...grâce à Clint, country singer de Nashville, qui a donné à la Zaza une leçon de guitare - You are my sunshine, my only sunshine... Et avec qui nous avons chanté les chansons de O'Brother et d'Alabama Monroe, et puis aussi, This little light of mine, I gonna make it shine...
To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
19 mars 2015
13 mars 2015
Wonderful Girls
Avant-hier à la Cité, la Saison 1 Episode 3 de mon groupe Girls, meet and talk, et quelques moments de jubilation silencieuse. Pour la variété des nationalités en présence (Chine, Australie, USA, Allemagne, Canada, Tunisie, Mexique...), la diversité et l'excellence des formations représentées (Normale Sup, Instut Pasteur, ESSEC, Institut Pierre et Marie Curie...), la richesse des échanges. Le
tout en anglais (majoritairement), en français aussi (langue commune de
l'allemande et de la mexicaine !), mâtiné d'un peu d'allemand et
d'espagnol.
Deux convaincues de la médiation et du yoga (dont une chercheuse en neuropsychologie pouvant attester de leurs effets cérébraux) expliquant les bienfaits de leur pratique, esquissant un échange possible sur la dimension spirituelle. Et quand on voit ces deux-là - brillantes, mais aussi ancrées, ouvertes à l'autre et au monde, la démonstration est faite !
Un dialogue sur l'art comme une autre façon de se ressourcer, et ce joli témoignage : visitant Giverny, l'une d'elle dit avoir pris conscience que les tableaux de Monet n'étaient pas cette vision vague et floue d'une nature imaginaire, mais l'exact reflet de ce que la nature lui présentait. L'Américaine parlait du Musée d'Orsay, la Chinoise d'Auvers-sur-Oise - que du bonheur.
Le goût partagé du voyage et de la découverte de nouveaux mondes, pour l'attention au corps aussi - sportives, danseuses, ces têtes bien pleines sont aussi vigilantes à leur équilibre physique, loin des clichés sur les élites.
Des propositions spontanées - ce qui est un des objectifs - de s'organiser entre elles pour partager des activités, et une offre d'initiation à la danse orientale, étayée par un discours sur la solidarité entre les femmes, la nécessité de créer des espaces de sécurité - sans rivalité, hors séduction - un petit moment de grâce, qui ressemblait fort à ce que j'avais espéré en imaginant ces rencontres...
11 mars 2015
Singin' in the classroom
Elsa vient d'appeler pour me dire, "Devine sur quelle chanson on travaille ? Singin' in the rain, et j'étais la seule à la connaître ! Alors, elle me l'a fait chanter devant toute la classe !" Fière ou embarrassée ? Un peu des deux mais surtout fière je crois, et joyeuse, car Elsa aime vraiment chanter (et pratique beaucoup, avec son papa au piano). Et moi, je ne peux pas m'empêcher de sourire quand je constate que mes enfants reconnaissent ce que j'essaie de leur transmettre. Je me souviens très bien de la première fois que nous l'avons vu, au Mk2 Quai de Seine, Elsa n'était même pas encore assez grande pour lire les sous-titres ! Et dimanche, après une chouette expo à la Cité des Sciences, Léo me disait qu'à son avis peu de ses camarades étaient allés à la Villette. Et c'est important aussi, cette capacité d'apprécier - j'ai parfois la crainte qu'ils n'aient pas conscience de leurs privilèges, et me réjouis quand je constate qu'ils sont en train de construire cette conscience.
10 mars 2015
05 mars 2015
04 mars 2015
L'aède
J'aime beaucoup son blog. Et aussi le jeune homme caché derrière. Et j'aime ses portraits de proches (ou plus lointains), oniriques, littéraires, décalés, et parfois un peu tout ça à la fois. Alors être le modèle de l'un d'eux, c'est un très joli cadeau de printemps...
Je me suis retourné et j’ai vu son visage. La ligne pure et sereine de sa mâchoire, la mèche de cheveux sombres qui balayait son front, et ses yeux qui fixaient sur ce petit groupe de profs égarés dans un aéroport un regard plein d’une surprise amusée. Elle nous a dit que oui, elle aussi allait, comme nous, se perdre dans les montagnes de Sicile durant quelques jours. Je n’ai pas écouté. J’ai entendu. Sa voix qui se déployait, timbre sur timbre, sur timbre. Grave et frêle, triste et gaie, pleine de sérieux et d’ironie. Une aède aux cordes vocales pleines d’histoires. Elle m’a impressionné. Et pendant qu’on sautait par-dessus les flots, je me suis dit qu’on n’était pas du même monde. J’ai laissé les autres profs, les grands, partager avec elle.
Mais on s’est retrouvé côté à côté, un peu par accident. Et comme toujours quand je suis nerveux, j’ai sorti de mes poches deux ou trois univers fictifs. C’est là qu’elle s’est mise à danser. Le long des allées du château de Peau d’Âne, autour des salles de répé d’improbables lycées américains. J’ai inspiré, tourné la tête, et l’ai regardée.
L’aède a tous les âges.
Je l’ai croisé parée de tant d’atours. Les pas hésitants de la jeune danseuse, les mains croisées de celle qui scrute, le rire de la compagne de soirée. Parce que l’aède est restée. Elle ne noue pas de liens, elle ne demande rien, jamais. Mais parfois, elle propose une escapade, une aventure. Une blague de collégiens, un dîner d’adultes. Et chaque fois que je la retrouve, le cou toujours droit, la plus douce des ironies au coin des lèvres, le monde paraît un peu moins marécageux. Ses phrases, son ton donnent de la substance. De la campagne sicilienne au Casablanca rêvé de Bogart.
Petits bonheurs
Blog en sommeil, Lu en hibernation ? Plutôt en apnée, depuis quelques mois, mais ce matin pour la première fois depuis longtemps, j'ai senti comme un début de printemps, le retour de la capacité à savourer vraiment un petit bonheur simple, indépendant de quelque autre que ce soit et gratuit - en l'occurrence, écouter Simon & Garfunkel au soleil, sur mon Vélib', en partant bosser. (Oui, oui, un seul écouteur, je fais gaffe au trafic, promis).
Du coup j'ai commencé à lister les autres petits bonheurs récents. Un dîner sur le thème du Japon avec une vraie passionnée (deux en fait, en comptant Elsa qui a pris des notes), un autre place Sainte-Marthe. Un montage de nos meilleurs souvenirs de New York, "Home made with love". Deux jours tout doux à Chateaufort alors qu'on était tout flapis par la grippe (même pas peur des virus). Un vrai massage thaï (malgré les tensions récalcitrantes : "Pas Crac !", a rigolé la masseuse). Un hammam avec Marion. Les petites réparations dans la maison faites par Bizzou (avoir moins l'impression que tout part en vrille). Une expo sympa sur la télé de notre enfance, et les images qui nous ont marqués, ces dernières décennies. Du plaisir de penser, dans un séminaire psy (si, c'est possible). Quelques bons bouquins. Un déj impromptu pour la Fête des Grands-mères. Découvrir enfin Casablanca (Play it Sam. Play As time goes by...).
En cours de convalescence ? Assez pour rire à nouveau de ceci, qui n'est d'ailleurs peut-être pas qu'une boutade : Ce n'est pas important de savoir si le verre est à moitié vide ou à moitié plein. Ce qui compte, c'est qu'il y a clairement assez de place pour davantage de vin :-))).
01 mars 2015
Frontières invisibles
Quand je rentre tard, je passe devant cet immeuble, qui a tout d'un de ces dortoirs clandestins tristement célèbres pour leur insalubrité, voire leur dangerosité (à quelques centaines de mètres de là, quatorze enfants scolarisés dans la même école que les miens avaient péri dans un incendie en 2005). Ce n'est pas un foyer de jeunes travailleurs, pas davantage un centre d'hébergement, juste un empilement de boxes dont la lumière nocturne révèle l'absolu dénuement : des chambres vides et sans rideaux, et par terre, probablement, des matelas crasseux et ces grands sacs que je les vois traîner jusqu'à la laverie en bas de la maison. Uniquement des hommes, immobiles et seuls, postés derrière les fenêtres - des silhouettes anonymes découpées par la lumière blafarde des pièces. Lorsque je me suis arrêtée, l'un a deux a levé la main, et je suis partie, mal à l'aise. Avec en tête la question de mon ami Halo sur la présence de personnes de couleur dans mon environnement. Au-delà de la diversité riante (et paisible) des écoles du quartier, il y a ces îlots de misère et de solitude, ces hommes invisibles qui n'apparaissent qu'à la nuit, pour qui veut bien lever la tête.
13 février 2015
Coup de coeur
...et elle dissonait maintenant, cette voix, elle désorchestrait le monde, elle lui déchirait le cerveau: c'était la voix de la vie d'avant. Marianne entend cet homme qui l'appelle et elle pleure, traversée par l'émotion que l'on ressent parfois devant ce qui, dans le temps, a survécu d'indemne, et déclenche la douleur des impossibles retours en arrière - il faudrait un jour qu'elle sache dans quel sens s'écoule le temps, s'il est linéaire ou trace les cerceaux rapides d'un hula-hoop, s'il forme des boucles, s'enroule comme la nervure d'une coquille, s'il peut prendre la forme de ce tube qui replie la vague, aspire la mer et l'univers entier dans son revers sombre, oui il faudrait qu'elle comprenne de quoi est fait le temps qui passe.
Maylis de Kerangal, Réparer les vivants
30 janvier 2015
What it means to have the heart of an empath
Une trouvaille Facebook, et l'impression immédiate d'être en terrain connu. De m'y reconnaître, ou d'y reconnaître les miens - ceux de ma famille de coeur, une tribu à laquelle j'appartiens. Pas tout le temps, pas avec cette intensité en permanence - et c'est tant mieux, car d'autres s'y sont brûlés (Rilke en parle très bien). Mais c'est une petite musique familière, intime, un choix aussi pour une part : ne jamais cesser de voir la beauté, l'humain - en tout cas, tendre vers cela.
The word ordinary ceases to exist in your dictionary.
Every experience resides on either end of an extreme.
Every day you see things that evoke so much emotion, your mood changes shades the same amount of times the sky does. It yo-yos between streaks of blue and glimmers of yellow—but never without silver linings of glitter. Life is but a giant paint palette of emotions, its colors too obscure to separate.
You’ll find poetry in every conversation you have, sheltered amongst breaths and pauses, sideways glances and tones in voices. No one else sees, hears or feels it. But you always do.
Your fingertips trace scars on lovers instead of perfect features.
You see stories in the eyes of passersby on the street because you see souls instead of irises. You brush past them wondering who they love, what they’ve lost, where they’re going and who they’re trying to be. Everyone and everything has a story you’re dying to memorize.
Your heart bleeds at the sight of beggars because you know that somewhere under those rags lies a treasured item they’ve muffled roars of hunger to keep. It could be anything—a rusty gold locket, an oversized coat handed down by a deceased parent,or a crumpled picture of a loved one they’ve lost.
Children in elevators fill your heart with so much joy, you always smile just a little wider the second their parents notice your gaze. You see the exhaustion in their polite smile, and picture the love they put into raising their children every day.
Oil spills in gutters look like mini rainbows. Raindrops on windshields look like fallen stars. Fizzy drinks in glasses look like the evening sea. There is no such thing as a mundane day, and boredom is a problem you’ll never be plagued with.
You enter rooms filled with strangers and feel suffocated by the invisible sparks of electricity flickering in the air. You can pinpoint who’s fighting or flirting without knowing either party from 20 feet away. Like a wet sponge, your body has this tendency of soaking up all the energy around you. Negativity gets sucked into your pores, and affects you so much it almost always ruins your day.
Not caring just isn’t an option.
No one has ever done you wrong, no matter how bad the crime, without you understanding why they did so. Friends seek your solace because they know you’ll help them realize what the person they’re angry at could be going through. This makes it virtually impossible for you to detest anyone. So you end up detesting yourself instead for never not understanding why.
But this very trait enables you to love the broken. You refuse to believe everyone isn’t good at heart even though this permanent naivety is usually what ends up stinging you.
To have the heart of an empath is both a blessing and a curse.
You have no control over the intensity of things you feel, or how other people’s feelings affect you. But empaths were born with copious amounts of compassion and endless empathy for a reason. In a world where people numb their feelings and ignore chaos, empaths are there to demand that feelings be felt.
To see the beauty in the details, and in sadness, too.
27 janvier 2015
Voyageur malgré lui
Cette oeuvre m'avait plu parce qu'elle exprimait ce que j'espérais des artistes - qu'ils dotent les choses d'une sens, quitte à l'inventer. Mon père en avait une interprétation opposée : pour lui, elle soulignait la relativité du savoir et de l'emprise des hommes sur le monde, dont le mystère resterait toujours aussi lisse et impénétrable qu'une cloche de verre. S'il était surtout attaché aux qualités esthétiques et à l’habilité technique des artistes, j'en attendais, pour ma part, une forme d'éveil, de révélation, quelque chose jaillissant comme une étincelle entre deux silex. J’aimais les considérer comme des systèmes à décoder, des énigmes à déchiffrer, des boîtes à secrets dont il fallait découvrir la clef, alors que mon père était un amoureux de la beauté, qui lui apparaissait comme une consolation.
Minh Tran Huy, Voyageur malgré lui
Joli titre, joli texte, jolis thèmes : l'errance, la mémoire, l'identité, la trace (le métier de la narratrice : enregistrer des ambiances sonores ; son rêve, capter l'infinie subtilité des silences...)
26 janvier 2015
Prendre soin
Un détail d'une des grandes fresques originales réalisées par Quentin Blake pour l'hôpital pédiatrique Armand Trousseau. Un détail qui m'est allé droit au cœur en patientant avec Elsa tant il exprimait sans les mots ce que je ressentais - l'indispensable alliance thérapeutique entre soignants et parents, la gratitude pour le filet de sécurité offert dans la traversée d'un moment difficile.
23 janvier 2015
Voir le monde
Ce matin en passant à côté d'une silhouette sous des couvertures sales dans la rue glaciale, j'ai d'abord pensé qu'avoir envie de pleurer à chaque SDF croisé était le signe que je ne vais pas très bien, ces jours. Et puis j'ai pensé que peut-être c'était l'inverse - que c'était peut-être l’indifférence des jours tranquilles qui était maladive, inhumaine. Un monde à l'envers.
21 janvier 2015
Un Dieu d'humour
TEXTE PRONONCÉ PAR LE RABBIN DELPHINE HORVILLEUR LORS DES FUNÉRAILLES D’ELSA CAYAT, LE 15 JANVIER 2015, REPRODUIT AVEC L’ACCORD DE LA FAMILLE.
(...) À l’heure qu’il est, Dieu est peut être déjà sur le divan d’Elsa.
Pourquoi vous raconter cette histoire ? Quel rapport a-t-elle avec Elsa ? En apprenant à découvrir son univers ces derniers jours, il m’a soudain semblé que cette histoire était très «cayatienne».
C’est l’histoire d’un divin qui rit et se réjouit d’une humanité impertinente, d’une humanité qui dit avec humour à son dieu « Prière de ne pas déranger – nous sommes aux commandes ».
C’est l’histoire d’un dieu qui rit et se tient à distance, d’un dieu qui se réjouit qu’on lui dise : le monde est « athée », au sens littéral du terme, c’est à dire que Dieu s’en est retiré pour que les hommes agissent en êtres responsables. Ce dieu-là n’est pas le dieu des Juifs mais le dieu de tous ceux qui, croyant en lui ou n’y croyant pas, considèrent que la responsabilité est entre les mains des hommes, et tout particulièrement de ceux qui interprètent ses textes. Bref, un dieu de liberté.
Dans sa toute dernière chronique, publiée à titre posthume dans Charlie Hebdo, hier matin, Elsa écrit :« La souffrance humaine dérive de l’abus. Cet abus dérive de la croyance, c’est-à-dire de tout ce qu’on a bu, de tout ce qu’on a cru. »
Tel est son dernier et puissant message : Soyez assez libres pour dépasser tout ce qui vous a abusé, c’est à dire tout ce qu’on vous a fait ‘boire’ au biberon, tout ce qu’on vous a fait avaler tout cru, sans que vous ne l’ayez pensé, repensé et, surtout, interprété. Tel est l’héritage de la psychanalyse, de la pensée critique, et (je veux le croire) d’une pensée religieuse mature et vivante (...).
16 janvier 2015
Coriandre, vin rouge et chocolat noir
J'ai découvert récemment une jolie émission sur Inter, Remèdes à la mélancolie. En voici quelques-uns des miens : la coriandre, le vin rouge, le chocolat noir, un peu de douceur partagée.
14 janvier 2015
Girls and the City
J'en rêvais depuis que je travaille à la Cité : créer un groupe de parole pour les étudiants, ici, le projet concernait les étudiantes : un groupe pour créer du lien, échanger, un groupe de solidarité et d'entraide qui fédère et si possible à terme, s'étende et vive en dehors de ma proposition de rencontre mensuelle. Première édition ce mercredi : 12 participantes, toutes nationalités représentées ; des échanges incroyablement fluides et sincères ; une intelligence collective remarquable, qui me laisse penser que tous les espoirs sont permis pour que ce projet prenne de l'ampleur, devienne non seulement un outil de prévevention mais un espace de création. Yes !
11 janvier 2015
Vivre ensemble
Paradoxalement, ce fut une belle semaine avec les enfants. Une semaine d'échanges, de débats, de réflexion, une semaine pour grandir un peu vite peut-être, mais ouvrir autrement leur compréhension du monde. Une semaine forte et épuisante à la fois, émouvante aussi, pas seulement à travers le drame de Charlie - ces humoristes humanistes avec lesquels nous avons grandi ou l'angoisse, palpable dans la ville, le jour des prises d'otages, mais aussi grâce à ces échanges avec un Léo grandi, qui bâtit aujourd'hui sa propre réflexion, une Elsa touchée et inquiète mais toujours percutante : "Il ne faut pas se laisser abattre !", avait-elle proposé comme bannière pour la marche de ce dimanche. Idée reprise par le Canard Enchaîné la semaine suivante... (ils ont copié, c'est sûr). Une semaine qui s'est achevée sur cette marche sous le double signe de l'unité républicaine et familiale, puisque David est venu marcher avec nous - un moment fort, pour lequel je suis heureuse qu'ils nous aient vus marcher d'un même pas, soutenir les mêmes valeurs fondamentales.
09 janvier 2015
Apprentis frondeurs
Page d'éducation civique sur l'attentat à Charlie Hebdo. Histoire d'alléger un peu l'atmosphère, je blague : Faites gaffe les mômes, je suis en train de vous transmettre une conscience de gauche...
Zaza : Bah c'est sûr qu’avec l'héritage qu'on aura tu vas pas nous transmettre une conscience de droite !
Lulu : Tu vas finir à Charlie toi...
Léo, dans la salle de bains ce matin avec son plus beau sourire pince-sans-rire : Maman, je voudrais prendre la pilule !
Lulu, rigolarde : Par solidarité ?
Elsa : Oh oui moi aussi je voudrais prendre la pilule ! (Et, après un temps d'hésitation, sans doute sur la question des limites de l'humour parental) : Comme ça je pourrai me taper tous les mecs de ma classe !
Léo (avec zéro temps d'hésitation) : Ouais moi aussi je pourrai me taper tous les mecs de ma classe !
Bon, ben je crois que la leçon sur "Peut-on rire de tout ?" et la question de l'absurde et de la dérision est passée... :-)
Zaza : Bah c'est sûr qu’avec l'héritage qu'on aura tu vas pas nous transmettre une conscience de droite !
Lulu : Tu vas finir à Charlie toi...
Léo, dans la salle de bains ce matin avec son plus beau sourire pince-sans-rire : Maman, je voudrais prendre la pilule !
Lulu, rigolarde : Par solidarité ?
Elsa : Oh oui moi aussi je voudrais prendre la pilule ! (Et, après un temps d'hésitation, sans doute sur la question des limites de l'humour parental) : Comme ça je pourrai me taper tous les mecs de ma classe !
Léo (avec zéro temps d'hésitation) : Ouais moi aussi je pourrai me taper tous les mecs de ma classe !
Bon, ben je crois que la leçon sur "Peut-on rire de tout ?" et la question de l'absurde et de la dérision est passée... :-)
07 janvier 2015
01 janvier 2015
31 décembre 2014
That's what friends are for :-)
Smile ! Thank you Lulu for being a stand for what's possible if you choose to be unreasonable. I hope you continue to dream big and let 2015 be your best year ever !
Halo
Une femme libre
Je ne sais pas si c'est un grand film, mais il m'est allé droit au coeur - parce que, la mer et les marins, bien sûr, mais aussi, la liberté... et cette femme qui assume ses choix, quand bien même ils seraient coûteux et loin des stéréotypes, notamment des stéréotypes de genre. Tout en restant une femme - ce que lui dit son beau commandant : "Tu es une douce, toi... Tu fais des infidélités douces." Les chemins de traverse d'Alice, ses questions, ses errances et ses erreurs me semblent si familiers... Et en même temps c'est comme l'écho d'un temps à la fois révolu et pas si lointain, un rappel à la fidélité à soi-même - ne pas perdre le Nord...
25 décembre 2014
Un point à l'envers, un point à l'endroit
Un point à l'envers, les angoisses d'Elsa, qui ne trouve pas vraiment sa place dans tout ce nouvel environnement et part à l'école la boule au ventre - et manque, souvent.
Un point à l'endroit, le laser game suggéré par Léo avec nos amis - treize grands enfants hilares dans un labyrinthe obscur, et le goûter qui s'en est suivi.
Un point à l'envers, la suspicion de souffle au coeur pour Elsa - mais finalement qualifiée de non organique et donc bénigne par la cardiologue.
Un point à l'endroit, les bons résultats des enfants, félicitations pour l'une et compliments pour l'autre.
Un point à l'envers, les ondes de choc du 20 novembre qui n'en finissent plus de me submerger, augmentées de la défaillance simultanée et radicale de mon Hibou.
Un point à l'endroit, les honoraires enfin versés à la veille de Noël.
Un point à l'envers, les inquiétudes matérielles croissantes, revenus qui diminuent, charges qui augmentent, l'absence de protection à court et à long terme.
Un point à l'endroit, cette veillée de Noël aimante et paisible en famille, notre famille, étonnamment fluide, jusque dans l'intégration de notre charmante vieille-dame-voisine, que je ne voulais pas laisser seule ce soir-là.
Un point à l'envers, pour le déluge de larmes la veille en retournant des tiroirs à la recherche d'une nappe...
Un point à l'endroit aussi pour le repas entièrement fait de mes blanches mains, moi qui ne suis pourtant pas une pro des fourneaux !
Un point à l'envers pour les blessures d'enfance à ciel ouvert, les peines et les solitudes qui se font écho, les nuits sans sommeil.
Un point à l'endroit pour la ressource trouvée dans la beauté au musée Jacquemart-André, une jolie idée de ma maman pour ce 25 décembre sans les enfants.
Un point à l'endroit pour une rencontre à peine esquissée, un point à l'envers parce qu'elle s'est aussitôt évanouie, me laissant à l'infinie vulnérabilité de ces jours-ci.
Un point à l'endroit pour les retrouvailles avec Novecento - découvert avec David, lu à haute voix à Léo, vu en film avec Elsa - ici porté par la voix d'André Dussolier au Théâtre du Rond-Point. Pour ce temps partagé tous les quatre, dans une émotion complice.
Un point à l'envers, parce que je les vois faire si peu de choses juste avec leur père...
Un point à l'endroit pour la G.O LuLu, qui les aura aussi emmenés voir Les Héritiers, et la Fondation Vuitton, et faire du patin à glace sous la verrière illuminée du Grand Palais.
Un point à l'envers, comme mon coeur en les suivant, seule, sur la glace. Ou comme ce point d'interrogation récurrent - cette énergie de vie, où est-ce que je la trouve, et qu'est-ce qu'elle me coûte ?
Un point à l'envers, la crise d'angoisse aiguë qui m'a arrêtée sur une aire d'autoroute en emmenant les enfants à Montlevon - l'accélérateur qui renâclait, et la panique et les sanglots venus d'un coup - trop de responsabilités, de solitude, d'impuissance.
Un point à l'endroit, l'amour qui circule là-bas, débordant et pudique à la fois, les photos de l'autre femme qui disparaissent, un repas du soir comme un repas de fête, coquilles Saint-Jacques et Chardonnay.
Un point à l'envers, la conscience aiguë de l'extrême fragilité de l'état de santé de Bizzou, de la dégradation progressive de celui de Maman - et l'impuissance, là aussi.
Un point à l'endroit, les bonnes nouvelles des très proches - amours qui se (re)construisent, nouveau job, enfants qui vont bien...
Et 2015, ce sera comment ?
A suivre...
22 décembre 2014
Le règne du vivant
Ça faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas ainsi coupé le souffle ! D'Alice Ferney, j'avais aimé Grâce et dénuement, et la Conversation amoureuse, et quelques autres... mais je ne m'attendais pas à celui-là, qui célèbre à la fois la beauté de la mer et la force de l'engagement, ici écologique, et qui donne envie de se documenter davantage et d'agir toutes affaires cessantes...
Que pourrais-je faire ? se demande un homme qui contemple un désastre, et c'est le commencement des miracles. J'ai suivi pareil homme, refoulé pareille colère, rêvé pareil renouveau : j'apercevais le même désastre (...)
J'ai couru les océans sans loi, ces pâturages liquides pour lesquels je n'étais pas fabriqué. Je ne m'y trompais pas, l'homme appartient à la terre, les eaux vivantes n'ont pas besoin de lui. J'avais pourtant besoin d'elles, comme on désire l'éternité au lieu de la mort, le ciel au lieu de l'enfermement, et sentir au lieu de penser.
07 décembre 2014
Singularités
Je suis hermétique à l'art contemporain (FIAC, MacVal), mais décidément touchée par l'Art Brut, cet éloge de la folie créatrice. Ces oeuvres créées par des êtres "indemnes de culture artistique" (psychotiques en institution, autodidactes de tous ordres, médiums...), elles me semblent tellement plus humaines, troublantes, fragiles... nées d'une nécessité intérieure, souvent douloureuse, jamais de l'envie de séduire un public, un marché, ou d'étayer des concepts plus ou moins stériles et prétentieux. Les expositions de la Halle Saint-Pierre émeuvent ou dérangent, mais ne laissent pas indifférent : elles sont aussi un livre ouvert de psycho-pathologie, où se matérialisent les intuitions des plus grands analystes - morcellement, corps-machine, angoisse du vide, enveloppes trouées, délires religieux ou paranoïaques, auto-portraits de cauchemar.
Avec toujours cette question : qu'est-ce qui distingue ces créateurs singuliers des artistes "officiels" ? J'ai beaucoup aimé les architectures arachnéennes de Marie-Rose Lortet, qui posent justement ces questions du dedans et du dehors, et de la fragilité, avec ses dentelles qui évoquent aussi bien la cage ou la toile d’araignée que la maison de conte de fées, et ses brins de laine multicolores qui raconteraient une histoire sans ponctuation. Quelque chose qui ne tiendrait qu'à un fil... Mais à tout prendre, dans le registre tisserande, elle me paraît bien moins folle, en tout cas assurément moins sinistre qu'une Annette Messager ou qu'une Louise Bourgeois ?
06 décembre 2014
Des hommes de coeur
Je ne sais pas si c'est la voile qui veut ça, ou ma bonne étoile qui met sur ma route des humains comme ceux-là - dont la simple présence est un cadeau, tellement ça déborde d'humour, de sincérité, de générosité - dans leurs métiers, dans leurs passions, dont celle qui nous réunit, larguer les amarres... Ecouter Fabrice parler de son engagement écologique, Thierry de la façon dont il conçoit son métier d'avocat, Yves de son nouveau projet Glénans (et lire le bouleversant récit de guerre de sa maman, un partage qui m'a beaucoup touchée), ça fait du bien à l'âme. Si en plus c'est au milieu de ces incongrus bateaux sur moquette au Salon nautique, ou mieux, autour de l'incomparable pot-au-feu de cochon aux épices de l'Avant-Goût (d'autres passionnés !), c'est encore meilleur...
03 décembre 2014
Derrière les mots
Là derrière nos voix
Est-ce que l'on voit nos cœurs
Et les tourments à l'intérieur
Ou seulement la la la ?
Entendez-vous dans les mélodies
Derrière les mots, derrière nos voix
Les sentiments les pleurs les envies
Qu'on ne peut pas dire non non non
Entendez-vous l'amour caché là
Derrière les mots derrière les voix (...)
La révolte et la colère parfois
Derrière les mots derrière les voix
Sur une guitare tout seul et tout bas
Refaire le monde
Il y a le rêve aussi de partir
Derrière les mots derrière nos voix
Les terres lointaines qui vous attirent
La mer les étoiles
Rêves à hélices ou rêves à voiles
S'en aller (...)
Derrière les mots
Derrière nos voix
Derrière les mots
Est-ce qu'on entrevoit ?
Alain Souchon/Laurent Voulzy
Est-ce que l'on voit nos cœurs
Et les tourments à l'intérieur
Ou seulement la la la ?
Entendez-vous dans les mélodies
Derrière les mots, derrière nos voix
Les sentiments les pleurs les envies
Qu'on ne peut pas dire non non non
Entendez-vous l'amour caché là
Derrière les mots derrière les voix (...)
La révolte et la colère parfois
Derrière les mots derrière les voix
Sur une guitare tout seul et tout bas
Refaire le monde
Il y a le rêve aussi de partir
Derrière les mots derrière nos voix
Les terres lointaines qui vous attirent
La mer les étoiles
Rêves à hélices ou rêves à voiles
S'en aller (...)
Derrière les mots
Derrière nos voix
Derrière les mots
Est-ce qu'on entrevoit ?
Alain Souchon/Laurent Voulzy
26 novembre 2014
Inspiration & Love Wall
Bon, en même temps, je l'avais vue venir, la vague...Alors voici : j'ai demandé aux gens que j'aime de m'envoyer les citations, textes, paroles de chansons, qui les inspirent, les aident à vivre, ou simplement leur donnent la pêche dès le matin. Dans l'idée de créer une sorte de moodboard, ou mur d'inspiration que j'aurais sous les yeux chaque matin en me levant. Ça a marché : ces dernières semaines, j'ai reçu chaque jour ou presque des messages venus parfois de très loin, qui contenaient autant d'inspiration que d'amour. Des messages variés, créatifs, drôles ou poétiques - un cadeau dans l'instant et une source d'inspiration pour la suite. Le résultat m'enchante, me porte, m'inspire en effet - et me donne envie de le partager à mon tour, pour que ces inspirations essaiment vers d'autres cuisines, bureaux, fonds d'écran, comme un lien invisible entre des êtres qui ne se connaissent pas forcément, mais ont consacré quelques instants à cette drôle de requête. Il me reste à voir comment - vidéo, diaporama, fichiers joints...j'y travaille, et c'est encore une façon de savourer cette idée.
PS : A tous ceux qui ont joué le jeu, merci ! Aux autres, il n'est pas trop tard - je sais que certaines contributions sont encore en préparation. A suivre !
23 novembre 2014
22 novembre 2014
Good Vibes Day
Une patiente italienne me parle du cadeau judicieux fait par sa meilleure amie : "ça m'a rendou le coeur tout moelleux au chocolat". Ben voilà - dans cette fête, il y a beaucoup de choses qui m'ont rendu le coeur tout "moelleux au chocolat".
A commencer par la présence de mon amie Nadia, qui a compris avant moi je pense que ce jour-là, plus encore que de petites mains pour mettre la table, décorer la pièce, j'aurais besoin de ne pas être seule pour préparer cette fête d'anniversaire. D'une amie pour papoter en cuisinant, pour amortir le coup de blues de ce moment où tout est enfin prêt mais où personne n'est encore là. Et celui du moment où tout le monde est reparti. Une amie pour finir avec moi les fonds de bouteille de champagne en disant des bêtises, avant de se laisser tomber sous la couette. Et qui s'est couchée après moi sans même que je m'en rende compte - quand je me suis levée j'ai trouvé le salon et la cuisine rangés, les aliments au frais, la vaisselle propre et la nappe dans son panier à linge - et elle avait encore le temps de prendre un thé avant d'attraper son train... J'ai été très gâtée ce jour-là ; mais je pense que c'est le cadeau le plus précieux que j'ai reçu.
Tout ce qui m'a touchée ce soir-là tourne d'ailleurs autour de cette question de la présence : celle d'amis de longue et de récente date, d'amis d'amis (j'adore, les rencontres improbables que cela génère), d'un tout nouveau et craquant bébé ; celle de proches venus de loin ; celle des enfants alors que ce n'était pas leur week-end, celle de David venu pour les accompagner et resté avec beaucoup de simplicité, et accueilli de même par ces amis qui sont, pour beaucoup et depuis si longtemps, nos amis... Qu'ils soient tous là pour la fête, et qu'il soit là aussi, après cette semaine si particulière, m'a bouleversée ; personne ne m'a demandé de discours après les bougies, heureusement ! Je ne crois pas que je serais allée au bout.
Et puis... un grand merci aux conspiratrices du gâteau rose à la Princesse 90C ;-), à la bonne humeur inépuisable du Marco (et à son service vin et champagne), aux danseurs et pour toutes ces petites attentions unanimement sous le signe du "Take Care" & "Feel Good" & "Love Zen" ;-). Incluant une tasse recollée, un bouquet de fleurs, de la musique et du chocolat... Et à la Poste pour avoir acheminé avec beaucoup d'amour des rameaux de cerisier en papier mais en fleurs, une pochette surprise avec des bulles, des roses roses et de la lumière, encore du chocolat, et mon bien-aimé Télérama...
20 novembre 2014
Danser
Elle a éteint la lumière, et puis qu'est-ce qu'elle a bien pu faire, juste après ? Que faire, un soir comme celui-là ? Se laisser porter par l'eau à l'Echappée, nuit tombante, piscine éclairée par en-dessous, Birdy en fond sonore parfait. Recevoir un massage attentif offert en d'autres temps par un amour disparu. Et puis, parce que "La joie est la seule solution", et que c'est Pina Bausch qui le dit, aller danser.
Faire confiance à la vie, prendre la main tendue, et danser. Envoyer bouler le souffle coupé, l'envie de me recroqueviller, et danser. Pour me sentir vivante, jusqu'au bout des talons aiguilles. Pour respirer et pour m'en foutre, agrandir l'espace intérieur en même temps qu'extérieur, danser entre les tables et même sur les tables, who cares ? Pour retrouver la joie pure du mouvement, la jubilation d'être. Pas dans l'oubli, pas dans l'ivresse - dans la conscience...
Danser dans la bienveillance d'un regard attentif mais aérien, dans un lieu improbable à Paris : générations confondues, danseurs souriants, atmosphère bon enfant (avec boas et chapeaux pailletés à disposition), répertoire sur mesure : What a feeling, Femmes des années 80 (!), It's raining men, I will survive... I will survive.
18 novembre 2014
Des femmes dangereuses
Elle ne ressemble à aucune femme qu'il a connue. Ou à aucune femme qu'il a aimée. Il n'est pas certain de les avoir connues, d'y être parvenu, ou qu'un homme soit capable de connaître une femme. Ainsi, celles qu'il a aimées ignoraient la satisfaction. Sitôt qu'elles avaient ce qu'elles voulaient, elles s’empressaient de vouloir davantage. Non par cupidité. Jamais. Des femmes d'action qui réfléchissaient, des amantes toujours en quête, toujours prêtes à donner mais, surtout, des rêveuses, ce qui était bien plus dangereux.
Des rêveuses.
Des femmes très dangereuses.
Qui regardaient le monde par leurs grands yeux rêveurs et qui, au lieu de le voir tel qu'il était, "brutal, absurde", etc, songeaient à ce qu'il pourrait être ou devenir.
Des femmes insatiables.
Jamais comblées.
Qui voulaient avant tout l'impossible. Non ce qu'elles ne pouvaient avoir - cela ne les intéressait pas-, ce qui n'existait pas. Et le pire : qui le regardaient et voyaient ce qu'il était susceptible de devenir, plus magnifique que ce qu'il se croyait en mesure d'être.
Des rêveuses.
Des femmes très dangereuses.
Qui regardaient le monde par leurs grands yeux rêveurs et qui, au lieu de le voir tel qu'il était, "brutal, absurde", etc, songeaient à ce qu'il pourrait être ou devenir.
Des femmes insatiables.
Jamais comblées.
Qui voulaient avant tout l'impossible. Non ce qu'elles ne pouvaient avoir - cela ne les intéressait pas-, ce qui n'existait pas. Et le pire : qui le regardaient et voyaient ce qu'il était susceptible de devenir, plus magnifique que ce qu'il se croyait en mesure d'être.
Tayie Selasi, Le ravissement des innocents
16 novembre 2014
Chihiro et nous
Nous avons secoué le blues d'un dimanche pluvieux pour marcher jusqu'au Musée d'Art Ludique, sis dans le Crocodile, alias la Cité de la Mode et du Design, à deux pas de chez nous. Une chouette leçon de cinéma - cadrages, éclairages, incroyable créativité technique au service de l'émotion comme de l'esthétique - et d'art - dessins somptueux, inventivité débridée. Deux enfants (ou bien trois ? :-)) enchantés par les extraits des films qui ont jalonné nos dernières années - Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké, Ponyo sur la falaise... Je suis toujours touchée quand je constate que les petites graines plantées fleurissent en souvenirs partagés, en curiosité intellectuelle (comment ça marche ?), en regard artistique qui s'affine. Et que nous sommes comme inscrits dans ces histoires - j'étais enceinte de Léo quand j'ai vu le Tombeau des lucioles, Elsa n'était pas encore née à la sortie du Voyage de Chihiro, Le château ambulant est le premier Miyazaki que Léo a vu au cinéma...
15 novembre 2014
Petite poule rousse
Ce moment où vous réalisez que voilà plus d'un an que personne ne vous a offert de fleurs... Et où ce luxe nécessaire devient comme une urgence - toutes affaires cessantes. Voilà - cet après-midi, je me suis offert des fleurs. Me suis préparé un thé. Acheté le Elle à table, pour commencer à rêver aux menus de Noël. Plus tard, j'ai même préparé des pancakes pour les enfants.
Mais voilà... ça ne suffit pas. Et même, ça m'épuise. Le syndrome petite poule rousse : "Puisque c'est comme ça, je le ferai toute seule. Et elle le fit." Suivre les conseils bien intentionnés des magazines - le thé, le bain, les fleurs, et même, un verre de vin. Préparer le prochain échange de maisons. Signer le jugement de divorce cette semaine. Préparer ma fête d'anniversaire. Je peux le faire. Je vais le faire. Evidemment. Mais la vérité, c'est que la petite poule rousse a le coeur brisé. Voilà.
10 novembre 2014
60 chansons plus une
Il faut des rites, c'est le renard qui l'a dit. De même qu'un mariage uniquement à la mairie, ça manque singulièrement d'humanité, d'émotion, de restitution d'un sens, je ne me sentais pas d'aller signer la dissolution du mien dans un tribunal sans l'accompagner d'un geste, d'un rituel de deuil inventé pour franchir le passage, lui donner un peu de valeur humaine ajoutée. Alors, comme au joli temps des années 80 et des compils sur cassette audio, j'ai gravé un CD pour le père de mes enfants. Accompagné de quelques mots.
60 chansons plus une : des chansons pour rire, pour pleurer, pour se souvenir, pour se recueillir. Tu ne connais ni la première, ni la dernière : c'est comme dans la vie !
J’avais fait aussi une short list, un album de 14 titres, mais comment faire tenir autant de vie dans si peu de place ? Ma recommandation, parce que je suis aussi Process Master à mes heures : écoute-les sans regarder les titres à l’avance. Laisse-toi surprendre. J’ai gravé un CD pour moi aussi, pour que nous le gardions tous les deux.
60 chansons plus une : celle qu'il nous reste à écrire, celle que je n'ai trouvée nulle part : il y a des chansons d'amour, des chansons de séparation, des chansons de solitude, des chansons d'espoir, des chansons de retrouvailles ; mais il n'y a pas encore de chanson de l'amour qui se transforme et demeure à la fois, et c'est celle-ci que je voudrais écrire, et dont j'aimerais que tu composes la musique.
Avec Amour,
Lu
07 novembre 2014
04 novembre 2014
Pas patate !
La Zaza : "Dans ma classe, je me sens comme un poireau au milieu d'un champ de maïs".
Passé le premier sourire, j'ai exploré un peu - décalages éducatifs, culturels, personnels aussi - ma Zaza si entière, parfois un peu brutale, habituée à des relations amicales et saines avec les garçons (une constante remarquable de son école primaire), pas toujours élégante bien qu'assez girly, mais solidaire, attentive, très fine émotionnellement, a parfois en effet de quoi se sentir comme un poireau dans un champ de maïs... Je lui ai suggéré de se mettre en quête d'éventuels autres poireaux déguisés en épis de maïs. Voire, de partir à la rencontre des carottes. J'ai confiance - elle va trouver.
29 octobre 2014
Coming-out
Bien sûr, nous sommes des lecteurs de Télérama (ou des Inrocks, c’est selon), du Monde et de Courrier International (et du New Yorker, of course). Des auditeurs de France Culture, des habitués du Masque et la Plume (nous n'avons pas la télé, c'est trop vulgaire). Nous avons vu la nouvelle copie de ce film roumain de 1962 en noir et blanc, l’accrochage de ce jeune photographe si prometteur dans une obscure galerie-salon de thé vegan-boutique solidaire du 20ème (tellement plus classe que les foules du Grand Palais). Et nous sommes des consommateurs avertis, écologiquement corrects, à l’élégance innée : c’est que nous sommes Français, et même, Parisiens (on l’entend bien, la majuscule, là ?). Si Parisiens que parfois nous sommes belges (l’épure, la sobriété, l’école d’Anvers), ou bien anglais (les matières nobles, l’audace maîtrisée, le luxe discret) – les lecteurs de ELLE me comprendront.
Mais… tous, nous avons nos mauvais goûts inavouables, nos madeleines scandaleuses, nos doudous vaguement écoeurants. Auxquels nous ne renoncerions pour rien au monde. Allez, je commence : Mauvais goûts vestimentaires : les chaussons-chaussettes, par exemple… (oui, ces choses poilues et colorées qui nous suivent jusque sous la couette). Les pulls à paillettes (je suis une récidiviste, sur ce point). Les chaussures enfantines : babies (les Repetto ne comptent pas), Kickers, bottes en caoutchouc. Faiblesses gustatives : Le Nutella bien sûr - mais sur une couche de beurre salé. Les frites trempées dans la crème fraîche. Madeleines musicales : la plupart des tubes français (j’ai bien dit, français) des années 80. Toutes les comédies musicales. Toute la disco. Johnny. Eddy. Dalida. Dassin. Cloclo. Et tiens, même Sardou. Parfaitement. Doudous cinématographiques : Les comédies romantiques (et/ou musicales donc), passe encore. Mais Angélique Marquise des anges ? Mais Le Magnifique ? Et si je vous disais que ma sonnerie de téléphone, c’est la musique des Compères ? OK, en clin d’œil à Bird People, mais tout de même... Liste non exhaustive. Et maintenant... à vous ?
21 octobre 2014
Chers petits
Diplomatie
Léo : "Papi dit toujours ce qu'il pense. Quand il pense la même chose que Mammie."
Chronologie
Elsa apprend que son grand-père travaillait entre autres pour les Monuments Historiques. "Ah bon, et il en a construit beaucoup ?".
Léo : "Papi dit toujours ce qu'il pense. Quand il pense la même chose que Mammie."
Chronologie
Elsa apprend que son grand-père travaillait entre autres pour les Monuments Historiques. "Ah bon, et il en a construit beaucoup ?".
18 octobre 2014
Méditation sur le couple
Vu de ma fenêtre de pseudo-célibataire vraie maman solo (situation amoureuse : c'est compliqué), ce serait l'antithèse de CECI . Ne plus tout faire, tout porter, tout organiser, toute seule, tout le temps. La disponibilité que je donne aux enfants, aux patients, aux proches - la recevoir parfois à mon tour, aussi. Arrêter de ne faire que des projets court terme, qui toujours incluent la possibilité de la présence d'un autre mais aussi celle de son absence. Ne pas oser espérer, dans ce contexte, qu'il soit à son tour force de proposition. Descendre de mon cheval d'amazone, poser mon armure, montrer ma vulnérabilité. Mais aussi :
- Etre en confiance. Non pas doubler mais démultiplier l'énergie, le courage, la joie de vivre. Respirer. S'enraciner.
- Faire des projets. Petits : Choisir une nouvelle lampe pour le salon, parce que la lumière, c'est important. Mélanger nos amis pour fêter un anniversaire. Moyens : Adopter un autre chat, pour deux fois plus de caresses. Planifier les prochaines vacances : rêver, négocier, et finalement organiser à deux. Grands : Construire un projet autour d'un lieu de vie commun, maintenant ou plus tard. Se faire la courte échelle pour réaliser des rêves personnels et communs - se former, s'engager, voyager...
- Savoir qu'on est deux pour affronter la main dans la main les enfants qui grandissent, les parents qui vieillissent, les hauts et bas professionnels et financiers, la santé qui peut se fragiliser. Mettre en commun les moyens et les solutions.
- Etre là au quotidien : partager les petites corvées (les courses, les repas, les papiers, les lessives) et les petits bonheurs (partir dans un fou-rire, dormir ensemble, avoir des petites attentions l'un pour l'autre, rentrer dans une maison éclairée, vivre une continuité sécurisante : je t'ai choisi(e), qui dégage de l'énergie pour d'autres projets et désabonne des rencontres sans lendemain).
- Et dans les moments d'exception, ceux qui rythment et ritualisent nos vies : anniversaires, enterrements, mariages... Etre un couple, c'est aussi être vus comme un couple. Notamment dans les moments forts.
- Avoir deux familles : la sienne, et celle de l'autre. Supporter plus facilement les névroses de la seconde... ou remettre au contraire en perspective celles de la nôtre. Etre inscrite dans les générations, dans une continuité, dans un tissu social.
- Bâtir ce lien incomparable, car nourri par le temps : grandir ensemble, quelque soit notre âge. Se constituer des souvenirs, des private jokes, des complicités, la force donnée par les épreuves traversées.
- Relever ce défi : trouver des moyens de croître en même temps que la relation. Respecter infiniment la liberté de l'autre, tout en trouvant suffisamment d'espaces communs pour faire du lien une création unique.
- Rester conscient(e) que l'amour qui dure est un miracle, mais qu'un amour qui s'engage, sans garantie aucune mais aussi sans date de péremption annoncée, qui a le souhait de tenter l'aventure, est déjà un magnifique cadeau.
12 octobre 2014
Intermittente
On m'a demandé si la Care Box dormait un peu, se voyait supplantée par l'ogre FaceBook. Non... comme Elsa me l'a fait subtilement remarquer l'autre jour, "Ce qui est bien avec la Care Box, c'est que comme elle est un peu cachée, tu es libre d'y écrire ce que tu veux !". Je crois que ça tient plutôt au fait que j'ai juste assez d'énergie ces jours pour vivre, faire le nécessaire et aussi investir sur l'avenir - je travaille à divers projets professionnels dans l'espoir de me sentir un tout petit peu moins précaire, insécurisée sur tous les plans. Le regard tourné plutôt vers l'intérieur, ou la bagarre avec le monde extérieur, que vers les instants de poésie, de créativité ou d'humour qui font la trame du blog...
A suivre...
26 septembre 2014
L'Auberge Sicilienne
![]() |
| Ze Body Family, photo credits to : Cyrill |
Dans la liste des choses qui me rendent vraiment heureuse, il y a (dans l'ordre et/ou dans le désordre) :
- rencontrer des gens nouveaux, et plus encore s'ils viennent d'horizons différents (nationalités, langues, sexualités, âges... et j'en oublie probablement)
- barboter dans la vie de groupe, soit plonger, éclabousser, chahuter, ressortir et recommencer
- si ledit groupe est dans un lieu magnifique en pleine nature, totalement coupé du quotidien, c'est encore mieux (cf souvenirs du Hameau)
- apprendre, à fortiori si c'est en expérimentant plus qu'en restant dans la tête (je suis définitivement convaincue que c'est la seule voie pertinente en matière de formation pour adultes ; à bien y réfléchir, peut-être pas seulement pour adultes...)
- être (affectueusement) bousculée dans mes certitudes
- découvrir un nouveau pays, pratiquer une autre langue (ici, un anglais fantaisiste qui n'était la langue maternelle de personne)
- manger des tas de légumes bio, confitures (incluant une confiture de courgettes), fromages du pays, préparés avec amour par trois Siciliens multi-talentueux et pas par moi (les pieds sous la table quatre fois par jour :-))
...alors, tout ça dans UN SEUL STAGE ?!?
Cadeaux bonus : une marche improvisée dans la nuit des montagnes siciliennes, un cours de salsa, une soirée guitare en hollandais-français-italien-anglais, une balade sur les marchés de Palerme, croiser l'ombre du projectionniste de Cinema Paradiso.
J'ai appris beaucoup, c'est sûr. Mieux encore, j'ai découvert des façons de réfléchir et des outils concrets, praticables et adaptables à la fois. Mais ce qui me laisse la gorge serrée ce soir, et le besoin de prendre le temps de me poser, me reposer, prendre la mesure de ce qui a été donné et reçu, c'est la densité des rencontres humaines, des échanges informels, des émotions concentrées dans un temps record : larmes, rires, trouble, inconfort, fragilité, plaisir, confrontation, connivence... Beaucoup de bonheurs, et un brin de chagrin aussi à cause de ces complicités ébauchées qui donnent l'envie de poursuivre la rencontre, d'en re-demander, comme les petits enfants : ENCORE !
13 septembre 2014
Ils ont dit Oui !
J'ai beaucoup aimé les mots d'Antoine et sa déclinaison de liberté-égalité-fraternité, c'est une belle idée porteuse de sens et qui aurait manqué autrement, les textes officiels étant quelque peu secs ! Et son idée des rites à inventer - piocher dans les anciens, en créer de nouveaux. J'ai cru entendre comme un écho du Petit Prince ;-)...
Mission émotion accomplie : le speech d'Antoine + le gâteau d'amour de Peau d’Âne pour le dessert (quelle géniale idée !) + Moon River pour ouvrir le bal - j'ai versé ma petite larme : Two drifters off to see the world, there's such a lot of world to see...
Mission émotion accomplie : le speech d'Antoine + le gâteau d'amour de Peau d’Âne pour le dessert (quelle géniale idée !) + Moon River pour ouvrir le bal - j'ai versé ma petite larme : Two drifters off to see the world, there's such a lot of world to see...
Quelle soirée inoubliable pour les petits et grands enfants - une soirée à l'image de nos mariés : l'élégance et l'opéra, l'émerveillement et le jeu, un brin de démesure - entre enfance et maturité... Nous sommes tous allés de surprise en surprise dans ce lieu enchanteur, et je pense qu'Elsa et Léo s'en souviendront longtemps : quelle chance pour eux d'avoir eu accès à ce moment d'exception. Je m'efforce au quotidien de leur offrir la meilleure vie possible, de leur ouvrir la possibilité de penser différemment, de vivre différemment, de s'autoriser à rêver en grand (et à garder leur âme d'enfant) : à bien des titres, ce mariage est une belle leçon de vie pour eux.
12 septembre 2014
Fête des voisins
Ça faisait un moment que ça me trottait dans la tête, ça s'est amplifié avec la visite de Christiania à Copenhague : une envie de collectif, de partage, de chaleur humaine, de créer des liens. Après le lointain, le proche : j'ai donc invité tous mes voisins d'immeuble à un apéro participatif. Bilan de l'opération : sur 28 appartements, 14 réponses, 9 familles présentes et 5 autres qui ont manifesté leur envie de venir une prochaine fois car pas disponibles a cette date. Une mailing-list, et l'envie de faire ensemble, en effet. De la récup' intelligente, du troc de services, un pique-nique annuel... D'ores et déjà, les bonjours sont plus chaleureux ; reste à impulser l'énergie pour ne pas s'arrêter en si bon chemin (et convaincre les autres ?!)
06 septembre 2014
Sweet Maggie
Parce que les amis de nos amis sont nos amis, et parce que ce n'est pas tous les jours qu'une Américaine de Denver fait escale à Paris avant d'aller marcher sur Saint-Jacques, nous avons accueilli Maggie, une amie de Halo. Chouette idée, que celle de la connexion entre les gens que nous aimons, et belle rencontre à nouveau, d'une femme ouverte, généreuse et sensible, avec qui nous partagions le goût des bonnes choses (nous avons bien profité des résultats de son cours sur les petits fours salés au Cordon Bleu), des comédies musicales et du bon vin favorable aux confidences (entre autres talents non typiquement américains, Maggie connaît et apprécie les vins). Adoptée - un membre de plus dans notre internationale famille de coeur - pour son courage (une autre résiliente, plus habituée à prendre soin des autres qu'à ce qu'on prenne soin d'elle), son indépendance et sa sincérité - elle qui n'a pas peur de dire qu'elle est partie sur le Chemin entre autres pour apprendre à demander, à accepter un peu d'interdépendance.
02 septembre 2014
Etapes
Je ne sais pas si nous avions complètement réalisé que cette rentrée serait probablement la dernière... pour nous en tant que parents. A partir de la 5ème, il n'y aura plus de réunion de rentrée, mais des enfants pressés de retrouver leurs copains, pas qu'on les prenne par la main. Et je ne parle pas du Léo qui entre au lycée - plus de parents, plus de photo. Un long échange paisible avec David ensuite - s'organiser, leur déménagement, les trajets, les activités para-scolaires, les achats, les vacances. Et à ce jour, ce constat étonné : je vais bien. Quelque chose s'est produit cet été, un basculement imperceptible, aussi involontaire que silencieux : je vais bien avec ces enfants qui grandissent, avec la perspective du jugement de divorce, avec le déménagement de leur père, avec le lien de tranquille intelligence du coeur qui semble s'affirmer de plus en plus entre nous.
01 septembre 2014
31 août 2014
Mon pays (est) Paris
Paris au mois d'août : un autre rythme, peu de voitures, aucune file d'attente, et un état de semi-vacances - patients en congé, cité endormie. Le temps de flâner avec Victor, parisien pour trois semaines, à Montmartre ou aux Buttes-Chaumont, de visiter enfin le Musée de la Vie Romantique, de voir l'expo Tatoueurs, Tatoués au Quai Branly, de savourer le grinçant "How to become a Parisian in one hour".
De rêver devant le travail d'Oscar Munoz sur le temps et la disparition - je suis sortie du Jeu de Paume dans un état de légère absence devant tant de poésie et de créativité - la goutte d'eau qui tombe, le dessin qui s'évapore, la buée dans le miroir, l'image qui fuit, dans tous les sens du terme...
De prendre l'Orient-Express avec Ronan - autre temps, autre voyage, dans un monde feutré et luxueux, de découvrir, au milieu de la navrante production cinématographique estivale, quelques pépites : Maestro, un choc des cultures qui devient récit d'apprentissage, malicieux, subtil et littéraire ; Party Girl, portrait d'une insoumise et flamboyante sexagénaire (être ou ne pas être... dé-rangée, ou dérangeante ?) ; Boyhood, chronique du temps qui passe aux thèmes universels : le passage de l'enfance à l'adolescence, puis à l'âge adulte, les premières fois et les premiers chagrins, les choix aléatoires des adultes, l'insouciance et l'incertitude, "la vie quoi, le bordel !" comme dirait maître Higelin...
De suivre les chemins des uns et des autres - Charles sur son Inuit, un arc-en-ciel sur les chutes Victoria envoyé par Laurent, le sourire de la petite Neela là-bas au Mexique, ma plus-si-petite soeur à Ibiza, Grand-Mère globe-trotter - en Inde, en Croatie, à Barcelone ou en croisère sur la Seine, Yves qui s'achète le voilier de ses rêves, Max qui envoie un p'tit signe de Central Park - autant d'humains curieux, vivants, inspirants. (Et merci FB, WhatsApp et Skype, pour rendre le si lointain si proche).
De suivre les chemins des uns et des autres - Charles sur son Inuit, un arc-en-ciel sur les chutes Victoria envoyé par Laurent, le sourire de la petite Neela là-bas au Mexique, ma plus-si-petite soeur à Ibiza, Grand-Mère globe-trotter - en Inde, en Croatie, à Barcelone ou en croisère sur la Seine, Yves qui s'achète le voilier de ses rêves, Max qui envoie un p'tit signe de Central Park - autant d'humains curieux, vivants, inspirants. (Et merci FB, WhatsApp et Skype, pour rendre le si lointain si proche).
15 août 2014
Inspirations
J'ai toujours eu un faible pour les histoires de transformation, de rédemption, de libération. Pour les rêveurs audacieux, les survivants, les bâtisseurs. Senti un appel vers le possible, plutôt que vers le connu. A travers les livres, les films, et puis de plus en plus dans des rencontres - c'est à dire, de plus en plus dans la vie : Maya, émigrée des pays de l'Est vers Londres, avocate spécialisée dans les droits de l'homme, aujourd'hui thérapeute ; Jill, ma "grand-mère canadienne", qui a vécu 20 ans avec son mari sur le bateau qu'ils avaient construit eux-mêmes, puis a décidé, à la mort de celui-ci, que la vie n'était pas finie et s'est lancée dans un nouveau projet autour de l'huile d'olive bio ; Halo parti en solo autour du monde avec ses deux enfants ; Theresa plaquant sa folle vie de cadre new-yorkaise pour voyager puis réaliser son rêve de se former à la gastronomie française, avant de se donner les moyens de trouver l'homme puis le job qu'elle souhaitait ; Charles, qui s'est offert un voilier exceptionnel à près de 70 ans (et qui navigue vraiment !) ; Julien, qui a démissioné de son poste de professeur fonctionnaire pour créer un centre de yoga et de thérapie en Colombie ; Søren et Charlie bâtissant leurs propres maisons, l'un en Suède et l'autre en Arizona...
(NB à méditer : tous sont ou ont été engagés dans des associations diverses ; et j'ai réalisé qu'en français, nous n'avions PAS de mot qui recoupe exactement cette notion de community, pas plus que l'équivalent des mentors ou role-models. Qu'attendons-nous ?)
Une part de moi... continue de croire que ce n'est pas pour moi. "Je n'ose pas... autant que je voudrais ; dans mes moments d'optimisme, je me dis : je n'ose pas encore". Une phrase de Françoise Mallet-Joris recopiée en... 1994 ? Pourtant ce n'est plus vrai... j'ose de plus en plus, et la vague enfle, me donne un peu le vertige parfois - quelles conséquences sur ma vie personnelle, relationnelle, professionnelle ? jusqu'où est-ce que ça peut m'emmener, pour peu que j'accepte de me laisser inspirer ? Déjà bien plus loin que ce que j'aurais imaginé il y a quelques années, il suffit de relire ce blog. L'autonomie, la liberté, la maison grande ouverte, les échanges, les rencontres, un rapport à l'argent différent, le bateau, les voyages...
Les informations convergent, éclairent la route, et me flanquent la frousse. Mon expérience jamaïcaine m'a donné l'envie d'améliorer mon anglais, le journal de Junior m'a donné l'idée d'utiliser les TED Talks dans cette optique - un talk différent chaque jour sans sous-titres, ou avec sous-titres anglais une deuxième fois pour le vocabulaire - mais le contenu (même quand j'utilise le choix aléatoire !) lui aussi vient encore renforcer le message, enfoncer le clou : The power of vulnerability, The danger of silence, Before I die I want to, Why people need poetry, Everyday leadership...
Tiens, le dernier le voici en cadeau - une inspiration à partager :
06 août 2014
Nadia 2
Nadia, c'est ma coloc', mon numéro gagnant. Au départ, l'envie de mettre un peu de beurre dans les épinards, proposer une chambre quelques jours par mois à une Conseillère Conjugale et Familiale venant en formation sur Paris. Une bonne idée d'Eric : héberger des gens avec lesquels j'ai par définition des affinités, sur un moyen terme (4 jours par mois sur dix-huit mois). Un pari qui aurait pu s'avérer risqué, si Nadia n'était pas devenue une amie de la famille, avec qui partager la cuisine, les confidences et les sorties, arrivant toujours les mains pleines de bonnes choses à partager : confitures du jardin, pâtisseries arabes, foie gras maison. Aussi c'est tout naturellement que je l'ai accueillie cet été avec ses enfants, non plus en hôte payant mais en CouchSurfeuse d'honneur ! Son dernier séminaire aura lieu en septembre, elle va nous manquer...
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