29 septembre 2018

Oh Happy Day

Heureusement, il y avait les petits mouchoirs prévus pour "Un déluge d'émotions"... et un petit carnet pour partager avec les mariés tous les petits instants qui leur auraient échappé.
Pêle-mêle : les 80 000 confettis et l'exaspération de l'employé de la Mairie du 13ème, à contre-coeur et à contre-vent.
Le costume rose du marié, et sa superbe ceinture tressée rose et blanche :-).
Agathe qui dit, avec ta robe trapèze et ton grand chapeau, tu me fais penser aux Demoiselles de Rochefort.
L'arrivée au Chalet avec cette magnifique lumière de fin de journée sur le lac.
Retrouver des amis, de la famille de Marion pas revus depuis longtemps.
L'invitation surprise pour Grand-Mère (où je reconnais bien ma copine ;-)) ! 
Tous les petits détails déco amoureusement préparés par Sissou.  
Les gamins qui profitent de la slackline et des bulles géantes. 
Les cierges magiques au début du dîner (c'est tellement photogénique, comme les confettis). 
Le discours free style de Marguerite, qui m'a fait pleurer comme une Ma...deleine. 
Un échange à coeur ouvert avec la maman de Marion, et la conscience aiguë du défi que cela représentait pour les trois générations, ce mariage pas tout à fait comme les autres - la leçon de courage et d'espoir, aussi. 
Nos neuf enfants réunis, qui rigolent, bullent, dansent, se mélangent avec les plus petits comme avec les grands. 
Elsa qui fait des bonds sur le dance floor, et que je sens affectueusement veillée par tout ce petit groupe - pas trop près, pas trop loin, juste à la bonne distance. 
Léo qui m'invite pour mettre en application sa première leçon de rock. 
Beaucoup d'enfants, beaucoup de jeunes, beaucoup de vie (idée à retenir).
Ronan qui s'engage : 2019, chiche ;-)?
De plus en plus, se sentir être à nouveau une famille, tous les quatre - et tous les autres - entendu Romane Bohringer dans Boomerang parler de cela l'autre jour : "Je n'ai eu de cesse que de me re-créer des familles". 
Le concours de blagues nulles improvisé, et la spontanéité de toutes ses "victimes" ou presque.
L'arbre-calendrier de Mathilde, couvert de petits mots et de petits cadeaux. 
La poésie du trio de musiciens live au cocktail, dans le jardin.
Le rock déchaîné avec Marco sur Pas de Boogie-Woogie. 
Et j'en oublie !

Philippe + Marion

Chère Marion, Cher Philippe, 

Je me souviens très bien du moment où j’ai commencé à entendre parler sérieusement d’un certain Philippe. Nous étions dans une petite maison à deux pas de Bruges, et nous nous préparions à fêter le Nouvel An toutes les deux avec nos enfants. C’est un joli souvenir, plein de  gaufres au chocolat, de cerfs-volants déjà, et de bouts du nez froids sur les plages de la mer du Nord.


Marion se posait des questions sur la teneur et la fréquence des messages reçus ou envoyés, l’interprétation des points-virgules, la crainte que ça marche et celle que ça ne marche pas, bref, elle avait un certain nombre des symptômes de l’ado pré-amoureuse, et c’était franchement attendrissant.


Marion je la connais depuis longtemps, elle était là pour mes 18 ans (hier donc), et j’espère bien qu’elle sera là pour mes 98. 


Marion, c’est un bonbon Pimousse, petit mais costaud – comme vous le savez si, comme les mariés, vous aviez 12 ans dans les années 80. Un caractère bien trempé – on va dire ça comme ça - mais avec un cœur de midinette, un putain de courage, et la capacité de rire de tout y compris d’elle-même.


Il paraît que dans un discours il faut transmettre une seule idée forte, voici la mienne, et je vais emprunter la voix d’Elisabeth Gilbert pour la partager avec vous – oui, la femme qui a écrit mange Prie Aime, parce que moi aussi je suis une midinette ;-) :


Les femmes que j’admire pour leur force et leur grâce ne sont pas devenues ce qu’elles sont parce que tout s’est bien passé pour elles. Elles sont devenues ce qu’elles sont parce que tout est allé de travers et qu’elles ont fait face. Elles l’ont fait de plein de manières différentes, à des moments très différents de leur vie, mais elles ont fait face. Ces femmes sont mes super-héros. 


Bien possible que Philippe soit lui aussi un super-héros…


Ce qui est sûr, c’est que Marion + Philippe, c’est la rencontre entre les pages Finance du Figaro et Fluide Glacial, c’est Inès de la Fressange dans une manif Education Nationale, c’est la Marinière contre (et même tout contre) le T-Shirt humoristique.


Marinière et T-shirt, mais aussi France Inter et Télérama, gauche et droite, Gevrey et Chambertin (ou Moët et Chandon comme on voudra), fromage et dessert, famille et amis, et même FLE et compagnie. Au final, il semble qu’il y ait bien plus de choses qui vous rapprochent que de choses qui vous séparent…


Ce qui est sûr enfin, c’est que si tout le monde a le droit au bonheur, il y a ceux qui se retroussent les manches pour inventer le leur, ceux qui font le choix d’être résolument du côté de la vie, et que vous en faites partie. C’est un chouette message à transmettre à vos enfants, c’est un chouette message pour nous tous. Aussi finalement, ce que j’ai juste envie de vous dire de notre part à tous, ce n’est pas seulement Bravo, mais Merci.

22 septembre 2018

Philip

Philip est un vrai CouchSurfer, mais nous l'avions rencontré grâce à Halo. Il est venu à Clisson, il nous a accueillis à Londres (et conseillées lorsque j'y suis retournée avec Elsa), et le voici au KB. Je me souviens de l'avoir fait naviguer sur d'étranges eaux sombres au Palais de Tokyo lors de son premier séjour - une expo improbable faisant référence aux inondations vénitiennes - il était interrogatif au début et enchanté ensuite. Beaucoup d'échanges autour de la culture, de l'art et de la psychanalyse - Philip a fait l'équivalent des Beaux-Arts, étudié à la Tavistock Clinic, enseigné dans une université anglaise - aujourd'hui c'est un gentleman globe-trotter qui voyage toute l'année et va de résidence d'artiste en résidence d'artiste. Full time artist now ! Mais surtout, c'est un homme incroyablement gentil et généreux, très sociable, plein d'humour et de délicatesse. It's been a pleasure Philip, you're very welcome here anytime !

21 septembre 2018

Ecoute & Care in the box

Ça y est, le bébé est arrivé : Janvier-Septembre, neuf mois tout rond. J'étais toute fière de l'avoir entre les mains en rentrant, et ravie de le feuilleter - de voir mes deux textes publiés, mais aussi de pressentir qu'il y a nombre d'autres pépites à y découvrir, de thèmes passionnants et de contributeurs passionnés. Le kif du jour !

Alors, s’il est question d’empathie, de bienveillance, d’accueil inconditionnel, à même le corps,d’une écoute qui nourrit et fait grandir réciproquement, d’une présence qui se vit à l’instant de la rencontre mais ne se laissera pas saisir tout entière par les mots – peut-être l’écoute est-elle tout simplement un acte d’amour ?


14 septembre 2018

Richard

Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d'une machine à sous, avec des problèmes d'hommes simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors, on boit un verre, en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l'on se dit qu'il est bien tard...

Richard c'est cette chanson de Ferré, c'est aussi ce Bohringer dont je suis amoureuse depuis l'adolescence - depuis C'est beau une ville la nuit, et  dont la langue parle directement à mon coeur :

"Nous ne sommes responsables que de poésie."
"En fait, il était conteur. Il écrivait avec sa voix. Le son des mots. Il était sculpteur de phrases."

Cette voix... ce phrasé, ce rythme... je l'ai entendu ensuite dans une interview parler de sa rencontre avec le jazz, et de ses premiers écrits : "J'avais pas la syntaxe, mais j'avais la syncope". Et la tendresse à fleur de peau, et la séduction vertigineuse des grands fracassés, ceux qui n'ont plus rien à perdre et se débrouillent pour le perdre tout de même. Ce désespoir trop bon prétexte à tous les excès, et cette profondeur du regard, cette générosité invraisemblable qui les rachète en un mot, en un geste.

Hier, sur la scène du théâtre de l'Oeuvre - je l'ai trouvé beau.

13 septembre 2018

Minimiracles

La Zou dessine à nouveau. Peint. Coud. Travaille son ukulele. Est partie en cours matin et après-midi sans soucis majeurs cette semaine. Raconte en détail sa journée de cours. Dit qu'elle adore apprendre, que ça lui manquait. Commente le genocide arménien et les Confessions de Rousseau. Veut aller en stage. Demande si elle peut aller au parc demain avec des filles de sa classe. Et moi, je marche sur un fil, vaguement incrédule et tout à fait émue.

PS du lendemain  : j'ai peut-être parlé un tout petit peu vite. Mais ces allers et retours font partie de tout mouvement de croissance, n'est-ce pas ?

11 septembre 2018

Pense-bête


08 septembre 2018

Marchons, marchons...

Bien sûr, c'était ensoleillé, joyeux, spontané et bon enfant. Plein d'humour et de créativité. Je suis Charlie Je recycle mes panneaux / De Rugy à l'écologie, non mais Hulot quoi ! / De l'air, pas du vent / 2 cm en plus OUI ! Mais pas dans les océans / This episode of Black Mirror sucks

Mais... 50 000 seulement - et encore, selon les organisateurs ? Pas de quoi impressionner les politiques, ni de quoi faire sourciller les puissants de ce monde. Rien  qui indique une prise de conscience suffisante, ni une compréhension du caractère global, systémique, encore moins de l'urgence du problème. Dans les pancartes cependant, celle-ci : La planète survivra. Pas nous. 

04 septembre 2018

Dragon au grand coeur

Et puis un petit clin d'oeil tendre, 
parce qu'avec Léone 
c'est aussi une part de mon adolescence qui s'en va.

(un gros bisou à Sissou et Zazou s'ils passent par ici)

03 septembre 2018

Bonne résolution de rentrée ?

J'ai survécu à pas mal de colères.
Je les ai remplacées par de l'amour.
La vie n'est qu'une longue guérison.

- Sean Penn

01 septembre 2018

Love, actually

J'aime beaucoup l'idée qu'en 2018, on puisse inventer la façon dont on souhaite se marier - créer de nouveaux rites, personnaliser les mots, et proposer une façon de fêter l'événement qui nous ressemble. Il y a eu Antoine et Vincent, Clara et Thibaud - aujourd'hui c'était le tour de Guillaume et d'Hugo - et je ne sais pas si cela ressemblait à Guillaume, que j'ai découvert ce jour-là (mais je suppose fortement que oui :-)), mais je suis sûre que cela correspondait bien à l'idée que j'ai de mon ami Hugo.

Un petit comité de passionnés, de littéraires, de créateurs - enseignants, artistes, ou les deux. L'amour des mots est omniprésent - et la première conséquence de cela, c'est une série de discours tous plus émouvants les uns que les autres, personnels, talentueux - bien loin de l'exercice convenu et habituellement très ennuyeux des mariages dits classiques. Au point qu'à la fin de la journée, Elsa rêvait mariage ne serait-ce que pour le déluge de déclarations d'amour et de jolis textes - poétiques, humoristiques, oniriques... Les mariés, les témoins, les parents - chacun y est allé de sa plus belle plume - et quel cadeau plus personnel, plus intime que des les partager devant les proches réunis ?

Le petit groupe, c'est aussi la possibilité de rencontrer, d'interagir, de jouer - bien plus que dans les grandes réceptions. A fortiori quand tout le monde est assis sur l'herbe, à se distribuer des salades bio-bobo-vegan-ou-pas - ça crée des liens ! Jouer à Blanc Manger Coco avec les parents du marié aussi, je pense... Plus sérieusement, un pique-nique sur une île du Lac Daumesnil, c'était une idée de génie non ? Au milieu des cygnes et des paons, avec un chien, un bébé et un chapeau (accessoires réglementaires du mariage réussi), à l'ombre ou au soleil, et la possibilité de faire un tour en barque, une sieste sous les arbres ou juste de papoter avec des gens sympas déjà croisés auparavant, Colin, Matthieu, Mathilde, Vivien et Iris...

Ah, et puis sur notre quatuor recomposé, Matthieu a eu cette jolie phrase : "J'étais tout embrouillé, ils ont tous l'air à la fois si jeunes et si adultes !" - A bien y réfléchir, c'est assez juste - des adultes dont affleure la part d'enfance (et qui sont encore à peu près bien conservés ;-)), des ados à la maturité parfois surprenante, il y a de quoi s'y perdre un peu en effet.

31 août 2018

Remous

Insomnies systématiques depuis dix jours. Pourquoi ? Ah mais peut-être parce que tout est mouvant, émouvant, confrontant, dans le même temps ?

Le retour d'Elsa à l'école, essentiel, mais tellement sur le fil - et les démarches préliminaires, le collège, le CMP, la vigilance à la glisser à nouveau dans un cadre de vie plus structuré.

Le départ de Léo, qui bouleversera l'équilibre de tous, sans qu'il soit possible de prévoir comment. Les réorganisations matérielles et financières inévitables.

Les questions sur la façon dont la grossesse de Clémence va les toucher, les touche déjà - Elsa dans le besoin de réassurance et la colère, Léo dans cette ligne qui est la sienne - depuis des années : "Si Papa est heureux comme ça...", et dont je me demande parfois si elle ne renferme pas une bombe à retardement.

Et moi ? Je n'ai par conséquent même pas eu le temps encore de me poser la question. Mais je m'interroge sur ce projet à ma connaissance sans vie commune, ce qu'il répète, ce qu'il va engendrer, ce qu'il envoie comme message à nos enfants.

A la Cité, le changement de hiérarchie et le décisif recrutement d'une coordinatrice pour mon service me laissent pour le moment en suspension, interrogative - pas encore confiante. Les charges du libéral deuxième année me rattrapent férocement, les impôts de nos changements de situation restent à évaluer...

"Un peu" anxieuse, moi ? C'est bien possible ;-)
(...mais je suis bien contente qu'il y ait mon hibou :-P...)

28 août 2018

#crèmedenuit

Ce soir, Clara : "Tu sens bon, comme une maman qui va se coucher. Ça sent toujours bon les mamans avant d'aller se coucher".

La douceur, c'est bien aussi comme soin anti-rides ;-)

12 août 2018

Le Clos des Fées

 C'est un joli vin, ce pourrait être aussi le nom de cette maison, non que les hommes n'y soient charmants, mais parce qu'elle m'apparaît comme puissamment habitée par une forte lignée de femmes, et aussi comme bénie des dieux (avec ou sans majuscule - hantée par quelques démons aussi), tant elle déborde de talents divers.

Les maisons de famille sont mon talon d'Achille et ma drogue douce, depuis toujours ; celle-ci, que je retrouve d'année en année, m'est tout particulièrement chère. 

Des bonheurs-poupées-russes (comme les filles de la maison, aux prénoms de princesses slaves) : une région toute de bleu et de lumière, et dans cette région, une maison paisible et ouverte, et dans cette maison, des êtres à retrouver ou à découvrir, comme autant de trésors.

Cette année, un trio de jeunes gens lumineux, drôles, curieux, si vivants - et un couple de créateurs trop poétiques pour ce monde - des humains émouvants par leur force autant que par leur perceptible fragilité. Comme tous les humains ? Oui, mais un peu plus, ou un peu autrement... légèrement extra-terrestres. Flottant un tout petit peu au-dessus de notre sol. 

Le Clos des Fées, donc. Fées qui circulent aussi discrètement dans la lumière sur la terrasse au couchant, qui s'invitent dans les tableaux de Marina (dans un regard, ou sous une plume), qui scintillent sur la crête des vagues, qui s'évanouissent dans l’œil bleu glacier du chat Queenie, qui s’endorment dans la sérénité des jardins de la Fondation Maeght, ou sous la robe d'un vin gorgé de soleil. Voilà, je reviens d'un séjour chez les fées !

10 août 2018

Un moment de liberté

Les horaires de la vie devraient prévoir un moment, un moment précis de la journée, où l'on pourrait s'apitoyer sur son sort. Un moment qui ne soit occupé ni par le boulot, ni par la bouffe, ni par la digestion, un moment parfaitement libre, une plage déserte où l'on pourrait mesurer peinard l'étendue du désastre. Ces mesures dans l’œil, la journée serait meilleure, l'illusion bannie, le paysage clairement balisé. Mais penser à notre malheur entre deux coups de fourchette, l'horizon bouché par l'imminente reprise du boulot, on se goure, on évalue mal, on s'imagine plus mal barré qu'on ne l'est. Quelquefois même, on se suppose heureux !

Daniel Pennac, Au bonheur des ogres

J'adore. Le ton, l'humour, l'ambivalence de la chute. L'effet de vérité. C'est le luxe de ces jours-ci - mesurer l'étendue du désastre (voir posts précédents), mais aussi la taille du bonheur (qui prend de l'embonpoint), la surface de la chance. Plonger dans le passé, photos, courriers, souvenirs, mesurer le chemin parcouru, retrouver des émotions, des éclats de rire, toute une richesse dont les fils forment la trame de ce que je suis, même quand je ne m'en souviens plus. Regarder avec tendresse la Lu que j'étais, constater les invariants (ouch ! ça fait un peu mal à l'ego :-))), les évolutions aussi. Choisir de garder le tout, comme à la fin de Eternal Sunshine of the spotless mind : s'il faut tout faire disparaître ou tout garder, la douleur et la joie, alors je garde tout. 

06 août 2018

Un cadeau tombé du ciel

(...) je sais que je ne le montre pas beaucoup mais Ronan et toi comptez tellement pour moi. Je vous aime fort, gros bisous de la miss Za !

30 juillet 2018

Disney Thérapie

Du coup j'ai pris le temps de revoir Bernard et Bianca. Et j'ai compris pourquoi il avait longtemps été mon Disney préféré. Tout me parle chez Penny, sa solitude, son insatiable désir d'être adoptée, sa fragilité lorsque Medusa lui balance que jamais personne ne voudra d'une petite fille quelconque comme elle. Mais aussi son courage, sa capacité à s'auto-rassurer (avec l'aide de son fidèle Teddy), à garder l'espoir, et aussi l'énergie et l’inventivité de l'enfance, et à savoir s'accrocher aux plus petites mains tendues (même si ce sont celles de deux petites souris).

D'une façon plus large, les Disney me font du bien. Fonctionnent comme un lieu sûr en EMDR - un endroit où le système nerveux s'apaise, où les ressources sont activées, notamment à travers les chansons. C'est à la fois une surprise (et un petit secret vaguement honteux :-))) et une évidence - si on en écoute plusieurs à la suite, tirées de films différents, elles font toutes appel aux qualités énumérées ci-dessus, et aussi au rêve et à l'appel du large, qui me constituent tout autant.

27 juillet 2018

Lâcher prise

De la nécessité de pouvoir me déprimer. Parce que ça fait sept ans que je lutte pour continuer d'avancer, faire des projets, offrir une belle vie aux enfants « quand même », me relever toujours. Et dix-huit mois qu'avec la maladie d'Elsa, cette lutte est devenue non plus de maintenir de la vie, mais déjà de survivre psychiquement. Je suis épuisée, j'ai besoin de faire le deuil de ce qui ne sera plus, de regarder cette dernière année et de pouvoir dire à quel point c'était intolérable. Arrêter de tout tenir, d'être un bon petit soldat. Arrêter d'être dans le soin, partout, tout le temps, avec tous. Me laisser plus de place, enrayer la machine contre-dépressive. Accepter d'être vulnérable, pouvoir demander à être accueillie, rassurée, bercée.


Maintenant c'est possible - parce qu'Elsa va mieux, parce que je suis plus en sécurité sur tous les plans. Maintenant c'est possible, parce que les enfants ne sont pas là, que je ne travaille qu'a minima ce mois-ci. Souffler. Ralentir. Pleurer quand c'est nécessaire, et rire quand c'est possible. Redécouvrir qu'il peut y avoir une lueur de sérénité dans le chagrin, quand celui-ci est juste. Ne rien faire mais le faire bien, me suggérait mon ami Stéphane.

PS : quelques jours plus tard Léo m'a envoyé cet extrait de livre : "Je ne veux plus de tes mensonges, c'est fini ! Arrête de vouloir être la plus forte partout... tout le temps, je m'en fous, Mom ! Tu m'entends... Je m'en fous. Ce n'est pas pour ça que je t'aime. Je t'aime quand tu ne penses pas comme moi et que tu me le dis. Je t'aime quand tu me dis "Non !". Je t'aime quand tu n'aimes pas toujours ceux que j'aime. Je t'aime quand tu as peur et que tu me l'avoues. Je t'aime quand tu es jalouse. Je t'aime pour rien. Je t'aime pour tout. Je t'aime sans raison. Je t'aime parce que je suis capable de t'aimer."

05 juillet 2018

Kifs de voyage Bangkok-Cambodge, été 2018

Au début je me suis dit que j'allais en choisir un pour chaque jour, mais il y en a trop qu'il aurait été dommage de passer sous silence. Et puis il y a les "kifs transversaux", comme la chance et le privilège considérables d'avoir pu faire ce voyage à quatre, de découvrir le monde ensemble.

Comme la conscience que vivre des moments comme ceux-là après l'année que nous avons passée est un petit miracle et une grande récompense pour toute l'énergie investie. Non que tout soit simple ou parfait ; mais parce que déjà avoir pu faire ce projet et le réaliser est un vrai cadeau et  le signe du chemin déjà parcouru.

Comme la concrétisation d'une ligne de vie à laquelle je crois profondément : Collect moments, not things. Et d'une autre : celle d'accepter de se laisser surprendre : sans l'annonce de Pierre et Sabine, pas de Cambodge. Mais aussi de se donner les moyens de la chance : sans Trocmaison, pas de Cambodge non plus !

Kifs donc. 
- Le soleil qui se lève en avion. Je ne m'en lasserai jamais, j'epère
- Le premier temple à deux pas de l'hôtel, les bonzes en robe orange
- Madame Musur ! Un délicieux petit restau de Rambuttri Soi, devenu notre QG : bon, beau, bon marché, cadre cool et exotique à la fois (et la WiFi of course ;-)))
- Les moyens de transports : tuk-tuks, vélos, taxis, ferries, long tail boats et l'avion, donc
- La balade en vélo à Bangkok, avec étape en bateau sur les klongs
- Les piscines - sur le toit à Bangkok, toute en pierre avec cascade à Siem Reap, nichée dans la verdure à Phnom Penh
- Les esprits farceurs du temple Wat Pho à BKK
- Les marchés - fleurs, fruits, légumes, soieries... me faire faire une robe sur mesure
- La nourriture, variée et délicieuse
- Les merveilles de chez Ambre
- Le bar à chats et son chat nu
- Accéder à l'histoire : S21 et le documentaire de Rithy Panh, un autre sur Angkor, le film d'Angelina Jolie sur la période Khmers Rouges. un autre kif, voyager au temps d'Internet où toute l’information vient enrichir ce que l'on découvre.
- L'échappée verte dans la campagne de l’île de la Soie
- La chef française super sympa du délicieux Bistrot Pepe, juste en bas de "chez nous"
- Les dédales des temples d'Angkor, la vibration spirituelle qui s'en dégage encore (malgré les cars de Chinois !), l'incroyable poésie des ruines dont la nature a repris possession, la richesse technique, esthétique, architecturale de cette civilisation
- Pub Street à Siem Reap, et la folle ambiance de la finale de la Coupe du Monde de foot dans un minuscule bar rempli de Français
- La  déception que la saison des pluies nous ait privés de notre escale "Île paradisiaque" (et même du plan B à Kampot), mais notre capacité de rebond : matches de boxe locaux, cours de cuisine, et l'émouvante visite de Pour un sourire d'enfant, là aussi après avoir revu Les Pépites grâce à Internet
- Rebond 2 : un vol annulé nous oblige à reprendre une nuit à Bangkok ? Nous y avons fait deux de nos plus belles expériences : le bar en rooftop pour découvrir la ville à nos pieds, quasi en exclusivité car la pluie juste avant avait découragé les touristes ; la merveilleuse maison-musée de Jim Thompson, un joyau caché dans un jardin-écrin ravissant
- Un moment d'exception à quatre, initié par Léo : le temps d'échanger, avec infiniment d'authenticité, sur nos qualités et nos défauts respectifs, tels que nous les percevons et tels qu'ils sont perçus
- La douceur et la gentillesse des gens, le sourire omniprésent. La confiance possible, les échanges courtois, le service attentionné et prévenant, le sens de l'esthétique - chambres préparées, plats joliment décorés, et même dans les rapports marchands, de la négociation dans le respect et le rire.

26 juin 2018

Ivry-sur-Espoir

Ça me trotte dans la tête depuis longtemps - quelle forme d'engagement citoyen trouver. Aussi, quand j'ai entendu parler du Centre d'Hébergement d'Urgence pour les Migrants, destiné spécifiquement aux familles et aux femmes isolées et situé à deux pas de la maison, je me suis dit qu'il fallait que j'aille les rencontrer. Le lieu est exemplaire - super projet d'architecture, très justement primé, lumineux, propre, et très vivant du fait de la présence d'enfants de tous les âges et de toutes les nationalités.

La gestion est assurée par Emmaüs, d'autres associations sont présentes sur le Pôle Santé, géré par le Samu Social. Mon souhait à ce jour est plutôt de participer à des choses simples, plutôt qu'ajouter du psy (dont ils sont au demeurant déjà pourvus). Mais à voir... Le lieu donne envie en tout cas, laisse de la place à la souplesse dans l'engagement dans le temps (ce qui le rend possible), et à la créativité. A expérimenter au retour des vacances, mais comment refuser l'appel silencieux de cette minuscule gamine venue glisser sa main dans la mienne lors de la visite ?