30 janvier 2021

La Série des Nuages

De ce temps de travail de groupe je retiendrai deux choses, la possibilité d'apprendre à aimer même nos parts les plus sombres ; la possibilité dans le conflit de se situer autrement - sans hypocrisie, sans condescendance, juste ailleurs - si j'osais, je dirais, dans l'Amour, pas comme faux bon sentiment sirupeux mais comme compréhension élargie et joyeuse... Sur un point comme sur l'autre, ce n'est pas un acquis ! Mais un aperçu, une ouverture...

20 janvier 2021

Anti-fragile

Au hasard d'un documentaire, j'ai découvert le concept de l'antifragilité, soit la capacité d'un système non pas soit de s'effondrer soit de résister aux chocs qu'il subit en restant identique, mais de s'améliorer à partir de ces chocs. Une notion différente de la robustesse, de la simple adaptabilité ou même de la résilience donc... 

De manière générale, la fragilité renvoie à l’idée que quelqu’un ou quelque chose craint les imprévus, les chocs et le chaos. L’antifragilité c’est tout l’inverse : c’est lorsque quelqu’un ou quelque chose se renforce quand il est exposé à des facteurs de stress, des chocs, de la volatilité, du bruit, des erreurs, des fautes, des attaques, ou des échecs.

Comme l'arbre dont la branche coupée se divise en repoussant, lui offrant deux fois plus de vitalité ; comme ces céramiques japonaises réparées grâce à une injection de laque saupoudrée d'or ; le renforcement musculaire, la plasticité neuronale fonctionnent sur un principe similaire... l'idée me séduit beaucoup. 

Si ce qui ne nous tue pas... nous abîme un peu, peut-être cela nous enrichit-il aussi toujours, finalement.

19 janvier 2021

Silver lines

Ce jour-là, nous nous sommes dit que nous avions (entre autres) ceci en commun : savoir trouver, même dans ce qui est inconfortable, difficile, douloureux même, ce qui mérite d'être gardé, ce que nous en aurons appris, ou bien reçu. Et savoir aussi, de ce qui fut bon, garder le meilleur - comme une ressource  intérieure sur laquelle le temps n'a pas de prise : ce qui a été, est.

17 janvier 2021

Ama, et fac quod vis

Dimanche matin, je papote avec YoYo au téléphone, prends des nouvelles de leur encore très relative et fragile convalescence. Et puis, comme souvent avec elle, la conversation prend un tour inattendu et fort, sur la place de la prière, la force de l'intention bienveillante, puisque dit-elle, tout est lié. Ce qui rejoint absolument mes lectures et expériences du moment. Un monde interconnecté, que nous le sachions ou non, que nous le voulions ou non. 

Elle me rapporte une réflexion du maire, qui lui a dit, "Mais vous, ce n'est pas pareil". Ca m'intrigue, je l'interroge... Il parle de son invraisemblable capacité à ne pas juger, jamais. Et au-delà de cela, je pense que nous parlons de sa capacité à aimer. Comme si l'un était synonyme de l'autre : aimer, c'est ne pas juger / ne pas juger, c'est aimer...

Je lui dis que c'est une grande force ; elle me répond que oui, et qu'on peut l'offrir, comme un cadeau... bon, je n'en suis pas là, loin s'en faut. Mais quand j'aurai 84 ans, peut-être ? J'adore en tout cas, la simplicité sans fausse modestie et l'évidence avec lesquelles elle partage cela.

12 janvier 2021

Funambule

C'est une image qui me parle depuis si longtemps, cette impression d'un équilibre instable - je me souviens même avoir écrit un jour, de "déséquilibre instable", pour plus de flottement encore, d'un entre-deux fragile mais vivant. 

Aujourd'hui je le retrouve par instants mais avec bonheur : il est l'antithèse de cette sensation ces derniers mois d'être clouée au sol, engluée dans les lourdeurs cumulées de nos histoires individuelles et globales, ces confinements en poupées russes dont il devient si difficile de s'extraire pour garder un peu de créativité psychique, de licence poétique, de légèreté. Parfois, il y a un petit miracle, un moment-bulle... Et, comme le disait Catherine Meurisse sur Inter vendredi, la légèreté, ce n'est pas donné, c'est du boulot !

10 janvier 2021

De l'air !

Je ne sais pas pourquoi nous ne l'avions jamais fait avant ? Mais dans ce monde confiné, effrayé, de moins en moins respirable, quelle bouffée d'air salvatrice que ce week-end entre copines ! Non sans un brin de mélancolie peut-être : depuis quand rire, boire et manger ensemble, danser, chanter, marcher au grand air sans masque, sont-ils devenus de tels luxes qu'il est bouleversant, essentiel, presque miraculeux de les retrouver ?

06 janvier 2021

Ouvrir les fenêtres

Ce mercredi de rentrée, juste après un coup de fil qui m'invite à penser les possibles plutôt que l'impossible, il y a d'abord cette trentenaire qui ne supporte plus cette société qu'on nous prépare, ce monde qui ne ressemble en rien à celui où elle souhaite vivre. Et son intuition qu'il faudrait larguer les amarres pour de bon, ne pas chercher à négocier des sécurités qui n'en seront pas, et la retiendront dans cet élan vital, cette naissance imminente - douloureuse peut-être mais re-mise au monde.

Puis cette Italienne qui fêtera ses 50 ans en avril prochain, et qui arrive avec sa bucket list pour l'année, si pleine de projets et d'enthousiasme malgré ce monde (co)vidé de son sens, la ménopause qui guette, les soucis conjugaux, et la mélancolie de ce premier Noël sans les tortellinis de sa Mamma.

Puis cette jeune ingénieure Asperger qui déploie son désespoir d'appartenir au monde des hommes, qu'elle ne comprend ni n'estime guère, et qu'elle envisage de quitter parfois, mais qui termine la séance sur un vibrant hommage à la créativité du vivant.

Cette même semaine, il y a eu aussi cette jeune femme qui avance avec détermination dans la reconnaissance des abus qu'elle a subis adolescente (je l'entends dans son discours : ça y est, elle est passée, sortie de la confusion dans laquelle l'avait laissée l'agresseur). Cette autre qui arrive en annonçant son souhait d'interrompre les séances avant de se jeter à l'eau sur ce qu'elle n'osait pas encore aborder ; et cette autre encore qui de plus en plus, s'enhardit à parler ouverture de conscience, médiumnité, tarots et expériences para-psychiques...

Toutes me touchent par leur courage, leur confiance, leur lucidité ; si j'aime à penser que je peux avoir fait ma part dans leurs évolutions parfois bouleversantes, je leur dois aussi beaucoup : elles sont une inspiration, une respiration aussi - autant de rencontres qui existent certes dans une asymétrie, mais cependant dans une réciprocité. Pour le reste, comme l'écrit Giono : Je suis seulement l'ouvreur de fenêtres, le vent après entrera tout seul.