). Des kilomètres à vélo tous les quatre – un bonheur de famille (Léo avec un nouveau vélo rouge, récompense pour son excellent carnet). L’expo Izis à l’Hôtel de Ville – un cousin de Doisneau ou Cartier-Bresson, photographe des petits et des sans grade, émigrés, artistes de cirque, amoureux sur les quais de Seine…

Je fais à Léo un résumé de ce que je sais du bonhomme – pas coureur de scoops mais attentif aux détails, à l’envers du décor. Elsa arrive en trombe et me dit, tu peux refaire ton texte depuis le début ?

Du bricolage – passage à Loisirs et Créations pour fêter l’excellent carnet… d’Elsa ! Origami, peinture, perles et autocollants. Je ferais bien leurs ateliers pour adultes…

Le CinéAqua du Trocadéro, annoncé comme « plus qu’un aquarium ». Eh bien, c’est vrai. Nous n’en avons pas fait le tour, en trois heures. Deux excellentes idées : le ciné dont le grand écran n’est autre que le bassin des requins – ce qui fait qu’au lieu de passer rapidement en piétinant il est possible de se poser, de prendre le temps d’observer vraiment la danse des espèces en présence, et le bassin caresses, à hauteur d’enfants, dans lequel il est permis de toucher les poissons. C’est très doux, un poisson, en fait.

Le bassin de l’Arsenal au soleil, un mur d’escalade temporaire à Bercy, la petite Roxane qui grandit. Aux Arts Décos, deux merveilles : l’expo des Lalanne, dans la nef du musée transformée en palais de Peau d’Ane. Enfants sous le charme, - créativité et poésie immédiatement accessibles pour eux. L’hippo baignoire, les sièges moutons, les grands miroirs végétaux, le singe-cheminée, tout les a enchantés. A l’inverse, l’expo Playmobil, qui était la « carotte » initiale pour les emmener au musée, a séduit tout autant… leurs parents. Les Playmo sont nés en même temps que nous ou presque, et l’expo était remplie de parents trentenaires/ quadras en plein trip régressif, et délicieux.

Last but not least – cinq jours de vacances – et les cinq épisodes d’Angélique Marquise des Anges, à la file. Enfants conquis ! Moi aussi. Angélique fait partie de mon petit Panthéon personnel. Indomptable Angélique – vivante, transgressive, fleur bleue, gentiment érotique, jamais abattue, et…légèrement inconsciente.

18 avril 2010

Différences

Le temps : Les enfants, la séance est dans 9 minutes ! Léo : j’y vais, je veux être au premier rang ! Elsa : Ah, ben on a tout le temps…

L’argent : Léo thésaurise. Elsa dépense tout et dit, à quoi ça me sert d’avoir des pièces dans mon porte-monnaie ?

Et ainsi de suite…

17 avril 2010

Spéciale dédicace

...histoire d'encourager les bonnes résolutions de Marion : il n'y a plus qu'à cliquer là. Mais j'ai aussi un big crush pour celle-là. Ah, et puis j'ai ré-écouté aussi Bette Midler, Dionne Warwick, The Supremes...

16 avril 2010

Presque Rien

Mes proches le savent - mon sillage, ma marque de fabrique, c'est Rien. Qu'est-ce que vous portez ? Rien... Un féminin-masculin, boisé, délicat et entêtant à la fois. Un bonheur, depuis sa sortie il y a 4 ou 5 ans... L'autre matin, je râle à voix haute dans la salle de bains : Je n'ai plus de Rien ! Léo : Ben, ça veut dire que t'as Tout ?

14 avril 2010

Bribes

Une équipe repartie souriante. Une ouverture à l'espace psychique pour Léo. Une réunion bien préparée - et reconnue comme telle. Une autre étonnante de bonne volonté et d'intelligence, ce qui n'est pas si fréquent avec les administrations. Une consultation de couple qui donne à mesurer le chemin déjà parcouru. Des rencontres denses - adolescents, adultes, parfois en grande souffrance. Un courrier qui donne à penser - aussi à parler, dans la recherche de la plus grande justesse possible. Une soirée Tupperware (avec photos initialement improbables de voisins parents d'élèves en train de triper sur le Quick Chef 3. Si, si.) Un temps de rémission et de légèreté. Une redescente aux enfers. De nouvelles opportunités professionnelles. Des collègues décidément vraiment chouettes. Un nouveau bouquin d'origami à partager avec les enfants. De nouvelles questions saugrenues : Maman, est-ce qu'on a des muscles dans les oreilles ? Une grand-mère qui replonge... Des moments de douceur tranquille. Un film (Les Arrivants) qui parle bien des bonheurs et des difficultés des "premières lignes" du médico-social - souffrance de l'impuissance et du manque de moyens, bonheur de la rencontre humaine. Tout ça en 8 jours. A bien y regarder, je me demande si ça ne fait pas un peu beaucoup...

06 avril 2010

Homophones

On est vulnérable quand on naît... (quand on est ..?)

04 avril 2010

Pentecôte à Pâques ?

Je ne parle pas l'espagnol. Mais le jour de Pâques, dans cette église barcelonaise magnifiquement décorée de grands bouquets de fleurs des champs jaunes et blanches, baignée par les chants polyphoniques d'une communauté mixte à la joie communicative, j'ai compris, ce que le prêtre disait. Parce que ce dont il parlait - le mystère de la foi, ce feu brûlant et qui ne s'éteint pas - tous l'incarnaient. Comme une réponse à la question que je m'étais formulée en y entrant - quelque chose comme, c'est beau, mais comment peut-on y croire ? Je ne sais toujours pas, comment ; mais je peux témoigner que j'ai rencontré ce jour-là des hommes et des femmes que cette foi-là habite, et porte, indiscutablement.

Et que dans cette vibration spirituelle intense, dans cette lumière de Pâques, je me suis sentie chez moi. Ce n'était pas dans le rituel - identique à celui de la France, ni dans le discours - partiellement incompréhensible pouir moi, mais dans l'espace créé par le souffle, la joie et le chant de ces religieux - une porte ouverte, un accès direct à une source à laquelle je ne me sens pas faire assez de place dans ma vie. Comme un rappel, une invitation...

02 avril 2010

Existentiel (suite)

- Etre petit, ça consiste (sic) à savoir faire des choses qu'on ne savait pas faire quand on était encore plus petit.

- Maman, c'est quoi la vie intérieure ?
- Eh bien, c'est ton jardin secret, les gens et les choses que tu aimes, ce à quoi tu crois, tes envies, tes rêves...
- Et toi c'est quoi tes rêves ?
(Après un temps de silence, et pour cause !)
- Je crois que je voudrais avoir une belle vie, pour qu'au moment où je mourrai (autre conversation du même matin !), je puisse me dire, que je suis contente de ce que j'ai vécu, et que je peux partir heureuse. Et puis, je rêvais d'avoir des enfants et j'en ai, de faire un métier que j'aime, et c'est le cas...
- Moi, je crois que tu rêves aussi d'une autre chose.
- Ah, laquelle ?
- C'est d'avoir une belle vie de femme.
(Lulu, re-interloquée) - Euh... bah, oui... et ça n'est pas toujours facile !
- Je sais...
(et de fredonner Femme libérée).

Wow.

En plus léger : Léo est en classe, Adrien marmonne dans son coin.
Léo : Tu parles tout seul !
Adrien : J't'ai pas parlé, à toi !
Léo : Ben oui, c'est normal puisque tu parles tout seul !
(éclat de rire de la classe)