27 avril 2020

Et pourquoi pas ?

Une épidémie mondiale est en train de se propager à une allure vertigineuse : l'OMB (Organisation Mondiale du BONHEUR ) prévoit que des milliards d'individus seront contaminés dans les années à venir.

Voici les symptômes de ce terrible état  :

1 - Tendance à se laisser guider par son intuition personnelle plutôt que d'agir sous la pression des peurs, idées reçues et conditionnements du passé.

2 - Manque total d'intérêt pour juger les autres, se juger soi-même et s'intéresser à tout ce qui engendre des conflits.

3 - Perte complète de la capacité à se faire du souci (ceci représente l'un des symptômes les plus graves).

4 - Plaisir constant à apprécier les choses et les êtres tels qu'ils sont, ce qui entraîne la disparition de l'habitude de vouloir changer les autres.

5 - Désir intense de se transformer soi-même pour gérer positivement ses pensées, ses émotions, son corps physique, sa vie matérielle et son environnement afin de développer sans cesse ses potentiels de santé, de créativité et d'amour.

6 - Attaques répétées de sourire, ce sourire qui dit "merci" et donne un sentiment d'unité et d'harmonie avec tout ce qui vit.

7 - Ouverture sans cesse croissante à l'esprit d'enfance, à la simplicité, au rire et à la gaieté.

8 - Moments de plus en plus fréquents de communication consciente avec l’Âme, Non-Duelle… Être, ce qui donne un sentiment très agréable de plénitude et de bonheur.

9 - Plaisir de se comporter en guérisseur qui apporte joie et lumière à tous plutôt qu'en critique ou en indifférent.

10 - Capacité à vivre seul, en couple, en famille et en société dans la fluidité et l'égalité, sans jouer ni les victimes, ni les bourreaux, ni les sauveurs.

11 - Sentiment de se sentir responsable et heureux d'offrir au monde ses rêves d'un futur abondant, harmonieux et pacifique.

12 - Acceptation totale de sa présence sur terre et volonté de choisir à chaque instant, le beau, le bon, le vrai et le vivant.

Si vous voulez continuer à vivre dans la peur, la dépendance, les conflits, la dysharmonie la maladie et le conformisme, évitez tout contact avec des personnes présentant les symptômes cités ci dessus .

Cette maladie est extrêmement contagieuse !

Si vous présentez déjà ces symptômes, sachez que votre état est irréversible.

Les traitements médicaux peuvent faire disparaître momentanément quelques symptômes mais ne peuvent s'opposer à la progression inéluctable vers le développement harmonieux 

Aucun vaccin anti-bonheur n'existe.

Comme le bonheur provoque une perte de la peur de mourir, qui est l'un des piliers centraux des croyances de la société matérialiste moderne, des troubles sociaux risquent de se produire, tels des grèves de l'esprit belliqueux et du besoin d'avoir raison, rassemblements de gens heureux pour chanter, danser et célébrer la vie, des cercles de partage et de guérison, des crises de fou-rire et des séances de défoulement de joie profonde collective.

Grand Hug et grand Sat Nam à tous les infectés !
PUISSENT TOUS LES ÊTRES DE LA TERRE ÊTRE HEUREUX... ET EN PAIX !

20 avril 2020

Une vie bouleversée

Je ne me souviens plus de la première fois que j'ai lu le Journal d'Etty Hillesum. Ni même comment ce livre est arrivé jusqu'à moi (Bobin ? Comte-Sponville ?). Mais je sais que c'est probablement un de ceux que j'aurai le plus relus. Celui que j'emmènerais sur une île déserte. J'adore Etty, comme une amie intime, une grande soeur de coeur. Parce qu'elle est tellement vivante, incarnée, désirante, tellement tendue entre le ciel et la terre, comme la Sagittaire que je suis, les sabots bien plantés dans la boue mais la tête levée vers les étoiles.

Etty qui, comme la petite Thérèse de Lisieux, dit : Je choisis tout. Qui écrit en 1942 à Amsterdam, alors qu'elle vit les brimades et les persécutions, voit venir la déportation : Je sais déjà tout. Et pourtant je considère cette vie belle et riche de sens. A chaque instant.

Etty qui tutoie Dieu ou ce qu'elle nomme Dieu en elle, et élargit son amour des hommes - au sens le plus terrestre, sensuel, amoureux du terme - jusqu'à l'amour de l'humanité. Dont les mots mêlent trivialité et spiritualité, humour et sagesse, racontent une histoire, celle de la fille qui ne savait pas s'agenouiller - et qui s'agenouille pourtant. L'histoire d'une âme qui n'en finit plus de s'élever malgré l'étau qui se resserre - parce que cette vie s'accomplit sur un théâtre intérieur : le décor a de moins en moins d'importance.

Etty qui témoigne sa gratitude pour chacun des petits bonheurs qu'elle vit tant qu'il en est encore temps - une chambre propre, un repas préparé, des livres, de bons amis, parce qu'elle voit tous ces possibles s'évanouir peu à peu, et dont les mots prennent une résonance toute particulière en cette période : Même si on ne nous laisse qu'une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d'elle il y aura toujours le ciel tout entier.

Je ne sais pas à quoi ressemblera le monde d'après le virus, et moins encore celui d'après la bascule climatique. Mais je suis certaine que ce texte restera pour moi une source majeure d'inspiration - plus simplement, une source.

17 avril 2020

Ray's wisdom

...Everyone feels this way sometimes. All of us. Me too. About all I can do is to give you some suggestions of what works for me.
Brother, life is VERY realistic... but it ain’t real. None of this is real. I don’t put much stock in the idea that this world is all there is. This is a very, very small part of the infinite whole.
I like to think of myself as an actor in a play. I am playing a very small, but very important part in this play. This is not real, it is just a very realistic drama. A play. A movie.
This movie is a place where God can pretend that he is not God.
God isn’t a person. God is everything and everyone who has ever been. Every tse-tse fly and bacteria. Every stone and all the cosmos. We are all God.
You have forgotten who you really are. You are an infinitely powerful being. You have a purpose in life but you have forgotten what it is.
You are here to Love.
So.... how are you going to do this Love thing? Where to find it? You are going to need to take some small steps to pull yourself out of the pain... but you will find Love when you do.
What should you do? I am pretty sure that you are hoping to find answers to the big questions, that these answers will give you hope. But I think that you will find answers in the small things in life, not the big questions (...)

14 avril 2020

Parenthèse

C'est paradoxal, probablement politiquement incorrect, mais... ça va bien. Ça va de mieux en mieux, en fait. C'est embarrassant, presque culpabilisant, mais C'EST. Après la sidération des deux premières semaines, le sentiment de ne pas pouvoir décrocher de l'écoute téléphonique, les deux suivantes, il y a cette conscience croissante, individuelle mais aussi collective, d'un temps d'exception non pas uniquement dans la tragédie présente ou les catastrophes à venir, mais aussi possiblement fécond.

Mon amie Céline, CCF, nous parle de ce point de rencontre surprenant entre coronavirus et grossesse non désirée : l'irruption dans le quotidien de cet inattendu si difficile à réaliser, mais qui force à s'arrêter, et oblige à penser. Arrêt sur image. J'en suis où dans ma vie ? Et éventuellement, à côté de quoi suis-je passé.e ? A quoi vais-je devoir renoncer si je veux me retrouver ? Quel chemin choisir après tout ça ? 

Ce matin j'ai moi aussi écouté une femme longuement naviguer entre les question liées à la mort de son père et à son désir d'enfant. Elle qui s'était jusque-là bâti une vie à l'abri de toute incertitude et de tout questionnement, de toute rencontre avec elle-même comme avec l'autre, se trouve soudain elle aussi confrontée à la question de sa croissance en tant qu'être (qui ne va pas sans douleur), de l''existence de l'âme, de la nécessité du sens... Ses questions ne sont pas nées de l'épidémie ; et pourtant elles rejoignent un choeur qui me semble aller croissant, comme une grande interrogation existentielle, voire spirituelle, qui se répand comme une traînée de poudre, et me touche d'autant plus que je me sens comme entraînée dans ce mouvement (qui pour moi aussi, préexiste à la crise actuelle).

Je suis de plus en plus contemplative. Au ras des pâquerettes et le regard tourné vers ce qui en nous est plus grand que nous (et qu'on aperçoit très bien lorsqu'on a le nez dans l'herbe). Non, je ne l'ai pas fumée (l'herbe). Oui, je suis toujours bouleversée par ce qui se joue actuellement. 

Mais je suis aussi sensible à cette période de suspension, à ce qu'elle génère d'interactions nouvelles, avec ceux qui sont là auprès de moi comme avec ceux dont je n'entends plus que la voix, mais dans une parole possiblement différente, possiblement plus pleine. 

A l'absence de désir de consommation. A l'abandon des masques, au renoncement à l'agitation, à ce que Bobin appelle l'imaginaire du plein. Au questionnement de mon, de nos modes de vie. A mon émerveillement devant les mondes qui se déploient dans notre minuscule jardin - floraison du lilas, du muguet, du jasmin... et de ces humbles pâquerettes dont j'aime la modestie et la ténacité. Je ne suis pas loin de retrouver dans cette période la même plénitude qu'en bateau, le même retour à l'essentiel. 

Le même retour aussi à une certaine humilité, la même nécessité de faire confiance. Le lien en plus, ou vécu, ressenti différemment, peut-être.

La possibilité d'une présence en silence, ressentir l'être de l'autre - c'est peut-être la seule chose qui me manque.

12 avril 2020

Confinés

Celle qui se confine en secret avec son nouveau chéri
Celle qui partage avec son public un poème et une chanson "live" par semaine
Celle qui tangue dangereusement au bord de la crise suicidaire
Celle qui s'éteint de ne plus pouvoir marcher en forêt
Celui qui commence une vie sous le même toit en famille recomposée
Celle qui attend la ré-ouverture des frontières pour poursuivre son projet de PMA à l'étranger
Celle qui confine avec un chat infernal devenu adorable parce qu'il n'est plus jamais seul
Celle qui a vu sa gardienne monter les voisins contre elle parce qu'elle était malade
Celle qui n'a plus accès au traitement de sa maladie auto-immune parce qu'il contient de la chloroquine
Celle qui remet en question ses vieux schémas relationnels
Celui qui découvre la méditation et s'y applique
Celle dont l'appartement a été cambriolé alors qu'elle était confinée chez son amie
Celle dont le travail à l'hôpital la laisse complètement dissociée, anesthésiée
Celle qui offre un petit concert de harpe à ses amis sur WhatsApp chaque soir
Celle qui se sent bien mieux chez elle et n'a aucune envie d'en ressortir
Celle qui appelle le SAMU à chaque fois qu'elle fait une crise d'angoisse
Celui qui s'interroge sur son couple
Celle qui attend cet enfant qui ne vient pas
Celui qui se réjouit du départ à l'étranger de son compagnon
Celle qui n'a pas pu enterrer son grand-père
Celui qui organise une solidarité de voisinage
Ceux qui marchent sur la pointe des pieds dans une famille qui n'est pas la leur
Ceux qui n'en parlent pas, comme si rien ne pouvait altérer leur discours
Ceux qui ne supportent plus leur solitude
Ceux qui ne supportent pas de n'être jamais seuls
...aucun n'est indemne ; mais je suis touchée par ce qui se dessine entre les phrases, la prise de conscience de notre fragilité mais aussi de ressources inattendues, et l'envie croissante de vivre autrement, après.

10 avril 2020

En ton absence

Comment être présent en l'absence du regard, du corps, du non-verbal réduit à sa facette sonore - silence, souffle, tonalités de la voix...Comment écouter cet autre que je ne vois pas - a fortiori si cet appel est un premier contact, que nous n'avons même pas la représentation de l'autre ? Comment imaginer, au premier sens du terme ? En ce moment, c'est d'ailleurs bien cette capacité à imaginer ou non qui se révèle, soutient, nourrit, ou fait défaut et fragilise un peu plus.

Comment parler de cette qualité d'attention nécessaire, si différente de celle de la présence incarnée, de ce qu'elle a d'épuisant, et par conséquent de la tentation de la fuite qu'elle induit et permet - c'est si facile de jeter un coup d'oeil aux messages, de caresser distraitement le chat, de s'arrêter sur un gros titre, de se servir un thé...

Fuir, pour quelles raisons ? Parce que c'est toujours un petit peu ou beaucoup trop, d'avoir à recevoir la parole de l'autre dans notre espace privé, parce que c'est déstabilisant, cette porosité des frontières, et l'absence des sas habituels. Parce que cette angoisse que la personne déplie, ses incertitudes, ses interrogations, cette fois nous les partageons - certes avec notre histoire et nos ressources singulières, mais pour la première fois, nous partageons une situation identique, sommes soumis à la même temporalité. Comment métaboliser pour l'autre ce que nous peinons déjà à transformer pour nous-mêmes ? Comment garder une pensée alerte, là où l'angoisse, la peine ou la colère nous ralentissent sourdement ? 

Les premières semaines, j'aurai donc souvent fui. Dans l'idée d'amortir un peu la brutalité de cette configuration nouvelle, de la maintenir un minimum à distance. Avant de me rendre compte que cela augmentait mon épuisement : parce que je ne suis pas aussi multi-tâches que les adolescents, mais aussi parce que je me suis privée toute seule de ce qui fait l'intérêt de la rencontre, fût-elle téléphonique : la joie d'être là. De me rendre pleinement disponible. Celle qui s'enracine justement dans cette qualité de présence pour se renouveler, et qui se disperse autrement. 

Il y a tout à gagner, pour moi et pour l'autre, à faire une seule chose à la fois. Ce qui est, si je me souviens bien, une des définitions possibles de la méditation...

06 avril 2020

Le calme et la tempête : le calme

Ça fait trois semaines, et jusqu'ici je n'ai pas écrit une ligne. Trois semaines que je vis dans un espace-temps où il est difficile de penser, de formuler, de prendre du recul. Trois semaines que j'essaie de le faire cependant pour les étudiants de la permanence, pour ceux des patients du cabinet qui ne sont pas eux-mêmes trop sidérés pour poursuivre la rencontre. Trois semaines qu'après le dernier entretien de la journée, je n'ai plus assez de mots ni pour moi ni pour les autres.

Pourtant ici tout est calme. La vie à la maison est paisible, je sais Léo en sécurité aussi, le jardin prend ses couleurs de printemps, et nous savourons cet immense luxe d'une ouverture vers l'extérieur - nous déjeunons sur la terrasse, je travaille quelquefois au soleil, assise sur un tapis de pâquerettes. Elsa n'est plus seule, nous posons des jalons pour sa rentrée de septembre, là où nous semblions être dans l'impasse il y a encore quelques semaines. 

Les nôtres vont bien - nous avons aussi cette immense chance - quelques amis, quelques patients ont été bien malades mais sont déjà en convalescence, nos parents et proches sont en bonne santé à ce jour.

L'actualité ne rentre que de manière filtrée - pas de télévision, peu de radio, les articles du Monde auquel je me suis enfin abonnée - moins de bruit, plus de fond, et surtout, choisir - le moment, le thème, la qualité de l'information - enfin, dans les vertigineuses limites des incertitudes actuelles.

Un temps inédit, arraché aux transports, à un agenda perpétuellement surchargé, mais un temps pour le moment  finalement peu créateur, en tout cas sur les journées travaillées. Mon cerveau est indisponible - assez peu d'angoisse en tant que telle - une vague qui monte le soir parfois, ou un réveil précoce, la gorge serrée ou les larmes aux yeux à la lecture d'un article - mais pas davantage.

Peut-être aussi ce sentiment qu'il y aurait une forme d'indécence, dans ce contexte, à se montrer par trop affecté : nous ne sommes pas en danger ; nous ne sommes pas en première ligne ; notre environnement est incontestablement privilégié sur tous les plans.

Cette angoisse, je la ressens cependant dans ce ralentissement sournois, silencieux, ce bruit de fond constant dont j'essaie de me désengluer parfois - par un temps de méditation ou de prière, quelques postures de yoga, une lecture apaisante, un coup de fil affectueux.

Dans tout ce qui précède il y a de la gratitude à reconnaître, à ressentir - pour tout ceci, merci. Pour la santé, pour les liens, pour l'environnement de vie, pour ce rythme différent - malgré les inquiétudes financières j'apprécierais de travailler moins, pour pouvoir aller plus loin sur ce chemin qui nous oblige à nous tourner vers l'intérieur, à puiser dans nos ressources, notre imaginaire, à redécouvrir une certaine forme d'humilité aussi - comme en mer, il nous faut faire avec les éléments.

Je ne vois déjà plus comment ce monde pourrait revenir à une supposée normalité ; mais là encore, les suites économiques, politiques, sanitaires, sociales, écologiques sont à la fois tellement imprévisibles, démesurées et communes qu'à ce jour j'ai du mal à m'en faire pour nous individus - j'avance pas à pas, interrogative mais pour le moment tranquille. Non pas sereine - cette tranquillité n'exclut pas la peur, ni l'accueil de la peur - mais tranquille.

28 mars 2020

Et encore de la poésie

De tout, il resta trois choses : la certitude que tout était en train de commencer, la certitude qu'il fallait continuer, la certitude que cela serait interrompu, avant d'être terminé. Faire de l'interruption, un nouveau chemin, faire de la chute, un pas de danse, faire de la peur, un escalier, du rêve, un pont, et de la recherche... une rencontre.

Fernando Pessoa

25 mars 2020

Retrouver le goût...

...de la poésie.

Nous devrions cesser de croire que la bienveillance est une vertu infaillible.
Que la douceur est solide. 
Que l'oreille qui écoute jamais ne tombe malade.
Toute personne qui apporte de la légèreté échange sa chaleur contre un morceau de vos abysses.
Et nous en redemandons, encore et encore, sans chercher à savoir où s'entassent ces mauvais moments dans la vie de ces autres qui nous prêtent leurs nuances quand nous manquons de couleur.

Cécile Coulon, Abîmer la douceur

La prison

Mon adresse a changé.
L’heure de mes repas,
Ma ration de tabac, ont changé,
Et la couleur de mes vêtements, et mon visage et ma silhouette.
La lune,
Si chère à mon cœur ici,
Est plus belle et plus grande désormais.
Et l’odeur de la terre : parfums.
Et le goût de la nature : douceurs.
Comme si je me tenais sur le toit de ma vieille maison,
Une étoile nouvelle,
Dans mes yeux, incrustée.

Mahmoud Dawish

19 mars 2020

Nous ne sommes pas en guerre

NOUS NE SOMMES PAS EN GUERRE et n'avons pas à l'être...
Il est intéressant de constater combien nous ne savons envisager chaque événement qu’à travers un prisme de défense et de domination.
Les mesures décrétées hier soir par notre gouvernement sont, depuis ma sensibilité de médecin, tout à fait adaptées. En revanche, l’effet d’annonce qui l’a accompagné l’est beaucoup moins.
Nous ne sommes pas en guerre et n’avons pas à l'être.
Il n'y a pas besoin d’une idée systématique de lutte pour être performant.
L’ambition ferme d’un service à la vie suffit.
Il n’y a pas d’ennemi.
Il y a un autre organisme vivant en plein flux migratoire et nous devons nous arrêter afin que nos courants respectifs ne s'entrechoquent pas trop.
Nous sommes au passage piéton et le feu est rouge pour nous.
Bien sûr il y aura, à l’échelle de nos milliards d’humains, des traversées en dehors des clous et des accidents qui seront douloureux.
Ils le sont toujours.
Il faut s’y préparer.
Mais il n’y a pas de guerre.
Les formes de vie qui ne servent pas nos intérêts (et qui peut le dire ?) ne sont pas nos ennemis.
Il s’agit d’une énième occasion de réaliser que l’humain n’est pas la seule force de cette planète et qu’il doit - ô combien- parfois faire de la place aux autres.
Il n’y a aucun intérêt à le vivre sur un mode conflictuel ou concurrentiel.
Notre corps et notre immunité aiment la vérité et la PAIX.
Nous ne sommes pas en guerre et nous n’avons pas à l’être pour être efficaces.
Nous ne sommes pas mobilisés par les armes mais par l'Intelligence du vivant qui nous contraint à la pause.
Exceptionnellement nous sommes obligés de nous pousser de coté, de laisser la place.
Ce n’est pas une guerre, c’est une éducation, celle de l’humilité, de l’interrelation et de la solidarité."

Sophie Mainguy, médecin urgentiste

17 mars 2020

Liens thérapeutiques

Bonjour,
Cela fait des mois maintenant que je suis censée vous donner des nouvelles. Mais comme vous le savez, je ne suis pas très douée pour ce genre de choses... 
Les circonstances actuelles me poussent cependant à cesser de procrastiner. Je ne suis pas mise en danger par le virus mais la panique ambiante m'a fait reconsidérer mes appréhensions.
Je ne vous écris donc pas pour vous dire ce que je deviens mais plutôt pour m'assurer que vous, (...), vos proches et toute l'équipe (...) alliez bien.
C'est un peu étrange, je l'admets... Mais j'espère sincèrement que tout se passe bien de votre côté et vous souhaite le meilleur en dépit de la situation actuelle.

Prenez soin de vous

On nous a demandé de fermer nos portes, et de mettre nos pas en sommeil.

Ça ne veut pas dire que nous devons hiberner. Ce confinement ne nous rend pas moins beaux, moins drôles ou moins doués. Alors montrons-le.

Si tu n'as jamais eu le temps de te mettre à écrire ce roman fantastique, à reprendre ta guitare, à créer cette chaîne de tutos beautés, à te remettre au chant lyrique, fais-le. Et montre-le, que tu t'estimes doué ou pas.

Les obligations professionnelles seront sans doute toujours aussi fortes, l'angoisse peut-être aussi, mais prends du temps pour faire quelque chose qui te plait. Et partage-le. Qu'on fasse du bruit et de la lumière. Qu'on montre qu'on est tous là. Que ce moment n'est qu'un déplorable épisode, et qu'à notre façon, on essaye de le rendre moins pénible.

Pour ceux qui s'inquiètent, pour ceux qui sont en train de se battre contre la maladie, pour les guerriers qui les assistent de toutes leurs forces, et pour nous, tout simplement. On peut faire un petit peu de beau. Tous on a ce pouvoir. Alors faisons-le. Chantons, écrivons, faisons des blagues nulles, dessinons et animons.

Faisons de petites étincelles.

Prenez soin de vous.

Hugo

06 mars 2020

Revenir à soi




01 mars 2020

Transmission

C'est très étrange, ce qui se grave ou pas dans la mémoire des enfants, c'est incompréhensible. Ils prennent ce qu'ils doivent prendre, mais on ne saura jamais ce que ce sera ni l'importance que cela aura. Mais après tout, c'est leur histoire. Ça ne sert à rien de se poser la question de la transmission, elle est insoluble.

Tout cela est très mystérieux et passe bien au-dessus de tous les mots, de toutes les volontés. Je ne crois pas au passage de relais, même avec ses propres enfants. La seule transmission qui vaille, c'est une vraie générosité, sans espoir de retour. Une confiance qui s'entête, même si elle peut être déçue. 

Accepter de donner et de recevoir, de recevoir et de donner. Du bon ou du mauvais, peu importe puisque de toute façon on ne sait pas ce qui va infuser ni comment.  

Il n'y a que des relais d'amour.
La volonté n'a rien à voir là-dedans.

Gérard Depardieu, Monstre

23 février 2020

Moins seule

Ça m'a fait du bien je crois, d'échanger avec une autre femme sur ce que signifie être la mère d'un enfant en souffrance psychique - a fortiori quand on est soi-même un soignant. Sur ce que cela signifie vraiment, et constamment : la sortie du monde des parents ordinaires, ceux qui se réjouissent, se félicitent ou s'agacent des menus aléas de parcours de leur progéniture - et aussi la souffrance des frères et sœurs qui eux, poursuivent leur route de leur mieux, et des proches, qui font ce qu'ils peuvent.

La confrontation continue à la culpabilité, à l'impuissance, à la violence de ce qui circule, à la thématique suicidaire - toutes ces choses dont personne n'a envie de savoir quoi que ce soit, et qui restent inimaginables tant qu'on ne les a pas vécues. 

Les interrogations sans fin sur ce qu'il convient de faire, ou de ne pas faire. La disponibilité et la patience quotidiennes - épuisantes. La pensée encombrée, et la légèreté enfuie. La maltraitance culpabilisatrice de certains soignants, qui n'est pas sans laisser des cicatrices supplémentaires.

L'incompréhension des proches, même bien intentionnés, même sensibilisés, qui isole encore davantage, parce que nous n'avons plus l'énergie d'encore expliquer, justifier, et puis, expliquer quoi ? alors que nous en comprenons finalement nous-mêmes si peu

Accepter de ne pas comprendre, ne pas y renoncer pourtant.

La recherche constante de nouvelles pistes, les élans d'espoir, les désillusions cycliques. L'empathie déchirante, le collage inévitable et mortifère à la fois. La sensation d'imposture, les blessures narcissiques tous azimuts : mère nulle, thérapeute nulle - de quel droit, de quelle place prétendre accompagner l'autre, là où nous sommes impuissantes à aider nos enfants ?

Il faudrait pouvoir dire aussi ce combat permanent pour se dégager de cette marée noire, parler du deuil de l'enfant parfait comme de la mère idéale, de ce lent travail de séparation, de l'acceptation de cette deuxième mise au monde : ni irrémédiablement impuissantes, ni tragiquement toutes-puissantes, mais traversées par la Vie. Parler du courage, de la volonté, de l'amour en mouvement.

Et nous féliciter pour les montagnes soulevées en silence, et reconnaître qu'en travaillant sans relâche à éviter le pire, nous donnons une chance au meilleur.

PS : En écrivant ce billet, j'ai réalisé ceci  : ce que je dis ici de nous mères, pourrait à chaque ligne se dire aussi de nos filles. 

15 février 2020

Rencontres

Parfois, il y a des petits moments de grâce. Parce que certains patients sont diplômés, cultivés, littéraires, hypersensibles (toute ressemblance...) et qu'à les écouter je me surprends soudain à sourire bêtement, simplement charmée par l'histoire qui m'est racontée, la question qui s'ébauche ou la suggestion de lecture qui m'est indirectement faite - momentanément boutée hors de mon écoute de pro.

Ce matin j'ai entendu parler par l'une d'amants nomades qui se refusent à la banalité triste des hôtels, des dérives publicitaires d'un grand groupe de presse contre lesquelles seul l'humour fait encore rempart, des retrouvailles avec un piano nommé Roland et de la joie de constater que dans ses mains de pianiste si longtemps oubliées, se cache un trésor de souvenirs et de rencontres précieuses qui resurgissent à travers la musique...

Et, par l'autre, de Nietzsche lu trop tôt, du désespoir chez Romain Gary, et de sa découverte récente d'Annie Ernaux - lui qui est comme elle un transfuge et se demande encore et toujours, malgré un poste à responsabilités, "où il a le droit de s'asseoir". 

Avec lui, j'ai partagé une question ouverte sur la place possible de la spiritualité comme réponse à son intranquillité. Ce qui m'a valu cette bouleversante réponse : "J'aurais bien trop peur de me mettre à croire en quelque chose".

Avec la première, une citation d'Henry James qui m'avait émue récemment : "Les histoires n'arrivent qu'à ceux qui savent les raconter."

14 février 2020

Hypersensibles et empathes

Le souci à travailler avec ceux-là - et je travaille souvent avec eux, ce qui n'a rien d'un hasard, c'est qu'il n'est possible de rien leur cacher. Comme cette élève infirmière qui s'est assise devant moi ce matin, et a commencé direct par - Je sais que ce n'est pas ma place de vous demander ça, mais j'ai l'impression que vous n'allez pas très bien ?

Yup. A lire beaucoup sur ces questions - pour Elsa et pour mes patients, je me dis que je ne suis en fait pas différente d'eux. Juste un peu plus âgée, avec des stratégies de défense un peu plus solides, une capacité acquise à littéralement oublier à quel point un mot malheureux peut me blesser, un détail anodin faire resurgir un chagrin intact, mais aussi à quel point un hasard poétique, un rayon de soleil sur un visage, un geste délicat peuvent m'enchanter.

J'ai juste appris à faire semblant, y compris pour moi-même. A endosser le costume de la G.O, de celle qui tient les choses et se tient elle-même, celle qui anticipe, organise, réalise. Je suis celle-là aussi. Je suis également celle qui prétend que ce que je vis depuis des années, la fin de notre famille, la souffrance d'Elsa, le suicide d'Hugo, la précarité professionnelle, n'est pas insupportable. Mais qui consacre tellement d'énergie à maintenir le barrage qu'elle n'a plus d'espace pour être - simplement être.

Évidemment j'ai le sentiment de m'y perdre, de vivre trop souvent trop loin de ce que je suis. M'interroge sur cette part parfois écorchée, parfois exaltée, qui demande à la vie d'être bigger than life et s'y cogne sans cesse, cette part qui ne renonce à rien, ni au passé pourtant révolu ni aux lendemains qui chantent, mon insistante petite Antigone intérieure :

Vous me dégoûtez tous avec (...) votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu'ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n'est pas trop exigeant. 

Cette part où la créativité le dispute à la violence, la vitalité au désespoir. Cette part que l'adulte tait, et que mes proches ignorent la plupart du temps, ou considèrent comme un discret grain de folie, qui fait mon charme sans porter à conséquence car comme dans la chanson de Lynda Lemay, globalement, " bravo, je suis grande, je suis raisonnable, je donne l'exemple, je suis responsable..."

Cette part qui en ce moment et pour un oui ou pour un non affleure sous ma peau, déborde en chagrin ou en colère, et secoue mes rêves. Cette part qui n'est autre que moi.

13 février 2020

Ouvrir l'avenir

Ceci est un billet d'auto-congratulation. Pour l'accompagnement pour Elsa au quotidien (qui est en fait de loin le plus exigeant au jour le jour, et le plus périlleux à divers titres). Pour les recherches depuis des années d'options toujours nouvelles de soins et de scolarisation. Pour les deux petites victoires de ces dernières semaines.

Celle d'avoir trouvé un pédo-psychiatre privé expérimenté et bienveillant, pour pallier le non-remplacement de celle du CMP. Avec le secret espoir qu'en plus nous y gagnions au change (en disponibilité, c'est déjà certain).

Et celle d'avoir relancé un bilan COREP, en soi une expérience de réussite et d'encouragement à la confiance en soi (97ème percentile, ça signifie que seuls 3% des jeunes de sa classe d'âge feraient mieux - et encore, sans tenir compte du fait que les résultats ont probablement été minorés par le manque de confiance en soi et le perfectionnisme d'Elsa justement). 

Mais qui surtout, ouvre sur des idées de scolarisation alternative inconnues jusque là, et à ce cadeau d'entendre un tiers neutre dire oui, objectivement, tu as toutes les possibilités de réussir des études, et tu n'es pas seule, il existe des solutions pour les élèves comme toi, et cette émotivité exacerbée, elle n'est pas ou pas seulement un trouble psychique, mais aussi une spécificité fréquente des enfants à haut potentiel. 

Alors bien sûr, il faut encore décrocher une place dans une de ces structures aussi peu nombreuses que coûteuses. Et espérer que les soins permettent une stabilisation suffisante à la prochaine rentrée pour que ce projet tienne dans le temps. Mais en sortant du rendez-vous, j'étais sur le point de fondre en larmes - de soulagement, de fierté, et d'espoir. 

11 février 2020

Santiano

Ça m'a tellement touchée, quand Yves m'a laissé un message pour me proposer de réfléchir au nom de son prochain bateau. Baptiser un bateau ? Son bateau ? Dans la liste des cadeaux de rêve (ceux que je n'aurais même pas osé imaginer), je crois que cette proposition pourrait figurer en bonne place.

Parce que c'est un bateau. Parce que c'est un voilier (sinon, ce n'est pas un bateau, de toute façon !)
Parce qu'il s'agit de nommer une infinie liberté flottant sur la mer immense, deux grandes ailes blanches qui tracent une route sous les étoiles. Et que j'adore absolument cette idée.
Parce que c'est Yves bien sûr, avec j'ai cette connivence des gens de coeur qui ne se dément pas, et derrière lui cette famille chaleureuse et vivante, celles que je connais - Agnès, Mamé, qui me fait tellement penser à ma petite Mémé, et celles que je ne connais pas, Maryne, sa fille, et ses deux petites-filles, Lylwenn et Leana. 
J'ai joué, bien sûr, et tout de suite.

Alors... je ne sais pas s'il choisira une de mes propositions. C'est tellement intime, le nom d'un bateau... mais quoi qu'il advienne, son geste est déjà un très beau cadeau.

Quelques idées :
Un oiseau justement : Le Morskoul : c'est le Fou de Bassan en breton
Un vent : Le Kornog : c'est le vent d'Ouest breton (qui descendrait vers Toulon !)
Les étoiles : Polaris, ou encore l'Astrolabe
Le Vent Debout (un de mes préférés)
Le Veille-au-grain (j'aime bien aussi)
Les Ailes des îles (du Levant bien sûr) que tu peux aussi écrire Les L des îles (pour les deux petites-filles)
Le Chasse-Rafale (mon chouchou si bateau un peu sportif)
Le Brise-Vent
L'Aigue-Marine (évidemment ;-))

10 février 2020

Printemps

...alors justement regarde l'optimisme là où il n'est pas. Certaines fleurs apparaissent en une nuit. C'est une vérité pour les plantes et aussi pour nous qui sommes plantes. Il nous faut regarder là où nous n'avons jamais vu. 
H.

07 février 2020

En plein coeur

Coucou Lulubelle,
Je te souhaite de chercher et de trouver ce qui te manque...
Bisous ++++
YoYo

02 février 2020

Construire un Nous


...demande tellement d’engagement, de volonté, d'amour et de courage... un immense merci aux enfants pour cette idée cadeau d'une séance photo tous les quatre, qui permet à la fois un moment partagé, une trace durable et partageable à l'infini, et, peut-être, une petite brique de plus dans l'édification  d'un commun que nous avons bien du mal à fonder tout à fait. Ce qui est certain, c'est que j'étais radieuse après la séance, et super happy du résultat !

Le photographe est un artiste, et il a su bien voir votre côté profond, amusé, naturel, pensif, coquin, réel, sérieux, heureux, mais, je n'en dirai pas plus ! 
(...)
et aussi de la fragilité et aussi de la tristesse....... 
YoYo 
Ce qui m'a le plus touchée, c'est qu'elle en ait dit plus finalement - la deuxième ligne est arrivée dans un deuxième message...

31 janvier 2020

Trajectoires étudiantes

Un Suédois anglophone au débit de mitraillette (et à la destructivité équivalente), en fragile équilibre sur le bord d'une psychose non décompensée.

Une Juliette libanaise, en couple secret avec un Roméo Polonais athée, tiraillée entre deux mondes, vivante incarnation du "on ne peut contenter tout le monde et son père".

Un.e  étudiant.e  qui se décrit comme trans et bi, trop préoccupé par la question de son coming out auprès de ses parents (et notamment autour de son souhait de transition) pour continuer à investir des études choisies sans réel désir déjà.

Une future brillante avocate en double voire triple cursus qui passe comme une flèche évoquer les violences graves subies dans l'enfance mais qui comme le lapin blanc d'Alice, n'a surtout pas le temps de se poser - parce que les cours, les stages... quel sens aura eu pour elle cet unique entretien ?

Une jeune Africaine dont le voile, choisi lors d'une conversion à l’adolescence, est une fragile tentative de maitrise d'une vie chaotique depuis l'enfance, un mince paravent contre la dureté de ce monde. A qui j'ai prêté - oui, prêté, un livre de Maya Angelou.

Une ex-volontaire de l'humanitaire qui n'en finit plus de se dégager des traumas vécus sur le terrain, qui viennent perturber l'écriture de sa thèse. 

Un paranoïaque désireux de me convaincre que telle fac de banlieue est aux mains de complotistes islamistes - tout en admettant que son avocate semble dépassée par les arguments qu'il invoque (comme je la comprends...).

Une jeune femme dont les phobies l'amènent à se méfier de tout ce qui peut entrer dans son corps, jusqu'à l'eau de cuisson des pâtes, entraînant de sérieuses carences alimentaires.

Un ex-ingénieur en cours de reconversion dans l'écriture de scénario après un burn-out dans un monde industriel auquel il ne s'est jamais senti appartenir.

Dans les motifs récurrents par ailleurs, il y a presque toujours un parent ou un proche en grande souffrance psychique, que celle-ci soit reconnue comme telle ou non, souvent des deuils traumatiques, et le cumul de difficultés sociales, académiques, émotionnelles. La première année post-bac est souvent une précaire planche de radeau pour échapper à des familles dysfonctionnelles, mais sans avoir l'équipement nécessaire pour la poursuite du voyage ; les dernières années sont aussi souvent de grands moments d'angoisse avant d'affronter la vie adulte, et parfois la remise en question d'un choix d'études qui s'est vidé de son sens avec le temps.

Et pourtant... c'est une joie et un privilège de travailler avec eux. Parce qu'ils sont un public attachant, intelligent, plein de vie et parfois d'un invraisemblable courage ; parce que la souplesse psychique de cet âge permet parfois des progrès étonnants ; parce que même les plus déprimés savent qu'ils ont la vie devant eux, que les projets sont encore possibles, et qu'ils communiquent quelque chose de cette fraîcheur, de leur espoir.

23 janvier 2020

Coming home

Before you open the door, put a smile on your face ! It doesn't matter how your day went. Or what you're doing next. Or if you're starving. For 30 seconds, at least pretend that you're elated to see them. Make them feel like you were looking forward to getting back home. After all, they're your favorite people in the whole world. I hope.

Now, I know what you're thinking: "That seems like a cheesy, tiny thing, man. Hardly an earth-shattering revelation."
 

 Your attitude sets the tone for the rest of the evening within 15 seconds of walking in the door. So really, it's not tiny at all. It's a huge deal. Because you come home every day. And the things you do every day grind on you. Jordan Peterson says if you can fix 25 little things like "coming home," you will have an extraordinary life. Taking your family to Disneyland is insignificant. Your kid's expensive birthday party will be forgotten within weeks. Coming home ? That's your whole life. Fix it. Start today. It’s the small things done often that make the biggest difference over time.

17 janvier 2020

Quelques pense-bête




12 janvier 2020

Mens sana

Réguler les horaires de sommeil en mettant le réveil toujours à la même heure, refaire du sport sur une base régulière, aller chaque semaine au marché pour faire de vraies soupes et manger davantage de légumes, méditer chaque soir... oh là là là cette vie trop saine, il va falloir que je me remette à faire des conneries moi :-) !

10 janvier 2020

Un peu d'humilité ;-)

Si vous pensez être devenu un être éclairé, passez donc une semaine avec votre famille !
Ram Dass

09 janvier 2020

Un petit secret

Quelqu'un se rappelle ce qu'il y avait dans la boîte de Pandore, une fois tous les malheurs sortis ?
- L'amour !
- Non, l'espoir.
- Ah, mais monsieur, c'est parce que l'amour est sorti tout doucement pour nous aider que personne ne l'a vu.

Hugo, ami et éleveur de poètes en REP

Subversion douce

En vieillissant, je ne suis pas certain que ma langue ne réclame pas une autonomie plus grande. J’expérimente avec Gil une langue subversive. Une langue subversive, c'est pour moi introduire une idée, aborder un sujet lors d'un repas avec des amis.ies. Les invités s'emparent du sujet et Gil participe (difficile de se dérober). Lui lire à haute voix de la poésie, de la littérature sur le présent et le futur. Utiliser avec force un vocabulaire cru en direction des très proches ce qui n'enlève rien à l’amour porté. S'autoriser ses envies à bas bruits. Ne jamais passer en force, être à l'origine d'une situation originale et créatrice ;-).

Eric, ami et poète du pas de côté

06 janvier 2020

Jolis moments (2)

Un marathon Seigneur des Anneaux version longue. Un déjeuner amical et bavard à la BnF. Un entraînement de bad (qui l'eût cru !) avec les zouzous. Une journée loisirs & créations avec Sissou. Un troisième Noël tout simple et tout doux aussi. Un long massage à l'huile chaude au Laï Thaï, qui m'a ré-incarnée et apaisée. Deux verres de Gueule de Loup à la Manufacture avec Marion. Une jeune nouvelle collègue stimulante. Une chouette équipe à retrouver, et un nouvel emploi du temps franchement optimal. Deux nouveaux pulls (c'est officiel, je suis pullophile, et même pullomane). Un psy pour une fois pas trop paternaliste et bougon, mais toujours percutant. Il faut enfiler les petits bonheurs comme un collier de perles, et les inclure dans ce petit temps de prière-méditation-connexion qui se maintient presque parfaitement depuis plusieurs semaines maintenant, et dont je peux retrouver l'ouverture dans la journée... parfois :-). Les autres fois :

03 janvier 2020

Jolis moments



01 janvier 2020

Gratitude réciproque

(...) je tenais tout particulièrement à vous adresser une pensée pour cette nouvelle année. Vous donnez tant à vos patient.e.s, je vous souhaite de recevoir beaucoup de ceux que vous aimez (...).
Éléonore

31 décembre 2019

Éclairons nos lanternes

Je bouquine pas mal en ce moment sur les passerelles possibles entre psychologie, neuro-biologie et spiritualité. Au détour d'une de ces lectures, je suis tombée sur cette analogie très parlante : le cerveau adulte fonctionnerait comme un projecteur : finalement, il ne voit que ce qu'il connait déjà, observe les secteurs du monde qu'il a déjà cartographiés au travers de données pré-enregistrées. Et plus nous avançons en âge, plus ce "mode par défaut" (une autre idée très intéressante) est figé, peu susceptible de s'ouvrir à l'inconnu, ou même de l'apercevoir. 

A l'inverse, le cerveau des jeunes enfants serait comparable à une lanterne, éclairant dans toutes les directions un monde toujours nouveau et plein de sensations, de surprises et d'émotions non émoussées par le déjà-vu, la paresse pragmatique d'un système nerveux qui s'imagine aller à l'essentiel - alors qu'il passe justement à côté (et bien souvent se sclérose dans des perceptions anxieuses ou dépressives). Ce regard de l'enfant invite donc à créer des solutions fécondes, des actions inédites, des associations nouvelles.

Et si en 2020 nous passions en mode lanterne ? 

Comme le dirait Loïc Lantoine : Gardez vos lumières allumées. 

30 décembre 2019

Un autre Noël

Tout simple, tous les quatre, improvisé autour d'une tartiflette et d'un verre de bon vin. Avec des petits cadeaux attentionnés et personnalisés, appelant à plus de moments partagés, et sans concertation préalable. Léo a fait office de DJ en cuisine et pour la suite, et nous avons même dansé ! Je suis enchantée des échanges émouvants et sincères générés par mon cadeau pour lui, un jeu qui invite chacun à revenir sur l'année passée avec des questions telles que : qu'est-ce qui t'a le plus surpris ? De quoi es-tu le plus reconnaissant ? Quelle a été ta meilleure décision ? Et ainsi de suite. J'attends avec impatience la soirée de demain, où nous explorerons la seconde partie du jeu, celle à propos de nos projets et de nos rêves pour l'année à venir !

25 décembre 2019

Noël bleu :-)


22 décembre 2019

Relax !


21 décembre 2019

Secret Santa 2019


19 décembre 2019

C'est là

Quand je suis attentive à la vie, quand je relis la Care Box aussi, dont cette attention est la raison d'être, je me dis que ce que je cherche en ce moment avec de plus en plus d'intensité, et de persévérance, en fait, c'est là... et que lorsque je ne le trouve pas, c'est surtout parce que c'est moi qui n'y suis pas ! 

Un clin d'oeil aux Conversations avec Dieu donc :  "Je parle à chacun. Tout le temps. La question n'est pas : à qui je parle, mais : qui écoute ?"

Cet appel intérieur croissant à une prise de recul, à une dimension spirituelle, à un regard qui aille au-delà des contrariétés mineures et des angoisses majeures, il y est répondu, toujours. Par les rencontres anciennes ou nouvelles, par les lectures qui tombent à pic, par les échanges inattendus, par des signes discrets ou flagrants... par ces modalités de prière atypique mais vivante décrites par Maurice Bellet ici

Dans la vie matérielle aussi - situation professionnelle qui se stabilise, équipe super, les enfants qui se débrouillent chacun au mieux de leurs contextes respectifs...

Dans la capacité à se saisir du bon : OK, les grèves entraînent un énorme trou dans le budget de décembre. Mais aussi une charge mentale diminuée puisque beaucoup moins de travail, et beaucoup plus d’activité physique :  indéniablement, je vais mieux (et dois réfléchir sur le rythme que je m'inflige).

Depuis le 1er décembre chaque soir je prends un petit temps de prière-médiation-accueil-de-la-journée. La forme et la durée varient, j'ai souvent l'impression de me disperser, de ne pas atteindre la qualité de présence, de silence, d'ouverture du coeur à laquelle j'aspire. Et pourtant : tout est là, et aussi dans cet effort maladroit mais quotidien.

18 décembre 2019

Et quelques autres :-)


Dix-sept manières de prier sans en avoir l’air

I - Marcher de long en large
dans une église romane, belle, assez grande (...)
et ne penser à rien
rien du tout
laisser le regard errer
laisser la pierre chanter
laisser le lieu dire
et s’en aller, au bout d’un temps,
sans aucune hâte.

II - Lire un livre de forte pensée
avec un désir fort de la vérité (...)

III - Ouvrir la sainte Écriture
ouvrir seulement le Livre
et partir en songerie (...)

IV - Dire une demande du Notre Père
une seule,
une seule fois.

V - Se désoler infiniment de ne pas prier (...)
et en souffrir
et décider enfin de s’en remettre là-dessus à Dieu
et attendre, hors de toute pensée.

VI - Dormir
et le cœur veille.

VII - Comme un petit enfant, dire des choses à Dieu (...)

VIII - Converser de choses et d’autres
et soudain
il se fait sans mon Dieu qu’on l’ait voulu
qu’on se met à parler de l’essentiel (...)

IX - Ouvrir la Sainte Écriture
et ça y est !
Ce n’est pas un livre, ce n’est pas le Livre,
c’est le lieu de la Parole qui s’entend par-delà les mots
rêve sans rêve en marge du texte en son milieu (...)

X - Désirer, désirer désespérément (...)
avoir si faim, avoir si soif
du monde différent
et de soi-même différent.

XI - Écrire (...)
Laver les mots jusqu’à ce qu’ils soient tout purs
et ronds et lisses (...)

XII - Ecouter la musique (...)

XIII - Se tenir dans la paix (...)

XIV - Sortir de l’église
quitter la célébration (...)

XV - Douter, intensément douter de Dieu (...)

XVI - (...) mais simplement le réel (...)
et l’attente nue
de ce qui doit venir au monde
pour qu’il en soit sur la terre comme au ciel.

XVII - Travailler de ses mains (...)

Maurice Bellet - Texte complet ici

17 décembre 2019

Par les villages

Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation, mais n’aie pas d’intention. Évite les arrière-pensées. Ne fais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l’espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu’enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fais des détours. Laisse-toi distraire. Mets-toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau. Entre où tu as envie et accorde-toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, fous-toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise les conflits de ton rire. Mets-toi dans tes couleurs, sois dans ton droit, et que le bruit des feuilles devienne doux. Passe par les villages, je te suis.
Peter Handke

13 décembre 2019

Tips

Hier soir, j'ai traîné dans ma bien-aimée Shakespeare Library. Où entre autres pépites sont affichés les conseils d'écriture de Raymond Chandler. En voici deux qui me plaisent particulièrement, et me semblent pouvoir s'appliquer à bien d'autres domaines que l'écriture :

The challenge is to write about real things magically. 

The more you reason, the less you create. 

11 décembre 2019

Clairvoyance (2)

(...) Tu sais bien que tu n'es pas seule (...). Surtout, ne te tourmente pas, laisse-toi libre... en toi. Je ne peux pas expliquer cette connexion avec mes étoiles, mais même sans parler, en moi, je sais... c'est peut-être cela être "libre" ?

Le reste est trop intime pour être partagé, mais voilà - ce matin, dans ma boîte mail, il y avait un cadeau.

09 décembre 2019

Les deux loups

Un matin, un vieux Cherokee voit son petit-fils en colère, suite à une dispute avec son meilleur ami. Il vient vers lui, et lui raconte une histoire, celle d’un combat ordinaire – celui que mène chaque être humain sur Terre.

Parfois, dit-il, il m’arrive également de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal. Cette colère ne blesse pas mon ennemi, et elle m’épuise. C’est comme avaler du poison et désirer que ton adversaire en meure. Souvent, j’ai combattu ce sentiment. En fait, un constant combat a lieu, tous les jours, à l’intérieur de moi-même. Et ce entre deux loups.

- Deux loups, grand-père ?

- Oui, deux loups. L’un est méchant. Il ne connaît que la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le chagrin, l’avarice, l’arrogance. L’apitoiement et un sentiment d’infériorité le poussent au ressentiment, au mensonge et à la vanité. L’autre est bon. Il connaît la paix, l’amour, l’espérance, la sérénité, l’humilité, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi.

Intrigué, le petit-fils réfléchit et demande :
- A la fin, grand-père, quel loup remporte ce combat ?

Aussitôt, le vieux Cherokee se tourne vers son petit-fils, le regarde dans les yeux, et lui répond :
- Celui que tu nourris. Celui que tu décides de nourrir.

06 décembre 2019

Une machine à café

Être étudiant étranger, c'est souvent cumuler hébergements incertains et petits boulots. Quand les changements de domicile entraînent l'absence d'un quelconque formulaire, la Préfecture suspend l'obtention de votre récépissé. Dès lors, votre employeur suspend votre contrat de travail, et vous passez d'une coloc fragile à une sous-loc pourrie. C'est ce qui lui est arrivé. Au même moment, un ancien coloc lui a offert ce qui lui semblait un rêve modeste, un horizon accessible, le plus petit chez-soi possible : une machine à café. Pour l'odeur du café fraîchement passé, la chaleur réconfortante de la tasse, le geste de faire un petit quelque chose pour soi. Aujourd'hui la cafetière, toujours flambant neuve et dans son carton d'emballage, est entreposée dans le box d'un autre jeune guère moins précaire. Parce que dans le nouvel endroit, il n'y a même pas ça : la possibilité de poser une machine à café...

03 décembre 2019

One love

Après cinq ans, mais comme hier, cette connexion qui se rétablit, entre nous, mais aussi - grâce à ces retrouvailles, après ces semaines difficiles, entre moi et moi-même - désir de vie, de voyages, d'imaginer à nouveaux des possibles. L'envie de mettre à jour ma bucket list. De me reconnecter à ceci.  Ou encore à cela. Où et quand me suis-je à ce point perdue de vue, ces dernières années ? 

Tellement émue par notre facilité à nous glisser dans quelque chose de fluide et d'intime, dans une parole personnelle, engagée, à nous réjouir d'être ensemble dans une belle expo, un café de Montparnasse, un spectacle approximatif ou juste à la maison, l'essentiel étant d'être là. 

Tellement touchée aussi par le temps qu'il pris avec et pour Elsa seule, par ses mots et ses gestes justes pour lui signifier une présence sincère à sa peine - où j'ai retrouvé cette sensation de famille, cette façon que nous avons d'accompagner nos enfants respectifs comme s'ils étaient les nôtres - à Paris, à Denver ou en Jamaïque. Et ce sens partagé de la présence à l'instant et du lien : Bring me flowers while I am here...

29 novembre 2019

Médecine du coeur

Le thérapeute transpersonnel porte l'intention d'accueillir et, pour cela, de se déshabiller de tout ce qui l'a rétréci pour pouvoir habiter ce qui lui permet d'aimer. Il se détend, il s'enracine dans son corps pour faire place à ce vaste plus vaste que lui qu'on peut appeler mystère, présence, qu'on peut appeler amour.

B. Blin & B. Chavas, Manuel de Psychothérapie Transpersonnelle

Lorsque vous ne cachez pas le monde derrière des paroles et des étiquettes, le sens du miraculeux revient dans votre vie, sens qui s'est perdu depuis longtemps, depuis que l'humanité s'est retrouvée possédée par les mots au lieu de simplement les utiliser. De cette façon, une certaine profondeur réapparaît dans votre vie. Les choses retrouvent leur nouveauté, leur fraîcheur.

Eckhart Tolle, Nouvelle Terre

24 novembre 2019

Bougies et bisous

Un clin d'oeil aux bijoux et babioles de la grande Juliette ! Décidément, c'est ma formule d'anniversaire préférée : maison ouverte, chacun arrive et part quand il veut, on mélange les générations, la famille et les amis, on mange, on boit, ça sent le vin chaud à la cannelle, c'est la meilleure façon de passer tout en douceur les fins d'après-midi des dimanches de novembre. Et cette année, en plus, nous avions double ration d'anniversaires et de gâteaux, pour les 67 ans de Léo.

21 novembre 2019

Clairvoyance

Qu'est-ce que c'est ? Une faculté ? Une illusion ? Un don ? Une intuition ? Une communication d'inconscient à inconscient ? Un moment de poésie pour doux rêveurs et gentils illuminés ? Une connexion à d'autres niveaux de réalité qui s'abriterait derrière un support, derrière un folklore - thème astrologique, cartes ou tarots, peu importe - le message vient d'ailleurs, arrive autrement ? Un reflet du présent, une blague de nos neurones-miroir, je lis ce que tu es, ce que tu rêves ? Une perspective sur l'avenir, ou un reflet du désir ? Un moteur possible, une incitation à... ouvrir les yeux ? Je n'ai pas les réponses, mais j'ai les questions. 

18 novembre 2019

Transmissions

Ce n'était pas gagné d'avance, qu'après quelques heures de consultations, alors que je suis supposée me reposer, un soir de novembre, j'arrive à me mobiliser pour la première date d'un séminaire consacré à la psycho-patho adolescente - à Montsouris de surcroît.

Mais j'ai bien fait. Parce que la bonne surprise, c'est que cette première était animée par le Professeur Jeammet lui-même. Et que c'était beau de l’entendre s'adresser à un public composé majoritairement d'internes pour marteler l'importance de la relation, la nécessité de faire de chaque entretien une rencontre - entre soignant et patient mais aussi entre le patient et lui-même - et notamment entre le patient et sa force vitale, ses ressources singulières, son fonctionnement propre. Un temps de réflexion, dans tous les sens du terme. Pour insister sur l’impératif d'une vision dynamique, non arrêtée, la recherche d'un sens toujours à (re)créer. En ces temps de DSM, de diagnostics par QCM et de médications lourdes, ça faisait du bien... 

Je suis repartie fatiguée (22h30), assez bouleversée (la sensibilité et la finesse dans l'expression de la jeune fille du deuxième entretien filmé me rappelait nettement quelqu'un que je connais bien), mais contente. Parce qu'il me semble que ma façon de mener la rencontre, de créer de l'alliance n'est pas si éloignée de celle de ce vieux lion de la psychiatrie. Parce que je me sens proche de son plaidoyer pour la vie, pour le droit à ne pas être entravé par des symptômes qui sont toujours et d'abord une tentative de s'adapter, pour une pensée complexe, multi-référentielle.

15 novembre 2019

Maxime

Je ne suis pas fan de son dernier album mais... ça n'a pas de prix de l'entendre chanter Comme un arbre dans la ville, Caricature, Passer ma route, Restons amants, Ambalaba, Les jours meilleurs - autant de strates de notre vie... Ou d'être émue par un duo avec son fils Arthur - dans un joli mash-up Fontenay aux Roses / Education sentimentale. Et terminer juste en guitare-voix avec San Francisco et Parachutiste, avec la salle qui fredonne - je le regardais, ce public globalement de la génération précédente, en me demandant à quoi ils ressemblaient en 1972, année de sortie de Mon Frère et... de ma naissance.

Ce petit monsieur replet et dégarni là-bas, avait-il des cheveux longs et des chemises indiennes ? Cette dame faussement blonde, de longs colliers, une mini-jupe et un bandeau dans les cheveux ? Ils voulaient juste des jours meilleurs...

Pas à pas

Si la Care Box sert à attraper au vol les petits moments d'émotion, alors il faut y mettre celui-ci ; en réponse à mon annonce d'un nouvel arrêt de travail, un coup de fil de mon directeur - pas pour m'engueuler parce que je plante pour la troisième fois en un mois une petite structure associative fragile, mais pour me souhaiter recul et repos. Et me proposer, si cela s'avère possible, un aménagement du temps. Et m'interdire d'affirmer quoi que ce soit sur ma date de retour : "Prends le temps dont tu as besoin."

Quand j'ai raccroché, c'est bête mais j'étais émue aux larmes. 

10 novembre 2019

Shinrin-yoku


Ou "bain de forêt", en japonais. Il paraît que c'est thérapeutique. J'en suis convaincue. Un bain de forêt, un bain de couleurs. 


08 novembre 2019

Petits sourires

Quand je sens que je m'effrite, je compte les petites (et pas si petites) joies, que j'enfile en collier :
Celles qui passent :
Une ostéo aux mains magiques.
Un déjeuner avec Julien, au bon moment, avec le bon message (Merci la Vie).
Une place pour Elsa auprès d'une thérapeute de confiance.
Un gros pull doudou de mon enseigne favorite.
Le retour de Bali d'un Léo ravi (et ses rigolotes cartes postales a posteriori :-)). Le voir s'inspirer de nos voyages, utiliser notre réseau - ici, les conseils de Victor. Et les Buddha Bowls qu'il nous a fait la surprise de préparer pour le petit déjeuner du lendemain.
Commencer, le temps d'un remplacement de quelques semaines, une nouvelle activité pro - ici sur un lieu type Maison Verte, ce dont j'avais envie depuis longtemps, avec une chouette collègue de surcroît.
Un dîner de copines avec mes fées (et des cookies de la fortune).
Et celles à venir :
Un week-end doux dans un gîte charmant au bord de la forêt ; prendre un bain de forêt, se décrasser de la noirceur intérieure et extérieure.
Le concert de Maxime Le Forestier.
Un double anniversaire simple et chaleureux.
Accueillir Halo bientôt.

04 novembre 2019

Quand je demande

Quand je demande à ceux que je rencontre de me parler d'eux-mêmes, je suis souvent attristée par la pauvreté de ma moisson.

Beaucoup persistent à ne pas me comprendre, habitués qu'ils sont à ne pas attribuer d'importance à la vie qui bouge doucement en eux.

On me dit: je suis médecin ou comptable mais rarement : ce matin, quand j'allais pour écarter le rideau, je n'ai plus reconnu ma main... ou encore: je suis redescendu tout à l'heure reprendre dans la poubelle les vieilles pantoufles que j'y avais jetées la veille; je crois que je les aime encore...ou je ne sais quoi de saugrenu, d'insensé, de vrai, de chaud comme un pain chaud que les enfants rapportent en courant du boulanger.

Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ?

Ce que je veux savoir, c'est de quelle façon ils ont survécu au désespoir d'être séparé de l'un par leur naissance, de quelle façon ils comblent le vide entre les grands rendez- vous de l'enfance, de la vieillesse et de la mort, et comment ils supportent de n'être pas tout sur cette terre.

Je veux savoir ce qu'ils perçoivent de l'immensité qui bruit autour d'eux.

Et j'ai souvent peur du refus féroce qui règne aujourd'hui, à sortir du périmètre assigné, à honorer l'immensité du monde créé... 

Mais ce dont j'ai plus peur encore, c'est de ne pas assez aimer, de ne pas assez contaminer de ma passion de vivre ceux que je rencontre.

Christiane Singer

Prière

Je réfléchis, je réfléchis énormément, je suis devant ta mort comme devant une énigme, une pensée dont je ne sais trop ce qu'elle contient de tendre et de terrible, tu ne m'as jamais rien donné que de noble et de pur, je cherche dans ta mort ce qui est caché de noble et de pur, j'écris comme tu m'as appris à le faire : je cherche matière de louange partout, même dans le pire.

Christian Bobin, La plus que vive

03 novembre 2019

Mère

...un livre que l'on reçoit comme réfléchissant toute la lumière du monde... c'est tout à fait comme cela que je l'ai reçu, et d'autant plus comme un cadeau qu'il n'est pas venu par moi, mais jusqu'à moi. Un livre qui rassemble, simplifie, éclaire ; un accès à une spiritualité possible, lumineuse et simple - écologique par nature. Un livre au bon endroit, au bon moment, à la croisée de mes chemins et des mes questionnements intérieurs. Un livre-forêt, dense et touffu mais aussi plein de vie et de sève, à l'écriture limpide et poétique à la fois.