31 mai 2013

"Don't worry about a thing..."

(...ce fut la B.O de ce dernier stage...)

L'air du large encore dans les cheveux, du soleil plein les yeux - sous mes pieds le plancher tangue, décidément j'adore cette sensation.

La zone de nav' : traversée du Golfe du Morbihan, escale au Crouesty, mouillage à Houat, passage le long de Belle-Ile, escale à Groix, balade dans les méandres du Blavet, escale à Kernevel, au coffre sur le Belon (magique : se réveiller en bateau au chant des oiseaux), dans l'archipel des Glénans, à Beg-Meil, nav' de nuit jusqu'à Concarneau : un sans-faute, pour la variété des paysages, au soleil la plupart du temps, avec un beau 4/5 Beaufort la plupart du temps aussi. Et une journée bretonne pour l'expérience : 6/7, creux de 3 mètres, pluie glaciale et continue, grêle (!), et premier mal de mer pour moi ! Me voilà baptisée, hé hé. 

Ce que j'ai appris : à faire le point, à utiliser la règle Cras, à mieux lire les cartes marines ; à ne pas "taper" quand les vagues sont hautes en lofant jusqu'au somment puis en abattant - c'est très fin la barre, un tout petit mouvement peut modifier beaucoup de choses - et en même temps par grand vent c'est parfois assez...physique. A faire des calculs de marées. A laisser remonter un peu mon bateau au vent, quand la gîte devient inquiétante, plutôt que d'abattre en force (intéressant... comme la mise à la cape - mesure d'arrêt d'urgence, ça me semble hautement applicable aux relations humaines...). 

Qu'une part de ma petite fille intérieure, celle qui est pataude, lente, hésitante, qui n'essaie même pas si elle n'est pas sûre d'avoir compris, celle qui a du mal à faire le lien entre la compréhension "avec la tête" et le passage à l'action adéquate était toujours là, bien planquée. Je ne l'ai pas retrouvée avec plaisir, et pour la première fois sur un bateau me suis sentie traversée par des élans de colère et de découragement.

Que cependant, la bonne allure au bon vent, avec idéalement un petit rayon de soleil et quelques petits paquets de mer qui passent de temps par-dessus le roof restait un bonheur absolu, un "kif" incomparable, qui me fait invariablement chanter. Que la sieste à la gîte, sur de longs bords tranquilles (pas avec les creux de 3m !) était le meilleur sommeil que la semi-insomniaque que je suis puisse ressentir (ça marche aussi quand le bateau tourne doucement sur son ancre au mouillage : un sommeil bienheureux ; ce bercement...). Que barreur est mon poste préféré - sensation de puissance tranquille, et de jeu avec le vent, à la limite de l'envol...

Que le mal de mer est une vraie saloperie - je n'imagine pas un équipage où tout le monde serait malade, car c'est absolument paralysant ; je suis restée cramponnée, immobile dans la descente deux bonnes heures, incapable de faire un pas vers le cockpit (trop froid) ou de descendre dans le carré (nausée intolérable si plus d'air). Une leçon d'humilité, et de prudence : prendre toutes les mesures possibles pour ne pas être dans cet état !

Ici que la voile est un travail d'équipe - "comme un seul homme" ; et que s'il n'y a pas cette dynamique, cette confiance, cette cohésion, ni un commandement clair, ça merdouille aux manœuvres... 

Les petits moments + : la soirée chant, les rillettes de maquereau maison avec notre pêche du jour, les moules de Groix, le mouillage au Belon, au soleil de fin de journée et après la journée grêle, juste bien pour sécher ! La nav' de nuit, même courte et hors programme, nous a offert une jolie fin de stage. 

Le cerise sur le gâteau : pour ne pas rentrer tard à Paris le dernier soir, j'avais demandé un hébergement à Concarneau à une fille du réseau CouchSurfing. Bonne idée : la ville close vaut le détour, les plages de sable blanc aussi. Et la maison (ravissante) de mon hôtesse (super sympa) était...mitoyenne à la base des Glénans ! Soirée papotage et voile - cette fois-ci, la plus belle rencontre de stage s'est faite à terre.

24 mai 2013

Conseil à suivre ?


15 mai 2013

Rippling


...ou effet de rayonnement : le rippling fait référence au phénomène qui consiste à créer des vagues d'influences concentriques pouvant affecter autrui pendant des années, des générations, à l'infini. Sans le vouloir consciemment ou sans le savoir, nous laissons derrière nous des souvenirs de notre existence, une trace, une marque de sagesse, une action vertueuse, un conseil, un geste de réconfort qui se transmettent à d'autres comme les ondes concentriques créées par un caillou jeté dans une mare continuent à se propager jusqu'à devenir invisibles, mais existent encore à un niveau infinitésimal. 

La pensée que nous transmettons quelque chose de nous-mêmes, sans même en avoir conscience, offre une réponse probante à ceux qui prétendent que l'absence de sens et la terreur découlent inévitablement de notre finitude (...).

Tout thérapeute, tout individu dont la profession est de soigner prend conscience de l'effet de rayonnement quand, en aidant les patients à se transformer et à se développer, il déclenche une réaction en chaîne qui va du patient aux autres - conjoints, enfants, disciples ou amis. Et ceux d'entre nous qui ont la chance de rencontrer des années plus tard des enfants ou amis de nos anciens patients peuvent en faire directement l'expérience par eux-mêmes.

Irvin Yalom, L'art de la thérapie

Je ne pense d'ailleurs pas que cela ne concerne que les seuls soignants, mais tous les humains... et pour le pire comme pour le meilleur.

08 mai 2013

Vrai Lux(e)

Pierre Rabhi, Sixto Rodriguez "Sugar Man", deux documentaires vus sur du bouche-à-oreille, deux portraits d'hommes engagés, cohérents, profondément humanistes ; le film sur Rabhi est plein de pépites, comme son duo malicieux avec Edgar Morin ou sa parole, qui n'est pas seulement profonde mais profondément poétique (jolie anecdote sur notre spécifique capacité humaine d'admirer, de contempler). L'histoire de Rodriguez est incroyable, mais plus incroyables encore sont sa simplicité, son humilité, et ses chansons sont superbes... la scène de son premier concert en Afrique du Sud m'a émue aux larmes.

Dans le même temps, le bouquin de Martin Hirsch, recommandé par Marion, et la chanteuse Buika, fléchée par une patiente : même humanité "habitée", vivante, vibrante...

Je ne l'ai pas mis en oeuvre encore, mais je caresse le projet de faire un pêle-mêle de ces humains inspirants, espérants ; dans les découvertes récentes, j'y ajouterai encore le Higelin de Beau Repaire (quelle vitalité, quelle poésie, là aussi) et le dernier Yalom, inépuisable source d'inspiration dans mon travail... tous, pour la même raison (ou la même folie...) - quelque chose d'un rayonnement, d'une lumière intérieure.

03 mai 2013

Un petit coin de paradis


...contre un coin d'parapluie... même si la météo était changeante, une jolie maison avec jardin et piscine (bon, un peu glaciale, la piscine, hélas, mais table de ping-pong et badminton), un chat d'adoption (il faudra ajouter ça en critère d'échange : maison avec chat inclus :-)), des zouzous escaladant, hilares, la Dune du Pilat ou fredonnant Tryo, un ciné indépendant dans une église à Bordeaux, des parties de Just Dance endiablées avec la Za, une chouette librairie de BD, des repas au soleil dans le jardin, s'émouvoir devant Danse avec les loups ou pleurer de rire avec Florence Foresti (le parc...), du temps pour vivre, respirer, se reposer, si ce n'est pas le bonheur...ça y ressemble plus qu'un peu, non ? Douceur, simplicité, fluidité - ça suffit au mien, en tout cas.

02 mai 2013

Noces de cristal

C'est d'les voir, les épouses
Avec leur peau fanée
Avec leurs doigts zébrés
De diamants et d'or blanc (...)
C'est d'les voir, les épouses
Qui, de moins en moins belles
Virent jalouses et n'inspirent
Qu'un désir mensuel (...)
Je n'veux pas ressembler
Au commun des visages
Et porter le parfum
Des victimes du mariage
Je n'veux pas, par amour
Perdre pied comme une quille
Et tomber en famille
Et dev'nir un boulet
Quelle que soit la cheville
Que j'immobilis'rais
Et le célibataire
Que je m'attribuerais(...)
J'veux pas m'voir en épouse
Que l'on sort au théâtre
Qu'on chouchoute et qu'on gâte
En début d'relation
Puis qu'ensuite on n'aime plus
Que par obligation
Par promesse tenue
Par bonne résolution...
Lynda Lemay
N'empêche que... quinze ans après, j'ai le coeur lourd de chagrin, ce soir.

24 avril 2013

Asile

Ce matin, j'étais aux urgence psychiatriques, dans l'espoir de faire hospitaliser un patient violemment délirant (éviter les passages à l'acte du patient comme de l'institution ; garder le souci d'une intervention humainement acceptable).

Dans la salle d'attente, une très jeune femme sanglotante, schizophrène ? toxicomane ? les deux ? interroge en boucle : Mais qu'est-ce qu'il y a à faire sur la Terre ? et pleure son impuissance et son échec, avec des gémissements qui me prennent à la gorge, aux tripes - sortie contre l'avis des médecins, la voici revenue à la case départ. Sa mère l'accompagne, grise et usée.

Une autre mère, celle d'un jeune homme bipolaire, en attente d'un entretien avec l’infirmier psychiatrique, probablement suite à une tentative de suicide, l'exhorte et le rassure tour à tour, à voix basse de soignante-malgré-elle, lui parle d'un philosophe vu la veille à la télévision qui disait ceci : Ne pas choisir, c'est déjà avoir fait un choix. Il lui répond doucement, évoque des projets dérisoires, je suis touchée par ce qu'il faut d'amour pour s’accrocher à ces miettes d'espoir sans cesse relancé, toujours déçu.

Comme un écho à cette scène, il y a quelques années : dans le bus un homme - alcoolique ? psychotique ? marmonne en boucle d'une voix pâteuse : "Un qui, qui suis-je ? il y a toujours un qui... Malraux disait - il est mort Malraux : juger, ce n'est pas comprendre... qui je suis, moi ? Est-ce que j'aime la vie que j'ai ? Un qui, il y a toujours un qui..." - Les voyageurs l'ignorent, sourient vaguement, ou baissent la tête ; et je me demande : combien sommes-nous à nous sentir concernés par ce qu'il interroge ?

Dans ces lieux de souffrance de l'âme, c'est toujours l’essentiel qui surgit : où ailleurs l'humain s'interroge-t-il avec une telle crudité ? Dans quelles officines la parole en attente du médecin se fait-elle si instinctivement existentielle, philosophique ? 

23 avril 2013

Caustique Léo (bis)

Sur les quais au soleil ce dimanche, nous croisons un groupe du 3ème âge - voire 3ème âge et demi - à vélo.
- Mais où vont-ils comme ça ?  m'interrogé-je ?
- Au paradis... et ils y vont à vitesse grand V, me répond le Léo (je ne lui connaissais pas ce goût pour l'allitération ?)

J'explique à Léo les bases du théâtre de Racine : A aime B qui aime C qui aime A...
- CQFD ! commente-t-il du tac au tac. Littéraire au sens littéral, ce jeune homme...

20 avril 2013

Pas de deux

Ce que j'ai retenu du tango - au tout petit niveau qui est le mien : c'est un miroir redoutable de notre relation au corps, à l'autre et à nous-mêmes. Impossible de danser sans s'accorder ; et de s'accorder sans une profonde et réelle écoute de soi et de l'autre...

Impossible de danser sans être étroitement connectés, et pourtant chacun dans son espace propre : il ne s'agit pas de s'effondrer sur l'autre ou de se laisser porter, pas davantage de le contrôler ou de faire à sa place... c'est parce que l'un et l'autre sont capable de se tenir de manière autonome, d'équilibrer présence habitée et respect de l'espace de l'autre que la danse est belle, fluide.

Il s'agit cependant de faire confiance - d'accepter une intimité sensuelle, la rencontre avec l'inconnu. Il m'a fallu beaucoup de temps pour accepter d'être invitée par des danseurs que je ne connaissais pas, moins en raison de mon niveau que de ce qui se joue dans ce temps d'accordage... ou non, dans lequel je retrouve toutes mes appréhensions et fragilités en l'espace de quelques minutes - et pour ce que j'en ai observé, le révélateur est le même pour tous : dis-moi comment tu danses... (aussi apprendre en couple me semble un exercice hautement périlleux !)

Je danse nettement mieux lorsque je suis en confiance (et si je ne connais pas je préfère danser "ouvert", à distance) ;  et je me vois bien ne pas prendre le risque, privilégier le lien déjà établi à l'expérience nouvelle - alors même que la surprise est parfois bonne ! J'ai bien trop peur que l'autre ne me juge, ne me lâche, ou n'assure pas ma sécurité - même en confiance, les figures qui exigent d'accepter que l'autre me rattrape, me retienne sont à ce jour quasi impossibles pour moi.

Dans le tango, je suis au cœur des débats contradictoires et houleux entre ma tête (et il y a tant de "bonnes" raisons de rester dans la tête : penser à lancer plus loin la jambe en arrière, à rassembler les chevilles, garder une posture juste, rester en équilibre...), mon corps (ami ou ennemi ? suivra, suivra pas ?) et mon cœur (fermer les yeux, ne surtout pas chercher à comprendre et encore moins à anticiper...m'abandonner).

Dans le tango, je suis comme nue : parce que je ne maîtrise pas suffisamment la danse pour jouer, me dissimuler derrière les codes de la séduction ; c'est inconfortable, exigeant, et pourtant passionnant - lorsque la danse s'arrête, je n'ai qu'une envie c'est : encore ! Ré-essayer, être ravie quand le temps de quelques pas, ça passe, je vole...

Dans le tango, je suis heureuse, parce que j'y retrouve des gens que j'aime, et un monde dans l'homme guide et protège, dans lequel la femme écoute et accompagne - un monde que je vis comme un espace de complémentarité et non de lutte, un espace de récréation, et j’espère  lorsque j'aurai avancé, de co-création.

Incroyable, comme écrire sur le tango me rend (trop) sérieuse, presque grave ? Heureusement, il y a aussi la zumba  : fiesta latina loca, Elsa a testé et approuvé ce matin ! 

17 avril 2013

Trop bien vu !

Zaza me parle des différents surnoms dont les élèves s'affublent à l'école. Et notamment de celui qu'elles se sont choisi avec Joséphine, (qui ressemble fabuleusement à celle de Pénélope Bagieu), son inséparable amie depuis la maternelle : Eddy et Crash. Trop bien vu ! Car qui sont Eddy et Crash ? Les deux opossums insupportables mais tordants de l'Age de Glace... l'équivalent des petits vieux du Muppet Show - Statler et Waldorf, pour les quadras déjà guettés par l'Alzheimer précoce que nous sommes...


Elsa, à ma grande consternation, lit Trinity Stars. A dix ans ? Et qu'est-ce que tu vas lire après, lui demandé-je ? Ben, Trinity Stars 2, c'est pour les plus grandes... Et après ? Elle réfléchit... Soledad ? OK, 1 point...

Les voyages forment la jeunesse

Léo est en Angleterre avec sa classe - premier voyage loin de Papa Môman. Texto après la nuit en car : J'arrive dans une vingtaine de minutes...y a des moutons partout ! J'espère que ça va être bien...Texto du premier midi, sur demande de news : Je suis au Starbucks Café en train de jouer à CoC et de fumer du shit pk ? (traduire : de jouer à Clash of Clans... pourquoi ?)
Réponse de la Lu : Tant que c'est (le) CoC et pas la coke...

(Un petit goût de Avec Maman ?)

14 avril 2013

Désirs de femmes

Je suis allée souvent au cinéma ces temps-ci, voir des films oubliables la plupart du temps, mais deux d'entre eux m'auront vraiment marquée - deux films, trois personnages. Deux films très sensuels, incroyablement lumineux, hymnes au désir dans ce qu'il a de de non négociable, de politiquement incorrect, d'irrémédiablement vivant, quel qu'en soit le prix - deux films dans lesquels les femmes assument leur désir, leur âge, leurs contradictions et leurs choix - ni petites filles, ni belles endormies.

Perfect mothers pourrait, devrait être un huis clos incroyablement étouffant, violemment incestuel ; il est dérangeant à force de ne pas l'être, de choisir le parti des sentiments, du trouble, du terriblement humain, au mépris de la morale, du bon sens, de l'évidence... et pousse la provocation jusqu'à se terminer (provisoirement) bien.

Le temps de l'aventure est un portrait de femme dans lequel je ne pouvais que me reconnaître - maladroite, vulnérable, vivante, têtue, fleur bleue et culottée, pragmatique et rêveuse - jusque dans son ultime décision, sur le fil jusqu'au bout... 

12 avril 2013

Après la pluie...


30 mars 2013

Sweet teens

Je termine deux interventions en milieu scolaire dans l'établissement de Léo (exercice périlleux, aller parler vie affective et sexuelle dans ce contexte), et je trouve mon fils à la sortie de la salle (déjà, il assume), grand sourire et texto à la main : "Elle est trop sympa, ta mère !!!". 

Marguerite fête ses 15 ans (déjà ?). Je lui avais choisi la palette de maquillage Oz chez Urban Decay (le mix entre la Disney princess et la it girl en herbe). Une évidence pour mon adolescente intérieure, après petit tour chez Sephora -  ça, c'est le cadeau trop bien ; mais je dois reconnaître que l'explosion d'enthousiasme jaloux de ses copines a dépassé de loin toutes mes espérances...

LuLu, décidément 15 ans d'âge mental :-)

14 mars 2013

Compostelle

Partir est un mot plein de promesses, un mot merveilleux qui se suffit à lui-même. Il semble qu'il est plus important de partir que d'aller quelque part. (...) En tout cas, une chose est certaine : on est différent après être vraiment parti, parfois même on ne revient pas. Si vous n'êtes pas différent après être parti, c'est que vous revenez de vacances ! Faire son chemin, c'est avoir les yeux posés loin devant, sur l'horizon. Sur cet horizon, il y a le bout du chemin. Et le bout du chemin, c'est la mort. Faire son chemin, c'est donc avoir conscience que la vie mène à la mort. Et cela que l'on croie ou que l'on ne croie pas en un au-delà.

La perspective du bout du chemin colore notre route d'une façon singulière, à la fois grave et légère. Grave, elle nous permet d'aller à l'essentiel et d'éviter de se perdre en chemin ; elle incite à être juste avec soi-même. Paradoxalement  cette perspective entraîne toujours plus loin : l'idée de la mort ne me cloue pas sur place, bien au contraire, elle décuple mon désir de vivre ma vie à mon goût. Légère, la perspective du bout du chemin donne à chaque instant le parfum merveilleux de ce qui est unique. La perspective du bout du chemin doit nous rendre gourmands. Une gourmandise tragique est préférable à une tranquillité aléatoire...
Olivier Lemire
Un projet qui fait son chemin...

11 mars 2013

Tilt

Films avec touchante séquence familiale : 100 points
Changements de semaine : 200 points
Départs en vacances scolaires : 300 points
Soucis de santé : 300 points
Anniversaires : 400 points (chiffres ronds : bonus  + 200 points)
Fêtes de famille ou d'amis communs : 400 points (mariage : bonus + 200 points)
Fêtes de fin d'année : 500 points

Qu'est-ce que c'est que ça ? Un barème absurde, une tentative d'apprivoiser ce qui n'en finit plus de faire mal. Tous les moments où l'absence de la famille que nous avions fondée me saute à la gorge, me gâche la vie et la vue, où je me sens vaciller, basculer dans l'oubli de ce qui a motivé la séparation - ces moments où plus rien ne me semble avoir de sens sans cette alliance, sans ce projet, sans cet engagement, où élever mes enfants sans leur père, me projeter dans une relation long terme, me semble impensable. Ça ne dure pas... enfin, le coup au coeur, les "points de douleur", ne durent pas - quelques instants, quelques jours (Noël). Mais la fragilité, ce sentiment de précarité, si...

Le reste du temps... j'avance à petits pas convalescents, la route est belle, parfois, souvent !

08 mars 2013

Ré-Bulle


NB : Le mouton Sheep est un clin d'oeil au MooMoo Blog : ICI.

Depuis toujours... cette île est ma maison - ma maison d'être. Après de longs mois sans répit, sans repos, sans recul, quelques jours d'un soleil inespéré, une maison paisible et jolie, avec les enfants et ma maman... Galoper sur la Conche, manger des crêpes au Commerce, parcourir la piste cyclable d'Ars à Saint-Martin, faire des constructions de galets sur la plage : autant de rituels bienfaisants, le temps de retrouver un sommeil naturel, d'oublier ce qui ici pèse, plombe, reste sans réponse autre que de faire face à l'urgence jour après jour. Ne rien faire d'autre que d'écouter les vagues qui roulent sur la grève en prenant le soleil, ou d'observer le feu qui crépite - j'adore cette atmosphère des maisons rétaises, feu de cheminée, légère humidité, silence bienvenu pour bouquiner tranquille, un autre rythme, dès les premières minutes. Quand je mourrai - il paraît que cela arrivera, un jour, j'aimerais que mes cendres soient dispersées ici.

25 février 2013

Wisdom

Un petit cadeau de ma Canadian Mama :

A young lady confidently walked around the room while leading and explaining stress management to an audience with a raised glass of water. Everyone knew she was going to ask the ultimate question, 'half empty or half full?'... She fooled them all .... "How heavy is this glass of water?", she inquired with a smile. Answers called out ranged from 8 oz. To 20 oz. She replied , "The absolute weight doesn't matter. It depends on how long I hold it. If I hold it for a minute, that's not a problem. If I hold it for an hour, I'll have an ache in my right arm. If I hold it for a day, you'll have to call an ambulance. In each case it's the same weight, but the longer I hold it, the heavier it becomes." She continued, "and that's the way it is with stress. If we carry our burdens all the time, sooner or later, as the burden becomes increasingly heavy, we won't be able to carry on." As with the glass of water, you have to put it down for a while and rest before holding it again. When we're refreshed, we can carry on with the burden - holding stress longer and better each time practiced. So, as early in the evening as you can, put all your burdens down. Don't carry them through the evening and into the night... Pick them up tomorrow.

J'ai bien aimé celles-ci aussi :

When everything's coming your way, you're in the wrong lane.

Birthdays are good for you. The more you have, the longer you live.
A truly happy person is one who can enjoy the scenery on a detour.
Save the earth..... It's the only planet with chocolate!

24 février 2013

Permis et carte grise

Je l'ai éprouvé sans me permettre de te le dire, peut-être par pudeur, timidité ou peur d'être maladroit mais j'ai remarqué que tu avais quelques cheveux gris et je t'ai trouvé très belle.

Stéphane M. 

17 février 2013

L'année du Serpent

 ...est officiellement déclarée ouverte !

14 février 2013

Saint-Glinglin

OK, nous sommes tous d'accord, c'est un truc commercial. Mais aussi l'occasion d'avoir une attention pour ceux que l'on aime, non ? Leur dire ce qu'on leur dit peut-être aussi les autres jours, ou bien peut-être pas. Le seul jour de l'année où les roses fleurissent dans le métro, et les petits cadeaux au bout des doigts dans les rues, où les filles sont en jupe même s'il fait froid, et les restaurants animés. Le jour qui ne laisse que faussement indifférent, mais qui sera commenté par les collègues, les patients, les amis, la presse (Soledad dans le ELLE de cette semaine : S'il me fait un cadeau, je le quitte ; s'il ne m'en fait pas, je le pourris.) Moi, je l'ai remercié ;-).

13 février 2013

Pédagogique

...j'ai même institué une tradition que j'ai baptisée "la soirée du film inapproprié". Ensemble, on regarde Scarface, Le silence des agneaux... Ça les enchante, c'est un moment très fort entre nous. (...) Cela dit, mon père faisait des choses un peu similaires. Lorsque j'avais 12 ans, il m'avait fait voir Lolita et lu des passages du livre. Je n'y comprenais pas grand-chose, mais le souvenir d'être admis dans ce monde interdit, littéraire en l’occurrence, m'a beaucoup marqué. J'imagine qu'il en sera de même pour mes gamins. Ils savent qu'ils regardent avec moi quelque chose qu'ils ne devraient pas regarder. Ils en tireront un bénéfice bien plus grand que si je m'évertuais à me mettre à leur niveau, à tenter de partager leurs intérêts.

Interview Nick Cave, TRA

12 février 2013

Musique pour le temps présent

Fin de journée, des locaux tristes, un commissariat - quelle musique, pour un jour comme celui-ci ?

Peut-être Leprest à nouveau : Tu valseras pour rien mon vieux la belle que tu serres dans tes yeux ce n'est pas de l'amour c'est une envie d'amour tu valses avec une ombre pas d'amour, pas de guitariste ta solitude est seule en piste et le bal terminé le jour fera tomber les belles que tu tombes

-
ou Sanson -  J'veux plus d'amour monsieur j'ai brûlé mes maîtres et amoureuse j'ai peur de l'être pour avoir vu sombre et cruelle faner ces merveilleux faiseurs de rêves et mourir mes tendresses déçues

- ou tout simplement, Lavilliers ? Tu n'as pas sommeil tu fumes et tu veilles t'es toute écorchée t'es comme un chat triste perdue sur la liste des objets trouvés la nuit carcérale tombant sur les dalles et ce lit glacé aller et venir soleil et sourire sont de l'autre côté...

Quand la frontière entre mensonge et vérité, entre réalité et cauchemar, entre passé et présent devient si mince, il semble qu'il n'y ait plus que des solitudes...

11 février 2013

Habemus (no) papam


Vu aussi sur Twitter : 
Sophia Aram : Remarque, ca fait longtemps que Dieu a démissionné et on n'en fait pas tout un plat.
Zlatan Ibrahimovic : On avoue, le pape, il va signer au PSG. Il portera le 16.
Quand au Dr AGA, elle propose l'élection d'une femme... parce que les mères ne rendent pas leur tablier, elles ! 

10 février 2013

Objets

CouchSurfing, c'est aussi la joie des rencontres insolites, partagées ; de plus en plus j'ai l'envie de faire participer mon entourage à ces drôles d'aventures, rencontres du bout du monde : Tiens, bonjour, je te présente un nouvel ami que je ne connais pas ! 

Le dernier en date s'y prêtait bien, un artiste argentin, photographe et vidéaste, préparant un projet sur notre rapport aux objets, à cette société de consommation qui les multiplie à l'infini et les détruit à la même vitesse... voici ce que disait son projet : "Amenez un objet que vous aimez et un autre que vous détestez; racontez à la caméra vos histoires avec les objets et, si vous pouvez, laissez-les avec moi pour qu'ils forment partie d'une oeuvre d'art. Si vous n'apportez pas d'objets, vous pouvez toujours parler d'eux devant la caméra, y tournant votre dos, ou montrant juste vos mains avec les objets."

Il aura recueilli une dizaine de témoignages je crois, enfants et adultes, le tout autour d'un bon chocolat chaud et de délicieux gâteaux faits maison par toutes. De jolies idées, objets anciens ou non, naturels ou manufacturés, banals ou précieux...

Pour ma part, j'ai choisi mon inséparable sac - j'ai adopté depuis deux ans la technique du sac unique, économique, et surtout pratique, qui contient toute ma vie et où rien ne manque puisque que je n'en change jamais - et, pour l'objet que je n'aime pas, des échantillons d'anti-rides trouvés dans un magazine féminin.

Fausse promesse, faux discours, et la façon dont la société de consommation justement nous fait courir après une image photoshopée, un temps arrêté - toute mon ambivalence aussi, puisque je suis une lectrice régulière de cette presse, et pas la dernière à soigner mes coups de blues en m'offrant une nouvelle crème ou une robe... prescrites par lesdits magazines.

Mais nous avons également vu passer un caillou, une facture, une plaquette de chocolat, des cahiers de recettes, des clips d'oreille très 80', un bâton d'encens, un journal intime, une boîte à bricolage, un réveil... (j'avais pensé au réveil, aussi... à l'épilateur, à la balance, au préservatif, à la contravention, au faire-part de décès, à la photo ratée...une énumération qui me rappelle la chanson de Leprest ici).

Et vous, qu'auriez-vous choisi ?

07 février 2013

Sourivore


02 février 2013

Oh Happy Day(s)

De la bonne humeur en concentré : Sister Act à Mogador, Happiness Therapy et Hasta la Vista au cinéma. J'aime beaucoup l'idée, suggérée par Ronan, que mon goût immodéré pour les comédies musicales et les feel-good-movies soient un antidote aux horreurs (voir par exemple ici et ) que j'entends quotidiennement - un recours instinctif, une issue de secours - le besoin de me ressourcer aussi dans la joie et dans ce qu'il est convenu d'appeler les bons sentiments, avec un dédain immérité : car nous sommes faits de cela aussi : humour, générosité, solidarité, fragilité, tendresse...

29 janvier 2013

Perméable

Je ne sais pas si c'est la fatigue accumulée, les nouvelles plus ou moins dures reçues ces derniers temps, une série de patients particulièrement en grande souffrance, ou aussi - mais aussi ? - mon expérience clinique qui s'approfondit - ou encore ce qui me constitue de toute façon, mais je me sens de plus en plus perméable ces derniers temps à ce qui circule entre les patients et moi - moins à leurs histoires pourtant parfois tragiques qu'aux affects, ressentis, demandes, angoisses parfois sans nom qui me traversent le temps de la séance, tissent le lien thérapeutique - et parfois restent, me laissant la gorge serrée d'un chagrin qui n'est pas le mien, la nuit perturbée par une angoisse qui ne m'appartient pas.

L'autre jour, une patiente (qui comparativement à d'autres, va relativement bien), synthétisait mes propos en disant, Finalement, l'objectif ce serait d'arrêter d'être une passoire ! Pour ma part, ce serait plutôt d'être peut-être un peu moins une éponge - ou alors juste la dose utile. Recevoir, reconnaître, transformer, restituer - quand c'est possible - c'est un métier passionnant - je n'en ferais pas d'autre, pas plus que je ne l’exercerais à temps plein - mais c'est aussi parfois juste trop...

Hier j'ai commencé la journée avec une femme enceinte, un superbe bébé de quatre mois dans les bras, qui se demandait si elle était en mesure d'assumer cette grossesse rapprochée, alors qu'elle n'est remise ni de l'accouchement ni du suicide d'une amie très proche qu'elle a hébergée et portée à bout de bras jusqu'à la fin, dans le même temps ; et je l'ai terminée avec une adulte orpheline, prise dans les glaces d'un deuil impossible depuis ses quatorze ans, venue pour la première fois interroger la remarque apparemment anodine d'une collègue sur son droit à être heureuse - à mon sens il s'agit même de son droit à vivre - non acquis, comme on le lit sur les livrets d'évaluation des enfants d'aujourd'hui...

25 janvier 2013

Dénuement

Ici on fait avec peu, et je m'aperçois (disons, je retrouve) qu'avec le peu on peut faire beaucoup.
H.

21 janvier 2013

Jours d'hiver

...mais plein de jolis moments ces jours, le coeur au chaud malgré la neige :
- un post-réveillon improvisé au casting aussi improbable que charmant, pour fêter notre projet new-yorkais
- une délicieuse galette des rois à quatre générations chez ma maman
- un dîner  bilingue et gourmand chez Theresa un peu plus tard
- un autre à la maison sur l'axe Nancy-Bruxelles-Francfort, annonciateur de nos prochaines navigations (foie gras à la vanille fait maison, waterzooï et Gevrey-Chambertin, c'est à la gueule qu'on reconnaît les vrais marins)
- une chaleureuse Thé Box qui tombe à pic pour lire sous la couette avec le chat, tisane à la main
- une soirée originale sur le thème des meilleures reprises (quelques perles : Camille chante Que je t'aime, Les Brigitte I want your sex, Sid Vicious What a wonderful world, and so on...)
- trouver le dernier Barrico à la bibliothèque (étrange et mélancolique, mais l'écriture est toujours magnifique)
- me régaler avec le Tarantino : plaisir du western qui ne recule devant rien, parodie à la Kill Bill, répliques savoureuses : How do you like the bounty huntin' business ? - Kill white folks and they pay you for it? What's NOT to like ? - fond conséquent à propos de l'esclavagisme, qui dit mieux pour un seul film ?
- un atelier comédie musicale : trois heures top chrono pour mettre en place la chanson-titre de Hello Dolly, choré charleston comprise, trop fières les girls !
- le concert de Lynda Lemay ce mercredi (préparez vos mouchoirs...)

16 janvier 2013

Quel que soit...

Je ne sais si un jour nos chemins se croiseront de nouveau, mais quel que soit l'endroit où je me trouve je continuerai à veiller sur toi comme je l'ai toujours fait.
H. 

Humanité ?

Je savais, pour m'y être intéressée il y a quelques années, que les prisons françaises ne brillaient pas par leur respect des droits humains les plus élémentaires... c'est une chose de le savoir, une autre de penser chaque jour à un proche incarcéré. Ces jours-ci, j'aurai appris :

- que la transmission du courrier est pour le moins capricieuse et les délais aléatoires et de toute façon très longs (8-10 jours), en maison d'arrêt comme en secteur hospitalier (même dans le cas d'une hospitalisation pour tentative de suicide ? oui, même)
- que l'attribution d'un permis de visite n'est pas moins arbitraire, et que si les délais pour une éventuelle réponse favorables sont imprévisibles, il n'y a le plus souvent pas de réponse du tout quand c'est négatif
- qu'il est impossible d'envoyer un colis, fût-ce avec des vêtements propres ou des livres (rien de dangereux ni d'illégal donc) ; celui-ci doit obligatoirement être remis lors d'un parloir, ce qui renvoie au problème précédent
- qu'être la mère de l'unique enfant d'un prévenu ne vous donne pas de droits spécifiques à des informations sur les raisons de l'incarcération, les risques de condamnation, ou l'état de santé du père de votre enfant (autrement dit, et comme pour moi depuis ma place d'amie, vous êtes tributaire du bon vouloir et de la disponibilité de votre interlocuteur)
- qu'il est impossible d'échanger ne serait-ce que quelques phrases au téléphone avec la personne hospitalisée, même si le médecin ou l'assistante sociale qui tient ledit téléphone se trouve être dans la même pièce (sachant qu'il n'a probablement encore reçu aucun courrier, voir plus haut, et que le contexte de l'hospitalisation n'est pas un "simple" problème de santé, si tant est qu'il y ait des problèmes de santé simples en prison...)
- que si la détention provisoire, soit avant passage en jugement, est théoriquement limitée à quatre mois, il existe nombre d'exceptions qui peuvent en porter la durée jusqu'à deux ans... (deux ans ?!)

Indignation, écoeurement, impuissance - je ne suis sans doute pas au bout de mes surprises, ni de mon inquiétude. La sanction avant la sanction, j'ai déjà du mal ; et je pensais naïvement que la privation de liberté en était une suffisante... 

Vas-y bats-toi tes un vrai lion sors-nous tes griffes
Ne t'endors pas à l'étage des soins intensifs
C'est pas ton heure et ce n'est pas demain la veille
Que ton grand coeur aura à c'point besoin d'sommeil
Ne t'en va pas...


Lynda Lemay

10 janvier 2013

America

Yeaaaaaaaaaaah we did it ! Echange de maisons Paris-Manhattan en Juillet conclu ! Entre deux et trois semaines pour découvrir NYC depuis un appartement familial à la frontière entre East Village et Four Squares. Les enfants sont surexcités, et moi aussi - c'est déraisonnable, mais c'est aussi une grande fierté, car un rêve réalisé : les emmener à New York pour mes 40 ans.

"Great inspiration to witness her will to give to her funny children beautiful life moments, totally meaningfull." - c'est un feed-back récent d'un couple de CouchSurfeurs rencontrés à Barcelone - et c'est l'idée en effet : découvrir ensemble une ville mythique, faire passer le message qu'on peut se donner les moyens de réaliser ses rêves... (If I can make it there, I'll make it anywhere, it's up to you, New York, New York !)

03 janvier 2013

Mémé même-pas-peur-de-rien

87 ans, sur la luge avec un de ses six arrière-petits-enfants.
Pas juste pour la photo, elle a fait la descente !
C'est tout ce que je me souhaite au même âge...

01 janvier 2013

Les p'tits bonheurs


Toute notre année 2012 a été rythmée par l'ouverture matinale des P'tits bonheurs - un rituel qui va nous manquer... et pour bien commencer 2013, je partage mes préférés :

8 janvier : Quitte à choisir, autant être heureux. 
13 janvier : Aujourd'hui est le premier jour du reste de ta vie.
27 mars : Le bonheur n'est jamais là où on l'attend.
30 mars : Si vous voulez que la vie vous sourie, apportez lui d'abord votre bonne humeur.
14 avril : L'énergie passée à demander de l'aide est mieux utilisée que celle utilisée à se plaindre.
27 avril : Il y a des jours sans et des jours avec. Si c'est un jour sans... faites avec !
5 mai : On ne reçoit jamais autant que lorsque l'on donne.
11 juin : S'interroger est l'unique moyen de trouver une réponse.
26 juin : Il est très risqué de vivre sans prendre de risques.
25 août : Les seules choses que l'on est certain de manquer sont celles que l'on n'a pas tentées.
26 septembre : Ne craignez pas d'être lent, craignez seulement d'être à l'arrêt.
3 octobre : Les meilleures choses ont une fin ? Les pires aussi.
11 octobre : Chaque occasion est la meilleure des occasions.
10 novembre : Mieux vaut allumer une bougie que de se plaindre de l'obscurité.
9 décembre : Il y a en nous du mouvement pour aller plus loin.
31 décembre : Ne cherchez pas le bonheur dans l'extraordinaire, il est dans les toutes petites choses.

Astrologique

Il y en a pour lire l'avenir dans le marc de café - chez nous, c'est dans les bols de Nesquick. Madame Zaza : Avant c'était la lune de miel, maintenant c'est le soleil de chocolat !

Bonne résolution

Je cherchais une petite idée de cadeau d'invités pour cette nouvelle année - pour ceux de notre tribu et même pour ceux qui étaient en Bretagne, ou retournés chez eux, ou ailleurs... et voilà celle qui m'est venue : nous allons planter des arbres.

Chacun le nôtre, dix-huit arbres à venir. Sur la même parcelle de terre africaine. (A défaut de la ferme au pied des collines du N'Gong...). Des arbres fruitiers, des arbres à palabres, des arbres utilisés dans la construction des maisons ou pour l'artisanat qui fait vivre les villages. Et comme la fonction "offrir" du site était en maintenance, en attendant, Elsa a dessiné pour chaque destinataire une petite carte-cadeau personnalisée sur le thème de l'arbre (photo à cliquer pour voir les détails). Voilà, un peu plus d'oxygène sur la Terre, pour cette nouvelle année.

31 décembre 2012

Bons auspices

Une année qui commence sous le signe de l'amour
(saint ou non ;-), mais taille Magnum),
c'est nécessairement une bonne année, non ? 

29 décembre 2012

Caustique Léo

Notre Léo a un copain aux vacances toujours assez exotiques - Finlande, Etats-Unis... Léo lui envoie un texto : "Je suis à New York". Marin : "Ah, c'est vrai, sérieux ?". Léo : "Non, j'suis à Paris, c'est très beau, tu devrais y aller un jour...".

Le même qualifie sa soeur de "danger mineur"... (et quand elle aura 18 ans ?)

24 décembre 2012

Et paix sur la terre...



...aux hommes de bonne volonté. Ce fut un Noël très doux - repas délicieux, présents attentionnés, bon feu dans la cheminée.





Un Noël de grands convalescents, marchant sur la pointe du coeur - tant l'année passée nous a tous éprouvés physiquement et affectivement. Aussi, même si seuls Yoyo et Bizzou ont assisté à la messe de Noël, je crois que nous n'avons peut-être jamais été aussi près de ce que Noël devrait être - un moment de simplicité, de partage et de paix. 


23 décembre 2012

Born to be alive

Ok, décembre a été m... - soucis de santé, de boulot (trop... c'est trop), de Léo (vraiment) malade, et de fric. MAIS... malgré la sensation d'insécurité consécutive à tout cela, malgré ces invraisemblables quarante ans dont j'ai rêvé la nuit passée (et qui ont peut-être bien pesé dans ma pneumonie), malgré ces fêtes qui n'auront plus jamais le même goût, ce jour, j'étais heureuse. Toute seule. Chez moi. Heureuse vraiment, au point d'esquisser quelques pas de danse, de chanter à tue-tête, avec ma voix pas tout à fait retrouvée, sur la playlist sur mesure que je me suis concoctée à l'image de mes mauvais goûts éclectiques.

J'ai pris un long bain, verni mes ongles, soigné mes cheveux ; fini ma cure de gelée royale affectueusement  prescrite par Marion ; réalisé des sablés de Noël à offrir demain grâce aux fiches partagées par Sissou ;  conversé avec le chat ; regardé sur le Net le décapant concert de Noël de Florent Marchet recommandé par Lalie (pendant que mes ongles séchaient) ; appelé mon père et ma belle-maman ; bouquiné Menteurs Amoureux, un recueil de nouvelles couvert d'éloges dans la presse et que ma bibliothèque favorite a eu le bon goût d'acheter ; fini de regarder Contre toi, trop étrange mais Pio Marmaï est décidément torride, même en psychopathe amateur ; papoté avec Jill au Québec, échangé deux mots avec Steph en Argentine (merci Skype) ; revu Billy Elliot.
Il suffit d'une journée comme ça, et d'une seule - et je me suis dit qu'il fallait que je l'écrive, pour ne pas l'oublier - pour ne pas perdre cette grâce : m'être sentie à nouveau intacte, pleine, VIVANTE.

21 décembre 2012

Deadline


Yolo Noël !

L'édito du ELLE de cette semaine, extraits,  juste excellent.

Ouf. Si vous lisez ces lignes, publiées dans ce numéro du 21 décembre 2012, c'est une excellente nouvelle. Et même la meilleure de l'année : c'est la preuve que vous êtes vivants, bien vivants, et que l'apocalypse est enfin derrière nous. Rideau sur la fin du monde, place à la suite des évènements : le premier Noël post-apocalypse. Puisqu'on est vivants, si on changeait tout ? Si on suivait l'exemple des ados de la planète Web ? Désormais le truc qui le fait grave c'est "Yolo", signifiant "You Only Live Once".(...)

Puisqu'on ne vit qu'une fois, si on cessait de subir Noël ? Au diable les boules qui ne sont pas sur le sapin mais en travers de la gorge, les larmes planquées dans la cuisine, les agacements et les habitudes étriqués. Vous êtes vivants ? Réveillonnez fenêtres grandes ouvertes, dégagez tout ce qui plombe, bousculez le protocole, débarquez avec des amis esseulés : Yolo ! Ça fait très plaisir aux enfants, ils en ont le coeur qui tambourine, les yeux qui brillent ? Trop bien de les voir si joyeux, passez sur le repas raté et la cousine pénible, buvez un coup, mettez une bonne musique, Yolo. Vous croyez en Dieu ou au Père Noël, vous croyez aux vents qui soufflent au-dessus des cheminées ou vraiment en rien du tout ? Priez à la manière de Victor Hugo, pour la beauté du geste et en vous souvenant avec lui que "la prière est la soeur tremblante de l'amour". Yolo. Et joyeux Noël. 

17 décembre 2012

Dark Léo

Léo (2 passages par la case pompiers-urgences pour asthme sévère la semaine passée) arrive avec son inhalateur de Ventoline sur le bec dans la cuisine où je petit-déjeune avec Elsa. "JE SUIS TON FRERE", lui souffle-t-il de sa voix caverneuse dans son Aero-Chamber.

Le même m'envoie un texto du collège où il est de retour après deux semaines d'absence : "Une copine : ah, tu es vivant, encore ? Vdm." Certes...

Le même, deux jours plus tard... mais à l'hôpital... "Liste pour demain : sous-vêtements, T-shirt pas trop moche, pyj (le bas du mien est troué), merci et gros bisous. Le grand corps malade..."

(Il ne perd pas le sens de l'humour, c'est déjà ça...)

16 décembre 2012

Messmer

Hypnose, magnétisme, PNL, EMDR... les enfants et moi nous sommes régalés au spectacle de Messmer, qui mêle brillamment grand show à l'américaine et pédagogie (light, et c'est presque dommage) intelligente sur les possibilités méconnues de notre cerveau, et leurs applications possibles dans le domaine du soin (désensibilisation à des produits ou à des situations, anesthésie, travail sur les traumatismes...).

Stupéfiant et très drôle à la fois, troublant aussi d'entendre les "fascinés" commenter leur expérience à l'entracte ou à la sortie avec leurs amis, et de constater que, même si je ne suis apparemment pas un sujet extrêmement sensible à l'hypnose (un sur cinq en moyenne, paraît-il) je me suis quand même sentie glisser vers une forme d'endormissement ou avoir du mal à décoller mes mains l'une de l'autre avec ma seule volonté.

Quant à ceux qui sont montés sur scène, ils sont passés par tous les stades de l'évolution, des émotions et de l'histoire humaine, du bébé vagissant à l'Homme de Cro-Magnon en passant le sentiment amoureux, le chagrin ou la colère. Intéressante leçon sur les états modifiés de conscience et la suggestibilité, et vrai spectacle qui ne peut pas laisser indifférent, par les questions qu'il pose comme par les moments d'anthologie qu'il propose (reconstitution d'extraits de Rocky, E.T ou Top Gun par des "sujets" aussi hallucinés que convaincants). Ce qui m'aura le plus impressionnée, pour ma part, étant moins les clowneries faites sous hypnose que sa capacité à faire entrer instantanément l'autre dans cet état de "sommeil" - voir la très impressionnante scène d'ouverture où les volontaires s'effondrent dans ses bras les uns après les autres.

15 décembre 2012

Sapin 2.0

Economique, écologique, j'adore notre sapin 2012 ! Pas d'aiguilles à balayer, pas de sac à sapin, pas d'espace pris dans la pièce, et le même bonheur que les années précédentes à décorer, puis emballer les cadeaux (enfin, les pas secrets), bien au chaud à la maison et avec de la bonne musique en fond sonore. Un samedi de décembre doux comme un vin chaud, tranquille avec mes pioupious.

Et, la cerise sur la bûche de Noël : Love Actually :

Toutes les fois que je déprime en voyant ce qui se passe dans le monde je pense à la zone d'arrivée des passagers de l'aéroport de Londres. De l'avis général, nous vivons dans un monde de haine et de cupidité. Je ne suis pas d'accord. J'ai plutôt le sentiment que l'amour est présent partout. Il n'y a pas toujours de quoi en écrire un roman, mais il est bien là : père et fils, mère et fille, mari et femme, copains, copines, vieux amis.
Quand les deux avions ont frappé les tours jumelles, à ma connaissance aucun des appels téléphoniques de ces gens qui allaient mourir ne contenait de messages de haine ou de vengeance : c'était tous des messages d'amour. Si vous cherchez bien, j'ai la désagréable impression que vous constaterez qu'en définitive, nous sommes cernés par l'amour.


10 décembre 2012

Citron-miel

Toujours K.O, mais reprise obligée - les joies du travail indépendant... Je ne me souviens pas avoir déjà été aussi fatiguée, à part après la mononucléose, ou ma césarienne. Mais...

...j'ai eu la chance la semaine passée d'être dorlotée par un formidable et atypique duo de CouchSurfeuses canadiennes, petite-fille et grand-mère en voyage d'études, l'une pour son diplôme de photographie, l'autre parce qu'elle a décidé de se lancer dans le commerce de l'huile d'olive extra-vierge (mais oui, à soixante-treize ans). A leur programme donc, l'Espagne, l'Italie, la Turquie, la Crète... mais aussi les Pays-Bas et l'Allemagne, et pour finir, une étape à Paris. 

Si on ajoute que Jill est passé du jardin d'enfants au métier de broker, puis qu'elle a vécu vingt ans sur un  trois-mâts construit avec son second mari, on comprendra que je ne pouvais pas les manquer, pneumonie ou pas... Deux belles rencontres, l'expérience et la sagesse de l'une n'ayant d'égales que la spontanéité et la joie de vivre de l'autre.

Ce qui aurait pu être une charge - deux invitées à demeure alors que j'étais épuisée, est devenu une bénédiction - courses faites, repas préparés, croissants le matin, et même, un petit citron-miel tout chaud avant d'aller au lit - et surtout, des conversations enjouées ou profondes, et beaucoup de douceur. Jill a appris le mot "câlin" in french, mais le concept lui était déjà familier ... ;-) : elle aura été la grand-mère bienveillante dont j'avais besoin juste cette semaine-là, en même temps qu'une belle rencontre de femme à femme.

PS : Jill m'a aussi fait découvrir cette magnifique version de Somewhere, qui serait tout à fait à sa place ici. 

PS 2 : My dear Lulu,
You have been too kind & generous with your compliments, for which I thank you BUT, you should understand that this is very much a 'two way street.' From time to time we meet people who generate a special feeling, of love, of caring, of whatever it is that binds close friends wherever they are. Love has so many facets or faces, of lovers, parents, friends and I find the comment of your cleaning lady pleases and suits me just fine. I would be honored to have such a special place and very much look forward to 'getting to know you' (the King & I :-) ) even better. (although I already feel I know all that is important !)Very big hugs and XXX, Love Jill

02 décembre 2012

Alegria











...j'ai cherché longtemps un moyen de célébrer mon anniversaire avec les enfants et David - un moyen à la fois accordé avec la situation telle qu'elle est aujourd'hui et qui en même temps nous offre un moment inoubliable tous les quatre, un moment dont nous pourrions nous souvenir comme d'un instant de grâce et de beauté. C'est la première fois qu'un spectacle de cirque m'émeut aux larmes, pas seulement pour la chanson Alegria, qui nous a pourtant accompagnés quelques années, mais pour l'incroyable poésie / créativité / perfection du show. Les musiques sont bouleversantes (écouter aussi : Vai Vedrai, et Querer, qui seraient parfaites chez Almodovàr), la scénographie époustouflante : la scène est tour à tour un trampoline, un parquet de bal, un miroir en flammes, un écrin  pour des acrobates en apesanteur. Lanternes magiques qui évoquent parfois les premiers spectacles de Zingaro, tempête de neige à la Slava's Snowshow, costumes dignes du Carnaval de Venise - même les transitions sont pensées comme des numéros à part entière, chorégraphiées, enluminées - nous avions tous les quatre des étoiles (ou des larmes ?) plein les yeux.

28 novembre 2012

En quarantaine

...c'est de circonstance ! J'ai enchaîné direct la fête avec une pneumonie qui me met K.O et ne semble pas décidée à s'apaiser. La technicienne radio a voulu savoir si j'avais une prothèse mammaire. Une ??? :-) Je suis parfois distraite mais il me semble que si je l'avais fait, j'en aurais demandé deux... Non madame, c'est bien une opacité pulmonaire de bonne taille que vous voyez là (quelqu'un m'aurait soufflé dans les bronches ?)

Pfff...

24 novembre 2012

LuLu fait son Cinéma



 Ce soir-là, une pluie d'étoiles (on en a même mangé...) : Penelope Cruz et Al Pacino, Mia Wallace, Brice de Nice, Cruella (et son dalmatien), Monsieur Preskovic (et ses doubitchous), Dark Vador, Neo, le Che, Annie Hall, le Chapelier Fou, le moine (lubrique, forcément lubrique) du Nom de la Rose, une actrice émergente accompagnée de son... producteur, une James Bond girl ou deux aussi,  et j'en oublie... et, parce qu'on n'a quarante ans qu'une fois, LuLu en Holly Golightly (Breakfast at Tiffany's,of course) - mais vous pouvez m'appeler Audrey, en toute simplicité. 

23 novembre 2012

Missing FB ?







Je crois que ma cousine préférée a eu une petite crise de manque FaceBook ce jour-là... moi en rentrant en tout cas, je me suis bien amusée ! (On peut cliquer pour lire les textes : et j'ai vérifié, le chat n'a effectivement pas été "liké"). Quant au dernier, il n'appartient pas à la même série mais c'était aussi une jolie surprise.

Bonne-Espérance

...ça y est, le cap est doublé...

Donc 40, un cap... Mais surtout pas de fixation numérologique. J’ai beaucoup vécu avec des gens qui ignoraient leur âge en nombre d’années. C’est assez fréquent, avant l’Etat Civil obligatoire. On est enfant, puis jeune, puis adulte, puis vieux. C’est tout. C’est reposant et ça permet de vivre un jour à la fois. La tyrannie des années, ils ne connaissent pas. La lente usure du temps, oui, on n’y échappe pas. Mais 40 ans, c’est très jeune, crois-moi. 

Copyright : Charles ;-) 

22 novembre 2012

L'or noir

Aux innocents les mains pleines ! (Oui, c'est bien une truffe...)

20 novembre 2012

Ogres et sorcières

A l'écoute de mes patients, je me sens parfois évoluer dans la forêt des ombres - sorcières grimaçantes, dévoreuses d'enfants, ogres terrifiants, incestuels, pris dans leur violence ou leurs plaintes sans fin... Leurs évocations sont parfois littéraires, allusives, convoquant des fantasmes de sombres contes de fées, tantôt littérales, et d'autant plus glaçantes - des loyautés délirantes à des figures familiales folles (impossibles à remettre en question sous peine d'exclusion), une adolescente sommée de se déshabiller pour recevoir des coups de ceinture, un petit garçon confronté des années durant à une inaccessible mère aux deux visages, oscillant entre moments d'apathie et hurlements persécutés, une femme marchant sur la plage, ses deux enfants à la main, sans valises, sans argent, pour fuir un père schizophrène en pleine crise, une toute jeune femme administrant des psychotropes à sa mère à son insu, dans l'espoir de la ramener à un état où celle-ci soit en mesure d'accepter une consultation...

Des univers chaotiques, imprévisibles, terrifiants, où la mort est omniprésente - et, pour tous ceux-là en tout cas, tragiquement réels : il ne s'agit pas de figures imaginaires, mais de parents infiniment souffrants, pour la plupart hors parcours de soins.  Je ne cesse de m’étonner de la stupéfiante capacité de ces familles à survivre à l'enfer (mais à quel prix ?), à faire face à l'impossible, sans demander d'aide ou sans en recevoir. Et d'être bouleversée par la capacité de ces enfants ou désormais ex-enfants à se tenir debout, à bâtir et à conserver des repères intérieurs, et par leur  incroyable subtilité relationnelle - parce qu'ils ont appris si tôt à se mettre au diapason de l'autre, à en décoder les moindres messages, à être attentifs à toutes les variations émotionnelles - excepté les leurs...

19 novembre 2012

La langue bien pendue

Proverbe tibétain du matin : Quand tu as atteint le sommet de la montagne, continue à grimper.
Léo : "J'comprends pas ???"
Zaza : "Bah, ça veut dire que tu montes en descendant !!!"

La même parle de ses deux meilleures amies : "Alors Joséphine, elle a l'air d'un tout p'tit coeur sucré comme ça, mais en fait elle est terrible en dedans, mais c'est bien caché... Et Nola elle, elle a RIEN dedans... même pas un cerveau !" - (ce matin, Elsa a appris le sens de l'expression, avoir la dent dure).

16 novembre 2012


...souviens-toi de moi comme je me souviens de toi, laisse-moi te faire la liste de ce qui sera important dorénavant, ne jamais obéir, c'est la première injonction, et jeter tous les écrits qui ne dérangeront pas tes parents (...), et puis aussi accentuer tous tes défauts jusqu'à ce qu'ils deviennent des qualités (...), permets-moi de te suivre et de souffler à ton oreille, et de réactiver à tout instant cette belle colère que je sens sourdre en toi, qui est une belle et saine colère, sans aigreur et sans la moindre frustration, une colère généreuse et scandaleuse, laisse-moi t'accompagner, te bousculer, et laisse-moi ne pas te permettre de t'assoupir en confondant la beauté d'un instant avec la promesse d'un ravissement permanent.

Véronique Ovaldé

11 novembre 2012

Le marbre et la chair

Une expo à l'image de ce week-end, tout de douceur et de sensualité : les marbres de Rodin, qui attirent irrésistiblement la main - la Danaïde dans une flaque de lumière multicolore, la Cathédrale (ces deux mains jointes) dans un rayon de soleil - et les couleurs d'automne du jardin - définitivement un de mes musées favoris, peut-être celui que je préfère.

10 novembre 2012

Inévitable

Un Brad outrageusement photoshopé, période Légendes d'automne, pour évoquer l'élégance ultime face à l'éternel féminin, vraiment ? La sexyness (or sexytude ?) absolue, la classe, la virilité ambiguë, voire dangereuse,  aujourd'hui et made in France (Chanel oblige), ce serait qui ? Ou, en d'autres termes, quel homme dans mon lit avec mon N°5, ou mieux encore, avec Rien ?

Mes suggestions :
Pio Marmaï, Contre toi
Nicolas Duvauchelle, Happy Few

...who else :-) ..?

07 novembre 2012

Yes !

Un président de gauche en France (out Sarko),
Obama assez largement réélu (Mitt go home), le monde ne va pas si mal ?

06 novembre 2012

Les saintes

Et le fil je le tiens quoi qu'il advienne
Parce qu'il n'y a jamais loin une fée qui traîne
Qui prend l'habit de l'ange quand il le faut
Ou c'lui du diable sous c'manteau
Elles titillent elles dérangent elles cajolent elles rassurent
Elles ont des grandes oreilles ces drôles de créatures
Pourtant on dit par le ciel que ce ne sont que des femmes
Oui mais moi j'les aime ces p'tites madames

Canonisez-les canonisez-les ces bouts d'filles qui rafistolent
Mon coeur blessé et ma vie qui s'étiole
Canonisez-les monsieur ce sont mes boussoles
Et puis ça leur plairait d'avoir dans les cheveux
(comment ça s'appelle déjà ?)

Souvent y a un collier au fond d'leur sac fourre-tout
Qu'elles ont un jour trouvé personne ne saura où
Qu'elles me donnent en disant il était fait pour toi
Même si t'es belle tout l'temps c'est bon pour c'que tu as
Une enveloppe de couleur dans la boîte aux lettres vide
Trois mots une petite fleur et je n'ai plus une ride
Y a toujours un thé chaud qui attend dans une tasse
Avec plein de gâteaux qu'on papote qu'on jacasse

Canonisez-les canonisez-les ces bouts d'filles qui rafistolent
Mon coeur blessé et ma vie qui s'étiole
Canonisez-les monsieur ce sont mes boussoles
Et puis ça leur plairait d'avoir dans les cheveux une auréole

Elles éclairent mon chemin de leur lanterne magique

Avec une bienveillance hystérique
Elles remettent au beau temps mon baromètre
Trois coups d'cuiller à pot et c'est la fête
Elles disent de temps en temps qu'on est pareilles

Que dieu merci je n'suis pas loin
Comme un ange gardien qui veille
Alors tant mieux je suis aussi quelqu'un

A canoniser à canoniser un bout d'fille qui rafistole
Les coeurs blessés et la vie qui s'étiole
Canonisez-nous monsieur on est des boussoles
Et puis ça nous plairait d'avoir dans les cheveux une auréole

Amélie-les-Crayons

05 novembre 2012

Co & Co

Après le CouchSurfing et l'échange de maisons, nous avons testé et approuvé cette semaine le co-voiturage... Même principe, même plaisir : consommer moins et mieux, mettre en commun les richesses, rencontrer d'autres humains qui nécessairement sont dans la même optique - plutôt ouverts, plutôt curieux, attachants. Trois allers-retours Paris-Strasbourg pour moins de la moitié du tarif SNCF, qui dit mieux ?

Pour les enfants, un message de plus sur la possibilité à la fois de compter sur la communauté humaine (nous n'avons rencontré sur ces réseaux que des gens sympas et dignes de confiance) et de bien vivre avec des moyens modestes. Pour moi, le plaisir inépuisable des histoires humaines qui se dessinent en quelques heures de trajet - un jeune papa confronté à la leucémie de son premier bébé, une illustratrice en quête d'auteur et fan de Ponti, un directeur des achats d'une grande société parisienne et ex-DJ à ses heures perdues - quatre enfants, trois séparations, une logistique probablement à toute épreuve !

Dans la même idée de décroissance, je suis devenue une fervente adepte du Bon Coin (les vélos des enfants changés à coût zéro), et des sites de ventes d'occasion (ne pas renoncer à mes envies de livres, mais en version aussi écologique qu'économique - idem pour les vêtements ici). Avec le même constat : les vendeurs sont honnêtes, envoient dans les meilleurs délais, souvent avec un mot gentil - et tout le monde est gagnant.

04 novembre 2012

Novembre

Voir Patrice initier Léo et Elsa aux secrets du simulateur de vol, les chouettes jeunes adultes que sont devenus mes frère et soeur (et leur complicité avec mes enfants) et l'évolution du travail de Gene en aquarelle (qui m'évoque de plus en plus quelque chose de l'ordre d'une méditation via la couleur et la lumière, quelque chose de l'ordre d'un cheminement spirituel) - entendre un mot vraiment gentil de sa part sur sa "fille adoptive", recevoir un premier cadeau d'anniversaire à vivre - je crois que ma préférence ira au week-end de voile TransManche (mais refaire un saut en parachute me tenterait bien aussi, à suivre, et vive les cadeaux à la carte !), retrouver à mon retour la cuisine repeinte de frais, le linge bien repassé et avec, une petite broche chère à mon coeur que je croyais perdue - autant de bonheurs à savourer, d'antidotes à la grisaille,  à la nuit qui tombe trop tôt, aux insomnies inquiètes qui reviennent trop souvent, à ce chagrin au bord du coeur.

01 novembre 2012

Haut les coeurs !

(parce qu'il y a des jours où vraiment, il faut)

Allez les filles allez courage on va y arriver
Car ce canot de sauvetage s'appelle Liberté
La prison est trop loin derrière pour y revenir
Et le confort de la galère nous fait vomir
Alors allez les filles courage c'est notre chance
Que ce bateau aie fait naufrage à mille lieues de la France (...)
Et on les aura mis ces voiles largué nos amarres
On sera allées jusqu'aux étoiles jusqu'à la nuit noire
R'gardez le ciel nous fait sa fête avec ses filantes
Ces astres qui rasent les crêtes en dilettante (...)


Amélie-les-Crayons, Les filles des forges
(...l'album, Jusqu'à la mer, est un bonheur...)