To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
23 novembre 2013
19 novembre 2013
In Treatment
A ce jour, je ne ne connais que deux espaces de fiction qui parlent avec justesse du métier de thérapeute, de ses questionnements et de ses bonheurs, sans verser dans le cliché ou la caricature : les romans d'Irvin Yalom, et la série In Treatment. Gabriel Byrne a un charme fou (son petit accent, son regard, mmmh). A voir en V.O absolument, pour sa voix (mmmh sa voix...bon, j'arrête :-)), et aussi parce qu'en français même le titre est à côté de la plaque : Paul n'est certainement pas un analyste, plutôt un psychothérapeute existentiel (il cite Yalom d'ailleurs) ou relationnel, de toute évidence multiréférentiel. Les problématiques de ses patients sont... les nôtres - la vie, la mort, les relations humaines - amours, familles, amis - l'adolescence, les choix de vie, le vieillissement, la maladie... et les questions de Paul Weston sont celles auxquelles je me confronte jour après jour : l'engagement dans la relation, la recherche constante de la justesse dans l'intervention, la solitude, les choix stratégiques, la souplesse du cadre, la confrontation à mes propres problématiques (et à l'impuissance, et au doute), l'interférence de la vie privée sur le professionnel, la nécessité de la supervision. Saison 2 terminée ! Je commence la 3.
Même pas peur de Novembre
Une journée filles avec la Zaza - qui a croqué avec bonheur les merveilles d'Alaïa dans le fraîchement rénové palais Galliera, une matinée de yoga (mais pourquoi ne m'y suis-je pas intéressée plus tôt ?), une heure trente de délires russes - les Semianyki ne valent pas le Slava's Snowshow, mais sont quand même bien déjantés, une soirée douce à jouer au Crôa et au Perudo avec les enfants (sortir de la démago-facilité du film ou de la série blottis sous la couette), un chouette moment à improviser un quizz musiques de films sur Deezer (je recommande, effet madeleine garanti : James Bond, Star Wars, Indiana Jones, Ponyo - facile - E.T, Gone with the wind, Le grand blond avec une chaussure noire, Le Parrain - plus dur...). L'énergie revient doucement.
12 novembre 2013
Bucket List
Pour mes 40 ans, je voulais : avoir des amis dans le monde entier, faire une vraie fête, apprendre à naviguer, découvrir New York avec mes enfants. Il me manquait juste encore un tout petit détail, mais qui me tenait à coeur depuis longtemps - pour ne plus jamais perdre le nord... c'est chose faite ! Question pertinente de ma Zaza l'autre jour : Et maintenant, quels sont tes prochains rêves ?
11 novembre 2013
Gris doux
Comment réchauffer un week-end de novembre ? En allant voir l'adaptation au théâtre de La liste de mes envies - tous les personnages portés par un seul comédien, tendre et mélancolique (même coup au cœur lors du constat final : Je suis aimée, mais je n'aime plus). En faisant la grasse matinée. En buvant des litres de thé, dont un dans la somptueuse abbaye des Vaux de Cernay, et le suivant dans une chaleureuse maison d'amis. En profitant d'une journée de soleil pour aller admirer les couleurs d'automne des forêts de la vallée de Chevreuse en Harley-Davidson. En savourant des saucisses-lentilles à L'été en pente douce sur la Butte Montmartre. En revoyant O'Brother : Mais Pete, on croyait qu't'étais une grenouille ? En essayant des robes de rêve dans l'atelier-boutique de Zélia (dans quelle boutique de luxe, dites-moi, peut-on rêver d'être accueillie comme une copine par la créatrice elle-même, qui prend le temps de vous faire essayer deux ou trois modèles alors qu'elle sait pertinemment que vous n'avez pas les moyens de vous les offrir ?). En plongeant dans les univers vertigineux des créateurs de l'Art Brut à la Halle Saint-Pierre - voir notamment celui d'Alex Grey - un vol au-dessus d'un nid de coucous aux histoires et aux esprits fracassés, leçon de psycho-pathologie artistique qui prend aux tripes, angoisse, fascine, réconcilie aussi - comme une issue possible, une façon de transformer la douleur.
07 novembre 2013
Journey with the Jobsons
C'est une histoire comme je les aime - un concentré des raisons qui m'ont amenée à m'inscrire dans le réseau CouchSurfing. Imaginez un "single dad" afro-américain (Denver, Colorado) avec des enfants de l'âge des miens - exactement - parti avec eux pour un périple de 8 mois autour du monde - plus de 20 pays, avec un projet éducatif incroyable - leur donner les clés de ce monde, ni plus ni moins, à travers des rencontres, une ouverture à d'autres cultures et modes de vie, et une participation à divers projets associatifs locaux sélectionnés à l'avance - avec ce double message : "le monde vous appartient, et vous avez la possibilité de le transformer".
Il faut voir leur blog, et plus spécifiquement ce post, pour avoir une idée de la profondeur de son approche, mesurer son engagement en tant que père et citoyen du monde.
Non contents d'être inspirants, les Jobsons sont excessivement sympathiques, curieux, pleins d'humour et...tous les trois profondément attachants. Les enfants se sont très bien entendus, et je n'ai jamais entendu Léo parler autant anglais ! Nous nous sommes trouvé nombre de points communs (de Game of Thrones à Minecraft en passant par La mélodie du bonheur et le Monopoly) - une autre antienne du discours de Harold, reconnaître les similitudes plutôt que d'exacerber les différences.
Nous avons crapahuté ensemble dans le Marais et l'ïle Saint-Louis (Mariage Frères + Berthillon), admiré le travail photographique de Sebastiao Salgado à la MEP (8 ans de préparation, 30 pays, et une expo complètement raccord avec notre rencontre, sur les beautés de la Terre), mangé des croissants et des œufs au bacon, joué au Perudo, comparé nos goûts musicaux sur YouTube, longé les deux rives de la Seine avec ma maman en voiture - je n'avais jamais pris conscience que la plupart des monuments incontournables étaient à ce point concentrés là, à l'exception du Sacré-Cœur.
Mais le temps le plus fort a sans doute été la rencontre avec la classe d'Elsa - incroyable moment d'échange animé par Harold sur la base de ce qui est à la fois ce qu'il est humainement, de ce qui sous-tend son projet, et de son expérience bénévole auprès de jeunes menacés de déscolarisation. Les enfants étaient bluffés d'avance - une famille noire américaine, qui voyage dans le monde entier et vient leur en parler, c'était déjà beaucoup. Mais ils ne s'attendaient pas, et moi non plus, à vivre l'expérience qu'il leur a proposée : "What would you do if you were sure you could not fail ?". Un autre grand thème de Harold - la façons dont nous portons nos rêves, et l'invitation à ne pas les laisser détruire, par d'autres ou par nous-mêmes, ce qu'il a mis en lumière très simplement.
Plusieurs moments de grâce, les réflexions de Nola demandant si nous pouvons être notre propre dreamkiller ou faisant écho aux remarques de Harold sur nos similitudes - nous avons tous le même sang, dit-elle, l'enseignante complétant l'invitation au voyage en ajoutant qu'il ne s'agit pas forcément de partir loin, mais d'apprendre à voir, ou illustrant spontanément le "Think outside the box" en disant sa surprise de comprendre finalement assez bien l'anglais pour envisager de voyager dans les pays anglophones...
Le lendemain, visite de la Cité Universitaire Internationale de Paris - in English, thanks to Beverley, ma charmante patronne anglaise, et le même fil conducteur, créer des ponts entre les cultures et les êtres. Puis foot au parc Montsouris, avant une étape gourmande dans nos french cheese and meat shops - aussi incontournables que Le Louvre ou la Tour Eiffel. Elsa ne voulait plus les voir partir, et j'avoue que la maison m'a semblé bien vide après leur départ. Mais ils doivent repasser par chez nous après la Pologne et l'Allemagne, et qui sait, peut-être irons-nous un jour les voir dans leur maison de Jamaïque ?
Le lendemain, visite de la Cité Universitaire Internationale de Paris - in English, thanks to Beverley, ma charmante patronne anglaise, et le même fil conducteur, créer des ponts entre les cultures et les êtres. Puis foot au parc Montsouris, avant une étape gourmande dans nos french cheese and meat shops - aussi incontournables que Le Louvre ou la Tour Eiffel. Elsa ne voulait plus les voir partir, et j'avoue que la maison m'a semblé bien vide après leur départ. Mais ils doivent repasser par chez nous après la Pologne et l'Allemagne, et qui sait, peut-être irons-nous un jour les voir dans leur maison de Jamaïque ?
02 novembre 2013
Avec Léo
(Un clin d'oeil à Avec Maman !)
Pour cette seconde semaine des vacances, j'ai décidé de consacrer un temps privilégié à Léo - Elsa sera chez Grand-Mère, et nous ferons le contraire une autre fois. Au programme : Le Majordome, de Lee Daniels - chouette leçon d'histoire récente des Etats-Unis, Ados (pièce de théâtre qui s’avérera décevante), les délicieux burgers du Camion qui fume, une balade en Vélib', écouter ensemble Grand Corps Malade, regarder la saison 2 de Game of Thrones (en VOST). Mais aussi du temps calme ensemble, un peu de révisions, du papotage d'avant coucher, des câlins pour le chat... le dernier soir avant l'arrivée des Jobsons - le meilleur moment de notre semaine, voir post suivant, je m'interrogeais sur un autre spectacle - mais, la nuit, la pluie... Question du Léo : Mais, si t'es pas motivée, comment tu penses motiver un ado ??? Certes... début de la saison 3 en streaming, alors :-) !
Pour cette seconde semaine des vacances, j'ai décidé de consacrer un temps privilégié à Léo - Elsa sera chez Grand-Mère, et nous ferons le contraire une autre fois. Au programme : Le Majordome, de Lee Daniels - chouette leçon d'histoire récente des Etats-Unis, Ados (pièce de théâtre qui s’avérera décevante), les délicieux burgers du Camion qui fume, une balade en Vélib', écouter ensemble Grand Corps Malade, regarder la saison 2 de Game of Thrones (en VOST). Mais aussi du temps calme ensemble, un peu de révisions, du papotage d'avant coucher, des câlins pour le chat... le dernier soir avant l'arrivée des Jobsons - le meilleur moment de notre semaine, voir post suivant, je m'interrogeais sur un autre spectacle - mais, la nuit, la pluie... Question du Léo : Mais, si t'es pas motivée, comment tu penses motiver un ado ??? Certes... début de la saison 3 en streaming, alors :-) !
28 octobre 2013
18 octobre 2013
Grandir
Avoir des enfants qui grandissent, c'est aussi pouvoir les emmener voir un documentaire (mère indigne :-)) sur d'autres enfances moins privilégiées - "Sur le chemin de l'école" - et voir fleurir des questions dans ces "petites" têtes les jours suivants (sourire en silence : graines bien plantées). Les laisser se garder un soir et envoyer un texto "Suis dans taxi de retour. Faites semblant de dormir :-)." Les voir se mobiliser pour faire accueillir dans leurs établissements scolaires une famille de couchsurfeurs afro-américains qui fait le tour du monde (et être consternée par le refus du collège, probablement pour des questions d'assurances : quel monde crétin, où l'on s'assure contre tout ce qui fait la vie). Mettre des mots sur les méandres de l'angoisse, les séparations qui en réveillent d'autres, l'émotion qui devient corps - asthme, mal de ventre, etc. Tenter une explication de la théorie de la relativité le soir (merci Sciences et Vie Junior pour les jumeaux qui voyagent dans l'espace et reviennent en ayant douze ans d'écart) et un exposé sur les prix Nobel au p'tit dèj, combat de la jeune afghane pressentie pour le Nobel de la Paix inclus. Observer Léo réussir son premier Rubik's Cube et donner un cours sur les mérites comparés des systèmes Apple et Androïd à une amie...
12 octobre 2013
Retrouvailles
Des cailloux de petit Poucet d'année en année, en Anjou, en Bretagne ou à Paris. A Paris pour cette année encore, au carrefour des lignes SNCF, et de nos vies aléatoires - deux absents cette année, retenus par d'autres engagements, mais présents en nous. Je suis profondément touchée par la fidélité et la richesse de ce petit groupe d'humains, petit groupe qui fonctionne aussi bien ensemble (c'est tout ! ;-)) que dans les binômes qui se forment au hasard des balades et des activités, des heures d'arrivée ou de départ - un luxe rare, non ? Nous avons fredonné des rondes enfantines, arpenté les petites galeries du Marais, parlé de la vie et de la mort, des tout-petits et du vieillissement, des séparations et des projets - de ce qui change et de ce qui demeure, grimpé les ruelles des villas de la Mouzaïa, et applaudi un groupe de "vocal gipsy swing" dans un chaleureux restaurant/salle de concert découvert à cette occasion, Aux p'tits joueurs, pas petits du tout, ni dans l'accueil ni dans la générosité de la cuisine !
03 octobre 2013
Baby Boom
J'ai longtemps eu le souhait de travailler en maternité, d'accompagner des femmes enceintes, spécialement autour de cette révolution psychique et physique qu'est la première grossesse, l'arrivée du premier enfant. Trois de mes patientes sont actuellement enceintes, et je retrouve mon intérêt pour cette période, avec toute la richesse que permet un lien thérapeutique établi, la profondeur d'un tissage commun. Deux autres enfants sont nés les années précédentes, et j'ai eu brièvement le fantasme de commencer un album des bébés ainsi "accompagnés". Une patiente sage-femme m'a rêvée enceinte de... triplés, et même si je pense qu'elle me parlait de sa peur que je n'adopte d'autres enfants en son absence, je n'ai pas pu m'empêcher d'associer sur ces trois bébés à venir, ainsi que sur l'arrêt de mon activité en CPEF - comme un arrêt de contraception :-)? La question pour moi maintenant étant la suivante : que s'agit-il de faire venir au monde désormais ?
22 septembre 2013
"Mon premier festival"
Une de mes grandes joies de maman, ce sont toutes ces premières fois... Ce week-end, premier festival et premières scènes de concert... mes gamins sur l'herbe, un verre à la main, les hot-dogs approximatifs, les ados en bande, les rappels, le sourire de Léo (événement assez rare pour mériter d'être signalé...). Les passages de Rose et de Christophe Maé (ce n'est pas ma tasse de thé, mais les enfants étaient heureux), et surtout, le concert de Tryo - là, bonheur sans mélange : reprendre en choeur avec eux La Main Verte, Désolé pour hier soir ou L'Hymne de nos Campagnes (quel exemple pour la jeunesse, pfff... ;-)), un vrai moment de partage (j'écoute Tryo depuis avant la naissance d'Elsa), d'éducation quand même (parfaitement raccord avec les valeurs gaucho-bobo-pro-homo-écolo du groupe), de plaisir - la cerise sur le gâteau avec l'arrivée de Jeanne Cherhal puis des Brigitte en guest stars.
15 septembre 2013
De prime abord
- Reste à savoir ce qui prime, si c'est l'amour ou la raison...
- Ce qui est sûr, c'est que la raison déprime !
- Ce qui est sûr, c'est que la raison déprime !
11 septembre 2013
10 septembre 2013
Sagesse du matin
Petit déjeuner, Elsa se marre.
LuLu : Qu'est-ce qui te fait rire ?
Zaza : Je ne sais pas, mais je vais trouver !
LuLu, pensive : Ça me paraît une bonne philosophie...
LuLu : Qu'est-ce qui te fait rire ?
Zaza : Je ne sais pas, mais je vais trouver !
LuLu, pensive : Ça me paraît une bonne philosophie...
03 septembre 2013
Sagesse d'Adamsberg
On connaît toujours sa décision bien avant de la prendre. Depuis le tout début, en fait. C'est pour cela que les conseils ne servent à rien.
Fred Vargas, L'armée furieuse
24 août 2013
Horizon(s)
Bonheurs de navigation : arriver à la voile dans le Vieux-Port de Marseille.
Faire un mouillage dans une crique des îles du Frioul, dernière baignade en mer de l'année dans les eaux claires de la Méditerranée, directement depuis le pont du bateau, ce qui m'a rappelé de beaux souvenirs...
Voir pour la première fois un groupe de dauphins jouer à l'étrave (pas de photos : savourer l'instant, magique, plutôt que de courir après mon appareil ou de regarder la vie à travers un viseur).
Visiter les Saintes-Maries-de-la-Mer.
Profiter d'une météo optimale, le vent n'étant tombé que le temps de déjeuner au soleil avant une petite sieste en nav', mes préférées : jamais je ne dors aussi bien que bercée par les vagues le long de la coque.
Recevoir enfin une explication claire sur l'art et la manière d'attacher les pare-battages et les amarres pour qu'elles partent dans le bon sens par rapport au quai (merci, Max).
Envoyer le spi (enfin, regarder comment il faut faire, à ce jour).
Changer de co'piaule ;-).
Me régaler de gambas grillées énormes, avec un peu d'aïoli.
Sourire de l'équilibre parfois fluctuant des relations à bord, ajouter un Sicilien chaleureux à la liste des chouettes rencontres Glénans, tout comme notre "Mono-Manon" (décidément, la valeur n'attend pas le nombre des années).
Relancer mon envie d'un tatouage Rose des vents (mais pas sur la nuque).
Me battre au jet d'eau sur le pont le dernier jour.
Accompagner le rosé du soir de conserves de poisson de la Belle-Iloise que j'avais ramenées spécialement à cet effet, et d'un peu de blues.
Chanter à la barre, comme toujours, parce qu'il y a peu de choses qui me rendent aussi parfaitement heureuse...
Faire un mouillage dans une crique des îles du Frioul, dernière baignade en mer de l'année dans les eaux claires de la Méditerranée, directement depuis le pont du bateau, ce qui m'a rappelé de beaux souvenirs...
Voir pour la première fois un groupe de dauphins jouer à l'étrave (pas de photos : savourer l'instant, magique, plutôt que de courir après mon appareil ou de regarder la vie à travers un viseur).
Visiter les Saintes-Maries-de-la-Mer.
Profiter d'une météo optimale, le vent n'étant tombé que le temps de déjeuner au soleil avant une petite sieste en nav', mes préférées : jamais je ne dors aussi bien que bercée par les vagues le long de la coque.
Recevoir enfin une explication claire sur l'art et la manière d'attacher les pare-battages et les amarres pour qu'elles partent dans le bon sens par rapport au quai (merci, Max).
Envoyer le spi (enfin, regarder comment il faut faire, à ce jour).
Changer de co'piaule ;-).
Me régaler de gambas grillées énormes, avec un peu d'aïoli.
Sourire de l'équilibre parfois fluctuant des relations à bord, ajouter un Sicilien chaleureux à la liste des chouettes rencontres Glénans, tout comme notre "Mono-Manon" (décidément, la valeur n'attend pas le nombre des années).
Relancer mon envie d'un tatouage Rose des vents (mais pas sur la nuque).
Me battre au jet d'eau sur le pont le dernier jour.
Accompagner le rosé du soir de conserves de poisson de la Belle-Iloise que j'avais ramenées spécialement à cet effet, et d'un peu de blues.
Chanter à la barre, comme toujours, parce qu'il y a peu de choses qui me rendent aussi parfaitement heureuse...
22 août 2013
Texto Kids
LuLu : Je t'aime. Là comme ça ? Oui, là comme ça.
LuLu : Note bien que j'aime AUSSI la Zou...
Léo : Tout ton amour n'est pas que pour moi ?
LuLu : Tout mon amour est pour vous (heureux veinards !)
Léo : Tu savais que t'es pas obligée de me vouvoyer ?
LuLu : Note bien que j'aime AUSSI la Zou...
Léo : Tout ton amour n'est pas que pour moi ?
LuLu : Tout mon amour est pour vous (heureux veinards !)
Léo : Tu savais que t'es pas obligée de me vouvoyer ?
21 août 2013
La dernière fois
Une après-midi comme les autres en CPEF : expliquer le mode d'emploi des différents moyens de contraception, rassurer sur la pilule suite aux débats de cet hiver, informer sur les alternatives - DIU, implant. Avec des mots simples, pour les plus jeunes, des mots scientifiques, pour les plus diplômées ; en anglais, pour une étudiante turque vivant habituellement en Pologne ! Faire faire un test de grossesse urinaire, négatif, le doubler par une prise de sang pour rassurer une très jeune femme angoissée. Décrire à une réfugiée kurde les étapes du déroulement d'une IVG médicamenteuse à domicile. Attendre avec une ravissante métisse de 20 ans, déjà maman d'une petite fille d'un an et demi, les résultats d'un BHCG qui pourrait bien confirmer une nouvelle grossesse, accidentelle. Adresser une mineure à une collègue médecin pour sa toute première contraception orale...
Une après-midi comme les autres, à ceci près : après dix années à accompagner les femmes, les questionnements, les risques et les doutes de la vie amoureuse, je referme doucement la porte, pour la dernière fois. Je me réjouis de ce qui suit - continuer à travailler en prévention, et surtout, développer mon cœur de métier, et le métier de mon cœur, celui de thérapeute, mais je ne quitte pas sans émotion cet engagement auprès des femmes, cette fenêtre ouverte sur l'essentiel : le sexe, la vie, la mort, et les mille et une façons dont chacun(e) se débrouille avec ça...
16 août 2013
Tant qu'il y aura des rêves
Un des points fascinants de l’échange de maison - outre le fait d'avoir déjà par trois fois offert à mes enfants des vacances exceptionnelles pour le prix des trajets, c'est la possibilité de relancer sans cesse le rêve, d'ouvrir des possibles. Pour cette année, après l'été, j'y regarderai à deux fois avant de prendre un simple billet de train ; mais dans ma boîte mail tombent des offres qui à elles seules me font voyager. Une maison avec piscine intérieure à Charleston, une villa à Acapulco, une île grecque à vingt minutes d'Athènes par bateau. Rêver, c'est partir un peu...
15 août 2013
Un autre funambule
Il met un point d'honneur à explorer les limites, toutes les limites, et à s'y cramponner. Il affirme qu'en circulant sur les lignes de crête, en équilibre entre un versant et un autre, il est certain de souffrir mais de ne jamais s'ennuyer.
Fred Vargas, Un lieu incertain
10 août 2013
Belle-Île-en-mer...
(...et je défie quiconque de ne pas finir la phrase :-))
J'aime les îles presque autant que les bateaux - ces lieux voyageurs derrière lesquels laisser toutes les préoccupations du continent et du quotidien. Cinq ou six jours de joies simples et lumineuses, traverser en bateau (déjà, le mouvement du bateau dans le corps, un bonheur à part entière), fredonner de vieilles chansons françaises avec un petit groupe live au Palais, découvrir ces criques sauvages, turquoise au hasard de longues balades sur les sentiers côtiers escarpés, échanger à cœur ouvert sur des sujets pourtant infiniment délicats, danser sur une place de village, boire un verre avec des gens du cru, admirer le feu d'artifice sur le port de Sauzon (un plaisir enfantin), se baigner en mer ou chahuter à la piscine, lire des bouquins faciles allongée au soleil dans l'herbe (quatre ou cinq, dont Un été sans les hommes, de très loin le meilleur), dormir sous la tente, câliner un enfant, regarder le soleil se coucher sur les falaises du phare des Poulains ou sur les aiguilles de Port-Coton depuis la terrasse du Marie-Galante, manger des caramels au beurre salé et des galettes au blé noir, reprendre une crêpe sucre-beurre salé par pure gourmandise.
Des jours tendres et rugueux, à l’image de l'île et de cette photographie encadrée pour laquelle j'ai eu un coup de cœur avant de partir : falaises rudes et tourmentées, courbes douces de l'écume sur le sable fin, baignées de la lumière du couchant. Revenir à l'essentiel : marcher en pleine nature, émerveillée par les lumières changeantes d'une heure à l'autre. "Il leur dit de ne jamais demander ce qui fut d’abord, les mots ou les choses, mais ce qui viendra ensuite. Je me sens vivant, cela seul importe." (Pierrot le fou, Jean-Luc Godard)
Des jours tendres et rugueux, à l’image de l'île et de cette photographie encadrée pour laquelle j'ai eu un coup de cœur avant de partir : falaises rudes et tourmentées, courbes douces de l'écume sur le sable fin, baignées de la lumière du couchant. Revenir à l'essentiel : marcher en pleine nature, émerveillée par les lumières changeantes d'une heure à l'autre. "Il leur dit de ne jamais demander ce qui fut d’abord, les mots ou les choses, mais ce qui viendra ensuite. Je me sens vivant, cela seul importe." (Pierrot le fou, Jean-Luc Godard)
Un air de famille
Je connaissais tout cela. La banalité de l'histoire, le fait qu'elle soit répétée chaque jour ad nauseam par des hommes qui, s'apercevant tout à coup ou petit à petit que ce qui EST pourrait NE PAS ETRE, font dès lors en sorte de se libérer des femmes vieillissantes qui ont, pendant des années, pris soin d'eux et de leurs enfants - n'amortit pas le chagrin, la jalousie et l'humiliation qui s'empare des abandonnées. (...) Il lui fallait la paix, la liberté de s'en aller de son côté avec (...) une femme avec laquelle il n'avait en commun ni passé, ni douleurs pesantes, ni chagrin, ni aucun conflit. Et pourtant il disait pause, pas fin, laissant ainsi le récit ouvert, une cruelle fêlure d'espoir (...).
Quelquefois j'ai peur de m'incinérer moi-même de colère. Je vais exploser, tout simplement, je vais à nouveau m'effondrer.
- Exploser n'est pas la même chose que s'effondrer, et, ainsi que nous l'avons déjà dit, même l'effondrement peut avoir une utilité, un sens. Vous avez longtemps pris sur vous, mais tolérer des fêlures, cela fait partie de la santé et de la vie. Je crois que c'est ce que vous faites. Vous ne me semblez pas avoir si peur de vous-même.
- Je vous aime, docteur S.
- Je suis heureuse de l'entendre.
Siri Hustvedt, Un été sans les hommes
Quelquefois j'ai peur de m'incinérer moi-même de colère. Je vais exploser, tout simplement, je vais à nouveau m'effondrer.
- Exploser n'est pas la même chose que s'effondrer, et, ainsi que nous l'avons déjà dit, même l'effondrement peut avoir une utilité, un sens. Vous avez longtemps pris sur vous, mais tolérer des fêlures, cela fait partie de la santé et de la vie. Je crois que c'est ce que vous faites. Vous ne me semblez pas avoir si peur de vous-même.
- Je vous aime, docteur S.
- Je suis heureuse de l'entendre.
Siri Hustvedt, Un été sans les hommes
08 août 2013
Justin
...un jour peut être vous me parlerez de vous, de votre vie et de tous ces lieux de pression qui contraignent votre corps ou votre âme, sans que vous ne sachiez comment vous libérer. Assumer ses liens et puis sa liberté est un exercice de haute voltige où il est tellement facile de ne jamais s’élancer du haut du mât ou de ne s’autoriser qu’une chute infinie vers le sol, plus ou moins dur suivant la capacité du monde qui nous entoure d’amortir la chute...
Justin, "caresseur des petites douleurs", ou "repli de la guerre, dissolution du conflit, appel à une éducation de l’attention, des plaisirs, des peurs et des folies de l’autre"
01 août 2013
25 juillet 2013
American Dream(s)
Petits et grands bonheurs de nos trois semaines à New York :
- La course de chariots à bagages dans l’aéroport de Madrid
- Le premier yellow cab (et pas le dernier !) et l'arrivée de nuit à Manhattan, épuisés, crasseux, heureux
- Cet appartement étroit, encombré, bourré de livres, de photos et de toiles du sol au plafond, avec sa petite cuisine aux briques apparentes, ses clims antiques et son escalier de secours sur la façade rouge, comme il se doit (et ses installations électriques... précaires !)
- La joie de la Zaza devant les murs de Monster High "qui n'existent pas" chez Toy's R Us ; Times Square de jour, de nuit, au crépuscule (les meilleures lumières !)
- Le premier coup d'oeil sur Manhattan, de jour, sur le Top of the Rock (et son grand ascenseur de verre, mais sans Charlie)
- Marcher sur les traces d'Eloïse au Plaza (entrer dans un souvenir de lecture d'enfance, un livre que j'ai également lu à mes propres enfants : magique ; d'ailleurs, un grand portrait d'Eloïse est accroché dans le lobby de l'hôtel)
- Central Park : nos premiers écureuils, et nos premiers hot-dogs (même au Shake Shack, la Zaza ne mangera plus que des hot-dogs)
- Les musées fous fous fous, démesurés, accessibles à la fois (et le plaisir de constater qu'en moyenne, les enfants ne se sont lassés qu'au-delà de la deuxième voire de la troisième heure - inespéré !) - MET, AMNH, MoMA. Dans le Met, un peu au hasard, Elsa a proposé de visiter la part asiatique : c'est celle que j'ai préférée... Au Muséum d'Histoire Naturelle (celui de la Nuit au Musée), nous avons adoré le planétarium, avec la voix de Whoopi Goldberg ; et du MoMA, je retiens une immense toile de Pollock, et le Van Gogh, et le grand Monet qui n'a rien à envier à ceux de l'Orangerie... Ce qui les rend précieux, c'est aussi l'espace, qui permet d'entrer en contact avec les oeuvres sans être gêné par les foules : il y a la place, et le temps.
- La bataille d'eau à Tompkins Square (quasi en bas de chez nous)
- Le Nail Bar avec Elsa (deux fois, pour voir la vie en bleu puis en rose)
- Le shopping à Soho, Nolita, et dans East Village, c'est-à-dire chez nous : fripes vintage, petites brocantes, jardins partagés, restaurants et bars trendy (et... petites marques françaises : à chacun son rêve fashion, ici, le comble du chic c'est Paris !)
- La messe à Harlem : avec une révérende à l'enthousiasme communicatif, des chants pleins de ferveur et surtout, un incroyable sentiment de communauté vivante et vibrante, accueillante malgré le nombre important de touristes
- La chaleur écrasante, mais les fontaines réellement publiques, c'est-à-dire, ouvertes à la baignade et aux jeux d'eau (Washington Square), et les bouches d'incendie ouvertes par les habitants du quartier pour se rafraîchir ; dans les parcs, les musiciens, les joueurs d'échecs, les acrobates, les amoureux...
- La croisière au coucher du soleil, et Lady Liberty dans le soleil couchant : inoubliable.
- La douceur et la gentillesse de Ronan, et la complicité des enfants tout au long des trois semaines ; les grasses mat', les donuts et le peanut butter ; une vie possible... quand bien même elle ne devra(it) rester qu'une parenthèse. Cultiver l'art de ne pas se gâcher le présent au nom de l'avenir... :-)
- Notre quart d'heure de célébrité dans notre black limo à l'entrée de Times Square, avec un chauffeur ancien sculpteur (artiste raté + petits boulots : un combo très new-yorkais)
- Les blanchisseries partout, pour trois fois rien le linge est lavé, séché, plié (et même trié avec amour par destinataire)
- Notre Nadia, à Central Park ?!? Incredible...
- Marcher, marcher, marcher... boire des litres de Diet Coke, de smoothies ou de Poland Spring !
- L'Empire State Building by night (et la Zaza écoutant religieusement son audioguide)
- Les Apple Store de Central Park et de Soho (pour que Léo aie la joie de changer son statut FB : A l'Apple Store de New York : trop la classe, quand même)
- La richesse indécente (Trump Tower, Fifth Avenue) et la grande pauvreté : SDF, psychotiques et toxicomanes en pleine rue, en plein jour... et encore n'avons -nous fréquenté que des quartiers touristiques ou populaires "clean"
-Les zouzous jouant les acrobates dans une rame de métro déserte, à l'instar d'une troupe de Blacks vus en partant pour Coney Island quelques jours plus tôt
- Le Mojito sur une rooftop terrace branchée, vue sur l'Empire State building avec Theresa venue spécialement d’Oklahoma City (soit autant de temps de voyage que depuis Paris) pour nous
- Le Brooklyn Bridge en trottinette (enfin, pour les zouzous...) et Grimaldi's Pizza à Brooklyn (approved by Sex in the City)
- Le Mémorial bâti sur l'emplacement des tours, et l'ébauche du musée qui sera consacré au 09.11 ; malgré la foule, le site est émouvant, peut-être à cause des ces chutes d'eau qui n'en finissent plus de disparaître dans l'invisible, pour remonter encore...
- Central Park en vélo - un des moments "pince-moi je rêve" : Là, tout de suite, avec les enfants, je fais du vélo (moi ?) dans Central Park (non ???)
- Le Ferry de Staten Island le dernier soir, voir apparaître Manhattan by night au fur et à mesure que l'on s'éloigne...
Et le plus important, peut-être : je l'ai fait. J'ai rendu mon rêve réalité, sans rien devoir à personne, et surtout, j'ai montré à mes enfants que c'était possible. Malgré la précarité affective, financière, de notre nouvelle vie. Faire le pari, prendre le risque, et leur offrir, nous offrir New York, l'année de mes 40 ans.
13 juillet 2013
Bye-bye Finchel
Ça peut sembler idiot mais... j'ai été vraiment affectée par la mort de Cory Monteith - alias Finn. Parce que l'année de ma séparation, si nous avons traversé l'hiver les enfants et moi, c'est beaucoup grâce à la gaieté, l'amitié, la solidarité incarnées par nos héros de Glee, devenus au fil des saisons comme des amis de notre famille blessée, nous répétant sans relâche des messages d'espoir, de soutien mutuel, de tolérance, et de confiance dans notre capacité à réaliser nos rêves quoi qu'il arrive. Je n'ai vu que plus tard le dernier épisode de la saison 3, celui où Finn quitte Rachel pour mieux la laisser déployer ses ailes... et je l'ai vu les larmes aux yeux.
04 juillet 2013
03 juillet 2013
Crazy Sparkling Lu
Alors, le Crazy, c'est... très esthétique (Decouflé à la chorégraphie), très kitsch (rideaux de velours rouge, beaufs et brochettes japonaises dans la salle), très parfait, souvent plein d'humour - volontaire ou non, très consensuel (ne pas heurter le client international, tout en l'aguichant ce qu'il faut), parfois réellement poétique (les numéros solo), parfois mécanique (girls sur-maquillées, chorés millimétrées).
Ce n'est pas réellement troublant - les photos le sont finalement plus que le spectacle, à cause de ce côté totalement artificiel, qui saute aux yeux sur scène, et pas sur l'image fixe.
Je confirme : le trouble naît de l'imperfection, du léger ratage, du détail qui cloche : le talon aiguille qui vacille, faux pas évité de justesse, le petit pli de chair au-dessus d'un string ajusté sur une silhouette par ailleurs exquise, la bretelle qui glisse involontairement sur l'épaule et qu'on rajuste dans une pirouette (ni vu ni connu), un éclair de vraie gaieté dans les yeux trop maquillés de poupées inexpressives, de ce qui est suggéré (le numéro sur le miroir) plutôt qu'exhibé (les longues paires de gambettes anonymes, comme un générique de vieux James Bond).
Pour que ce soit un spectacle érotique plutôt qu'esthétique, il y manquerait... les hommes. Le trouble, entre danse et bataille. Le toucher. L'odeur. Mais surtout, les polarités qui s'attirent, se repoussent, se déchirent, se fondent. La violence, la douceur.
Je me demande ce que les hommes en pensent, s'ils remplissent les blancs, imaginent une histoire. En tant que femme, ça me donne envie de jouer, a réveillé mon envie de prendre un cours de pole dance ou d'effeuillage, parce que c'est drôle, pétillant, très Girl Power. En fait c'est ça qui m'aurait gêné, si j'avais été un homme : malgré les clichés assumés et traités avec humour - la secrétaire, la soubrette, ces filles sont inaccessibles, intouchables : elles ont la maîtrise, sur tous les plans - quel désir possible ?
30 juin 2013
Pas si bêtes
Herbivore 1 - Carnivore 0.
C'est le lapin qui a repris sa place à l'ombre de la brouette ... au grand dam du chat.
C'est le lapin qui a repris sa place à l'ombre de la brouette ... au grand dam du chat.
26 juin 2013
Humains, trop humains ?
Ce chercheur en philosophie, qui consulte parce qu'il s'enfonce dans une apathie dépressive, procrastine sans fin, fuit sur le web, ne rédige plus et donc ne publie pas, refuse les invitations - et qui travaille sur... notre rapport au temps, la réalité relative de celui-ci, et ce qu'il est convenu de nommer présent. Comme il le dit très consciemment, ce sujet qu'il n'a évidemment pas choisi au hasard est devenu une lente torture.
(dans le même ordre d'idée, cette jeune photographe élevée entre mère et sœurs qui n'en finit plus d'explorer la question du double, et celle du rapport des filles à l'image - dans l’œil de qui ? - ou cette chanteuse qui danse sur le fil tendu entre la patrie du père et celle de la mère, dans la langue inventée de l'enfance - ou cette femme auteur de chansons et de livres, partie à la recherche d'elle-même pour les besoins d'un documentaire)
(dans le même ordre d'idée, cette jeune photographe élevée entre mère et sœurs qui n'en finit plus d'explorer la question du double, et celle du rapport des filles à l'image - dans l’œil de qui ? - ou cette chanteuse qui danse sur le fil tendu entre la patrie du père et celle de la mère, dans la langue inventée de l'enfance - ou cette femme auteur de chansons et de livres, partie à la recherche d'elle-même pour les besoins d'un documentaire)
Cette jeune femme au père psychiquement si malade, puis si absent, qui s'est vue chercher sur Google "père de substitution", a erré sur des forums, trouvé des pistes de lecture, et puis qui revient, éclate en sanglots jusque-là retenus et peut dire, entre rires et larmes : "J'aimerais passer une petite annonce, recherche père adoptif".
Cette jeune soignante en burn-out, faute d'une institution suffisamment contenante, bien-traitante : quand on est confronté quotidiennement à la psychose et à l'autisme, dans un lieu sans espace d'élaboration, ni supervision, et que l'on est soi-même doté d'une perméabilité particulière, comment ne pas flancher ? Et comment trouver des mots pour nommer ce qui circule, quand c'est justement la capacité de penser qui en est altérée ?
Cette jeune femme à n'en pas douter psychotique, qui a trouvé une voie de passage dans le travail avec les chevaux (qu'elle trouve infiniment plus simples et fiables que les humains), au bout du monde (l'Australie !), et qui vit le souffle coupé dans l'attente du renouvellement de son visa de travail (or l'enjeu est clair : c'est le visa ou la médicalisation).
Cette petite fille de 40 ans, encore abasourdie par cette mère qui non seulement ne lui a pas offert les souliers dont elle rêvait, il y a bien longtemps, mais les a achetés pour elle-même (je pensai à Dietrich et Maria Riva : pas de place pour deux).
Cette femme sans mots, bouleversée par la petite phrase d'un des soignants qui prennent soin de son père Alzheimer, "il ne dit jamais rien..." - et tout ce qui rejaillit de ce silence - de son silence à elle, de son silence à lui, de ce qui, compte tenu de son état, ne pourra jamais plus être dit : la folie, possible, probable, de la mère.
Ce couple infiniment souffrant, infiniment touchant, avec lequel j'ai pu sourire de ceci : si nous maintenons cahin-caha le lien thérapeutique, alors qu'ils ne vivent désormais plus à Paris, c'est bien grâce à l'endroit où nos parts de folie peuvent se rencontrer.
Cette jeune femme à n'en pas douter psychotique, qui a trouvé une voie de passage dans le travail avec les chevaux (qu'elle trouve infiniment plus simples et fiables que les humains), au bout du monde (l'Australie !), et qui vit le souffle coupé dans l'attente du renouvellement de son visa de travail (or l'enjeu est clair : c'est le visa ou la médicalisation).
Cette petite fille de 40 ans, encore abasourdie par cette mère qui non seulement ne lui a pas offert les souliers dont elle rêvait, il y a bien longtemps, mais les a achetés pour elle-même (je pensai à Dietrich et Maria Riva : pas de place pour deux).
Cette femme sans mots, bouleversée par la petite phrase d'un des soignants qui prennent soin de son père Alzheimer, "il ne dit jamais rien..." - et tout ce qui rejaillit de ce silence - de son silence à elle, de son silence à lui, de ce qui, compte tenu de son état, ne pourra jamais plus être dit : la folie, possible, probable, de la mère.
Ce couple infiniment souffrant, infiniment touchant, avec lequel j'ai pu sourire de ceci : si nous maintenons cahin-caha le lien thérapeutique, alors qu'ils ne vivent désormais plus à Paris, c'est bien grâce à l'endroit où nos parts de folie peuvent se rencontrer.
25 juin 2013
22 juin 2013
Des journées entières dans les arbres
Un week-end tout vert : équitation, acrobranches et cabanes dans les arbres ! Un rêve de bobo-écolo-bio, perchés à 20 m de hauteur dans une maison de poupée qui n'était pas sans rappeler une cabine de bateau, y compris dans les bois qui craquent, les amarres qui tirent et le tangage au gré du vent (fascinant : comme en mer, sentir monter la risée comme une vague sur les hautes feuilles puis l'impact sur la cabane qui ondule plus ou moins doucement...). Dîner aux chandelles sur la minuscule terrasse, petit-déjeuner hissé à la poulie le lendemain matin... A l'arrivée, nous avons été accueillis par le chevreuil mascotte du parc (visible sur le lien ci-dessus), et des lièvres pas si farouches, mais aussi par un couple de propriétaires charmants dans un projet aussi cohérent que séduisant - outre les cabanes, production de spiruline et de viande bio, jardins d'abondance, etc. Une petite flûte de champagne sur les planches à Deauville, anniversaire oblige ! Et une balade à Honfleur, le lendemain (au soleil, contre toute attente). Mais je suis ravie d'avoir abandonné mon projet initial (vie de château, gastronomie et hôtel spa) pour nous perdre dans la forêt...
16 juin 2013
We were horses
Pour les 10 ans d'Elsa, nous sommes allés voir le dernier rêve de Bartabas - une collaboration avec Carolyn Carlson, musiques de Philipp Glass... hypnotique, puissamment visuel, sensuel, poétique. J'ai aimé qu'Elsa soit sensible à ce spectacle différent, plus exigeant que ce que je leur propose habituellement ; touchée de voir que les notions de représentation, de symbolisation, de suggestion aussi ne lui sont pas étrangères, qu'elle observe, cherche à décoder, peut se laisser porter aussi (bon, Glass, elle a eu du mal... mais nombre d'adultes aussi) - tout en restant aussi attentive aux détails triviaux (le cheval qui postillonne, toujours le même !) ou poétiques "en fermant à demi les yeux, on dirait des étoiles..."
J'ai aimé moi aussi - comme je peux aimer chaque création humaine qui à la fois nous arrache à la terre - la beauté du geste, quelque chose d'une pure magie, d'une recherche d'absolu - et nous y repose doucement - quoi de plus incarné, de plus sensuel, de plus fragile aussi que ces danseurs, que ces merveilleux chevaux ?
15 juin 2013
Mille et une Za
Je n'étais pas sur scène, cette année - personne dans mon groupe, moi exceptée, n'ayant été très motivé pour préparer le spectacle. Tant pis... mais j'ai été très émue voir mon Elsa si belle, coiffée et maquillée, en princesse des mille et une nuits -déjà en la préparant, drôle de petit pincement au coeur en forme de chanson - Slipping through my fingers...
10 juin 2013
31 mai 2013
"Don't worry about a thing..."
(...ce fut la B.O de ce dernier stage...)
L'air du large encore dans les cheveux, du soleil plein les yeux - sous mes pieds le plancher tangue, décidément j'adore cette sensation.
La zone de nav' : traversée du Golfe du Morbihan, escale au Crouesty, mouillage à Houat, passage le long de Belle-Ile, escale à Groix, balade dans les méandres du Blavet, escale à Kernevel, au coffre sur le Belon (magique : se réveiller en bateau au chant des oiseaux), dans l'archipel des Glénans, à Beg-Meil, nav' de nuit jusqu'à Concarneau : un sans-faute, pour la variété des paysages, au soleil la plupart du temps, avec un beau 4/5 Beaufort la plupart du temps aussi. Et une journée bretonne pour l'expérience : 6/7, creux de 3 mètres, pluie glaciale et continue, grêle (!), et premier mal de mer pour moi ! Me voilà baptisée, hé hé.
Ce que j'ai appris : à faire le point, à utiliser la règle Cras, à mieux lire les cartes marines ; à ne pas "taper" quand les vagues sont hautes en lofant jusqu'au somment puis en abattant - c'est très fin la barre, un tout petit mouvement peut modifier beaucoup de choses - et en même temps par grand vent c'est parfois assez...physique. A faire des calculs de marées. A laisser remonter un peu mon bateau au vent, quand la gîte devient inquiétante, plutôt que d'abattre en force (intéressant... comme la mise à la cape - mesure d'arrêt d'urgence, ça me semble hautement applicable aux relations humaines...).
Qu'une part de ma petite fille intérieure, celle qui est pataude, lente, hésitante, qui n'essaie même pas si elle n'est pas sûre d'avoir compris, celle qui a du mal à faire le lien entre la compréhension "avec la tête" et le passage à l'action adéquate était toujours là, bien planquée. Je ne l'ai pas retrouvée avec plaisir, et pour la première fois sur un bateau me suis sentie traversée par des élans de colère et de découragement.
Que cependant, la bonne allure au bon vent, avec idéalement un petit rayon de soleil et quelques petits paquets de mer qui passent de temps par-dessus le roof restait un bonheur absolu, un "kif" incomparable, qui me fait invariablement chanter. Que la sieste à la gîte, sur de longs bords tranquilles (pas avec les creux de 3m !) était le meilleur sommeil que la semi-insomniaque que je suis puisse ressentir (ça marche aussi quand le bateau tourne doucement sur son ancre au mouillage : un sommeil bienheureux ; ce bercement...). Que barreur est mon poste préféré - sensation de puissance tranquille, et de jeu avec le vent, à la limite de l'envol...
Que le mal de mer est une vraie saloperie - je n'imagine pas un équipage où tout le monde serait malade, car c'est absolument paralysant ; je suis restée cramponnée, immobile dans la descente deux bonnes heures, incapable de faire un pas vers le cockpit (trop froid) ou de descendre dans le carré (nausée intolérable si plus d'air). Une leçon d'humilité, et de prudence : prendre toutes les mesures possibles pour ne pas être dans cet état !
Ici que la voile est un travail d'équipe - "comme un seul homme" ; et que s'il n'y a pas cette dynamique, cette confiance, cette cohésion, ni un commandement clair, ça merdouille aux manœuvres...
Les petits moments + : la soirée chant, les rillettes de maquereau maison avec notre pêche du jour, les moules de Groix, le mouillage au Belon, au soleil de fin de journée et après la journée grêle, juste bien pour sécher ! La nav' de nuit, même courte et hors programme, nous a offert une jolie fin de stage.
Le cerise sur le gâteau : pour ne pas rentrer tard à Paris le dernier soir, j'avais demandé un hébergement à Concarneau à une fille du réseau CouchSurfing. Bonne idée : la ville close vaut le détour, les plages de sable blanc aussi. Et la maison (ravissante) de mon hôtesse (super sympa) était...mitoyenne à la base des Glénans ! Soirée papotage et voile - cette fois-ci, la plus belle rencontre de stage s'est faite à terre.
24 mai 2013
15 mai 2013
Rippling
...ou effet de rayonnement : le rippling fait référence au phénomène qui consiste à créer des vagues d'influences concentriques pouvant affecter autrui pendant des années, des générations, à l'infini. Sans le vouloir consciemment ou sans le savoir, nous laissons derrière nous des souvenirs de notre existence, une trace, une marque de sagesse, une action vertueuse, un conseil, un geste de réconfort qui se transmettent à d'autres comme les ondes concentriques créées par un caillou jeté dans une mare continuent à se propager jusqu'à devenir invisibles, mais existent encore à un niveau infinitésimal.
La pensée que nous transmettons quelque chose de nous-mêmes, sans même en avoir conscience, offre une réponse probante à ceux qui prétendent que l'absence de sens et la terreur découlent inévitablement de notre finitude (...).
Tout thérapeute, tout individu dont la profession est de soigner prend conscience de l'effet de rayonnement quand, en aidant les patients à se transformer et à se développer, il déclenche une réaction en chaîne qui va du patient aux autres - conjoints, enfants, disciples ou amis. Et ceux d'entre nous qui ont la chance de rencontrer des années plus tard des enfants ou amis de nos anciens patients peuvent en faire directement l'expérience par eux-mêmes.
Irvin Yalom, L'art de la thérapie
Je ne pense d'ailleurs pas que cela ne concerne que les seuls soignants, mais tous les humains... et pour le pire comme pour le meilleur.
Je ne pense d'ailleurs pas que cela ne concerne que les seuls soignants, mais tous les humains... et pour le pire comme pour le meilleur.
08 mai 2013
Vrai Lux(e)
Pierre Rabhi, Sixto Rodriguez "Sugar Man", deux documentaires vus sur du bouche-à-oreille, deux portraits d'hommes engagés, cohérents, profondément humanistes ; le film sur Rabhi est plein de pépites, comme son duo malicieux avec Edgar Morin ou sa parole, qui n'est pas seulement profonde mais profondément poétique (jolie anecdote sur notre spécifique capacité humaine d'admirer, de contempler). L'histoire de Rodriguez est incroyable, mais plus incroyables encore sont sa simplicité, son humilité, et ses chansons sont superbes... la scène de son premier concert en Afrique du Sud m'a émue aux larmes.
Dans le même temps, le bouquin de Martin Hirsch, recommandé par Marion, et la chanteuse Buika, fléchée par une patiente : même humanité "habitée", vivante, vibrante...
Je ne l'ai pas mis en oeuvre encore, mais je caresse le projet de faire un pêle-mêle de ces humains inspirants, espérants ; dans les découvertes récentes, j'y ajouterai encore le Higelin de Beau Repaire (quelle vitalité, quelle poésie, là aussi) et le dernier Yalom, inépuisable source d'inspiration dans mon travail... tous, pour la même raison (ou la même folie...) - quelque chose d'un rayonnement, d'une lumière intérieure.
Dans le même temps, le bouquin de Martin Hirsch, recommandé par Marion, et la chanteuse Buika, fléchée par une patiente : même humanité "habitée", vivante, vibrante...
Je ne l'ai pas mis en oeuvre encore, mais je caresse le projet de faire un pêle-mêle de ces humains inspirants, espérants ; dans les découvertes récentes, j'y ajouterai encore le Higelin de Beau Repaire (quelle vitalité, quelle poésie, là aussi) et le dernier Yalom, inépuisable source d'inspiration dans mon travail... tous, pour la même raison (ou la même folie...) - quelque chose d'un rayonnement, d'une lumière intérieure.
03 mai 2013
Un petit coin de paradis

...contre un coin d'parapluie... même si la météo était changeante, une jolie maison avec jardin et piscine (bon, un peu glaciale, la piscine, hélas, mais table de ping-pong et badminton), un chat d'adoption (il faudra ajouter ça en critère d'échange : maison avec chat inclus :-)), des zouzous escaladant, hilares, la Dune du Pilat ou fredonnant Tryo, un ciné indépendant dans une église à Bordeaux, des parties de Just Dance endiablées avec la Za, une chouette librairie de BD, des repas au soleil dans le jardin, s'émouvoir devant Danse avec les loups ou pleurer de rire avec Florence Foresti (le parc...), du temps pour vivre, respirer, se reposer, si ce n'est pas le bonheur...ça y ressemble plus qu'un peu, non ? Douceur, simplicité, fluidité - ça suffit au mien, en tout cas.
02 mai 2013
Noces de cristal
C'est d'les voir, les épouses
Avec leur peau fanée
Avec leurs doigts zébrés
De diamants et d'or blanc (...)
C'est d'les voir, les épouses
Qui, de moins en moins belles
Virent jalouses et n'inspirent
Qu'un désir mensuel (...)
Je n'veux pas ressembler
Au commun des visages
Et porter le parfum
Des victimes du mariage
Je n'veux pas, par amour
Perdre pied comme une quille
Et tomber en famille
Et dev'nir un boulet
Quelle que soit la cheville
Que j'immobilis'rais
Et le célibataire
Que je m'attribuerais(...)
J'veux pas m'voir en épouse
Que l'on sort au théâtre
Qu'on chouchoute et qu'on gâte
En début d'relation
Puis qu'ensuite on n'aime plus
Que par obligation
Par promesse tenue
Par bonne résolution...
Avec leur peau fanée
Avec leurs doigts zébrés
De diamants et d'or blanc (...)
C'est d'les voir, les épouses
Qui, de moins en moins belles
Virent jalouses et n'inspirent
Qu'un désir mensuel (...)
Je n'veux pas ressembler
Au commun des visages
Et porter le parfum
Des victimes du mariage
Je n'veux pas, par amour
Perdre pied comme une quille
Et tomber en famille
Et dev'nir un boulet
Quelle que soit la cheville
Que j'immobilis'rais
Et le célibataire
Que je m'attribuerais(...)
J'veux pas m'voir en épouse
Que l'on sort au théâtre
Qu'on chouchoute et qu'on gâte
En début d'relation
Puis qu'ensuite on n'aime plus
Que par obligation
Par promesse tenue
Par bonne résolution...
Lynda Lemay
N'empêche que... quinze ans après, j'ai le coeur lourd de chagrin, ce soir.
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