14 juillet 2019

Atypical

Je me suis fait cueillir. Ou séduire. Ou les deux. J'ai souri souvent, ou été émue par cette famille pas moins tendre ni moins branque que celle de This is us.

Parce qu'au-delà des troubles autistiques, tout ça me parle. Etre parent d'un adolescent pas exactement comme les autres. L'impact sur le couple, sur la fratrie, le regard des autres. La navigation entre des professionnels plus ou moins bienveillants, plus ou moins compétents. Etre une mère anxieuse et coupable par principe, prête à tout (et n'importe quoi) pour amortir la violence de la réalité, mais qui étouffe aussi sous la charge, cherche désespérément à faire exister la femme au-delà de la mère. La relation fusionnelle d'Elsa (!) avec Sam - parce que le père fait défaut, et qu'elle est seule à gérer le quotidien,  à affronter la réalité du handicap - tout au moins au début de la série.

Parce qu'au-delà des adolescents en souffrance, la série est aussi pleine de détails bien vus sur la façon dont tout système familial est violemment bousculé par le passage à l'adolescence puis vers l'âge adulte, l'entrée dans la vie amoureuse, les revendications d'indépendance, la perspective du départ de la maison. Cette solitude que chacun doit affronter, une fois tournée la page de l'enfance, l'âge de la famille idyllique (ou presque ;-)). Le divorce y confronte plus tôt, et bien plus durement - sans le refuge d'une continuité malgré tout - mais les questions sont les mêmes : comment les liens trouvent-ils une nouvelle forme ? Comment établir de nouveaux repères pour tous ? Car c'est Sam le dit, les rituels sont là pour nous rassurer, pour nous dire que tout est OK.

10 juillet 2019

GPS

Bonjour Lucile, j'ai écrit. J'ai le sentiment de renaître au monde. Merci.

Tu m'es source de vie.

I hope this slope ends here (...). Perhaps, the first two words of this sentence are keeping me alive: ‘I hope’.

Eh bien moi je le trouve très beau ce portrait !

Et quelques autres, pro ou perso. Derrière chaque phrase, une histoire, un contexte, un cheminement. En commun, la sensation que ces mots indiquent la même direction : celle où je suis juste, où je suis à ma place, celle où je peux donner, ou montrer, ou déployer, à ma très modeste échelle, le meilleur de ce que je suis. Le cadeau, c'est moins la gratification narcissique au passage que la boussole offerte : c'est par là qu'il me faut aller, c'est par là que je veux aller. C'est la conviction que ce qui m'en éloigne m'éteint, que ce qui m'en rapproche m'illumine. 

08 juillet 2019

Mike !

Ou Mik, ou Michaële. Amie depuis trente ans, pas croisée depuis six ans, relativement perdue de vue depuis dix, et retrouvée comme hier. En escale à Paris car actuellement à Wuhan avec son mari et ses quatre enfants - 9000 kilomètres entre nous,  et malgré tout cela, des chemins de vie et des questions qui se répondent, se ressemblent. Le temps d'un déjeuner place du marché Sainte-Catherine, pour un léger shoot de vie parisienne, une petite mousse en terrasse, un ciel vraiment bleu, cette ville si belle, et la liberté de tout (se) dire - autant de choses qui manquent semblent-il dans la lointaine Chine, mais pas dans notre lien ;-)

04 juillet 2019

La grille de l'évier, théorie

Ou comment un vieux monsieur désorienté par la mort toute récente de son épouse nous donne à vivre ce qu'est le déplacement en termes psychiques. Les obsèques ont eu lieu la veille, et voilà qu'il ne retrouve plus la grille de l'évier - ce petit morceau de métal qui filtre les débris alimentaires et protège les canalisations. Il s'inquiète, s'agite, interroge, retourne la poubelle, puis la cuisine : elle n'y est pas. Elle était là, depuis si longtemps, on ne fait plus ce modèle, elle est irremplaçable, où est-elle ? Il s'énerve, s'obsède, personne ne semble mesurer l'importance du problème - quelque chose de familier a disparu, qui ne peut être retrouvé.

Les mouvements psychiques ne sont pas toujours aussi transparents ; mais que nous les reconnaissions ou non, nous avons tous ces petites fixettes apparemment irrationnelles, ces préoccupations-écrans à ce que nous ne pouvons mettre en pensée : nos "petites grilles de l'évier".

01 juillet 2019

Peut-être

Cette femme dans ce film accomplissait exactement le même travail que toi, exactement le même : elle reliait les uns aux autres. Elle écoutait, veillait, confortait, acclimatait, tempérait. Elle faisait tenir ensemble une vie toujours en voie de morcellement.

Christian Bobin, La plus que vive

25 juin 2019

Happ'Hibou


20 juin 2019

Synchronicité

Après une relecture providentielle du Don du Pardon, je viens de relire Conversations avec Dieu. Quand dans le métro, j'ai vu une affiche pour une conférence de Neale Donald Walsch au Grand Rex, j'ai tiqué sur la date : aujourd'hui ? Il resterait des places ? Banco. Le bonhomme est lumineux et plein d'humour - et le discours un peu trop marketé, mais on s'en fout. C'était juste le bon moment, ou le moment juste. Pour écouter Dieu répondre à ces deux questions : quel est le prochain petit pas que je peux faire pour évoluer ? Et quel est mon don particulier - Florence Servan-Schreiber dirait, mon super-pouvoir ?

"Je parle à chacun. Tout le temps. La question n'est pas : à qui je parle, mais : qui écoute ?"

19 juin 2019

Incorrigibles optimistes

Attrapé au vol dans la rue, temps grisouille, un papa à sa petite fille qu'il tient par la main : "Ça va aller il y a un peu de ciel bleu là-bas !"

Voilà. C'est le regard qu'on devrait toujours trouver, toujours transmettre non ?

13 juin 2019

Imagerie

Deuxième perte auditive en deux  ans, deuxième IRM cérébrale de contrôle. Il paraît que j'ai un cerveau normal. N'importe quoi... :-) ! Marion : "Ils ont même pas trouvé une zone hypertrophiée du romantisme ?"

Apparemment non. La médecine passe parfois à côté de l'essentiel (qui comme chacun sait, est invisible pour les yeux). 

10 juin 2019

Un rêve (de) bleu

Evidemment, j'adore Pen Wern, qui reste une demeure d'exception, un petit paradis sur terre. Mais si je gagnais au loto, j'aurais un rêve beaucoup plus modeste, qui ressemblerait exactement à cette maison-là : une petite maison de pêcheur en pierre, avec des volets bleus et un petit jardin très fleuri, juste au bord de la mer. Une maison comme un dessin d'enfant, avec sa barrière, sa porte et ses volets colorés, bleu au-dessus, bleu autour, et le bleu de la mer si proche qu'on pourrait entendre les vagues les jours de tempête, et voir jusqu'à l'horizon les jours de lumière. En attendant le miracle, je lui fais un clin d’œil affectueux à chacun de nos passages en Bretagne. Je ne suis pas difficile, une petite sœur du même genre me conviendrait aussi ! Et si je rêve plus grand - alors ce serait la même sur une île - Bréhat ou Belle-Île.