Dans les Serres du Jardin des Plantes...
To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
11 septembre 2013
10 septembre 2013
Sagesse du matin
Petit déjeuner, Elsa se marre.
LuLu : Qu'est-ce qui te fait rire ?
Zaza : Je ne sais pas, mais je vais trouver !
LuLu, pensive : Ça me paraît une bonne philosophie...
LuLu : Qu'est-ce qui te fait rire ?
Zaza : Je ne sais pas, mais je vais trouver !
LuLu, pensive : Ça me paraît une bonne philosophie...
03 septembre 2013
Sagesse d'Adamsberg
On connaît toujours sa décision bien avant de la prendre. Depuis le tout début, en fait. C'est pour cela que les conseils ne servent à rien.
Fred Vargas, L'armée furieuse
24 août 2013
Horizon(s)
Bonheurs de navigation : arriver à la voile dans le Vieux-Port de Marseille.
Faire un mouillage dans une crique des îles du Frioul, dernière baignade en mer de l'année dans les eaux claires de la Méditerranée, directement depuis le pont du bateau, ce qui m'a rappelé de beaux souvenirs...
Voir pour la première fois un groupe de dauphins jouer à l'étrave (pas de photos : savourer l'instant, magique, plutôt que de courir après mon appareil ou de regarder la vie à travers un viseur).
Visiter les Saintes-Maries-de-la-Mer.
Profiter d'une météo optimale, le vent n'étant tombé que le temps de déjeuner au soleil avant une petite sieste en nav', mes préférées : jamais je ne dors aussi bien que bercée par les vagues le long de la coque.
Recevoir enfin une explication claire sur l'art et la manière d'attacher les pare-battages et les amarres pour qu'elles partent dans le bon sens par rapport au quai (merci, Max).
Envoyer le spi (enfin, regarder comment il faut faire, à ce jour).
Changer de co'piaule ;-).
Me régaler de gambas grillées énormes, avec un peu d'aïoli.
Sourire de l'équilibre parfois fluctuant des relations à bord, ajouter un Sicilien chaleureux à la liste des chouettes rencontres Glénans, tout comme notre "Mono-Manon" (décidément, la valeur n'attend pas le nombre des années).
Relancer mon envie d'un tatouage Rose des vents (mais pas sur la nuque).
Me battre au jet d'eau sur le pont le dernier jour.
Accompagner le rosé du soir de conserves de poisson de la Belle-Iloise que j'avais ramenées spécialement à cet effet, et d'un peu de blues.
Chanter à la barre, comme toujours, parce qu'il y a peu de choses qui me rendent aussi parfaitement heureuse...
Faire un mouillage dans une crique des îles du Frioul, dernière baignade en mer de l'année dans les eaux claires de la Méditerranée, directement depuis le pont du bateau, ce qui m'a rappelé de beaux souvenirs...
Voir pour la première fois un groupe de dauphins jouer à l'étrave (pas de photos : savourer l'instant, magique, plutôt que de courir après mon appareil ou de regarder la vie à travers un viseur).
Visiter les Saintes-Maries-de-la-Mer.
Profiter d'une météo optimale, le vent n'étant tombé que le temps de déjeuner au soleil avant une petite sieste en nav', mes préférées : jamais je ne dors aussi bien que bercée par les vagues le long de la coque.
Recevoir enfin une explication claire sur l'art et la manière d'attacher les pare-battages et les amarres pour qu'elles partent dans le bon sens par rapport au quai (merci, Max).
Envoyer le spi (enfin, regarder comment il faut faire, à ce jour).
Changer de co'piaule ;-).
Me régaler de gambas grillées énormes, avec un peu d'aïoli.
Sourire de l'équilibre parfois fluctuant des relations à bord, ajouter un Sicilien chaleureux à la liste des chouettes rencontres Glénans, tout comme notre "Mono-Manon" (décidément, la valeur n'attend pas le nombre des années).
Relancer mon envie d'un tatouage Rose des vents (mais pas sur la nuque).
Me battre au jet d'eau sur le pont le dernier jour.
Accompagner le rosé du soir de conserves de poisson de la Belle-Iloise que j'avais ramenées spécialement à cet effet, et d'un peu de blues.
Chanter à la barre, comme toujours, parce qu'il y a peu de choses qui me rendent aussi parfaitement heureuse...
22 août 2013
Texto Kids
LuLu : Je t'aime. Là comme ça ? Oui, là comme ça.
LuLu : Note bien que j'aime AUSSI la Zou...
Léo : Tout ton amour n'est pas que pour moi ?
LuLu : Tout mon amour est pour vous (heureux veinards !)
Léo : Tu savais que t'es pas obligée de me vouvoyer ?
LuLu : Note bien que j'aime AUSSI la Zou...
Léo : Tout ton amour n'est pas que pour moi ?
LuLu : Tout mon amour est pour vous (heureux veinards !)
Léo : Tu savais que t'es pas obligée de me vouvoyer ?
21 août 2013
La dernière fois
Une après-midi comme les autres en CPEF : expliquer le mode d'emploi des différents moyens de contraception, rassurer sur la pilule suite aux débats de cet hiver, informer sur les alternatives - DIU, implant. Avec des mots simples, pour les plus jeunes, des mots scientifiques, pour les plus diplômées ; en anglais, pour une étudiante turque vivant habituellement en Pologne ! Faire faire un test de grossesse urinaire, négatif, le doubler par une prise de sang pour rassurer une très jeune femme angoissée. Décrire à une réfugiée kurde les étapes du déroulement d'une IVG médicamenteuse à domicile. Attendre avec une ravissante métisse de 20 ans, déjà maman d'une petite fille d'un an et demi, les résultats d'un BHCG qui pourrait bien confirmer une nouvelle grossesse, accidentelle. Adresser une mineure à une collègue médecin pour sa toute première contraception orale...
Une après-midi comme les autres, à ceci près : après dix années à accompagner les femmes, les questionnements, les risques et les doutes de la vie amoureuse, je referme doucement la porte, pour la dernière fois. Je me réjouis de ce qui suit - continuer à travailler en prévention, et surtout, développer mon cœur de métier, et le métier de mon cœur, celui de thérapeute, mais je ne quitte pas sans émotion cet engagement auprès des femmes, cette fenêtre ouverte sur l'essentiel : le sexe, la vie, la mort, et les mille et une façons dont chacun(e) se débrouille avec ça...
16 août 2013
Tant qu'il y aura des rêves
Un des points fascinants de l’échange de maison - outre le fait d'avoir déjà par trois fois offert à mes enfants des vacances exceptionnelles pour le prix des trajets, c'est la possibilité de relancer sans cesse le rêve, d'ouvrir des possibles. Pour cette année, après l'été, j'y regarderai à deux fois avant de prendre un simple billet de train ; mais dans ma boîte mail tombent des offres qui à elles seules me font voyager. Une maison avec piscine intérieure à Charleston, une villa à Acapulco, une île grecque à vingt minutes d'Athènes par bateau. Rêver, c'est partir un peu...
15 août 2013
Un autre funambule
Il met un point d'honneur à explorer les limites, toutes les limites, et à s'y cramponner. Il affirme qu'en circulant sur les lignes de crête, en équilibre entre un versant et un autre, il est certain de souffrir mais de ne jamais s'ennuyer.
Fred Vargas, Un lieu incertain
10 août 2013
Belle-Île-en-mer...
(...et je défie quiconque de ne pas finir la phrase :-))
J'aime les îles presque autant que les bateaux - ces lieux voyageurs derrière lesquels laisser toutes les préoccupations du continent et du quotidien. Cinq ou six jours de joies simples et lumineuses, traverser en bateau (déjà, le mouvement du bateau dans le corps, un bonheur à part entière), fredonner de vieilles chansons françaises avec un petit groupe live au Palais, découvrir ces criques sauvages, turquoise au hasard de longues balades sur les sentiers côtiers escarpés, échanger à cœur ouvert sur des sujets pourtant infiniment délicats, danser sur une place de village, boire un verre avec des gens du cru, admirer le feu d'artifice sur le port de Sauzon (un plaisir enfantin), se baigner en mer ou chahuter à la piscine, lire des bouquins faciles allongée au soleil dans l'herbe (quatre ou cinq, dont Un été sans les hommes, de très loin le meilleur), dormir sous la tente, câliner un enfant, regarder le soleil se coucher sur les falaises du phare des Poulains ou sur les aiguilles de Port-Coton depuis la terrasse du Marie-Galante, manger des caramels au beurre salé et des galettes au blé noir, reprendre une crêpe sucre-beurre salé par pure gourmandise.
Des jours tendres et rugueux, à l’image de l'île et de cette photographie encadrée pour laquelle j'ai eu un coup de cœur avant de partir : falaises rudes et tourmentées, courbes douces de l'écume sur le sable fin, baignées de la lumière du couchant. Revenir à l'essentiel : marcher en pleine nature, émerveillée par les lumières changeantes d'une heure à l'autre. "Il leur dit de ne jamais demander ce qui fut d’abord, les mots ou les choses, mais ce qui viendra ensuite. Je me sens vivant, cela seul importe." (Pierrot le fou, Jean-Luc Godard)
Des jours tendres et rugueux, à l’image de l'île et de cette photographie encadrée pour laquelle j'ai eu un coup de cœur avant de partir : falaises rudes et tourmentées, courbes douces de l'écume sur le sable fin, baignées de la lumière du couchant. Revenir à l'essentiel : marcher en pleine nature, émerveillée par les lumières changeantes d'une heure à l'autre. "Il leur dit de ne jamais demander ce qui fut d’abord, les mots ou les choses, mais ce qui viendra ensuite. Je me sens vivant, cela seul importe." (Pierrot le fou, Jean-Luc Godard)
Un air de famille
Je connaissais tout cela. La banalité de l'histoire, le fait qu'elle soit répétée chaque jour ad nauseam par des hommes qui, s'apercevant tout à coup ou petit à petit que ce qui EST pourrait NE PAS ETRE, font dès lors en sorte de se libérer des femmes vieillissantes qui ont, pendant des années, pris soin d'eux et de leurs enfants - n'amortit pas le chagrin, la jalousie et l'humiliation qui s'empare des abandonnées. (...) Il lui fallait la paix, la liberté de s'en aller de son côté avec (...) une femme avec laquelle il n'avait en commun ni passé, ni douleurs pesantes, ni chagrin, ni aucun conflit. Et pourtant il disait pause, pas fin, laissant ainsi le récit ouvert, une cruelle fêlure d'espoir (...).
Quelquefois j'ai peur de m'incinérer moi-même de colère. Je vais exploser, tout simplement, je vais à nouveau m'effondrer.
- Exploser n'est pas la même chose que s'effondrer, et, ainsi que nous l'avons déjà dit, même l'effondrement peut avoir une utilité, un sens. Vous avez longtemps pris sur vous, mais tolérer des fêlures, cela fait partie de la santé et de la vie. Je crois que c'est ce que vous faites. Vous ne me semblez pas avoir si peur de vous-même.
- Je vous aime, docteur S.
- Je suis heureuse de l'entendre.
Siri Hustvedt, Un été sans les hommes
Quelquefois j'ai peur de m'incinérer moi-même de colère. Je vais exploser, tout simplement, je vais à nouveau m'effondrer.
- Exploser n'est pas la même chose que s'effondrer, et, ainsi que nous l'avons déjà dit, même l'effondrement peut avoir une utilité, un sens. Vous avez longtemps pris sur vous, mais tolérer des fêlures, cela fait partie de la santé et de la vie. Je crois que c'est ce que vous faites. Vous ne me semblez pas avoir si peur de vous-même.
- Je vous aime, docteur S.
- Je suis heureuse de l'entendre.
Siri Hustvedt, Un été sans les hommes
08 août 2013
Justin
...un jour peut être vous me parlerez de vous, de votre vie et de tous ces lieux de pression qui contraignent votre corps ou votre âme, sans que vous ne sachiez comment vous libérer. Assumer ses liens et puis sa liberté est un exercice de haute voltige où il est tellement facile de ne jamais s’élancer du haut du mât ou de ne s’autoriser qu’une chute infinie vers le sol, plus ou moins dur suivant la capacité du monde qui nous entoure d’amortir la chute...
Justin, "caresseur des petites douleurs", ou "repli de la guerre, dissolution du conflit, appel à une éducation de l’attention, des plaisirs, des peurs et des folies de l’autre"
01 août 2013
25 juillet 2013
American Dream(s)
Petits et grands bonheurs de nos trois semaines à New York :
- La course de chariots à bagages dans l’aéroport de Madrid
- Le premier yellow cab (et pas le dernier !) et l'arrivée de nuit à Manhattan, épuisés, crasseux, heureux
- Cet appartement étroit, encombré, bourré de livres, de photos et de toiles du sol au plafond, avec sa petite cuisine aux briques apparentes, ses clims antiques et son escalier de secours sur la façade rouge, comme il se doit (et ses installations électriques... précaires !)
- La joie de la Zaza devant les murs de Monster High "qui n'existent pas" chez Toy's R Us ; Times Square de jour, de nuit, au crépuscule (les meilleures lumières !)
- Le premier coup d'oeil sur Manhattan, de jour, sur le Top of the Rock (et son grand ascenseur de verre, mais sans Charlie)
- Marcher sur les traces d'Eloïse au Plaza (entrer dans un souvenir de lecture d'enfance, un livre que j'ai également lu à mes propres enfants : magique ; d'ailleurs, un grand portrait d'Eloïse est accroché dans le lobby de l'hôtel)
- Central Park : nos premiers écureuils, et nos premiers hot-dogs (même au Shake Shack, la Zaza ne mangera plus que des hot-dogs)
- Les musées fous fous fous, démesurés, accessibles à la fois (et le plaisir de constater qu'en moyenne, les enfants ne se sont lassés qu'au-delà de la deuxième voire de la troisième heure - inespéré !) - MET, AMNH, MoMA. Dans le Met, un peu au hasard, Elsa a proposé de visiter la part asiatique : c'est celle que j'ai préférée... Au Muséum d'Histoire Naturelle (celui de la Nuit au Musée), nous avons adoré le planétarium, avec la voix de Whoopi Goldberg ; et du MoMA, je retiens une immense toile de Pollock, et le Van Gogh, et le grand Monet qui n'a rien à envier à ceux de l'Orangerie... Ce qui les rend précieux, c'est aussi l'espace, qui permet d'entrer en contact avec les oeuvres sans être gêné par les foules : il y a la place, et le temps.
- La bataille d'eau à Tompkins Square (quasi en bas de chez nous)
- Le Nail Bar avec Elsa (deux fois, pour voir la vie en bleu puis en rose)
- Le shopping à Soho, Nolita, et dans East Village, c'est-à-dire chez nous : fripes vintage, petites brocantes, jardins partagés, restaurants et bars trendy (et... petites marques françaises : à chacun son rêve fashion, ici, le comble du chic c'est Paris !)
- La messe à Harlem : avec une révérende à l'enthousiasme communicatif, des chants pleins de ferveur et surtout, un incroyable sentiment de communauté vivante et vibrante, accueillante malgré le nombre important de touristes
- La chaleur écrasante, mais les fontaines réellement publiques, c'est-à-dire, ouvertes à la baignade et aux jeux d'eau (Washington Square), et les bouches d'incendie ouvertes par les habitants du quartier pour se rafraîchir ; dans les parcs, les musiciens, les joueurs d'échecs, les acrobates, les amoureux...
- La croisière au coucher du soleil, et Lady Liberty dans le soleil couchant : inoubliable.
- La douceur et la gentillesse de Ronan, et la complicité des enfants tout au long des trois semaines ; les grasses mat', les donuts et le peanut butter ; une vie possible... quand bien même elle ne devra(it) rester qu'une parenthèse. Cultiver l'art de ne pas se gâcher le présent au nom de l'avenir... :-)
- Notre quart d'heure de célébrité dans notre black limo à l'entrée de Times Square, avec un chauffeur ancien sculpteur (artiste raté + petits boulots : un combo très new-yorkais)
- Les blanchisseries partout, pour trois fois rien le linge est lavé, séché, plié (et même trié avec amour par destinataire)
- Notre Nadia, à Central Park ?!? Incredible...
- Marcher, marcher, marcher... boire des litres de Diet Coke, de smoothies ou de Poland Spring !
- L'Empire State Building by night (et la Zaza écoutant religieusement son audioguide)
- Les Apple Store de Central Park et de Soho (pour que Léo aie la joie de changer son statut FB : A l'Apple Store de New York : trop la classe, quand même)
- La richesse indécente (Trump Tower, Fifth Avenue) et la grande pauvreté : SDF, psychotiques et toxicomanes en pleine rue, en plein jour... et encore n'avons -nous fréquenté que des quartiers touristiques ou populaires "clean"
-Les zouzous jouant les acrobates dans une rame de métro déserte, à l'instar d'une troupe de Blacks vus en partant pour Coney Island quelques jours plus tôt
- Le Mojito sur une rooftop terrace branchée, vue sur l'Empire State building avec Theresa venue spécialement d’Oklahoma City (soit autant de temps de voyage que depuis Paris) pour nous
- Le Brooklyn Bridge en trottinette (enfin, pour les zouzous...) et Grimaldi's Pizza à Brooklyn (approved by Sex in the City)
- Le Mémorial bâti sur l'emplacement des tours, et l'ébauche du musée qui sera consacré au 09.11 ; malgré la foule, le site est émouvant, peut-être à cause des ces chutes d'eau qui n'en finissent plus de disparaître dans l'invisible, pour remonter encore...
- Central Park en vélo - un des moments "pince-moi je rêve" : Là, tout de suite, avec les enfants, je fais du vélo (moi ?) dans Central Park (non ???)
- Le Ferry de Staten Island le dernier soir, voir apparaître Manhattan by night au fur et à mesure que l'on s'éloigne...
Et le plus important, peut-être : je l'ai fait. J'ai rendu mon rêve réalité, sans rien devoir à personne, et surtout, j'ai montré à mes enfants que c'était possible. Malgré la précarité affective, financière, de notre nouvelle vie. Faire le pari, prendre le risque, et leur offrir, nous offrir New York, l'année de mes 40 ans.
13 juillet 2013
Bye-bye Finchel
Ça peut sembler idiot mais... j'ai été vraiment affectée par la mort de Cory Monteith - alias Finn. Parce que l'année de ma séparation, si nous avons traversé l'hiver les enfants et moi, c'est beaucoup grâce à la gaieté, l'amitié, la solidarité incarnées par nos héros de Glee, devenus au fil des saisons comme des amis de notre famille blessée, nous répétant sans relâche des messages d'espoir, de soutien mutuel, de tolérance, et de confiance dans notre capacité à réaliser nos rêves quoi qu'il arrive. Je n'ai vu que plus tard le dernier épisode de la saison 3, celui où Finn quitte Rachel pour mieux la laisser déployer ses ailes... et je l'ai vu les larmes aux yeux.
04 juillet 2013
03 juillet 2013
Crazy Sparkling Lu
Alors, le Crazy, c'est... très esthétique (Decouflé à la chorégraphie), très kitsch (rideaux de velours rouge, beaufs et brochettes japonaises dans la salle), très parfait, souvent plein d'humour - volontaire ou non, très consensuel (ne pas heurter le client international, tout en l'aguichant ce qu'il faut), parfois réellement poétique (les numéros solo), parfois mécanique (girls sur-maquillées, chorés millimétrées).
Ce n'est pas réellement troublant - les photos le sont finalement plus que le spectacle, à cause de ce côté totalement artificiel, qui saute aux yeux sur scène, et pas sur l'image fixe.
Je confirme : le trouble naît de l'imperfection, du léger ratage, du détail qui cloche : le talon aiguille qui vacille, faux pas évité de justesse, le petit pli de chair au-dessus d'un string ajusté sur une silhouette par ailleurs exquise, la bretelle qui glisse involontairement sur l'épaule et qu'on rajuste dans une pirouette (ni vu ni connu), un éclair de vraie gaieté dans les yeux trop maquillés de poupées inexpressives, de ce qui est suggéré (le numéro sur le miroir) plutôt qu'exhibé (les longues paires de gambettes anonymes, comme un générique de vieux James Bond).
Pour que ce soit un spectacle érotique plutôt qu'esthétique, il y manquerait... les hommes. Le trouble, entre danse et bataille. Le toucher. L'odeur. Mais surtout, les polarités qui s'attirent, se repoussent, se déchirent, se fondent. La violence, la douceur.
Je me demande ce que les hommes en pensent, s'ils remplissent les blancs, imaginent une histoire. En tant que femme, ça me donne envie de jouer, a réveillé mon envie de prendre un cours de pole dance ou d'effeuillage, parce que c'est drôle, pétillant, très Girl Power. En fait c'est ça qui m'aurait gêné, si j'avais été un homme : malgré les clichés assumés et traités avec humour - la secrétaire, la soubrette, ces filles sont inaccessibles, intouchables : elles ont la maîtrise, sur tous les plans - quel désir possible ?
30 juin 2013
Pas si bêtes
Herbivore 1 - Carnivore 0.
C'est le lapin qui a repris sa place à l'ombre de la brouette ... au grand dam du chat.
C'est le lapin qui a repris sa place à l'ombre de la brouette ... au grand dam du chat.
26 juin 2013
Humains, trop humains ?
Ce chercheur en philosophie, qui consulte parce qu'il s'enfonce dans une apathie dépressive, procrastine sans fin, fuit sur le web, ne rédige plus et donc ne publie pas, refuse les invitations - et qui travaille sur... notre rapport au temps, la réalité relative de celui-ci, et ce qu'il est convenu de nommer présent. Comme il le dit très consciemment, ce sujet qu'il n'a évidemment pas choisi au hasard est devenu une lente torture.
(dans le même ordre d'idée, cette jeune photographe élevée entre mère et sœurs qui n'en finit plus d'explorer la question du double, et celle du rapport des filles à l'image - dans l’œil de qui ? - ou cette chanteuse qui danse sur le fil tendu entre la patrie du père et celle de la mère, dans la langue inventée de l'enfance - ou cette femme auteur de chansons et de livres, partie à la recherche d'elle-même pour les besoins d'un documentaire)
(dans le même ordre d'idée, cette jeune photographe élevée entre mère et sœurs qui n'en finit plus d'explorer la question du double, et celle du rapport des filles à l'image - dans l’œil de qui ? - ou cette chanteuse qui danse sur le fil tendu entre la patrie du père et celle de la mère, dans la langue inventée de l'enfance - ou cette femme auteur de chansons et de livres, partie à la recherche d'elle-même pour les besoins d'un documentaire)
Cette jeune femme au père psychiquement si malade, puis si absent, qui s'est vue chercher sur Google "père de substitution", a erré sur des forums, trouvé des pistes de lecture, et puis qui revient, éclate en sanglots jusque-là retenus et peut dire, entre rires et larmes : "J'aimerais passer une petite annonce, recherche père adoptif".
Cette jeune soignante en burn-out, faute d'une institution suffisamment contenante, bien-traitante : quand on est confronté quotidiennement à la psychose et à l'autisme, dans un lieu sans espace d'élaboration, ni supervision, et que l'on est soi-même doté d'une perméabilité particulière, comment ne pas flancher ? Et comment trouver des mots pour nommer ce qui circule, quand c'est justement la capacité de penser qui en est altérée ?
Cette jeune femme à n'en pas douter psychotique, qui a trouvé une voie de passage dans le travail avec les chevaux (qu'elle trouve infiniment plus simples et fiables que les humains), au bout du monde (l'Australie !), et qui vit le souffle coupé dans l'attente du renouvellement de son visa de travail (or l'enjeu est clair : c'est le visa ou la médicalisation).
Cette petite fille de 40 ans, encore abasourdie par cette mère qui non seulement ne lui a pas offert les souliers dont elle rêvait, il y a bien longtemps, mais les a achetés pour elle-même (je pensai à Dietrich et Maria Riva : pas de place pour deux).
Cette femme sans mots, bouleversée par la petite phrase d'un des soignants qui prennent soin de son père Alzheimer, "il ne dit jamais rien..." - et tout ce qui rejaillit de ce silence - de son silence à elle, de son silence à lui, de ce qui, compte tenu de son état, ne pourra jamais plus être dit : la folie, possible, probable, de la mère.
Ce couple infiniment souffrant, infiniment touchant, avec lequel j'ai pu sourire de ceci : si nous maintenons cahin-caha le lien thérapeutique, alors qu'ils ne vivent désormais plus à Paris, c'est bien grâce à l'endroit où nos parts de folie peuvent se rencontrer.
Cette jeune femme à n'en pas douter psychotique, qui a trouvé une voie de passage dans le travail avec les chevaux (qu'elle trouve infiniment plus simples et fiables que les humains), au bout du monde (l'Australie !), et qui vit le souffle coupé dans l'attente du renouvellement de son visa de travail (or l'enjeu est clair : c'est le visa ou la médicalisation).
Cette petite fille de 40 ans, encore abasourdie par cette mère qui non seulement ne lui a pas offert les souliers dont elle rêvait, il y a bien longtemps, mais les a achetés pour elle-même (je pensai à Dietrich et Maria Riva : pas de place pour deux).
Cette femme sans mots, bouleversée par la petite phrase d'un des soignants qui prennent soin de son père Alzheimer, "il ne dit jamais rien..." - et tout ce qui rejaillit de ce silence - de son silence à elle, de son silence à lui, de ce qui, compte tenu de son état, ne pourra jamais plus être dit : la folie, possible, probable, de la mère.
Ce couple infiniment souffrant, infiniment touchant, avec lequel j'ai pu sourire de ceci : si nous maintenons cahin-caha le lien thérapeutique, alors qu'ils ne vivent désormais plus à Paris, c'est bien grâce à l'endroit où nos parts de folie peuvent se rencontrer.
25 juin 2013
22 juin 2013
Des journées entières dans les arbres
Un week-end tout vert : équitation, acrobranches et cabanes dans les arbres ! Un rêve de bobo-écolo-bio, perchés à 20 m de hauteur dans une maison de poupée qui n'était pas sans rappeler une cabine de bateau, y compris dans les bois qui craquent, les amarres qui tirent et le tangage au gré du vent (fascinant : comme en mer, sentir monter la risée comme une vague sur les hautes feuilles puis l'impact sur la cabane qui ondule plus ou moins doucement...). Dîner aux chandelles sur la minuscule terrasse, petit-déjeuner hissé à la poulie le lendemain matin... A l'arrivée, nous avons été accueillis par le chevreuil mascotte du parc (visible sur le lien ci-dessus), et des lièvres pas si farouches, mais aussi par un couple de propriétaires charmants dans un projet aussi cohérent que séduisant - outre les cabanes, production de spiruline et de viande bio, jardins d'abondance, etc. Une petite flûte de champagne sur les planches à Deauville, anniversaire oblige ! Et une balade à Honfleur, le lendemain (au soleil, contre toute attente). Mais je suis ravie d'avoir abandonné mon projet initial (vie de château, gastronomie et hôtel spa) pour nous perdre dans la forêt...
16 juin 2013
We were horses
Pour les 10 ans d'Elsa, nous sommes allés voir le dernier rêve de Bartabas - une collaboration avec Carolyn Carlson, musiques de Philipp Glass... hypnotique, puissamment visuel, sensuel, poétique. J'ai aimé qu'Elsa soit sensible à ce spectacle différent, plus exigeant que ce que je leur propose habituellement ; touchée de voir que les notions de représentation, de symbolisation, de suggestion aussi ne lui sont pas étrangères, qu'elle observe, cherche à décoder, peut se laisser porter aussi (bon, Glass, elle a eu du mal... mais nombre d'adultes aussi) - tout en restant aussi attentive aux détails triviaux (le cheval qui postillonne, toujours le même !) ou poétiques "en fermant à demi les yeux, on dirait des étoiles..."
J'ai aimé moi aussi - comme je peux aimer chaque création humaine qui à la fois nous arrache à la terre - la beauté du geste, quelque chose d'une pure magie, d'une recherche d'absolu - et nous y repose doucement - quoi de plus incarné, de plus sensuel, de plus fragile aussi que ces danseurs, que ces merveilleux chevaux ?
15 juin 2013
Mille et une Za
Je n'étais pas sur scène, cette année - personne dans mon groupe, moi exceptée, n'ayant été très motivé pour préparer le spectacle. Tant pis... mais j'ai été très émue voir mon Elsa si belle, coiffée et maquillée, en princesse des mille et une nuits -déjà en la préparant, drôle de petit pincement au coeur en forme de chanson - Slipping through my fingers...
10 juin 2013
31 mai 2013
"Don't worry about a thing..."
(...ce fut la B.O de ce dernier stage...)
L'air du large encore dans les cheveux, du soleil plein les yeux - sous mes pieds le plancher tangue, décidément j'adore cette sensation.
La zone de nav' : traversée du Golfe du Morbihan, escale au Crouesty, mouillage à Houat, passage le long de Belle-Ile, escale à Groix, balade dans les méandres du Blavet, escale à Kernevel, au coffre sur le Belon (magique : se réveiller en bateau au chant des oiseaux), dans l'archipel des Glénans, à Beg-Meil, nav' de nuit jusqu'à Concarneau : un sans-faute, pour la variété des paysages, au soleil la plupart du temps, avec un beau 4/5 Beaufort la plupart du temps aussi. Et une journée bretonne pour l'expérience : 6/7, creux de 3 mètres, pluie glaciale et continue, grêle (!), et premier mal de mer pour moi ! Me voilà baptisée, hé hé.
Ce que j'ai appris : à faire le point, à utiliser la règle Cras, à mieux lire les cartes marines ; à ne pas "taper" quand les vagues sont hautes en lofant jusqu'au somment puis en abattant - c'est très fin la barre, un tout petit mouvement peut modifier beaucoup de choses - et en même temps par grand vent c'est parfois assez...physique. A faire des calculs de marées. A laisser remonter un peu mon bateau au vent, quand la gîte devient inquiétante, plutôt que d'abattre en force (intéressant... comme la mise à la cape - mesure d'arrêt d'urgence, ça me semble hautement applicable aux relations humaines...).
Qu'une part de ma petite fille intérieure, celle qui est pataude, lente, hésitante, qui n'essaie même pas si elle n'est pas sûre d'avoir compris, celle qui a du mal à faire le lien entre la compréhension "avec la tête" et le passage à l'action adéquate était toujours là, bien planquée. Je ne l'ai pas retrouvée avec plaisir, et pour la première fois sur un bateau me suis sentie traversée par des élans de colère et de découragement.
Que cependant, la bonne allure au bon vent, avec idéalement un petit rayon de soleil et quelques petits paquets de mer qui passent de temps par-dessus le roof restait un bonheur absolu, un "kif" incomparable, qui me fait invariablement chanter. Que la sieste à la gîte, sur de longs bords tranquilles (pas avec les creux de 3m !) était le meilleur sommeil que la semi-insomniaque que je suis puisse ressentir (ça marche aussi quand le bateau tourne doucement sur son ancre au mouillage : un sommeil bienheureux ; ce bercement...). Que barreur est mon poste préféré - sensation de puissance tranquille, et de jeu avec le vent, à la limite de l'envol...
Que le mal de mer est une vraie saloperie - je n'imagine pas un équipage où tout le monde serait malade, car c'est absolument paralysant ; je suis restée cramponnée, immobile dans la descente deux bonnes heures, incapable de faire un pas vers le cockpit (trop froid) ou de descendre dans le carré (nausée intolérable si plus d'air). Une leçon d'humilité, et de prudence : prendre toutes les mesures possibles pour ne pas être dans cet état !
Ici que la voile est un travail d'équipe - "comme un seul homme" ; et que s'il n'y a pas cette dynamique, cette confiance, cette cohésion, ni un commandement clair, ça merdouille aux manœuvres...
Les petits moments + : la soirée chant, les rillettes de maquereau maison avec notre pêche du jour, les moules de Groix, le mouillage au Belon, au soleil de fin de journée et après la journée grêle, juste bien pour sécher ! La nav' de nuit, même courte et hors programme, nous a offert une jolie fin de stage.
Le cerise sur le gâteau : pour ne pas rentrer tard à Paris le dernier soir, j'avais demandé un hébergement à Concarneau à une fille du réseau CouchSurfing. Bonne idée : la ville close vaut le détour, les plages de sable blanc aussi. Et la maison (ravissante) de mon hôtesse (super sympa) était...mitoyenne à la base des Glénans ! Soirée papotage et voile - cette fois-ci, la plus belle rencontre de stage s'est faite à terre.
24 mai 2013
15 mai 2013
Rippling
...ou effet de rayonnement : le rippling fait référence au phénomène qui consiste à créer des vagues d'influences concentriques pouvant affecter autrui pendant des années, des générations, à l'infini. Sans le vouloir consciemment ou sans le savoir, nous laissons derrière nous des souvenirs de notre existence, une trace, une marque de sagesse, une action vertueuse, un conseil, un geste de réconfort qui se transmettent à d'autres comme les ondes concentriques créées par un caillou jeté dans une mare continuent à se propager jusqu'à devenir invisibles, mais existent encore à un niveau infinitésimal.
La pensée que nous transmettons quelque chose de nous-mêmes, sans même en avoir conscience, offre une réponse probante à ceux qui prétendent que l'absence de sens et la terreur découlent inévitablement de notre finitude (...).
Tout thérapeute, tout individu dont la profession est de soigner prend conscience de l'effet de rayonnement quand, en aidant les patients à se transformer et à se développer, il déclenche une réaction en chaîne qui va du patient aux autres - conjoints, enfants, disciples ou amis. Et ceux d'entre nous qui ont la chance de rencontrer des années plus tard des enfants ou amis de nos anciens patients peuvent en faire directement l'expérience par eux-mêmes.
Irvin Yalom, L'art de la thérapie
Je ne pense d'ailleurs pas que cela ne concerne que les seuls soignants, mais tous les humains... et pour le pire comme pour le meilleur.
Je ne pense d'ailleurs pas que cela ne concerne que les seuls soignants, mais tous les humains... et pour le pire comme pour le meilleur.
08 mai 2013
Vrai Lux(e)
Pierre Rabhi, Sixto Rodriguez "Sugar Man", deux documentaires vus sur du bouche-à-oreille, deux portraits d'hommes engagés, cohérents, profondément humanistes ; le film sur Rabhi est plein de pépites, comme son duo malicieux avec Edgar Morin ou sa parole, qui n'est pas seulement profonde mais profondément poétique (jolie anecdote sur notre spécifique capacité humaine d'admirer, de contempler). L'histoire de Rodriguez est incroyable, mais plus incroyables encore sont sa simplicité, son humilité, et ses chansons sont superbes... la scène de son premier concert en Afrique du Sud m'a émue aux larmes.
Dans le même temps, le bouquin de Martin Hirsch, recommandé par Marion, et la chanteuse Buika, fléchée par une patiente : même humanité "habitée", vivante, vibrante...
Je ne l'ai pas mis en oeuvre encore, mais je caresse le projet de faire un pêle-mêle de ces humains inspirants, espérants ; dans les découvertes récentes, j'y ajouterai encore le Higelin de Beau Repaire (quelle vitalité, quelle poésie, là aussi) et le dernier Yalom, inépuisable source d'inspiration dans mon travail... tous, pour la même raison (ou la même folie...) - quelque chose d'un rayonnement, d'une lumière intérieure.
Dans le même temps, le bouquin de Martin Hirsch, recommandé par Marion, et la chanteuse Buika, fléchée par une patiente : même humanité "habitée", vivante, vibrante...
Je ne l'ai pas mis en oeuvre encore, mais je caresse le projet de faire un pêle-mêle de ces humains inspirants, espérants ; dans les découvertes récentes, j'y ajouterai encore le Higelin de Beau Repaire (quelle vitalité, quelle poésie, là aussi) et le dernier Yalom, inépuisable source d'inspiration dans mon travail... tous, pour la même raison (ou la même folie...) - quelque chose d'un rayonnement, d'une lumière intérieure.
03 mai 2013
Un petit coin de paradis

...contre un coin d'parapluie... même si la météo était changeante, une jolie maison avec jardin et piscine (bon, un peu glaciale, la piscine, hélas, mais table de ping-pong et badminton), un chat d'adoption (il faudra ajouter ça en critère d'échange : maison avec chat inclus :-)), des zouzous escaladant, hilares, la Dune du Pilat ou fredonnant Tryo, un ciné indépendant dans une église à Bordeaux, des parties de Just Dance endiablées avec la Za, une chouette librairie de BD, des repas au soleil dans le jardin, s'émouvoir devant Danse avec les loups ou pleurer de rire avec Florence Foresti (le parc...), du temps pour vivre, respirer, se reposer, si ce n'est pas le bonheur...ça y ressemble plus qu'un peu, non ? Douceur, simplicité, fluidité - ça suffit au mien, en tout cas.
02 mai 2013
Noces de cristal
C'est d'les voir, les épouses
Avec leur peau fanée
Avec leurs doigts zébrés
De diamants et d'or blanc (...)
C'est d'les voir, les épouses
Qui, de moins en moins belles
Virent jalouses et n'inspirent
Qu'un désir mensuel (...)
Je n'veux pas ressembler
Au commun des visages
Et porter le parfum
Des victimes du mariage
Je n'veux pas, par amour
Perdre pied comme une quille
Et tomber en famille
Et dev'nir un boulet
Quelle que soit la cheville
Que j'immobilis'rais
Et le célibataire
Que je m'attribuerais(...)
J'veux pas m'voir en épouse
Que l'on sort au théâtre
Qu'on chouchoute et qu'on gâte
En début d'relation
Puis qu'ensuite on n'aime plus
Que par obligation
Par promesse tenue
Par bonne résolution...
Avec leur peau fanée
Avec leurs doigts zébrés
De diamants et d'or blanc (...)
C'est d'les voir, les épouses
Qui, de moins en moins belles
Virent jalouses et n'inspirent
Qu'un désir mensuel (...)
Je n'veux pas ressembler
Au commun des visages
Et porter le parfum
Des victimes du mariage
Je n'veux pas, par amour
Perdre pied comme une quille
Et tomber en famille
Et dev'nir un boulet
Quelle que soit la cheville
Que j'immobilis'rais
Et le célibataire
Que je m'attribuerais(...)
J'veux pas m'voir en épouse
Que l'on sort au théâtre
Qu'on chouchoute et qu'on gâte
En début d'relation
Puis qu'ensuite on n'aime plus
Que par obligation
Par promesse tenue
Par bonne résolution...
Lynda Lemay
N'empêche que... quinze ans après, j'ai le coeur lourd de chagrin, ce soir.
24 avril 2013
Asile
Ce matin, j'étais aux urgence psychiatriques, dans l'espoir de faire hospitaliser un patient violemment délirant (éviter les passages à l'acte du patient comme de l'institution ; garder le souci d'une intervention humainement acceptable).
Dans la salle d'attente, une très jeune femme sanglotante, schizophrène ? toxicomane ? les deux ? interroge en boucle : Mais qu'est-ce qu'il y a à faire sur la Terre ? et pleure son impuissance et son échec, avec des gémissements qui me prennent à la gorge, aux tripes - sortie contre l'avis des médecins, la voici revenue à la case départ. Sa mère l'accompagne, grise et usée.
Une autre mère, celle d'un jeune homme bipolaire, en attente d'un entretien avec l’infirmier psychiatrique, probablement suite à une tentative de suicide, l'exhorte et le rassure tour à tour, à voix basse de soignante-malgré-elle, lui parle d'un philosophe vu la veille à la télévision qui disait ceci : Ne pas choisir, c'est déjà avoir fait un choix. Il lui répond doucement, évoque des projets dérisoires, je suis touchée par ce qu'il faut d'amour pour s’accrocher à ces miettes d'espoir sans cesse relancé, toujours déçu.
Comme un écho à cette scène, il y a quelques années : dans le bus un homme - alcoolique ? psychotique ? marmonne en boucle d'une voix pâteuse : "Un qui, qui suis-je ? il y a toujours un qui... Malraux disait - il est mort Malraux : juger, ce n'est pas comprendre... qui je suis, moi ? Est-ce que j'aime la vie que j'ai ? Un qui, il y a toujours un qui..." - Les voyageurs l'ignorent, sourient vaguement, ou baissent la tête ; et je me demande : combien sommes-nous à nous sentir concernés par ce qu'il interroge ?
Dans ces lieux de souffrance de l'âme, c'est toujours l’essentiel qui surgit : où ailleurs l'humain s'interroge-t-il avec une telle crudité ? Dans quelles officines la parole en attente du médecin se fait-elle si instinctivement existentielle, philosophique ?
23 avril 2013
Caustique Léo (bis)
Sur les quais au soleil ce dimanche, nous croisons un groupe du 3ème âge - voire 3ème âge et demi - à vélo.
- Mais où vont-ils comme ça ? m'interrogé-je ?
- Au paradis... et ils y vont à vitesse grand V, me répond le Léo (je ne lui connaissais pas ce goût pour l'allitération ?)
J'explique à Léo les bases du théâtre de Racine : A aime B qui aime C qui aime A...
- CQFD ! commente-t-il du tac au tac. Littéraire au sens littéral, ce jeune homme...
20 avril 2013
Pas de deux
Ce que j'ai retenu du tango - au tout petit niveau qui est le mien : c'est un miroir redoutable de notre relation au corps, à l'autre et à nous-mêmes. Impossible de danser sans s'accorder ; et de s'accorder sans une profonde et réelle écoute de soi et de l'autre...
Impossible de danser sans être étroitement connectés, et pourtant chacun dans son espace propre : il ne s'agit pas de s'effondrer sur l'autre ou de se laisser porter, pas davantage de le contrôler ou de faire à sa place... c'est parce que l'un et l'autre sont capable de se tenir de manière autonome, d'équilibrer présence habitée et respect de l'espace de l'autre que la danse est belle, fluide.
Il s'agit cependant de faire confiance - d'accepter une intimité sensuelle, la rencontre avec l'inconnu. Il m'a fallu beaucoup de temps pour accepter d'être invitée par des danseurs que je ne connaissais pas, moins en raison de mon niveau que de ce qui se joue dans ce temps d'accordage... ou non, dans lequel je retrouve toutes mes appréhensions et fragilités en l'espace de quelques minutes - et pour ce que j'en ai observé, le révélateur est le même pour tous : dis-moi comment tu danses... (aussi apprendre en couple me semble un exercice hautement périlleux !)
Je danse nettement mieux lorsque je suis en confiance (et si je ne connais pas je préfère danser "ouvert", à distance) ; et je me vois bien ne pas prendre le risque, privilégier le lien déjà établi à l'expérience nouvelle - alors même que la surprise est parfois bonne ! J'ai bien trop peur que l'autre ne me juge, ne me lâche, ou n'assure pas ma sécurité - même en confiance, les figures qui exigent d'accepter que l'autre me rattrape, me retienne sont à ce jour quasi impossibles pour moi.
Dans le tango, je suis au cœur des débats contradictoires et houleux entre ma tête (et il y a tant de "bonnes" raisons de rester dans la tête : penser à lancer plus loin la jambe en arrière, à rassembler les chevilles, garder une posture juste, rester en équilibre...), mon corps (ami ou ennemi ? suivra, suivra pas ?) et mon cœur (fermer les yeux, ne surtout pas chercher à comprendre et encore moins à anticiper...m'abandonner).
Je danse nettement mieux lorsque je suis en confiance (et si je ne connais pas je préfère danser "ouvert", à distance) ; et je me vois bien ne pas prendre le risque, privilégier le lien déjà établi à l'expérience nouvelle - alors même que la surprise est parfois bonne ! J'ai bien trop peur que l'autre ne me juge, ne me lâche, ou n'assure pas ma sécurité - même en confiance, les figures qui exigent d'accepter que l'autre me rattrape, me retienne sont à ce jour quasi impossibles pour moi.
Dans le tango, je suis au cœur des débats contradictoires et houleux entre ma tête (et il y a tant de "bonnes" raisons de rester dans la tête : penser à lancer plus loin la jambe en arrière, à rassembler les chevilles, garder une posture juste, rester en équilibre...), mon corps (ami ou ennemi ? suivra, suivra pas ?) et mon cœur (fermer les yeux, ne surtout pas chercher à comprendre et encore moins à anticiper...m'abandonner).
Dans le tango, je suis comme nue : parce que je ne maîtrise pas suffisamment la danse pour jouer, me dissimuler derrière les codes de la séduction ; c'est inconfortable, exigeant, et pourtant passionnant - lorsque la danse s'arrête, je n'ai qu'une envie c'est : encore ! Ré-essayer, être ravie quand le temps de quelques pas, ça passe, je vole...
Dans le tango, je suis heureuse, parce que j'y retrouve des gens que j'aime, et un monde dans l'homme guide et protège, dans lequel la femme écoute et accompagne - un monde que je vis comme un espace de complémentarité et non de lutte, un espace de récréation, et j’espère lorsque j'aurai avancé, de co-création.
Incroyable, comme écrire sur le tango me rend (trop) sérieuse, presque grave ? Heureusement, il y a aussi la zumba : fiesta latina loca, Elsa a testé et approuvé ce matin !
Dans le tango, je suis heureuse, parce que j'y retrouve des gens que j'aime, et un monde dans l'homme guide et protège, dans lequel la femme écoute et accompagne - un monde que je vis comme un espace de complémentarité et non de lutte, un espace de récréation, et j’espère lorsque j'aurai avancé, de co-création.
Incroyable, comme écrire sur le tango me rend (trop) sérieuse, presque grave ? Heureusement, il y a aussi la zumba : fiesta latina loca, Elsa a testé et approuvé ce matin !
17 avril 2013
Trop bien vu !
Zaza me parle des différents surnoms dont les élèves s'affublent à l'école. Et notamment de celui qu'elles se sont choisi avec Joséphine, (qui ressemble fabuleusement à celle de Pénélope Bagieu), son inséparable amie depuis la maternelle : Eddy et Crash. Trop bien vu ! Car qui sont Eddy et Crash ? Les deux opossums insupportables mais tordants de l'Age de Glace... l'équivalent des petits vieux du Muppet Show - Statler et Waldorf, pour les quadras déjà guettés par l'Alzheimer précoce que nous sommes...
Elsa, à ma grande consternation, lit Trinity Stars. A dix ans ? Et qu'est-ce que tu vas lire après, lui demandé-je ? Ben, Trinity Stars 2, c'est pour les plus grandes... Et après ? Elle réfléchit... Soledad ? OK, 1 point...
Les voyages forment la jeunesse
Léo est en Angleterre avec sa classe - premier voyage loin de Papa Môman. Texto après la nuit en car : J'arrive dans une vingtaine de minutes...y a des moutons partout ! J'espère que ça va être bien...Texto du premier midi, sur demande de news : Je suis au Starbucks Café en train de jouer à CoC et de fumer du shit pk ? (traduire : de jouer à Clash of Clans... pourquoi ?)
Réponse de la Lu : Tant que c'est (le) CoC et pas la coke...
(Un petit goût de Avec Maman ?)
14 avril 2013
Désirs de femmes
Je suis allée souvent au cinéma ces temps-ci, voir des films oubliables la plupart du temps, mais deux d'entre eux m'auront vraiment marquée - deux films, trois personnages. Deux films très sensuels, incroyablement lumineux, hymnes au désir dans ce qu'il a de de non négociable, de politiquement incorrect, d'irrémédiablement vivant, quel qu'en soit le prix - deux films dans lesquels les femmes assument leur désir, leur âge, leurs contradictions et leurs choix - ni petites filles, ni belles endormies.
Perfect mothers pourrait, devrait être un huis clos incroyablement étouffant, violemment incestuel ; il est dérangeant à force de ne pas l'être, de choisir le parti des sentiments, du trouble, du terriblement humain, au mépris de la morale, du bon sens, de l'évidence... et pousse la provocation jusqu'à se terminer (provisoirement) bien.
Le temps de l'aventure est un portrait de femme dans lequel je ne pouvais que me reconnaître - maladroite, vulnérable, vivante, têtue, fleur bleue et culottée, pragmatique et rêveuse - jusque dans son ultime décision, sur le fil jusqu'au bout...
12 avril 2013
30 mars 2013
Sweet teens
Je termine deux interventions en milieu scolaire dans l'établissement de Léo (exercice périlleux, aller parler vie affective et sexuelle dans ce contexte), et je trouve mon fils à la sortie de la salle (déjà, il assume), grand sourire et texto à la main : "Elle est trop sympa, ta mère !!!".
Marguerite fête ses 15 ans (déjà ?). Je lui avais choisi la palette de maquillage Oz chez Urban Decay (le mix entre la Disney princess et la it girl en herbe). Une évidence pour mon adolescente intérieure, après petit tour chez Sephora - ça, c'est le cadeau trop bien ; mais je dois reconnaître que l'explosion d'enthousiasme jaloux de ses copines a dépassé de loin toutes mes espérances...
LuLu, décidément 15 ans d'âge mental :-)
14 mars 2013
Compostelle
Partir est un mot plein de promesses, un mot merveilleux qui se suffit à lui-même. Il semble qu'il est plus important de partir que d'aller quelque part. (...) En tout cas, une chose est certaine : on est différent après être vraiment parti, parfois même on ne revient pas. Si vous n'êtes pas différent après être parti, c'est que vous revenez de vacances ! Faire son chemin, c'est avoir les yeux posés loin devant, sur l'horizon. Sur cet horizon, il y a le bout du chemin. Et le bout du chemin, c'est la mort. Faire son chemin, c'est donc avoir conscience que la vie mène à la mort. Et cela que l'on croie ou que l'on ne croie pas en un au-delà.
La perspective du bout du chemin colore notre route d'une façon singulière, à la fois grave et légère. Grave, elle nous permet d'aller à l'essentiel et d'éviter de se perdre en chemin ; elle incite à être juste avec soi-même. Paradoxalement cette perspective entraîne toujours plus loin : l'idée de la mort ne me cloue pas sur place, bien au contraire, elle décuple mon désir de vivre ma vie à mon goût. Légère, la perspective du bout du chemin donne à chaque instant le parfum merveilleux de ce qui est unique. La perspective du bout du chemin doit nous rendre gourmands. Une gourmandise tragique est préférable à une tranquillité aléatoire...
Olivier Lemire
Un projet qui fait son chemin...
11 mars 2013
Tilt
Films avec touchante séquence familiale : 100 points
Changements de semaine : 200 points
Départs en vacances scolaires : 300 points
Soucis de santé : 300 points
Anniversaires : 400 points (chiffres ronds : bonus + 200 points)
Fêtes de famille ou d'amis communs : 400 points (mariage : bonus + 200 points)
Fêtes de fin d'année : 500 points
Changements de semaine : 200 points
Départs en vacances scolaires : 300 points
Soucis de santé : 300 points
Anniversaires : 400 points (chiffres ronds : bonus + 200 points)
Fêtes de famille ou d'amis communs : 400 points (mariage : bonus + 200 points)
Fêtes de fin d'année : 500 points
Qu'est-ce que c'est que ça ? Un barème absurde, une tentative d'apprivoiser ce qui n'en finit plus de faire mal. Tous les moments où l'absence de la famille que nous avions fondée me saute à la gorge, me gâche la vie et la vue, où je me sens vaciller, basculer dans l'oubli de ce qui a motivé la séparation - ces moments où plus rien ne me semble avoir de sens sans cette alliance, sans ce projet, sans cet engagement, où élever mes enfants sans leur père, me projeter dans une relation long terme, me semble impensable. Ça ne dure pas... enfin, le coup au coeur, les "points de douleur", ne durent pas - quelques instants, quelques jours (Noël). Mais la fragilité, ce sentiment de précarité, si...
Le reste du temps... j'avance à petits pas convalescents, la route est belle, parfois, souvent !
Le reste du temps... j'avance à petits pas convalescents, la route est belle, parfois, souvent !
08 mars 2013
Ré-Bulle
NB : Le mouton Sheep est un clin d'oeil au MooMoo Blog : ICI.
Depuis toujours... cette île est ma maison - ma maison d'être. Après de longs mois sans répit, sans repos, sans recul, quelques jours d'un soleil inespéré, une maison paisible et jolie, avec les enfants et ma maman... Galoper sur la Conche, manger des crêpes au Commerce, parcourir la piste cyclable d'Ars à Saint-Martin, faire des constructions de galets sur la plage : autant de rituels bienfaisants, le temps de retrouver un sommeil naturel, d'oublier ce qui ici pèse, plombe, reste sans réponse autre que de faire face à l'urgence jour après jour. Ne rien faire d'autre que d'écouter les vagues qui roulent sur la grève en prenant le soleil, ou d'observer le feu qui crépite - j'adore cette atmosphère des maisons rétaises, feu de cheminée, légère humidité, silence bienvenu pour bouquiner tranquille, un autre rythme, dès les premières minutes. Quand je mourrai - il paraît que cela arrivera, un jour, j'aimerais que mes cendres soient dispersées ici.
25 février 2013
Wisdom
Un petit cadeau de ma Canadian Mama :
A young lady confidently walked around the room while leading and explaining stress management to an audience with a raised glass of water. Everyone knew she was going to ask the ultimate question, 'half empty or half full?'... She fooled them all .... "How heavy is this glass of water?", she inquired with a smile. Answers called out ranged from 8 oz. To 20 oz. She replied , "The absolute weight doesn't matter. It depends on how long I hold it. If I hold it for a minute, that's not a problem. If I hold it for an hour, I'll have an ache in my right arm. If I hold it for a day, you'll have to call an ambulance. In each case it's the same weight, but the longer I hold it, the heavier it becomes." She continued, "and that's the way it is with stress. If we carry our burdens all the time, sooner or later, as the burden becomes increasingly heavy, we won't be able to carry on." As with the glass of water, you have to put it down for a while and rest before holding it again. When we're refreshed, we can carry on with the burden - holding stress longer and better each time practiced. So, as early in the evening as you can, put all your burdens down. Don't carry them through the evening and into the night... Pick them up tomorrow.
J'ai bien aimé celles-ci aussi :
When everything's coming your way, you're in the wrong lane.
Birthdays are good for you. The more you have, the longer you live.
A truly happy person is one who can enjoy the scenery on a detour.
Save the earth..... It's the only planet with chocolate!
24 février 2013
Permis et carte grise
Je l'ai éprouvé sans me permettre de te le dire, peut-être par pudeur, timidité ou peur d'être maladroit mais j'ai remarqué que tu avais quelques cheveux gris et je t'ai trouvé très belle.
Stéphane M.
Stéphane M.
17 février 2013
14 février 2013
Saint-Glinglin
OK, nous sommes tous d'accord, c'est un truc commercial. Mais aussi l'occasion d'avoir une attention pour ceux que l'on aime, non ? Leur dire ce qu'on leur dit peut-être aussi les autres jours, ou bien peut-être pas. Le seul jour de l'année où les roses fleurissent dans le métro, et les petits cadeaux au bout des doigts dans les rues, où les filles sont en jupe même s'il fait froid, et les restaurants animés. Le jour qui ne laisse que faussement indifférent, mais qui sera commenté par les collègues, les patients, les amis, la presse (Soledad dans le ELLE de cette semaine : S'il me fait un cadeau, je le quitte ; s'il ne m'en fait pas, je le pourris.) Moi, je l'ai remercié ;-).
13 février 2013
Pédagogique
...j'ai même institué une tradition que j'ai baptisée "la soirée du film inapproprié". Ensemble, on regarde Scarface, Le silence des agneaux... Ça les enchante, c'est un moment très fort entre nous. (...) Cela dit, mon père faisait des choses un peu similaires. Lorsque j'avais 12 ans, il m'avait fait voir Lolita et lu des passages du livre. Je n'y comprenais pas grand-chose, mais le souvenir d'être admis dans ce monde interdit, littéraire en l’occurrence, m'a beaucoup marqué. J'imagine qu'il en sera de même pour mes gamins. Ils savent qu'ils regardent avec moi quelque chose qu'ils ne devraient pas regarder. Ils en tireront un bénéfice bien plus grand que si je m'évertuais à me mettre à leur niveau, à tenter de partager leurs intérêts.
Interview Nick Cave, TRA
Interview Nick Cave, TRA
12 février 2013
Musique pour le temps présent
Fin de journée, des locaux tristes, un commissariat - quelle musique, pour un jour comme celui-ci ?
Peut-être Leprest à nouveau : Tu valseras pour rien mon vieux la belle que tu serres dans tes yeux ce n'est pas de l'amour c'est une envie d'amour tu valses avec une ombre pas d'amour, pas de guitariste ta solitude est seule en piste et le bal terminé le jour fera tomber les belles que tu tombes
- ou Sanson - J'veux plus d'amour monsieur j'ai brûlé mes maîtres et amoureuse j'ai peur de l'être pour avoir vu sombre et cruelle faner ces merveilleux faiseurs de rêves et mourir mes tendresses déçues
- ou tout simplement, Lavilliers ? Tu n'as pas sommeil tu fumes et tu veilles t'es toute écorchée t'es comme un chat triste perdue sur la liste des objets trouvés la nuit carcérale tombant sur les dalles et ce lit glacé aller et venir soleil et sourire sont de l'autre côté...
Quand la frontière entre mensonge et vérité, entre réalité et cauchemar, entre passé et présent devient si mince, il semble qu'il n'y ait plus que des solitudes...
Peut-être Leprest à nouveau : Tu valseras pour rien mon vieux la belle que tu serres dans tes yeux ce n'est pas de l'amour c'est une envie d'amour tu valses avec une ombre pas d'amour, pas de guitariste ta solitude est seule en piste et le bal terminé le jour fera tomber les belles que tu tombes
- ou Sanson - J'veux plus d'amour monsieur j'ai brûlé mes maîtres et amoureuse j'ai peur de l'être pour avoir vu sombre et cruelle faner ces merveilleux faiseurs de rêves et mourir mes tendresses déçues
- ou tout simplement, Lavilliers ? Tu n'as pas sommeil tu fumes et tu veilles t'es toute écorchée t'es comme un chat triste perdue sur la liste des objets trouvés la nuit carcérale tombant sur les dalles et ce lit glacé aller et venir soleil et sourire sont de l'autre côté...
Quand la frontière entre mensonge et vérité, entre réalité et cauchemar, entre passé et présent devient si mince, il semble qu'il n'y ait plus que des solitudes...
11 février 2013
Habemus (no) papam
Vu aussi sur Twitter :
Sophia Aram : Remarque, ca fait longtemps que Dieu a démissionné et on n'en fait pas tout un plat.
Zlatan Ibrahimovic : On avoue, le pape, il va signer au PSG. Il portera le 16.
Zlatan Ibrahimovic : On avoue, le pape, il va signer au PSG. Il portera le 16.
Quand au Dr AGA, elle propose l'élection d'une femme... parce que les mères ne rendent pas leur tablier, elles !
10 février 2013
Objets
CouchSurfing, c'est aussi la joie des rencontres insolites, partagées ; de plus en plus j'ai l'envie de faire participer mon entourage à ces drôles d'aventures, rencontres du bout du monde : Tiens, bonjour, je te présente un nouvel ami que je ne connais pas !
Le dernier en date s'y prêtait bien, un artiste argentin, photographe et vidéaste, préparant un projet sur notre rapport aux objets, à cette société de consommation qui les multiplie à l'infini et les détruit à la même vitesse... voici ce que disait son projet : "Amenez un objet que vous aimez et un autre que vous détestez; racontez à la caméra vos histoires avec les objets et, si vous pouvez, laissez-les avec moi pour qu'ils forment partie d'une oeuvre d'art. Si vous n'apportez pas d'objets, vous pouvez toujours parler d'eux devant la caméra, y tournant votre dos, ou montrant juste vos mains avec les objets."
Il aura recueilli une dizaine de témoignages je crois, enfants et adultes, le tout autour d'un bon chocolat chaud et de délicieux gâteaux faits maison par toutes. De jolies idées, objets anciens ou non, naturels ou manufacturés, banals ou précieux...
Pour ma part, j'ai choisi mon inséparable sac - j'ai adopté depuis deux ans la technique du sac unique, économique, et surtout pratique, qui contient toute ma vie et où rien ne manque puisque que je n'en change jamais - et, pour l'objet que je n'aime pas, des échantillons d'anti-rides trouvés dans un magazine féminin.
Fausse promesse, faux discours, et la façon dont la société de consommation justement nous fait courir après une image photoshopée, un temps arrêté - toute mon ambivalence aussi, puisque je suis une lectrice régulière de cette presse, et pas la dernière à soigner mes coups de blues en m'offrant une nouvelle crème ou une robe... prescrites par lesdits magazines.
Mais nous avons également vu passer un caillou, une facture, une plaquette de chocolat, des cahiers de recettes, des clips d'oreille très 80', un bâton d'encens, un journal intime, une boîte à bricolage, un réveil... (j'avais pensé au réveil, aussi... à l'épilateur, à la balance, au préservatif, à la contravention, au faire-part de décès, à la photo ratée...une énumération qui me rappelle la chanson de Leprest ici).
Et vous, qu'auriez-vous choisi ?
Pour ma part, j'ai choisi mon inséparable sac - j'ai adopté depuis deux ans la technique du sac unique, économique, et surtout pratique, qui contient toute ma vie et où rien ne manque puisque que je n'en change jamais - et, pour l'objet que je n'aime pas, des échantillons d'anti-rides trouvés dans un magazine féminin.
Fausse promesse, faux discours, et la façon dont la société de consommation justement nous fait courir après une image photoshopée, un temps arrêté - toute mon ambivalence aussi, puisque je suis une lectrice régulière de cette presse, et pas la dernière à soigner mes coups de blues en m'offrant une nouvelle crème ou une robe... prescrites par lesdits magazines.
Mais nous avons également vu passer un caillou, une facture, une plaquette de chocolat, des cahiers de recettes, des clips d'oreille très 80', un bâton d'encens, un journal intime, une boîte à bricolage, un réveil... (j'avais pensé au réveil, aussi... à l'épilateur, à la balance, au préservatif, à la contravention, au faire-part de décès, à la photo ratée...une énumération qui me rappelle la chanson de Leprest ici).
Et vous, qu'auriez-vous choisi ?
02 février 2013
Oh Happy Day(s)
De la bonne humeur en concentré : Sister Act à Mogador, Happiness Therapy et Hasta la Vista au cinéma. J'aime beaucoup l'idée, suggérée par Ronan, que mon goût immodéré pour les comédies musicales et les feel-good-movies soient un antidote aux horreurs (voir par exemple ici et là) que j'entends quotidiennement - un recours instinctif, une issue de secours - le besoin de me ressourcer aussi dans la joie et dans ce qu'il est convenu d'appeler les bons sentiments, avec un dédain immérité : car nous sommes faits de cela aussi : humour, générosité, solidarité, fragilité, tendresse...
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