31 mai 2019

Fendre l'armure


30 mai 2019

Chabadabada

Ça ne m'arrive jamais ou presque, ce sourire ému, amusé ou attendri tout au long d'un film ? Pourtant, c'est peut-être ce qui pourrait me convaincre de retourner un peu plus au cinéma : que celui-ci m'émeuve à nouveau. 

Le cinéma devrait ressembler plus souvent aux films de Lelouch. La vie aussi. 

Plus de tendresse, plus de générosité, plus de mélancolie heureuse, plus de poésie bébête - ou non - Lelouch c'est comme la chanson pour moi, la chanson telle qu'en parlait Fanny Ardant dans La femme d'à coté : "J'écoute uniquement les chansons, parce qu'elles disent la vérité. Plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies. D'ailleurs, elles ne sont pas bêtes."

Et puis Anouk Aimée est tellement belle, et puis, leurs voix à tous les deux, et puis, les images d'Un homme et une femme qui se superposent sont une telle invitation à vivre pendant qu'on est vivant... j'en suis sortie totalement sous le charme. 

28 mai 2019

Monstres et compagnie

J'aime les monstres, je crois. Celui-là, beaucoup, depuis toujours. Et ce livre, aussi - trop de phrases qui me parlent de coeur à coeur, une langue qui est la mienne aussi et qui trouve si peu de place dans le terre-à-terre, le quotidien, l'utilitaire. Il parle de cela aussi, de la médiocrité, du bruit omniprésent, de l'absence de la grâce ou de la poésie dans ce monde dit réel - de la nécessité de faire silence pour les créer, ou les (re)trouver. De s'extraire - de voyager. Dans l'espace, dans la rencontre sensible ou dans les mots. De prendre le temps d'écouter, de ressentir, notre part d'ombre comme notre part de lumière. De laisser la place au désir.

"On est tellement abasourdi, sans arrêt, par toutes les choses qui sont contre la vie. Si on les laisse nous envahir, on se ferme, il ne nous arrive plus rien. On ne fait plus qu'un avec ces saloperies, on devient chiant pour les autres comme pour soi-même (...). On en oublierait presque qu'on a un coeur qui bat, du sang chaud dans les veines, qu'on est fait pour être et désirer. C'est dans ces moments-là qu'il faut savoir faire le vide, le propre. Ne pas se réduire à ses refus mais au contraire se faire le plus large possible, retrouver cette innocence qui, seule, peut nous donner la grâce. Cela n'a rien à voir avec la volonté. La volonté m’emmerde, elle m'enraye. C'est juste une question de désir. Ce désir qu'il faut aller chercher au-delà de tout ce qui nous pèse et qui nous encombre. Lui seul peut nous ramener à la vie."

Less is more

Donc, cet après-midi, j'ai fait le soin buissonnier. Je me suis préférée. Pour ne pas devenir stérile, trop pleine ou vidée, pour moi, pour ceux que j'aime, et même pour les patients momentanément abandonnés.

Bien sûr, il y a les temps officiels - les weekends, les jours fériés du printemps, mais rien n'a le goût de cette brève solitude inattendue, volée à ce que Bobin appelle l'imaginaire du plein. Rien n'a le goût de ces absences légèrement transgressives, imprévues et vitales, que je m'octroyais plus facilement autrefois...

Quelques heures à ne rien faire. Dormir. Ecrire. Rêver. Caresser le chat. Faire une course minuscule et sans urgence. Partager un moment de détente, léger et rieur, en famille. Ne m’obliger à rien. Reprendre mon souffle, me sortir de cet état au bord de la chute, de l'évanouissement qui menace, au sens propre - les chutes de tension s'accélèrent - comme au sens figuré - je me sens disparaître dans ce rythme absurde.

Qu'est-ce que je peux donner, si je suis saturée par la parole de l'autre, par les changements incessants de lieu, par la précarité sous-jacente de cette excessive activité qui ne me laisse aucune énergie pour penser à la suite, à moyen (fin du CDD) comme à long terme ? Donc : faire un pas de côté, ne plus partir du nécessaire mais du possible. Qu'est-ce que je ferais si j'étais moins guidée par la peur, et plus par la confiance ? 

CPM

La récitation c'est toujours les mêmes mots, c'est la soumission à la langue du chef (...). On a ses diplômes comme ça, je suis un perroquet diplômé : c'est-à-dire que si j'ai eu mes examens c'est parce que j'ai récité la voix des maîtres. C'est pas l’authenticité de la poésie, c'est pas l'authenticité du théâtre, c'est pas l'authenticité du travail de la parole, l'agencement des prosodies. Et en neuro-imagerie, on voit que quand quelqu'un fait l'effort de chercher des mots pour les agencer, pour en faire une poésie, ça modifie le fonctionnement cérébral : on le mesure et on le photographie. L'effort intellectuel que provoque la parole, à condition de travailler, d'élaborer la parole, modifie la manière dont notre cerveau fonctionne, et à ce moment-là on voit le monde un peu différemment. 

Interview de Boris Cyrulnik

Du coup, après 15 ans de blog, et pas mal plus d'années en tant que psy, j'ai un cerveau  (totalement) poétiquement modifié ;-))) ?

26 mai 2019

Pioupious


Ca faisait longtemps que je n'avais pas fait de post libellé "Pioupious". Pioupious qui sont passés m'embrasser ce jour pour la fête des Mères alors que ce n'était pas mon weekend, pioupious qui votent et qui s'auto-portraitent sur Ipad pro, bref grands, grands pioupious - mais pioupious quand même. 

18 mai 2019

Les Saintes (ou pas)


...Souvent y a un collier 
Au fond d’leur sac fourre-tout
Qu’elles ont un jour trouvé
Personne ne saura où
Qu’elles me donnent en disant
Il était fait pour toi
Même si tu es belle tout l’temps
C’est bon pour ce que tu as

Une enveloppe de couleur
Dans la boîte aux lettres vide
3 mots, une petite fleur
Et je n’ai plus une ride
Y a toujours un thé chaud 
Qu’attend dans une tasse
Avec pleins de gâteaux
Qu’on papote, qu’on jacasse

Canonisez-les, canonisez-les
Ces bouts d’filles qui rafistolent
Mon coeur blessé et ma vie qui s’étiole
Canonisez-les Monsieur, Ce sont mes boussoles
Et puis ça leur plairait d’avoir dans les ch’veux
Une auréole...

Les Saintes, Amélie-les-crayons

17 mai 2019

Parés à virer

Trop de perfection incite à la paresse : zone de nav' parfaite, météo parfaite, équipage parfait... ce n'est pas demain que je vais me coller à nouveau aux eaux froides, aux courants et aux traîtres cailloux de la Bretagne... qu'espérer de mieux que ce rendez-vous annuel, jamais décevant, toujours différent, dans la lumière des îles d'Hyères ? Une eau un peu plus chaude, la prochaine fois ? Deux ou trois dauphins joueurs ? Il faut bien de nouvelles raisons de revenir.... et la nature offre chaque fois de nouvelles raisons de s'émerveiller - ici, un double arc-en-ciel, dont l'un parfaitement circulaire au-dessus de nos têtes - une lumière de fin ou de début du monde.

Arrivée épuisée, j'en suis repartie - pas moins épuisée en fait, malgré les siestes à bord, mais en équilibre à nouveau, le coeur et l'esprit lavés des histoires trop lourdes des patients, des émotions résiduelles qui s'infiltrent et usent lentement, et de mes propres soucis des derniers mois. Une détox de l'âme en quelque sorte ! Le droit à une respiration, à une parenthèse - sans responsabilité autre que celle de soi-même, pas de famille, pas de travail, et même plus de patrie autre que ces quelques mètres carrés flottants, cette petite communauté humaine éphémère, rieuse et touchante.

Il y a tellement de joies simples qu'on oublie - contempler un coucher de soleil, prendre une bonne douche chaude au port, écouter le bruit des vagues contre l'étrave... découvrir chaque année des lieux nouveaux à terre aussi - cette fois, la fondation Carmignac, tout aussi aussi magique que la fondation Maeght à Saint-Paul de Vence. Une architecture au service des œuvres, et qui se confond avec la nature, de grands espaces lumineux, épurés, un écrin de blancheur dans un écrin de verdure. J'adore aussi lorsque l'art contemporain se fait ludique, comme au Palais de Tokyo : ici un labyrinthe de miroirs dans une bambouseraie (le mot existe, j'ai vérifié), une marche dans le noir, du talc jusqu'aux genoux (infiniment sensuel, j'étais à deux doigts de me rouler dedans).

De tous mes stages de voile, celui-ci aura été le moins voileux pour moi - envie et besoin de me laisser porter. Avec quand même le plaisir de constater que certains automatismes sont acquis, et qu'il n'y a plus guère que les manœuvres de port qui m'inquiètent encore. Non le vrai cadeau cette fois aura été un équipage plus chaudoudoux que nature, une pochette-surprise improbable et complémentaire : une gamine pêchue et débrouille au rire communicatif, un ingénieur discret mais attentif et attentionné, un "génération 56" aux cent vies mais au coeur tendre, ma cousine chérie et bien sûr Yves (un autre 56 ;-)), dont la bienveillance permet sécurité et partage. C'était chouette d'avoir deux grands conteurs à bord ! Et autant d'authenticité, dès nos premiers échanges.

Ce matin j'écoutais Lelouch dire, "Le coucher de soleil est intéressant mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est ceux qui le regardent - le coucher de soleil dans les yeux, il est encore plus beau - je veux dire que j'adore la nature, mais je préfère encore le genre humain." Voilà - moi ce que j'aime dans le bateau c'est aussi, beaucoup, l'humain.


29 avril 2019

Ziggy


Il aurait pu s'appeler aussi Néo, Pixel, Mallow, Pilgrim mais finalement Ziggy, il s'appelle Ziggy... =^..^=

24 avril 2019

Véronique

Jamais un concert ne m'a autant bouleversée - une déferlante d'émotions, certaines partagées avec la salle : celle de la voir debout, vivante - et d'autres plus intimes - un torrent de chagrins et de nostalgies, si emmêlés avec le bonheur de chanter, l'énergie communicative de Celui qui n'essaie pas, ou la douceur de Bahia.

La veille dans une interview elle disait : J'avais en moi un vrai gros sanglot, qui a éclaté un jour. Moi aussi je crois - il a peut-être un peu fondu, hier, ce bloc de silence à l'intérieur... et c'est si étrange d'être submergée à ce point lors d'un concert - libérateur, aussi. Comme si je touchais le chagrin nu des dernières années, mois, semaines, tout ce que je mets de côté au fur et à mesure pour avancer, même pas peur, même pas mal.

Bouleversée pour elle, par elle aussi, si fragile, presque maladroite par moments - je suis une très mauvaise parleuse, sourira-t-elle, mais la voix intacte malgré le cancer des amygdales des derniers mois. J'ai senti la salle soulevée par des vagues palpables d'émotion pour Visiteur et Voyageur : On dit aussi Que j'ai beaucoup trop brûlé ma vie Que c'est honteux que je sois ici Avec des étoiles plein les yeux... ou encore pour Ma révérence, qu'elle a chantée juste après la précédente, au cas où quelqu'un aurait encore gardé les yeux secs...

Elle a eu 70 ans aujourd'hui, et ses chansons ont bercé ma vie, me racontent mon histoire de femme.

Celle de la sortie de l'adolescence : Porter les robes de nos grands-mères Chausser de hauts talons blancs Avoir le regard qui repère Les hommes qu'elle trouve attirants

L'amour des débuts : Une nuit je m'endors avec lui - Et je sais qu'on nous l'interdit Et je sens la fièvre qui me mord Sans que j'aie l'ombre d'un remords et la fin du tout premier : Il est parti comme il était venu avec un sourire au coin de ses lèvres et moi Je rêve encore de lui toutes les nuits...

L'innocence d'un amour de fiançailles : Mais si je sais que tu m'aimes La vie que tu aimes au fond de moi Me donne tous ses emblèmes Me touche quand même du bout de ses doigts

Les albums des espoirs tous permis encore, du temps des premiers pas, découverts ou sortis pendant ces quelques dix années : De l'autre côté de mon rêve, Comme ils l'imaginent, Sans regrets, Symphonique Sanson, écoutés et ré-écoutés.

Les amours clandestines : Il cache souvent sa tendresse Par pudeur ou par paresse Il est sûr de n'avoir jamais peur de rien - et les périodes troublées : Quand j'avais le goût des étincelles Que j'étais belle et puis rebelle Si j'avais toujours mes amours d'avant Parmi mes amis, mes amours et mes amants

La fin de l'amour - celle qui ne cicatrise pas  : Quand l'amour le plus fou de la terre Se débat dans une odeur de fin Je dis qu'c'est ça la vraie misère Je dis qu'le temps est assassin Et j'veux plus rien... et le chagrin indicible : Je me suis tellement manquée Je me suis tellement fait de mal... - qui se termine par ...je me suis pardonnée - et moi, me suis-je vraiment pardonnée ?

Mais aussi les chansons qui relèvent : Peut-être que j’aurai enfin trouvé Une autre façon de pleurer Mais là je serai fière de mes larmes Je ne serai plus abandonnée - ou encore
Mais celui qui n'essaye pas
Ne se trompe qu'une seule fois
Prends ton virage
Tourne-moi la page et va-t-en !

Et les plus récentes, celles de Dignes Dingues Donc et des Duos volatils - Véronique est toujours, toujours, toujours là, et dans ma vie ses chansons ressemblent à ce blog - tout est entre les lignes, derrière les mots.

22 avril 2019

Pâques


19 avril 2019

Agnès

- Est-ce que c'est constituer un puzzle, retrouver toutes les pièces du puzzle ? 
- Ah bah de toute façon on les retrouve pas c'est ça et j'ai complètement accepté, j'en ai même fait une structure (...) Et dans l'explication et dans la représentation il manque toujours des pièces du puzzle (...). Et cette idée qu'il manque des pièces, me semble très juste. C'est comme s'il fallait accepter qu'on n'a pas toutes les pièces, qu'on n'a pas toutes les clés. Même en amour, même en vie commune, y a toujours des pièces du puzzle qui manquent. Et je trouve ça assez beau qu'on ait l'acceptation que le savoir est partiel, que la connaissance est partielle, que même l'amour ne peut pas recomposer ce que l'esprit ne peut pas rassembler. J'aime bien l'idée que c'est dans cette imperfection et dans cette connaissance relative qu'on vit. J'aime bien penser qu'il manque des choses (...).

Mais je suis mélancolique ! Ce qui n'est pas triste, ce qui n'est pas déprimé - ce n'est pas la recherche du temps passé, ce n'est pas du tout ça. Il y a une mélancolie du temps qui passe, des choses qu'on a peut-être manquées, des choses qu'on aurait pu dire, moi je suis très mélancolique des légers petits glissements, de ce qu'on n'a pas fait, ce qu'on n'a pas dit, de ce qu'on n'a pas entendu et du fait que never more, vous voyez - et évidemment la mort c'est ce qui marque le plus, c'est le plus jamais, LE never more, mais il y a tout le temps des petits never more, y a des petits moments exquis qui sont passés, c'est fini, on les aura plus, y a des rencontres, y a des moments même dans notre vie professionnelle, qui sont extraordinaires (...)

Le Grand Atelier d'Agnès Varda, décédée le 29 mars dernier...

14 avril 2019

Se mettre au vert

Quand le quotidien manque un peu d'oxygène, il est temps de faire des projets, de se fixer des horizons. Une semaine de voile avec Milie, en Mai. Une semaine avec les enfants, encore à définir, courant Août. Et une semaine en amoureux, dans une trop jolie cabane, pas au Canada mais dans le Lot, fin Août début Septembre. Lorsqu'on a découvert le gîte, ou plutôt les gîtes, on est littéralement tombés amoureux. Coup de foudre, on ne cherche plus, on y est. Région magnifique, hameau en pleine nature, hébergement enchanteur : toutes les chambres ont des thèmes différents, déclinés de façon aussi créative qu'esthétique, c'était dur de choisir ! Mais j'ai savouré le moment d'allégresse qui a suivi le coup de fil à la gérante, rien que de l'entendre on a déjà fait le plein de soleil ! 

12 avril 2019

Exception

Dans la littérature comme dans les récits de patients, les beaux-pères et belles-mères ont rarement le beau rôle. Et chez cette petite Africaine ballottée d'abord entre différents membres de sa famille au Cameroun, puis parachutée en France à 6 ans avec un beau-père blanc et une mère auprès de laquelle elle n'avait pas grandi, je ne m'attendais pas à ce que cela fasse exception. Aussi je me suis fait cueillir par sa petite phrase au sujet de cette période - la mère s'est séparée de lui lorsqu'elle avait douze ans : "C'est l'enfance que j'aurais voulu avoir plus longtemps".

Le beau-père s'est occupé d'elle, lui a donné les clés et les codes de la France, l'a emmenée au musée, au cinéma, a d'abord refusé un nouvel enfant parce que cette petite fille lui suffisait - et de fait, c'est la naissance de ce nouveau bébé auquel il n'était pas favorable qui a précipité la fin du couple. Il s'est occupé des deux filles pendant que la mère travaillait tout en suivant une formation : les nuits, les week-ends, les vacances. Et : "C'est l'enfance que j'aurais voulu avoir plus longtemps". J'ai trouvé ça beau. Ai suggéré à la jeune femme de le lui dire, à ce beau-père. Que tout ce qu'il avait donné, avait été reçu.

05 avril 2019

Un petit vélo dans la tête

A la journée parfaite d'hier, s'ajoutait le fait d'aller d'un lieu de travail à l'autre en vélo, au soleil.

En parfaite résonance avec la restitution du questionnaire de profil motivationnel que m'a proposé l'APEC - qui résonne d'ailleurs bien au-delà de la dimension professionnelle ! 

Sans surprise, dans mon classement, on trouve les métiers au service de l'autre (et de la nature, massivement : on sent que le thème me préoccupe), porteurs de sens, où l'on apprend tout au long de sa carrière. A contrario, les métiers de la technologie, du business et de l’organisationnel n'ont aucun intérêt pour moi : 0%, oups, j'ai dû répondre avec une franchise un peu brutale.

Le contact avec l'autre et avec le terrain, le plaisir du collectif, l'engagement social, l'autonomie de pensée et de décision, la curiosité intellectuelle (et donc le besoin constant de changement et d'apprentissages nouveaux), le besoin de responsabilités, l'âme par essence nomade, le goût pour la nature et pour l’artistique - oui, ça me rappelle bien quelqu'un :-).

Très en écho avec l'atelier de Florence Servan-Schreiber fait il y a quelques années - l'exercice concluait que je donnerais le meilleur de moi-même dans un poste alternant contacts avec des publics variés et travail  de réflexion en solo, diversité des tâches, possibilité d'initiative et de création, confiance de la hiérarchie et liberté d'action, milieu interculturel. 

Cohérent aussi avec une liste faite intuitivement en début de recherche d'emploi- l'envie de mêler psychologie et écologie, engagement et création. Et... cohérent avec mes rêves d'enfance : médecine humanitaire, recherche en biologie médicale, conservation du patrimoine culturel via les musées et les bibliothèques - et d'adulte : voile, chant, rencontres internationales, réseaux et solidarités. Y a plus qu'à !

04 avril 2019

Une journée parfaite

Le matin, un temps de supervision de groupe et une expérience nouvelle : ce que peut donner un temps de supervision dans un groupe composé uniquement de psy : ça fuse, ça associe librement, ça fantasme en toute conscience, ça s'enrichit mutuellement (et j'espère que cela enrichira aussi l'accueil de la collègue qui a partagé sa situation) - ça me rappelle la dynamique de groupe au Cifp, ce double regard - être traversé(e) par l'expérience, et pouvoir la penser (presque) simultanément.

Et l'après-midi, trois entretiens, trois moments très différents mais tous émouvants :

- Une adulte au parcours atypique mais passionnant, à la recherche du mouton à cinq pattes : un thérapeute à l'intelligence aiguë (probable HPI, cette jeune femme...), solidement outillé intellectuellement et éthiquement, formé à l'accueil des traumas multiples et vraisemblablement transgénérationnels, ouvert à des orientations thérapeutiques variées et possiblement incompatibles mais aussi aux expériences dites para-psy. Ce qui me trouble moi, c'est la récurrence dans mon environnement mais aussi de plus en plus dans mes consultations de ces humains incontestablement sains d'esprit qui font état d'expériences extraordinaires, expériences qui ne les désorganisent pas mais au contraire les mettent en quête, élargissent massivement leurs horizons. De là à penser que quelque chose me concerne, m'attend de ce côté, il y a de moins en moins de pas...

- Un jeune homme qui jusque-là me semblait très inquiétant (ce que je maintiens cependant) mais qui s'anime tout à coup en me parlant de son rapport au monde mathématique, non sur un mode froidement intellectuel type Asperger mais avec amour - je ne vois pas d'autre mot, les maths comme un jeu où le plaisir et la créativité s'expriment, où il se retrouve, lui qui se sent si perdu par ailleurs. Impossible à ce moment-là de le penser uniquement du côté de la dépression sévère ou de l'inhibition sociale massive, tant il est vivant, réellement en relation avec moi dans cet instant-là. Idem lorsqu'il évoque un projet de physique et chimie appliquées sur les bulles de champagne - lui qui ne boit pas une goutte d'alcool - c'est presque un moment de poésie, en tout cas c'est ce qu'il communique de ce qui lui voit dans les phénomènes physiques associés. 

- Une jeune étudiante qui raconte comment dans une résidence universitaire située dans un quartier dangereux (et après plusieurs signalements à l'administration qui n'a pas bougé), les jeunes se sont organisés entre eux  pour créer un groupe de volontaires - merci WhatsApp ? - auquel envoyer un message pour qu'un ou plusieurs anges gardiens viennent chercher les filles à la sortie du métro quand elles rentrent tard. Réjouissant - non d'avoir besoin d'être chaperonnée quand on est une fille dans la rue le soir, mais pour l'initiative solidaire...

29 mars 2019

Colloque

Ça aurait pu être un exercice triplement périlleux pour moi en ce moment, un colloque à l’institut Montsouris, en face de la Cité Universitaire, sur la question Mémoire traumatique et fonctionnements limites à l'adolescence. Mais au contraire...

J'avais oublié ce que c'était, d'être séduite par la richesse d'une pensée, la clarté d'un exposé, la "vivance" - je ne vois pas de meilleur mot - de grands professionnels de mon domaine. Ça pétille d'intelligence, d'humour, de culture - tous des grands littéraires, qui nourrissent leurs exposés de références à la littérature, à la peinture, au cinéma. L'exposé de Corcos part du Lambeau - le témoignage de Philippe Lançon sur l'attentat de Charlie Hebdo mais convoque aussi Michaux et Perec, Yoann Loisel évoque Céline, Mary Shelley, Antoine Doinel et Pantagruel...

Complètement sous le charme de leur connaissance approfondie de l'âme, de la pâte humaine et aussi de leur capacité à faire des ponts entre les disciplines et les approches (François Ansermet, que je découvrais), même si tous ceux-là sont résolument du côté de la singularité du sujet, de la nécessité d'une écoute. Je suis revenue avec une liste de références bibliographiques - aussi bien psy que littéraire - et un projet d'avenir : quand je serai grande, je veux travailler dans une équipe comme celles-ci. Vivante, stimulante, collectivement pensante. 

16 mars 2019

La Marche du Siècle

Techniquement, cette marche-là est celle des étudiants, la veille (départ du Panthéon). Mais j'aime beaucoup cette idée, défendue par Cyril Dion et Pablo Servigne, ainsi que celle qui veut que demain sera collectif et spirituel ou ne sera pas - littéralement. Et la marche du 16 m'a remplie de joie (même si je regrette, toujours avec Cyril Dion, que la Coupe du Monde de foot fasse descendre bien plus de gens dans la rue - à ce jour ?)

Convergence des luttes, des milieux, des horizons politiques (hum, jusqu'à un certain point :-)) et des générations, atmosphère joyeuse et pacifique, à mille lieues des violences du matin : oui, peut-être qu'un autre rapport à l'autre, au collectif, à la vie est possible ?

13 mars 2019

Paradigme

C'est juste une question de regard.

Oublier : la sortie du système scolaire classique, l'illusion d'un retour (trop) rapide à une certaine normalité. La perspective d'une nouvelle séparation longue, le nid vide, déjà. La question d'une prise en charge individuelle, toujours irrésolue.
Voir : qu'il y a un petit miracle dans le fait que le soins-études nous contacte certes après un an, mais juste dans le timing pertinent. Que ce soit le plus spécialisé dans les troubles anxieux, et le plus proche géographiquement de nous. Une équipe de soins au CMP qui inspire confiance et alliance.

Oublier : un emploi du temps surchargé, qui risque d'être épuisant à tenir. La fin du CDD en octobre, été inclus, qui implique que je suis d'ores et déjà à nouveau en recherche d'emploi (mais aussi que cette fois, j'aurai droit aux allocations de Pôle Emploi).
Voir : un job intéressant en clinique après seulement quatre mois de chômage, en cohérence avec mon parcours, une équipe qui a l'air sympa et saine, réellement accueillante.

Oublier : les changements de lieu deux voire trois fois par jour, et les temps de transport afférents.
Voir : découvrir de nouvelles géographies dans la ville, varier les itinéraires.

Oublier : que la recomposition d'une famille ne se décrète pas, et moins encore avec des enfants déjà grands. Et ce que la naissance de Camille me renvoie de nostalgie, d'envie et de peine profonde, non parce que je me souhaiterais cela dans la réalité, mais pour les temps révolus, la joie d'un cycle nouveau.
Voir : la chance de vivre à deux, et plus si affinités : les enfants, les amis, les amis des enfants, dans un chouette appart, d'avoir un jardin mais au pied du métro - la reconstruction progressive d'une sécurité affective et matérielle encore toute récente.

08 mars 2019

#coupdetête

...ou alors, pars aux Glénans !