10 octobre 2017

Enclencher, suite

Comme ici il y a quelques jours, mais avec un net changement d'échelle : là, je crois que nous sommes NETTEMENT sortis de la zone de confort :-). Mais nous en sommes sortis ensemble, et c'est ça qui est chouette. Il fallait bien être deux pour faire ce pari un peu fou, non seulement habiter tous les quatre, mais acheter ensemble : un endroit à nous, vraiment - enfin ?

(On est même un peu plus que deux, parce que des parents bienveillants se sont penchés sur notre projet)

Au pied du métro, parce que je ne sais pas vivre sans cette proximité rassurante (notre futur ancien quartier sera à dix minutes) mais au calme et avec un JARDIN ? Et même deux jardins, d'ailleurs. Et deux salles de bains. Et une grande pièce à vivre. Et une cuisine minuscule, parce que trop de perfection tue la perfection. Une chambre pour chacun, toutes ouvertes sur terrasses et jardins, une place pour que le Hibou puisse retoucher ses photos ou gratter sa guitare jusqu'à pas d'heure sans m'empêcher de m'endormir, un nouveau royaume pour le Chat Chou.

Avoir un chez-moi, et bien mieux encore, un chez-nous, pour moi, ça faisait partie des rêves les plus fous - en fait, je ne voyais pas trop comment le rendre possible - sauf à nous éloigner de Paris et/ou à transiger sur un appartement triste. Même pas vrai !

Il reste à obtenir l’accord définitif des banques. Mais elles sont très encourageantes. Et ce soir... on signe le compromis. GRANDE danse de la joie !

07 octobre 2017

Clara, suite

Et puis, il y a eu ce moment magique, dans lequel je me suis sentie envahie de fierté et d'amour pour mes enfants. J'avais écrit un petit mot pour la cérémonie, tout comme Cyril, et Marion, la petite sœur de Thibaud. Je l'avais fait lire aux enfants - notamment parce que je voulais l'accord d'Elsa sur le dernier paragraphe. Mais... je ne m'attendais pas à ce que quelques instants avant la cérémonie, elle demande à lire elle-même ledit paragraphe, faisant les corrections nécessaires au passage. Et prenne la parole devant 70 inconnus, debout sur une estrade, sous les projecteurs et le micro à la main, quand il n'y a probablement rien de plus difficile pour elle actuellement que d'affronter le regard des autres. 

Chère Clara, cher Thibaud,

J'ai longtemps cru que je serai un enfant unique. Et contrairement à ce qu'on peut croire quand on a un grand frère ;-), ça n'a pas que des avantages ! Et puis Cyril et toi vous êtes arrivés, et ça, c'est vraiment chouette.

On n'a pas grandi ensemble, mais vous faites partie de notre vie : j'ai des souvenirs de lui, de toi, à tous les âges ! Et quand je regarde mes photos de mariage, je suis toujours troublée parce que c'est un peu comme si Léo et Elsa étaient déjà là : le grand frère blond, la petite soeur au carré brun, c'est sûr, il y a un air de famille.

Je suis très heureuse que mes enfants aient des oncle et tante, et plus heureuse encore de voir que la famille s'agrandit. Je suis très heureuse surtout de voir que nous savons inventer un lien de famille qui ne passe pas par des obligations, mais par une volonté de tous de tisser ce lien et par un vrai plaisir d'être ensemble.

Je suis fière de ma tante et de ses choix : un métier que tu aimes, avec une vraie dimension créative, un homme que tu chéris et qui te le rend bien. Je suis fière de vous deux, de votre courage et de votre engagement l'un pour l'autre. Je sais que vous êtes une source d'inspiration notamment pour moi, un encouragement pour moi à me faire confiance et à faire confiance à la vie : après le blizzard, le beau temps !

Quant à Léo, il a conclu avec le naturel et la décontraction qui le caractérisent sur le mode, moi, je n'ai rien préparé, mais quand je vous vois si heureux, je suis content pour vous, et ça me donne envie de vous ressembler plus tard, ce qui a fait sourire tout le monde après l'émotion palpable d'Elsa. C'est un beau cadeau qu'elle leur a fait, même si seules quelques-unes des personnes présentes pouvaient en mesurer la valeur. Et qui lui a valu de jolis retours au cours de la soirée, qui lui ont fait je pense aussi beaucoup de bien : le don appelle le don. Et nous étions parmi des gens généreux. 

Inventer ses rites

"Il faut des rites.
Qu'est-ce qu'un rite? Dit le petit prince.
C'est quelque chose de trop oublié, dit le renard.
C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures."

Et lorsque les rituels se vident de leur sens, ou ne sont pas disponibles - alors il reste la liberté d'en créer. Quand tout est à inventer, comme pour le mariage d'Antoine et Vincent, ou lorsqu'on fait le choix de célébrer la vie plutôt que la mort - voir les bouleversantes et joyeuses scènes de funérailles de Cigarettes et chocolat chaud ou de Captain Fantastic.

Clara et Thibaud eux se sont inventé un mariage sur mesure, et à la mesure de leur histoire. La petite Clara, tout en douceur, aura su imposer des études, un métier, un compagnon, un mariage qui lui ressemblent, qui leur ressemblent, loin des attendus et des conventions. Chapeau p'tite soeur !

Une cérémonie laïque écrite par et pour eux, animée par une amie spontanée et attentive, des témoignages vivants, bien loin des discours-fleuves ou convenus, des vœux très personnels, réfléchis et émouvants, des surprises pleines de délicatesse aussi comme cette chanteuse qui nous a donné des frissons ou ces rituels jolis, bougies allumées dont la flamme se propage, liens multicolores pour matérialiser nos souhaits, livre d'or sous forme de tableau calligraphié.

Un lieu simple et chaleureux, dont les espaces multiples ont permis à la fois de grignoter, de danser, de papoter dehors - un buffet sans chichis mais délicieux, pas de repas guindé, et open bar au vrai sens du terme : au comptoir et à volonté ! Et des animations juste dans la bonne note - pas trop, pas trop peu, sympathiques et légères, montage de photos et de vidéos préparé avec amour, pas lourdingue, petits jeux soft, et photomaton rigolo pour changer du pompeux photo call. C'était inédit, très chouette et... inspirant :-)!

26 septembre 2017

#collègueadorable



22 septembre 2017

Solstice

Je n'y connais strictement rien en danse contemporaine. Mais ça n'était pas nécessaire pour tomber complètement sous le charme de Solstice, qui parle un langage universel, sur une thématique universelle : nos rapports avec la nature, avec les éléments, la façon dont nous la maltraitons et celle dont elle nous malmène en retour. Le dispositif scénique était aussi simple que sophistiqué : un long toboggan blanc, un dais amovible de toiles légères permettant toutes les projections, qui devenaient tour à tour mer déchaînée, dunes de sable, forêt de flammes, quatorze danseurs et un exceptionnel percussionniste-musicien-chanteur. Il n'y a que Zingaro et le Cirque du Soleil qui me subjuguent également à ce point, atteignent ce degré de grâce et de perfection - cette poésie qui parle directement à l'âme.

19 septembre 2017

#tropjoli

Quand tu dors
ta main me transmet inopinément une caresse.
Quelle zone de toi l’a formée,
quelle région autonome de l’amour,
quelle partie réservée à la rencontre ?
Quand tu dors je te redécouvre.
Et je voudrais m’en aller avec toi
au lieu d’où vient cette caresse.
- Roberto Juarroz

Détox

Dans le même ordre d'idées, j'ai désinstallé Facebook et Instagram de mon téléphone. Sur l'ordi, c'est bien suffisant, et même déjà trop. Retrouver des temps de vacance, pour penser/rêver/imaginer. 

Enclencher

Il m'a dit si souvent que pour enclencher le changement, il fallait parfois se faire un peu violence, sortir de sa zone de confort : poser l'acte d'abord, et s'obliger à en accompagner les suites. Plutôt que de vouloir toujours prévoir, calculer, garantir, au risque de l'immobilisme chronique, et dans une illusion de maîtrise fréquemment démentie par la vie elle-même.

Une pensée ici pour mon amie Marion, qui se lance aujourd'hui même dans une formation exigeante et prestigieuse, à un âge de la vie où d'autres renoncent tranquillement.

Dans la fragilité actuelle de ma situation, je ne prétends pas encore à quelque chose de si radical. Mais je cherche, dans la mesure de mon possible.

J'ai annulé mon inscription au yoga, qui me caresse dans le sens du poil : lenteur, introspection, pour m'inscrire dans une salle de sport - un grand moment comique au début, exotique même : dans une salle qui pue la sueur et le caoutchouc, j'ai eu mon moment d'étrangeté : mais qu'est-ce que je fous là ??? Au milieu des baraqués qui vont enchaîner avec du sport de combat et de petites nanas sèches et musclées qui doivent avoir la moitié de mon âge ?

Et puis, j'ai eu un vrai plaisir à bouger, une certaine fierté à en sortir trempée mais ravie. Bonus : une détente délicieuse après, un tonus augmenté les jours suivants. Banco : je me suis engagée pour l'année. Avec une formule qui me permet de varier les cours et les horaires, pour n'avoir aucune excuse ! Et si j'arrive à tenir dans le temps... le sport de combat pourrait être la prochaine étape.

Et j'ai commencé un cours de chant - bien sûr, je chante, juste, depuis des années. Mais je fredonne, ne porte pas ma voix - je sens bien la puissance possible, mais je ne sais pas, je n'ose pas, comme dirait Barbara. Prof super, qui a parfaitement compris ma demande et repéré immédiatement ce qu'il y avait à travailler. Me conseillant de l'ouvrir davantage. Ma bouche. Je suis assez d'accord... ;-)

08 septembre 2017

Le vent nous portera

(...et tout ira bien...)
Ça marche à tout les coups - et cette semaine, c'était salutaire. Quitter Paris, changer d'énergie, m'octroyer tout de même quelques jours d'été et de vacances - de vacance, rien à faire, rien à penser, momentanément délivrée de mes identités familiale, sociale, professionnelle.

J'ai beau grogner qu'à raison d'une semaine par an, j'oublie tout d'une année sur l'autre, ce n'est pas vrai ; petit à petit, des réflexes se mettent en place, ça devient fluide et léger. Et nécessaire : mettre les voiles... J'aime toujours l'effet pochette-surprise des équipages successifs, ces humains qui se suivent et ne se ressemblent pas, âge, professions, opinions. Sous le regard bienveillant d'Yves - indispensable pour moi cette année, la garantie d'une atmosphère paisible et rieuse, profondément humaine, dont j'avais grand besoin !

J'ai fait le plein de beauté, me suis octroyé deux ou trois baignades, que j'ai savourées : les dernières de l'année ! Les premières aussi, à part une brève trempette dans l'eau fraîche de la Bretagne. Retrouvé avec plaisir cette merveilleuse zone de navigation, avec un vrai coup de coeur décidément pour Port-Cros, petit paradis caché aussi beau vu de la mer qu'à l'intérieur des terres. A bord je respire plus large et plus profond, dors comme un bébé, et chantonne souvent - le signe infaillible d'un bonheur de fond.

Bonheur-bonus, atterrir chez Ghislaine, où j'ai retrouvé l'irrésistible petite Neela, 3 ans, qui m'a parlé dans son sabir franco-anglo-espagnol mais avec laquelle je me suis néanmoins très bien entendue - ça faisait longtemps que je n'avais pas eu de contact prolongé avec un petit enfant, j'ai littéralement fondu lorsqu'elle s'est endormie contre moi. De vrais échanges comme toujours avec Ghislaine, ici quant à l'accompagnement de nos filles, si belles et si fragiles... aimées, trop aimées ? Comment se sépare-t-on, quand on s'aime trop ?

Trois jours de vie de château, villa dans les hauteurs d'Antibes avec piscine, lit king size aux oreillers moelleux, restaurant de plage privée, environnement cosmopolite, et cette réflexion : je me suis d'abord dit que ce n'était pas ma vie. Et puis si en fait, tout au contraire, c'est exactement ma vie, et la vie que je souhaite - la semaine de croisière, ce week-end avec cette famille internationale et chaleureuse. Pas nécessairement au quotidien ! Mais comme une ouverture, des rendez-vous d'autant plus appréciés qu'ils ne sont jamais banals, et me renvoient aussi à la chance d'avoir ce que j'ai déjà. Par la grâce des amitiés, par mon désir d'ouvrir des fenêtres, d'autoriser les rêves, de me régaler des différences. 

30 août 2017

Hamac ou trampoline

Il y a ceux que je vois très régulièrement, et ceux que je n'avais pas vus depuis longtemps ; cet été, il y a eu des messages, des appels, mais aussi et surtout, de la présence vivante, des gens avec qui partager un repas, boire un verre, prendre un petit déjeuner, faire un câlin, rire, pleurer un peu aussi,  aider à prendre du recul, se raconter la vie, faire des projets. Ronan bien sûr, Cécile, Lalie, Marion, Hubert, Stéphane M., Jacky, Céline, Steph D., Nadia, Ghislaine bientôt... Chacun(e) à sa manière, avec sa personnalité et ses ressources propres, tisse le filet qui me soutient ces jours, hamac ou trampoline, c'est selon ! C'est chouette. C'est précieux. C'est irremplaçable. Merci.

27 août 2017

Engagement

Je ne sais pas à quoi ça tient, si c'est la fréquentation intensive de Despentes cet été (les trois Subutex et King Kong théorie), la lecture quotidienne du Monde, la rentrée politique consternante qui se prépare ou ce film, et ce film, mais ça me monte à la gorge, la question de l'engagement.

Le ras-le-bol, le dégoût, la colère, l'impuissance aussi : par quel bout prendre le monstre ? L'écologie, les migrants, les droits des femmes, les droits LGBT, la malbouffe, la pauvreté orchestrée par "l'économie", la politique ?

Est-ce que l'action individuelle a un sens, est-ce que c'est à la société civile de mettre des pansements sur les plaies qui sont des conséquences de décisions gouvernementales voire supra-nationales ?

Est-ce que se contenter de notre pauvre et bien menacé petit bonheur de privilégiés européens est une position acceptable ? Faut-il éteindre Netflix et balancer des pavés ?

J'ai envie de croire à quelque chose, j'ai envie de cette chaleur, de cet engagement, de ces engueulades, de ce collectif qui réchauffe et stimule - avec les réseaux sociaux d'aujourd'hui, on pourrait donner une formidable puissance à ce type d'action - pleines d'humour et de créativité, de réflexion autant que de provocation.

Et en même temps je ne peux pas m'empêcher de me demander si cela fait même sourciller les puissants de ce monde, qui nous laissent peut-être volontiers ces hochets dérisoires : se tenir chaud, s'agiter ensemble, imaginer avoir une prise sur ce monde...

26 août 2017

De ceux qui guérissent

Parfois l'aide arrive par des chemins inattendus. Grâce à la visite de Clara et Thibaud, Elsa a pu entendre quelques mots simples sur l'expérience de l'hospitalisation, la nécessité de prendre le temps qu'il faut pour se sentir suffisamment solide, la possibilité de la vie, après. Après leur départ, elle a voulu écouter Blizzard, le magnifique texte de Fauve ; et nous l'avons recopié à quatre mains dans son tout nouveau carnet, un moment de grâce inespéré.

Et puis comment je ferais sans toi moi ?
Et puis comment l’univers il ferait sans toi ?
Ça ne pourra jamais fonctionner. C’est impossible.
Alors faut pas pleurer ! Faut pas pleurer. Parce que ça va aller je te le promets, ça va aller
Parce qu’on est de ceux qui guérissent, de ceux qui résistent, de ceux qui croient aux miracles
Pas de ceux qui disent que lorsque les tables bougent, c’est que quelqu’un les pousse du pied
Mais un jour tout ça on n’y pensera même plus
On aura tout oublié, comme si ça n’avait pas existé

21 août 2017

Dans la balance

Alors, si je regarde les choses objectivement : Elsa est toujours hospitalisée, et aura besoin de soins et d'attention longtemps après une sortie actuellement sans date. Léo n'a pas encore de projet arrêté pour l'année à venir, qui commence dans quinze jours. Après cinq ans de bons et loyaux services, je suis toujours un emploi précaire à la Cité, et le fait que ce soit un lieu d'exception ne suffit plus tout à fait à me consoler. J'attends le passage à la deuxième année de libéral pour mesurer les dégâts causés par le changement de statut auquel cette non-embauche m'a acculée. La possibilité de déménagement pour un logement adapté à nos besoins présents et à venir à tous les quatre paraît pour le moins utopique. Et je reprends ce matin à temps plein un travail que j'aime, mais qui m'a souvent laissée épuisée psychiquement.

Il va falloir bosser les contre-poids et les échappées ! Remettre un peu de rêve, d'énergie, de surprise, d'émerveillement, de mouvement dans tout ça... danser sous la pluie.