19 octobre 2010

Prévention

Je me rends bien compte, pour animer des séances de prévention collective ET recevoir ensuite les individus suite à des prises de risques, du décalage irréductible entre les messages de prévention, les savoirs plus ou moins approximatifs, le discours, et les actes.

Mais je suis désolée de constater que la plupart des recherches font l'impasse sur ce que nous savons pourtant que nous sommes : des êtres divisés entre des désirs contradictoires, entre corps et pensée. Des singularités irréductibles à quelque savoir extérieur que ce soit...

Le postulat reste immanquablement celui d'un individu rationnel, cohérent, observable, réduit à ses comportements ou à son "identité" supposée : migrant, gay, jeune... et qu'il s'agirait donc d'éduquer (quand ce n'est pas de ré-éduquer).

La position intermédiaire : "N'essayons pas de convaincre, contentons-nous de faire réfléchir", représente déjà une avancée appréciable. Mais encore insuffisante, je crois.

Aussi ai-je été ravie de découvrir le rapport de recherche remis à l'ANRS par un dénommé Lisandre, qui lui énonce les théorèmes suivants : ce que l'on fait n'est pas ce que l'on dit // celui qu'on écoute est celui qu'on aime // ce que l'on dit n'est pas ce qui est entendu // celui à qui l'on parle n'est pas celui dont on parle // celui qui passe à l'acte est celui qui ne parle pas, la meilleure arme préventive est donc la parole.

De quoi refonder entièrement le travail en prévention, n'est-il pas ? Seul hic : ce rapport a été remis en 1994. Décidément, le sujet divisé divise...

Tête en l'air

Joyeux Anniversaire Jaaaaaacques... Hier un Zénith entier, debout pour fêter les 70 ans d'un homme qui, c'est sûr, mourra de son vivant. Trois heures de concert menées tambour battant, sur la terre des damnés solitaire étranger aux vérités premières énoncées par des cons (...) coeur battant coeur serré par la colère par l'éphémère beauté de la vie !

16 octobre 2010

Modou

"Je te donne la vie pour unique désir."

Un cadeau sur un petit papier plié, tiré au hasard, lors d'une belle soirée ici. Une soirée toute simple, pour se sentir vivant, en lien, en corps (encore ? encore !), enjoués, ensemble.

Je pensais au Petit Prince et à ses questions sur l'amitié, à la réponse du Renard - c'est une chose trop oubliée... Voilà - au fur et à mesure que je découvre la Biodanza, il me semble que c'est de cela qu'il s'agit, un rappel à ceci : en lien, enjoués, ensemble.

Ah, et un merci spécial à la Grenouille et au Crapaud, qui ont gardé nos têtards.

14 octobre 2010

L'ombre d'un doute

Est-ce que toutes les histoires d'amour ne seraient que des fictions partagées ? Une histoire "où l'on s'en va deux cueillir en rêvant..." - qui naîtrait de la volonté partagée d'y croire, et s'arrêterait lorsque l'un ou l'autre serait atteint d'une progressive ou subite "crise de foi" - comme dans ces récits où les pays imaginaires n'existent qu'aussi longtemps qu'ils ont des lecteurs pour y croire, des enfants à émerveiller ?

Une histoire que chacun se raconte à sa manière bien sûr, mais avec cette idée d'un territoire imaginaire commun - encore que certains de ces territoires survivent à la rupture (et la provoquent, éventuellement) - le point final parfois se déplace.

Une nouvelle, un haïku, une tragédie, une histoire à l'eau de rose ou un roman-fleuve, remanié, repris, raturé, une oeuvre ouverte toujours sur un à suivre...

Aimer ce serait, écrire à quatre mains - une histoire qu'on se raconte à deux...

12 octobre 2010

Papivores

De temps en temps, il y a de jolies surprises... Une collaboration s'ébauche avec la Cité Universitaire Internationale. A cette soirée-forum, je suis déjà dépaysée - variété des langues, des cultures, des allures - et un niveau d'études absolument inédit parmi les publics avec lesquels je travaille habituellement. Une association de bookcrossing, Le Bouquin Volant, a profité de l'occasion pour mettre à disposition des milliers de volumes gratuits, et c'est un bonheur de voir ces étudiants du monde entier, mais francophones, repartir les bras chargés - avec des sacs et des cartons débordants pour certains d'entre eux - de livres de toutes sortes.

J'ai fouiné à mon tour, bien sûr. Offert à un nouvel interlocuteur Le soleil des Scorta (dédicacé par l'auteur). Reçu en retour Mal de pierres. Conseillé Terre des oublis à un étudiant vietnamien. Trouvé une édition originale du livre de Benoîte Groult, Ainsi soit-elle. Discuté de l'art et de la manière de partager notre goût de la lecture avec nos enfants. Bref - me suis sentie chez moi...

Valeurs

With money you can buy a house, not a home. With money you can buy a clock, not time. With money you can buy a bed, not sleep. With money you can buy a book, not knowledge. With money you can see a doctor, not buy good health. With money you can buy a position, not respect. With money you can buy blood, not life. With money you can buy sex, not love.

Liste non exhaustive. Qui donne à réfléchir, non dans la façon dont elle met l'argent au centre, mais dont elle l'exclut au contraire de tout ce qui, en définitive... compte.

11 octobre 2010

Bonne question

- Dis-moi, y a-t-il encore d'autres voix intérieures, comme toi, que je ne connais pas ?
- Et comment ! Il y a beaucoup d'autres voix en toi qui n'ont pas eu l'occasion de s'exprimer. Crois-tu que je suis la seule ?
- D'accord, mais pourquoi se cachent-elles ?
- Elles ne se cachent pas. Elles sont là. Mais c'est toi qui ne les vois pas. Tu ne les perçois pas parce que tu ne regardes pas de leur côté. Depuis des années, tu accordes toute ton attention à Miss Intelligence Pratique, à Miss Cynique Intello, à Miss Ego Ambition et à Dame Derviche. En dehors de ce fameux quatuor, tu ne vois personne d'autre.


Elif Shafak, Lait Noir

Et moi, à quelles voix intérieures ai-je accordé mon attention ? Et lesquelles ai-je bien pu laisser de côté ?

Erreur de casting

Un petit moment d'agacement, à la lecture du dernier Marie-Claire...

Des stars, actrices, chanteuses, mannequins, et pour la 700ème couverture, une lectrice. Formidable !

ET, à quoi ressemble la lectrice de Marie-Claire ? A une… star, actrice, chanteuse, mannequin… 19 ans, blanche et blonde aux yeux verts, taille mannequin – à l’instar de ses deux «dauphines» (miss Poitou-Charentes et miss Limousin, je présume ?). Quelle audace dans le casting !

Moi qui pensais bêtement que la lectrice de Marie-Claire était une… femme – entre 30 et 60 ans, faisant un bon 40-42 (taille de la Française moyenne) et assumant ses rondeurs, élevant ou ayant élevé ses enfants, tout en étant une femme active et inscrite dans la société à travers un emploi et/ou des engagements associatifs, et… ayant une certaine expérience des hommes, de leurs petits défauts et de leurs grandes qualités, et de la vie en général…

Une femme avec un vécu, une profondeur, quelques rides et beaucoup d’humour – bref, une femme à laquelle j’aurais aimé ressembler – au lieu de me demander qui pouvait bien être la nouvelle starlette en couverture du dernier numéro ?

A moins que… mais bon sang mais c’est bien sûr, ce doit être ça… il doit y avoir une erreur… ce ne serait pas plutôt la gagnante du casting « Jeune et Jolie » ?

10 octobre 2010

Communion

Léo est baptisé. Nous ne l'avions pas inscrit au catéchisme - les rituels et dogmatismes chrétiens étant trop loin de notre inscription dans la spiritualité à ce jour. Mais sa grand-mère a pourvu à son éducation religieuse - ainsi qu'à celle d'Elsa - de la meilleure façon qui soit : à travers son propre engagement dans la vie paroissiale, sur un mode à la fois critique et créatif, cohérent avec les valeurs du christianisme plus qu'avec les rigidités ecclésiastiques ; et en invitant les enfants à des messes animées par un abbé sensiblement dans le même esprit, notamment dans l'ouverture aux petits enfants et à l'autre, à l'étranger, à la différence - ce qui représente une vraie prise de position dans ces petits villages majoritairement d'extrême-droite.

Moyennant quoi... notre Léo a demandé l'autorisation de faire sa communion privée, ce qu'il a fait ce week-end, est revenu l'autre jour avec l'envie de s'inscrire à l'aumônerie. Et, même si je ne le partage pas exactement sur ce mode, ce chemin me réjouit, et me touche, et je l'accompagne bien volontiers - bien plus que si nous avions cherché à lui imposer quoi que ce soit.

01 octobre 2010

Clochard existentiel

Dans le bus un homme - alcoolique ? psychotique ? marmonne en boucle d'une voix pâteuse : "Un qui, qui suis-je ? il y a toujours un qui... Malraux disait - il est mort Malraux : juger, ce n'est pas comprendre... qui je suis, moi ? Est-ce que j'aime la vie que j'ai ? Un qui, il y a toujours un qui..."

Les voyageurs l'ignorent, sourient vaguement, ou baissent la tête ; et je me demande : combien sommes-nous à nous sentir concernés par ce qu'il interroge ?

30 septembre 2010

Je suis une crypto-réac

Parce que, j'avoue - je suis assez d'accord. Pas tout le temps. Pas à sens unique. C'est ce qui fait la différence, peut-être. Mais : féministe ET féminine. Autonome ET fleur bleue. Attentive ET sensible aux marques d'attention. So what ?

Etre un homme, c'est prendre ses responsabilités, c'est essayer de soulager de plus en plus la vie des femmes, c'est essayer d'être à l'écoute, d'avoir une main un peu plus forte que celle de la mère quand on tient un enfant pour traverser la rue. Etre un homme, c'est ne pas trouver efféminé de faire des choses galantes et de s'occuper de sa femme comme un bijou (...). Il y a une époque où on a dit aux hommes que ça ne faisait pas viril d'aider une femme à mettre son manteau, de faire le tour pour lui ouvrir la porte, de lui donner du feu et de se lever de table quand elle se lève et d'attendre de passer sa commande avant qu'elle-même ne l'ait fait. C'est faux.

Vincent Lindon

27 septembre 2010

Mémé-même-pas-peur

Celle qui se réjouit de ce qu'elle a mais ne se plaint pas de ce qu'elle n'a pas, sait rire de tout à commencer par elle-même, ne dédaigne pas l'humour absurde ou noir, est venue passer un week-end avec nous - comme une grande (quoique ne dépassant pas le mètre cinquante-trois), toute seule par le train, sans le dire à ses filles qui le lui auraient probablement déconseillé. Une grand-mère déterminée et vivante, qui n'est pas sans me rappeler celle du très joli Poetry, vu cette semaine...

Elle a monté sans sourciller les deux fois trois cents marches qui mènent tout en haut du dôme du Sacré-Coeur (bientôt 85 ans !), et s'est baladée avec nous sur les quais de Seine pour le festival Spectaculaire - balade impromptue où nous aurons croisé les girls du Moulin-Rouge, un animateur d'atelier de comedia dell'arte, une chorale, le Grandiloquent Moustache Poésie Club, et des professeurs de tango... Je ne connais pas beaucoup de gens de cet âge capables de s'adapter à l'imprévu, de patienter pendant que les petits expérimentent un logiciel de création en 3D présenté sur un stand, de déjeuner sans couverts d'une pizza en plein vent... et de se réjouir du tout !

PS : Du cours de tango, j'ai retenu ceci : l'homme dirige, avec son coeur...

Katerine

Il est partout dans les médias - en couverture des Inrocks et de Chronic'art - mais que faut-il penser de l'inclassable Katerine ? Formidable canular, blague régressive pour écoliers attardés, ou, comme le laissent entendre certains articles, oeuvre méta-philosophique qui convoquerait à la fois Debord et le zen, offrant un démontage critique sans concession de nos réflexes de consommation, de langage et de pensée ? Ni l'un ni l'autre, à mon sens, ou peut-être un peu des deux... Toujours est-il que "Philippe" est un album vraiment drôle (ce qui n'est pas si fréquent), suffisamment rythmé pour donner envie de danser dans le salon ou de siffler sous la douche, à partager avec les enfants qui se délectent des gros mots et provocations "hénaurmes" du personnage - et peut-être effectivement, bien moins bête qu'il n'en a l'air...

23 septembre 2010

Et le souffle devient signe...

Permettez-vous d'être libre dans votre vie.

E.B.

20 septembre 2010

Pas de danse

Je ne sais plus combien j'ai essayé de cours de danse. Le classique, à six ans : expérience traumatique. Le modern jazz, à l'adolescence - et puis à nouveau, jeune adulte. La salsa, en stage de week-end. Rien de très concluant - j'ai déjà du mal avec la droite et la gauche, alors, faire marcher séparément les bras, la tête et les jambes (attends, je compte !)...

Mais...

Il y a eu la liberté de danser retrouvée au Hameau, et celle de la Biodanza, qui m'a redonné le plaisir du mouvement, le simple plaisir d'habiter mon corps - et tout ce chemin d'être-devenir femme, ces dernières années.

Cette semaine, deux pas (de danse) décisifs : me suis inscrite à un cours de danse orientale. Et - même pas peur ! - David et moi avons pris notre première leçon de Tango - exercice préparatoire au stage prévu à la Toussaint. Bonheurs : apprivoiser cette danse magnifique, que j'aurais crue à priori inaccessible. Le faire ensemble. Le soir même, aller esquisser quelques pas évidemment maladroits mais ravis parmi les danseurs du quai d'Austerlitz.

17 septembre 2010

Constat

Je crois que j'aime les hommes à failles...

Matinales

Elsa a récupéré la veste matelassée-surpyjama d'une petite amie. Ce n'est pas que la saison l'exige déjà, mais elle ne la quitte plus : "Elle est où ma veste du matin et du soir ?". C'est vrai que ça vous a une toute autre allure qu'une simple "robe de chambre"...

Lorsque le réveil se met en marche, et bien que j'en change régulièrement la mélodie, le chat arrive pour me saluer. Parfois suivi d'un Léo, puis d'une Elsa. C'était le cas, ce matin - le chat allongé sur mon ventre, un enfant au creux de chaque épaule. "Maman, ton coeur ronronne !", a dit Elsa.

Elsa toujours : "Moi, c'que j'adore dans les tartines grillées, c'est le grille-pain !"

16 septembre 2010

Paillettes

Halle Freyssinet, un show de strip-tease dit burlesque - cet art féminin et féministe de l'effeuillage, érotisme créatif et bon enfant si bien illustré par les danseuses de Tournée - sensuelles, décomplexées, drôles, et profondément humaines. Le plus joli ? Une coulisse improvisée, à peine masquée par un tissu noir qui, s'il donnait aux danseuses l'illusion d'être à l'abri des regards, laissait au spectateur une vison un peu voilée, poétique, de ce vestiaire de filles - la blondeur d'une chevelure, l'éclat des strass, la blancheur d'une peau.

09 septembre 2010

De l'art...

...de s'occuper de ses fesses, suite.

Lorsque nous faisons une vraie crasse à quelqu'un, nous le ressentons dans notre corps. Lorsque nous réagissons simplement à ce qu'il attend de nous, c'est dans notre tête que cela se passe (et si cela descendait dans le corps, c'est que nous n'aurions pas su voir à quel point nous étions contaminés par ses exigences).

Votre point de repère,
c'est votre intentionautrement dit, votre coeur. Seule votre intention, votre recherche de justesse, peuvent être un guide – la façon dont l'autre reçoit, interprète votre parole ou vos actes lui appartient – vous n'en êtes en rien responsable. Soyez vigilante à l'intention - c'est la clé.

E. B.

Eloge des femmes mûres

Mes souvenirs, je l'espère, seront une lecture instructive, mais ce n'est pas pour autant que les femmes auront pour vous plus d'attirance que vous n'en n'aurez pour elles. Si, au fond de vous-même, vous les haïssez, si vous ne rêvez que de les humilier, si vous vous plaisez à leur imposer votre loi, vous aurez toute chance de recevoir la monnaie de votre pièce. Elles ne vous désireront et ne vous aimeront que dans l'exacte mesure où vous les désirez et les aimez vous-même – et louée soit leur générosité (…)

Comme nous ne nous reprochons plus de ne pas obéir à des préceptes éthiques absolus, nous nous flagellons avec les verges de la perspicacité psychologique. Nous nous comprenons trop bien pour condamner nos actes ; désormais, ce sont nos intentions que nous condamnons. Nous étant libérés d'un certain code de conduite, nous suivons un code d'intentions pour parvenir aux sentiments de honte et d'angoisse que nos aînés éprouvaient par des moyens moins élaborés. Pourtant, nous continuons à expier la création : nous nous considérons comme des ratés, plutôt que d'abjurer notre foi en une perfection possible. Nous nous accrochons à l'espoir de l'amour éternel en niant sa validité éphémère.


Stephen Vizinczey, Eloge des femmes mûres

06 septembre 2010

Premiers entretiens

"Mais je ne voudrais pas rendre responsable de ma vie quelqu'un d'autre que moi-même !?" Une éventuelle future patiente, à propos de sa crainte de s'enliser dans un discours de la plainte, ou de la stigmatisation des parents (ou de devenir dépendante de la psy ?). Pas mal, pour une débutante ? Qui fut rassurée par l'idée que la finalité de ce travail était justement de pouvoir, autant que possible, prendre la responsabilité de sa propre vie....

Et une autre, à qui je parlais de la nécessité de s'engager dans le travail thérapeutique, m'a fait une jolie réponse du berger à la bergère, en osant dire à quel point elle avait été déçue d'une confrère soudainement partie pour une mission humanitaire en Afrique. Autrement dit : m'engager, je veux bien, mais vous engagerez-vous vous même, ou serai-je encore abandonnée ? Excellente question, pas si fréquente lors d'un premier entretien...

Bien vu

Tu m'as envoyé ce message : "J'ai trouvé mon Vélib' finalement ! Ca change la vie...". J'ai entendu : "J'ai trouvé la Vie Libre finalement ! Ca change ta vie...".

Eric

05 septembre 2010

Rentrée

Suggestion de Léo : passer (au moins !) une fois par mois un moment seul avec chacun de ses parents. OK. Dont acte : première sortie, les 56 étages de Montparnasse, puis pique-nique au Luco. Et ce commentaire so sweet - sachant de surcroît qu'il était sérieusement stressé par son entrée en 6ème - Si c'était pas une si bonne journée, j'aurais eu envie de retourner au collège dès aujourd'hui. D'une pierre deux coups alors, et une fin de semaine semble-t-il réussie !

Et puis, un petit goût de vacances dans les balades à vélo et pique-niques à Vincennes puis au parc de Bercy - profiter des derniers rayons de soleil...

01 septembre 2010

Croissance

Les possibilités et les chances que nous offrent les relations humaines d'apprendre et de grandir sont illimitées. Si nous voulons pleinement saisir cette occasion, il faut tout d'abord que nous soyons prêts à abandonner nos idées traditionnelles sur la façon dont les êtres humains - en particulier mari et femme - ont à vivre et à se conduire l'un par rapport à l'autre. La seule chose qui devrait être considérée en tant que fondement de la réalisation de nos relations individuelles, c'est ce qui naît de notre vécu et de notre compréhension authentiques.

Gerd Ziegler, Tarot, miroir de tes relations

23 août 2010

Boussole

D'une certaine manière, peut-être que c'est tant mieux. Il ne faut pas se sentir sans cesse approuvé. Sinon, on se laisse aller à une sorte de confort. Il faut coûte que coûte parvenir à ne pas s'abolir ni à être dans le ressentiment. Le sentiment de confort et la rancoeur sont les deux écueils entre lesquels j'essaie de naviguer.

Linda Lê (qui parle de l'écriture, mais...)

18 août 2010

Décollage immédiat (2)

Louons l'attachement... mais ne l'achetons pas !
**********************
Pendant ce stage, j'ai vu ton coeur grandeur nature.

(Copyright : David)

15 août 2010

Décollage immédiat

Du nez contre la vitre, ou encore sur le guidon.

De l'autre-doudou, de l'autre-béquille, de l'autre responsable de toutes mes félicités - et de tous mes malheurs.

De l'identification à mes pensées négatives, croyances douloureuses, émotions immédiates.

Du petit vélo mental, pour revenir dans le corps et la circulation de l'énergie.

Des îles séparées, pour retrouver la terre commune.

De l'agressivité et de la jalousie, pour inventer des issues nouvelles.

Des bricolages/manipulations/fabrications, pour ressentir ce qui est dans l'instant - envie, peur, désir, tristesse, colère, tendresse, et pour l'offrir à l'instant suivant.

Des projections inévitables, pour rencontrer ma solitude, celle de l'empereur et non celle du mendiant.

Des anxiétés acquises, quant au contact des coeurs ou des sexes.

Des représentations toutes faites, pour laisser par exemple place à la révélation suivante : il est possible de faire l'amour avec l'air. Si, si.

Ou à une autre bien plus étonnante encore : là, tout de suite, maintenant, je peux être délivrée des blessures et des colères qui entravent notre relation ; à cette seconde, je peux choisir de te voir comme si c'était la première fois - et c'est, la première fois. A cette seconde au moins. Et ça change tout.

07 août 2010

Espace

...des Possibles : un espace où (se) rencontrer, inventer, jouer, se re-créer, se décentrer pour mieux se retrouver. Un lieu en liberté où la danse, l'écriture, le jeu, le bien-être, la réflexion, sont à la carte, dans un rythme et dans un temps choisis. Biodanza au jour le jour, Qi Qong, soirée - magnifique - de chants sacrés, fasciathérapie, atelier d'écriture malicieux, watsu délicieux - autant de moments remarquables, et de belles rencontres humaines.

Un atelier tonique aussi, à propos de L'art de s'occuper de ses fesses - rappel bienvenu sur la responsabilité et la finitude. Florilège (copyright : Raymond Le Golvan) :

- Etre thérapeute pour moi aujourd'hui c'est soutenir le passage de l'enfant, qui n'a que des besoins et des droits, à l'adulte, qui n'a que des devoirs (à commencer par celui de s'occuper...)
- Si je ne m'occupe pas de MES fesses, je m'oublie, je perds mon temps, et j'assassine l'autre.
- Passer du mythos : (se la) raconter, au logos : nommer (de façon engagée, sans fard, cf parole impeccable, opérante) - pour revenir, autrement, au mythos...
- Le senti... ment aussi ! (cf nuages dans le ciel chez Sudheer - ne pas s'identifier à ce qui nous traverse...)
- "Dieu est dans les détails" (Einstein). Et le Diable est dans les détails qu'on se refuse à voir ! TOUT est là...
- "Vouloir changer là où je suis bloquée" versus "simplement observer là où tu te bloques"...

Un atelier qui rappelle à la confiance et à l'humilité nécessaires, à la capacité de se rendre disponible, de ne pas attendre que tout soit donné...

Et du même coup, une clé pour lire l'impatience, l'exigence, et l'incivilité parfois, surprenantes dans cet espace de développement de l'humain en nous, des usagers du lieu : l'Espace des Possibles, c'est aussi le risque du narcissisme - "comme je m'aime dans ce sentiment que tout m'est possible" - et de la toute-puissance "tout m'est donc dû, et dans l'instant".

La communauté reste cependant l'esprit du lieu, et la diversité des multiples propositions d'atelier, la possibilité de participer à la vie de l'Espace (jardinage ou plonge, temps pour les enfants ou corvée d'épluchage), la spontanéité des contacts (à l'apéritif, avec les voisins de tente ou... dans les douches, collectives !) en font néanmoins un lieu légèrement utopique, rêve d'un monde où nous serions libres de cultiver et de partager nos talents et de serrer dans nos bras les humains croisés sur la route.

J'en suis revenue avec un projet : trouver les moyens d'y retourner en famille. Mettre de l'argent de côté. Demander au Père Noël des tentes et des sacs de couchage. Bâtir une proposition d'atelier à co-animer, ensemble. Emmener nos enfants dans ce lieu qui serait aussi un paradis pour eux - liberté dans la sécurité, et créativité en liberté.

28 juillet 2010

Juste ça

Aujourd'hui, beaucoup de gens ne se sont rien dit
N'ont rien vu et n'ont rien écouté
Aujourd'hui tu m'as réveillé avec du thé, des caresses
Et des baisers, j'étais si heureux que tu existes
Et il faisait beau, si beau, si beau...
Il faudra que je le dise
A quelqu'un
Pour qu'ils ne soient plus si nombreux
A mentir demain...

Jacques Higelin

27 juillet 2010

Viennois

Gare Saint-Lazare, ligne 14, une valse de Strauss envahit tout l'espace. Ou plus exactement, un chef d'orchestre en chair et en os dirige des musiciens de papier - mais le son est excellent, et l'effet saisissant. Une invitation au voyage - pour une compagnie d'aviation ? - je ne sais plus... mais le résultat était indiscutablement poétique.

Nosologie

Les jeunes médecins sont bien peu préparés à la chose psychique. Aussi, devant cette crise d'angoisse aiguë qui se donnait des airs de menace d'infarctus, ou encore d'AVC, l'interne de garde aux urgences a-t-il préféré doctement diagnostiquer - en l'absence de résultats d'examens alarmants - un "virus d'été" (pourtant à priori inconnu des manuels de médecine ?). Remise de ses frayeurs, la patiente, qui n'est pas dupe, en rit encore...

Ce serait une histoire drôle - si elle n'était pas si représentative de ce courant de plus en plus dominant qui tend à proposer un modèle prétendument scientifique : symptôme - syndrome - réponse comportementale ou neuro-chimique au détriment de la singularité et de la complexité de la vie psychique - modèle de plus en plus imposé à l'exclusion de tout autre...

Rappel

...la vie commence au-delà de la zone de confort...
(et j'ai tendance à l'oublier, parfois).

25 juillet 2010

La tête dans les étoiles

De vacances en vacances, sur le trajet du retour, un rituel s'installe : alors les enfants, qu'est-ce que vous avez aimé ? Cette année : le parcours aventure (acrobranches), les vachettes d'Intervilles (hélas...), la plage tous les jours et le bateau gonflable, le maillot du Barça et la petite robe Desigual ramenés de notre escapade à Barcelone (la casa Batllo est passée à la trappe mais pas l'appart - gigantesque - que nous avions trouvé pour une nuit, tant pis !), le feu d'artifice tiré juste au-dessus de notre tête, sur la plage... l'incontournable passage à Cairanne, sans lequel les vacances ne seraient pas tout à fait les vacances.

Et les adultes ? Le traditionnel repas au Château de Jau (qui a eu les honneurs du Télérama de la semaine dernière), la soirée théâtre impromptue aux Estivales de Perpignan (une adaptation vocale déjantée d'une nouvelle de Maupassant, et le Grandiloquent Moustache Poésie Club), les parties de Pictionary et de Trivial Pursuit (avec règles revisitées !), et deux romans délicieux : Au Bon Roman - un fantasme pour lecteurs papivores - et L'ombre du vent, roman feuilleton addictif !

24 juillet 2010

Sale môme

Retour de plage tardif, j'ai la flemme de préparer un repas pour quatre et exprime à voix haute mon envie qu'une bonne fée, un lutin quelconque, bref un coup de baguette magique fasse apparaître un repas tout prêt, de préférence frais et savoureux. Léo, mi-amusé mi provocateur : "Bah, c'est facile, suffit de demander à Maman...".

08 juillet 2010

Avant les vacances

Je vais où la vie va...
Présent infini.

(E)laborieux

Définitions possibles de la psychothérapie :

- Le travail thérapeutique rend moins con - parfois ! Mais ce parfois, change tout...

Et, après le constat qu'en relisant quelques écrits pourtant anciens, les fondamentaux étaient déjà là : c'est toujours moi. Mais c'est moi en mieux !

07 juillet 2010

Hold the magic

- J'ai besoin de magie moi aussi !
- On a TOUS besoin de magie...


(... non ?)

05 juillet 2010

Old school ?

Suis passée au Chat Pitre, faire le plein de livres pour les enfants cet été. Souvenirs d'enfance, d'une des rares choses vraiment partagées avec mon père, qui m'a fait découvrir, de Fnac en Fnac, les grands classiques : Dr Jekyll et Mr Hyde, L'île au trésor, Le lion. Ai acheté pour Léo, Dr Jekyll et Mister Hyde, L'île au trésor, Le lion. Et pour Elsa, qui les regarde en dessin animé, Les Malheurs de Sophie, et aussi, les Contes de la Rue Broca. Rien qui aie moins de quarante ans, et même beaucoup plus, donc. Mais aussi, rien que je ne puisse partager avec eux...

Devant les jaquettes cheap des productions contemporaines, devant les interminables sagas d'heroic fantasy (et les niaiseries à base de princesses/starlettes/sorcières en herbe), je reste pensive... il y a peut-être des perles à découvrir là-dedans - mais comment ?

Pour moi-même, Les déferlantes, un roman de Nick Hornby et un autre de Toni Morrisson, un autre encore de Geneviève Brisac (déjà presque fini, déja décevant). Il va falloir se lever tôt pour être à la hauteur de la revigorante autobiographie de Benoîte Groult ! Mon nouvel ami le Manuel de Psycho-Pathologie Clinique (on ne rigole pas s'il vous plaît... une pensée ouverte, multi-référentielle, argumentée, pédagogique, ce n'est pas si fréquent dans ce champ-là). Et plusieurs bouquins d'Osho, décidément inspirant. Penser à y ajouter un recueil de poèmes. Un patient citait Char ce matin, La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil, phrase qui a enchanté mes lectures adolescentes... pourquoi pas ?

04 juillet 2010

Tendresses

...pudique, râpeuse, utopique, désespérée d'Amalric pour "ses" filles dans Tournée (qui est aussi un manifeste féminin/féministe à l'énergie communicative, et un hymne à la liberté du coeur et du corps).

...délicate, aérienne, mélancolique de L'illusionniste, qui enchante le regard d'une enfant devenant femme et lui rend la liberté en même temps qu'il lui livre son secret : Magicians do not exist.

...émouvante et rugueuse à la fois, entre Depardieu et Gisèle Casadesus, dans la Tête en friche, qui évoque si fort un autre couple improbable, celui d'Harold et Maude...

...universelle, et se passant fort bien de mots, dans le touchant Bébés, tourné aux quatre coins du monde par Alain Chabat.

...hésitante, maladroite, touchante de Daniel Prévost dans Les Petits Ruisseaux, et puis de plus en plus habitée : l'histoire d'un retour à la vie, et ce message : il n'y a pas d'âge. Il y a la vie qu'on se fait - notre capacité à saisir ou non l'instant.

03 juillet 2010

Tantra

Le Tantra ne vous attirera pas au début, parce qu'il vous demande de vous abandonner, pas de vous battre. Il vous demande de flotter, pas de nager. Il vous demande de vous laisser aller dans le courant, pas de remonter le courant. (...)

Seul votre coeur bat, le mental n'est pas là. Il devient une méditation naturelle. Si l'amour ne peut vous aider à méditer, rien ne le pourra parce que tout le reste n'est que du superflu, du superficiel. Si l'amour ne peut aider, rien ne le pourra ! (...)

Le Tantra débute avec vous comme vous êtes, le Yoga débute avec vous selon ce que vous pourriez être. Le Yoga débute par la fin, le Tantra débute par le commencement. Il est toujours bon de commencer par le commencement, parce que si vous commencez par la fin, vous vous créez des difficultés inutiles. Vous n'êtes pas la fin, l'idéal. Vous voulez devenir un dieu, un idéal, et vous n'êtes qu'un animal. Et cet animal se déchaîne à cause de cet idéal de dieu. (...)

Les situations changent tous les jours ; il n'est donc pas nécessaire de prendre des décisions à l'avance. Voilà le défaut : vous essayez de décider. Chaque fois que vous décidez d'avance, la décision est imposée par le mental. Et vous ne lâchez pas prise. Quand vous vous abandonnez, vous laissez les choses s'organiser d'elles-mêmes.

Après, vous n'y pensez plus, vous ne faites plus de projet. Vous ne forcez pas l'avenir à s'adapter à vos idées. Vous vous permettez simplement d'aller vers le futur en vous adaptant à lui, en vous adaptant à la totalité. (...)

Et c'est la différence entre les émotions négatives et les émotions positives. Si vous prenez conscience d'une certaine émotion, et que l'émotion se dissout par la prise de conscience, elle est négative. Si en prenant conscience d'une certaine émotion, vous devenez l'émotion et que l'émotion s'étend et devient votre être, elle est positive.


Osho

01 juillet 2010

Tout Benoîtement

D'abord, il avait le respect des êtres, y compris sa femme, ce qui est rare (...).

On était partis un peu, si vous voulez, avec le contrat de Sartre et de Beauvoir, sur les amours contingentes, et les amours nécessaires (...).

Je trouve inhumain d'exiger de quelqu'un, aujourd'hui et dans nos milieux parisiens, dans nos métiers où les tentations sont incessantes, qu'il renonce à tout ce qui n'est pas vous. Je t'épouse, et ça veut dire qu'à partir de dorénavant, tu ne toucheras plus une autre femme, tu n'accepteras plus l'aventure, tu ne joueras plus jamais au jeu de l'amour et du hasard, tu n'auras plus accès à la liberté (...) ?

Mais c'est ça, une vie. C'est infantile, de croire qu'on fera l'économie de la souffrance. Aujourd'hui, une vie commune peut durer cinquante ans ! C'est inadmissible de se dire que pendant cinquante ans - une moitié de vie ou plus -, on ne connaîtra plus les commencements de l'amour, on ne vivra plus les premières minutes du désir, on se refusera l'excitante rencontre dans le train ou dans l'avion et que, à cause d'un voeu de fidélité qui souvent n'a plus de réalité physique intense, on se prive de moments uniques délicieux parfois. En plus, pour des écrivains, c'est faire provision de matériaux de construction !

Benoîte Groult, Mon évasion

La dame est née en... 1920 ! Et son autobiographie est un magnifique parcours de femme, inspirant à tous points de vue.

28 juin 2010

CyberMémé

...84 ans, écrit des sms en fonétik et signe "bz". Mdr.

27 juin 2010

The Flood

En complète adéquation avec le stage (voir post Ouvertures)... c'est comme ça, au moment juste, le livre, la citation, la chanson juste, nous tombent entre les mains (celle-ci m'aura été indiquée trois fois en moins d'un mois...) L'autre bande-son possible, ce pourrait être aussi Je veux, de Zaz.

Broken people get recycled
And I hope that I will
Sometimes we’re thrown off our pathways
What I thought was my way home
Wasn’t the place I know

No i'm not afraid of changing
I’m certain nothing’s certain
What we own becomes our prison
My possessions will be gone
Back to where they came from

Blame, no one is to blame
As natural as the rain that falls
Here comes the Flood again

See the rock that you hold onto
Is it gonna save you
When the earth begins to crumble ?
Why d’you feel you have to hold on ?
Imagine if you let go (...)

Push away the weight that pulls you down
Ride the waves that free you from the dark ?
Don’t trust your eyes
It's easy to believe them
Know in your heart
That you can leave your prison

Don’t trust your mind
It’s not always listening
Turn on the lights
And feel the ancient rhythm (...)

Katie Melua

26 juin 2010

Ouvertures

Le Tantra n'est décidément pas ce divertissement sexy (et club de rencontre plus ou moins déguisé) pour Occidentaux que l'on imagine quelquefois - en tout cas, pas . Mais un espace d'alignement sexe-coeur-âme - à moins que ce ne soit le contraire - peu importe, puisqu'il s'agit justement de faire circuler l'énergie entre ces portes intérieures. Ce n'est pas de tout repos - car que peut-on, au moins dans un premier temps, y trouver d'autre que nos limitations, nos blessures, nos répétitions et nos peurs ? Un espace où je retrouve à méditer cette phrase - cadeau de mon ami JP : C'est ce qui ne va pas, qui va. C'est là ce qui fait travail, ouvre à de l'inédit.

Le Tantra me parle une langue que je reconnais - dans la recherche de la conscience, du non-jugement, de la détente. Dans l'appel à la responsabilité, et à la possibilité de choisir, toujours. Dans la traque impitoyable de nos projections comme de notre toute-puissance. Dans la reconnaissance de l'état d'amour comme étant notre nature profonde. Dans la possibilité de choisir le centre plutôt que la périphérie, l'existence plutôt que l'ego. Dans la célébration du silence. Une langue ancienne et familière... un chant qui sonne juste, un pas de danse avec la vie.

25 juin 2010

Amazing Grace

Parce qu'il y a des petits moments comme ça.

Un bar d'hôtel club de jazz - un public de touristes plutôt âgés, probablement argentés mais un rien blasés - et pourtant : des musiciens magnifiques (écouter leur version de Down by the riverside), une vitalité irrésistible - assez pour se lever et danser - nous étions les seuls, and so what ? - suffisamment de générosité pour passer par-dessus un lieu et une acoustique qui ne leur rendaient pas justice et communiquer tout de même une belle énergie - sufisamment d'humilité pour accéder à ma demande de nous offrir un petit Happy Birthday au début de leur dernier set... juste un moment de grâce. Thanks Lord ;-).

19 juin 2010

Le chat de la Marie-Galante

Fin de journée sur une terrasse face à la mer, un chat se chauffe tranquillement aux derniers rayons du soleil, et je m'approche pour lui faire un brin de causette. Surgit alors le propriétaire du restaurant, qui l'a recueilli complètement esquinté par d'autres humains - fractures multiples, chat écorché au sens propre du terme - et qui me dit - ce que j'aime chez ce chat, c'est qu'il est resté gentil, qu'il va vers les gens, qu'il est confiant... et ça me touche, quand des étrangers s'intéressent à lui. Bien sûr, mais je n'ai aucun mérite : les survivants au coeur tendre, je les aime aussi...

(Merci d'avoir pris la peine d'écrire ces quelques belles phrases. J'avais déjà compris que vous étiez une belle personne à votre remarque, "J'aime les survivants de tout poil." Bien à vous, Y.C.)

18 juin 2010

Belle-Ile


12 juin 2010

Quarante


...années du David fêtées ce week-end - en musique, en rires et en chaleureuse amitié. Amis de longue ou plus fraîche date, parents, enfants réunis dans la joie - une soirée qui semblait bien aléatoire il y a encore deux ou trois mois... Un buffet pléthorique, et des carnets de chant grands ouverts - mais ça, ce sont des classiques de la maison.

Le plus joli ? Un quatuor multi-générationnel totalement improvisé - piano - violon - guitare - mandoline, générations 30, 40, 50 et 70 ans représentées. Mais aussi, ma maman qui nous a interprété un texte gentiment coquin du 17ème siècle, les tours de magie du Léo, et la Zaza qui nous a mis la larme à l'oeil en ouvrant la soirée de son papa avec Toi + moi + tous ceux qui le veulent...

10 juin 2010

Elsa vue par Mamie

Papy, Mamie et Elsa terminons la journée en faisant notre prière du soir,
et, à un certain moment, Elsa me dit :
- "Je ressemble à Maman"
et je lui réponds "Oui, Elsa, mais tout en ressemblant à ta maman,
toi aussi, tu es UNIQUE aux yeux de Dieu."
Elsa réfléchit, et me dit : - " Et les jumelles" ? !!!
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Papy et Elsa m'aident à étendre le linge qui venait d'être lavé : serviettes, gants, etc......,
et arrive le moment où les sous-vêtements en coton doivent être étendus aussi.
Papy donne à Elsa une culotte à Mamie, et Elsa crie fort :
- " Oh ! une URGENCE" !
Arrive la culotte à Elsa et la prenant délicatement, elle dit doucement :
- "Une petite urgence"!!!
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Elsa adore la Nutella et comme chaque jour, je lui demande :
- "Que veux-tu goûter Elsa ?"
Et invariablement, Elsa me répond "comme d'habitude".
Et au même moment, Elsa chante en gesticulant :
- "Comme d'habituuuuuuuude" !!!

09 juin 2010

Léoland

Lulu arrive dans la chambre des enfants : Debout les crabes, la mer monte !
Léo, depuis sa mezzanine : Chouette, elle va me faire un câlin alors...

L'année prochaine, Léo va à Claude-Monet.
David : Tu sais qui c'était ?
Léo : Un illusionniste (sic) ! Bon, un peintre, hein...
Lulu : Oui mais de quelle école ?
Léo : Ben de Claude-Monet !
(Certes...)

Léo : Je t'aimeuh ma môman !
Lulu : Oui, moi aussi mon lapin...
Léo, triomphant : Ben oui mais moi au moins j'te l'montre !
Ok, ok... échec et mat.

07 juin 2010

Journées ordinaires

15 ans. Enceinte. Mais de 6 mois. Comment faire passer à la maman, qui l'accompagne, et à la jeune fille, frappées de stupeur après l'échographie, qu'il ne s'agit pas d'organiser une IVG à l'hôpital, ni même à l'étranger, mais de l'inscrire, et rapidement, à la maternité ? Quel tact possible, quand le couvercle d'un "indéniable déni" est soulevé avec une telle violence ? Garder mes questions pour moi. Organiser le concret immédiat. Proposer un autre rendez-vous.

21 ans. Tout le temps mal au ventre - j'avais écrit, au centre... - accompagnée par le petit copain. Ce qui est rare, et la plupart du temps, bien. Sauf que... petit copain sorti, elle vit avec la peur de tomber enceinte (10 pilules du lendemain en quelques mois, ce qui est énorme), elle est navrée d'avoir offert sa virginité à un type très contrôlant et qui quoi que musulman comme elle ne sera pas accepté par sa famille, elle n'a aucune envie d'une sexualité dont elle ignore tout et qui ne lui procure aucun plaisir... Je ne suis pas surprise, qu'elle aie mal au ventre... Envoyée quand même chez le médecin. Non que je m'inquiète d'une origine physiologique ; mais parce que je sais que ma collègue sera assez fine pour lui prescrire, outre la pilule, une... suspension des rapports sexuels jusqu'à nouvel ordre. Histoire qu'elle puisse retrouver un peu de temps et d'espace pour penser, et peut-être, re-décider.

60 ans. Séropositif. Narcissique (très). Riche (très). Cultivé (très). Dans une solitude à crever... derrière les paillettes d'un monde fashion-arty auquel il appartient encore. Très probablement inacessible à un travail thérapeutique, tant la façade est fragile, et la violence au-delà, massive.

26 ans. Marocain. Fiancé. Très diplômé, comme sa promise... qui vient d'arriver en France, découvre la liberté, les sorties entre copines, la mode, une relative autonomie financière... Elle a 16 ans dans sa tête, et comment lui en vouloir ? Elle aspire à s'amuser - probablement dans un respect réel de leur projet d'avenir - il aspire à construire, au long terme, à faire des économies aussi longtemps qu'ils travailleront ici, à vivre tranquille, il est sérieux, réfléchi, responsable - trop ? - ce n'est la faute de personne, mais voilà : si elle a 16 ans dans sa tête, et lui 40, quelles sont leurs chances de retrouver un chemin commun ?

Et quelques autres...

Fiche de poste

Elsa lit la 4ème de couverture d'un Pomme d'Api Soleil : Des questions pour réfléchir sur qui je suis et qui est l'autre. C'est comme ton métier ça ? demande-t-elle. Exactement. Je n'aurais su mieux dire !

03 juin 2010

Decameron

...il paraît qu'il y a une page MySpace en préparation. En attendant, ce sont trois musiciens hors pair qui offrent une autre vie à un répertoire rare : la musique italienne du XIVème siècle. Une musique d'autrefois, mais avec une vitalité et une énergie bien d'aujourd'hui, qui la rend accessible, joyeuse, étonnamment moderne... si on y ajoute une petite chapelle invisible au pied de Montmartre, un public confidentiel mais conquis, ça compte comme vrai moment de bonheur.

Et puis, c'est comme les autres Ephémères : les humains vivants - par opposition à ceux qui ne sont jamais nés, passionnés, quelle que soit leur passion, assez fous pour parier sur leurs rêves, ça rend la vie tellement plus belle...

01 juin 2010

Lutinette

Elsa : - Moi, j'ai un prince charmant et deux chevaliers !
Lulu : - Notre coeur est assez grand pour aimer plusieurs personnes à la fois...
Elsa, du ton de l'évidence : - Bah oui hein !

29 mai 2010

Chers amis, bonjour !

La question à 1000 francs, ce soir, 19h45 : Maman, est-ce que c'est vivant une molécule ?

AAF

Affordable Art Fair - un salon de galeries du monde entier, présentant des oeuvres originales à prix raisonnables. Enfin, raisonnables... Pris le risque d'y emmener les enfants. Méga-récompensée : ils ont adoré. La variété des techniques, voir de plus près, donner leur avis. Tester l'atelier de gravure (graveur accessible, adorable, aux oeuvres délicates et poétiques), et celui de modelage. Tout un monde de créativité, d'art désacralisé. Léo, après quelques explications sur les rapports entre l'art et le monde marchand : Mais, est-ce qu'il vaut mieux acheter une oeuvre chère ou deux oeuvres pas chères ? Lulu : Il vaut mieux acheter... une oeuvre que tu aimes. Qui te parle. Qui te fait rire. Qui t'émeut. Qui te plaît, quoi !

Ephémères

Il y a des instants tellement ténus, subtils, qu'ils s'évanouiraient à être déposés dans la Care Box. Des rencontres.... Un photographe anglo-japonais aussi peintre qui fait des choses très belles mais ne sait parler que timidement de son travail, un homme de pouvoir qui pourrait bien être aussi un homme de coeur, un chanteur lyrique qui prépare un concert de musique italienne du XIVème siècle, une blogueuse de mode qui tient une boutique-galerie, très concernée par les dimensions éthiques, artistiques et écologiques des créateurs qu'elle soutient, une conseillère d'éducation qui a su rester vivante psychiquement dans un établissement difficile, et propose aujourd'hui des projets qui ré-ouvrent à du collectif intelligent, des voisins - et le sentiment d'appartenir un peu plus à ce quartier, pour avoir simplement bavardé autour d'un bon verre de vin... Bonheurs.

28 mai 2010

Walid

6ème, une bonne bouille au grand sourire. La prof s'inquiète - une bonne prof, un peu mère poule, attentive, protectrice, parfois un peu trop, mais... Qu'est-ce qu'on lui reproche à ce jeune homme ? D'avoir séché une semaine. Alors - les petits dealers, le racket, la cité craignos au pied de laquelle est implanté le collège, certes... Mais il n'y a pas toujours matière à dramatiser.

Comme un gamin pris en faute, il avait juste voulu échapper à une punition, espérant que le collège oublierait ses dernières âneries - rien de grave au demeurant - s'il disparaissait un peu de la circulation. Et comme un gamin aussi, il s'est fait remonter les bretelles par les grands frères qui tiennent les murs en bas de chez lui - pourquoi t'es pas à l'école, tu ne vas pas faire comme nous, si on avait su on aurait plus bossé, alors retourne en classe, p'tit con. Walid n'a pas perdu son temps donc, en tout cas moins qu'en allant faire le zozo en cours de géo. Il est content de revenir. Et moi, je n'ai rien de plus à lui dire. Good job, les grands frères.

Funambules

Il y a deux sortes de gens.

Il y a ceux qui vivent, jouent, et meurent.

Et il y a ceux qui ne font jamais rien d'autre que de se tenir en équilibre sur l'arête de la vie.

Il y a les acteurs.
Et il y a les funambules.


Maxence Fermine, Neige.

(Le même éblouissement simple que lorsque j'ai découvert Soie, ou Novecento, pianiste)

27 mai 2010

Who let in the rain ?

Things like this can always take a little time
I always thought
We'd be together down the line...

Cindi Lauper

Boussole

Il a dit - il y a une question que l'on ne vous posera sans doute pas avant d'entrer dans une éventuelle nouvelle formation, mais je vous invite à y réfléchir.

Il existe trois sortes de thérapeutes. Ceux qui identifient leurs patients à leur(s) symptôme(s). Ceux qui identifient leurs patients à leur inconscient. Et ceux, dont je crois être, qui identifient leurs patients à leur Etre.

Ce qui suppose d'accepter la confrontation, l'interrogation sur la frontière avec le spirituel.

26 mai 2010

A mère pilule ?

Il voulait savoir - mais pourquoi, une psy dans un Planning Familial ? Alors je lui ai parlé de cette jeune fille de 16 ans, venue demander peut-être la pilule - "mais j'sais pas", peut-être à être examinée par la gynécologue - "mais j'sais pas", et qui venait surtout - sans le savoir en effet, déposer sa peine de ne pas pouvoir parler à sa mère de ce bouleversement d'une première histoire d'amour - non qu'elle n'aie pas essayé, mais celle-ci lui avait signifié son refus d'en savoir quoi que ce soit, dévalorisant au passage la relation et le petit ami.

Parler du décalage entre ce qu'ellle savait qu'elle devait faire - avoir une contraception adaptée, entrer dans un suivi médical de jeune (presque) adulte, et son chagrin de devoir faire la démarche seule - elle qui se sentait si proche de sa mère il y a encore peu. Parler de séparation, de ce que grandir implique de laisser derrière soi, et du sentiment d'être bien seule parfois, entre cette maman qui ne veut pas la savoir grandie, et le petit ami qui s'agace de ne pas être accueilli par sa famille à elle.

Parler de femme à femme, d'une génération à l'autre... et repartir avec une ordonnance, certes, mais aussi, j'espère, un tout petit peu plus de légèreté - un tout petit pas de plus sur le chemin de devenir femme.

24 mai 2010

Week-end

Du muguet et du lilas du jardin. Du soleil. Un manuel de psycho-patho intelligent (je sais, on peut être surpris que ce soit une joie à part entière. Mais c'est le cas). Quelques étoiles sous les arbres. Une longue balade à vélo, parce que "On ne va jamais si loin que lorsque l'on ne sait pas où on va" (la phrase est attribuée à Colomb, c'est presque trop beau, non ?). Encore du soleil. Un rapide coup d'oeil aux Champs recouverts de verdure - mais verdure invisible sous la marée humaine, et donc fuite vers des endroits plus calmes et plus frais. Des échanges fluides, et vrais. Une pause dans la cour de l'hôtel particulier qui abrite désormais la maison Ralph Lauren (et une petite robe en mousseline de soie noire à tomber - dans une autre vie ?). Un pique-nique à la pointe de l'ïle de la Cité - premier pique-nique, premières cerises - deux occasions de faire un voeu. Toujours du soleil... assez pour décider d'offrir aux enfants, restés à la campagne, un pont par-dessus le pont, jusque mercredi.

Copie conforme

Moi j'ai aimé : la mobilité du visage de Juliette Binoche - de plus en plus belle - les émotions qui la traversent au rythme des lumières du ciel de Toscane, ce qu'il y a avait de poésie - de mélancolie aussi - dans ce jeu qui n'en était pas un, et par là même accédait à une autre forme de vérité - mise en abîme d'une réflexion sur l'art dans ce qu'il a de factice et pourtant d'universel ?

Quand Juliette dit, Reste, à la toute fin du film, on ne sait plus si elle joue encore, ou si le jeu est déjà terminé. Mais justement - est-ce que c'est Juliette elle-même - avec cette sincérité qu'elle dégage quel que soit son rôle ; la femme qu'elle joue - et qui n'a pas de nom ; la femme jouée par cette femme sans nom - et qu'elle est aussi, vraiment ? Une femme qui cherche un regard - une main sur l'épaule - une femme qui dit - Reste, voit l'autre partir, et sourit quand même. Une femme...

20 mai 2010

Mobile

Les mobiles symbolisent les multiples facettes de la vie, la seule constante étant le "mouvement". Même dans les pièces les mieux fermées et visiblement les plus calmes, les mobiles frémissent au moindre mouvement d'air ou suivent en quelque sorte leur propre inspiration.

Ce qui me vient aussi, c'est que les mobiles rendent l'invisible, le subtil, le ténu, visible...

13 mai 2010

Au vol...

...dans le miroir du bijoutier, le grand sourire d'Elsa devant les petits zircons qui ornent ses oreilles fraîchement percées.


11 mai 2010

Clés

Ne vous battez pas contre la peur, sinon, vous aurez de plus en plus peur. Une nouvelle peur entrera dans votre être : la peur de la peur, qui est très dangereuse. Premièrement, la peur est une absence, et deuxièmement, la peur de la peur, c'est l'absence de l'absence. Alors, vous entrez dans la folie !

La peur n'est rien d'autre que l'absence d'amour. Faites quelque chose avec l'amour, oubliez la peur. Quand vous aimez profondément, vous ne trouvez plus la peur. Comme si la lumière était allumée et qu'on ne trouvait pas l'obscurité. Voici la clé secrète : aimez davantage.

Osho, Le courage – la joie de vivre dangereusement

Etalons

Un groupe de prévention en milieu scolaire – nous abordons une fois de plus le sujet de la pornographie. « Euh, vous savez M'dame, l'acteur, là, Freddy Sirocco... ». Les griffes de la nuit et le vent du désert, pas mal, pour un lapsus ? Plus poétique en tout cas que Rocco Siffredi, ou que la triviale « Poutre de Bamako » évoquée par le même groupe...

Différences (2)

Alors, Léo, ce serait plutôt Toutpourmagueule.com, et Elsa, Parleàmoncul.fr. Je sais, c'est pas bien... mais parfois, ça agace.

10 mai 2010

Lutinage

Que reproche-t-on souvent aux Lutins et Lutines ? De ne pas aimer vraiment, parce qu'ils sont indépendants, ne se consument pas d'angoisses, réfléchissent avant de rompre, savent passer une soirée avec un(e) amant(e) sans forcément faire l'amour, acceptent que leur compagnon ou compagne aiment d'autres personnes, annulent une soirée intime parce que leur enfant est malade sans que l'amant(e) s'en offusque et sont capables de rester des mois sans voir leurs amours tout en les aimant profondément. D'où de multiples tentatives pour étiqueter leur sentiment : est-ce de l'amitié, du désir, de l'indifférence, de la passion contrariée, de la séduction ? (...)

Les Lutins n'étiquettent pas leurs sentiments, parce que la vie leur a appris qu'une relation évolue par cycles, avec des hauts et des bas, et qu'il est vain de l'enfermer dans une catégorie. On aime parfois son compagnon comme un ami, parfois on le déteste, parfois on retrouve avec lui des élans passionnés... et c'est ainsi avec tous les hommes. Pourquoi les étiqueter, puisque la vie se charge de décoller les étiquettes... sans que l'amour disparaisse. (...)

Ensuite, viennent les ratures, quand se confrontent le rêve et la réalité. Tout comme un manuscrit raturé témoigne d'un travail de création et non d'une détérioration, les "ratures amoureuses" reflètent l'évolution d'un lien et la découverte de l'intimité.


Françoise Simpère, Guide des amours plurielles

06 mai 2010

Humide

Léo : Moi je mouille les cours !
Lulu : ???
Léo : Ben oui moi je les sèche pas !

05 mai 2010

Darshan

Sans voix. Chez Zingaro, la poésie, la démesure et la beauté, sous des formes toujours renouvelées, sont la norme. Mais là... le dispositif scénique, l'inventivité visuelle, la musique - empruntée aux répertoires spirituels de tous les lieux et temps, les chevaux - irréels à force de beauté - amènent à la création d'un langage à part entière - une langue qui parlerait directement à l'âme. C'est cela - un langage qui toucherait sans intermédiaire l'émotionnel et le spirituel. Bien sûr, on pourrait décortiquer la magie, voir comment elle est bâtie - techniquement, musicalement, culturellement - nombre des grands mythes de l'humanité sont évoqués, convoqués mais... même si on y parvenait, on n'en aurait rien dit. Rien dit du silence plein qui m'habitait après la représentation, rien dit des larmes jaillies au passage d'un grand cheval blanc sans cavalier sur un choral de Bach - inoubliable.

03 mai 2010

Rufo défend Freud

Freud, qui étudiait le comportement dilatateur des insectes, estimait que l’hystérie était plus intéressante dans les manifestations cliniques sans cause. C’est là où il est fabuleux : il cherche une cause lorsqu’elle n’est pas médicale. Il renverse la donne du sens, de la signification par rapport à la clinique. L’Anglais Donald Winnicott reprend cela à merveille lorsqu’il explique la différence entre un pédiatre et un pédopsychiatre. Le pédiatre trouve un symptôme. Il lui en faut un deuxième. Un troisième. C’est un syndrome. D’où diagnostic et traitement. Le pédopsychiatre, lui, ne doit pas s’intéresser au symptôme pour, éventuellement, en saisir le sens. Imaginez les 180 degrés de cette pensée ! (...)

De nombreux internes penchent pour le cognitivo-comportementalisme, qui a l’avantage de l’immédiateté et de l’efficacité. Mais il ne faut pas désespérer qu’ils se mettent à réfléchir. Je vais être basique et m’en excuse par avance. Imaginez que vous soyez avocat, que vous travailliez à Wall Street. Vous avez peur de l’ascenseur. On monte avec vous jusqu’à votre étage. Bravo ! Mais la question reste posée : pourquoi avez-vous eu peur ? « Are you OK ? - I am OK ! » Tel est le comportementalisme, qui répond à notre impulsivité, notre rapidité.(...)

Plutôt que la neutralité bienveillante de mes confrères et amis psychanalystes, j’ai plutôt glissé vers une empathie sensible. Sans être dans une position démagogique, ou d’érotisation, je suis très intéressé par ce que me raconte l’enfant. J’ai même établi un standard particulier dans ma pratique : quand il quitte mon bureau, j’écris 20 lignes de résumé sur ce que j’ai vécu. Non pas compris, mais vécu. Puis, lorsqu’il revient, après les avoir relues, je lui parle de ce que j’ai éprouvé en le voyant. L’enfant y est sensible : il n’est pas qu’en consultation, je suis aussi en examen de ma propre sensibilité par rapport à lui. Certains hurleront à la séduction et à la manipulation, mais ce serait tragiquement réduire la portée de la chose.

Si vous vous trouvez face à un psychiatre à l’air peu concerné dont le dialogue tient en quelques phrases stéréotypées, du genre : « Poursuivez... Allez plus loin dans vos pensées... Quel est le sens de votre démarche ?», vous quitterez bien vite son cabinet. L’empathie est essentielle dans la rencontre.

Marcel Rufo, interview

L'article complet : .

30 avril 2010

Un week-end à la mer...

...mais comme la bouteille : à l'eau - pour cause de... pluie. Même pas grave - suis de toute façon définitivement amoureuse de Paris. Le 30 avril pour la grande fête tsigane du cirque Romanès, toutes les femmes étaient gitanes, même moi, et il paraît que les gitanes vont toutes au paradis. Quoi d'autre ? Une bécane mythique, un déjeuner sous les arbres à Barbizon, le Doillon - abandonné en cours de route, je ne supporte plus ces intellectuels au coeur sec, l'expo sur les nomades accrochée aux grilles du Luxembourg, et celle de Ronis - dans la lignée de celle d'Izis - le sens de l'instant, un certain regard sur l'humain, un peu d'humour et beaucoup de poésie. A l'image de ces jours...

27 avril 2010

Licence poétique

Ma principale préoccupation, c'est d'ouvrir des fenêtres utopiques dans ma vie.

Une patiente. Qui ne fait pas que le dire, mais le vit. Une authentique citoyenne de l'Art brut, à sa manière.

25 avril 2010

Oui

Il paraît que c'est un secret ;-). Je n'en suis pas si sûre, mais c'est dommage qu'il soit si bien gardé. Dites OUI. Intérieurement. Un oui à goûter, à laisser résonner, à savourer. Expansion, ouverture, joie, sentiment d'être. Maintenant dites NON - toujours intérieurement - juste pour voir ? La lumière s'éteint, la porte se referme. Incroyable. De simplicité.

Le petit plus magique, c'est qu'il est même possible de dire OUI à ses NON. Car il est parfois utile, ou nécessaire, de dire NON. Oui à ce qui est. A ce que je suis - ou pas. A ce que tu es - ou pas. Rien à forcer. Rien à vouloir. Sans cesse oublié. Réappris. Oublié encore... retrouvé ce week-end.

PS : L'amour est dans le présent. La peur est dans l'avenir. Là où il y a l'amour, la peur n'est pas.

23 avril 2010

Un autre regard




Quelques jours de tourisme à Paris avec les enfants : la Foire du Trône (avec la barbe à papa et les loteries à la corde, s’il vous plaît !). Des kilomètres à vélo tous les quatre – un bonheur de famille (Léo avec un nouveau vélo rouge, récompense pour son excellent carnet). L’expo Izis à l’Hôtel de Ville – un cousin de Doisneau ou Cartier-Bresson, photographe des petits et des sans grade, émigrés, artistes de cirque, amoureux sur les quais de Seine…

Je fais à Léo un résumé de ce que je sais du bonhomme – pas coureur de scoops mais attentif aux détails, à l’envers du décor. Elsa arrive en trombe et me dit, tu peux refaire ton texte depuis le début ?

Du bricolage – passage à Loisirs et Créations pour fêter l’excellent carnet… d’Elsa ! Origami, peinture, perles et autocollants. Je ferais bien leurs ateliers pour adultes…

Le CinéAqua du Trocadéro, annoncé comme « plus qu’un aquarium ». Eh bien, c’est vrai. Nous n’en avons pas fait le tour, en trois heures. Deux excellentes idées : le ciné dont le grand écran n’est autre que le bassin des requins – ce qui fait qu’au lieu de passer rapidement en piétinant il est possible de se poser, de prendre le temps d’observer vraiment la danse des espèces en présence, et le bassin caresses, à hauteur d’enfants, dans lequel il est permis de toucher les poissons. C’est très doux, un poisson, en fait.

Le bassin de l’Arsenal au soleil, un mur d’escalade temporaire à Bercy, la petite Roxane qui grandit. Aux Arts Décos, deux merveilles : l’expo des Lalanne, dans la nef du musée transformée en palais de Peau d’Ane. Enfants sous le charme, - créativité et poésie immédiatement accessibles pour eux. L’hippo baignoire, les sièges moutons, les grands miroirs végétaux, le singe-cheminée, tout les a enchantés. A l’inverse, l’expo Playmobil, qui était la « carotte » initiale pour les emmener au musée, a séduit tout autant… leurs parents. Les Playmo sont nés en même temps que nous ou presque, et l’expo était remplie de parents trentenaires/ quadras en plein trip régressif, et délicieux.

Last but not least – cinq jours de vacances – et les cinq épisodes d’Angélique Marquise des Anges, à la file. Enfants conquis ! Moi aussi. Angélique fait partie de mon petit Panthéon personnel. Indomptable Angélique – vivante, transgressive, fleur bleue, gentiment érotique, jamais abattue, et…légèrement inconsciente.

18 avril 2010

Différences

Le temps : Les enfants, la séance est dans 9 minutes ! Léo : j’y vais, je veux être au premier rang ! Elsa : Ah, ben on a tout le temps…

L’argent : Léo thésaurise. Elsa dépense tout et dit, à quoi ça me sert d’avoir des pièces dans mon porte-monnaie ?

Et ainsi de suite…

17 avril 2010

Spéciale dédicace

...histoire d'encourager les bonnes résolutions de Marion : il n'y a plus qu'à cliquer là. Mais j'ai aussi un big crush pour celle-là. Ah, et puis j'ai ré-écouté aussi Bette Midler, Dionne Warwick, The Supremes...

16 avril 2010

Presque Rien

Mes proches le savent - mon sillage, ma marque de fabrique, c'est Rien. Qu'est-ce que vous portez ? Rien... Un féminin-masculin, boisé, délicat et entêtant à la fois. Un bonheur, depuis sa sortie il y a 4 ou 5 ans... L'autre matin, je râle à voix haute dans la salle de bains : Je n'ai plus de Rien ! Léo : Ben, ça veut dire que t'as Tout ?

14 avril 2010

Bribes

Une équipe repartie souriante. Une ouverture à l'espace psychique pour Léo. Une réunion bien préparée - et reconnue comme telle. Une autre étonnante de bonne volonté et d'intelligence, ce qui n'est pas si fréquent avec les administrations. Une consultation de couple qui donne à mesurer le chemin déjà parcouru. Des rencontres denses - adolescents, adultes, parfois en grande souffrance. Un courrier qui donne à penser - aussi à parler, dans la recherche de la plus grande justesse possible. Une soirée Tupperware (avec photos initialement improbables de voisins parents d'élèves en train de triper sur le Quick Chef 3. Si, si.) Un temps de rémission et de légèreté. Une redescente aux enfers. De nouvelles opportunités professionnelles. Des collègues décidément vraiment chouettes. Un nouveau bouquin d'origami à partager avec les enfants. De nouvelles questions saugrenues : Maman, est-ce qu'on a des muscles dans les oreilles ? Une grand-mère qui replonge... Des moments de douceur tranquille. Un film (Les Arrivants) qui parle bien des bonheurs et des difficultés des "premières lignes" du médico-social - souffrance de l'impuissance et du manque de moyens, bonheur de la rencontre humaine. Tout ça en 8 jours. A bien y regarder, je me demande si ça ne fait pas un peu beaucoup...

06 avril 2010

Homophones

On est vulnérable quand on naît... (quand on est ..?)

04 avril 2010

Pentecôte à Pâques ?

Je ne parle pas l'espagnol. Mais le jour de Pâques, dans cette église barcelonaise magnifiquement décorée de grands bouquets de fleurs des champs jaunes et blanches, baignée par les chants polyphoniques d'une communauté mixte à la joie communicative, j'ai compris, ce que le prêtre disait. Parce que ce dont il parlait - le mystère de la foi, ce feu brûlant et qui ne s'éteint pas - tous l'incarnaient. Comme une réponse à la question que je m'étais formulée en y entrant - quelque chose comme, c'est beau, mais comment peut-on y croire ? Je ne sais toujours pas, comment ; mais je peux témoigner que j'ai rencontré ce jour-là des hommes et des femmes que cette foi-là habite, et porte, indiscutablement.

Et que dans cette vibration spirituelle intense, dans cette lumière de Pâques, je me suis sentie chez moi. Ce n'était pas dans le rituel - identique à celui de la France, ni dans le discours - partiellement incompréhensible pouir moi, mais dans l'espace créé par le souffle, la joie et le chant de ces religieux - une porte ouverte, un accès direct à une source à laquelle je ne me sens pas faire assez de place dans ma vie. Comme un rappel, une invitation...

02 avril 2010

Existentiel (suite)

- Etre petit, ça consiste (sic) à savoir faire des choses qu'on ne savait pas faire quand on était encore plus petit.

- Maman, c'est quoi la vie intérieure ?
- Eh bien, c'est ton jardin secret, les gens et les choses que tu aimes, ce à quoi tu crois, tes envies, tes rêves...
- Et toi c'est quoi tes rêves ?
(Après un temps de silence, et pour cause !)
- Je crois que je voudrais avoir une belle vie, pour qu'au moment où je mourrai (autre conversation du même matin !), je puisse me dire, que je suis contente de ce que j'ai vécu, et que je peux partir heureuse. Et puis, je rêvais d'avoir des enfants et j'en ai, de faire un métier que j'aime, et c'est le cas...
- Moi, je crois que tu rêves aussi d'une autre chose.
- Ah, laquelle ?
- C'est d'avoir une belle vie de femme.
(Lulu, re-interloquée) - Euh... bah, oui... et ça n'est pas toujours facile !
- Je sais...
(et de fredonner Femme libérée).

Wow.

En plus léger : Léo est en classe, Adrien marmonne dans son coin.
Léo : Tu parles tout seul !
Adrien : J't'ai pas parlé, à toi !
Léo : Ben oui, c'est normal puisque tu parles tout seul !
(éclat de rire de la classe)

31 mars 2010

Existentiel

- Maman, pourquoi c'est toujours les méchants qui meurent ?

Tombée du ciel comme ça la question, alors que j'étais tranquillement en train de lire mon Télérama. J'adore. Ben, peut-être parce qu'on aimerait croire que ce sont toujours les bons qui triomphent, en définitive, ma chérie... on aimerait, oui.

PS : J'ai reçu une autre suggestion, depuis. A laquelle j'adhère aussi. C'est tellement plus commode, de mettre à mort - et donc radicalement à l'extérieur de nous - cette partie de nous-mêmes que nous ne voulons pas reconnaître...

29 mars 2010

Léoland

Le moment que je préfère avec Léo, c'est nos petites causeries du soir, dans son lit, sur tous les sujets possibles et imaginables. La dernière ? Sur la parole, l'intime, le droit à un jardin secret... ce qu'il choisit de nous dire ou non, ce qui m'a amenée à formuler cette définition possible de l'éducation : ce qui est important, c'est que tu ne te mettes pas en danger, ni ne mettes en danger d'autres personnes ; et notre travail de parents, c'est de t'aider à repérer cela. A partir de là, vivre c'est aussi expérimenter...

28 mars 2010

Pariscope

C'est une psy, mais aussi une femme, une mère, une fille. C'est drôle, rythmé, émouvant, féroce, souvent bien vu, à peine exagéré, parfois si proche de la vérité... C'est au théâtre, prolongations jusqu'en juin, ça s'apple Psy(causes). Et ça vaut d'être vu, qu'on soit homme ou femme, et qu'on appartienne ou non au "peuple psy".

"Nous ne serions rien si vous n'étiez là pour célébrer et faire vibrer chaque soir les émotions, les forces, les joies, les courages qui disent plus fort le chant de notre famille de coeur et d'esprit... tellement corse, tellement fraternelle, tellement universelle". Ca, c'est le flyer laissé sur chaque siège du concert de I Muvrini - et c'est aussi, très exactement, l'énergie qui vibre dans leur chant comme dans leur message, une belle cohérence qui en fait ressortir le coeur un peu plus ouvert, un peu plus riche d'humanité.

Entre autres, ils auront cité Saint-Exupéry et Terre des hommes - Mais, il n'existe point de jardiniers pour les hommes... Si, je crois que dans leur chant, existe cette énergie qui nous fait grandir.

En même temps - je songeais aux petites causeries avce le Léo, et aux échanges que nous avons déjà eu sur le choix d'un métier - voir post suivant - et je me disais, il existe tellement de façons au contraire d'être jardinier pour les humains : les éduquer, les nourrir, les soigner, les écouter, les vêtir, les protéger, les accompagner...

23 mars 2010

Zazaland

Lulu se bat contre les minuscules élastiques qui retiennent le Pet Shop prisonnier de son emballage. Elsa essaye - et y parvient : Tu vois Maman, il fallait juste s'y prendre à la douceur !

Lulu : Tu as peur des Scooby-Doo des fois ?
Elsa : Oui, il y a des épisodes qui font peur !
Lulu : Mais tu regardes quand même ?
Elsa : Oui, mais je ferme les yeux !

22 mars 2010

Instantanés

Bientôt 60 ans, une universitaire excentrique (comprendre : très malade, mais brillante) qui bataille avec les institutions pour conserver sa chambre de bonne loyer 48 qui est l'unique moyen de garder un pied dans la réalité, et d'échapper aux Centres d'Hébergement, si ce n'est à la rue.

16 ans, une petite jeune fille qui s'est courageusement sevrée toute seule de toxiques divers, et que son généraliste a mise sous anti-dépresseurs, sans indiquer la possibilité de traiter aussi le chagrin initial, et pas seulement les symptômes... Reviendra, reviendra pas ? Reviendra, j'espère.

37 ans, une israélienne sans papiers qui vient pour une contraception non hormonale, refuse toute médecine allopathique, se soigne depuis 12 ans à la médecine énergétique (laquelle ? mystère..) - il faut croire que ça marche, en tout cas, pour avoir vécu si longtemps sans souffrir de l'absence de couverture sociale.

18 ans, une autre jeune fille, enceinte, mais organisée : aujourd'hui je suis surprise, quand elles ont su repérer leur retard, anticiper le coût de l'échographie, quand elles pensent que tout n'est pas dû mais viennent pour une démarche qui devient alors une véritable collaboration, un "main dans la main", et non un assistanat systématisé.

14 ans, allergique aux psys - expériences antérieures non concluantes. En cours d'apprivoisement - une fois, deux fois... et la main passée à des tiers, pour la maman avec laquelle il vit dans un tête-à-tête bien difficile pour les deux.

13 ans, l'envie d'une maman comme les autres, la capacité à mettre des mots, à différer ses réactions, à entrer en lien - peut-être un peu trop pour sa sécurité d'ailleurs, mais nul n'est tenu à l'impossible... et l'impossible est déjà ce qu'elle vit. Rester avec une maman incapable d'être à sa place de mère, impossible ; choisir en connaissance de cause d'aller dans un foyer où il y aura des contraintes qu'elle n'a pas aujourd'hui, et peut-être aussi des confrontations délicates avec d'autres jeunes en grande souffrance, pas facile... Avec l'éducatrice, soutenir la construction de son adhésion à cette démarche.

18 mars 2010

Femme debout

Parce que je n’ai qu’une vie – il était une fois mais pas deux
Parce qu’il faut déjà pouvoir être seule pour pouvoir être à deux
Parce que j’ai laissé nombre de mes peurs derrière moi
Parce que j’ai envie de solitude, fût-elle accompagnée
Parce que je ne veux pas être dépendante de qui que ce soit
Parce que je me sens capable d’y arriver seule
et de ne le devoir qu’à moi-même
Parce que je ne veux plus (me) mentir
Parce que je me veux juste dans mes relations
Parce que j’ai envie de liberté et de vérité affective et sexuelle

Parce que je ne veux plus être la mère, ni la fille, des hommes de ma vie

Parce que je crois à la nécessité d’un temps de passage
avant tout nouveau départ
Parce que la femme en moi a envie de la rencontre
avec un homme debout, autonome, aimant et invitant
Parce que je veux transmettre à nos enfants
ce message de confiance en la vie
– qu’ils peuvent être oser eux-mêmes,
prendre des risques, et sentir battre leur coeur

Parce que je m’aime vraie
Parce que je m'aime vivante

17 mars 2010

Piqûre de rappel

- Tu es belle : quand tu doutes, parce que immédiatement derrière ton désir d’émancipation vient, presque aussi fort, le souci de ne pas blesser l’autre, ne pas l’abandonner même si ça veut dire pour toi souffrir dans ton grand écart.

- Tu es belle : quand tu sors du doute, ton enthousiasme et ta force gagnée font plaisir à voir, on est de tout cœur à tes côtés dans tes combats, on veut que tu les gagnes. Lâche pas, tu tiens le bon bout !

Oct. 2008

14 mars 2010

First Roxane's gag

Un nouveau bébé est arrivé hier soir. Elsa veut savoir :
Quel âge j'aurai quand elle aura mon âge ? 12 ans ?
Lulu : Non, plutôt 14... entre 13 et 14, en fait.
Elsa : Mais, entre 13 et 14, y a rien ???

12 mars 2010

Enfances

Parce que leur père est parti pour un atelier d'écriture, j'évoque pour les enfants le temps où j'en ai moi-même animé - notamment pour les enfants d'une petite école primaire, dans le cadre de ce qui fut mon premier poste, mi instit' spécialisée, mi "pré-psy" scolaire (je mesure aujourd'hui mon manque de moyens, d'outils et d'expérience ! mais aussi la bonne volonté, la tendresse, et ce que j'en ai appris).

Et de sortir les recueils de nos réalisations d'alors - travail sur les contes, atelier de poésie, jeux littéraires... et l'album de portraits que j'avais réalisés à cette époque. Des portraits dans lesquels je retouve l'attention portée à chacun, qui m'avait permis de saisir sur le vif un peu de l'être de chaque gamin.

Un très joli moment avec mes propres enfants, où partager à travers leur univers - celui de l'école primaire - ce qui me tient le plus à coeur encore aujourd'hui, la lecture, l'écriture, la photo, et l'accompagnement de ceux qui sont le plus en difficulté.

L'occasion peut-être pour eux, de réaliser que les adultes qui les encadrent - maîtresses, moniteurs, accompagnateurs de tous ordres - peuvent être engagés dans la relation assez pour pouvoir raconter quelque quinze ans après un peu de leur histoire, et le petit bout de chemin parcouru ensemble...

10 mars 2010

Petits moments de grâce

Quand une équipe prise entre le feu de la souffrance institutionnelle et celui de la souffrance de ses usagers se donne le droit de se remettre à penser, à faire des liens, internes et externes, à faire du lien - entre les professionnels en présence.

Quand un groupe de femmes étrangères déborde joyeusement le cadre d'une intervention de prévention pour aborder à leur façon cette bonne vieille histoire de la pomme et du serpent, et de "La faute à Eve" (dans un groupe où toutes les grandes religions étaient représentées : chrétiens, musulmans, bouddhistes, hindouistes).

Et dans le groupe suivant, quand une vieille dame musulmane et veuve, m'a dit dans un grand sourire édenté, bah, l'amour c'est plus pour moi, mais je prends le papier pour ma fille !

Quand je reçois un élève de 3ème aujourd'hui suffisamment dégagé des névroses familiales pour s'être mis en mode projet professionnel, et même pour imaginer des stratégies alternatives en cas d'échec. Ce que Berne définissait comme un gagnant : non celui qui gagne à tous les coups, mais celui qui sait ce qu'il fera s'il perd.

08 mars 2010

Journée de la femme mon c.. !

La journée de la femme c'est un bordel sans nom, coincée entre la fête des grand-mères, de ta mère, de ton père et de sa musique. Il y a même une journée pour mon cancer et une pour les arbres. Est-ce qu'on ne pourrait pas inventer une journée pour qu'on nous foute la paix ? La journée de la femme c'est une journée à la con pour les faux-culs. Moi je préfère la nuit avec mon homme!

Miss Tic

07 mars 2010

Lue

Tu es lue gardée lionne lue comme un roman noir

Sous ma loupe ma lampe et sous ma couverture

Mon héroïne mon amante du cinquième art tu es lue

Je parcours dans mon lit tes ratures

Tu es lue entièrement complètement lue

Je te dévore des yeux je me paye ta tranche

Tu te livres à mes doigts de papivore goulu

Et j’annote nos marges avec mon encre blanche

Tu es lue et je pends au cou de tous tes signes

Pourtant je ne perçois de toi que les images

Si lue, de la première à la dernière ligne

Je m’endors glissant en toi mon marque-page

Lue, lue si, tu es lue, lue de la tête aux pieds

Couchée dans ma bibliothèque pirogue

Lançant par dessus-bord tes dessous de papier

Maintenant le suspense jusqu’à notre épilogue

Lue dans les coulisses du métro lue à la lune

Des journaux militants des hebdos à parfum

T’es à poil quoi dans une main qui tient la plume

Et tu laisses après toi ton silence écrivain

Allain Leprest

Juke Box

Une après-midi seule dans la maison à ranger, repasser, nettoyer, c'est renouer avec un plaisr d'enfance et d'adolescence - des heures à écouter des chansons françaises - et à constater une fois de plus que je suis décidément... éclectique (thanks Deezer).

Le dernier Higelin, Coup de foudre : quelques perles, la chanson éponyme, J'ai jamais su, Egéries, muses et modèles...

Le coup de coeur absolu, le 2ème Chez Leprest, et notamment avec Le temps de finir la bouteille (bouleversant), Je ne te salue pas (toi qui vis dans les cieux...), La retraite (qui me donne des frissons depuis la toute première écoute) et celle qui m'a laissée bouche bée : Lue. Portée par sa voix à lui, Leprest. Textes somptueux, musiques superbes - la grande classe.

Une grande bouffée de ringardise assumée (et de souvenirs entre 8 et 14 ans) : quelques vieux Sardou, Féminin comme, Road book, et le Requin Chagrin.

Des retrouvailles avec l'excellent Boucle, de Claire Diterzi.

Et une nouvelle jolie de mon nouveau chéri - Jamait - d'ailleurs découvert grâce à Leprest et à Saint Max : La fleur de l'âge. Ne cherche pas à vouloir arrêter le temps j'aime la beauté dont il te pare et dont je suis l'amant...

06 mars 2010

Parole d'alcoolique

...et phrase du jour : "Il n'y a pas d'heure pour le(s) Graves !"

05 mars 2010

Phrase du jour

A partir d'aujourd'hui, c'est décidé, j'arrête la culpabilité. Je ne fais plus que rire.

Copyright : Nadia

04 mars 2010

Une fois mais pas deux

il était une fois
il était une fois mais pas deux

il était une fille
il était une fille mais pas deux
car c'est la première et la dernière fois
qu'on pourra te faire un cadeau comm' ça

il était une fois
il était une fois mais pas deux

c'est la dernière fois
qu'on te donne des doigts et des yeux
c'est la dernière fois
qu'on te donne des bras et des ch'veux
s'agirait d'en faire d'en faire bon usage
car c'est la dernière et pas d'rattrapage

il était une fois
il était une fois mais pas deux

rat'pas la fortune
tu ne pourras
ne pourras pas dir' qu' c'est pour des prunes
que ça ne compt' ne compte pas

rat' pas ton bonheur
tu ne pourras pas dir' qu' c'est pour du beurre
que ça ne compt' pas

il était une fois
il était une fois mais pas deux

rat' pas ta jeunesse
tu ne pourras
ne pourras pas dir'que tu en laisses
pour la prochain' fois

y 'a pas d'prochain' fois
un' fois mais pas deux
y'a pas d'prochain' fois à ce petit jeu

il était un' fois
il était un' fois mais pas deux

Brigitte Fontaine