Ce n'est pas que ce soit une bonne nouvelle, loin de là. Et j'espère que ce ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Mais j'avoue : annoncer un cancer via une pochette-surprise "cancer reveal" - (clin d’œil aux gender reveal parties) pour les amies proches avec tablette de chocolat et flacon de CBD de secours, c'est fort. Très, fort. Fallait bien ça, pour encaisser la nouvelle ; mais qui y aurait pensé, sinon elle ?
#mescopinesdéchirent
To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
08 mars 2023
Warrior Girl
07 mars 2023
03 mars 2023
Une fleur parmi les fleurs
Quelquefois c'est un alignement d'étoiles - Marion m'avait parlé de ce fleuriste adorable, reconverti après une autre vie professionnelle, Sandrine avait soufflé l'idée de la rencontre-immersion avant le début d'une formation, et j'ai franchi la porte de la ravissante boutique d'Hervé comme un petit coup de poker, pour voir.
01 mars 2023
Dans la cour des grands
J'espère que son idéalisme ne se brisera pas sur les grèves du monde économique et politique, et qu'il pourra y mettre son tout petit grain de sable, ou de sel. Et qu'il se laissera cependant le temps de vivre, de voyager, et d'aimer.
18 février 2023
Un samedi soir sur la Terre
On pourrait se dire que c'est un samedi ordinaire - quelques patients, un déjeuner de copines, faire des courses, une lessive, finir un film sur Netflix, récupérer un bouquin à la librairie et tomber dedans : pas de grandes dépenses, pas de sortie culturelle, pas de dîner en ville, pas de fête jusqu'au bout de la nuit - juste la maison pour moi seule.
Et pourtant l'émotion à fleur de peau, touchée dix fois dans cette journée - par le désespoir de telle patiente à la séparation de ses parents. Par la confiance de tel autre qui se laisse entraîner dans un état hypnotique profond à la rencontre d'un traumatisme oublié.
Par l'authenticité des échanges avec mon amie - la vie, la mort, l'amour, pas de small talk entre nous. Par le discours de Julianne Moore dans le bouleversant Still Alice, sur la maladie d'Alzheimer : qui sommes-nous encore lorsque nous perdons la mémoire ? Par le magnifique L'année de la pensée magique, journal de deuil de Joan Didion (le bouquin de la librairie).
Par les associations d'idées qui m'ont fait plonger, via la musique (ce bonheur d'être seule pour écouter à plein volume et chanter), d'abord dans mes années chorale de gospel, en commençant par This little light of mine puis The storm is passing over et Song in my soul. Puis ramenée vers d'autres temps - c'est fou la puissance d'évocation de la musique, comme celle des parfums - Illumina, Days like this, Calma y tranquilidad, Rude, Alegria, juste les premières mesures suffisent à me connecter à des états, à des visages, à l'atmosphère de ces journées-là - ce soir je réalise à quel point je suis comme une éponge gorgée d'émotions, de blessures à peine cicatrisées, mais je me sens pleinement vivante.
15 février 2023
Février de cette année-là
Les "inédites" ne datent pas d'hier (l'album Petits bonheurs posthumes date de 1996), mais j'aime toujours autant Honte à qui peut chanter et la Chansonnette à celle qui reste pucelle. Et puis l'irrésistible Mélanie, et puis Mourir pour des idées, et puis la Supplique pour être enterré à la plage de Sète...
Et si la voix force un peu par moments, qu'une fragilité se devine, ça ne rend l'instant que plus précieux encore. Je me souviens de concerts tardifs de Barbara, et d'Aznavour un an avant sa mort - si les voix étaient moins puissantes, elles étaient tellement émouvantes, aussi.
14 février 2023
Soyez le changement...
...que vous voulez voir dans le monde. Bon, vu l'état du monde, c'est une tâche un peu démesurée, mais je tenterais bien les petits changements (puisqu'il paraît qu'il suffit de 21 jours pour que notre cerveau trace les routes d'une nouvelle habitude). J'essaie une nouvelle habitude par mois :
- Janvier : carnet des 3 kifs
- Février : suppression de Facebook et Instagram... sur le téléphone
- Mars : j'hésite : challenge méditation sur 30 jours ou suppression des consommations de sucre inutiles ?
Et après ? Après j'aurai certainement d'autres idées...
12 février 2023
Cassignas
A gauche mon moment préféré lorsque je suis là-bas : ouvrir les volets sur le soleil qui se lève entre les branches du grand cèdre...
J'ai fait la connaissance de Twist, le loulou de Poméranie (un genre de micro-renard-hérisson, quelques grammes de chien et beaucoup de poils), et accueilli César et Rosalie, coq et poule de leur état (pour les œufs, il faudra attendre leur acclimatation dans leur nouveau poulailler).
Et aussi dégusté un curry végétarien préparé par un jardinier très cultivé pour son amante anglaise - aussi excentrique qu'alcoolique, en compagnie d'un improbable Christ barbu et chevelu qui aurait eu le temps de sérieusement grisonner et d'affuter un regard indulgent mais amusé sur l'espèce humaine (un ancien travailleur social, ça aide). Le tout dans une petite maison de conte de fées - pierre, bois, trois chats et un poêle ronflant. J'adore.
Et bavardé de longues heures devant la cheminée, un verre de bon vin à la main. Une conversation ininterrompue lorsque nous sommes ensemble, intermittente lorsqu'un océan nous sépare, mais toujours reprise comme si c'était la veille. Les amours, les enfants, les projets, les découvertes : ça aussi, j'adore.
06 février 2023
Wanderlust
03 février 2023
Points communs
Avec ou sans majuscules : ce matin j'ai donné un coup de main à Louis, dans ma librairie coopérative favorite. Sur le papier c'est - ouvrir des cartons, scanner des commandes, ranger des bouquins. Sur le terrain c'est - deux heures de discussion lectures tous azimuts avec un jeune libraire passionné de littérature, de BD, de politique, de cinéma, repartir avec un roman acheté et un essai offert que j'ai ensuite partagé avec Léo, merci le service de presse, absolument enchantée.
La semaine précédente c'était atelier cuisine avec Entissar et son fils, étudiant, théâtreux et photographe - même richesse d'échanges sur les intérêts et les chemins de vie, et le plaisir de faire de mes mains. Décidément, c'est un lieu-ressource, et l'opportunité de belles rencontres - et exactement ce que je recherchais - surtout rien de psy ni de mental, juste des tâches simples et la joie de participer à un beau projet collectif. Quasi un atelier thérapeutique pour moi, et comme le disait Marion : le don, c'est bon !
30 janvier 2023
Il y a trois ans...
...quelqu'un que j'aimais beaucoup m'avait offert, en guise de cadeau d'anniversaire, une consultation chez un voyant. Choix que je n'aurais jamais fait par moi-même. Quand je relis l'enregistrement aujourd'hui, je suis assez bluffée (même s'il a fallu un peu de temps ;-))... Extraits :
"J'aime les gens amoureux, ça vous va bien. Vous n'imaginez même pas comment ça vous va bien : on s'en rappelle même plus (…) L'image d'un homme homme – quelqu'un que vous connaîtriez déjà ?(…) Amour gloire et beauté : travaux dans une nouvelle maison, finances OK, Peut-être vous travaillerez là aussi (…). Un mec qui dit éventuellement je sais pas faire mais dis-moi, et je suis là (…). Ça sera pas une rencontre cérébrale ce sera une rencontre affective. Le cœur qui bat des deux côtés, vous allez voir tout ce qu'on transforme. Quelqu'un sur qui tu peux t'appuyer, compter, qui sait ce que c'est qu'une paternité, qu'une maison à gérer, la vie... (...)
Déménagement, la gamine vous suit, il y a un homme dans la maison, vous y travaillez... c'est chouette ! Moi j'aime bien, je suis un peu fleur bleue j'aime bien les happy ends. Quand les choses marchent en voyance c'est quand les gens se bougent. Et vous vous êtes une femme qui bougez, qui prend les choses en main, c'est ce qui va vous sauver. Et en cadeau : je veux qu'on m'aide et être épaulée et avec le cœur qui bat – la décision que vous allez prendre c'est la bonne."
Air-Bag
En supervision, je râle après la perte de temps voire la perte de chances que peut représenter, pour un patient, un premier contact avec un psychanalyste caricatural qui l'abandonne à la solitude du divan et se contente de faire hum hum, ce sera tout pour aujourd'hui, au revoir. Et j'aime bien la réponse de mon interlocutrice qui me dit, moi quand je les vois arriver après une première mauvaise expérience, je ne ressens pas de colère, mais de la joie devant l'élan qui pousse cette personne à continuer à chercher de l'aide, à garder foi en la possibilité d'une parole.
De la même façon, lorsque je lui partage mon ras-le-bol d'avoir parfois le sentiment d'éponger toute la misère du monde, elle me renvoie aussi à la joie de voir dans le long terme émerger la vitalité, la créativité chez les patients, et la façon dont cela sollicite aussi ces dimensions chez le thérapeute. Et je suis d'accord, bien sûr !
C'est juste qu'actuellement... je suis un peu fatiguée.
28 janvier 2023
Des sorcières comme les autres
Un cercle de femmes, un lieu et un temps hors lieu, hors temps, si loin de nos quotidiens, pour plonger dans nos profondeurs, explorer nos questions, et trouver les réponses que nous n'attendions pas (quel privilège). De ce temps je ramène un lien paisible avec le masculin - en moi et en l'autre, et l'envie de prendre davantage soin de mon féminin - de la possibilité d'être fragile, du droit d'être vulnérable, une invitation à la douceur, à la lenteur pour moi-même. Si la précédente rencontre m'avait invitée à dire oui, peut-être celle-ci me suggère-t-elle d'apprendre à dire non - à m'arrêter quand je suis fatiguée, comme je le fais actuellement, à refuser les sollicitations, à prendre et à faire prendre en compte ce dont j'ai besoin ?
Cruche et fière de l'être !
Ce matin, j'ai eu l'insigne honneur d'être invitée dans le groupe des cruches, dont voici le manifeste :
L’art d’être une cruche
La cruche expose sa rondeur et sa stabilité. Certaines masquent leur contenu comme celles en terre permettant maturation dans leur ventre abrité dans l’ombre, tandis que d’autres laissent la lumière traverser leur corps de verre exposant leur intérieur en toute transparence et infusant ainsi la clarté céleste.
La cruche a une grande ouverture. Ouverture à ce qui peut la remplir. Son espace intérieur accueillant sans réserve ce qui vient la remplir, parfois même à en déborder. La cruche distribue avec générosité ce qu’elle a reçu sans déverser à tort et à travers grâce à son bec verseur courbé de douceur et à sa poignée qui la rendent ergonomique et saisissable.
La cruche est concave et non vide, réceptacle de fluides nourrissants. Elle a cette capacité à reverser ce qui l’a remplie pour se remplir à nouveau et redistribuer légèrement imprégnée de ce qui l’a déjà traversée, infusant à son tour tel un tonneau ancien redistribuant un peu de ses essences.
Sa stabilité donne un socle solide aux fluides instables. Elle est contenante mais non « retenante ». La cruche se doit d’être ouverte, prête à accueillir généreusement ; si elle fermée hermétiquement, elle n’est plus cruche, elle devient un pot plein de vide, ou bien remplie sans espace intérieur. Ce n’est plus une cruche.
Grande ou petite, la cruche a des formes et tailles diverses mais toutes ont en commun aussi la simplicité.
Tellement cruche !
Annabelle C.
18 janvier 2023
Communs
Points communs, c'est le nom de la librairie coopérative, et le Pot commun, c'est le nom du tout récent café associatif adjacent. Au programme, des lectures et des rencontres, mais aussi des jeux de société, des expos, des conférences, de la musique, un prix jeunesse - et pour le café, restauration bio, circuits courts, cafés suspendus, espace coworking - bref, tout pour me plaire.
Ce matin, j'y ai fait ma première matinée de bénévolat, et je me suis régalée, dans tous les sens du terme : j'ai épluché des choux de Bruxelles avec José, un autre bénévole sympa, appris à faire des baklavas avec Entissar, la chef cuisinière syrienne, et joué à la restauratrice en préparant la vitrine de desserts et en en dressant les tables. C'était joyeux, léger, un parfait antidote à l'immobilité et au tout-dans-le-mental de mon métier. Faire de mes mains, rencontrer des gens du coin animés par les mêmes choses, j'ai déjà envie d'y retourner ! La prochaine fois, je donne un coup de main à la librairie.
17 janvier 2023
Gracias a la vida
...que me ha dado tanto...
En ce début d'année, je me suis entendue recommander à une patiente le concept des 3 kifs par jour (Florence Servan-Schreiber), ou "trois questions pour une vie heureuse" en thérapie brève (Luc Isbaert) - ça fait tout de suite plus sérieux. Et puis je me suis dit que je pourrais être tentée d'en faire l'expérience moi aussi, et j'ai commencé un petit carnet au premier janvier.
Le point sympathique c'est qu'il peut s'agir de très petites choses - le sourire d'un inconnu, l'arrivée du métro pile quand on entre sur le quai, le chat qui vient ronronner sur vos genoux - ou de plus grandes, et qu'en exerçant son regard on se rend vite compte qu'il y en a beaucoup plus que trois par jour. J'aime particulièrement la deuxième, qui invite à travailler la gratitude.
Après deux semaines d'observation, je ne peux que constater, ou plutôt, confirmer : l'amour, l'amitié, la gentillesse, les grandes discussions, les petites attentions, mon métier, les livres (les mots en général), le chant, les projets même très modestes (acheter enfin un petit congélateur sur le Bon Coin, prendre des billets pour quelques jours à la campagne en février) sont d'inépuisables et récurrents pourvoyeurs de kifs.
15 janvier 2023
Trop long...
En tout cas, ça explique cette sensation de tunnel anxieux depuis plusieurs semaines, et pourquoi je suis submergée par la parole des patients dès le début de mes journées, et cette envie de pleurer dès que je vois la moindre contrainte s'ajouter à celles qui sont incontournables. Vivement le printemps !
31 décembre 2022
Choisir la douceur, la suite de la suite
La douceur, c'est aussi une journée hammam avec Marion, le plaisir d'un long déjeuner avec Léo, faire de la pâte à sel, lire la fin de Moby Dick et revoir Klaus avec les jumeaux (et leur monter des lits superposés avec leur père), franchir le seuil de la nouvelle année dans le temps d'un câlin. Rien de compliqué... juste de la douceur.
26 décembre 2022
Choisir la douceur
Un Noël qui aurait pu être si fragile, et que nous avons su rendre si joli cependant tous les quatre - d'abord le retour de Léo, et sa présence autour de ses grands-mères, la complicité autour des matches de foot regardés ensemble, et puis une jolie chapelle de bois pour que souffle quand même un peu de l'esprit de Noël, un dîner tout doux avec parmentier de canard façon Cyril Lignac (trop facile d'être bluffante), des chansons (ça c'est un tel bonheur pour moi, ce plaisir à chanter ensemble), un brunch tout simple, un spectacle sans prétention mais rigolo, Avatar tous les trois demain, et tellement de tendresse attentive de tous, même à distance - un petit colis de Gene, des messages aimants de YoYo, et les clins d'oeil des amis. Bonne résolution : de ce décembre, je ne garderai que la douceur, et l'admiration tranquille devant le courage, la bonne volonté et l'intelligence du coeur de tous.
30 novembre 2022
Enthousiasme
26 novembre 2022
50 nuances de gratitude
50 ans, ou l'âge de compter certaines amitiés en décennies, comme en témoignent les photos sur le mur de l’escalier... je ne sais pas vous mais pour ma part, je ne les ai pas vues passer, peut-être aussi parce que nous les avons traversées ensemble. Des années avec des joies et des peines, des fêtes, des fous-rires, des maisons de vacances, des naissances, des déménagements, des apéros et des petits et des grands changements de vie(s).
Je me souviens... d'une course en sac de couchage chez les parents de Cécile, nous avions treize ans ; que Lalie m'a tiré les cartes la première fois que je l'ai rencontrée ; de la petite chambre de Marion quai aux Fleurs et que Marguerite fut le bébé qui nous a donné envie d'en faire ; de week-ends char à voile avec Christine et Philippe ; d'un concert de Barbara au Châtelet avec Michaële ; de Moon River au mariage d'Antoine et Vincent ; d'une danse audacieuse de Ronan au Hameau, et d'avoir fait une déclaration d'amour à Ghislaine dans le même lieu magique ; des confidences à la machine à café du Fil Santé Jeunes ; de la maison de l'Ile de Ré, et de notre petite Mémé ; d'avoir retrouvé Nadia à New York ; d'avoir chanté grâce à Elsa des trucs que je n'aurais même pas osé imaginer, comme Hallelujah et Someone like you ; de coups de foudre amicaux pour Charlotte et les deux Cécile, de la petite flûte à papa et de la pince à cornichons avec Céline et Laurence. Je me souviens aussi très bien de la première fois où Samir est venu prendre un café rue de la Convention, il n'y a pas si longtemps. Et de tellement, tellement d'autres choses encore...
50 ans c'est aussi l'âge d'avoir vu grandir mes enfants, et je suis si fière des deux, qui tracent chacun leur chemin singulier avec du courage, de l'intelligence et du cœur. J'ai élevé des petits gauchos-écolos-militants – et je ne vois pas comment il aurait pu en être autrement ! Je suis très heureuse de la relation que j'ai avec les jeunes adultes qu'ils sont aujourd'hui.
50 ans c'est l'âge où je peux me dire que la vie m'a apporté déjà tellement de bonheurs... je mesure ma chance. D'avoir une famille affectueuse. D'être en bonne santé. De faire un métier que j'aime. De vivre dans un lieu que j'ai choisi, et que j'adore ! D'être aimante et aimée.
C'est surtout réaliser la chance que j'ai d'être si bien entourée, par tellement de belles personnes, si différentes entre elles et qui apportent tellement de joie, de complicité et de tendresse à ma vie. Chacun, chacune, de près ou de loin, au quotidien ou ponctuellement, amène sa petite musique singulière, une couleur de plus à notre arc-en-ciel – et je n'oublierai jamais comment nous avons été soutenus, aidés et entourés, les enfants et moi, toutes ces dernières années. Sans vous tous, les bonheurs d'aujourd'hui n'auraient pas été les mêmes.
Vous réunir, c'est mon plus beau cadeau, et s'il en manque quelques-uns ce soir, je sais que c'est parce qu'ils ont été appelés par d'autres obligations, mais qu'ils auraient été heureux de répondre présent également.
50 ans ce n’est ni un début ni une fin pour moi. C’est la continuité de ce que j’ai déjà construit jusqu’à aujourd’hui. Et je me réjouis à l'idée de partager plein de petits et de grands bonheurs avec vous dans les années à venir.
Je n'ai pas à ce jour de grands projets, je n'ai pas eu non plus de révélation sur un but à atteindre pour cette seconde partie de vie, mais j'ai trouvé mon chemin : DIRE OUI. Avoir confiance que ce qui est, est bien. Avoir confiance tout court. Je constate : le oui à l'inattendu, à l'imprévu, n'a amené que du bonheur dans ma vie ces derniers temps.Je vous aime, merci d'avoir tous répondu Présent ! Et maintenant, Champagne !
24 novembre 2022
Daniel
Je les trouvais si beaux ensemble, et racontais à qui voulait l'entendre comment ces deux-là s'étaient bien trouvés (si j'avais fait un casting de l'homme idéal pour Maman, il aurait furieusement ressemblé à Daniel). Et comment je trouvais absolument jubilatoire l'idée qu'on puisse vivre une histoire d'amour à 77 et 79 ans, quand on a l'un et l'autre pas mal de cicatrices au corps et à l'âme. Et comment j'aimais la façon qu'ils avaient de savourer la vie tant qu'elle est là - aller au cinéma, au théâtre, bien boire et bien manger, voyager - c'est elle qui l'a emmené à Venise pour la première fois. Et la tendresse amusée, pas dupe, qu'ils avaient chacun pour les petits travers de l'autre. J'aimais sa gentillesse, sa discrétion, sa générosité ; ses engagements sociaux et politiques. J'avais été très touchée qu'il accepte d'être, avec elle, caution pour mon logement ; et de le voir, il n'y a pas si longtemps, porter fièrement des chaussettes rigolotes que je lui avais offertes. Ce soir je suis si triste pour elle et pour lui... mais aussi reconnaissante pour cette invitation à vivre pleinement aussi longtemps que nous sommes vivants.
23 novembre 2022
Des fleurs, un bon fauteuil et des mots doux
J'ai failli râler ce soir-là, quand il est arrivé les mains vides - mais en moto, avant une sortie, évidemment ! Et puis je me suis tue, parce que la ligne silencieuse de ce lien reste, de part et d'autre - parce que tu ne me dois rien, alors tout ce qui vient est don. J'ai bien fait... et les fleurs m'attendaient à la maison. Et m'ont d'autant plus touchée qu'il avait retenu que de tous les bouquets, mes préférés sont, et de loin, les bouquets de fleurs blanches.
Ce jour-là, il y a eu aussi tellement de petits messages, coups de fil, peut-être... 50 ? Et la vidéo montée avec amour par Léo... sur la photo, il y a aussi un autre cadeau qui me tient beaucoup à coeur, celui de Maman - cet amour de fauteuil club plein cuir dans lequel me lover avec plaid et chat pour bouquiner... un rêve très ancien réalisé.
22 novembre 2022
Too
21 novembre 2022
Poèmes
Je parlais avec tendresse d'un de mes patients, et Samir m'a dit en riant : mais il faut que tu arrêtes d'aimer tout le monde comme ça ! J'ai d'abord souri à mon tour, oui... et puis à la réflexion, j'ai rectifié - non, parce que c'est moi, je suis faite comme ça !
J'ai aimé qu'il ait ce regard-là, sur cette tendresse irrépressible chez moi - et j'ai aimé aussi mon double mouvement, le besoin de défendre cet élan, fût-ce sur le ton de l'humour. Et puis quelques jours plus tard, je suis tombée sur ce texte-là :
À cette superbe raison de vivre
- se taire et s'appliquer à une tâche matérielle, humble -
j'ajoute la lecture de poèmes.
Ce n'est pas une spécialité d'écrivain,
c'est une affaire commune :
les rayonnants d'amour savent que ceux qu'ils aiment
sont des poèmes de chair et d'âme.
Christian Bobin - Pierre, en hommage au peintre Pierre Soulages
Des poèmes de chair et d'âme... que c'est beau. Oui. En fait on devrait TOUJOURS avoir ce regard-là sur les êtres, non ?
17 novembre 2022
Halo
Et un trousseau de clés dont je me rends compte que, depuis notre rencontre, je les ai intégrées à ma vie, les transmettant autour de moi, à mes proches, à mes patients...
- If your dreams don't scare you, they're not big enough
- What would you do if you coud not fail ?
- What is the worst thing that could happen ?
- What's the alternative ?
-Thinking small, Halo, isn't easy or hard. It's just a habit. A habit with consequences. Same for thinking big.
- I'm very spiritual. In that sense this has been an eye opening trip for me. My beliefs are that there is a God, I don't know what name he goes by. Jesus, Allah, who knows. He wants us to love each other as people, religion gets in the way of that, sometimes. God is in the people we have met, that accept us just as we are, that care for us as if we are part of their family. We are all his angels, and he puts us where he needs us to help someone. This has happened to me and for me. Some things could have no other explanation. It's happened to me several times on this trip already.
Il a été le premier à me parler des 5 langages de l'amour aussi... et de la nécessité d'être vigilants face aux dreamkillers.
Ce soir j'ai replongé dans les photos de nos différentes rencontres, de celles avec nos enfants aussi - Léo est allé seul à Denver, Isaiah est venu au Kremlin... dans leurs photos de voyage, toujours en ligne, dans la présentation de son projet sur CouchSurfing - avant que peut-être, ses traces ne s'effacent.HALO'S HYMNS for HAPPINESS
1 Search out Happiness. It's looking for you too !
2 Transform someones life. Start with your own.
3 Look to connect with people. Eliminate strangers campaign.
4 When God winks, wink back (there are no accidents).
5 Be a superhero, fight FEAR (False Expectation Appearing Real).
6 Pour your passion, let it flow.
7 Thoughts become actions. Speak life to what you want.
- I'm a single father to 2 great young men. They are the reason my heart beats. I wish I was able to travel and explore the world when I was their ages, but I didn't have experiences like that. I'm about breaking cycles.
- I’ve come to the realization that through discourse with others we could eliminate a good deal of the mistrust and misgivings we have for people. It takes no work to see what’s different. We could find some common ground. It’s there ; we just have to look for it.
- When I was a young man, I wanted to change the world. I found it was difficult to change the world, so I tried to change my nation. When I found I couldn't change the nation, I began to focus on my town. I couldn't change the town and as an older man, I tried to change my family. Now, as an old man, I realize the only thing I can change is myself, and suddenly I realize that if long ago I had changed myself, I could have made an impact on my family. My family and I could have made an impact on our town. Their impact could have changed the nation and I could indeed have changed the world. (~Author Unknown)
16 novembre 2022
Enveloppes
Elle est grande, très mince, très maquillée, tout de noir vêtue, un vague côté bad girl gothique qui se dément dès qu'elle ouvre la bouche - elle est charmante, courtoise, cultivée, et...porte beau sa détresse de long terme derrière un sourire radieux. Tout va bien, mais rien ne va : une famille aimante, créative, tournée vers le corps et la création - le sport, la danse, la musique - mais chez elle c'est le corps qui trinque, troubles alimentaires, troubles du sommeil, hypersensibilité au bruit. Les proches sont décrits comme attentifs et unis, mais son t-shirt, qui représente un petit renard et une lune blafards sur fond noir, affiche : Lonely Fox.
Deuxième entretien, il est étourdissant dans tous les sens du terme - brillant mais hypomane, a minima. Dilettante dans sa filière de maths de haut niveau, il se passionne aussi pour la philo et la psychologie. Ce jour-là, il me raconte une longue et multiple tentative de phlébotomie, échouée, un dimanche de désespoir, il y a deux ou trois ans ; ce jour-là aussi, il porte une chemise blanche tie and dye dont la partie rose foncé, artistiquement délavée, part du poignet pour aller jusqu'à la moitié du vêtement.
Cet autre, qui n'en finit pas de s'interroger sur le curseur entre le normal et le pathologique, et sur sa propre place sur ce continuum, vient avec une coiffure différente à chaque fois - la plus spectaculaire aura été une tour de dreadlocks surmontée d'un grelot qui évoque immédiatement la figure du fou du roi ; je l'aurai vu aussi arriver avec des vêtements intégralement trempés parce qu'il vient de pédaler une heure sous la pluie pour se rendre à notre rendez-vous, ses convictions lui interdisant d'utiliser des transports nécessitant des énergies fossiles.
Celui-ci vient se plaindre de récurrents "coups de pas bien", selon ses propres termes. L'anamnèse découvre des vagues de traumas successifs, comme une marée qui se retire en laissant apparaître un paysage rocheux chaotique et redoutable. Un père alcoolique et violent, mais qu'il a continué à voir longtemps après la séparation de ses parents ; deux frères aînés issus d'un premier mariage de la mère - qui vont mal aussi, père addict également ; la mère a récemment été diagnostiquée bipolaire... S'il a déjà vu des psys ? Oui, dans l'enfance et au collège, pour accès de violence incontrôlables. Sur son T-shirt s'étale cette question : IS THIS A MONSTER ?
14 novembre 2022
Grizzly
«Il reste d’une personne aimée une matière très subtile, immatérielle qu’on nommait avant, faute de mieux, sa présence. Une note unique dont vous ne retrouverez jamais l’équivalent dans le monde. Une note cristalline, quelque chose qui vous donnait de la joie à penser à cette personne, à la voir venir vers vous. Comme la pépite d’or trouvée au fond du tamis, ce qui reste d’une personne est éclatant. Inaltérable désormais.»
Christian Bobin
13 novembre 2022
06 novembre 2022
Dire Oui
Pas de projet ou de révélation, de but à atteindre pour cette seconde partie de vie, mais un chemin : dire oui. Avoir confiance que ce qui est, est bien. Avoir confiance tout court (...). Je constate : le oui n'a amené que du bon ces derniers temps (...).
Du coup j'explore un peu plus loin : est-ce que je peux dire oui aussi aux événements du passé ? Hum, ça c'est beaucoup plus difficile... mais en même temps, je vois, sous différentes formes, ce que ça m'a coûté de dire non à différentes étapes de ma vie. De lutter. De ne pas accepter ce sur quoi je n'avais pourtant pas de prise.
Un poème me vient, dont chaque phrase commence par, Je dis oui...
03 novembre 2022
Sur le fil
12 octobre 2022
Célébration
10 octobre 2022
Toujours ou à nouveau vrai ?
Supprimer l'oppresseur revient à nier le problème, mais non à en trouver la solution. Car les hommes sont NOS hommes. Toute la difficulté tient dans l'usage de l'article ou du pronom. De défini/lointain au possessif/commun. (...) Nous aimons nos hommes, leur compagnie, leur corps, leur sexe. Nous aimons avec eux l'échange intellectuel, le jeu existentiel (...).
Les outrances de l'ère zéro du féminisme répondaient à un besoin de société. Mais elles ne pouvaient se prolonger au-delà du temps et de la démesure sans troubler notre propre histoire. Ce désordre massif se révéla porteur d'autres désordres féconds. Mais exiger une égalité totale, donc réductrice, ajouta l'excès à l'excès. La femme n'est pas l'homme et l'un n'est pas l'autre (...)
L'égalité ne prend son sens humaniste/féministe que dans la suppression de la hiérarchie. Et non par la disparition des différences.
Gisèle Halimi, Le lait de l'oranger
08 octobre 2022
Habiter un nouveau lieu
Ce week-end c'est la première fois depuis longtemps que j'ai du temps seule, au calme, et en fait j'aime bien, ça me reconnecte à d'autres facettes de moi. Le spectacle vivant avec le théâtre local hier, tout ce que j'aime, un théâtre engagé, vivant, littéraire et émouvant à la fois. Un premier passage au marché couvert après les patients de ce matin. Découvrir qu'il y a à Villejuif une petite librairie coopérative, sympa et engagée elle aussi, adhérer direct à leur asso, qui promeut la lecture auprès des enfants de la ville et prépare l'ouverture d'un café culturel. Acheter un bouquin de plus. M'inscrire aussi à la médiathèque. Prévoir le repas d'anniversaire de Léo mardi, passer chez le caviste. Danser et chanter à tue-tête, seule dans cette nouvelle maison qui me ravit. Ouvrir enfin mes cours d'hypnose pour préparer la validation de novembre. Papoter avec Elsa sur le coin de notre bar, et au téléphone avec mon copain voileux de Toulon – j'adore, on se parle tous les six mois et c'est comme si c'était la veille. Etre invitée à naviguer au printemps... Tomber amoureuse d'un duo piano-violoncelle. Ecrire...
01 octobre 2022
27 septembre 2022
Drôles de zèbres
Semaine de reprise chez les étudiants - mais qu'est-ce que j'ADORE ce job, la diversité des profils, ces petits prodiges cultivés et fragilissimes qu'il s'agit d'apprivoiser dès la première rencontre - si l'interlocuteur ne va pas à leur vitesse, ils abandonnent - c'est un challenge à chaque nouvel étudiant... et certains lundis matin, c'est un peu raide pour moi au démarrage : est-ce que je peux d'abord reprendre un café s'il vous plaît ?
Souvent au-delà du scolaire ou du familial, ce qui permet de les accrocher, et qui parle d'eux bien mieux que leur pedigree académique, ce sont leurs centres d'intérêt, tout l'extra-scolaire, les œuvres artistiques, livres, films, musiques, les engagements militants ou les rencontres - qui les ont marqués... et là ça devient passionnant.
Depuis ce seul lundi, il y a eu - entre autres :
13 septembre 2022
08 septembre 2022
Le bleu du ciel
07 septembre 2022
Faire surgir la parole
Vous savez ce que c'est une interview ratée ? C'est une interview où j'ai mal fait mon boulot, moi, pas l'invité. Je vais vous dire pourquoi, c'est parce que ma grand-mère et ma mère me l'ont toujours appris : tout le monde a quelque chose à dire, et tout le monde peut être passionnant, à condition qu'on puisse l'écouter, qu'on sache faire surgir cette parole, mais vous savez, c'est un travail, c'est un métier...
Augustin Trapenard
Je crois que c'est vrai aussi dans mon métier. La rencontre qui ne se fait pas, le suivi qui patine, l'ennui qui s'installe - c'est sans doute aussi parfois parce que j'ai mal fait mon boulot. En tout cas - cette humilité me parle, et ce présupposé aussi : tout le monde a quelque chose à dire, et tout le monde peut être passionnant. Avec un nouveau patient, le premier moment où j'entends sa petite musique singulière, où quelque chose - un tout petit détail quelquefois, m'émeut, je sais que notre travail a commencé.
30 août 2022
At last
15 août 2022
Atelier Climat
13 août 2022
Un demi-siècle d'amitié
12 août 2022
Dire oui
Aux bouffées de bonheur récurrentes. A l'admiration sans cesse renouvelée devant la beauté de la nature. Aux retrouvailles avec l'enfance (voir post précédent), à ma tendresse débordante pour ces magnifiques jumeaux et pour leur père (dont la beauté ne m'émerveille pas moins).
A la stupéfaction attendrie devant ce lien qui à ce jour déjoue tous les pronostics, où tout se fait si naturellement - le quotidien, les enfants, l'argent, la maison, tout roule, c'est si incroyablement tranquille. Au respect spontané des temps de retrait de l'autre - de lecture et de rêverie solitaire pour moi, donc... Aux allers-retours entre la raison qui dit non, et le coeur qui dit oui...
J'adore cette histoire improbable - parce que c'est ce qui en fait la beauté : elle n'était pas écrite, pas prévue, et pourtant elle est - et elle est lumineuse et fluide. Je suis profondément touchée par la façon dont cet homme silencieux m'a ouvert la porte auprès de ses enfants - et même de la famille élargie qui vit dans la région. J'aime sentir le respect et la curiosité tendre avec lesquels nous approchons nos grandes différences.
Et, contrairement à ce qu'il en pense, j'adore aussi le fait de ne pas me projeter ni d'avoir d'attentes, mais de juste être - respirer côte à côte, nous endormir ensemble. Il y a là une liberté, une gratuité qui m'enchantent absolument. Peut-être est-ce que toutes les relations devraient s'écrire ainsi - dans ce respect infini de la liberté de l'autre : c'est Rilke qui écrit quelque chose comme cela à propos de l'amour : deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s'inclinant l'une devant l'autre.
09 août 2022
Jusqu'à la lune et retour
Et j'ai adoré. Sentir des petites mains se glisser dans les miennes. Aller à la bibliothèque puis lire des histoires. Chanter des rondes enfantines. Jouer aux sept familles. Chahuter dans l'eau, les embarquer en canoë, en paddle, en vélo. Préparer des petits déjeuners, et des macaronis au gratin comme Mémé ! Et, posée dans un fauteuil, voir arriver la tornade Naïm qui m'a sauté dessus : "Câlin à deux !", suivi de près d'Imrane, pourtant plus long à apprivoiser : "Câlin à trois !" - ce jour-là, j'ai su que c'était gagné.
Grâce à la confiance de leur papa bien sûr, mais aussi grâce à eux : jamais vu d'enfants de six ans qui se couchent sans problème, ne font pas (trop) de bruit le matin, mangent ou en tout cas goûtent ce qu'on leur propose, pleurent trente secondes pour une chute à vélo ou une piqûre de guêpe puis passent à autre chose, font une rando vélo de plus de vingt kilomètres sans protester, ne se bagarrent pas une seule fois en deux semaines mais sont au contraire constamment complices et solidaires, dans la négociation et pas dans l'affrontement...
Je leur ai offert un des livres fondateurs pour mes propres enfants, Devine combien je t'aime. Le lendemain, ils la connaissaient par coeur, cette histoire d'un petit lièvre (mais pourquoi pas deux ?) qui cherche à mesurer jusqu'où va l'amour... "Jusqu'à la lune, et retour."
22 juillet 2022
18 juillet 2022
L'envers du décor
Je n'en peux plus.
Des patients lourds des derniers mois, des messages suicidaires de ma patiente alpha, et même des patients plus "légers" actuellement - chaque fin de rendez-vous est un Everest, à grimper à nouveau l'heure suivante. Pourtant, je fais mes premiers pas en hypnose, et me régale - mais peut-être en sous-estimant le coût énergétique inédit de ce travail en état de conscience modifié.
Des incertitudes sans fin sur le devenir de mon projet d'achat d'appartement - avec ce qu'il draine de sécurité dans l'avenir ou non, de sentiment d'impuissance, de vulnérabilité et d'injustice - car ce n'est pas faute de travailler beaucoup, mais les banques n'aiment pas que j'aie deux jeunes adultes à charge et un seul revenu. A ce stade, je me permettrai de respirer à la signature définitive, soit pas encore.
Des dépenses incontrôlables qui s'accumulent - le budget initialement prévu pour travaux et équipements qui part en apport, les taux qui grimpent, le véto, le dentiste, le semestre de Léo à Berlin... De gérer seule l'essentiel des charges de notre maisonnée - et pas uniquement sur le plan matériel.
De l'avocate supposée m'aider rétablir un semblant de justice quant aux coûts et aux responsabilités parentales, si inepte que je suis parfois tentée d'annuler une procédure dans laquelle je ne fais plus confiance ni à elle, ni à la partie adverse. Pendant ce temps, un petit frère est né, ce que Léo a annoncé sur fond noir et sans autre commentaire sur son compte Instagram.
De la course contre la montre pour espérer avoir bouclé travaux et déménagement en deux semaines fin août afin de ne pas payer le mois de septembre en double, et des to do lists qui vont avec cet objectif.
Des nouvelles - de l'économie, de l'écologie, de la politique locale et internationale, de la canicule qui m'affole - était-ce une erreur d'acheter sous les toits ? Je ne comprends plus, comme si ce monde s'auto-détruisait sous nos yeux impuissants...
Bref, j'ai zéro recul, et impossible de décrocher, de réguler les pics d'angoisse, de dénouer cette gorge serrée en permanence, de modérer mon hypersensibilité en roue libre, de retrouver un peu d'énergie - même pendant les quelques jours à Trouville, malgré les irremplaçables bouffées d'oxygène par moments là-bas. Un stupide hamster dans sa roue, une éponge, saturée - d'habitude, c'est une force et un atout, mais là c'est autre chose, la sensation inconnue d'une limite franchie, d'un dérapage pour le moment hors de contrôle.
14 juillet 2022
Just kids
Il y avait longtemps que nous n'avions pas eu un temps hors Paris juste ensemble. Enfin presque : le dimanche précédent, les enfants et moi étions à Montlevon, et j'avais déjà retrouvé un petit goût de cette complicité, chanter à tue-tête en voiture, saisir les blagues au vol, découvrir un nouveau jeu. Et c'était joli aussi, la façon dont ils se sont éclipsés le temps que j'accompagne leur grand-mère endeuillée avec un peu de ma boîte à outils professionnelle.
Et puis à nouveau ces quatre jours au bord de la mer - sauvés in extremis par le prêt d'une voiture par Ronan, car trains annulés un 13 juillet, c'était sans espoir d'un plan B train, bus ou location de voiture. Quatre jours dans l'accueillante maison de Philippe et Marion, des baignades, des rires, une soirée blind tests et karaoké, un achat de maillot pour Amaury chez Texti, des glaces tous les jours (des huîtres, des crevettes et un Chablis bien frais aussi pour moi), et deux feux d'artifice. Me baigner en mer, un de mes plus grands bonheurs dans cette vie - cette sensation de me laver de tout, d'être portée, bercée, libre un instant. Des moments légers, jolis, pas parfaits - une engueulade, quelques larmes, du télétravail pour Léo et moi, mais des moments précieux tout de même, parce que si rares aujourd'hui. Je suis vraiment heureuse et pleine de gratitude que nous ayons pu partager cela - grâce aussi à l'amitié des proches, donc. Collectionner les moments plus que les objets reste ma ligne de vie, dans le double sens de guide de conduite et de point d'appui protecteur, comme en voilier...
26 juin 2022
...ni le jardin de son éclat
14 juin 2022
De plus en plus curieux
Comme dit Alice au Pays des Merveilles...
OK, l'hypnose telle qu'on l'enseigne dans ce lieu s'annonce comme résolument transpersonnelle. Mais, si je suis absolument convaincue - pour en connaître plusieurs - que certains êtres ont la possibilité de se connecter à l'autre ou à un plus vaste réseau d'informations de façon plus ou moins médiumnique, je n'avais jamais pensé en être capable.
Sauf que... de séminaire en séminaire, j'ai perçu sans qu'ils soient nommés le serpent-totem de Carine, les hortensias roses d'Annabelle, la peur dans les yeux de Richard ; quelque chose de l'histoire d'Emilie, qui signe la capacité de son corps à se régénérer même après des atteintes majeures ; et, plus fort et plus troublant, l'origine spirituelle du mouvement d'angoisse d'Annabelle suite à un exercice où pourtant nous n'avions pas travaillé ensemble. J'ai expérimenté aussi en tant que guide ce souffle venu d'on ne sait où, qui m'inspire des mots que je ne m'attendais pas à dire, mais qui sont ceux qui doivent être dits à ce moment-là. Pas toujours, loin de là. Mais de plus en plus souvent.
Wow. Décidément, je suis au bon endroit. Au bon endroit aussi pour recevoir de la tendresse - ce groupe est attentif, prévenant, contenant. Et de jolis retours : on m'y restitue ma douceur, ma stabilité, ma fiabilité, la confiance que je peux inspirer, tout en me permettant d'y être aussi hypersensible, à fleur de peau, que je le suis réellement - ce que je ne montre nulle part ailleurs, en tout cas pas de cette façon. Et, encore une fois, j'ai été émue aux larmes par un retour sur l'importance vitale de recevoir, lorsque l'on fait un métier de don - cadeau spontané autant que symbolique à l'appui.
12 juin 2022
Un moment de grâce
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10 juin 2022
Bizzou
La première fois que je t'ai rencontré, que je vous ai rencontrés, c'était au champ, dans la joyeuse famille de YoYo. Il n'y a... pas loin de trente ans ! Trente ans de souvenirs, ce serait trop long à évoquer, alors j'en ai gardé juste quelques-uns : le jour où tu m'as appris à danser la valse, la leçon de check avec Mémé, car vous étiez jeunes pour toujours, les parties de tarot, les innombrables cafés à toute heure et les petits cigarillos en cachette.
Tu étais comme un père pour moi, et tu as été un merveilleux grand-père pour Léo et Elsa. J'aimais ton inépuisable énergie – toujours un outil à la main, toujours à bricoler, réparer, jardiner. J'aimais savoir qu'ils pouvaient, que nous pouvions, toujours compter sur vous deux : prendre la route dans l'heure pour accueillir un enfant malade, poser un parquet ou un papier peint pour embellir notre quotidien, offrir des légumes du jardin plantés avec amour – YoYo, pas comme tes dahlias... Papi toujours prêt !
Papi, et Mamie, bien sûr... impossible de penser à l'un sans penser à l'autre, vous êtes inséparables, et vous êtes le plus joli témoignage de la possibilité de s'aimer une vie entière. Pour cela aussi, merci.
Mon souvenir le plus précieux n'est pas un souvenir, mais une émotion très intime et toujours vivace : plus que tout, j'aimais la tendresse silencieuse mais indéfectible que tu avais pour moi, et que je lisais dans ton regard si bleu. Plus que tout, j'aimais ta façon de nous aimer.
08 juin 2022
Fondre
- Je me fais régulièrement draguer les lendemains des jours où j'ai fait l'amour avec toi (rayonnante ?) : citation du jour : Hé Madame vous avez fait tomber quelque chose ! (- ???) - Mon coeur, c'est mon coeur que vous avez fait tomber ! (Je sais c'est couillon mais... ça m'a fait sourire)
- Ça doit vraiment faire plaisir :-)
- Oui c'est joli !
- En même temps c'est normal tu ES rayonnante !
Quelques jours plus tôt :
- Quand est-ce que je te donne ton cadeau d'anniversaire ?
- Pas besoin c'est toi mon cadeau...

































