To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
14 mai 2014
11 mai 2014
Wonderwoman pète un câble
Je ne sais pas pourquoi. Ni pourquoi maintenant. Mais je sens que c’est trop – physiquement. Sommeil en miettes. Maux de tête quand je travaille, qui rendent mon écoute laborieuse. Nausée. Vertiges – me suis évanouie pour la première fois de ma vie au hammam, pourtant censé me détendre.
Je suis fatiguée d’être un héros. Toutes proportions gardées évidemment : je n’oublie pas que je suis une privilégiée parmi les privilégiés, à de multiples titres. Que je n’ai PAS de problème majeur – santé, travail, amitiés… Fatiguée de penser à tout, tout le temps, toute seule.
A l’utile – l’intendance quotidienne, les démarches – les impôts, le vétérinaire, le divorce, les factures, l’inscription de Léo au lycée, l’argent à économiser, la retraite incertaine, le sentiment de précarité.
A l’agréable – la fête d’anniversaire d’Elsa, les petits cadeaux pour les proches, le coup de fil à la grand-mère ou à l’ami(e) qui ne va pas bien, la planification de chouettes vacances ou sorties avec les enfants, de fêtes de famille, autant que possible dans ce contexte.
Aux enfants – de quoi ont-ils besoin, que se passe-t-il pour eux émotionnellement ce jour, est-ce que je passe à côté de quelque chose ?
Aux patients, qui jour après jour laissent leur lot de peines ou d’angoisses, leur folie apparente ou cachée, et attendent chacun, eux aussi, une disponibilité sans faille.
Aux trucs idiots qui peuvent me mettre au bord de la crise de larmes – le voyant de la voiture qui s’allume et que je n’identifie pas, le son du PC qui brutalement ne fonctionne plus, les courses et les valises trop lourdes, les petits travaux qu’il faudrait faire dans la maison et qui n’avancent pas. Rien de grave, rien que je ne puisse gérer toute seule – rien que je ne gère effectivement toute seule.
J’en suis fière, c’est vrai. Fière de cette autonomie sur tous les plans, même si elle est synonyme d’une importante charge de travail, et de la créativité comme de la vigilance qu’elle requiert au quotidien. Et plus fière encore des projets qui ont changé ma vie depuis deux ans – apprendre à naviguer, échanger ma maison, faire de belles rencontres humaines via CouchSurfing. Beaucoup d’énergie donnée – beaucoup d’énergie reçue aussi, et peut-être, quelques inspirations autour de moi…
Mais j’aimerais, juste un peu, parfois, être prise en charge. Faire un caprice. Etre un peu gâtée. Me laisser porter. Savoir que quelqu’un se soucie de moi. Ne pas être seule à assurer ma sécurité, et pour une bonne part, celle de mes enfants. M’autoriser à être bêtement envieuse, du mec attentionné, du couple qui traverse les épreuves sans se dédire, de la famille qui met à l’abri matériellement. Des transmissions, des héritages. Ne pas dormir seule : je ne dors bien que lorsque je ne le suis pas, ce qui est l’exception, pas la règle (et là aussi, arrêter d’être moteur – l’énergie de la rencontre, ancienne ou nouvelle, fugitive ou familière, ces jours, c’est encore moi…). Rire ensemble, pour des trucs idiots. Raconter ma journée. Ecouter celle de l’autre. Faire des projets à deux. Recevoir un cadeau, comme ça, sans raison. Que quelqu’un se demande ce qui me ferait plaisir, me fasse une surprise, allège tel ou tel point du quotidien, propose une sortie, un voyage – ou de cuisiner ce soir, de changer les draps, de passer chez le cordonnier, de faire le chèque de la sortie scolaire. Me prenne dans ses bras. Pas forcément parce qu’il y a un drame en cours, mais pour que j’aie le droit d’être fatiguée, triste, et fragile. Et même injuste, ou enfantine, ou fâchée – et que ce ne soit pas grave. De baisser les bras, de poser les armes. De retirer mon armure.
Faire comme si les amours, les familles, même pas peur, même pas mal. Comme si tout était normal, assimilé, accepté : les départs répétés des enfants, les projets de David... Le cœur en éclats…mes amours inachevées, comme autant d’éclats de verre tranchants : même pas mal. C’est faux – il y a des zones douloureuses partout, et l’incapacité à ce jour à me projeter – trop de fils de traîne, de blessures non cicatrisées.
J’ai réalisé récemment que je m’étais blindée : les chansons sentimentales ne m’arrachent qu’un ricanement, ou me glissent dessus ; mais les scènes d’amour – d’amour, c’est-à-dire : le soin et l’attention donnés à l’autre, gratuitement – me font mal. La LuLu fleur bleue est toujours là, je la devine sous l’armure, qui se craquelle ces jours. Le fugitif de Last days of Summer, l’éducateur de States of Grace, la petite attention tendre d’un proche, suffisent à me mettre au bord des larmes, parce qu’ils appuient là où ça manque. Et à cet endroit-là, ne pas donner manque autant que recevoir.
08 mai 2014
06 mai 2014
29 avril 2014
Imperméable
Guillaume arrive de sous la pluie avec son coupe-vent Salomon. Jaune.
Elsa : "Bah pourquoi t'es habillé en tente Quechua ???"
Elsa : "Bah pourquoi t'es habillé en tente Quechua ???"
27 avril 2014
Les vignes du Seigneur ;-)
Ou : un p'tit coin de paradis. Les villages pleins de charme accrochés à flanc de colline, les vignes à perte de vue, les sentiers de forêt où je suis allée courir chaque matin (moi qui déteste ça... je crois que j'ai enfin compris pourquoi, et comment, ce pourrait être un bonheur). Nos quatre enfants qui grandissent, le chat et le chien - On dirait le Sud - le temps dure longtemps - et la vie sûrement - plus d'un million d'années - et toujours en été. Ce sentiment de répétition doucement familière, comme une berceuse : gigot de Pâques, chasse aux œufs dans le jardin. Enfin le jardin... un jardin qui n'aurait pas de fin : aller au fond du jardin, c'est descendre les vignes et la falaise, jusqu'à la rivière dans laquelle les enfants se sont baignés. Chanter à tue-tête avec les filles sur le chemin du retour : Un crocodile s'en allant à la guerre disait au r'voir à ses petits enfants... Les bonnes choses - vins gorgés de soleil, paniers de fraises, verveine, huile d'olive maison ; balance au retour : + 2 kilos, elle doit être déréglée ;-).
Un délicieux repas en terrasse pour l'anniversaire de ma maman, verre de Beaumes de Venise à la main. Tremper dans les cascades sur l'Ouvèze. Grimper dans les arbres. Lire au soleil (et même relire : Just Kids, après New York et l'expo Mapplethorpe, ça vous a une toute autre allure). Découvrir Simon's Cat. Voyager en Inde (par procuration). Débarrasser les pêchers de leurs feuilles abîmées en papotant passé et projets. Lancer la baballe à l'inlassable Jingo - dont le museau grisonne. Voir les enfants se balancer sur un pneu au-dessus de l'eau, comme une image hors du temps, un rêve de vacances. Papoter avec Halo au Pérou (merci FB). Retrouver "notre" maison des vendangeurs, retapée de frais, et mon moment favori, ouvrir ma petite fenêtre sur la vigne le matin. Ressentir là plus fort qu'ailleurs, malgré les deux années écoulées, l'absence de David... Créer tout de même un petit album des moments parfaits à mettre en ligne pour nos amis du bout du monde.
15 avril 2014
Vus sur la toile
Tu es douce et sensible mais forte quand il le faut (de plus en plus souvent dans cette vie moderne malheureusement). Tu sais ce que tu veux et t'en donnes les moyens, tu sais ce que tu vaux sans pour autant rester sur tes acquis. Tu as envie d'avoir envie (fondamental !). Tu sais donner et recevoir mais pas à n'importe qui, pas à n'importe quel prix. Tu doutes mais luttes contre tes démons (a minima tu les connais et les acceptes petit à petit). Tu es exigeante sans devenir intransigeante. Tu as l'ambition de réussir ta vie (pas uniquement dans le modèle capitaliste que l'on nous a vendu !). Tu profites sans pour autant te perdre dans les méandres de la superficialité. Tu compliques les choses simples mais tu en as conscience et tu assumes. Tu sais accepter les différences tant qu'elles ne sont pas nuisibles à ton être. Tu te protèges sans te fermer, tu as gardé une certaine candeur mais la réserve pour les moments qui en valent la peine. Tu aimerais rencontrer l'Homme tout en sachant qu il faut du temps, de la patience, de la complicité, de la tolérance pour construire à deux. Bref, tu es une femme parfaitement imparfaite.
C'était moi :-) ! Mais ce n'était pas lui...
Imaginons que ce n'est pas ici un supermarché, mais une forêt. Les femmes s'en approchent plus ou moins, restant amusées en lisière, ou s'amusant à se faire peur en y pénétrant de quelques pas. Les plus aventureuses, les plus tristes, les plus effrayées, les plus en colère, les plus seules, les plus sincères s'y perdent pour mieux se retrouver. Il y a tant d'hommes par ici, tant d'arbres différents qui se côtoient. Des grands tout droits, des larges et bas, ceux qui piquent la lumière tout là-haut et ceux qui s'étiolent au ras du sol, des feuillus, des conifères, des fruitiers, des tout secs, des noueux, des pousses vertes de l'année. C'est toujours un enchantement des premiers pas pour une femme. Imaginons que je suis l'un de ces arbres, pas plus, et certainement pas moins. Pas planté en lisière, pas perdu dans la masse. C'est un exercice apaisant au bout du compte de mesurer sa juste place dans une forêt. Ça ne guérit pas du tout du fantasme d'être un jour, pour une femme, l'arbre qui cache la forêt.
12 avril 2014
Mapplethorpe
La lecture de Just Kids m'avait donné l'envie - et la critique de Télérama (académique, daté, etc.) même pas découragée. Tant mieux : suis tombée sous le charme de la beauté classique, sculpturale célébrée par Mapplethorpe au Grand Palais. La photographie comme façon rapide de voir et de sculpter, écrivait-il : oui. La beauté masculine, et notamment la beauté black - la sensualité de la lumière sur la peau, les correspondances avec le monde végétal, l'envie de toucher, comme j'ai envie de tendre la main vers les marbres immaculés de Rodin : oui et re-oui ! A revoir avec Patti Smith dans les oreilles ? Jesus died for somebody's sins but not mine... :-) De fait, l'exposition est une invitation au péché et à la liberté. Une incitation à jouir sans entraves... ou alors avec, mais seulement pour le plaisir.
05 avril 2014
01 avril 2014
Poissons d'avril
Lulu : Les enfants, vous allez avoir un p'tit frère !
Léo, du tac au tac : Ah ben, avec celui de chez Papa, ça nous en fera deux !
Elsa : Isabelle est enceinte, mais je crois que c'est une fille !
Léo : Isabelle ? Ah non, j'crois pas...
Léo, du tac au tac : Ah ben, avec celui de chez Papa, ça nous en fera deux !
Elsa : Isabelle est enceinte, mais je crois que c'est une fille !
Léo : Isabelle ? Ah non, j'crois pas...
30 mars 2014
Frontière
On me dit jeune (j'ai trente-deux ans) mais ce n'est pas vrai. La jeunesse n'existe pas plus que l'enfance ou la vieillesse. Seules existent les années où l'on croit à des réponses définitives, où l'on se bat pour elles, et les années où l'on essaie d'admettre qu'il faut vivre avec les questions. Depuis longtemps, j'ai franchi cette ligne d'ombre, depuis longtemps, j'ai compris que la seule chose que l'on puisse faire, c'est tenter de poser ces mêmes questions sans réponse d'une façon toujours nouvelle.
Peter Hoeg, Contes de la nuit
29 mars 2014
28 mars 2014
Intimité
Un très joli concert à la Maison du Portugal, guitare/voix - pas d'amplis, pas de retours, juste une élégante douceur, une tendresse à fleur de peau - et des influences variées, métissées, entre échos de tonalités orientales et rythmiques de ballades irlandaises : Piers Faccini.
27 mars 2014
Gratitude
Dans les très bonnes choses qui me sont arrivées ces dernières années, il y a eu mon recrutement par une grande dame qui a pris cette semaine son envol vers de nouveaux horizons. Une grande dame qui m'a fait confiance - assez pour me laisser porter le développement de deux projets, celui de la création d'un Centre de Planification, puis de ma propre consultation en tant que thérapeute. Autrement dit, qui m'a permis d'exercer le métier qui est celui dont je rêvais lorsque j'ai commencé mes études, il y a plus de vingt ans, et de mettre en oeuvre tout ce que j'ai acquis depuis en termes de travail sur moi, de supervision, de formations complémentaires. Une femme inspirante, engagée, charismatique, qui a su assurer à l'institution dans laquelle je travaille non seulement une gestion saine mais aussi une vraie dimension humaine, pour les salariés comme pour les patients - l'institut est un lieu "bien traitant", et son équipe, un groupe auquel je me sens fière d'appartenir.
Bucket list, update
Nous disions donc :
Naviguer, naviguer, naviguer !
Sauter en parachute. Une seconde fois.
Aller plus souvent à la bibliothèque.
Méditer davantage.
Marcher dans la campagne, ou en montagne.
Voir une aurore boréale, le Québec à l'automne, faire un safari en Afrique.
Apprendre le tango - danser beaucoup plus, toutes les danses.
Me réinscrire dans une chorale.
Prendre un billet Inter-Rail et CouchSurfer en Europe.
Visiter Lisbonne.
Nager avec les dauphins.
Apprendre à coudre, à bricoler, à cuisiner, à jardiner.
Un peu plus. Et encore un peu plus.
Être un jour propriétaire de ma maison, quelle qu'elle soit.
Camper dans le désert.
Marcher sur Saint-Jacques.
Flying to Jamaïca.
Rencontrer des êtres différents : différences de culture, d'origine, d'âge, de milieu, d'horizons... ouvrir.
Encore. Et encore.
Devenir un jour une vieille dame indigne.
Avoir des petits-enfants.
Rajeunir. Ou avoir tous les âges, de la nouvelle-née à la sagesse ridée...
Aimer pour toujours. Au moins de temps en temps.
(Liste non exhaustive... et provisoire)
Naviguer, naviguer, naviguer !
Sauter en parachute. Une seconde fois.
Aller plus souvent à la bibliothèque.
Méditer davantage.
Marcher dans la campagne, ou en montagne.
Voir une aurore boréale, le Québec à l'automne, faire un safari en Afrique.
Apprendre le tango - danser beaucoup plus, toutes les danses.
Me réinscrire dans une chorale.
Prendre un billet Inter-Rail et CouchSurfer en Europe.
Visiter Lisbonne.
Nager avec les dauphins.
Apprendre à coudre, à bricoler, à cuisiner, à jardiner.
Un peu plus. Et encore un peu plus.
Être un jour propriétaire de ma maison, quelle qu'elle soit.
Camper dans le désert.
Marcher sur Saint-Jacques.
Flying to Jamaïca.
Rencontrer des êtres différents : différences de culture, d'origine, d'âge, de milieu, d'horizons... ouvrir.
Encore. Et encore.
Devenir un jour une vieille dame indigne.
Avoir des petits-enfants.
Rajeunir. Ou avoir tous les âges, de la nouvelle-née à la sagesse ridée...
Aimer pour toujours. Au moins de temps en temps.
(Liste non exhaustive... et provisoire)
26 mars 2014
Her
J'étais curieuse mais un brin inquiète - dans quel monde vivons-nous, pour qu'une histoire d'amour entre un humain et un système informatique soit ne serait-ce qu'imaginable ? Mais en fait d'ultra-moderne solitude ou d'un monde déshumanisé, c'est au contraire d'un hymne à la vie qu'il s'agit - à nos amours bancales, fragiles, touchantes, à l'amitié, à l'humour, au pardon... Tout est beau - parce que magnifié je pense par un regard plein de tendresse et de sagesse - les lumières et les couleurs sont splendides, la poésie déborde dans les images (la ville illuminée, le bureau multicolore, l'ascenseur avec son motif végétal), les textes (les lettres de Théodore, le mail de la fin) et les idées (le recueil créé par Samantha à partir des lettres, sa disparition imaginée comme la lecture d'un livre dont les mots s'espaceraient de plus en plus, les bonheurs enfantins de la fête foraine ou de la plage) - la voix de Scarlett Johansson incarne littéralement l'amour dans toutes ses nuances, dans toutes ses couleurs, lumineuses ou plus sombres - et finalement le film ne parle que de cela : comment l'amour naît, grandit, résiste, s'éteint ou se transforme...
24 mars 2014
Egrener
Accompagner Elsa à la bibliothèque. Y trouver en DVD le Sans famille de notre enfance (en 1981, j'étais amoureuse du petit blond qui jouait Rémi).
Fouiller chez les écrivains danois, en prévision de notre échange à Copenhague, commencer le superbe Contes de la nuit, de Peter Hoeg - il y avait longtemps que je n'étais pas ainsi tombée sous le charme d'une écriture.
Traîner les zouzous voir La Cour de Babel, en ressortir touchée aux larmes par tant d'humanité et par ces gamins que si j'ai longtemps accompagnés lorsque je travaillais dans ce quartier - leur vitalité, leur courage, leur maturité précoce, leur violence aussi parfois...
Montrer à Léo The social network, comme une leçon de choses (édifiante !) sur notre temps. Prendre un thé avec des amis, faire des montagnes de crêpes pour d'autres. Lire le dernier Pico Bogue, un enfant sur chaque épaule - une complicité qui dure. Travailler le lâcher-prise au Yoga (bon... ben y a encore du boulot, donc). Photographier les arbres en fleur de la cour. Réaliser que Léo n'a pas oublié les ritournelles de la Petite Josette, ni le générique des Cités d'or. Apprendre que mon nouveau passeport est prêt. Recevoir des offres d'échange du Brésil, de Guadeloupe, du Costa Rica...
Fouiller chez les écrivains danois, en prévision de notre échange à Copenhague, commencer le superbe Contes de la nuit, de Peter Hoeg - il y avait longtemps que je n'étais pas ainsi tombée sous le charme d'une écriture.
Traîner les zouzous voir La Cour de Babel, en ressortir touchée aux larmes par tant d'humanité et par ces gamins que si j'ai longtemps accompagnés lorsque je travaillais dans ce quartier - leur vitalité, leur courage, leur maturité précoce, leur violence aussi parfois...
Montrer à Léo The social network, comme une leçon de choses (édifiante !) sur notre temps. Prendre un thé avec des amis, faire des montagnes de crêpes pour d'autres. Lire le dernier Pico Bogue, un enfant sur chaque épaule - une complicité qui dure. Travailler le lâcher-prise au Yoga (bon... ben y a encore du boulot, donc). Photographier les arbres en fleur de la cour. Réaliser que Léo n'a pas oublié les ritournelles de la Petite Josette, ni le générique des Cités d'or. Apprendre que mon nouveau passeport est prêt. Recevoir des offres d'échange du Brésil, de Guadeloupe, du Costa Rica...
Et pourtant...
"Vous avez tout ce qui fait l'agrément de la vie quand la vie manque. Tout est là, sauf vous." (Bobin)
18 mars 2014
Histoire de L. ?
Comme un rocher qui dure sous les gifles du sel
Comme un arbre solide sous les trombes d'eau
Comme un fruit qui mûrit après des nuits de gel
Une plaine asséchée qui retrouve de l'eau
Comme un acte d'amour pour les enfants qui restent
Comme un sursaut de rage de vivre malgré tout
Comme une force vive dans les plus petits gestes
Une promesse tenue une promesse de fou
Sont venus les désastres tu es restée debout
Sont venus les tristesses tu es restée debout
Tu es sans doute un peu plus vivante que nous... (Femme debout)
Je n'attendais rien je n'attendais personne
Je posais mes mains au hasard des personnes
La peau facile et le cœur à la traîne
Des indociles ah j'étais la reine... (Bingo)
J'ai faim de lait de riz blanc
De verbes féminins de musique
De dents sur mon cou
J'ai faim d'un amoureux fou
Tu sais j'ai faim souvent
J'ai faim de mots étouffants
De perles d'eau de forêts antiques
De cris de naissances
Et de bruits dans le silence
Tu sais j'ai faim de tout... (J'ai faim)
Jeanne Cherhal, Histoire de J.
Comme un arbre solide sous les trombes d'eau
Comme un fruit qui mûrit après des nuits de gel
Une plaine asséchée qui retrouve de l'eau
Comme un acte d'amour pour les enfants qui restent
Comme un sursaut de rage de vivre malgré tout
Comme une force vive dans les plus petits gestes
Une promesse tenue une promesse de fou
Sont venus les désastres tu es restée debout
Sont venus les tristesses tu es restée debout
Tu es sans doute un peu plus vivante que nous... (Femme debout)
Je n'attendais rien je n'attendais personne
Je posais mes mains au hasard des personnes
La peau facile et le cœur à la traîne
Des indociles ah j'étais la reine... (Bingo)
J'ai faim de lait de riz blanc
De verbes féminins de musique
De dents sur mon cou
J'ai faim d'un amoureux fou
Tu sais j'ai faim souvent
J'ai faim de mots étouffants
De perles d'eau de forêts antiques
De cris de naissances
Et de bruits dans le silence
Tu sais j'ai faim de tout... (J'ai faim)
Jeanne Cherhal, Histoire de J.
Récemment j'étais tombée amoureuse du sensible Tout m'échappe, de Jérémie Kisling. Mais là, c'est un presque coup de foudre... J'avais beaucoup aimé Charade, qui résonnait déjà pas mal pour moi ; là, j'ai juste le sentiment qu'elle... me parle ?
10 mars 2014
Peace and Love
Elsa : Tu sais que tu ne ressembles à personne de la famille ?
Léo : J'ai pris le meilleur de chacun...
Léo : J'ai pris le meilleur de chacun...
09 mars 2014
06 mars 2014
L.A Dance Project 2
Je suis tout à fait inculte en matière de danse, et peut-être était-ce une chance : découvrir les quatre pièces proposées hier au Châtelet par Benjamin Millepied et d'autres chorégraphes invités, avec un œil complètement neuf, sans références, sans points de comparaison, mais avec la liberté d’interprétation offerte par la danse contemporaine : pas de récit imposé, juste la beauté des corps, la grâce du mouvement, l'inventivité visuelle... les mots n'en rendent pas très bien compte, ce que j'ai aimé rencontrer c'est la sensation, l'émotion, la façon inattendue dont je me suis laissée captiver, immerger comme si j'étais moi-même en mouvement, voire le mouvement... le tout accompagné d'une petite coupe de champagne entre filles pétillantes ;-), un moment parfait.
03 mars 2014
Hélium
Ce matin-là sur le Boulevard Saint-Jacques, il y en avait partout, des blancs et des bleus, accrochés aux poteaux, aux grilles du métro, aux bancs publics... anniversaire, mariage, jeu de piste ? C'était poétique et inattendu, tout à fait le genre d’images que j'aime à attraper au vol dans la ville.
PS : Peut-être il faudrait que je le rencontre, ce dépanneur de bonheur...
PS : Peut-être il faudrait que je le rencontre, ce dépanneur de bonheur...
02 mars 2014
Ciné-Cure
A la suite : Ida, atypique et lumineux, pour la soif d'absolu face à la banalité du mal, la photographie extraordinaire ; Grand Budapest Hotel, pour la créativité déjantée, la galerie de personnages hauts en couleur, le casting VIP, le plaisir du conte (il était une fois...) ; Only lovers left alive, pour ses vampires cultivés et mélomanes, l'image et la musique, doucement obsédantes.
01 mars 2014
Olivier
Un des points fantastiques avec les enfants (en avoir ou s'en faire prêter ;-)), c'est de pouvoir (re)vivre avec eux des expériences d'enfant... Parcourir les coulisses du Grand Rex, goûter les burgers frenchy du Big Fernand, baguenauder dans les passages couverts du 9ème, rencontrer Barack Obama et Angela Merkel, s'amuser dans les salles du musée Grévin (sans oublier la galerie des glaces déformantes et le Cabinet des Mirages), savourer un café gourmand à l'Arbre à Cannelle passage des Panoramas : joyeux dix-anniversaire, mon filleul préféré-car-unique !
28 février 2014
Toute ressemblance...
L'apéro
Avant : Des cacahuètes, what else ?
Maintenant : Des pétales de betterave, what else ?
L'hôtel
Avant : Le Formule 1. Pour une nuit, on s'en fichait.
Maintenant : Une chambre d'hôtes dans une bâtisse XVIIIème siècle. Pour une nuit, on se fait plaisir.
Mon canapé
Avant : Je me ruinais chez Confo pour un BZ qui perdait ses lattes au premier amant.
Maintenant : J'ai un modèle Togo années 70 chiné pour trois fois rien dans une brocante.
La file d'attente
Avant : Deux heures de queue, c'est beaucoup mais ça vaut le coup pour choper une place pour le concert des Enfoirés
Maintenant : Deux heures de queue, c'est beaucoup mais ça vaut le coup pour shopper du Isabel Marant à prix presque abordable chez H&M
La sauce de salade
Avant : huile, vinaigre, moutarde, sel et poivre
Maintenant : Huile d'olive bio, vinaigre de framboise, moutarde à l'ancienne, sel de Guérande et poivre mignonette
Le récit des vacances
Avant : C'était à la roots : camping sauvage sur une plage en Espagne
Maintenant : C'est à la roots : un tipi éco-conçu en Ardèche
Cosmo de Mars 2014
Avant : Des cacahuètes, what else ?
Maintenant : Des pétales de betterave, what else ?
L'hôtel
Avant : Le Formule 1. Pour une nuit, on s'en fichait.
Maintenant : Une chambre d'hôtes dans une bâtisse XVIIIème siècle. Pour une nuit, on se fait plaisir.
Mon canapé
Avant : Je me ruinais chez Confo pour un BZ qui perdait ses lattes au premier amant.
Maintenant : J'ai un modèle Togo années 70 chiné pour trois fois rien dans une brocante.
La file d'attente
Avant : Deux heures de queue, c'est beaucoup mais ça vaut le coup pour choper une place pour le concert des Enfoirés
Maintenant : Deux heures de queue, c'est beaucoup mais ça vaut le coup pour shopper du Isabel Marant à prix presque abordable chez H&M
La sauce de salade
Avant : huile, vinaigre, moutarde, sel et poivre
Maintenant : Huile d'olive bio, vinaigre de framboise, moutarde à l'ancienne, sel de Guérande et poivre mignonette
Le récit des vacances
Avant : C'était à la roots : camping sauvage sur une plage en Espagne
Maintenant : C'est à la roots : un tipi éco-conçu en Ardèche
Cosmo de Mars 2014
Hum... il y en avait d'autres, et je ne suis pas loin d'avoir coché toutes les cases... Manque le Vélib', les fripes vintage ou de petits créateurs, les albums prescrits par Le Monde 2, les "vrais gens", les sacs réutilisables mais fashion, le yoga, les bars à vins, les meubles de récup' décapés-lazurés, le marché du dimanche matin, l'expo qui va bien (en parler, l'avoir vue c'est optionnel), l'écharpe tricotée main... OK, j'avoue : suis devenue une vraie bobo - et pire, une bobo parisienne...
22 février 2014
Ici Londres
Perfect timing : une maman solo et sa fille en CouchSurfing, juste la semaine où j'étais seule avec Elsa ! Un cadeau d'anniversaire pour Amma, son tout premier séjour à Paris. (Londres pour nous, la prochaine fois ?)
Les filles se sont super bien entendues, deux chipies pleines de vie, danseuses, chanteuses, créatives, qui se sont bidonnées en regardant des vidéos you tube (notamment le grandiose What does the fox say ?) et en s'enfermant dans le carton géant qui traîne dans mon salon. Avec le chat, pour lui faire écouter "de la musique relaxante pour chat". Ben voyons. La langue ? Pas de problème. La musique est universelle, le dessin aussi, et Google translate fait le reste.
Les filles se sont super bien entendues, deux chipies pleines de vie, danseuses, chanteuses, créatives, qui se sont bidonnées en regardant des vidéos you tube (notamment le grandiose What does the fox say ?) et en s'enfermant dans le carton géant qui traîne dans mon salon. Avec le chat, pour lui faire écouter "de la musique relaxante pour chat". Ben voyons. La langue ? Pas de problème. La musique est universelle, le dessin aussi, et Google translate fait le reste.
J'ai beaucoup sympathisé avec Maya, qui enseigne le reiki et m'a fait bénéficier d'une séance de sa pratique (effets comparables au shiatsu) et proposé un intéressant travail sur le lâcher/pas lâcher prise, la restitution à soi-même et à l'autre de ce qui lui appartient. Pendant ce temps, nous entendions les filles rigoler comme des bossues (elles sont allées piquer du jambon dans le frigo pour amadouer le chat), et à la fin, nous les avons trouvées toutes les deux endormies dans le même lit.
Elsa est restée un jour de plus, et nous sommes allées courir les magasins de tissus et de costumes de danse autour de Montmartre avant de grimper sur la butte pour observer les caricaturistes et de terminer en beauté par un coucou chez Zélia. En partant, Amma a laissé une lettre à Elsa en français (merci Google) - qui sait, peut-être le début d'une correspondance ?
Elsa est restée un jour de plus, et nous sommes allées courir les magasins de tissus et de costumes de danse autour de Montmartre avant de grimper sur la butte pour observer les caricaturistes et de terminer en beauté par un coucou chez Zélia. En partant, Amma a laissé une lettre à Elsa en français (merci Google) - qui sait, peut-être le début d'une correspondance ?
16 février 2014
Sun and Rain
Passer une après-midi avec Victor, c'est échanger sur les derniers aléas de nos vies sur les rives ensoleillées de la Seine (alors qu'il neige à New York), parler linguistique au Fumoir (des racines latines ou saxonnes du vocabulaire anglais), savourer un poème* en marchant dans les Tuileries, commenter la signalétique du jardin (allier l'esthétique au pragmatique), apprécier sa sensibilité à la culture, à l'art, qui le différencie de nombre de ses compatriotes, voir un film en v.o dans le Quartier Latin (le très beau Magnolia, pour Philip Seymour Hoffman), rentrer de radieuse humeur, touchée de cette proximité, de la fluidité dans la rencontre.
*All night the sound had
come back again,
and again falls
this quiet, persistent rain (...).
14 février 2014
Various Valentine Views
11 février 2014
09 février 2014
Yogi-Nid ;-)
...ou une raison supplémentaire de croire que nous rencontrons les bonnes personnes au bon moment.
Je ne sais pas si c'est le yoga en lui-même (mais de session en session je me surprends à me délier davantage, à penser à respirer et à me détendre aussi entre les séances), le lieu (un appart haussmannien lumineux, chaleureux le soir et lumineux en matinée), les musiques (et notamment les bienfaisantes vibrations des bols tibétains), ou la personnalité de notre enseignant - bien sûr, c'est cela : un humain vivant, tranquille, aligné - cohérent avec le message qu'il délivre - et multi-référentiel (définitivement vaccinée contre toute forme de pensée unique, j'adore ces explorateurs de nos possibles).
Mais je sais que ce chemin m'amène doucement, tranquillement, à me recentrer dans cette période de transition. Que j'y vois une cohérence, une confluence avec la méditation (merci, Céline ;-)), la psychothérapie, l'ostéopathie. Une route balisée par mes belles rencontres CouchSurfing : est-ce un hasard si Sitara, Theresa, Victor pratiquent voire enseignent le yoga ? Un antidote à mes journées "trop dans la tête", aux émotions et aux angoisses absorbés, transformés, restitués à mes patients jour après jour (et qui affectent pourtant aussi mon corps). Une réconciliation avec l’espace spirituel, aussi.
Je ne sais pas si c'est le yoga en lui-même (mais de session en session je me surprends à me délier davantage, à penser à respirer et à me détendre aussi entre les séances), le lieu (un appart haussmannien lumineux, chaleureux le soir et lumineux en matinée), les musiques (et notamment les bienfaisantes vibrations des bols tibétains), ou la personnalité de notre enseignant - bien sûr, c'est cela : un humain vivant, tranquille, aligné - cohérent avec le message qu'il délivre - et multi-référentiel (définitivement vaccinée contre toute forme de pensée unique, j'adore ces explorateurs de nos possibles).
Mais je sais que ce chemin m'amène doucement, tranquillement, à me recentrer dans cette période de transition. Que j'y vois une cohérence, une confluence avec la méditation (merci, Céline ;-)), la psychothérapie, l'ostéopathie. Une route balisée par mes belles rencontres CouchSurfing : est-ce un hasard si Sitara, Theresa, Victor pratiquent voire enseignent le yoga ? Un antidote à mes journées "trop dans la tête", aux émotions et aux angoisses absorbés, transformés, restitués à mes patients jour après jour (et qui affectent pourtant aussi mon corps). Une réconciliation avec l’espace spirituel, aussi.
01 février 2014
Douceur
Je me sens capable, chaque jour de ma vie, de permettre aux instants de douceur et de bonheur de prendre place en moi, de se répandre dans mon corps, de caresser mon coeur, de me rendre plus fort, de me nourrir, et de me marquer, au plus profond de moi, pour toujours. Pour toujours.
Christophe André
31 janvier 2014
25 janvier 2014
...elle a tout d'une grande !
...cette petite Mémé, à qui j'ai fait découvrir ce week-end les jardins du Palais-Royal (les robes vintage de Didier Ludot : Ah, ça c'est mon époque ! et le charme vénéneux du parfumeur Serge Lutens), la Galerie Vivienne et les scones de l'A Priori Thé, et le soir, le quinoa et l'humour un brin mélancolique de Miss Daisy et son chauffeur. En échange, elle nous a fait de la bonne soupe maison avec les légumes du marché, et nous avons joyeusement vidé et rangé deux de mes placards - un de ses sports préférés. Ah, elle a aussi pris une leçon de portable - elle a voulu un tactile, mais rame un peu... Ceci dit, je suis très fière : Mémé, 88 ans, envoie des SMS (en langage fonétik), prend seule le train et le métro avec son Navigo - et n'a rien perdu de son sens de l'humour. Si je pouvais vieillir comme ça !
22 janvier 2014
Le quart d'heure des zouzous
C'est le quart d'heure de folie du chat : Chamade traverse l'appartement en flèche, grimpe aux rideaux, etc.
Elsa : Elle est en mode happy cat !
Marc est hospitalisé pour un problème au genou. Question de Za : Il a été opéré sous amnésie générale ??? (Réponse de l'intéressé : Je ne ne peux pas répondre à ta fille, je ne me souviens plus...)
Au petit déjeuner, nous parlons des Jobsons, actuellement au Kenya : éléphants, singes, zèbres... Zaza, pensive : Ce serait pratique si on pouvait dresser les girafes pour faire des travaux... Léo : Oui, ça ferait une grue bio !
Lulu parle de Big Fish : C'est un film de Tim Burton, mais sans les côtés sombres ! Léo : Ah, c'est un film en rien et blanc alors...
Pour une fois, Elsa ne parle pas à table. Léo : C'est bien quand elle a la bouche pleine... dommage qu'elle mange si peu de trucs !
Lulu parle de Big Fish : C'est un film de Tim Burton, mais sans les côtés sombres ! Léo : Ah, c'est un film en rien et blanc alors...
Pour une fois, Elsa ne parle pas à table. Léo : C'est bien quand elle a la bouche pleine... dommage qu'elle mange si peu de trucs !
18 janvier 2014
La vie douce
Vingt-quatre heures. Et après ?
Et après je ne sais pas.
Mais en attendant, hammam, massage, champagne et feu de bois dans la cheminée.
Au présent.
15 janvier 2014
Chagrin d'amour
...après plus de deux ans ? Après avoir vécu entre temps nombre de beaux moments ? Indépendamment du rêve brisé, de la répétition familiale, des angoisses quant à la précarité affective et matérielle, et des labyrinthes juridiques (ce qui fournit pourtant déjà amplement matière à pleurer) ? Un vrai chagrin d'amour, avec le manque, les larmes, le vide, l'espoir absurde, la mémoire sélective, l'incrédulité face à l'évidence ?
Si on me l'avait dit, je n'y aurais pas cru...
Hier en revenant de la médiation, j'aurais tout donné pour rentrer "à la maison" - à la maison, c'est-à-dire là où sont David et nos enfants.
Si on me l'avait dit, je n'y aurais pas cru...
Hier en revenant de la médiation, j'aurais tout donné pour rentrer "à la maison" - à la maison, c'est-à-dire là où sont David et nos enfants.
07 janvier 2014
En mémoire
Chère Mammie,
Cela faisait quelques temps déjà que tu étais partie habiter une autre planète – comme si tu avais décidé, à la mort de Papi, de laisser les souvenirs disparaître un à un de ta mémoire, comme si la réalité avait progressivement cessé d’avoir un sens pour toi.
Tu ne te souvenais plus de rien, mais nous, nous nous souvenons. Il y aurait de multiples souvenirs à partager pour évoquer cette femme que tu étais, qui a traversé presque un siècle ; mais j’ai choisi de retenir deux histoires que tu m’as toi-même racontées.
Il était une fois une petite fille de treize ans dont le monde s’était effondré à la mort de son père, bien des années après que les gaz des tranchées de la première guerre mondiale lui aient brûlé les poumons.
Il était une fois la même jeune fille à quinze ans, éblouie par une simple paire de souliers dans une vitrine, une paire de souliers de daim gris, que sa mère lui offrit le soir même. Pas parce qu’elle était une enfant gâtée, mais comme une revanche sur la vie qu’elle n’avait pas eue, sur la famille défaite par le deuil, les études empêchées, les rêves brisés.
Je les imagine comme si je les avais vues, ces chaussures de daim gris : élégantes, coûteuses, sûrement bien trop femme pour la jeune fille de quinze ans, bien trop fines pour la petite ville de province, un rêve de chaussures pour aller danser, pour voler au-dessus des pavés, insouciante et légère.
La jeune fille a eu cette année 92 ans ; elle a gardé longtemps le goût des belles choses, celui des bonnes choses aussi ! et celui de la danse, et celui du chant – j’aurai si souvent entendu mes grands-mères chanter. Elle a eu aussi bien des paires de chaussures très élégantes dans sa vie…
…mais ce que je retiens du jour où tu m’as raconté cette histoire, c’est l’émotion intacte avec laquelle tu m’as parlé de la gaieté et de l’amour de ta mère, de sa décision de choisir la vie. Ces dernières années, de temps à autres une petite fenêtre s’ouvrait, et tu racontais…
Un jour, tu as évoqué la mort de ta propre-grand-mère, à Noël, dans votre maison, et la religieuse qui a empêché ta mère de retirer tes souliers d’enfant – encore une histoire de souliers ! – de devant la cheminée. Pour que l’enfant que tu étais ne soit pas privée de fête, pour que la mort n’empêche pas la vie, pour que la peine n’annule pas la joie. Aujourd’hui, c’est ce que je te souhaite, et c’est ce que je nous souhaite, aussi.
Cela faisait quelques temps déjà que tu étais partie habiter une autre planète – comme si tu avais décidé, à la mort de Papi, de laisser les souvenirs disparaître un à un de ta mémoire, comme si la réalité avait progressivement cessé d’avoir un sens pour toi.
Tu ne te souvenais plus de rien, mais nous, nous nous souvenons. Il y aurait de multiples souvenirs à partager pour évoquer cette femme que tu étais, qui a traversé presque un siècle ; mais j’ai choisi de retenir deux histoires que tu m’as toi-même racontées.
Il était une fois une petite fille de treize ans dont le monde s’était effondré à la mort de son père, bien des années après que les gaz des tranchées de la première guerre mondiale lui aient brûlé les poumons.
Il était une fois la même jeune fille à quinze ans, éblouie par une simple paire de souliers dans une vitrine, une paire de souliers de daim gris, que sa mère lui offrit le soir même. Pas parce qu’elle était une enfant gâtée, mais comme une revanche sur la vie qu’elle n’avait pas eue, sur la famille défaite par le deuil, les études empêchées, les rêves brisés.
Je les imagine comme si je les avais vues, ces chaussures de daim gris : élégantes, coûteuses, sûrement bien trop femme pour la jeune fille de quinze ans, bien trop fines pour la petite ville de province, un rêve de chaussures pour aller danser, pour voler au-dessus des pavés, insouciante et légère.
La jeune fille a eu cette année 92 ans ; elle a gardé longtemps le goût des belles choses, celui des bonnes choses aussi ! et celui de la danse, et celui du chant – j’aurai si souvent entendu mes grands-mères chanter. Elle a eu aussi bien des paires de chaussures très élégantes dans sa vie…
…mais ce que je retiens du jour où tu m’as raconté cette histoire, c’est l’émotion intacte avec laquelle tu m’as parlé de la gaieté et de l’amour de ta mère, de sa décision de choisir la vie. Ces dernières années, de temps à autres une petite fenêtre s’ouvrait, et tu racontais…
Un jour, tu as évoqué la mort de ta propre-grand-mère, à Noël, dans votre maison, et la religieuse qui a empêché ta mère de retirer tes souliers d’enfant – encore une histoire de souliers ! – de devant la cheminée. Pour que l’enfant que tu étais ne soit pas privée de fête, pour que la mort n’empêche pas la vie, pour que la peine n’annule pas la joie. Aujourd’hui, c’est ce que je te souhaite, et c’est ce que je nous souhaite, aussi.
03 janvier 2014
Guardian angels
I'm very spiritual. In that sense this has been an eye opening trip for me. My beliefs are that there is a God, I don't know what name he goes by. Jesus, Allah, who knows. He wants us to love each other as people, religion gets in the way of that, sometimes. God is in the people we have met, that accept us just as we are, that care for us as if we are part of their family. We are all his angels, and he puts us where he needs us to help someone. This has happened to me and for me. Some things could have no other explanation. It's happened to me several times on this trip already.
Halo
02 janvier 2014
Y a plus d'enfants
Les ados papotent tranquillement entre eux.
Lulu, taquine : - C'est quoi ce trafic ?
Marguerite : Ben, du trafic de drogue, pourquoi ?
Léo : Y nous reste un joint, si tu veux...
Marion dit : Il y a toujours assez de bleu dans le ciel pour faire une culotte à un papillon. (Intéressante version de Every cloud has a silverline...). Assise sur le trône, Zaza médite à voix haute : Ou assez de bleu pour faire une culotte à Dieu... ça dépend des jours ! Quoique, si Dieu est invisible, et que la culotte est bleue, on ne la verra pas... C'est difficile, de s'imaginer Dieu, non ? Certes... (j'aime bien les questions métaphysiques de ma fille - qui a décidément l'art de choisir le lieu et le moment !)
Marion dit : Il y a toujours assez de bleu dans le ciel pour faire une culotte à un papillon. (Intéressante version de Every cloud has a silverline...). Assise sur le trône, Zaza médite à voix haute : Ou assez de bleu pour faire une culotte à Dieu... ça dépend des jours ! Quoique, si Dieu est invisible, et que la culotte est bleue, on ne la verra pas... C'est difficile, de s'imaginer Dieu, non ? Certes... (j'aime bien les questions métaphysiques de ma fille - qui a décidément l'art de choisir le lieu et le moment !)
Cette année aussi, Marion nous a préparé un joli calendrier de l'Avent. L'année passée, j'avais suggéré un calendrier de l'après. Et cette année, Zaza nous propose... un calendrier de la vie !
01 janvier 2014
Le plat pays

Lulu,
Nous sommes rentrées si vite, happées à nouveau par le quotidien ou les sales circonstances de la vie.
Ce que je voulais juste te dire, c'est que pour cette année qui s'annonce, il faudra se souvenir, que quoiqu'il arrive, nous savons toi et moi créer de beaux moments pour nous et nos enfants.
Nous avons ce talent-là, quelle chance !!!
Marion
Yep. C'était chouette, ces quelques jours dans une jolie maison au bord de la Mer du Nord, la découverte du cerf-volant et le patin à glace, Bruges illuminée, le champagne du réveillon, bouquiner bien au chaud, manger des gaufres, entendre les rires des enfants. Une année qui commence sous le signe du voyage et de l'amitié, ça me paraît un excellent début !
31 décembre 2013
When you wish upon a star
Les "astres" ne me contredisent pas, alors ! Voilà de beaux trigones :
- Alors, que te souhaiter ? Des nouveaux champs d'actions, envie de vivre et d'aimer avec passion : voyage, aventure ou changement, que tes affaires peuvent bénéficier de relations ou de protections utiles, épanouissement artistique, tout ce qui touche à la chance, et à l'imagination est favorisé, apporte des amours heureuses, ou de très agréables amitiés.
YoYo, qui lit dans les étoiles
30 décembre 2013
Do you know ?
Do you know where you're going to ?
Do you like the things that life is showing you ?
Where are you going to ?
Do you know ?
Do you get what you're hoping for ?
When you look behind you there's no open door
What are you hoping for ?
Do you know ?
Once we were standing still in time
Chasing the fantasies that filled our minds
You knew how I loved you, but my spirit was free
Laughing at the questions that you once asked of me
Do you know where you're going to ?
Do you like the things that life is showing you ?
Where are you going to ?
Do you know ?
Now looking back at all we've had
We let so many dreams just slip through our hands
Why must we wait so long before we see
How sad the answers to those questions can be?
Do you know where you're going to ?
Do you like the things that life is showing you ?
Where are you going to ?
Do you know ?
Do you get what you're hoping for ?
When you look behind you there's no open door
What are you hoping for ?
Do you know ?
Do you like the things that life is showing you ?
Where are you going to ?
Do you know ?
Do you get what you're hoping for ?
When you look behind you there's no open door
What are you hoping for ?
Do you know ?
Once we were standing still in time
Chasing the fantasies that filled our minds
You knew how I loved you, but my spirit was free
Laughing at the questions that you once asked of me
Do you know where you're going to ?
Do you like the things that life is showing you ?
Where are you going to ?
Do you know ?
Now looking back at all we've had
We let so many dreams just slip through our hands
Why must we wait so long before we see
How sad the answers to those questions can be?
Do you know where you're going to ?
Do you like the things that life is showing you ?
Where are you going to ?
Do you know ?
Do you get what you're hoping for ?
When you look behind you there's no open door
What are you hoping for ?
Do you know ?
24 décembre 2013
Un miracle exténuant
Voilà. Malgré les tempêtes passées et à venir, nous l'avons fait - un îlot de paix et d'amour, un miracle provisoire, fragile. "Exposé, comme tout ce qui compte." (Andrée Chédid)
21 décembre 2013
20 décembre 2013
I wish I am
Ce que je peux te dire : tu es une "GRANDE" dans tous les termes de ce mot mais en ayant gardé le goût de l'enfance, je dirai, ce côté délicat, aventureux, merveilleux de l'enfance. Et, en plus, en ayant pris le soin d'être d'une extrême "INDÉPENDANCE", aventureuse de pensée et d'action, en fait, "Ton Moteur". (...)
Ne prends pas le risque d'être pour Noël en larmes, tes pioupious ont besoin de leur Maman responsable et accueillante.......même si tu as quelques larmes enfouies dans ton cœur.......et de leur Papa, tous ensemble.
YoYo
YoYo
14 décembre 2013
Party Girls

Sur une idée originale de la Zaza, ou comment ne pas se laisser démoraliser un soir de Décembre : se faire une soirée filles. Toutes les deux. Danser. Faire les folles. Boire (euh, la mère, seulement !). Se déguiser. Se faire des confidences. Regarder Pretty Woman. Pour la scène de shopping. Et le lendemain, Tout le monde dit I love you. Pour les mannequins qui dansent, et Goldie Hawn qui plane sur les quais de la Seine illuminés.
12 décembre 2013
Insistance
Les trois dernières livraisons de l'excellent Word Porn :
Anything that gets your blood racing is probably worth doing.
Fairy tales are more than true ; not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten.
The idea is to die young as late as possible.
Anything that gets your blood racing is probably worth doing.
Fairy tales are more than true ; not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten.
The idea is to die young as late as possible.
08 décembre 2013
Edredon
...un week-end doux comme la plume : chaleureux, léger, enveloppant - un vrai rêve éveillé(e)! Qui tient avant tout à la joie des retrouvailles avec Ghislaine et Dominique - deux relations profondes, sereines, des espaces de non-lutte, où simplement être, une évidence du coeur. J'ai appris ce joli mot récemment, "convivencia" (spanish) : "living together", in the sense of living or working closely with other people you share feelings, desires or common purpose.
Mais aussi un week-end pour (dans ?) tous les sens :
- le mouvement : dans la danse, et dans la marche dans les bois, mais aussi le mouvement arrêté (enfin !) : grasses matinées et sieste
- la vue : les illuminations du Marché de Noël à Bruxelles, le feu dans la cheminée, le soleil couchant à travers les arbres de la forêt de Soignes, les guirlandes multicolores
- le goût : le champagne rosé, les bons vins, le chèvre-miel, les étonnantes purées de betterave ou de chicons, les cuberdons et les fraises au chocolat
- l'ouïe : les longues conversations amicales, le Stabat Mater de Pergolese et le Gloria et de Vivaldi, Dominique au piano le matin
- l'odorat : les gaufres belges, les odeurs de biscuit chez Dandoy, le parfum de terre humide des sentiers de la forêt
- le toucher : buller sous les étoiles, au milieu des grands arbres, dans un jacuzzi en plein air, fondre de plaisir dans un splendide hammam - l'atterrissage dès la sortie du Thalys aux Bains de Boetfort m'a juste changée de monde : comme un instant magique, et plus magique encore d'être partagé.

06 décembre 2013
Let's get together and feel all right
Je ne sais plus exactement comment m'est venue l'idée de m'inscrire sur le réseau CS (si, c'est - entre autres - un héritage de la lecture précoce de La clé sur la porte, de Marie Cardinal). Mais je suis sûre que c'est la meilleure que j'ai eue depuis des années. Nous avons retrouvé avec bonheur la famille Jobson en deuxième semaine, après leur séjour en Pologne puis en Allemagne, et même, nous l'avons partagée - avec Lalie, avec Marion, avec David, avec Nadia...
Après la première semaine, Halo écrivait ceci : The concept of family is an interesting one. The definition that I like: a group consisting of parents and children living together in a household. In 5 short days in Paris, this is what Lulu and her kids became to us and us to them. Cette deuxième semaine, nous l'avons juste savouré jour après jour - déguster un repas ou un goûter avec des amis, préparer une quiche lorraine, des hamburgers maison ou du poulet frit, constater que la petite souris passe aussi pour les enfants venus d'ailleurs ;-), jouer (au Jungle Speed, au Perudo et même au Cranium !), parler tous anglais (oui oui, même Elsa), rire, partager nos interrogations de parents et d'adultes solo, danser, philosopher avec Junior au petit-déjeuner (What should be the "good way" to peel a banana ? Any way, except the wrong one (!) - OK...), penser aller se balader et puis avoir la flemme, écouter en boucle All I want for Christmas is you, échanger un hug dans la cuisine un soir de blues, voir le bordel croître et embellir dans la maison et s'en foutre, parce que ladite maison est vivante, chaleureuse et joyeuse.
Vivre ce qui est une absolue conviction pour moi : le don appelle le don ; la joie appelle la joie. Voir mes proches m'emboîter le pas dans ce bonheur d'accueillir et d'échanger a démultiplié la mienne !
Après la première semaine, Halo écrivait ceci : The concept of family is an interesting one. The definition that I like: a group consisting of parents and children living together in a household. In 5 short days in Paris, this is what Lulu and her kids became to us and us to them. Cette deuxième semaine, nous l'avons juste savouré jour après jour - déguster un repas ou un goûter avec des amis, préparer une quiche lorraine, des hamburgers maison ou du poulet frit, constater que la petite souris passe aussi pour les enfants venus d'ailleurs ;-), jouer (au Jungle Speed, au Perudo et même au Cranium !), parler tous anglais (oui oui, même Elsa), rire, partager nos interrogations de parents et d'adultes solo, danser, philosopher avec Junior au petit-déjeuner (What should be the "good way" to peel a banana ? Any way, except the wrong one (!) - OK...), penser aller se balader et puis avoir la flemme, écouter en boucle All I want for Christmas is you, échanger un hug dans la cuisine un soir de blues, voir le bordel croître et embellir dans la maison et s'en foutre, parce que ladite maison est vivante, chaleureuse et joyeuse.
Vivre ce qui est une absolue conviction pour moi : le don appelle le don ; la joie appelle la joie. Voir mes proches m'emboîter le pas dans ce bonheur d'accueillir et d'échanger a démultiplié la mienne !
"You just never know, Halo, who in the crowd, standing beside you in line or passing you in the street, might be raised in spirit, or even lifted from despair, by the kindness in your glance or the comfort of your smile. But they may never forget." (extrait du journal FB de Harold)
Deux fois cette même semaine, je l'ai expérimenté pour moi - un inconnu à la Cité Universitaire, un autre dans le métro - des hommes venus me faire un signe pour le premier, m'adresser quelques mots de réconfort pour le second.
Ce qui rend si précieuse ma rencontre avec Halo, c'est aussi je crois cette communauté de convictions, une même "position de vie" - j'ai découvert avec stupéfaction qu'il connaissait lui aussi l'histoire du petit garçon et des étoiles de mer, que j'ai racontée dans des groupes de formation pendant des années, et qui est une profession de foi pour moi.
Et si ce soir je suis un peu nostalgique, parce que la maison me semble bien vide, je crois qu'il y a surtout matière à se réjouir : let's get together and feel all right !
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