04 juin 2026

Graines

Ca me fait toujours plaisir de constater qu'aujourd'hui, mes enfants vont spontanément s'interesser à la culture - bouquins, conférences, expos... ici, l'expo Calder à la Fondation Vuitton (que je les avais emmenés visiter lors de l'ouverture). Mais je ne m'attendais pas à ce que Léo fasse le lien avec un atelier autour des mobiles de Calder je crois à Beaubourg alors qu'ils avaient quoi - 6 ans ? 8 ans ?

Ca m'a vraiment touchée, au point où je lui en ai reparlé le soir - un vrai bonheur de parent de voir que les petites graines plantées dans l'enfance portent leurs fruits si longtemps après - un autre beau cadeau de Fête des Mères ;-)!

31 mai 2026

Ivre de mots

Pour la Fête des Mères, Elsa voulait m'offrir un livre dans notre librairie favorite. Une mission pas si facile - j'ai beaucoup lu, j'aime des choses très diverses, du coup elle est revenue avec un bon cadeau et cette excellente question : en fait, comment on choisit un livre ? 

Réponses possibles : parce qu'on aime l'auteur, parce qu'on a lu ou entendu de bonnes critiques, parce qu'un ami (ou notre libraire ;-)) nous l'a recommandé, parce que le thème nous intéresse, parce qu'on a eu un coup de coeur pour la quatrième de couverture ou les premières lignes... et vous, vous voyez d'autres raisons ? 

En tout cas - ce qui me touche, c'est cette transmission du goût des mots,  car j'ai moi aussi choisi un livre pour l'offrir à ma maman dans cette même librairie. Une version illustrée du Bateau ivre (un excellent cadeau pour ancienne prof de lettres donc), un petite édition poétique et confidentielle aussi autour de la filiation, puisque co-illustré par un père et sa fille, venus faire une signature quelques jours plus tôt.

29 mai 2026

Agatha

Je la connaissais à peine, cette dame, d'autant que nous ne parlions pas les mêmes langues. Mais j'aimais son sourire lumineux, son amour pour les siens et sa foi vivante, incarnée. Elle était jeune, si jeune, 61 ans ce n'est pas si loin de moi... le week-end de l'Ascension, Cyril nous annonçait une rupture d'anévrisme  gravissime, sans retour quoi qu'il arrive. Le 29 mai, elle n'était plus là, et comme beaucoup d'âmes au moment du grand départ, elle a attendu que ses filles quittent la chambre de l'hôpital pour s'envoler... nous laissant sans voix devant la vie qui bascule en un instant, et la conscience plus que jamais de ce qu'il y a d'irremplaçablement précieux dans la présence : ensemble, c'est tout.

28 mai 2026

Lève-toi ! Lève-toi !

Franchement, je n'y croyais pas, et j'ai bien failli déclarer forfait : la ville étouffe sous 34°C depuis une semaine, alors, 200 choristes et 500 spectateurs assis au milieu des chanteurs dans un hangar non climatisé, je ne le sentais pas. Du tout. Mais l'énergie du groupe, la curiosité, et l'envie de voir ce que donnerait ce morceau de bravoure, un Bohemian Rhapsody monté en quelques semaines (spoiler : il n'y a pas eu à en rougir), et puis mon engagement dans ce collectif multicolore, et l'envie de reconnaître l'incroyable boulot réalisé par nos  non moins incroyables cheffes de chœur ont eu raison de mes appréhensions.


Et... c'était génial comme à chaque fois, la vibration qui circule est tellement galvanisante, euphorisante que la chaleur, les heures debout, le monde ne comptent plus - mais juste la joie partagée. En fait les hangars, ça a une très bonne acoustique, assez pour coller des frissons à tous sur Lève-toi foule, de Barbara Pravi, qui nous a adressé un message audio ému le lendemain. 

J'ai beaucoup ri pendant l'inénarrable reprise de Pour que tu m'aimes encore, et j'ai aussi eu les larmes aux yeux à l'annonce de la salle retenue pour notre concert 2027. Un truc de dingues. J'ai hâte. Et tellement de gratitude pour Clairie et son équipe, ces jeunes gens un peu fous qui ont décidé de créer de la joie à grande échelle et de réaliser leurs rêves - salles mythiques, groupes démultipliés mais avançant du même pas dans toute la France, morceaux incroyables et parti-pris du partage - faire chanter le public, résultat, après chaque concert les inscriptions décollent. Les gens en veulent encore, veulent en être, et je suis tellement d'accord...

23 mai 2026

Coquillages et crustacés

Il y avait longtemps, et on en avait bien besoin tous les deux de ce temps juste pour nous, et de nous échapper loin de Paris. Où j'ai retrouvé la fluidité des débuts, rien ne heurte, tout coule, les choses sont simples, lire dans le train, bien manger, bien dormir, nager en mer, aller chercher une glace, faire le marché, prendre les vélos, juste être. Quarante-huit heures de vacances, pour pré-fêter l'anniversaire de Samir.

 

21 mai 2026

Cheminer

...vers une nouvelle étape, un nouveau collectif, guidée pas après pas : faire confiance.
Une rencontre et puis trois, pour un monde qui reste à découvrir.

15 mai 2026

Annecy

J'avais rêvé longues balades à vélo, à pied, en pédalo, en parapente, et de faire découvrir aux enfants cette ville pour laquelle j'ai un coup de coeur depuis l'été 2022. On aura essayé, pendant ces quatre jours de pluie battante et de températures automnales, de profiter de la moindre éclaircie pour qu'ils puissent quand même avoir un petit aperçu de ce que j'aime là-bas : les canaux et les petites rues de la vieille ville, un petit tour sur le lac, les bleus du ciel et du lac qui se répondent...  Et pour le reste, un joli dîner d'anniversaire gentiment préparé par Delphine pour Elsa, un karaoké maison dans l'appart d'échange, et du temps tous les trois, c'est ce qui compte, non ?
 

10 mai 2026

02 mai 2026

Chut, écoute !


Dans ce temps de plongée intérieure, j'ai reçu ce message : je suis "celle-qui-danse-dans-le-silence". Un genre de nom indien imaginaire, mais qui faisait étonnamment sens. Ce silence d'où part le plus juste de mon être-thérapeute. Ce silence qui fait écho à mon silence intérieur, et parfois extérieur - je ne suis pas la plus bavarde de mes amies - dans lequel je me sens bien, et où je crois résident ma force et mon ancrage. 

C'était drôle dans ce moment, me poser la question : celle qui danse en silence ou dans le silence ? Non, c'était bien dans - un silence comme une enveloppe, un espace à part entière, nécessaire pour que le mouvement se déploie : intuition, connexion, accueil. Maintenant que j'y pense, j'avais écrit là-dessus déjà, lors d'une formation - ce qui m'avait beaucoup amusée, répondre à une consigne sur l'entretien par un écrit sur le silence...

30 avril 2026

English humor

English day : d'abord à l'expo Martin Parr au Jeu de Paume - on sourit beaucoup, même si c'est parfois jaune, puis à la librairie Galignani. On a aperçu aussi les portraits d'Arthus Bertrand place de la Concorde, mais eu la flemme de faire une heure de queue pour poser à notre tour,  et pris un café rue de Rivoli - en or massif, le café, ils prennent vraiment les touristes pour des pigeons - très raccord avec l'humour de Parr !

 

19 avril 2026

C'est pas Versailles ici !


Bah si, en fait. Et c'est aussi un week-end tout simple et joyeux,
un ciné, une balade en moto,
et les jardins du château que je n'avais jamais visités.

13 avril 2026

Collectifs


 

03 avril 2026

Réunir


On partage ça avec Cyril je pense - "Collect moments, not things". Et si le prétexte était de fêter les un an de la petite Chloé, l'essentiel était d'abord de nous rassembler, de continuer à tisser ou à créer des liens. D'entrecroiser aussi notre toute petite famille avec la tribu polono-germano-suisse de Lika, dans des conditions de rêve - magnifique chalet, météo optimale, pistes quasi-désertes en cette fin de saison. Ce petit groupe d'humains respire la gentillesse, et la volonté de communiquer malgré la barrière de la langue. Dix ans que je n'avais pas skié - un luxe que je n'aurais jamais pu m'offrir, mais qui m'a fait un bien fou ! 

23 mars 2026

Y a d'la joie !


Union de la gauche, de LFI à Place Publique, versus désunion de la droite : gagné ! Très admirative de la persévérance et du courage de toutes nos têtes de liste et de leurs choix pourtant difficiles à bien des titres : excommunications diverses et deuxième mandat avec un maire jusque-là fort peu démocratique - mais avec un conseil désormais plus équilibré. Ruffin hier : "Déconne pas la gauche !", hier à Villejuif elle a assuré la gauche ! Et - Paris, Lyon, Marseille - idem.

13 mars 2026

Et antidote

Moi je pense que tant que vous luttez, tant que vous résistez, vous êtes en bonne santé. La santé c'est l'ensemble des forces qui résistent à la mort. Dès lors qu'il y a de la résistance - tant qu'il y a de la lutte, tant qu'il y a du combat, tant qu'il y a de l'invention, tant qu'il y a de la création, tant qu'il y a du bricolage... je vais prendre la phrase d'Artaud qui dit que sans l'impression d'un minimum de puissance, la vie n'est pas supportable. Donc, tant que vous avez le sentiment d'avoir un minimum de puissance avec vous parce que vous créez, parce que vous bricolez, que vous êtes avec des autres, alors c'est bon, vous êtes en bonne santé. Donc, vous pouvez souffrir, vous pouvez trouver que c'est dur, c'est pas grave, il y a de l'énergie - et le collectif, c'est ça qui nous tient. 

Interview de David Deneufgermain dans Folie Douce

Oui. Et la clé de mes expériences multiples, de mes engagements, de mes curiosités, de mon envie croissante de collectif, elle est là. Ces activités sont à la fois le signe et le garant de ma relative santé psychique. Ce qui permet à ma vie de continuer de mériter d'être vécue, ce qui lui donne sa saveur et nourrit mon élan.

Vulnérable(s)

Ca fait un moment que ça tourne, enfle, et me déborde de plus en plus cette thématique de la vulnérabilité. Submergée aux niveaux individuel, familial, professionnel, social, politique, écologique, géopolitique...

...une vulnérabilité ressentie aussi par les patients - étudiants ou en cabinet, et je n'avais jamais - sauf aux débuts du Covid, quand nous n'arrivions pas à appréhender la réalité de la situation -  ressenti à quel point il peut être épuisant d'accueillir des angoisses auxquelles nous sommes tout autant confrontés que les personnes que nous recevons. Faire de la place à l'anxiété, aux deuils, aux traumatismes... pour les patients, et puis pour les proches - comme toutes les femmes dans le médico-social, et puis... pour nous, quand ? 

Moi aussi, j'ai peur, je me sens impuissante, en colère, parfois désespérée. Moi aussi, je suis tentée d'éteindre la radio, de me replier, de fermer les yeux et les oreilles. Moi aussi, je fais partie de cette classe moyenne qui se fragilise, moi aussi je fais partie de cette génération née dans un monde où l'idée de la guerre semblait appartenir au passé, tout au moins en Europe, et où la démocratie allait de soi - ainsi que la liberté de la presse et l'existence de droits acquis en termes de justice, d'éducation et de santé. Dans un monde où le fascisme était un "plus jamais ça". Dans un monde où avoir fait de bonnes études semblait garantir une certaine sécurité dans cette vie. Dans un monde où la survie de notre espèce humaine à court terme n'était pas une question (et notre incapacité à affronter ces enjeux me sidère). 


Je ne suis (à nouveau) "plus étanche", ça c'est récurrent, mais il me semble que ça m'atteint de plus en plus profondément. Que cette vulnérabilité est devenue la mienne - contrat de travail en balance, âge supérieur à cinquante ans, petits handicaps et soucis de santé, retraite improbable ; celle de mes enfants - handicap psychique, désorientation ; celle de mes parents - dépendance physique ou psychique. Une patiente m'a récemment appris le terme de "sandies" - pour cet âge sandwich entre les soucis des grands enfants et ceux des parents vieillissants, mais si ce n'était "que" ça, si toutes les enveloppes à toutes les échelles n'étaient pas aussi dysfonctionnelles, peut-être ce serait juste "la vie". Là - je ne sais plus.


21 février 2026

Pacoo !


Photo du groupe de Pacoo pétant les plafonds de verre ! J'ai adoré cette semaine. Parce que le collectif me tient de plus en plus à coeur, qu'il soit professionnel, associatif, politique ou simplement humain, et que je ne vois pas comment nous pourrions faire sans, cf le "réseau des tempêtes" de Pablo Servigne (cette poétique trouvaille, le réseau des tempêtes...).

J'y ai trouvé des apports et des outils utiles, une réflexion de fond, militante et impliquante, de belles rencontres - et aussi une semaine en pleine campagne dans un tiers-lieu aux multiples projets, avec une cantine vegan savoureuse - que demander de plus ?  Ah, le plaisir d'une complicité de plus avec Léo sur ces sujets, puisque c'est lui qui m'a indiqué cette piste. "Y a plus qu'à" mettre en œuvre, là où et quand ce sera possible - par petites touches - "N'essayons pas de convaincre, commençons par faire réfléchir". En tout cas moi ça m'aura bien fait cogiter en effet, et redonné espoir, cette petite communauté de personnes engagées pour un monde un peu meilleur.

16 février 2026

Double standard

J'ai pu quelquefois être agacée par les positions féministes radicales de la jeune génération - par toutes les positions qui clivent d'ailleurs, les hommes sont nos alliés, victimes aussi d'un système moribond (en le sachant ou non) et je suis résolument pour la convergence de toutes les luttes.

Je suis consciente d'être préservée - je suis dans le petit pourcentage des femmes ayant échappé aux VSS graves (personne n'échappant aux exhib, aux mains aux fesses ou aux propositions tarifées), mes compagnons ont toujours été capables d'en faire autant que moi dans les tâches du quotidien (plus, si on considère mon inaptitude chronique au bricolage), et sont des gens fondamentalement respectueux dans la sexualité.

Jusqu'au jour où ça m'a sauté au visage : dans quel monde c'est OK que les pères refassent leur vie et d'autres enfants en laissant à la mère la totalité de la charge mentale et la large majorité de la charge financière pour les enfants de leur premier couple, a fortiori quand le handicap s'invite - avec ses conséquences vertigineuses sur l'ensemble de la vie ? Où est-il écrit que le soutien au jour le jour, la recherche de solutions de scolarisation, de soins, de formation, et le paiement des factures du quotidien repose sur un seul parent ? Que penserait-on de moi en tant que mère, si la situation était inversée ? 

Il m'est allé droit au coeur, le monologue de Scarlett Johansson dans Marriage Story :

Les gens n'acceptent pas les mères qui boivent trop de vin, qui crient après leur enfant et le traitent de connard. Je comprends. Je le fais aussi. Nous pouvons accepter un père imparfait. Soyons réalistes, l'idée d'un bon père n'a été inventée qu'il y a environ 30 ans. Avant cela, on attendait des pères qu'ils soient silencieux, absents, peu fiables et égoïstes, et nous pouvons tous dire que nous voulons qu'ils soient différents. Mais à un niveau fondamental, nous les acceptons. Nous les aimons pour leurs faiblesses, mais les gens n'acceptent absolument pas ces mêmes défauts chez les mères. Nous ne les acceptons pas structurellement et nous ne les acceptons pas spirituellement. Parce que le fondement de notre judéo-christianisme, peu importe, c'est Marie, la mère de Jésus, et elle est parfaite. C'est une vierge qui donne naissance, qui soutient son enfant sans faiblir et qui tient son corps sans vie quand il est parti. Et le père n'est pas là. Il n'a même pas baisé. Dieu est au paradis. Dieu est le père et Dieu ne s'est pas montré. Donc, tu dois être parfaite, et Charlie peut être un raté, ça n'a pas d'importance. Tu seras toujours soumise à une norme différente, plus élevée. Et c'est nul, mais c'est comme ça.

12 février 2026

Bulles


T'es dans ta bulle, tu t'crois dans du champagne, Paris - ça ce ne sont pas Les Demoiselles de Rochefort, mais une autre B.O, celle de Les uns et les Autres. Mais la soirée d'hier au Lido avec les enfants, c'était tout à fait ça, une bulle de légèreté joyeuse, qui donne envie de prendre des cours de claquettes et de chanter dans le métro du retour. Bulle de champagne ou de savon, c'était un vrai bonheur de partager ces chansons que nous connaissons tous les trois par coeur, un classique de la maison avec La mélodie du Bonheur. Un cadeau de la Zou, pour nous trois, parce que nous le valons bien.

10 février 2026

Invitation au voyage


Malgré la fatigue qui s'accumule, je sens à quel point ça repose, ça nourrit, et même ça protège, la beauté partagée. Marcher doucement, refaire le monde (qui en a bien besoin)... et changer d'univers plusieurs fois dans l'après-midi.

Les couleurs des futurs vitraux de la nef de Notre-Dame, l'univers fantastique d'Eva Jospin, l'invraisemblable boutique Hermès installée dans une ancienne piscine, un cocktail exceptionnel dans un lieu chargé d'histoire(s), l'hôtel Lutetia, autant d'instants suspendus, d'échappées brèves de la dureté du monde. Au programme : ordre et beauté, luxe, calme et volupté, donc.