08 avril 2018

Petit Poucet (2)


Un vélo à moi, tout beau tout neuf,
libre dans la ville à nouveau
Premier déjeuner sur NOTRE terrasse

06 avril 2018

Higelin

Ah ben merde, le grand Jacques est mort ! L'autre fou chantant, l'homme que jai le plus vu en concert - 4, 5, 6 fois ? Au Zénith, au Bataclan, aux Solidays, pour le concert de ses 70 ans, et je ne sais plus quand encore...

Parce qu'Higelin, c'est un écho instantané avec ma part la plus vivante, rebelle, poétique, romantique, avec mon goût immodéré pour les écorchés vifs et le "bigger than life". Higelin c'est un amour d'adolescence, dangereux parce que déraisonnable. Higelin, c'est mon Antigone : Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu'ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n'est pas trop exigeant. Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite ou mourir !

Mais une Antigone joyeuse, dansante, enfantine, généreuse, insupportable probablement mais tellement dans la vie...

Voilà, Higelin, avec quelques autres, c'est mon rappel, ma fenêtre ouverte. Parce que, si la vie demande un peu plus de sagesse et de compromis, il reste vital de se souvenir qu'elle n'a de sens que si souffle, au moins de temps à autre, aussi ce vent-là...

L'oreille cassée

En parlant des handicaps invisibles... en fait je ne m'y fais pas. A faire répéter. A ne plus supporter les réunions bruyantes, les salles de restaurant. A changer de côté lorsque je marche avec quelqu'un dans la rue. A stresser parce que j'ai souvent l'impression que ça s'aggrave, à ne pas oser le faire vérifier (en fait, oui, ça s'accentue en fin de journée ou lorsque je suis fatiguée, mais c'est probablement assez stable). A m'agacer parce que la branche de mes lunettes rend l'appareil gênant, et me fait doublement sentir être une petite vieille. A ne pas entendre les mots doux lorsque j'ai la tête posée sur l'oreiller. A être définitivement privée de quelque chose qui me semblait un droit fondamental, une évidence.

C'est sans gravité, indolore, invisible, pas gênant en séance parce que l'environnement est silencieux. C'est sans importance. C'est passé inaperçu, y compris pour moi-même, dans le tumulte de cette année. Mais ça fait déjà un an, et je ne m'y fais pas.

Petit Poucet

Hier, Elsa m'a dit, tu veux une bonne nouvelle ? J'ai acquiescé - évidemment. "Là, tout de suite, à cet instant, je vais bien." Ça m'a fait sourire - pas seulement parce qu'après ce début de semaine, c'était une bonne nouvelle en effet ! Mais parce que c'est peut-être précisément là qu'est cette voie de passage, instant après instant, comme autant de petits cailloux de Petit Poucet. En être conscients, les partager, les savourer. Un début de sagesse.

Mal à l'âme

Parfois je me demande si une maladie du corps ne serait pas moins douloureuse que cette souffrance de l'âme. Parfois j'imagine, bien à tort, que l'ennemi serait plus facile à cerner, à combattre, que nous aurions à notre disposition des protocoles, des antalgiques, des statistiques - et pas ce monstre informe et hors de toute temporalité prévisible. Que même le risque vital serait plus facile à envisager - car délivré de l'aléatoire, de l'insensé, de la culpabilité. Qu'un handicap physique, mais qui n'altérerait pas la capacité de penser, ni celle de ressentir, et la possibilité de projets, serait infiniment plus simple à accompagner.

C'est débile. Il n'y a qu'au cinéma que les humains gravement atteints dans leur corps restent lucides, profonds, et même, soyons fous, joyeux et sages. Et que leurs proches sont à leur tour exemplaires. N'est pas Mistral gagnant qui veut. Bien sûr, que l'angoisse et la dépression s'ajoutent le plus souvent au drame en cours, pour la personne malade comme pour son entourage. Et la médecine du corps souffre tout autant d'impuissance et d'incertitudes que celle de l'âme.

Alors quoi, de quoi ça parle cette question cependant récurrente chez moi (avec sa jumelle de chagrin, "mais pourquoi elle et pas moi") ? D'une colère, probablement, d'une révolte devant l'insaisissable, et aussi de la solitude spécifique à ces maux - pour celui ou celle qui en souffre, pour les proches eux-mêmes traversés par ces mouvements d'angoisse indicibles, invisibles - et face à l'entourage pour lequel il n'y a pas toujours de mots pour expliquer, ou rassurer, impossible de se raccrocher à une cause, un pronostic, une stratégie thérapeutique éprouvée. Peut-être n'y a-t-il pas d'autre voie de passage que le lâcher-prise...

Un lâcher-prise sans abandon, ni résignation - une longue patience... ce n'est pas ce que je sais faire le mieux. C'est peut-être l'occasion d'apprendre. Peut-être que nous en sortirons grandies, Elsa et moi. Qui sait ?

03 avril 2018

Rien qu'une fois (2)

Je sais. Que guérir prend du temps, et que, comme les progrès des tout-petits et la croissance des végétaux, cela ne va pas sans allers et retours, sans phases de palier, sans régressions parfois. Je sais que notre regard est essentiel, et m'efforce à chacun instant de valoriser les petites avancées - et il y en a, de souligner l'évolution, de soutenir chaque initiative. De penser projet, étapes, toujours ; d'envisager un plan B pour chaque plan A. D'aménager le temps au mieux, parfois au détriment de mon travail, généralement au mien, et trop souvent à l'arrache - consultations annulées, allers-retours en urgence, encore heureux que j'aie des employeurs exceptionnellement compréhensifs. De garder sang-froid ET bienveillance, recul ET tendresse, et l'oeil sur le verre à moitié plein - même si je suis parfois bien tentée de le vider d'un trait et de m'en resservir un aussi sec.

Parce que... aucun parent ne devrait être confronté des mois durant au désespoir et au désir de mort exprimé par son enfant. C'est juste inhumain... C'est juste inhumain chaque élan d'espoir si vite fracassé par une rechute, un refus, un recul. C'est juste inhumain l'impuissance, et l'impossibilité d'arrêter ce qui circule avec les seuls outils de la raison et de l'envie de faire au mieux. Et ce qui m'est le plus insupportable, c'est de voir et de sentir la bonne volonté d'Elsa, de la voir essayer, faire de son mieux, s'efforcer, quitte à faire un peu semblant pour forcer la chance, et s'épuiser, et sentir la menace du découragement qui rôde, parce que cela fait si longtemps maintenant.

Cette confiance que je la vois essayer de soutenir, cette menace silencieuse, et aussi ce que cela répète de ma propre histoire, l’incapacité à vivre de ceux qui me sont le plus chers - est-ce que j'ai le droit de dire que je n'arrive plus à le supporter, que c'est trop long, que j'ai de moins en moins la force ? Juste une fois, juste là, avant de reprendre la route, et d'avancer, encore.

31 mars 2018

Bien joué !


30 mars 2018

Sous le signe du lien

Ça, c'est le dos de ma carte de visite pro à la Cité. Ce n'est pas moi qui l'ai choisi, c'est la nouvelle devise de la Cité. Mais, tout comme la conclusion de l'exercice d'un petit séminaire que j'avais suivi il y a deux ans, c'est un signe de plus pour moi que j'y suis bien à ma place. 

L'exercice concluait que je donnerais le meilleur de moi-même dans un poste alternant contacts avec des publics variés et travail  de réflexion en solo, diversité des tâches, possibilité d'initiative et de création, confiance de la hiérarchie et liberté d'action, milieu interculturel. J'avais souri, j'y étais déjà :-) !

La nouvelle base-line de la maison est du sur mesure pour moi : cette question du lien, et du lien durable, elle traverse toute ma vie, mes choix perso, ma trajectoire professionnelle, c'est ma question, c'est LA question. Et la Cité est un lieu de lien en effet  - entre pays, entre disciplines, entre les différents partenaires qui permettent à ce lieu unique d'exister, entre les résidents qui sont sa raison d'être. Et moi - j'y suis bien. 

Rêves d'Asie

Je devrais attendre qu'on aie les billets - ce weekend je pense mais... je suis trop contente ! Projet d'échange de maisons pour Juillet : trois semaines au Cambodge, appart en plein coeur de Phnom Penh, avec vue sur le Palais Royal et sur le Mékong, et la possibilité d'une escale à Bangkok à l'aller ou au retour puisque de toute façon il faut passer par là. Un voyage de rêve avec les enfants, peut-être un des derniers parce que Léo aura de plus en plus ses propres projets ! J'ai déjà acheté les Routards... pas pu m'en empêcher ;-)

18 mars 2018

Back to CS

J'étais super heureuse le jour où Ronan m'a dit qu'il voulait que notre nouvelle maison soit tout aussi ouverte que la précédente aux amis, aux étrangers, à la rencontre, incluant les Couch Surfers. Isaiah l'a inaugurée, mais les Jobson, maintenant, c'est la famille ;-) !

Cette semaine, nous avons accueilli Bruno, venu d'Utrecht, et qui est un concentré de ce que j'aime sur CS : rencontrer des humains atypiques, ouverts, curieux, porteurs de grand rêves ou de projets originaux - ici, celui d'une transformation de voitures classiques en véhicules électriques, pour lequel il venait participer à un forum de start-ups. Bruno a beaucoup voyagé, eu plusieurs vies, et a beaucoup de choses à raconter - quel plaisir de voir que les enfants aujourd'hui passent à l'anglais sans difficulté, bavardent, plaisantent  - outre la langue vivante, c'est l'autre grande leçon de CS, aborder l'autre sans appréhension, être curieux de ce qui peut s'échanger dans la rencontre.

Facile quand on a affaire à un Bruno - la crème de la crème sur le plan de l'esprit CS - qui a conseillé Léo pour son LinkedIn, et lui a offert de le mettre en contact avec son réseau d'entrepreneurs (finalement impossible pour cause de concours, mais la proposition était là). Et qui a très vite cerné les besoins du moment de notre Elsa, et a trouvé une manière créative de lui offrir une expérience tout aussi précieuse. Il a repéré qu'il y avait une salle d'escalade à côté de la maison, et l'a invitée, seule, à venir grimper avec lui. Partager une activité nouvelle avec un étranger, se dépasser physiquement, deux challenges qu'elle a relevés, et avec un grand sourire : cette idée a été un super cadeau, et une prescription pertinente, très attentionnée - ça m'a vraiment touchée. Cerise sur le gâteau, je les ai rejoints dans un second temps et je me suis régalée aussi !

11 mars 2018

Portes ouvertes

J'aime bien cette idée d'une maison ouverte, et le printemps arrive, et c'est un lieu qui s'y prête bien... Aujourd'hui c'était le tour des grands-parents, parce qu'il nous a semblé important que YoYo et Bizzou sachent aussi à quoi ressemble le lieu de vie de leurs petits-enfants. C'était important de les voir là, avec Maman, c'est une chance aussi que j'ai soulignée auprès de Léo et d'Elsa, ce n'est pas dans toutes les familles de gens divorcés que les liens perdurent de cette manière entre tous, il y faut beaucoup d'amour et d'intelligence du coeur de la part de tous, et c'est vraiment chouette.

03 mars 2018

Coup de coeur

Je sais que la vie revient au fait que nous allons à nouveau au ciné, au théâtre, voir des expositions... merci Starter pour le théâtre ! Ça peut être juste bon (Fills Monkeys), très bon (En attendant Bojangles), ou incontournable, coup de coeur et coup AU coeur, et ça, c'était Vous n'aurez pas ma haine, d'Antoine Leiris, porté par un Raphaël Personnaz bouleversant.

Nous nous souvenons tous de la lettre qui avait circulé sur les réseaux sociaux au lendemain du 13 novembre, lettre endeuillée du père soudain solo d'un petit garçon de 18 mois qui ré-affirmait que sa réponse serait le choix du bonheur, pour lui et pour son fils.

Cette lettre est peu à peu devenue un livre - un texte magnifique non pas sur les attentats mais sur le deuil et l'absence, et aussi sur l'humanité de son auteur - un humain faillible, et qui réclame le droit de l'être, fragile, courageux, toujours juste dans une lucidité parfois ravageuse. Je ne sais pas comment fait Raphaël, seul en scène - je ne crois pas que l'on puisse sortir indemne de porter soir après soir un texte aussi dense, aussi grave, aussi drôle parfois, mais ce que je sais, c'est que c'est un beau cadeau que de le recevoir - une émotion d'une densité rare au théâtre - le seul qui m'ait touchée à ce point était un autre cri, Les chatouilles, d'Andrea Bescond - probablement pour des raisons assez similaires : une rage de vivre au-delà de la blessure.

02 mars 2018

Un effet secondaire

...du déménagement (et des Vélib' hors service jusqu'à nouvel ordre) : je prends le bus et le tram. Donc, je peux écouter les podcasts de France Inter. Entendre Vincent Lindon se payer le luxe de lire in extenso le discours de Camus recevant son prix Nobel dans Boomerang, ou Michel Jonasz égrener ses Remèdes à la mélancolie. Sourire bêtement dans le vide. Me sentir plus futée en allant travailler. 

24 février 2018

Barcelona

Cinquième fois ? Mais toujours pas lassée, de revoir la casa Battlo, décidément magique (top, le guide en réalité augmentée, avec les tortues marines dans l'entrée ou la vague dans le grenier), de trouver encore des merveilles à visiter - le Palau Guell cette fois-ci, de boire du chocolat chaud et de manger des churros (à moins que ce ne soit l'inverse), de flâner dans les petites rues du Barri Gotic ou dans la Bocqueria. De re-découvrir qu'à une heure d'avion il fait beau, et que la plage est au bout de la rue. De remercier encore une fois le Routard pour ses bons plans extra : deux restaurants exceptionnels, un concert dans une cave voûtée Plaça Reial. Juste une échappée de quelques jours, mais parfaite telle quelle, et assez méritée je crois ;-) - avec aussi une petite incursion dans les montagnes vers l'abbaye de Montserrat.
Hôtel cinq étoiles, super buffets de petit déjeuner - merci les offres de dernière minute, chambre design et oreillers moelleux (je veux les mêmes !) mais les meilleurs souvenirs seront gourmands - l'incroyable créativité du Semproniana, dont les assiettes de dégustation n'ont rien à envier à un restau étoilé, et les délices de la Pepita (bien arrosés de mojito à la carafe et de vin local).