16 mars 2019

La Marche du Siècle

Techniquement, cette marche-là est celle des étudiants, la veille (départ du Panthéon). Mais j'aime beaucoup cette idée, défendue par Cyril Dion et Pablo Servigne, ainsi que celle qui veut que demain sera collectif et spirituel ou ne sera pas - littéralement. Et la marche du 16 m'a remplie de joie (même si je regrette, toujours avec Cyril Dion, que la Coupe du Monde de foot fasse descendre bien plus de gens dans la rue - à ce jour ?)

Convergence des luttes, des milieux, des horizons politiques (hum, jusqu'à un certain point :-)) et des générations, atmosphère joyeuse et pacifique, à mille lieues des violences du matin : oui, peut-être qu'un autre rapport à l'autre, au collectif, à la vie est possible ?

13 mars 2019

Paradigme

C'est juste une question de regard.

Oublier : la sortie du système scolaire classique, l'illusion d'un retour (trop) rapide à une certaine normalité. La perspective d'une nouvelle séparation longue, le nid vide, déjà. La question d'une prise en charge individuelle, toujours irrésolue.
Voir : qu'il y a un petit miracle dans le fait que le soins-études nous contacte certes après un an, mais juste dans le timing pertinent. Que ce soit le plus spécialisé dans les troubles anxieux, et le plus proche géographiquement de nous. Une équipe de soins au CMP qui inspire confiance et alliance.

Oublier : un emploi du temps surchargé, qui risque d'être épuisant à tenir. La fin du CDD en octobre, été inclus, qui implique que je suis d'ores et déjà à nouveau en recherche d'emploi (mais aussi que cette fois, j'aurai droit aux allocations de Pôle Emploi).
Voir : un job intéressant en clinique après seulement quatre mois de chômage, en cohérence avec mon parcours, une équipe qui a l'air sympa et saine, réellement accueillante.

Oublier : les changements de lieu deux voire trois fois par jour, et les temps de transport afférents.
Voir : découvrir de nouvelles géographies dans la ville, varier les itinéraires.

Oublier : que la recomposition d'une famille ne se décrète pas, et moins encore avec des enfants déjà grands. Et ce que la naissance de Camille me renvoie de nostalgie, d'envie et de peine profonde, non parce que je me souhaiterais cela dans la réalité, mais pour les temps révolus, la joie d'un cycle nouveau.
Voir : la chance de vivre à deux, et plus si affinités : les enfants, les amis, les amis des enfants, dans un chouette appart, d'avoir un jardin mais au pied du métro - la reconstruction progressive d'une sécurité affective et matérielle encore toute récente.

08 mars 2019

#coupdetête

...ou alors, pars aux Glénans ! 

07 mars 2019

Camille


02 mars 2019

Sérieusement

Léo vit sa vie,
Elsa part en internat soins-études à 15 ans,
David fait un bébé
et personne ne comprend
pourquoi j'ai tellement envie (besoin) d'adopter un chaton
- vraiment personne ?
Moi, ça me semble beaucoup plus raisonnable que de me noyer dans l'alcool,
de m'offrir des diamants (à crédit !)
ou de m'embarquer comme équipière sur une Transatlantique...

01 mars 2019

Über Smile

Il a dit, le chauffeur, probablement fraîchement débarqué en France : "Vous avez un très belle sourire !"
Un très belle sourire ? Ça me va, je prends :-).

28 février 2019

No comment


23 février 2019

My Beautiful Boy

De plus en plus souvent, au cinéma, et plus encore devant l'écran à la maison, je m'ennuie. La fiction n'accroche pas, ne retient pas mon attention, me semble vaine, loin de mes préoccupations, et/ou de la réalité. Du temps de vie perdu, un gavage silencieux ou une anesthésie sournoise - dormez en paix braves gens, regardez Netflix. Ces derniers temps, j'ai un peu retrouvé le goût du cinéma, avec Bohemian Rhapsody, Green Book, Pupille, Les Invisibles.

Et puis ce soir je me suis fait cueillir par My Beautiful Boy. Sortie en état de choc, en larmes quelques minutes après. Parce que, même si j'espère ne jamais avoir à accompagner qui que ce soit au fond du gouffre de la toxicomanie, chacune des émotions, des réactions du père m'est allée droit au coeur - droit dans le coeur. L'incompréhension, l'impuissance, le désespoir, la colère, le rejet, la recherche frénétique d'explications, de voies de passage, l'angoisse omniprésente, et cette folie d'amour prête à faire n'importe quoi, encore, et encore - jusqu'à la déraison ou à la mise en danger de soi, de l'entourage qui ne comprend plus, ne peut pas comprendre. L'intolérable confrontation à l'image de l'enfant merveilleux d'avant, devenu un étranger ; la culpabilité vertigineuse : à quel moment la ligne de faille s'est-elle ouverte ? Comment avons-nous pu passer à côté ?

Et la honte, le désespoir, l'agressivité coupable de l'ange déchu (incroyable Timothée Chalamet) - comment supporter autant d'amour lorsqu'on se hait à ce point ? Comment ne pas se poser la question du lien entre cet amour-trop et la dépendance aux toxiques, comme s'il était impossible de se sevrer de cette enfance ? A fortiori quand une issue se dessine à l'instant même où le père renonce, reconnaît sa limite, son impuissance - accepte le risque de la plus définitive des séparations ?

20 février 2019

Libérée, délivrée...

C'est déjà chouette, quand une patiente reprend rendez-vous des mois après simplement pour dire qu'elle va bien, et exprimer sa gratitude. Mais quand en plus elle arrive pour raconter la façon dont elle s'y est prise, avec tout le chemin parcouru mais aussi avec sa propre créativité retrouvée, pour clore elle-même le lourd dossier qui l'avait amenée à consulter - pour faire une fin, refermer la boucle, c'est cadeau. Pour ceux qui se demanderaient, à quoi ça sert, la thérapie ? Dans le meilleur des cas, exactement à cela. A gagner en liberté. A reprendre la main. A devenir son propre thérapeute, un bon parent pour soi-même, son meilleur ami. Qu'elle ait trouvé elle-même le geste de clôture dont elle avait besoin, et qu'elle ait eu le courage et l'élan de le mettre en oeuvre, ça me ravit. Le sort est levé : c'est fini. 

17 février 2019

Le docteur est pressé...

J’ai répondu: « Eh bien, il faudrait que je sois cinglée pour me plaire ici. » Puis des femmes se sont mises à crier dans leur cellule, enfin j’imagine qu’elles hurlaient parce que la vie leur était insupportable… Dans ces moments-là, je me disais qu’un psychiatre digne de ce nom aurait dû leur parler. Pour alléger leur misère et leur peine, ne serait-ce que temporairement. Je pense qu’ils (les médecins) pourraient même apprendre quelque chose… Mais ils ne sont intéressés que par ce qu’ils ont étudié dans les livres. Peut-être qu’ils pourraient en apprendre davantage en écoutant des êtres humains vivants et en souffrance. J’ai le sentiment qu’ils se soucient plus de leur discipline et qu’ils laissent tomber leurs patients après les avoir fait « plier ». (...) Enfin, les hommes cherchent à atteindre la lune mais ils n’ont pas l’air très intéressés pas le cœur qui bat de l’être humain.

Lettre de Marilyn Monroe à Greenson