22 novembre 2014

Good Vibes Day

Une patiente italienne me parle du cadeau judicieux fait par sa meilleure amie : "ça m'a rendou le coeur tout moelleux au chocolat". Ben voilà - dans cette fête, il y a beaucoup de choses qui m'ont rendu le coeur tout "moelleux au chocolat". 

A commencer par la présence de mon amie Nadia, qui a compris avant moi je pense que ce jour-là, plus encore que de petites mains pour mettre la table, décorer la pièce, j'aurais besoin de ne pas être seule pour préparer cette fête d'anniversaire. D'une amie pour papoter en cuisinant, pour amortir le coup de blues de ce moment où tout est enfin prêt mais où personne n'est encore là. Et celui du moment où tout le monde est reparti. Une amie pour finir avec moi les fonds de bouteille de champagne en disant des bêtises, avant de se laisser tomber sous la couette. Et qui s'est couchée après moi sans même que je m'en rende compte - quand je me suis levée j'ai trouvé le salon et la cuisine rangés, les aliments au frais, la vaisselle propre et la nappe dans son panier à linge - et elle avait encore le temps de prendre un thé avant d'attraper son train... J'ai été très gâtée ce jour-là ; mais je pense que c'est le cadeau le plus précieux que j'ai reçu.

 Tout ce qui m'a touchée ce soir-là tourne d'ailleurs autour de cette question de la présence : celle d'amis de longue et de récente date, d'amis d'amis (j'adore, les rencontres improbables que cela génère), d'un tout nouveau et craquant bébé ; celle de proches venus de loin ; celle des enfants alors que ce n'était pas leur week-end, celle de David venu pour les accompagner et resté avec beaucoup de simplicité, et accueilli de même par ces amis qui sont, pour beaucoup et depuis si longtemps, nos amis... Qu'ils soient tous là pour la fête, et qu'il soit là aussi, après cette semaine si particulière, m'a bouleversée ; personne ne m'a demandé de discours après les bougies, heureusement ! Je ne crois pas que je serais allée au bout.

Et puis... un grand merci aux conspiratrices du gâteau rose à la Princesse 90C ;-), à la bonne humeur inépuisable du Marco (et à son service vin et champagne), aux danseurs et pour toutes ces petites attentions unanimement sous le signe du "Take Care" & "Feel Good" & "Love Zen" ;-). Incluant une tasse recollée, un bouquet de fleurs, de la musique et du chocolat... Et à la Poste pour avoir acheminé avec beaucoup d'amour des rameaux de cerisier en papier mais en fleurs, une pochette surprise avec des bulles, des roses roses et de la lumière, encore du chocolat, et mon bien-aimé Télérama...

20 novembre 2014

Danser

Elle a éteint la lumière, et puis qu'est-ce qu'elle a bien pu faire, juste après ? Que faire, un soir comme celui-là ? Se laisser porter par l'eau à l'Echappée, nuit tombante, piscine éclairée par en-dessous, Birdy en fond sonore parfait. Recevoir un massage attentif offert en d'autres temps par un amour disparu. Et puis, parce que "La joie est la seule solution", et que c'est Pina Bausch qui le dit, aller danser. 

Faire confiance à la vie, prendre la main tendue, et danser. Envoyer bouler le souffle coupé, l'envie de me recroqueviller, et danser. Pour me sentir vivante, jusqu'au bout des talons aiguilles. Pour respirer et pour m'en foutre, agrandir l'espace intérieur en même temps qu'extérieur, danser entre les tables et même sur les tables, who cares ? Pour retrouver la joie pure du mouvement, la jubilation d'être. Pas dans l'oubli, pas dans l'ivresse - dans la conscience...

Danser dans la bienveillance d'un regard attentif mais aérien, dans un lieu improbable à Paris : générations confondues, danseurs souriants, atmosphère bon enfant (avec boas et chapeaux pailletés à disposition), répertoire sur mesure : What a feeling, Femmes des années 80 (!), It's raining men, I will survive... I will survive.

Quai aux Fleurs




18 novembre 2014

Des femmes dangereuses

Elle ne ressemble à aucune femme qu'il a connue. Ou à aucune femme qu'il a aimée. Il n'est pas certain de les avoir connues, d'y être parvenu, ou qu'un homme soit capable de connaître une femme. Ainsi, celles qu'il a aimées ignoraient la satisfaction. Sitôt qu'elles avaient ce qu'elles voulaient, elles s’empressaient de vouloir davantage. Non par cupidité. Jamais. Des femmes d'action qui réfléchissaient, des amantes toujours en quête, toujours prêtes à donner mais, surtout, des rêveuses, ce qui était bien plus dangereux.
Des rêveuses.
Des femmes très dangereuses.
Qui regardaient le monde par leurs grands yeux rêveurs et qui, au lieu de le voir tel qu'il était, "brutal, absurde", etc, songeaient à ce qu'il pourrait être ou devenir.
Des femmes insatiables.
Jamais comblées.
Qui voulaient avant tout l'impossible. Non ce qu'elles ne pouvaient avoir - cela ne les intéressait pas-, ce qui n'existait pas. Et le pire : qui le regardaient et voyaient ce qu'il était susceptible de devenir, plus magnifique que ce qu'il se croyait en mesure d'être. 

Tayie Selasi, Le ravissement des innocents

16 novembre 2014

Chihiro et nous

Nous avons secoué le blues d'un dimanche pluvieux pour marcher jusqu'au Musée d'Art Ludique, sis dans le Crocodile, alias la Cité de la Mode et du Design, à deux pas de chez nous. Une chouette leçon de cinéma - cadrages, éclairages, incroyable créativité technique au service de l'émotion comme de l'esthétique - et d'art - dessins somptueux, inventivité débridée. Deux enfants (ou bien trois ? :-)) enchantés par les extraits des films qui ont jalonné nos dernières années - Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké, Ponyo sur la falaise... Je suis toujours touchée quand je constate que les petites graines plantées fleurissent en souvenirs partagés, en curiosité intellectuelle (comment ça marche ?), en regard artistique qui s'affine. Et que nous sommes comme inscrits dans ces histoires - j'étais enceinte de Léo quand j'ai vu le Tombeau des lucioles, Elsa n'était pas encore née à la sortie du Voyage de Chihiro, Le château ambulant est le premier Miyazaki que Léo a vu au cinéma...

15 novembre 2014

Petite poule rousse

Ce moment où vous réalisez que voilà plus d'un an que personne ne vous a offert de fleurs... Et où ce luxe nécessaire devient comme une urgence - toutes affaires cessantes. Voilà - cet après-midi, je me suis offert des fleurs. Me suis préparé un thé. Acheté le Elle à table, pour commencer à rêver aux menus de Noël. Plus tard, j'ai même préparé des pancakes pour les enfants.


Mais voilà... ça ne suffit pas. Et même, ça m'épuise. Le syndrome petite poule rousse : "Puisque c'est comme ça, je le ferai toute seule. Et elle le fit." Suivre les conseils bien intentionnés des magazines - le thé, le bain, les fleurs, et même, un verre de vin. Préparer le prochain échange de maisons. Signer le jugement de divorce cette semaine. Préparer ma fête d'anniversaire. Je peux le faire. Je vais le faire. Evidemment. Mais la vérité, c'est que la petite poule rousse a le coeur brisé. Voilà.

10 novembre 2014

60 chansons plus une

Il faut des rites, c'est le renard qui l'a dit. De même qu'un mariage uniquement à la mairie, ça manque singulièrement d'humanité, d'émotion, de restitution d'un sens, je ne me sentais pas d'aller signer la dissolution du mien dans un tribunal sans l'accompagner d'un geste, d'un rituel de deuil inventé pour franchir le passage, lui donner un peu de valeur humaine ajoutée. Alors, comme au joli temps des années 80 et des compils sur cassette audio, j'ai gravé un CD pour le père de mes enfants. Accompagné de quelques mots. 

60 chansons plus une : des chansons pour rire, pour pleurer, pour se souvenir, pour se recueillir. Tu ne connais ni la première, ni la dernière : c'est comme dans la vie !

J’avais fait aussi une short list, un album de 14 titres, mais comment faire tenir autant de vie dans si peu de place ? Ma recommandation, parce que je suis aussi Process Master à mes heures : écoute-les sans regarder les titres à l’avance. Laisse-toi surprendre. J’ai gravé un CD pour moi aussi, pour que nous le gardions tous les deux.

60 chansons plus une : celle qu'il nous reste à écrire, celle que je n'ai trouvée nulle part : il y a des chansons d'amour, des chansons de séparation, des chansons de solitude, des chansons d'espoir, des chansons de retrouvailles ; mais il n'y a pas encore de chanson de l'amour qui se transforme et demeure à la fois, et c'est celle-ci que je voudrais écrire, et dont j'aimerais que tu composes la musique.  

Avec Amour,
Lu

07 novembre 2014

Point d'orgue....

...et temps suspendu ;-)

04 novembre 2014

Pas patate !

La Zaza : "Dans ma classe, je me sens comme un poireau au milieu d'un champ de maïs". 

Passé le premier sourire, j'ai exploré un peu - décalages éducatifs, culturels, personnels aussi - ma Zaza si entière, parfois un peu brutale, habituée à des relations amicales et saines avec les garçons (une constante remarquable de son école primaire), pas toujours élégante bien qu'assez girly, mais solidaire, attentive, très fine émotionnellement, a parfois en effet de quoi se sentir comme un poireau dans un champ de maïs... Je lui ai suggéré de se mettre en quête d'éventuels autres poireaux déguisés en épis de maïs. Voire, de partir à la rencontre des carottes. J'ai confiance - elle va trouver. 

29 octobre 2014

Coming-out

Bien sûr, nous sommes des lecteurs de Télérama (ou des Inrocks, c’est selon), du Monde et de Courrier International (et du New Yorker, of course). Des auditeurs de France Culture, des habitués du Masque et la Plume (nous n'avons pas la télé, c'est trop vulgaire). Nous avons vu la nouvelle copie de ce film roumain de 1962 en noir et blanc, l’accrochage de ce jeune photographe si prometteur dans une obscure galerie-salon de thé vegan-boutique solidaire du 20ème (tellement plus classe que les foules du Grand Palais). Et nous sommes des consommateurs avertis, écologiquement corrects, à l’élégance innée : c’est que nous sommes Français, et même, Parisiens (on l’entend bien, la majuscule, là ?). Si Parisiens que parfois nous sommes belges (l’épure, la sobriété, l’école d’Anvers), ou bien anglais (les matières nobles, l’audace maîtrisée, le luxe discret) – les lecteurs de ELLE me comprendront.

Mais… tous, nous avons nos mauvais goûts inavouables, nos madeleines scandaleuses, nos doudous vaguement écoeurants. Auxquels nous ne renoncerions pour rien au monde. Allez, je commence : Mauvais goûts vestimentaires : les chaussons-chaussettes, par exemple… (oui, ces choses poilues et colorées qui nous suivent jusque sous la couette). Les pulls à paillettes (je suis une récidiviste, sur ce point). Les chaussures enfantines : babies (les Repetto ne comptent pas), Kickers, bottes en caoutchouc. Faiblesses gustatives : Le Nutella bien sûr - mais sur une couche de beurre salé. Les frites trempées dans la crème fraîche. Madeleines musicales : la plupart des tubes français (j’ai bien dit, français) des années 80. Toutes les comédies musicales. Toute la disco. Johnny. Eddy. Dalida. Dassin. Cloclo. Et tiens, même Sardou. Parfaitement. Doudous cinématographiques : Les comédies romantiques (et/ou musicales donc), passe encore. Mais Angélique Marquise des anges ? Mais Le Magnifique ? Et si je vous disais que ma sonnerie de téléphone, c’est la musique des Compères ? OK, en clin d’œil à Bird People, mais tout de même... Liste non exhaustive. Et maintenant... à vous ? 

21 octobre 2014

Chers petits

Diplomatie
Léo : "Papi dit toujours ce qu'il pense. Quand il pense la même chose que Mammie."

Chronologie
Elsa apprend que son grand-père travaillait entre autres pour les Monuments Historiques. "Ah bon, et il en a construit beaucoup ?".

18 octobre 2014

Méditation sur le couple

Vu de ma fenêtre de pseudo-célibataire vraie maman solo (situation amoureuse : c'est compliqué), ce serait l'antithèse de CECI . Ne plus tout faire, tout porter, tout organiser, toute seule, tout le temps. La disponibilité que je donne aux enfants, aux patients, aux proches - la recevoir parfois à mon tour, aussi. Arrêter de ne faire que des projets court terme, qui toujours incluent la possibilité de la présence d'un autre mais aussi celle de son absence. Ne pas oser espérer, dans ce contexte, qu'il soit à son tour force de proposition. Descendre de mon cheval d'amazone, poser mon armure, montrer ma vulnérabilité. Mais aussi :

- Etre en confiance. Non pas doubler mais démultiplier l'énergie, le courage, la joie de vivre. Respirer. S'enraciner.

- Faire des projets. Petits : Choisir une nouvelle lampe pour le salon, parce que la lumière, c'est important. Mélanger nos amis pour fêter un anniversaire. Moyens : Adopter un autre chat, pour deux fois plus de caresses. Planifier les prochaines vacances : rêver, négocier, et finalement organiser à deux. Grands : Construire un projet autour d'un lieu de vie commun, maintenant ou plus tard. Se faire la courte échelle pour réaliser des rêves personnels et communs - se former, s'engager, voyager...

- Savoir qu'on est deux pour affronter la main dans la main les enfants qui grandissent, les parents qui  vieillissent, les hauts et bas professionnels et financiers, la santé qui peut se fragiliser. Mettre en commun les moyens et les solutions. 

- Etre là au quotidien : partager les petites corvées (les courses, les repas, les papiers, les lessives) et les petits bonheurs (partir dans un fou-rire, dormir ensemble, avoir des petites attentions l'un pour l'autre, rentrer dans une maison éclairée, vivre une continuité sécurisante : je t'ai choisi(e), qui dégage de l'énergie pour d'autres projets et désabonne des rencontres sans lendemain).

- Et dans les moments d'exception, ceux qui rythment et ritualisent nos vies : anniversaires, enterrements, mariages... Etre un couple, c'est aussi être vus comme un couple. Notamment dans les moments forts. 

- Avoir deux familles : la sienne, et celle de l'autre. Supporter plus facilement les névroses de la seconde... ou remettre au contraire en perspective celles de la nôtre. Etre inscrite dans les générations, dans une continuité, dans un tissu social.

- Bâtir ce lien incomparable, car nourri par le temps : grandir ensemble, quelque soit notre âge. Se constituer des souvenirs, des private jokes, des complicités, la force donnée par les épreuves traversées. 

- Relever ce défi : trouver des moyens de croître en même temps que la relation. Respecter infiniment la liberté de l'autre, tout en trouvant suffisamment d'espaces communs pour faire du lien une création unique.

- Rester conscient(e) que l'amour qui dure est un miracle, mais qu'un amour qui s'engage, sans garantie aucune mais aussi sans date de péremption annoncée, qui a le souhait de tenter l'aventure, est déjà un magnifique cadeau.

12 octobre 2014

Intermittente

On m'a demandé si la Care Box dormait un peu, se voyait supplantée par l'ogre FaceBook. Non... comme Elsa me l'a fait subtilement remarquer l'autre jour, "Ce qui est bien avec la Care Box, c'est que comme elle est un peu cachée, tu es libre d'y écrire ce que tu veux !". Je crois que ça tient plutôt au fait que j'ai juste assez d'énergie ces jours pour vivre, faire le nécessaire et aussi investir sur l'avenir - je travaille à divers projets professionnels dans l'espoir de me sentir un tout petit peu moins précaire, insécurisée sur tous les plans. Le regard tourné plutôt vers l'intérieur, ou la bagarre avec le monde extérieur, que vers les instants de poésie, de créativité ou d'humour qui font la trame du blog... 

A suivre...

26 septembre 2014

L'Auberge Sicilienne

Ze Body Family, photo credits to : Cyrill

Dans la liste des choses qui me rendent vraiment heureuse, il y a (dans l'ordre et/ou dans le désordre) : 

- rencontrer des gens nouveaux, et plus encore s'ils viennent d'horizons différents (nationalités, langues, sexualités, âges... et j'en oublie probablement)
- barboter dans la vie de groupe, soit plonger, éclabousser, chahuter, ressortir et recommencer
- si ledit groupe est dans un lieu magnifique en pleine nature, totalement coupé du quotidien, c'est encore mieux (cf souvenirs du Hameau)
- apprendre, à fortiori si c'est en expérimentant plus qu'en restant dans la tête (je suis définitivement convaincue que c'est la seule voie pertinente en matière de formation pour adultes ; à bien y réfléchir, peut-être pas seulement pour adultes...)
- être (affectueusement) bousculée dans mes certitudes
- découvrir un nouveau pays, pratiquer une autre langue (ici, un anglais fantaisiste qui n'était la langue maternelle de personne)
- manger des tas de légumes bio, confitures (incluant une confiture de courgettes), fromages du pays, préparés avec amour par trois Siciliens multi-talentueux et pas par moi (les pieds sous la table quatre fois par jour :-))

...alors, tout ça dans UN SEUL STAGE ?!?

Cadeaux bonus : une marche improvisée dans la nuit des montagnes siciliennes, un cours de salsa, une soirée guitare en hollandais-français-italien-anglais, une balade sur les marchés de Palerme, croiser l'ombre du projectionniste de Cinema Paradiso.

J'ai appris beaucoup, c'est sûr. Mieux encore, j'ai découvert des façons de réfléchir et des outils concrets, praticables et adaptables à la fois. Mais ce qui me laisse la gorge serrée ce soir, et le besoin de prendre le temps de me poser, me reposer, prendre la mesure de ce qui a été donné et reçu, c'est la densité des rencontres humaines, des échanges informels, des émotions concentrées dans un temps record : larmes, rires, trouble, inconfort, fragilité, plaisir, confrontation, connivence... Beaucoup de bonheurs, et un brin de chagrin aussi à cause de ces complicités ébauchées qui donnent l'envie de poursuivre la rencontre, d'en re-demander, comme les petits enfants : ENCORE !

13 septembre 2014

Ils ont dit Oui !


J'ai beaucoup aimé les mots d'Antoine et sa déclinaison de liberté-égalité-fraternité, c'est une belle idée porteuse de sens et qui aurait manqué autrement, les textes officiels étant quelque peu secs ! Et son idée des rites à inventer - piocher dans les anciens, en créer de nouveaux. J'ai cru entendre comme un écho du Petit Prince ;-)... 

Mission émotion accomplie : le speech d'Antoine + le gâteau d'amour de Peau d’Âne pour le dessert (quelle géniale idée !) + Moon River pour ouvrir le bal - j'ai versé ma petite larme : Two drifters off to see the world, there's such a lot of world to see... 

Quelle soirée inoubliable pour les petits et grands enfants - une soirée à l'image de nos mariés : l'élégance et l'opéra, l'émerveillement et le jeu, un brin de démesure - entre enfance et maturité... Nous sommes tous allés de surprise en surprise dans ce lieu enchanteur, et je pense qu'Elsa et Léo s'en souviendront longtemps : quelle chance pour eux d'avoir eu accès à ce moment d'exception. Je m'efforce au quotidien de leur offrir la meilleure vie possible, de leur ouvrir la possibilité de penser différemment, de vivre différemment, de s'autoriser à rêver en grand (et à garder leur âme d'enfant) : à bien des titres, ce mariage est une belle leçon de vie pour eux. 

12 septembre 2014

Fête des voisins

Ça faisait un moment que ça me trottait dans la tête, ça s'est amplifié avec la visite de Christiania à Copenhague : une envie de collectif, de partage, de chaleur humaine, de créer des liens. Après le lointain, le proche : j'ai donc invité tous mes voisins d'immeuble à un apéro participatif. Bilan de l'opération : sur 28 appartements,  14 réponses, 9 familles présentes et 5 autres qui ont manifesté leur envie de venir une prochaine fois car pas disponibles a cette date. Une mailing-list, et l'envie de faire ensemble, en effet. De la récup' intelligente, du troc de services, un pique-nique annuel... D'ores et déjà, les bonjours sont plus chaleureux ; reste à impulser l'énergie pour ne pas s'arrêter en si bon chemin (et convaincre les autres ?!)

06 septembre 2014

Sweet Maggie

Parce que les amis de nos amis sont nos amis, et parce que ce n'est pas tous les jours qu'une Américaine de Denver fait escale à Paris avant d'aller marcher sur Saint-Jacques, nous avons accueilli Maggie, une amie de Halo. Chouette idée, que celle de la connexion entre les gens que nous aimons, et belle rencontre à nouveau, d'une femme ouverte, généreuse et sensible, avec qui nous partagions le goût des bonnes choses (nous avons bien profité des résultats de son cours sur les petits fours salés au Cordon Bleu), des comédies musicales et du bon vin favorable aux confidences (entre autres talents non typiquement américains, Maggie connaît et apprécie les vins). Adoptée - un membre de plus dans notre internationale famille de coeur - pour son courage (une autre résiliente, plus habituée à prendre soin des autres qu'à ce qu'on prenne soin d'elle), son indépendance et sa sincérité - elle qui n'a pas peur de dire qu'elle est partie sur le Chemin entre autres pour apprendre à demander, à accepter un peu d'interdépendance.

02 septembre 2014

Etapes

Je ne sais pas si nous avions complètement réalisé que cette rentrée serait probablement la dernière... pour nous en tant que parents. A partir de la 5ème, il n'y aura plus de réunion de rentrée, mais des enfants pressés de retrouver leurs copains, pas qu'on les prenne par la main. Et je ne parle pas du Léo qui entre au lycée - plus de parents, plus de photo. Un long échange paisible avec David ensuite - s'organiser, leur déménagement, les trajets, les activités para-scolaires, les achats, les vacances. Et à ce jour, ce constat étonné : je vais bien. Quelque chose s'est produit cet été, un basculement imperceptible, aussi involontaire que silencieux : je vais bien avec ces enfants qui grandissent, avec la perspective du jugement de divorce, avec le déménagement de leur père, avec le lien de tranquille intelligence du coeur qui semble s'affirmer de plus en plus entre nous. 

01 septembre 2014

Poésie urbaine



31 août 2014

Mon pays (est) Paris

Paris au mois d'août : un autre rythme, peu de voitures, aucune file d'attente, et un état de semi-vacances - patients en congé, cité endormie. Le temps de flâner avec Victor, parisien pour trois semaines, à Montmartre ou aux Buttes-Chaumont, de visiter enfin le Musée de la Vie Romantique, de voir l'expo Tatoueurs, Tatoués au Quai Branly, de savourer le grinçant "How to become a Parisian in one hour".

De rêver devant le travail d'Oscar Munoz sur le temps et la disparition - je suis sortie du Jeu de Paume dans un état de légère absence devant tant de poésie et de créativité - la goutte d'eau qui tombe, le dessin qui s'évapore, la buée dans le miroir, l'image qui fuit, dans tous les sens du terme...

De prendre l'Orient-Express avec Ronan - autre temps, autre voyage, dans un monde feutré et luxueux, de découvrir, au milieu de la navrante production cinématographique estivale, quelques pépites : Maestro, un choc des cultures qui devient récit d'apprentissage, malicieux, subtil et littéraire ; Party Girl, portrait d'une insoumise et flamboyante sexagénaire (être ou ne pas être... dé-rangée, ou dérangeante ?) ; Boyhood, chronique du temps qui passe aux thèmes universels : le passage de l'enfance à l'adolescence, puis à l'âge adulte, les premières fois et les premiers chagrins, les choix aléatoires des adultes, l'insouciance et l'incertitude, "la vie quoi, le bordel !" comme dirait maître Higelin...

De suivre les chemins des uns et des autres - Charles sur son Inuit, un arc-en-ciel sur les chutes Victoria envoyé par Laurent, le sourire de la petite Neela là-bas au Mexique, ma plus-si-petite soeur à Ibiza, Grand-Mère globe-trotter - en Inde, en Croatie, à Barcelone ou en croisère sur la Seine, Yves qui s'achète le voilier de ses rêves, Max qui envoie un p'tit signe de Central Park - autant d'humains curieux, vivants, inspirants. (Et merci FB, WhatsApp et Skype, pour rendre le si lointain si proche).