13 octobre 2012

Sillage

Pour moi qui rêvais de (re)prendre la barre de ma vie, avoir entre les mains celle d'un superbe voilier de 12 mètres a été une expérience magnifique - je ne compte plus le nombre de fois où j'ai soupiré "Mais quel bonheur !" - au cours de cette semaine. Partir au large en gardant les pieds sur terre, beau projet ;-)...

Je me suis entendue dire avant mon départ qu'être en bateau me faisait exactement le même effet qu'être amoureuse (sans les ennuis qui vont avec :-))) : plénitude, densité, confiance. C'est vrai - je suis radieuse sur les photos, et reviens à la terre ferme avec une sensation de sécurité intérieure retrouvée (au moins dans cet espace !).


D'autres bonheurs : dormir en bateau, le soleil qui se lève derrière la barre à roue, les échanges tous azimuts avec notre équipage et avec les autres bateaux, écouter chaque soir des histoires de mer - belles ou terribles, croiser la route de passionnés.

Des sensations aussi - à la gîte par force 6-7, assise à la proue, ou grimpée tout en haut du mât (commentaire de ma petite grand-mère, 87 ans : J'aurais adoré ça ! la même voudrait voler en parapente pour son 90ème anniversaire...)

Avoir gagné si incroyablement vite en autonomie, bonheur partagé par mes deux complices du stage Azur, Emilie et Max, rencontrer Charles, et Loli, et Damien, et Yves, notre moniteur - humanité, humour, fluidité - pour moi les rencontres humaines sont un bonheur à égalité avec la mer... Deux stages, deux séries de belles rencontres - bonne pioche ou vraie communauté d'esprit aux Glénans, malgré nos différences d’horizons et divergences d'opinions ? Les parcours de vie, les métiers, les voyages ne sont pas les mêmes - mais ils ne sont jamais banals...

Des voyageurs, des curieux de tout, des humains aptes à vivre ensemble dans un espace restreint tout en gardant une attention à l'autre, et... de bons vivants (apéritif chaque jour, confit de canard et quiches lorraines maison, huîtres le dernier soir).

Et l'idée que ce bateau magnifique est un peu à moi - à hauteur d'1/14 000ème, dixit l'un des moniteurs du bateau d'à côté, de retour d'une navigation hauturière - 1/14 000ème, ça suffit amplement à mon bonheur.


06 octobre 2012

Les jeunes filles aux cheveux blancs

Trois rôles de fille, cet automne. Trois personnages qu'on ne voit pas à l'écran dans une autre configuration que seuls, sans attaches. Mari, enfants, s'ils existent, sont loin sur la photo ou inaccessibles au téléphone. Ces trois personnages ont la fragilité et la liberté afférentes à l'état de jeune fille. Jeunes ? Oui, elles ont en commun de ne pas être capables de "faire dame", et cette incapacité n'a rien à voir avec leur état-civil. Comme de très jeunes filles, elles sont en rupture et elles ont la vie devant elles.
Interview Isabelle Huppert.

03 octobre 2012

Sélection naturelle

Elsa et Léo négocient âprement le partage du stock de billes de la maison - alors que Léo n'y joue plus depuis longtemps (mais, la loi de l'offre et de la demande...). Je lui fais remarquer qu'il est tout de même gonflé, et me vois gratifier de la théorie suivante : "Alors, en bas de l'échelle des billes, il y a les élèves, après il y a les bons joueurs, après il y a les arnaqueurs, et tout en haut, il y a les grands frères..."

Le lendemain, Elsa et moi croisons des musiciens ambulants qui interprètent la Paloma. "Moi j'aime bien les musiciens comme ça, me dit-elle, ça met du bonheur dans la rue..." (Ben, les p'tites soeurs, c'est quand même chouette aussi). 

29 septembre 2012

Deux minutes de soleil en plus

 









...le cadeau caché de la liberté, pouvoir dire oui à ce qui s'ouvre, à fortiori quand c'est offert avec le coeur, dans une intimité de longue date. Sans attentes, sans promesses, juste savourer l'instant. 

27 septembre 2012

Ombres et lumières


Entre les lignes, il y a aussi la solitude - relative, et bien réelle à la fois, la préparation d'une requête de divorce qui me donne à vivre cette sensation de défaire, seule, ce que j'ai bâti toute ma vie d'adulte durant, les inquiétudes matérielles majeures indissociables de cette démarche, et un constat triste : ce travail de deuil n'est pas incompatible avec la joie, il n'ôte rien à mon désir de vivre ; mais il est incompatible avec la capacité à me projeter dans un avenir à deux, à vivre autrement qu'instant après instant.

25 septembre 2012

Satisfecit

Elsa : Moi je trouve que j'ai de la chance, les autres mamans elles sont plutôt "Oh comment ma chérie tu n'as pas fait tes devoirs mais ça ne va pas du tout comment c'est possible..." et toi tu es plutôt une maman "Good time" - clin d'oeil à la chanson que nous écoutons en boucle actuellement, en dansant comme des folles dans le salon ou en nous habillant toutes les deux le matin (ce qui ne m'empêche pas de garder un oeil sur le cahier de textes, d'ailleurs). Eh bien, ça m'a fait TRES plaisir. 

Lapsus

Une patiente, ce matin : "Je voudrais avoir une machine à remonter le temps pour voir ce qui va se passer après." - c'est assez juste au demeurant, tant elle est prisonnière d'un passé qui n'en finit plus d'être présent. Un passé impossible et dont elle est pourtant nostalgique, parce qu'il était le temps de la non-responsabilité, un futur impensable parce que ce passé lui a si peu donné la possibilité d'obtenir les clés de sa propre vie...

19 septembre 2012

Les visiteurs du mercredi

Il est 11h, je décide qu'il est temps de sortir ma plus petite marmotte du lit :
- Il est l'or... Monsignore... il est temps de se lever, il est onze or...
- Il est l'or Monsignore, mais on est mercredor alors on dort ! me répond la Zaza de dessous sa couette.

Caustique Léo : Les profs de gym, ce qu'ils ont en plus, c'est des kilos, mais ce qu'ils ont en moins, c'est du cerveau !

Le même, que j'adore appeler encore mon bébé d'amooooour,  m'informe : "Il n'y a plus de bébé ici ! Ou alors... (montrant son front de pré-ado en bourgeon)...il a une méga varicelle !"

18 septembre 2012

Camille redouble


"Est-ce que c'est la vie qui abîme l'amour,
ou est-ce que l'amour a forcément une fin ..?"

17 septembre 2012

Ooops I did it again


Même (et peut-être surtout ?) si c'est déraisonnable à tous points de vue...
 j'ai re-signé. Et je repars en octobre.

"Le remède à tous maux est l'eau salée : la sueur, les larmes ou la mer."
Isak Dinesen (également connue sous le nom de... Karen Blixen).

09 septembre 2012

Entre les lignes


Un dîner express avec Theresa,
(échanger sur notre part de responsabilité dans la relation, et sur l'amitié qui ne doit pas toujours nous brosser dans le sens du poil, mais aussi nous rappeler à cela)
une après-midi hammam-jacuzzi, 
(conversation sur nos besoins de nomadisme et de sécurité, cette envie grandissante de prendre le large ; si j'avais un voeu à faire aujourd'hui, et un seul, est-ce que ce serait d'avoir un toit à moi, ou de pouvoir naviguer autour du monde ?)
un pique-nique "amis-voisins-parents" au petit parc,
(que les couples de jeunes parents que nous étions il y a peu sont loin maintenant... quatre familles, deux mamans solo, un père en passe de le devenir, le dernier rivé à la souffrance de sa compagne ; ce qui n'a pas empêché le pique-nique d'être fort joyeux)
accueillir une copine de Za pour la nuit,
(être incapable de les réprimander, trop attendrie par les rires étouffés tard dans la soirée)
écouter en boucle des mélodies pour teenagers
(mais pas du tout innocentes : voir ici et aussi)
buller au soleil à la piscine Joséphine-Baker avec mon "petit" frère,
(qui est désormais devenu un jeune adulte intéressant, et un oncle parisien pour Elsa et Léo)
un week-end à la campagne ou presque (avec Glee et Wii, tout de même),
(que du bonheur et de la gourmandise, et un ou deux passages nuageux, peut-être parce que David me manque davantage là qu'ailleurs)
découvrir qu'une milonga vient d'ouvrir à côté de la maison,
(esquisser quelques pas de tango avec le maître des lieux en sortant de supervision : un bonheur inattendu - y revenir quelques jours plus tard, pour danser une heure ou deux - finalement faire la fermeture)
recevoir la clé de mon bureau sur un campus mythique
(pile en phase avec mes envies d'ouverture sur le monde)
me régaler avec "Camille redouble"
(sa sensibilité à ce qui passe et ne reviendra plus, son appétit de vie...)
la vie est encore douce en ce temps de rentrée (et j'aime toujours à la lire entre les lignes).

07 septembre 2012

L'homme idéal 3.0


Un petit texte qui date de 2004... j'étais très en colère à ce qu'il semble :-). Aujourd'hui je reste probablement attirée par les mêmes... en mieux ! Avec un peu  plus de distance, de souplesse, et d'humour, avec infiniment de tendresse aussi, pour l’autre et pour moi-même (à la relecture, il me semble qu'il y a quelques points par lesquels je pourrais me sentir concernée...)

Il est fragile, fragile, fragile… mais ne le montre pas (éventuellement n’en est pas conscient lui-même), ou bien le laisse subtilement deviner.

Qu’il soit fort en apparence, grognon au cœur tendre, ou grand blessé dissimulé dans un éclat de rire, il est fragile…

…et donne à qui veut la cultiver cette complète mais captivante illusion : être celle-qui-guérit, celle qui comprend, celle qui protège (variantes : celle avec qui ce sera différent, ou encore : celle qui saura l’émouvoir).

Sa fragilité (plus ou moins supposée) lui vaut toutes les indulgences : grossièreté, lâcheté, brutalité, négligence, goujaterie avérée, tout – ou presque – peut lui être pardonné. Bien mieux que cela : il n’en sera que plus aimé lorsqu’il fera patte de velours.

C’est un « bourreau des cœurs » : de ceux qui savent, au moins par instants, et parfois davantage, donner l’impression d’être unique, accueillie, écoutée, ou bien regardée comme jamais auparavant - devinée.

Il pose volontiers à l’homme idéal, invite l’autre à prendre également cette place ; il est bien entendu toujours déçu, nécessairement décevant.

Il n’est guère à l’aise avec les femmes, ni au clair avec sa propre sexualité ; quand bien même il serait convaincu du contraire, et persuasif…

Il caresse de grands rêves (mais se donne rarement les moyens de les réaliser), peut présenter diverses formes du syndrome de l’artiste maudit (velléités créatives de tous ordres, discours rebelle), ne dédaigne pas les conduites à risques et les transgressions plus ou moins mineures.

Il se caractérise par son immaturité affective, son incapacité à s’engager, et d’une façon générale, sa difficulté à faire des choix, ainsi qu’à les argumenter et à les maintenir.

Il se met aussi répétitivement qu’inconsciemment en situation de faire souffrir l’autre, idéalement les autres, et d’être malmené en retour… ce qui lui laisse le bénéfice supplémentaire de se poser en victime, tout en justifiant son agressivité.

Il est intelligent, manipulateur, volontiers cynique, mais non dépourvu pour autant de naïveté.

Il peut être à l’aise avec la parole… aussi longtemps qu’elle ne l’engage pas personnellement, ou tout au moins qu’elle ne l’amène pas à la confrontation. Si celle-ci s’impose à lui, il prend la fuite. Le silence lui va bien ; il accroît son mystère…

Il s’autorise parfois un bref retour, le temps de vérifier qu’il est toujours adulé… et disparaît à nouveau lorsqu’il en est convaincu.

Il est nécessairement inaccessible (surbooké professionnellement, marié, homosexuel… toutes les variantes sont possibles).

Bref, il est… irrésistible.

01 septembre 2012

Voulez-vous ..?





Peut-être parce qu'il ne faut pas laisser perdre une occasion de faire la fête, ni une occasion de dire à ceux qu'on aime qu'on les aime, peut-être parce qu'il faut des rites, comme dit le Renard du Petit Prince, nous avons conspiré quelques semaines à l'organisation d'un Ahurissant ABBA Anniversaire-surprise... (et nous avons je crois Amplement mérité notre triple A - un peu d'Auto-satisfaction - ainsi que d'Auto-dérision..? - ça ne fait pas de mal, de temps en temps). Le lieu (la boîte privée d'une invraisemblable villa californienne dans l'Essonne), les amis (venus de loin parfois, dans l'espace ou dans le temps), le champagne, la danse, nos mômes fous de joie... et, last but not least, les costumes - mais pourquoi je ne peux pas être habillée comme ça tout le temps ???

Entre les lignes il y a - nos histoires de vie à tous, et leurs lignes de fracture ; ces amis de longue date, témoins des joies et des peines, ceux qui ne sont plus là, et ceux qui sont là autrement... il ne s'agit pas de gommer les failles, mais de célébrer la vie. Je me réjouis que mes enfants soient en contact avec notre famille de coeur, m'aient vu danser avec leur père, intègrent la possibilité de faire vraiment la fête tout en restant sur un mode sain et safe... Et si les bleus au coeur n'ont pas manqué ces derniers temps, je suis heureuse d'avoir retrouvé intacte ma joie de danser.


27 août 2012

Baby or not baby

Les retours de vacances au Planning familial, ce sont aussi invariablement les entretiens pré-IVG qui se multiplient ; je plaisante parfois sur les retombées prévisibles des amours de vacances, mais je sais que la vérité est ailleurs - dans la singularité de chaque histoire.

Dans les arrêts de contraception sauvages qui se cachent parfois derrière un soi-disant avis médical, une contre-indication imaginaire ; dans l'ambivalence par rapport à un désir de grossesse plus ou moins identifié qui amène à refuser toutes les options disponibles ; dans les aléas des relations humaines et de la question de la perte - il y a tant de grossesses dites accidentelles qui surviennent dans des contextes de rupture imminente ou effective, de deuils symboliques ou réels...

Dans cette seule semaine, j'ai vu deux copines adolescentes venues réclamer "un test de fertilité" - paradoxalement inquiètes que leurs prises de risques n'aient pas porté leurs fruits. Contraception renégociée pour l'une, mais je n'exclus que pas que l'autre aie besoin de se confronter à la réalité d'une grossesse "pour (sa)voir"... (et quelle sera alors la part de leur lien, dans cette course à la maternité ?)

Une étudiante enceinte essentiellement préoccupée de ne pas avoir à annuler sa fête d'anniversaire à cause de ses démarches IVG - j'ai appris à ne pas bousculer cette légèreté apparente...

Et cette très jeune femme, venue avec un enfant de dix-huit mois probablement non désiré également, relation mère-enfant manifestement pathologique, et qui m'a littéralement claqué la porte au nez quand je lui ai expliqué que non, nous ne la laisserions pas avorter seule, chez elle, avec ce premier enfant pour seule compagnie. Je la crois, lorsqu'elle nomme son isolement absolu et sa précarité ; mais je m'interroge sur ce "non-choix" délirant, trouver des solutions pour que son enfant soit accueilli le temps d'une matinée d'hospitalisation, ou garder cette nouvelle grossesse - qu'elle n'a par ailleurs rien fait pour éviter. Nous aurions pu trouver des solutions ensemble, si elle n'avait pas préféré me faire porter la responsabilité de l'abandon de son projet d'IVG - évidemment la question n'est pas là, mais sans doute adressée au père de l'enfant, et derrière lui, à quelle autre figure ?

PS : Elle est revenue... elle s'est apaisée. Et organisée. 

J'ai aussi revu, plus d'un an après, cette autre qui s'est à nouveau mise en situation de... ne pas choisir l'enfant en elle - même inconscience manifeste, même inconscient en oeuvre ; une histoire bouleversante - celle d'une impossible séparation, dé-confusion d'avec une inconsolable figure maternelle, qu'il lui aura donc fallu remettre en scène... La grossesse est survenue dans un temps où elle avait brièvement quitté le domicile familial suite à de nouveaux et violents conflits - un temps de rupture, donc.

Cette jeune fille faussement mûrie, infiniment fragile, et pour qui les adultes semblent si peu un recours, je suis touchée qu'elle ait repris rendez-vous - (je suis revenue, parce que je savais que c'était vous, a-t-elle dit) - dans l'espoir de pouvoir reprendre et peut-être cette fois transformer ce lien mortifère dans lequel elle est prise ?

25 août 2012

Un Américain à Paris


Drôle d'expérience parfois que cette intimité subite consécutive à l'accueil des CouchSurfeurs - un(e) inconnu(e) partage votre salle de bains et vos petits déjeuners... et pourtant à ce jour, il n'y aura eu que de "bonnes pioches" ! Le dernier en date, un New-Yorkais professeur de littérature de retour d'un long séjour en Inde, avec qui échanger sur les choix de vie (something about vanilla and chocolate ;-))), les livres, le cinéma, les relations hommes-femmes, les nuances de chaque langue et les décalages culturels.

Je l'ai entraîné voir l'expo Wolinski à la BnF - un petit échantillon de l'esprit français des années 70 (que j'ai trouvé incroyablement trash pour certains dessins, et que lui a très justement rapproché de Robert Crumb), il m'a fait découvrir La Dame de Shangaï dans un petit ciné du quartier latin et redonné envie de lire Kerouac : un échange de bons procédés, donc... Sur le chemin du retour, nous avons croisé des passionnés d'histoire en uniformes (français) avec leurs jeeps américaines, anniversaire de la Libération de Paris oblige - drôle de coïncidence, j'attends avec impatience la photo de nous prise dans un side-car d'époque.

Vu aussi cette semaine : un petit moment de poésie à la gare Montparnasse, deux cantatrices et un piano au beau milieu des voyageurs pressés, Du vent dans mes mollets, petit film tendre et corrosif sur les années 80, et l'expo Alice Springs à la Maison Européenne de la Photographie - somptueux portraits en noir et blanc, chargés d'humanité.

17 août 2012

Marine

...c'est le prénom que je rêvais de porter quand j'étais enfant, c'est aussi une mythologie dans lequel mon grand-père maternel m'a fait baigner, lui qui n'a pourtant été marin que le temps de ses années de guerre. C'est une affinité inexplicable, un souvenir indélébile, et, ces temps-ci, une évidence : mettre les voiles, être seule à la barre, que pourrais-je rêver de mieux à ce jour ?


L'école de voile des Glénans, on en retrouve aussi la trace dans mon histoire familiale, amicale, et amoureuse... La question s'est posée pour cet été - repartir accompagnée, ou apprendre à être autonome ? J'ai choisi l'autonomie (enfin, la première marche :-) - un B.A. BA...). Et je ne l'ai pas regretté.

Petit best of : des monos passionnés et munis d'un solide sens de l'humour (il valait mieux !), un bon fou-rire après deux remarquables hommes à la mer, une progression nettement plus rapide que ce que j'avais imaginé (finalement, cata, dériveur et char à voile m'ont laissé quelques souvenirs), des baignades au mouillage, danser le rock pieds nus sous les pins et la valse dans la cuisine en fin de bordée, de belles complicités dans un groupe dont les âges s'échelonnaient entre 18 et... 57 ans, dormir à la belle étoile (filante !) sur le trampoline des catamarans, rêver en les voyant filer comme de grands oiseaux sur l'étang, une mini-régate par... non-vent il faut bien le reconnaître (nous avons sérieusement envisagé la propulsion avec des palmes ;-))), de jolies rencontres (dans l'esprit de mes CouchSurfeurs : des voyageurs dans l'âme, des humains qui voient la vie autrement...), une vie (très) collective qui pour moi n'est pas un poids mais un plus ! Préparer un risotto pour 25, je n'avais encore jamais fait... mais j'aime beaucoup cette idée d'une co-responsabilité, pour le quotidien, le matériel ou la sécurité des uns et des autres. Bref, suis arrivée déjà séduite et repartie absolument conquise - et je n'ai plus qu'une envie, celle de mettre à nouveau les voiles...

...

 Je t'ai croisé quand je cherchais un homme à pleurer
Comme on ne pleure qu'en rêve
Une douleur lumineuse, la perte d'un possible resté intact
Hors de l'usure du temps et de la réalité du monde
- la perte de celui-là qui était autrefois un homme à venir
De celui qui serait le compagnon d'une vie
Et le père des enfants que je n'avais pas encore ?

Je t'ai croisé quand je cherchais un homme à vouloir
Comme on ne désire qu'en rêve
Ou peut-être au seuil de l'adolescence
Une obsession douce, un délire à bas bruit
Qui soudain prendrait corps et visage
Pour y déposer quelque chose de plus grand que lui-même
Un désir comme une délicieuse douleur
Qui laisserait au ventre une brûlure insatiable
Mais rendrait à une imprévisible virginité

Je t'ai croisé quand je cherchais un homme à guérir
Comme on ne peut guérir qu'en rêve
Parce que c'est toujours la faille en l'autre qui m'appelle
Même et surtout lorsqu'il l'ignore
Et parce qu'il me fallait aussi traverser
Pour me remettre au monde
Accepter de recevoir et de laisser partir
Dans le même mouvement
Ne rien garder que la vie, et remercier

Je t'ai croisé quand je cherchais un homme à aimer
Comme on ne peut aimer qu'en rêve
Celui qui me désarmerait sans un geste
Et me rendrait à la nudité de l'enfance
Enchanteur malgré lui, féroce à son insu
Inconscient pas de deux...
Un homme du passage, qui me tendrait la main
Mais pour mieux disparaître - une étoile filante.

A toi, à moi et à toutes les autres !


Les miss Mojito

Mères et femmes éternelles, un vent de liberté souffle sur nos têtes - funambules aux racines profondes, équilibristes tissant milles filets invisibles, attentives, soucieuses... Libres comme l'air et liées pourtant. Faut-il se sentir aimée,  pour voler sans oublier la terre, ne pas perdre les sens, le haut et le bas, upside down. Ne pas foncer dans le soleil... 
Lalie
Les oiseaux ont eux aussi le vertige (Camille).

11 août 2012

Du vent dans mes voiles


Cette semaine, je serai LA.

07 août 2012

Quelques sources d'inspiration



Here's to the crazy ones, the misfits, the rebels, the troublemakers, the round pegs in the square holes... the ones who see things differently -- they're not fond of rules... You can quote them, disagree with them, glorify or vilify them, but the only thing you can't do is ignore them because they change things... they push the human race forward, and while some may see them as the crazy ones, we see genius, because the ones who are crazy enough to think that they can change the world, are the ones who do.



What is a journey ? A journey is not a trip.It is not a vacation. It's a process. A discovery. A process of self-discovery. A journey brings us face to face with ourselves. A journeys shows us not only the world, but how we fit in. Does the person create the journey, or does the journey create the person ? The journey is life itself. Where will life take you ? 

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Lorsque vous contestez la réalité, vous perdez. Mais seulement à 100%.
Soit vous croyez vos pensées, soit vous les questionnez. Il n'y a pas d'autre choix. 
Le pardon c'est réaliser que ce que nous pensions être arrivé, ne l'est pas. 
Comment puis-je savoir que je n'ai pas besoin de ce que je veux ? Je ne l'ai pas. 
Je ne lâche pas mes concepts - je les questionne. Ensuite ce sont eux qui me lâchent.
La réalité est toujours plus bienveillante que l'histoire que nous nous racontons à son sujet.
Si j'avais une prière, ce serait : "Dieu, libère-moi du désir d'amour, d'approbation et d'appréciation,  Amen."

Byron Katie

05 août 2012

Love at first sight

En m'inscrivant sur CS, j'espérais à la fois faire de belles rencontres et mettre en oeuvre les valeurs d'accueil et d'échange qui sont les miennes (et mon intime conviction que 1. plus l'on donne, et plus l'on reçoit et 2. prendre le risque de faire confiance, c'est essentiellement prendre le risque d'être heureux, et stupéfait que la vie et les êtres soient si simplement généreux). Ce que j'espérais aussi, c'est que ces rencontres soient inspirantes, viennent nourrir ma capacité d'imaginer une vie différente, ouverte à tous les possibles.

Ma dernière expérience... est juste au-delà de mes rêves. Une fantastique famille de l'Arizona voyageant pour un an autour du monde, ouverte, chaleureuse - je dois dire que j'ai eu une espèce de coup de foudre pour toute la famille et notamment pour Bridget - thérapeute transpersonnelle et femme solaire. Nous avons eu de très beaux échanges, et voir comment nos enfants ont trouvé des moyens de partager au-delà de la barrière de la langue a été un pur bonheur... voir Elsa expérimenter l'acro yoga aussi.

Je les ai emmenés voir les Nymphéas à l'Orangerie, nous sommes restés dans la continuité de cette expérience contemplative et poétique avec l'exposition "Vu de ma fenêtre" d'Ahae - incroyable travail de deux années dans une démarche assez proche celle de Monet - changements de saison et de lumière, attention aux détails et à la nature - scénographie apaisante, un peu comme une balade dans un livre de haïkus. Les enfants s'en sont aussi donné à coeur joie dans les manèges des Tuileries...



Le lendemain, j'ai fait découvrir à Bridget la Grande Bibliothèque, la passerelle Simone de Beauvoir et le parc de Bercy - l'occasion de nouveaux échanges à coeur ouvert (sur la colère, sur les croyances - quelques pistes ici). Peut-être ce que j'en retiens de plus important est son invitation, après tout ces mois durant lesquels j'ai avancé sans reprendre mon souffle, à réapprendre à recevoir, baisser ma garde, accepter ma propre fragilité...


30 juillet 2012

El ultìmo dìa

 


Pour terminer en beauté, nous avons quitté la ville et pris le train pour Sitges, délicieuse petite station balnéaire branchée, festive et gay-friendly - je ne suis jamais allée à Ibiza mais j'imagine l'ambiance un peu comme ça... à l'arrivée, un petit bar à tapas (recommandation du Routard, qui ne nous aura donné que des bons conseils), arrosés d'un verre de Rioja, et  une magnifique journée sur une vraie plage aux eaux transparentes.

Les enfants s'en sont donné à coeur joie, et nous sommes restés pour pique-niquer sur le sable à la nuit tombante - l'occasion de leur faire découvrir que ces baignades-là, quand la plage se vide, que l'eau est tiède et que le ciel vire au violet - avec le soleil qui descend et la lune qui apparaît - ont un charme fou. Un moment de pur bonheur, où j'ai oublié tout ce qui n'était pas l'instant présent - un temps de plénitude. Nous sommes rentrés tard, épuisés, et heureux.

29 juillet 2012

Barcelona sì !

C'est une de mes grandes fiertés de l'année - moi qui appréhendais ce premier été seule avec les enfants et plus les mêmes moyens - leur offrir tout de même deux semaines de rêve - un immense appartement en plein coeur de Barcelone, la plage au bout de notre ligne de bus et toute la vie culturelle de la ville accessible à pied. Pour le prix des billets d'avion, et c'est tout - merci encore à cette merveilleuse idée qu'est le troc de maisons.

Nous avons poursuivi notre parcours Gaudì entamé il y a deux ans avec la Casà Battlò, à travers la Sagrada Familia et la Pedrera, ainsi que le Parc Güell.Visité la fondation Mirò et le Musèu de la Xocolata, les parcs de la Ciutadella et de Montjuïc (en prenant le funiculaire pour monter jusqu'au fort, et en redescendant par les jardins), admiré le son et lumière des  Fonts Magicà (voir ci-dessous). Profité des plages presque chaque jour, et passé deux jours dans un parc aquatique extérieur à côté duquel notre Aquaboulevard aurait presque l'air d'une piscine municipale. Vu les danseurs de sardane devant la cathédrale, et fait quelques emplettes au marché aux timbres et aux monnaies Plaça Reial. Et, bien sûr, nous nous sommes perdus des dizaines de fois dans les ruelles du Barrì Gotic, du Born et du Raval.

Le plus précieux, nous ne l'avons pas trouvé dans notre inséparable Routard, mais dans les interstices, dans l'imprévu, dans les à-côtés.

Observer, dix fois, vingt fois par jour, la complicité des enfants, leur joie dans les vagues, dans les rues, dans les parcs. 

Savourer de vrais temps d'intimité avec chacun au moment du coucher, une qualité de parole qu'il faudrait cultiver de retour à Paris, malgré la fatigue et la disponibilité forcément moindre... Mes moments préférés, peut-être.

Déguster des bières au bien-nommé Belchica, point de rencontre de Couch-Surfeurs francophones juste sous nos fenêtres. 

Me lever tôt et lire dans le jardin d'hiver - élu pièce favorite de toute la famille - Just Kids, de Patti Smith, qui m'a beaucoup touchée alors que je ne connaissais rien de son univers - ai regardé un peu le travail de Mapplethorpe depuis, et le Club des incorrigibles optimistes, bon roman d'été mais pas inoubliable malgré son excellent titre !

Déjeuner chez un adorable couple italo-belge rencontré aussi sur CS - globe-trotters aussi - j'adore que les enfants soient en contact avec des humains curieux, ouverts et voyageurs... et leur transmettre implicitement le message que tous les choix de vie sont possibles.

Les voir suivre consciencieusement les explications de l'audioguide et en redemander. Leur donner un maximum de clés historiques et culturelles - quand je les avais ! M'étonner silencieusement que jamais ils n'aient protesté à propos des visites ou de la marche (et nous avons beaucoup crapahuté). Sourire. Des années de boulot ;-), pour ce bonheur : aujourd'hui cela va de soi.

Leur faire découvrir Skype pour la première fois (la claque !) et bavarder avec Ghislaine au Mexique et Tokunbo en Norvège - magique !

M'ouvrir une bière fraîche laissée à cette intention par Ronan venu nous rejoindre un week-end.

Entendre Elsa dire, Maman, c'est comme une machine à chansons, il suffit que tu chantes le début et hop, elle continue... (et chanter en choeur - Dalida, des chansons de Disney, Piaf, Jamait, la Grande Sophie, ABBA... et même Sexion d'assaut !!!)

Rédiger ce billet avec un *** de clavier espagnol qui transforme mes a en q, ne connaît pas les accents mais veut bien des ò et des ì ainsi que des ñ... ce qui fait finalement partie du plaisir ! 

Nous sommes à deux jours de la fin. Et je crois que je peux dire que j'ai gagné mon pari.

14 juillet 2012

Comme une grande

Suis fatiguée, il pleut une heure sur deux, personne n'a envie de venir avec moi, tant pis ! Un concert gratuit de Juliette, ça ne se refuse pas. Et puis c'est fête aujourd'hui, que diable ! (et le Diable est une femme, c'est elle qui le dit). Bien m'en a pris : je me suis régalée. J'avais oublié à quels point ses textes sont de petits bijoux - et babioles ! -  (une des rares en chanson française, aujourd'hui : élégance de l'écriture, humour, mélancolie du clown qui affleure parfois), et surtout, à quel point c'est une énoooorme bête de scène qui ne boude pas son plaisir et le partage... généreusement.


Soledad me parle


...et pas seulement à travers la série des Paresseuses, ou de la dernière page de mon ELLE... ;-)

13 juillet 2012

Trésors

Savourer pêches jaunes et brugnons. Humer dans les rues parisiennes (mais si...) l'odeur de la lavande et celle du chèvrefeuille. Me coucher trop souvent trop tard - parce que je suis presque en vacances. Partager l'humour noir et tendre du film de Podalydès, Adieu Berthe. Bavarder chanson française avec de charmants Canadiens (connaisseurs d'Anne Sylvestre !) au Limonaire. Envoyer un mail de réclamations bien senti ! Terminer la soirée chez Ranis, star et pizzaiolo du quartier, avec des amis d'amis. Découvrir qu'un nouveau fleuriste-café-mini-marché bio vient d'ouvrir au coin de la rue (le QG bobo qui nous manquait) et repartir avec une botte de roses odorantes mêlées à des tiges de menthe. Délirer jusqu'à pas d'heure sur les noms à donner à un lapin : Salinge, Sanrire, Tade, Ture, Dicite, Polaise, etc... Choisir les bouquins de l'été - Le club des incorrigibles optimistes (!) et Just kids pour moi, Hypérion pour Léo, Deux pour une et Sacrées sorcières pour Elsa. Peut-être l'un et l'autre essaieront aussi L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux... Préparer des surprises minuscules pour le retour des enfants. Et notre départ à Barcelone, la semaine prochaine, grâce à l'échange de maisons. Attribuer le prix du film le plus délicieux de l'année à l'inénarrable Starbuck. Décider d'apprendre à naviguer seule, et pas seulement au sens figuré. 

06 juillet 2012

Cantique

Heureuse comme tout, heureuse malgré tout
Heureuse, heureuse, heureuse
Il le faut, je le veux... (...)
Heureuse d'avoir enfin une part
De ciel, d'amour, de joie (...)

Heureuse demain, heureuse de tout et de rien (...)

Edith Piaf

Il faut l'entendre, elle est là, elle est juste magnifique. Si j'ai retiré la suite, c'est que Piaf n'est pas vraiment l'héroïne du bonheur dans l'indépendance... ce qui me la rend à la fois si proche (je l'écoute en boucle en ce moment, parce que je me reconnais dans cette femme dont la seule grande affaire est l'amour) et là, différente - parce que mon enjeu à ce jour est de trouver déjà cela, seule :

Heureuse comme tout, heureuse n'importe où,
Heureuse, heureuse, heureuse,
Il le faut, je le veux...

05 juillet 2012

Sablier

Aujourd'hui il n'est pas déraisonnable de penser qu'on peut être productif jusqu'à 70 ans, voire plus selon ses activités. Si vous avez 40 ans et que votre vie productive s'étale de 20 à 70 ans, il vous reste 30 ans soit 60% de votre temps de productivité ! (...) Cette méthode de calcul a été conçue (...) pour montrer que nous avons plus de temps que nous le croyons pour nous lancer dans ce que nous avons toujours voulu faire et qu'être trop vieux n'est pas une bonne excuse. Quand on réfléchit sur le long terme, les obstacles et les difficultés prennent une autre dimension. (...) Dix ans, c'est le temps qu'il faut pour être expert dans un domaine. Nous souhaitons tous progresser aussi vite que possible, mais les modèles de succès rapide que nous avons à l'esprit sabotent nos chances réelles, car nous oublions le temps de gestation entre une idée initiale et sa réalisation. (...) Le temps est souvent une excuse pour ne rien faire ou ne pas prendre de risques. Je propose de cesser d'envisager le temps comme un obstacle et de le voir plutôt comme un ingrédient nécessaire à la réussite de nos projets. 
Tom Butler-Bowdon

03 juillet 2012

Fashion fauchée

Plus fort que les soldes ou que le très bobo Merci voisin, la boutique Bis du Secours Catholique : les donneurs vident leurs armoires pour une bonne cause, les vêtements ont une seconde vie, les vendeurs et les responsables du tri sont tous en contrat de réinsertion, et les acheteurs sont ravis par une vraie sélection de vêtements impeccables et rangés par forme et par couleur - l'anti-Guerrisol (des heures de farfouille dans des tas de chiffons parfois douteux). Bilan de la première descente (réassort tous les deux jours) : un petit haut Comptoir des Cotonniers, une tunique Sandro, une robe combinaison Tara Jarmon, un jean See by Chloé, l'addition s'il vous plaît ? 51 euros. Il y a aussi des vêtements homme et enfant, et de jolis sacs en très bon état... et l'accueil est sympa.

29 juin 2012

Au commencement était...

...la Boîte à Bonheur, pré-blog qui se voulait un exercice du regard, trouver dans chaque jour vécu au moins un instant, minuscule ou décisif, qui soit le sel de la vie, comme l'écrit si joliment Françoise Héritier. Partant de la lettre d'un ami qui lui parle d'une "semaine volée", elle s'interroge : "Qui vole quoi ? Vole-t-il donc un peu de répit à un monde auquel il devrait tout ou au contraire ne se laisse-t-il pas déposséder de sa vie par cet entourage dévorant, par ce travail trépidant, ces responsabilités multiples accablantes ? Nous lui volons sa vie. Il Il vole lui-même sa propre vie. J'ai alors commencé à lui répondre en ce sens : vous escamotez chaque jour ce qui fait le sel de la vie (...) et me suis interrogée sérieusement sur ce qui fait, a fait et fera, j'en suis certaine, le sel de la mienne."


Ces jours, ce qui a fait le sel de ma vie, c'est justement ce livre envoyée par une amie, cette lettre d'espoir affectueusement transmise par une autre (merveilleuse idée : je t'envoie une lettre écrite par une autre femme,  que tu ne connais pas mais qui a parcouru un chemin semblable au tien), c'est le spectacle de fin d'année en danse orientale et cette nouvelle marche franchie par la femme qui croyait ne pas savoir danser. Ce sont les Solidays, l'émotion au concert de Debout sur le Zinc et la belle énergie d'Izia, mais au-delà, le soleil descendant sur un festival incroyablement bon enfant : ni violence, ni alcool, ni dégradations, un côté peace and love, même pour les concerts plus rock. Un dimanche câlin et paresseux. La création d'une boîte e-mail pour ma Zaza qui décidément grandit, une ceinture verte pour mon Léo, à qui nous avons terminé de faire une chambre de grand, ensemble. Une jolie rencontre via Couch Surfing, d'un lumineux African Columbian Norwegian Rastaman - qui a donné aux enfants sous le charme leur première leçon de reggae, et qui m'a rappelé celle-ci, que j'ai tendance à oublier ces jours : "It's not about to think, but about to feel". Thank you Tok ;-).

21 juin 2012

Quo vadis ?

Je ne l'ai pas encore ouvert - cette année, où m'emmènera-t-elle ? 

17 juin 2012

Au choeur

Il y a peut-être cinq ou six ans, je faisais partie d'une chorale de Gospel - pour mon plus grand bonheur. Je n'en ai plus le temps pour le moment, mais j'ai eu un plaisir fou à les rejoindre le temps de deux chants pour les 20 ans de Voice of Freedom, suite  à l'invitation du chef de choeur en direction de tous les anciens. Je ne sais pas ce que j'adore le plus - ce répertoire qui me donne le frisson, insuffle une formidable, irrésistible JOIE, la façon dont Marc en fait un espace d'humanité collective - dans cette invitation des anciens, mais aussi dans sa façon d'inclure le public dans cette commune célébration, jusqu'à le faire encercler par les choristes sur certains chants, et dans la participation active à laquelle il l'invite, ou ce que je ressens de porteur de guérison - je ne vois pas de meilleur mot - dans cette puissance vocale, harmonique, humaine et spirituelle à la fois (deux nouveaux chants africains, fabuleux). Avoir le privilège de me retrouver par deux fois au coeur du choeur, durant ce concert, a été un formidable cadeau, dans ces temps difficiles. Merci !

The storm is passing over, Hallelujah...

16 juin 2012

Humanité

Derrière la colère, une douleur infinie, quasi constante, saturée d'enfance et de solitude - celle aussi d'un amour et d'un espoir contre toute évidence encore vivants mais si fragiles, mais non reçus, la main qui se tend et retombe faute d'être saisie. Un poignard au coeur qui a pour nom irremplaçable, l'angoisse au ventre face à une précarité qui ne s'annonce pas qu'affective, une rage d'animal blessé, qui menace jusqu'à ceux que j'aime. C'est juste trop... 

Trop de courir derrière de nouveaux projets, sans lesquels mes revenus chuteront de moitié avant même le divorce et les conséquences que l'on sait ; trop d'accueillir jour après jour la misère de patients pour lesquels il me faut en temps normal le meilleur de mon énergie ; trop de garder le sourire pour les enfants et de leur proposer autant que possible de jolis moments de tous ordres. Je fais pourtant tout cela - quel autre choix ?

Je croyais que Paris était une ville où on peut crever la gueule ouverte. Hier, je sanglotais dans ma rue appuyée contre un mur - prise de vertige, j'avais la sensation de ne plus tenir sur mes jambes - en quelques minutes, pas moins de quatre personnes sont venues vers moi, ont proposé leur aide, un mouchoir, un numéro de téléphone, quelques mots d’encouragement... un peu de douceur dans un temps d'une incroyable brutalité.

12 juin 2012

Trop vert

Texto de Léo : La prof d'allemand a dit, vous allez mûrir. Je suis trop jeune pour mûrir...

08 juin 2012

Rendez-vous

Chaque année (la précédente, c'était là), nous nous retrouvons à 7 ou 8 - un petit groupe qui chemine ;-) - c'est un peu vrai, je nous vois comme des marcheurs sur des routes différentes, mais qui se croisent une fois l'an pour dire les joies et les peines, échanger tous azimuts bonnes idées et galères, les histoires de vie se mélangent, les nôtres et celles de ceux que nous accompagnons, les renoncements nécessaires et les projets à venir se partagent aussi.

Petite joie supplémentaire pour moi cette année, celle de recevoir tout ce petit monde dans ma maison - un nouvel avatar de mon fantasme à la "Clé sur la porte", et beaucoup de douceur au sens figuré comme au sens propre : nougats, galettes, guimauve, chocolats, bons vins, fleurs, bougie parfumée et petits "sent-bon" pour la maison... Un groupe à géométrie variable en fonction des impératifs de chacun, et pourtant une vraie cohérence d'un temps à l'autre - balade à Vélib, repas partagés, petits déjeuners à rallonge, couchage en dortoir improvisé, échanges de bons livres, films à voir, tuyaux de tous ordres, et ce qui nous relie, les souvenirs d'une formation qui nous aura tous fait bouger dans nos vies.

Vu l'expo Helmut Newton - un peu déçue pour ma part, tant l'esthétique porno chic est devenue tristement banale dans la publicité. Par contre, j'ai pris plaisir à observer, dans la salle la plus représentative des fantasmes du maître, non pas les images mais les visiteurs - fascination, dégoût, excitation, airs faussement blasés - comme si cette mise en scène du pouvoir dans le rapport au corps et à la sexualité ne pouvait pas les atteindre, ne les concernait pas...

La balade qui a suivi dans la lumineuse forêt de Buren - malgré un ciel voilé, les jours de soleil doivent être féeriques - m'a semblé une vraie bouffée d’oxygène, un temps suspendu, un peu contemplatif, enfantin aussi - jeux de reflets, lumières multicolores, un pur bonheur.

Et le soir, ce cadeau inespéré - dans un petit restau iranien complètement paumé mais que je savais chaleureux, danser avec le groupe manifestement familial qui fêtait je crois un anniversaire ce soir là. Le lendemain, Les femmes du bus 678 nous ont rendus à la tragique réalité des femmes d'Orient, mais samedi soir, c'était juste... la fête.

07 juin 2012

Apesanteur

Je n'y connais rien en danse, encore moins en danse contemporaine, mais j'avais très envie de voir Panorama, spectacle-rétrospective de la carrière (à ce jour !) de Philippe Découflé. Le voyage m'a enchantée : ballet d'ombres chinoises, clins d'oeil au cirque, aux sports de combat (réels ou virtuels !) et au cabaret, images burlesques ou infiniment poétiques, le spectacle est un régal... (à savourer jusqu'au 1er juillet).


Projets minuscules

C'est un nouveau concept - celui du moment. Rassembler cette énergie si fragile, fluctuante, pour de menus projets. Sortir de bon matin en semaine m'acheter un croissant parce qu'il n'y a plus de pain. Répondre à l'invitation de mon ancienne chorale à chanter les bis de leur concert avec eux un prochain dimanche. Faire enfin recoudre la bretelle d'une robe d'été en prévision des beaux jours. M'attacher à n'oublier aucun des anniversaires de juin. Répéter avec Elsa la chorégraphie du spectacle de fin d'année de la danse orientale. Vernir mes ongles de pieds. Aller chercher des fruits et des légumes frais au marché. Me ramener des fleurs. 

05 juin 2012

Evidemment

Y a comme un goût amer en nous
Comme un goût de poussière dans tout
Et la colère qui nous suit partout
Y a des silences qui disent beaucoup

Plus que tous les mots qu'on avoue
Et toutes ces questions qui n'tiennent pas debout
Evidemment

Evidemment
On danse encore sur les accords qu'on aimait tant
Evidemment

Evidemment
On rit encore pour des bêtises comme des enfants
Mais pas comme avant
Et ces batailles dont on se fout

C'est comme une fatigue, un dégoût
A quoi ça sert de courir partout ?
On garde cette blessure en nous

Comme une éclaboussure de boue
Qui n'change rien qui change tout
Evidemment

Evidemment
On danse encore sur les accords qu'on aimait tant
Evidemment

Evidemment
On rit encore pour des bêtises comme des enfants
Mais pas comme avant
Michel Berger

04 juin 2012

Anachronix ?

Elsa doit se documenter sur les Gaulois. Elle voudrait savoir si elle peut trouver des photos pour son exposé ?

28 mai 2012

Coup de grâce

C'était la maison des barbecues de printemps, des anniversaires, des fêtes et des Noëls au coin du feu, la maison de ceux qui demeurent à ce jour mes beaux-parents, des gens que j'aime profondément et qui me le rendent de leur mieux, la maison dans laquelle je me suis mariée - de la porte à la mairie, de la mairie à l'église, il n'y avait qu'un pas. Une maison dans laquelle les photos de notre couple, de notre famille, de nos enfants, éclairent chaque pièce... une maison pour moi qui n'ai pas de maison. Un endroit sacré pour eux et pour moi, un lieu de paix et de simplicité.

Est-ce que c'était possible d'y emmener une autre femme, alors qu'aucune décision n'était posée, que le divorce n'est pas prononcé, alors qu'il n'y a pas de projet avec elle, alors que les blessures sont à vif pour chacun d'entre nous, enfants et grands-parents compris ? J'aurais voulu croire que non - il faut bien admettre que si.

Est-ce que c'était possible de tendre la main une dernière fois, malgré cela, de poser le plus délicatement possible ceci : la porte est encore ouverte, mais c'est le dernier appel, parce que je ne veux plus jamais avoir à recevoir ce genre de coups - et de me heurter à une nouvelle fin de non-recevoir ? J'aurais voulu croire que non, il faut bien admettre que si. 

Est-ce qu'il m'est possible de renoncer à ce qui a été patiemment bâti dix-sept années durant ? De dépasser cette conscience aiguë que, quel que soit ce que l'avenir me réserve, ou plutôt quel que soit l'avenir que je me construirai, rien ne pourra remplacer cette profondeur de lien, cette histoire partagée, cette... maison commune ? J'aurais voulu croire que non, il faut bien admettre que si. 

23 mai 2012

Quitte à choisir...

...autant être heureux - c'est ce que dit mon éphéméride du 8 janvier, aimanté sur mon frigo. Alors j'égrenne les petits bonheurs - comme un chapelet de bonne humeur les jours où l'humeur est moins bonne.

Un dîner chez Theresa, neuf convives, cinq nationalités - au moins : une Italo-américaine, une Californienne d'origine iranienne, une pure New-Yorkaise, un Chypriote, un Israëlien (aux origines multiples également), une Russe, et, deux ou trois Français...

Ce week-end dans une maison du coeur à Bruxelles, avec les enfants. Beaucoup d'amitié et de douceur, un carnaval étrange, une initiation au tir et à l'arc et à la carabine, les bains-bulles à leur faire découvrir puisqu'en Belgique ces espaces hammam-sauna-jacuzzi sont ouverts aux familles (Elsa a même tenté l'expérience de la partie nudiste !), fouiner sur une brocante à Waterloo (ce n'est pas tous les jours, tout de même) - ah, et boire du bon vin en bonne compagnie - pour arroser croquettes et fricadelles dans une autre très jolie maison, et au soleil dans le jardin de Dominique.

Une conversation surprise entre deux gamins à la bibliothèque, qui semblaient avoir beaucoup lu, et de tout - classiques, policiers, SF, et auxquels j'ai demandé conseil pour mes enfants - ce qu'ils ont fait très gentiment, mais le plus touchant, c'était leur fierté quand je suis partie :
"T'as vu, elle a dit qu'on est des LECTEURS !".


Me réjouir de l'arrivée d'une petite Floriane (les annonces de naissances et les photos de mariage me mettent invariablement en joie - et de très jolies photos de mariage, j'en ai vu aussi ce dimanche...)

Deux CouchSurfeurs à venir, un Norwegian Columbian African Rastaman (!), mi-juin, et une fashion casting director/tarot reader de Brooklyn, début juillet - tant qu'à ouvrir au monde, autant rencontrer des humains différents ?

Un nouveau foulard-doudou menthe à l'eau ;-) - et des mouchoirs fleuris pour pleurer en beauté. Ce qui reste utile.

Un massage aux pierres chaudes dans un lieu qui porte bien son nom, un brunch à la Rotonde, le bouleversant De rouille et d'os d'Audiard, un jogging (mais si !) aux Buttes-Chaumont, un mojito le long du canal Saint-Martin.

Je n'ai pas encore mis à jour ma bucket list, mais trois rêves commencent à se préciser, reste à en construire la possibilité : faire un stage avec l'école de voile des Glénans en Corse ; fêter mes 40 ans comme il se doit ; emmener les enfants à New York en Mai 2013.

12 mai 2012

Perfect day

Ce samedi au soleil, balade à Belleville pour les portes ouvertes des ateliers d'artistes - peut-être une centaine d'exposants en tout ? Nous n'avons pas tout vu, bien sûr... mais découvert quelques pépites : une céramiste inspirée, un photographe talentueux, un sculpteur sur bois fascinant, un peintre semble-t-il renommé mais dont j'ai surtout, comme souvent, apprécié les dessins, une lumineuse dame aux poissons vagabonds. Et aussi des coins et recoins fabuleux : cours pavées, maisons avec jardinets, vastes ateliers sous verrière, terrasses privées - des endroits où je rêverais de vivre, petites surfaces mais charme fou. Un bonheur aussi, la diversité des ambiances sonores d'un lieu à l'autre, des odeurs aussi : cuir, bois, colle, peinture... et puis, la cerise sur le gâteau, l'époustouflant concert de Camille - créativité tout azimuts, incroyable maîtrise vocale, inventivité visuelle... un des meilleurs concerts que j'aie jamais vus. Les reprises de ses albums précédents étaient bouleversantes - son interprétation, lors du rappel, de Que je t'aime, aussi.

07 mai 2012

Du pont la joie !

Léo me harcèle pour faire le pont. Ce matin, il prend l'oeil mourant et et la voix pâteuse, et m'explique doctement qu'il y a deux sortes de ponts qui sont de vraies maladies, les Dupond et les Dupont, et que là c'est un Dupont-avec-un-T, donc que c'est très très grave, etc. Oui oui oui... Et puis il ajoute, rigolard, tu vois, je suis TRES malade, mais je ne perds pas mon sens de l'humour ! (Il est allé en classe, tout de même ;-)).

Et : la Zaza s'accroche à moi. Tu es mon koala, lui dis-je ! Ou mon koalu... - Non, ton Colle-à-Lu, me répond-elle. (Ou Colada, comme la Pina ?)

06 mai 2012

In vino veritas

Intéressant choix des vins, pour une première communion... ;-)

And the winner is...

...NOUS TOUS, je l'espère. Ceux qui veulent une France autrement, où l'éducation, la santé, la justice, ne soient plus systématiquement sacrifiées. Une France qui sanctionne le cynisme, le clientélisme, le racisme, le mensonge, l'exploitation honteuse des peurs. Il n'y aura probablement pas de miracles pour autant, mais "tant qu'à être pieds et poings liés, autant que ce soit avec un ruban rose ?" (Copyright : Marion). Pour ma part, j'en retiens surtout ceci : un espoir, un élan. A 20h, quand les cris de joie ont éclaté dans la cour intérieure de notre immeuble, toutes fenêtres ouvertes, je me suis sentie heureuse pour moi et pour mes enfants.

Texto spontané de Za à ses grands-parents ce soir-là : C'est holande. Esque tu as regardé a La télévision. A Paris c'estait la fête!!! On entend des cris de joie ZAZA bisous

01 mai 2012

Ils sont venus, ils sont tous là

(mais personne ne va mourir..! enfin, ce n'est pas prévu pour maintenant, en tout cas)

Juste, ils étaient tous là sur le quai pour nous dire au revoir sur le quai, après le mariage de Guillaume - les cousins, les grands-mères, les oncles et tantes, et même les jeunes mariés - et ça, ça m'a VRAIMENT touchée, fait chaud au coeur. Il y a une jolie photo qui en témoigne...

Mariage impeccablement préparé, et gîte dans un endroit de rêve - en pleine nature, vue sur la montagne et le troupeau de vaches des propriétaires, lait tout juste trait le soir et oeufs frais le matin. Quatre générations sous le même toit... Me suis baladée un peu aussi, seule, sur les petits chemins - cf billet précédent : j'avance, et le chemin se crée.

27 avril 2012

Premières fois

...qui sont autant d'anciennes fois, mais seule avec les enfants. Faire les valises. Prendre le train, pour ne pas faire les sept cents bornes seule au volant. Nous installer dans la maison des vendangeurs. Retrouver les cousins, la gentillesse de tous. Inventer des vacances sympa - initiation à l'escalade, musée de la Soie, atelier sur les plantes aromatiques, piscine... et les incontournables, lancer la baballe au chien Jingo, prendre un verre de vin pendant que le soleil se couche sur la vallée, chanter Bateau sur l'eau à Chloé sur la balançoire alors que la nuit est déjà tombée mais qu'il fait si doux, bouquiner au soleil sans rien entendre que le vent dans les oliviers et le chant des oiseaux (ou tous les trois sous les couvertures du grand lit).

Me surprendre instant après instant - il faudra bien que je trouve une façon de dire ce monde si semblable et si différent, ce cataclysme silencieux : la disparition de dix-sept années de vie qui semblent (semblent...) ne laisser aucune trace, la peine qui affleure chaque jour - et pourtant je suis debout, et même, je marche, à petits pas hésitants, sur une route qui s'invente au fur et à mesure.

21 avril 2012

Et c'est pourquoi...

A elle et à ses partisans, je leur dis : nous sommes chez nous, nous les Français et les Françaises, métèques venus des quatre coins du monde pour faire la France. Nous les métis et les immigrés, qui travaillons sur les chantiers, nous cassant le dos pour ériger des bâtiments, nous sommes chez nous. Nous les nègres, bougnoules, youpins, norvégiennes ménopausées, nous sommes la liberté d'aimer, l'égalité devant la loi, la fraternité.

Eva Joly

20 avril 2012

Cuculte

Brain-storming sur un projet de groupe.
- Un truc sur l'amour, c'est un peu cucul non ?
- Bah oui mais en amour il faut du cucul...
- Oui mais aussi du cul !
- Plutôt deux fois ququ'une !


(Copyright : Stéphane)

Ça commence bien

... le titre, c'est Extrêmement fort et incroyablement près. C'est important, les titres, celui-là arrive directement dans mon top 3 actuel, avec Et que le vaste monde poursuive sa course folle, et Le jour avant le bonheur.

Extrêmement fort et incroyablement près, c'est un roman inventif aussi bien dans le fond que dans la forme, le premier depuis longtemps qui m'ait émue aux larmes et fait sourire à la fois. C'est un récit choral atypique, narration intérieure du petit garçon, lettres du grand-père, journal intime de la grand-mère. C'est un récit du deuil et de la perte, un livre pour apprendre à vivre qui est apprendre à perdre et vivre cependant, formulation qu'Oskar - le petit garçon - ne renierait pas je crois.

Il nous faudrait des poches bien plus grandes, je me suis dit ça dans mon lit en comptant les sept minutes qu'il faut en moyenne aux gens pour s'endormir. Il nous faut des poches énormes, des poches assez grandes pour notre famille, et nos amis, et même les gens qu'on n'a jamais vus mais qu'on veut quand même protéger. Il nous faudrait des poches pour les districts et pour les villes, une poche qui pourrait contenir l'univers. Huit minutes trente-deux secondes... Mais je savais qu'il ne pouvait pas y avoir de poches si énormes. Pour finir, tout le monde perd tout le monde, il n'y avait pas d'invention pour dépasser ça, et alors, cette nuit-là, je me suis senti comme une tortue qui a tout le reste de l'univers sur son dos. Vingt-et-une minutes onze secondes... (...) Moi, je suis resté éveillé des heures et des heures. Buckminster s'est roulé en boule contre moi et j'ai conjugué un moment pour ne pas avoir à penser aux choses. Je suis, tu es, il/elle est, nous sommes, vous êtes, ils/elles sont, je suis, tu es, il/elle est, nous*...

Jonathan Safran Foer,
Extrêmement fort et incroyablement près

18 avril 2012

Avenue Q

J'ai un penchant immodéré pour les comédies musicales - leurs mélodies sucrées, leurs deuxièmes voix qui donnent des frissons, leur morale bon enfant. Je me suis régalée avec celle-ci, qui relève le défi d'aborder pêle-mêle les galères d'argent, l'homosexualité, le racisme ordinaire (le nôtre, donc), les amours foireuses et les amis pourris, tout en portant un regard tendre sur nos increvables espoirs. C'est drôle, gentiment provocateur, parfois acide mais jamais méchant, et la troupe est excellente : à ne pas manquer !

14 avril 2012

Bucket list

Une des raisons qui m'ont fait choisir d'inviter Theresa, c'est d'avoir lu dans son profil que venir prendre des cours dans une des meilleures écoles de cuisine françaises était un des items de sa bucket list - quelque chose comme, la liste des choses à faire dans le temps où nous sommes vivants. Et voilà que je découvre que l'adorable jeune couple de Buenos Aires que j'ai accueilli dans la foulée se balade dans toute l'Europe avec une liste semblable (il faut regarder la photo de près, c'est délicieux... tout comme eux). Je crois qu'il va falloir que je mette la mienne à jour, la dernière version datant de 2001. J'en ai réalisé une partie - sauter en parachute, visiter Prague, d'autres restent à faire - voir une aurore boréale, apprendre à reconnaître les étoiles. Un autre point aurait pu être, avoir des amis partout dans le monde, faire se rencontrer les gens que j'aime (celui-là est sur la "liste permanente"). Le dîner d'hier soir a été un rêve réalisé - Tomàs et Ivy, Theresa, Jean-Charles, Ronan, Nadia - chacun amenant simplement ce qu'il a et ce qu'il est : moment parfait.