27 août 2016

Rock en Seine

Je ne suis pas une grande mélomane, écoute souvent les mêmes choses, même si je regrette de ne plus avoir l'occasion de découvrir de nouvelles pépites (sauf récemment Michael Kiwanuka, merci Télérama). Peut-être aussi parce qu'après mes journées de travail, j'ai surtout besoin de silence, suis peu disponible pour un effort d'écoute supplémentaire. Alors Rock en Seine, pour moi qui écoute plutôt de la chanson française, quand elle est bien écrite, et des ballades pop, c'était pas gagné ! Et en fait... c'était une excellente surprise : pour l'atmosphère bon enfant - public sympa, relax, pour la variété des propositions, la possibilité de goûter à plein de choses, de rester ou non, sans enjeu. Trois chouettes concerts : Wolfmother - bon, je ne dis pas que je vais me mettre à écouter ça au dès le matin au réveil, mais dans le contexte festival c'était top, ça décoiffe ! Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes, une bande de post-hippies californiens qui se fait son p'tit boeuf entre potes sur scène, fait participer le public et nous a tous mis en mode Woodstock (en plus politiquement correct, quand même, on est en 2016. Dommage.) Sigùr Ros - je suis tombée sous le charme, ai regretté la foule compacte et bavarde - à ré-écouter chez soi ou à voir en salle si possible, je serais vraiment partante. Complètement hypnotique.

26 août 2016

Inner Gold and Sleeping Parts

Je voulais écrire quelque chose à ce propos - ces rencontres, durables ou non, qui réveillent, activent, de précieuses et plus ou moins secrètes parts de nous-mêmes, ça me parle, et me tient profondément à coeur - ces liens-là sont le sel de ma vie. Et puis j'ai réalisé que mon ami JP l'avait déjà fait - et avec talent, alors j'ai simplement souligné ce qui me semble être le coeur de cet effet très spécial, la danse des esprits :-).

I think that some friends have a particular talent. When you talk with these people, you have a strange (et délicieux) feeling : some inner parts of you, of your mind are… activated. (It happens, sometimes, that you trigger the same effect in response)

You can use subtle metaphors to explain this, like surprisingly finding inner gold, or opening unknown windows, new stairs… thanks dear ! I do think that some parts of our brain are sleeping, or are “put in a box”, useless. Sometimes you don’t even know or remember that they’re here, in a corner of your attic.

When they’re activated : you are surprised, thankful, you see and feel them blossoming around, in you. It gives you a big amount of energy and happiness. When you activate them (by doing nothing but being yourself in a conversation)  in your chatterboxing partner’s mind, you can see this person like… floored-with-a-smile.

If this person dies, or flies away, you feel a bit strange or sick for a moment, because, as you can guess, these golden activities which liked to dance in your head, they want to dance more, and they can’t. The bond only could make them dance. Conversations.

Some parts are real gold, they stay : you can keep them for you, you grew, that’s your new treasure, votre nouveau trésor ! Some parts begin to hurt you, though. They dance alone, lost in your mind, they hit walls, they break themselves. They wait. You have to use the old boxes. These sleeping parts of you, made alive, have to go back to sleep, “Off to box, chatterbox !”. Your pie gets smaller.

This is how you understand why Conversation is an Art, sometimes.

Dial : Nothing lasts forever. You knew that, don’t you ? Good news or bad news ?

Trois amis en quête de sagesse

Je craignais le coup marketing - les trois poids lourds du développement personnel réunis pour un best-seller annoncé, mais c'est une douce surprise et une lecture qui fait du bien - comme en son temps le Petit Traité des grands vertus, avec ici cette dimension profondément humaine, amicale - moins d'intellect, plus d'humanité. Je me régale tout particulièrement avec les interventions de Christophe André (qui m'a déjà beaucoup apporté avec Méditer jour après jour), son engagement personnel dans sa parole, son approche du soin résolument humaniste, et sa bienveillance qui n'est pas complaisance mais me semble plus à échelle humaine que le niveau d'exigence spirituelle de Matthieu Ricard ou d'Alexandre Jollien. Extrait :

"De façon générale, il me semble que la bienveillance devrait être notre attitude relationnelle "par défaut", comme disent les informaticiens. Ensuite, on ajuste ses intentions, ses attentes ; on peut reculer, se rétracter ou donner plus, mais c'est la meilleure position de départ pour effectuer un véritable choix de véritable humain."

Prologue

"On voit ces trucs-là partout aujourd’hui, l’art de rue se distingue difficilement de la vie de rue, ces voitures à pois sur Canal Street, ces kiosques à journaux enrubannés tels des paquets-cadeaux. Comme si les rêves se résumaient à des articles référencés dans un catalogue d’expériences disponibles. Curieusement, cependant, la possibilité de satisfaire son moindre désir – la profusion qu’offre à profusion la ville aujourd’hui – tend à vous rappeler que ce dont vous avez réellement faim, c’est précisément ce que vous ne trouverez jamais là-bas. En ce qui me concerne, ce dont j’ai faim depuis mon arrivée il y a six mois, c’est de ressentir les choses dans ma tête d’une certaine façon. Sur le moment, je n’aurais pas été capable de verbaliser cette sensation, mais maintenant je pense pouvoir dire qu’il s’agit peut-être de croire que tout, à tout instant, peut encore changer."

Garth Risk Hallberg, City on fire

...qui par ailleurs regorge d'autres pépites à collectionner, et d'un sacré élan vital : ça foisonne, s'entremêle, touche souvent très juste, et donne carrément envie d'écouter la bande-son qui porte le roman.

25 août 2016

Happy too !


24 août 2016

Trois petits bonheurs pro

Une ancienne patiente qui prend le temps d'envoyer des photos de son tout nouveau bébé et quelques nouvelles, pour dire qu'elle va bien mais qu'elle avait envie de partager ce bel événement de la vie.

Une autre qui raconte avec beaucoup d'émotion son mariage, cet été, ravivant au passage plein de chouettes souvenirs - les montagnes russes émotionnelles, les torrents d'amour reçus, la force du geste symbolique. Et l’expérience, nouvelle pour elle, de vivre chacun de ces instants au présent, sans déjà regretter le précédent ou anticiper le suivant.

Et une dernière, habituellement en mouvement perpétuel, qui fait part de sa découverte de la joie de perdre son temps, de faire des choses "gratuites", sans objectif aucun, pour le plaisir : coloriages, patient désherbage manuel quand un coup de produit chimique produirait un résultat bien plus rapide et durable... un exercice contemplatif à part entière. A l'écouter, j'avais presque envie moi aussi de tirer une petite chaise au soleil pour arracher les graminées.

23 août 2016

Bon pied, bon oeil

Mémé, 90 ans, s'est fracturé le genou en juillet. Radio ce jour pour voir où en est le rétablissement. Dialogue par texto :
LuLu : "Alors, t'as le droit de t'inscrire au marathon ?"
Mémé : "Grosse surprise radio bonne plus de trace ni de gouttière. J'ai téléphoné, il est trop tard pour les rattrapages des JO de Rio, zut alors !"
J'adore.

21 août 2016

Incorrigible et contradictoire

C'était beau comme dans un petit film français - une grande maison familiale avec un jardin, un chat, un chien et des chevaux, des brochettes de gamins, des cousins qui se retrouvent chaque année au café de la place, des vieux gréements et des chants de marins, des hortensias, des rayures blanches et bleues et des galettes au beurre salé. Un vrai fantasme breton, et pour moi, un vrai fantasme tout court - cette idée d'une famille, d'une structure, d'une pérennité, d'une transmission, après lesquelles je cours depuis toujours, et qui me torpille régulièrement depuis ma séparation. J'ai beau savoir qu'au-delà des apparences, rien n'est jamais simple, il n'y a rien à faire, ça marche ! Et ça me touche au coeur. Me donne des envies de rêver. Reste à savoir comment rendre ça compatible avec ma névrose jumelle, pas moins ancrée, celle de l'élan, de la légèreté et de la liberté, maison de famille versus roulotte ou bateau.

13 août 2016

Kifs et spi

 Glénans Paimpol, stage Iles Anglo-Normandes, kifs ;-) : découvrir une nouvelle zone de nav' (dont la petite perle verte de l'île de Stark). Causer méditation et intelligence collective avec notre mono, Bernard. Constater avec plaisir que la pleine conscience, l'EMDR, sont de plus en plus connus de publics variés : un peu plus de poids du bon côté de la balance de l'humanité ?  

Faire des siestes à bord, partout : dans la cabine, dans le carré, sur le pont. Il n'y a qu'en bateau que je me repose comme ça - bercée, à l'abri du monde.

Etre à la barre au lever du soleil. Au coucher, aussi. Voir une lune rose se lever sur la mer. Passer le cap Frehel au spi. Se baigner à Stark, dans une eau transparente, et se sécher au soleil. Boire une Guiness à Guernesey. 

Découvrir les courants, les calculs de marées, et qu'on ne plaisante pas avec ça : si les éléments sont contre nous, ne pas pécher par excès d'optimisme et toujours avoir un plan B. Et un plan C. Intéressante leçon d'humilité et de prudence.

Les rochers aussi demandent bien plus d'attention et de calculs que mon expérience en Méditerranée ! (J'ai découvert l'antidote à la règle Cras, le rapporteur breton : mais pourquoi faire compliqué quand on peut faire si simple ?)

Angles, distances, hauteur d'eau à une heure donnée (avec un pied de pilote pour la hauteur et une marge de sécurité sur l'heure prévue), alignements complexes, naviguer en Bretagne, ce n'est pas donné à tout le monde. Mais c'est hautement pédagogique ; à refaire, donc !

12 août 2016

Grande Fille

En avril dernier, j'avais fait ce petit séminaire en ligne, savoir ce que l'on veut vraiment... J'avais trouvé l'exercice intéressant, traîné longtemps comme un porte-bonheur les documents correspondants, et puis j'ai oublié - comme toutes les bonnes résolutions, comme la plupart de nos élans de bonne volonté. Aujourd'hui j'ai ré-ouvert l'enveloppe - et j'ai pu constater que presque à mon insu, en tout cas sans volontarisme forcené, nombre de ces graines avaient GERME :-) ! 

Sur les listes :
- contacter quelqu'un dont je n'ai plus de nouvelles depuis longtemps : je pars passer un week-end chez Ghislaine à Antibes en septembre
- négocier un calendrier clair et au moins moyen terme pour les enfants avec leur père
- oser me dégager : une demi-journée dans la semaine, en contrepartie du fait de travailler le samedi matin, des temps de pause dans la journée, des vacances ou des week-ends sans les enfants, pour ne pas être constamment en surcharge
- assumer et financer un temps hebdomadaire conséquent de femme de ménage
- commencer à appliquer ma formation EMDR et la développer
- épargner un peu plus chaque mois
- modifier un peu mon chez-moi (petits travaux, achats déco)
- soutenir les liens familiaux : l'objectif était alors organiser les 70 ans de Papa, fait !
- me ré-inscrire au yoga, trouver un moyen de méditer un peu plus régulièrement (merci Headspace)
- expérimenter l'EMDR pour moi-même - et donc trouver un interlocuteur qualifié et convaincant (un défi quand on est pro soi-même) !
- ré-ouvrir la maison au monde : hébergement de Victor, accueil de Ray
- biffer tout ou partie de ma to-do list spéciale procrastination : faire valider le titre de psychothérapeute par l'ARS, modifier le livret de famille, ouvrir un compte pro, trouver un comptable, prendre RV avec l'URSSAF... fait ou en très bonne voie, RV pris etc. Problème : cette liste a tendance à s'auto-régénérer. 
- me ré-inscrire pour un stage aux Glénans : ça commence DEMAIN :-) !

PS : Et ce qui n'est PAS fait ? Il reste des chantiers ouverts, et non des moindres. Mais nombre de points ci-dessus sont des petits pas intermédiaires. C'est déjà ça.

Patient alpha

Pour ce que j'en ai compris, le patient alpha, c'est celui par rapport auquel il y a un avant et un après dans notre pratique. Sur mon exercice jusque-là, je me souviens très bien de qui il s'agit - une jeune femme que j'ai longtemps accompagnée, qui m'en a fait voir de toutes les couleurs mais grâce à laquelle j'ai beaucoup appris et qui aujourd'hui va BIEN. Dont j'avais dit en supervision, au début, qu'elle dépassait mes compétences - et puis aujourd'hui, ces patients ne me font plus peur.

Après la formation EMDR, je me suis lancée avec mes patients - et je tâtonne énormément, car tous sont des patients complexes. Ce qui est frustrant, challengeant, et même parfois, angoissant.

Aussi, quand j'ai vu arriver ce stewart incapable de reposer le pied dans un avion suite à un accident  corporel pourtant mineur, j'ai pensé que j'avais enfin trouvé le patient avec lequel appliquer à la lettre le protocole (trauma simple et récent) et me faire une idée de la puissance de l'outil. Bingo. Préparation mise à part, UNE SEULE SEANCE et j'ai reçu ce texto : "La bonne nouvelle est que j'ai pu prendre l'avion lundi et mercredi sans aucune crainte, à ma grande surprise et pour mon plus grand bonheur". Le bonheur est partagé m'sieur, et l'encouragement à continuer ma formation, majeur !

PS (un mois plus tard) : "Deux semaines de reprise, je suis comme avant, sans aucune appréhension, problème ou peur à bord. Ça fait vraiment du bien d'avoir repris le boulot d'ailleurs !"

09 août 2016

Ray Man


Ray est exactement le genre d'être humain qui fait que je reste une inconditionnelle de CouchSurfing. Car sinon, comment croiser la route d'un musicien-hippie-sculpteur-pirate californien qui cultive son côté bad boy mais distribue des petits cailloux en forme de coeur aux inconnus - cailloux issus de la rivière qui coule au fond de son jardin de Nevada City ? Un Petit Poucet blues-rock, un ours au grand coeur comme je les aime, un humain vivant comme je les aime aussi - curieux de tout, intrépide et cool à la fois - et qui me reconnecte à cette dimension-là en moi aussi, grain de folie, non-conformisme et curiosité débordante pour l'humain dans toutes ses dimensions.

Qui dit de lui-même que ses deux métiers consistent à donner du bonheur aux autres - sculpteur, il travaille depuis longtemps pour Disney ; musicien, il improvise volontiers avec des amis de passage - je l'ai vu faire à Belleville. Venu en Europe pour réaliser un rêve de longue date, et s'enivrer de la culture du Vieux Monde.

Le bonheur de CS c'est ça - faire exploser les barrières de culture, d'âge, de langue, le repli sur soi et la méfiance pour ouvrir sa maison à l'inconnu et à la rencontre, et en ressortir un peu différent, nourri à chaque fois. Parler de la vie, de l'amour, des trajectoires et des choix de chacun, en toute liberté, sentir là où ça connecte, se rencontre, fait sens, c'est si bon à vivre ! Avec un verre de bon vin, c'est encore meilleur évidemment. Il m'a apporté un Bordeaux, je lui ai fait découvrir le Chinon. Dommage qu'on n'ait pas eu le temps pour goûter le Bourgogne... la prochaine fois ?

01 août 2016

Juillet-Août

Story Snapchat de Léo ce jour : "Si toi aussi tu changes de parent aujourd'hui..". Multi-liké évidemment. Hum. Pas sûre de trouver ça drôle...

27 juillet 2016

La vie de bateau :-)

Une autre façon de naviguer - celle des croisières organisées, et un plaisir oublié depuis longtemps : ne RIEN avoir à faire, à anticiper, à organiser. Je n'avais même pas acheté un Routard, c'est un (bon) signe ! Le voyage nous était offert par Maman, et pour tout le reste - il n'y avait plus qu'à se laisser porter. Excursions organisées, repas somptueux trois fois par jour, animatrice pour les enfants et ados réunis en un petit groupe solidaire et rieur : Qu'est-ce qu'on fait, cet après-midi ? Qu'est-ce qu'on mange, ce soir ? Je ne sais pas, mais l'équipage s'en occupe... ça c'est bon !

Et il s'en occupe bien : organisation top et propositions variées : Séville, Cadix, Grenade, Cordoue - complètement raccord avec le Maroc, puisque celui-ci a été sous domination espagnole, alors que l'Andalousie a longtemps été musulmane. Mêmes palais des mille et une nuits, mêmes repères architecturaux (ruelles étroites et patios décorés), et des cultures entremêlées dont le plus fantastique témoignage est la mosquée-cathédrale de Cordoue - l'histoire aurait été encore plus belle si elle était devenue un lieu de culte partagé...

Autant de décors pour des civilisations orientales rêvées : à l'Alcazar à Séville, les fans de Game of Thrones reconnaîtront le royaume de Dorne, à la Isla Minima et à l'Alhambra, les lieux de tournage de la Folie des grandeurs.

J'ai aimé aussi découvrir le village d'où Colomb est parti à la recherche d'une nouvelle route vers les Indes, et les reproductions grandeur nature des caravelles - ces incroyables coquilles de noix aux instruments de navigation rudimentaires et aux conditions de vie plus que précaires parties à la conquête de nouveaux mondes.

Et profiter des plaisirs typiquement espagnols, taureaux, chevaux (magnifiques), danseuses de flamenco, paëlla, jambon iberico, éventails et castagnettes. Et descendre lentement le Guadalquivir (rien que le nom fait rêver, non ?), un livre à la main sur le pont-soleil... Et chahuter avec les enfants dans la piscine-pataugeoire, pas bien grande mais rafraîchissante. Et les voir heureux avec leurs nouveaux copains - Léo est reparti plus motivé que jamais pour le BAFA, je le vois épanoui dès qu'il y a un groupe de gamins à encadrer. Prochain projet !

Une belle aventure tous les quatre - et de bons souvenirs à partager - merci Grand-Mère !

15 juillet 2016

Épices et couleurs

 Cette année, les chemins d'échanges de maisons nous ont amenés au Maroc. Et si j'avais des souvenirs de Marrakech, pour Léo et Elsa, il y aura eu une expérience entièrement nouvelle, un dépaysement total. Un des grands bonheurs de l'échange, c'est l'immersion dans une vie de quartier, les contacts locaux, le quotidien dans une vraie maison habitée - et nous avons été gâtés ! Une jolie maison typique dans un derb qui ne l'était pas moins, les bons contacts pour nous déplacer facilement et profiter de la délicieuse cuisine marocaine... et tous les plaisirs d'une double expérience, le rythme trépidant de Marrakech, la paix d'Essaouira - à l’exception de la fête foraine sous nos fenêtres, mais elle nous a invités à découvrir de charmants restaurants et à en profiter tard !

A Marrakech, des contrastes, des couleurs, des odeurs, des saveurs - la touffeur des souks et la fraîcheur de la magnifique piscine du hammam, du parc aquatique ou des cascades de l'Ourika, l'agressivité des vendeurs et la bonne humeur de Rachid, notre taxi, l'agitation de Jemma El Fna et le silence des ruelles ou des palais désertés, l'extrême pauvreté dans la rue et les splendeurs de la Mamounia, l'odeur des cuirs de chèvre ou de mouton et les senteurs de la cuisine de Nezha - et celle du thé à la menthe, whisky berbère à toute heure du jour.

L'impression de se promener dans un conte oriental où rien ne manque, palais somptueux, ânes et chevaux dans les rues, enfants aux grands yeux, herbes médicinales aux pouvoirs quasi-magiques...

Déroutée par le jeu du marchandage, les prix de départ étant si ridiculement élevés que le mi-chemin reste encore largement une façon de plumer le touriste, et l'agressivité monte vite si l'on refuse un jeu  pourtant perdant à coup sûr. J'ai pris le parti d'acheter à prix fixe - ce qui est probablement dommage... Déçue  aussi de la rencontre impossible - aucun sourire, aucune offre de renseignement, aucun geste apparemment spontané n'est gratuit. Le prix à payer sans doute pour la disparité des niveaux de vie - mais un vrai regret cependant.

A Essaouira rien de semblable - tout était plus léger et plus frais : l'air, les gens, les prix... Une ville de bord de mer, qui évoque à la fois les maisons grecques blanches et bleues et les remparts de Saint-Malo (avec des crêpes bretonnes à tous les coins de rue !), un souk populaire, authentique, et quelques lieux magiques - le Caravane Café, son ambiance festive et pleine de surprises (le propriétaire se veut passeur de bonheur), le restaurant de l'Océan Vagabond, si paisible face au coucher de soleil après une bonne après-midi d'initiation au surf - une autre des belles découvertes inattendues de ces vacances !

02 juillet 2016

Juste avant de partir...

...un poème sur les chemins !

Chemins de vie
Chemins creux, de bosses, de cailloux et d'aspérités
Chemins de jeux, de cavalcades, de courses et de défis
Chemins qui se déroulent comme des rubans de satin
Chemins pluvieux, nuageux et ceux qui sentent l'herbe fraîche
Chemins lumineux, égayés par le soleil qui rit
Chemins de comédie, de théâtre et d'apparences
Chemins d'amour, à tu, à toi et à nous deux
Chemins d'amour qui nous mènent, nous emmènent, nous dispersent
Chemins accidentés, je l'ai déjà dit
Chemins de sincérité, c'est obligé
Chemins qui se croisent, qui invitent à prendre la route
Chemins qui nourrissent les appétits
Chemins qui nourrissent l'imaginaire
Chemins, sans leurs dessins, où irions-nous ?
Chemins, sans vous, je me perds.

...Bonnes vacances !

26 juin 2016

Every cloud...


...has a rainbow line :-)
(grand ciel bleu, pas d’averse, et un arc inversé : juste une minute de magie)

25 juin 2016

Buller

Ça ressemble à une baignoire psychédélique, à un vaisseau spatial ovoïde, à une matrice du futur ; mais en vrai, ça s'appelle un caisson d'isolation sensorielle. L'idée ? Débrancher le cerveau en le mettant complètement au repos - plus aucune stimulation des cinq sens ou plutôt des sept, en incluant ceux de l'équilibre et de la proprioception (la situation de nos membres dans l’espace, plus ou moins).

Utilisé en recherche médicale, puis comme méthode de soins (ça soulage les douleurs articulaires et musculaires en supprimant 80% de la gravité), c'est aussi un moment de profonde détente dans un environnement atypique, une expérience aussi douce qu'originale et que j'ai déjà envie de renouveler ! 

Musique et lumière douces au départ, et puis silence et obscurité, on se sent partir dans un état plus ou moins méditatif, comme posé sur un nuage : au bout d'un moment, la différence eau-air n'est plus perçue, et on a juste l'impression de dériver doucement dans le cosmos, heureux comme un bébé parfaitement détendu. Renouveler l'expérience permettrait de faire un peu le ménage dans la cacophonie permanente de notre esprit, notamment en laissant s'exprimer notre cerveau droit ; je suis assez prête à le croire... et définitivement curieuse !

16 juin 2016

Enseignements


Quelques notes post-déjeuner. Je sais déjà tout ça, mais j'aime que la vie me le rappelle à travers les mots de quelqu'un en qui j'ai confiance... :-)
- De la nécessité, quand on fait un métier de soins, d'avoir une pratique inscrite dans le corps. Il faut que je retourne au yoga...
- De l'importance de cultiver l'indulgence, la compassion, et la gratitude.
- De l'inutilité, et même de l'objective nocivité de l'inquiétude, qui ajoute du négatif au négatif. Notre pensée crée notre réalité. Préférer l'amour - sending good vibes.
- De l'intérêt d'inventer ses propres rituels. Pour développer cette ouverture du coeur. Pour se défaire des émotions toxiques absorbées notamment professionnellement. Pour garder ou renouer le contact avec la part de saine folie, de complexité, de sauvagerie constructive et vivante.

Au cas où le rappel n'aurait pas été suffisant, deuxième couche le lendemain, cette fois en séance :-) :
- Des limites de l'autonomie, ou comment accepter de se montrer vulnérable, d'avoir besoin de l'autre. Même et surtout si l'on a acquis très tôt la conviction qu'il ne fallait compter que sur soi-même. Assumer d'avoir aussi besoin de douceur, d'être parfois, à mon tour, prise en charge. 
- De la nécessité d'interroger toujours et encore le projet sans fond de réparation, la disponibilité supposée sans limites. Qui revient aujourd'hui sous d'autres formes. Là où sont ma force et mon talent, sont aussi ma limite et mon risque.
- De l'art d'identifier ce que chaque relation a à nous apprendre, et des stratégies pédagogiques : Le singe regarde. Le singe fait pareil :-). 

12 juin 2016

We are Ocean


Dès le départ, c'était un beau projet : au Grand Rex, une journée d'interventions et de levée de fonds pour la préservation des océans - le poumon de la Terre, qui respire de plus en plus mal (saviez-vous que la moitié de notre oxygène - une respiration sur deux - est produite par des micro-organismes marins qui sont en train de disparaître à grande vitesse ? Que sur la totalité de l'eau disponible sur la Terre, il n'y a que 3% d'eau douce, dont seul 1% est accessible ?) Parrainée par Terre du Ciel et par Sea Shepherd, deux associations qui me tiennent à coeur, une journée de débats, de communications scientifiques, de moments de méditation guidés par des maîtres spirituels du monde entier, de musique aussi avec des artistes divers venus soutenir le mouvement. 

J'ai assisté aux communications du matin, pour le reste de la journée j’avais choisi de m'impliquer comme volontaire. L'après-midi, j'ai distribué des bracelets, vendu des cookies, mais je me suis quand même échappée pour voir le choeur de 100 choristes - premier grand frisson d'émotion - quoique les images de notre fragile planète vue du ciel m'aient beaucoup touchée aussi. Et le soir, j'ai eu le privilège de gérer l’organisation du planning des intervenants : faire face aux imprévus, retards et changements, aller chercher les artistes et les guider dans le dédale des sous-sols pour qu'ils soient en scène au moment voulu, ce qui m'a permis d'échanger quelques mots avec la plupart d'entre eux - responsabilité qui m'a valu quelques petits moments magiques.

Bavarder avec le leader d'I Muvrini, incroyablement accessible et simple, dans la même vibration que leurs si belles polyphonies corses.

Me retrouver comme une groupie intimidée devant Paul Watson, pour qui j'avais pourtant fait le premier gâteau végétalien de ma vie !

Vérifier l’organisation du planning avec Alain Michel, président de Terre du Ciel et fondateur d'Hommes de parole, comme si j'avais toujours fait partie de leur équipe.

Fredonner à une délicieuse et spontanée chanteuse d'opéra (qui venait d'interpréter en solo Casta Diva...) l'air de Blowin' in the wind en coulisses, You Tube à l'appui, afin qu'elle puisse aller faire le rappel prévu avec I Muvrini, papoter ensuite avec elle et d'autres interprètes classiques de haut niveau.

Croiser dans un escalier minuscule une cohorte de chanteurs soufis tout de blanc vêtus, être littéralement baignée par leur chant - une coulée de lumière spirituelle au milieu des couloirs écaillés. 

Reste à prier pour l'Océan... Voir les images de la manifestation ? Faire un don ? C'est ICI