Ca tanguait pas mal ces dernières semaines, et puis il a suffi d'une soirée douce d'anniversaire pour renouer le fil - peut-être grâce aux quelques jours qui avaient précédé, peut-être grâce au lieu et au cadeau choisis avec une vraie attention, intention, peut-être grâce à la bouteille de Pouilly-Fumé qui a remis de la parole là où elle commençait à disparaître dangereusement, peut-être grâce aux heures qui ont suivi. Il n'y a pas de photos de cette soirée des 50 ans de Samir ; mais peut-être n'est-ce pas un hasard (nous aurions pu demander au serveur), tant l'enjeu de ce moment était de restaurer quelque chose de l'intime. Pas de bougies (si, juste une le lendemain matin, date exacte), de bruit, de monde - juste être ensemble.
To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
27 mai 2024
Poupées russes
Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur, notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toutes limites. C’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraye le plus.
Nous nous posons la question: “Qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux?” En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ? Vous êtes un enfant de Dieu. Nous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde.
L’illumination n’est pas de nous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres. Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous. Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus, elle est en chacun de nous, et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. En nous libérant de notre propre peur notre puissance libère automatiquement les autres.
Marianne Williamson
26 mai 2024
Emue aux larmes
Jour de fête des mères
J'en profite pour revenir sur un sujet sur lequel nous n'avons pas échangé : la remise de diplôme de votre fils, à Berlin.
Je me mêle peut-être de choses qui ne me regardent pas, mais ... mais ... je ne sais pas si quelqu'un vous l'a déjà dit, alors je vous le dis moi, de là où je suis pour vous : cette remise de diplôme était aussi LA VOTRE.
Certes c'est Léo "qui a fait le taf" et il mérite amplement les félicitations et les honneurs de cette cérémonie. Mais c'est VOUS, et uniquement vous, qui avez rendu cela possible.
Quasi sans aucune aide, jamais. Avec votre énergie seule, votre volonté et vos "petits poings", vos doutes et peurs, vos moments de découragement surmontés, votre courage d'oser le meilleur pour vos rejetons, votre opiniâtreté et imagination pour trouver des solutions improbables, et ... vos sacrifices matériels et personnels pour cela.
Bref votre amour inconditionnel pour vos enfants.
Alors voilà, en ce jour de fête des mères, je décrète du haut de mes non-pouvoirs, que ce diplôme est aussi le vôtre.
Merlin.
20 mai 2024
21 ans
14 mai 2024
04 mai 2024
Berlin
27 avril 2024
Juliette
24 avril 2024
Off (the record)
23 avril 2024
Sourire aux larmes, trouver du charme...
Quand il a proposé une rencontre non pas dans un café, mais autour d'une guitare, évidemment j'ai dit oui. Je n'étais pas arrivée depuis dix minutes que nous partagions une de mes chansons absolument préférées. J'ai vu son regard amusé et surpris lorsque j'ai fredonné la deuxième voix du refrain : rien que pour ces minutes-là, ça en valait la peine. "C'est incroyable que non seulement tu connaisses celle-là, mais aussi la deuxième voix, même moi je ne la connais pas ?!"
21 avril 2024
Sorcières de Bretagne
Ca m'a fait un bien fou. Découvrir un coin de Bretagne époustouflant, sous un soleil inespéré. et notamment une balade à pied vers une île, accessible seulement à marée basse, ce qui signifie concrètement marcher au milieu de la mer, sur d'immenses étendues de sable entourées de rochers, puis découvrir un petit paradis boisé et des plages de sable blanc aux eaux turquoise. Un monde extraordinairement sensoriel - le sable sous les pieds nus dans l'eau, la caresse du soleil ou le souffle coupant du vent, le toucher du granit, l'odeur des pins, et les couleurs : nous sommes partis sous un ciel chargé, sous des nuages en camaïeu de gris qui semblaient prêts à crever en orage, pour terminer par un bain de lumière éblouissant, au-dessus d'une eau qui reflétait toutes les nuances de vert et de bleu imaginables. Une immense bouffée d'oxygène, de nature, de connexion aux éléments.
Retrouver l'incroyable fluidité de nos échanges avec Cécile, Charlotte et Stéphanie - ce petit groupe pourtant récent dans ma vie mais qui semble être une évidence, une histoire qui va se poursuivre - des femmes thérapeutes, indépendantes à bien des titres, éprouvées par la vie mais curieuses de tout, prêtes à expérimenter autant qu'à questionner leurs expériences. C'est un tel bonheur ces conversations profondes et rieuses à la fois !
Nous avons terminé avec une expérience qui nous ressemble - gentiment barrée, celle du chant vibratoire ; une expérience incroyablement ludique et énergisante, quel plaisir de jouer avec le son... Un week-end de rêve, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi pleinement moi-même, aussi vivante, aussi vibrante, et en même temps dans une telle simplicité : du soleil dans un jardin, de l'intimité et de la confiance, des repas délicieux préparés ensemble, nous nous sommes dit à plusieurs reprises que c'était ça, le bonheur !
11 avril 2024
Y avait longtemps
Avec leur cohorte de troubles du sommeil, coups de barre massifs (chutes de tension ?) et pics anxieux. Ce qui repose la question du, et moi, qui prend soin de moi ? Je sens revenir l'épuisement, le manque de distance, la tentation de l'action-réaction... et l'envie de douceur, de sollicitude, de temps... Une irritation latente aussi - il n'y en aurait pas un pour me tirer vers le haut ? Est-ce que c'est toujours à moi d'être l'oreille, le porteur de projets, l'Elastigirl ? Dans le cadre professionnel, il n'y a pas plus le choix, mais peut-être à repenser encore le temps de travail et puis indéniablement en ce moment, il y a des situations particulièrement lourdes aussi. Et de la lassitude.
31 mars 2024
Toucher l'instant
Un coucher de soleil, des huîtres, des moules et des coquilles Saint-Jacques (pas le même jour !), un volley sur la plage, un nouveau jeu à découvrir ensemble, des œufs de Pâques cachés dans le jardin, une bouteille de champagne, un dessin de lune et des blagues de Toto, un brunch avec des œufs à la coque, écrire nos prénoms sur le sable (et nous faire encercler par la marée), un blind test Disney-Pixar, du bon vin, des fraises et des asperges du marché, des siestes, des ciels de toutes les couleurs (mais majoritairement ensoleillés), prendre le temps de cuisiner, de faire la vaisselle en dansant, de préparer un vrai café qui sent bon - autant de prétextes pour juste être. Là. Prendre le temps surtout de la gratitude, de la conscience de ce qui est précieux ici.
26 mars 2024
Eternel retour
Pourquoi reprendre un travail sur moi quand tout va à peu près bien, quand même les secousses inhérentes à toute vie semblent pouvoir êtres accueillies avec une certaine tranquillité ?
Parce qu'on ne cesse jamais de croître, que ce travail n'a à proprement parler pas de fin, et que cette croissance nourrit aussi mon exercice professionnel.
Parce que je me rends compte que ce pli de mettre de côté mon propre ressenti, héritage de mon histoire autant que de ma pratique, ne sera jamais totalement défroissé.
Parce que dans ce métier où je me rends chaque jour infiniment
disponible pour l'autre, navigant heure après heure dans des mondes plus
ou moins rudes émotionnellement, il
est doux pour moi de pouvoir être à mon tour
accueillie.
De temps en temps, ne plus être celle qui écoute, mais celle qui est écoutée, et mieux encore, vraiment vue.
23 mars 2024
Aller vers la lumière
15 mars 2024
Avance sur printemps
03 mars 2024
Prendre soin
Bien sûr, il s'agit de moments rares, et pas du tout de mon quotidien professionnel. Et, en l'occurrence, de deux patients que j'ai suivi sur des années, et qui m'ont je crois appris autant que ce que je leur ai apporté. Au-delà du cadre, des rencontres.
Le premier est revenu hier pour une séance de clôture profondément émouvante, nommer ceci : oui, je lui ai sauvé la vie le jour où je l'ai fait hospitaliser en urgence. S'en est suivi un échange très fort sur le lien thérapeutique, ce drôle de rapport asymétrique où l'un ne sait rien de l'autre, et qui peut pourtant être un repère décisif, une rencontre qu'on n'oubliera pas. Sur ce métier où l'on accueille avec ce que l'on est, où l'on ne travaille bien qu'en acceptant d'être touché, ému par l'autre. Sur la juste distance thérapeutique, qui n'est ni amitié ni froide neutralité, mais accueil et pas de deux, travail d'équipe. Ex-enfant profondément blessé et autrefois amer, il s'apprête aujourd'hui à fonder une famille, et cultive son jardin au sens propre comme au sens figuré. "J'ai beaucoup grandi", me dit-il.
Pour la seconde, j'ai aménagé le cadre comme pour personne d'autre avant elle, m'adaptant à ce que j'analyse aujourd'hui comme les besoins d'un nouveau-né entre la vie et la mort. L'espace, le temps, le contact pendant et entre les séances, il n'y a rien qu'elle ne m'ait fait interroger, ajuster, et transformer. Jusqu'à le mettre en œuvre dans la réalité, lors d'une séance par téléphone au décours d'une hospitalisation pour une tentative de suicide, lors de laquelle nous ne savions pas si elle allait survivre à son geste. Séance dont elle dit aujourd'hui que c'est le seul contact humain ressenti comme réel qu'elle ait eu pendant cette semaine-là. Aujourd'hui la "nouvelle-née", a bien grandi, (se) pose de toutes autres questions, et interroge d'elle-même la possibilité de commencer à se séparer, et d'espacer nos rencontres. Et je suis d'accord, c'est juste.
(Elle n'a pas tout à fait fini de grandir cependant ; avant une séparation d'un mois pour des raisons professionnelles, elle a évoqué Zou le petit zèbre, un album pour enfants dans lequel ses parents lui préparent une boîte à bisous pour chaque jour d'absence. :-))
28 février 2024
En quête
Un constat ces dernières semaines : mon âme tend à me mettre à la diète. En tout cas, ce qui me faisait envie avant, ne me nourrit plus. Dans le choix de mes lectures, de ce que je regarde ou écoute, il se passe quelque chose de nouveau.
Les films et les séries m'ennuient de plus en plus souvent, je suis ressortie ce matin les mains vides de ma librairie (événement inédit), je questionne de plus en plus le bon usage des informations - être coupée du monde, non, mais être intoxiquée quotidiennement par l'anxiété et l'impuissance devient de moins en moins possible.
Je ne suis pas devenue blasée, ou moins sensible à la beauté pourtant - alors je devine une évolution silencieuse, un appel croissant à quelque chose que je ne sais pas encore nommer. Comme si quelque chose en moi faisait un tri spontané, éliminant le trop attendu, le "consommatoire", le superficiel pour aller vers ce qui me touche, m'enthousiasme, m'émerveille, me donne matière à penser.
Des podcasts inspirants, un roman utopique mais qui laisse profondément à réfléchir (Les Déliés), des musiques lumineuses - sacrées ou joyeuses, une envie de mouvement, dans la danse ou dans le sport, relire aussi plutôt que d'empiler les bouquins neufs - revenir aux sources - je viens de retrouver, comme on retrouverait un vieil ami, Le billet d'excuse, de Christian Bobin.
Peut-être Bobin ne parle-t-il que de cela d'ailleurs - du pas de côté, du silence, de la contemplation - "ne pas céder à l'imaginaire du plein".
22 février 2024
Humilité
La vérité, c'est que je ne sais pas. Et que je suis profondément perplexe (et parfois vaguement envieuse) lorsque j'entends des collègues thérapeutes être si affirmatifs quant à leurs théories, leurs méthodes et leur efficacité. Et déjà par principe, s'ils se réclament d'une seule, je fuis. Rien de plus terrifiant que les monomanies théoriques, l'intégrisme conceptuel, lorsqu'il s'agit de l'humain.
Pour ma part, ma conception fondamentale reste celle énoncée par Victor Raimy en 1949 : "La psychothérapie est une technique indéfinie, appliquée à des situations imprécises, avec des résultats imprévisibles. Pour l’acquisition de cette technique, une formation rigoureuse est souhaitable."
Lorsque la souffrance d'un patient diminue, ou lorsque je le vois évoluer dans ses choix et dans sa vie, qu'il s'agisse d'un suivi bref ou d'un accompagnement à long terme, je peux espérer (et parfois raisonnablement penser) y avoir contribué. Il m'arrive d'en être à peu près sûre, et aussi que cela soit confirmé par les principaux intéressés.
Mais restons modestes : je pense que la vie est thérapeutique. Que les rencontres, l'amitié, l'amour, et même parfois les accidents de parcours sont thérapeutiques. Que pour ceux de mes patients qui bénéficient de prises en charge complémentaires, qu'elles soient psychiatriques ou médicales, ou moins balisées - kinésiologues, naturopathes, mediums et autres chamanes, je serais bien en peine d'attribuer un "coefficient de guérison" à l'ensemble de leurs expériences vécues.
Formée à différentes approches, hantée par la certitude de l'être toujours insuffisamment (et c'est vrai : je ne suis pas une théoricienne), ma seule conviction aujourd'hui est celle que ce qui soigne avant tout, toutes théories confondues, c'est le lien. La qualité de l'alliance thérapeutique, autrement dit, de la présence humaine incarnée. L'expérience que je me reconnais le plus volontiers aujourd'hui, c'est celle de l'être-là. Ainsi que la liberté croissante dans l'expression de mes intuitions, dans le fond comme dans la forme.
Pas une technicienne, mais une tisserande, une passeuse, une passerelle. Et à cet endroit-là, il y a parfois des petits moments de grâce. D'inspiration. Un de mes maîtres parlait de cet instant où l'on s'efface, un autre de la transe du thérapeute, un autre encore d'un artisanat - je crois qu'aujourd'hui les seules formations qui vaillent - pour moi - sont celles qui m'amènent là.
20 février 2024
#résilientes
On a causé veuvage, maladies graves, enfants en souffrance psy, établissements scolaires indélicats, employeurs toxiques, mammographies et dépistage du cancer colorectal, mais aussi Vinted, bijoux, déco, cuisine, animaux totem, jeunes générations en résistance, lectures qui sauvent, et sur tous les points, on a beaucoup ri - mes copines sont des warriors. Et moi aussi. Ah mais !
18 février 2024
Un dimanche mère-fille
08 février 2024
Sorcières
Nous avons besoin de guérisseuses, de femmes qui ont traversé l'enfer et en sont revenues, apportant avec elles l'innocence et la pureté.
Des femmes qui voient l'âme, l'écoutent, lui insufflent les vibrations de l'amour, des mots magiques, des chansons douces.
Des femmes qui peuvent caresser l'âme.
Elles tiennent la main d'un enfant blessé, d'une fille blessée et les soulèvent pour regarder l'arc-en-ciel.
Des femmes qui parlent aux arbres, aux pierres, aux animaux, aux montagnes, à l'eau, qui les écoutent, les comprennent, les conseillent. Elles les aident, les soutiennent.
Des femmes qui ont guéri leurs blessures émotionnelles, la violence, construit leur estime de soi, appris à s'aimer, à aimer, à dire non.
Les femmes qui connaissent les herbes, les fleurs, les arts magiques et ont appris à ne pas en avoir honte.
Des femmes qui, lorsqu'elles bougent, sont accompagnées de rangées d'Anges, et leur mouvement est comme une danse d'énergie, à différents niveaux.
Les femmes qui honorent leurs racines en les transformant et en apportant une nouvelle lymphe à l'arbre.
Des femmes qui ne sont plus des victimes, mais des choix opérants...
Des femmes qui peuvent aider d'autres âmes à se libérer, qui possèdent l'art sacré de la guérison, fruit d'un long parcours de guérison.
Des femmes qui s'expriment en étant humbles, car elles n'ont plus besoin d'être vues par les autres, elles ont pris conscience de qui elles sont.
Elles se sont vus honorées par des bénédictions.
Des femmes qui savent qui elles sont, des femmes qui servent le monde...
Valeria Boari
04 février 2024
16 janvier 2024
14 janvier 2024
13 janvier 2024
Barbelés
C'est une image qui s'est imposée ce samedi soir. Depuis le premier jour, nous savons que cette histoire est un petit miracle funambule, qui peut se déployer dans un espace défini, un périmètre de sécurité soigneusement balisé par une intelligence réciproque de la situation et, dans une certaine mesure, de l'autre. Un espace cependant cerné de barbelés - sans possibilités d'un après ou d'un autrement. Tant que nous ne les touchons pas, ça danse...
Et lorsque nous les touchons ? Ça pique. Et ça pique d'autant plus fort que nous faisons mine de les ignorer le reste du temps.
04 janvier 2024
When you wish upon a star
En repartant nous avons voulu chacun un petit doudou-souvenir de cette journée, et nos choix m'amusent beaucoup : Naïm a pris Abou, le singe rigolo et malin d'Aladdin ; Imrane a choisi Yoda - le petit-grand-sage à la parole rare ; et moi, j'ai opté pour Stitch, cet extra-terrestre qui se trouve une famille d'adoption.
02 janvier 2024
01 janvier 2024
Faire confiance à la vie !
j'aime son petit côté gentiment impertinent... et plus profond qu'il n'y paraît.
31 décembre 2023
28 décembre 2023
27 décembre 2023
24 décembre 2023
It begins to look a lot like Christmas
21 décembre 2023
Sacré
Il y a depuis la petite enfance jusqu’à la tombe, au fond du cœur de tout être humain, quelque chose qui, malgré toute l’expérience des crimes commis, soufferts et observés, s’attend invinciblement à ce qu’on lui fasse du bien et non du mal. C’est cela avant toute chose qui est sacré en tout être humain.
Simone Weil
20 décembre 2023
J'aurais voulu être un artiiiiiiiiiste...
13 décembre 2023
Parents pour toujours
"Lors de mon week-end chez Christiane, nous avions beaucoup échangé sur la complicité avec nos adultes-enfants, toujours nos enfants mais des adultes-enfants qui construisent leurs choix.
Et notre accompagnement évolue, se transforme, régresse parfois, l’adulte-enfant-petit refait surface, nous devenons « déchiffreurs » des bas bruits.
La position de parents, s’invente en permanence, se fourvoie aussi, c’est le rythme vivant."
Eric
Les adultes-enfants parfois, et nous comme déchiffreurs des bas bruits, j'adore les formulations d'Eric, dans lesquelles je me reconnais totalement.
08 décembre 2023
Ce qui vient au monde...
...pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience. - René Char.
Il y a les étudiants et puis, il y a les désormais jeunes adultes de notre entourage, nos enfants devenus grands. Je me rends compte que j'adore les échanges avec cette tranche d'âge, que je trouve toujours mutuellement enrichissants. Peut-être parce qu'une part de moi est indécrottablement dans ces questionnements existentiels de la vingtaine - le sens, la remise en question, la création, le désir d'une vie vivante - voir le post Rencontre - et qu'en même temps il y a un vrai bonheur aujourd'hui à garder une distance amusée et tranquille, la conscience de dimensions qui leur échappent encore, et j'espère, un peu plus de nuances, mais c'est joli d'avoir vingt ans et cette exigence, cette intransigeance parfois.
C'était un plaisir hier d'inviter mon filleul à la Manufacture, déjà pour partager avec lui ce lieu chaleureux que j'aime particulièrement, et de confirmer notre goût commun pour les conversations réelles. Nous avons causé bouquins, cinéma, philo, poésie, cuisine et bons vins, mêlé dans la même conversation René Char, les Lettres à un jeune poète, le musée d'Orsay, les YouTubeurs et We're not really strangers, et passé tous les deux, je crois ! une charmante soirée.
07 décembre 2023
Dans un souffle
Ce qui compte c’est le spirituel, et le spirituel c’est le noyau sauvage, la pudeur affolée dont les religions ne sont qu’une piètre traduction, un apprivoisement.
L’esprit c’est le vent, les rafales de vent sur les dunes des phrases des livres saints. La grande, l’unique liberté. On voit passer l’esprit dans les yeux en flammes de quelques gitans, de quelques poètes, de nombreuses personnes simples et ignorées du monde, dont le rayonnement dans l’invisible est plus fort que celui d’une étoile à son apogée...
Est spirituel ce qui, en nous, ne se suffit pas du monde, ne s'accommode d'aucun monde. C'est quand le spirituel s'affadit qu'il devient du «religieux».
Je n'aime pas ceux qui parlent de Dieu comme d'une valeur sûre. Je n'aime pas non plus ceux qui en parlent comme d'une infirmité de l'intelligence. Je n'aime pas ceux qui savent, j'aime ceux qui aiment.
Christian Bobin
Autoportrait au radiateur
04 décembre 2023
03 décembre 2023
L'amour a ses raisons
Je parlais à un ami de ma relation avec Samir, qui continue de nous surprendre l'un et l'autre - nous sommes tellement différents, avec des vies qui semblaient si peu faites pour se rencontrer, et nous avons de temps en temps je crois chacun des "moments d'étrangeté" face à l'autre - et puis j'ai dit - à ce jour, je me sens aimante et aimée, et cet ami a conclu : c'est l'essentiel, que demander de plus ? Et je suis d'accord. L'identité culturelle, les facilités matérielles, c'est sûr, ça aide, et ça ferait une vie tout à fait différente, mais ça ne suffit pas… et cette sensation de douceur et d'intelligence réciproques, elle ne s'achète pas, ni n'est garantie à terme par la proximité sociologique.
Donc - nous avons de la chance. Et peut-être plus en commun qu'il n'y paraît : la gentillesse, le respect, l'attention à l'autre, l'engagement inconditionnel pour nos enfants, l'habitude de nous débrouiller seuls, la sensibilité, la tendresse... et plus parce qu'affinités ;-). Deux des cinq langages de l'amour aussi, le service et le toucher (j'aime beaucoup cette théorie des langages de l'amour, que Halo m'a fait découvrir et que je transmets souvent à mes patients).
30 novembre 2023
Il était une fois
Peut-être tous les spectacles du Cirque du Soleil pourraient commencer comme cela - Il était une fois. Ce serait à chaque fois une histoire différente - il était une autre fois, mais ce serait toujours cet incroyable pouvoir de nous faire, à un moment, décoller du sol pour nous laisser émerveillés, bouche bée devant l'impossible - humains plus qu'humains et comme en apesanteur - un vélo volant, un acrobate sur rouleaux, d'accord, mais sur une balançoire ? La virtuosité technique disparaît derrière une poésie toujours renouvelée - une mer de nuages, des mains animées, un lion invisible, et j'en oublie. On aimerait imaginer le brain-storming qui précède la création de ces bijoux éphémères, ces rêves de gosse où tout est permis - machines volantes, dîner suspendu à quinze mètres du sol, homme-monde cachant dans son gros ventre une vraie petite personne. Pendant deux heures, j'ai retrouvé ce regard qu'on aimerait être celui de l'enfance - un émerveillement pur, un Oh ! sans réserves.
26 novembre 2023
Jour de fête
Une journée si simple et douce, juste tous les quatre - le plus beau des cadeaux d'anniversaire, être ensemble, tranquillement là les uns pour les autres. Partager un bon repas fait maison, une coupe de champagne, découvrir le cadeau des enfants, si LuLu à tous points de vue : trois places pour Starmania - un moment à partager plutôt qu'un objet matériel, pour un spectacle avec les chansons duquel ils ont grandi, et devant lequel je rêvais depuis sa reprise à la Seine Musicale l'année dernière.
De l'écoute, les nouvelles et les projets de chacun, le regard sur le monde de ces jeunes adultes, des câlins pour tous, un jeu, un peu de musique en fond sonore : un moment si chaleureux et lumineux que j'avais l'impression que nous étions au coin d'un feu de cheminée.
25 novembre 2023
23 novembre 2023
On the sunny side of the street
Ce n'est pas mon premier cours de danse - j'ai fait du modern jazz, de la danse orientale, du tango ; je suis généralement une élève lente, à la coordination motrice approximative, mais volontaire ; là je n'ai jamais été aussi enthousiaste ! Ça m'amuse, ça me fait bouger - indispensable quand on a les fesses vissées sur son fauteuil à longueur de temps, bref, ça m'enchante !
Donc - je me suis fait le meilleur cadeau d'anniversaire possible - hier je me suis offert deux heures de cours particulier à domicile avec Romain, notre prof de groupe, et c'était un super kif ! Déclic, progrès, j'ai plus avancé en deux heures qu'en un trimestre et surtout, j'en suis sortie avec une énergie incroyable, et l'envie de danser encore plus souvent. Trop bien !!! Comme dirait Romain.
19 novembre 2023
Il faudra que je me souvienne...
16 novembre 2023
Rencontre
Peut-être suis-je aussi d'autant plus touchée qu'une part de sa difficulté à vivre provient du fossé créé par l'incommunicabilité de son expérience de vie à des jeunes gens de son âge, lui qui a été confronté si intimement à la question de la maladie et de la mort dès ses premières années. Et qu'ici, dans ce lieu de passage, quelque chose peut en être dit. Même si, comme je l'ai lu quelques jours plus tard à propos d'un tout autre contexte "Ceux qui ont vécu (...) n'ont besoin d'aucune explication ; quant aux autres, ils ne peuvent ni comprendre ce que les survivants ont éprouvé alors, ni ce qu'ils éprouvent aujourd'hui."
13 novembre 2023
L'un ou l'autre ?
05 novembre 2023
Résurrection !
Comme cette étudiante en philo avec qui évoquer Dufourmantelle et son éloge du risque, les expériences spontanées de conscience élargie, la nécessité de s'ancrer dans le corps et dans le souffle pour ne pas trop partir dans une pensée désincarnée... Et puis il y a ceux qui reviennent de tellement loin et qui vont bien ou presque bien aujourd'hui, et qui sont un vibrant hommage à l'espoir et peut-être aussi au sens de ce travail - Maxime, Elsa, Lunia...
22 octobre 2023
Déjà 24 ans ?
21 octobre 2023
Ménoquoi ?
C'est idiot mais... jamais je n'avais envisagé l'arrivée de la ménopause comme une perspective inquiétante. Plus de règles, tant mieux, quelques bouffées de chaleur, so what ? Ce que je n'avais pas envisagé, c'est le sommeil en miettes, le (vrai) brouillard mental, les montagnes russes émotionnelles et même quelques douleurs aussi diverses qu'inhabituelles. Ni le coup de bambou de la confirmation médicale : ah oui, la chute hormonale a été aussi massive que rapide, pas étonnant que le corps et le cerveau rament sévèrement, il va falloir leur laisser un peu de temps pour s'adapter, là.
Bon. Dans les moments où je récupère quelques neurones et où je n'ai envie ni de pleurer ni d'incendier qui que ce soit, j'imagine que ça peut être une expérience, à observer avec curiosité...
Pour toi : prends le temps des décisions très importantes en te posant les bonnes questions pour ton avenir. Après 50 ans, il faut prendre un autre tournant...Même "si on ne paraît pas notre âge"...toutes et tous, on est à notre âge ! (...) La vie est une fleur... hé ! OUI ! Un chemin à effectuer, un carrefour qui arrive... tout simplement, il faut le franchir car à 50 ans, tout à coup... TOUT nous paraît très sérieux ! Le FUTUR t'appartient : tu sais ce que tu as, ce que tu peux supporter, le choix est à toi, tout simplement : A TOI.
YoYo
17 octobre 2023
Loopings
Ces jours-ci ressemblent aux suites de mon précédent Covid - épuisement constant, angoisse diffuse, sommeil fracassé, maux de tête récurrents, vagues de tristesse irrépressible - pas toujours sans raison, mais parfois, si. Il y a une citation qui me trotte dans la tête, je n'arrive pas à la reconstituer, mais c'était quelque chose comme "...ce n'était donc pas le gris qui changeait selon la lumière mais l'humeur du peintre...", et voilà, j'ai le regard gris ces temps-ci, un regard voilé, l'émotion à fleur de peau. Ce soir, j'ai allumé une petite bougie, offerte par YoYo pour mes 50 ans. Un besoin instinctif de chaleur et de lumière.
Il semblerait qu'il y ait peut-être une raison hormonale à tout cela, un virage un peu trop brutal pour que le corps s'adapte en douceur vers la ménopause - peut-être, mais peut-être pas seulement. C'est l'exact revers de la médaille du nouvel élan, une inquiétude, un découragement, un espace-temps qui favorise la lente remontée de ce que j'ai mis de côté pour continuer d'avancer toutes ces années. Des souvenirs, des images, des émotions ressurgissent, plus intacts que je ne l'aurais espéré. Notre inconscient sait, c'est fou : en écrivant ce billet, je prends soudain conscience de ceci : nous sommes le 17 octobre. Il y a quatre ans, Hugo décidait de quitter cette vie - la vague de chagrin, la petite bougie s'éclairent autrement...
Je me suis si souvent entendue le dire à l'un ou l'autre de mes patients - c'est parce que vous êtes maintenant en sécurité qu'il y a en vous la place pour laisser émerger ce qui demande encore à guérir.
(Et puis, en médecine chinoise, la ménopause est pensée comme un second printemps, l'ouverture d'un nouveau cycle).
16 octobre 2023
Sur le bout de la langue
J'aime bien quand au hasard des lectures il y a des phrases qui me sautent aux yeux, me parlent au cœur. Cette semaine, dans l'interview d'une jeune chanteuse neuroatypique : "Je n'en reviens pas de me rendre heureuse". J'adore. Et ça me parle. Cette stupéfaction d'une capacité de bonheur autonome.
Et puis, dans un cartel d'expo : "Chez les Dogons, le même mot signifie tisser et parler. Et dessiner revient à tisser les mots entre eux mais aussi les associations d'idées, les affects, les interrogations, avec les pleins et les vides que le tissage produit, en un "donner forme" original et aléatoire." (Une psy qui gribouille en séance sur les dossiers de ses patients) - Moi qui suis une inconditionnelle de la métaphore du lien, du tissage, de la reprise, cette polysémie m'enchante.
Et parfois ce sont les patients qui me les donnent, comme cet étudiant qui, après un riche échange sur les thématiques existentielles, m'a déclamé de mémoire les premiers paragraphes du texte de Stieg Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Un petit moment de grâce suspendu au-dessus de son désespoir. Il m'a signalé une version enregistrée par Les Têtes Raides du texte intégral, je l'ai dirigé vers Yalom en échange.
Ou cette autre, à qui un médecin étranger a demandé, après une série de malaises consécutifs au deuil récent de son père : c'est une "héritation" ? Oui, voilà, exactement : une héritation. La même s'était émue/amusée (émusée ?) d'une annonce RATP sur son trajet, signalant un ralentissement de la ligne pour cause de petit colis délaissé (le pauvre).
08 octobre 2023
Grand cru
Quand on se promène sur ce blog, il est facile de retrouver nos retrouvailles - ce petit groupe qui se balade en France une ou deux fois par an depuis une formation commune en 2006-2007. Avec ses invariants - les longues marches, les rires et les échanges tous azimuts, et ses variations - l'absence de l'une ou de l'autre, les aléas de nos vies, les lieux aussi - Bretagne, Jura, Drôme... et cette année, Bourgogne.
Mais ce que je garderai cette année, c'est l'émotion d'une dégustation de vins comme nous n'en aurons jamais dans un contexte commercial - faite par le père de mon amie Céline, vigneron à la retraite mais toujours passionné. Parce que le lieu - cette cave fraîche dans une maison bourguignonne, porteuse de l'histoire de plusieurs générations ; parce que le vin, un Pommard exceptionnel qui nous a fait remonter le temps jusqu'en 1991 ; mais surtout parce que l'homme, d'une simplicité et d'une générosité rare. Du genre à ne pas vendre une cuvée qu'il n'avait pas jugée suffisamment bonne. Mais à faire goûter et à offrir (il ne vend plus) des bouteilles qu'il apprécie toujours. Du genre à laisser une trace émue dans la mémoire d'anciens collaborateurs, longtemps après son départ. Du genre à raconter des histoires incroyables - comment le monde entier, USA, Japon, est venu à la rencontre de ce couple né dans ces côteaux et qui y vit toujours aujourd'hui. Un petit moment d'exception, où l'émotion vient aussi du plaisir à transmettre quelque chose du travail d'une vie, du regard de Céline sur ses parents à travers nos yeux - une fierté attendrie, ou une tendresse fière...
Une dégustation au coeur d'un week-end où l'hospitalité de Denise et Jean nous a enveloppés du début à la fin - maison accueillante, cuisine familiale, souci de l'autre - c'est comme si tout s'était aligné, la météo radieuse, les couleurs de la fin de l'été, et cette douceur tranquille dans nos liens - 2023 fut un grand cru.
29 septembre 2023
Câlin
On dit que “apapachar” (“cajoler”, dans son sens le plus proche en français) est l’un des mots les plus jolis qui existent et l’action qui consiste à “caresser avec l’âme” l’est encore plus.
Ce magnifique mot provient du mot nahuatl “apapachoa” (une langue indigène du Mexique) et a déjà fait le tour du monde. Le terme en nahualt n’a pas ce sens si émotionnel, mais celui celui qui est utilisé en espagnol (“apapachar”) a accentué l’aspect “caresse de l’âme”.
Un “apapacho” est plus qu’un câlin et qu’un bon moment, c’est plutôt une complicité, une rencontre émotionnelle, quelque chose qui va au-delà d’un simple contact affectueux. Peut-être que pour la plupart d’entre nous, caresser avec l’âme est très clair mais pour beaucoup, l’intensité est plus ou moins grande selon la culture ou la vision de la tendresse.
(Merci Guilou !)
27 septembre 2023
Se laisser surprendre
A force de ne voir que ce qui est recommandé-estampillé-validé par Télérama, le Monde ou France Inter, j'avais oublié ceci : le bonheur de se laisser surprendre. Ce soir j'ai vu quatre des films de fin d'études de la promo 2023 de la Femis, et je me suis laissée complètement embarquer dans ces courts ou moyens métrages, sans avoir la moindre idée de ce que j'allais voir ensuite. Un regard quasi-documentaire sur une traductrice de l'OFPRA, suivi d'une œuvre muette et kaléidoscopique - fragments de vie citadine ou champêtre, animaux, lumières, textures, suivie d'un improbable danseur dans une cabine de bateau pirate sur une mer déchaînée, suivi d'une fiction en noir et blanc sur un soldat déserteur de la guerre en Ukraine...
Le tout introduit par des étudiants débordant d'humour et de créativité, malgré la gravité des sujets traités. L'année prochaine, je poserais bien deux jours de congés pour assister à la totalité des projections - la vitalité tous azimuts, ce côté pochette surprise, c'était inspirant - un privilège inattendu de notre travail auprès des étudiants.
26 septembre 2023
Un coeur sans rempart ?
Et puis le lendemain, je suis tombée sur ce passage, dans ce livre si joliment nommé :
En notre milieu, ce fin fil de présence qui remue le coeur : touchons-le. Et faisons un pas. Sans le déchiffrer répondons simplement à ce frémissement, avec notre coeur qui tremble et ses allures de fleur. Un matin ou un soir, au milieu du jour allons, ouvrons une porte ou un jardin. Soyons simple, enfin.
24 septembre 2023
P'tit con, va !
Ce matin-là - exceptionnellement Samir et les jumeaux avaient tous les trois dormi à la maison - Naïm me demande à brûle-pourpoint : "Mais, d'habitude, ça ne te rend pas triste de prendre ton petit déjeuner toute seule ?"
Sur le moment, et dans la douceur de cette drôle de "vie de famille en pointillés", j'ai éclaté de rire. Possible qu'il y ait des jours où ça me donnerait plutôt envie de pleurer... s'il m'avait posé la question ce jour-là, je pense que j'aurais fondu en larmes.
Et en même temps, ces enfants-là aussi grandiront, et partiront, et ce sera le signe que le job est fait ; récemment, j'ai eu un coup de cœur pour une vignette qui disait "I'm not an empty nester, I'm a bird launcher" : je ne suis pas un nid vide, mais une lanceuse d'oiseaux.
Et en même temps, ce n'est pas comme si le quotidien partagé était toujours un chemin de roses, et il n'y a pas tant de vies de couple que je trouve enviables. La solitude à deux, sans même parler du conflit, peut être si dure...
Alors ? Alors je ne sais pas. Pour le moment tout est bien comme ça. Pour le moment. Et demain ? Demain sera un autre jour...
15 septembre 2023
Bibliophile et papivore
Après le temps des vacances, reviennent l'envie et l'amour de mon métier, cette curiosité insatiable pour l'être et ses méandres. Mais avec à nouveau l'envie et l'énergie d'écrire, de lire et de relire.
C'est fou, le plaisir que je retrouve à prendre le temps "d'écrire mes patients", que j'avais perdu quasi-complètement à l'époque du Covid, comme si le média téléphone nous désincarnait trop pour que j'aie encore cet élan après la séance : prendre des notes.
A lire, au hasard ou plutôt pas du tout au hasard - une piste suggérée en amène une autre, de nouveaux patients apparaissent qui viennent confirmer la nécessité d'approfondir telle ou telle de de ces thématiques (ça marche aussi avec les impasses des patients de longue date), les synchronicités s'accumulent et montrent la voie.
Et dans le nouveau je retrouve l'ancien - ces livres me renvoient à des lectures précédentes, que je relis autrement aujourd'hui, que je retrouve avec joie aussi. Comme si depuis mes débuts les ouvrages qui ont survécu à mes différents déménagements témoignaient d'une cohérence, d'un chemin de plus en plus plein.
Alors - prochaine étape, je vais proposer un partage de lectures à mes collègues, comme un rendez-vous à la fin de nos réunions - quelques minutes pour partager, prêter, recommander. Pour ne pas laisser dormir dans les bibliothèques de chacune les ouvrages qui pourraient stimuler la réflexion, tout en enrichissant nos liens (dis-moi ce que tu lis...). Des bouquins psy, mais pas seulement - tant la fiction aussi nourrit notre métier.
05 septembre 2023
Témoin
Pour des raisons autant personnelles que professionnelles, j'ai croisé nombre de psys dans ma vie. Mais avec cet homme, il y a une histoire particulière, une petite musique qui fait que je suis retournée lui parler à diverses époques de ma vie. Le première période date d'avant mon mariage ; il y en a eu une seconde dans les tumultes du Cifp ; une troisième longtemps après la séparation d'avec David, mais je n'arrive plus à la situer précisément dans le temps.
Certaines de ses phrases m'ont marquée, nourrissent la personne et la thérapeute que je suis, par exemple, celle-ci. Hier, je la devinais ; aujourd'hui, je la comprends. J'ai eu envie d'aller le lui dire, et de le remercier. Et de lui dire aussi - à ce jour je vais bien.
C'était émouvant de refaire ce trajet, de retrouver le lieu - et aussi cette qualité de silence, de présence. De constater que nos chemins d'être convergeaient - mais je pense que cela était écrit, d'une certaine façon, dès la première rencontre.
Il a été question d'une authenticité qui ne part plus de la blessure, des autres plans de la réalité (d'où est-ce que je parle, quand je parle ?), d'être dans notre métier des passeurs, qui doivent s'effacer. De notre incompréhension navrée devant les querelles de chapelle, de la multiplicité des chemins possibles pour accompagner l'humain. De la nécessité, maintenant que j'ai un "chez-moi-maison", d'avoir un "chez-moi-professionnel", idéalement dans un lieu mais d'abord intérieurement, comment trouver des moyens de soutenir l'ouverture de conscience de ces dernières années. De "garder ma lumière allumée", comme l'écrivait Loïc Lantoine.
03 septembre 2023
Un nouvel élan
Elsa et Léo ont pris leur envol, Samir va avoir plus que jamais besoin de se consacrer à son travail et à ses enfants ; alors bien sûr il y a des petits ou plus grands moments de vague à l'âme et d'anxiété. Mais aussi un souffle nouveau, un élan inespéré - l'envie de bousculer l'emploi du temps, de faire la tournée des copains, de danser (lindy hop et ecstatic), d'ouvrir la maison (HomeExchange, CouchSurfing, AirBnb), de me remettre à lire et à écrire sur le plan pro et sur le plan perso, dans la suite des vacances, et pourquoi pas plus de yoga, et pourquoi pas reprendre un chemin thérapeutique ou spirituel, et, et, et...
Ce grand élan joyeux, ce regain d'adolescence, cette re-décision d'être heureuse, curieuse, vivante, je me souviens les avoir déjà vécus à l'issue du divorce - notamment avec l'ouverture sur le monde - je viens d'envoyer une proposition d'hébergement CS à une Islandaise qui fait aussi de l'échange de maisons, ça fait rêver non ?
01 septembre 2023
Belle jeunesse
Amphi de rentrée à l'ENS, phrase attrapée au vol dans le couloir : "Mon but c'est de maximiser les chances de bonheur dans la société."







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