Elsa et Léo ont pris leur envol, Samir va avoir plus que jamais besoin de se consacrer à son travail et à ses enfants ; alors bien sûr il y a des petits ou plus grands moments de vague à l'âme et d'anxiété. Mais aussi un souffle nouveau, un élan inespéré - l'envie de bousculer l'emploi du temps, de faire la tournée des copains, de danser (lindy hop et ecstatic), d'ouvrir la maison (HomeExchange, CouchSurfing, AirBnb), de me remettre à lire et à écrire sur le plan pro et sur le plan perso, dans la suite des vacances, et pourquoi pas plus de yoga, et pourquoi pas reprendre un chemin thérapeutique ou spirituel, et, et, et...
Ce grand élan joyeux, ce regain d'adolescence, cette re-décision d'être heureuse, curieuse, vivante, je me souviens les avoir déjà vécus à l'issue du divorce - notamment avec l'ouverture sur le monde - je viens d'envoyer une proposition d'hébergement CS à une Islandaise qui fait aussi de l'échange de maisons, ça fait rêver non ?
To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
03 septembre 2023
Un nouvel élan
01 septembre 2023
Belle jeunesse
Amphi de rentrée à l'ENS, phrase attrapée au vol dans le couloir : "Mon but c'est de maximiser les chances de bonheur dans la société."
26 août 2023
Mais oui !
Tout à l'heure, en rentrant, un instant magique : je marchais dans dans la rue, et j'ai senti une petite main se glisser dans la mienne.
J'ai baissé les yeux, c'était un petit garçon d'environ 6 ans. On a fait quelques pas ensemble, j'ai gardé quelques savoureuses secondes cette petite main, ce petit garçon qui marchait, confiant, avec moi ... et puis je lui ai parlé doucement et j'ai cherché sa mère, qui était un peu plus loin.
Il marchait perdu dans ses pensées sans doute, il avait pris ma main sans lever la tête, il s'était juste trompé de maman.
Mais j'ai adoré son regard quand je lui ai parlé, quand il a levé les yeux vers moi ... c'était tout sauf de la peur.
J'ai adoré ce moment.
La vie est magnifique parfois.
Céline
01 août 2023
(Res)sources
Il y avait TRES longtemps que je n'avais pas pris de vacances comme celles-ci, sans alibi géographique ou culturel. En Algarve, si les plages sont magnifiques, pas de musées ou de châteaux, mais la mer, le soleil, et la piscine de la maison. Rien d'autre. Des heures chaudes pour lire ou faire la sieste. Un coup de vent rafraîchissant le soir - l'Atlantique est à quelques minutes de marche. Un temps long, tranquille, profondément ressourçant, qui m'a replongée dans des sensations de vacances d'enfance : le sable brûlant, les draps frais de la sieste, le goût du melon, la peau salée qui tiraille un peu, vivre en maillot de bain. Une déconnexion totale des patients, des soucis et du monde. Et des bonheurs en colliers de perles :
- Mais j'ai aussi aimé cette piscine à la même température que l'air ou presque, où nous plongions dix fois par jour, où nous avons nagé sous les étoiles, chahuté en plein midi.
- Et cette famille provisoire avec laquelle cuisiner, jouer, bavarder - j'avais emmené de quoi dessiner, faire des jeux de société, un atelier d'origami, qui m'a évoqué tellement de souvenirs, avec Léo et Elsa bien sûr, mais aussi avec Cyril et Clara, avec Paul...
La bonne nouvelle c'est qu'aujourd'hui, cette attention à l'instant je ne la ressens plus comme une douleur, mais comme une occasion de gratitude, un grand MERCI silencieux, la conscience de faire provision de bonheur.
25 juillet 2023
(Couldn't agree more)
I think midlife is when the Universe gently places her hands upon your shoulders, pulls you close, and whispers in your ear:
I’m not screwing around. It’s time. All of this pretending and performing – these coping mechanisms that you’ve developed to protect yourself from feeling inadequate and getting hurt – has to go.
Your armour is preventing you from growing into your gifts. I understand that you needed these protections when you were small. I understand that you believed your armor could help you secure all of the things you needed to feel worthy of love and belonging, but you’re still searching and you’re more lost than ever.
Time is growing short. There are unexplored adventures ahead of you. You can’t live the rest of your life worried about what other people think. You were born worthy of love and belonging.
Courage and daring are coursing through you. You were made to live and love with your whole heart. It’s time to show up and be seen.
Brené Brown
21 juillet 2023
Ce n'est rien...
...tu le sais bien le temps passe ce n'est rien...
Qui s'éloigne à tire-d'ailes
En emportant le duvet qui était ton lit un beau matin
Et ce n'est qu'une fleur nouvelle
Et qui s'en va vers la grêle
Comme un petit radeau frêle sur l'océan...
20 juillet 2023
Toujours un coin qui me rappelle
Où nous allions tous deux avant
À chaque pas je me souviens
Comme on s'aimait auparavant...
14 juillet 2023
Un moment doux
07 juillet 2023
Plus grand que nous
Il suffit de plonger dans les eaux claires de Port-Cros, au-dessus des fosses de sable blanc, au milieu des posidonies, pour observer la vie qui foisonne, l'infinie créativité de la nature - ou encore de descendre ne serait-ce que le début du sentier botanique de la Fondation Carmignac, de se laisser émerveiller par la stupéfiante variété des plantes grasses ou des arbustes fleuris, qui répondent à la non moins émouvante créativité humaine - artistique, architecturale, esthétique. Il suffit d'ouvrir les yeux, de se relier au souffle du vent, à l'énergie de la mer. Il suffit, et il devient impossible d'ignorer ce que Bobin nomme les preuves en miettes de l'existence de Dieu - Dieu ou l'Univers, la Source, ou le nom qu'on voudra bien lui donner, l'essentiel n'est pas là. Ce que Walsch écrit aussi à sa manière lorsqu'il donne la parole à Dieu : "Je parle à chacun. Tout le temps. La question n'est pas : à qui je parle, mais : qui écoute ?"
06 juillet 2023
Un lieu sûr
Depuis la première fois que j'ai fait cet exercice, mon lieu sûr, c'est l'avant d'un voilier en navigation. Il n'y a pas plus complexe ni plus apaisant pour moi en termes de sensorialité. Je vois : le bleu de la mer et celui du ciel, la voile gonflée, l'écume qui déferle et la petite girouette en haut du mât. J'entends - les vagues qui se coulent le long de la coque, le vent qui siffle à mes oreilles, le cliquetis des filins contre les haubans. Je sens la chaleur du soleil, la caresse de l'air, le contact du teck sous ma main. Mais surtout, je ressens la danse du bateau sur les vagues, le mouvement dans mon corps, cette berceuse lente et sensuelle, et, ce que j'aime par-dessus tout, cette suspension du temps et de la pensée. Enfin les mots s'arrêtent, le mental fait silence... Juste : être.
Il y a aussi des souvenirs magnifiques, le lien aux forces de la nature et à leur pouvoir de régénération, la présence d'un absent, la confiance et l'abandon aussi ; si je suis là, c'est que j'ai passé la main, confié la barre : je peux me reposer, sur l'onde et sur l'autre. Juste : respirer.
Cette année j'ai réalisé aussi que ce rythme coulé de l'étrave qui fend les flots, au-delà d'être hypnotique, avait aussi quelque chose de profondément érotique. Une vague lente et cyclique qui résonne loin au creux du ventre au portant, une sensation de puissance à peine domptée au près, et je me suis surprise à me poser la question : suis-je la vague ou bien le voilier, le mouvement ou bien l'accueil ? Les deux mon capitaine - comme dans l'amour, les frontières s'effacent, les questions n'ont plus cours. Juste : sentir.
05 juillet 2023
Lars
C'est une rencontre de hasard comme on en fait dans les ports - un homme solitaire sur un magnifique bateau, venu confirmer l'hypothèse de Charles sur les marins qui sont "ces grands tendres partis bouder au fond des mers". Ici un étranger récemment veuf, qui après de graves soucis de santé avait formé avec son épouse un projet de tour du monde - et qui se retrouve seul à bord, avec un chien pour seul compagnon.
De Lars je garde une série de clichés solaires - son arrivée dans le plus simple appareil, sa complicité avec le chien Hans, le repas délicat qu'il nous a préparé, le cappuccino qu'il m'a spontanément offert tôt un matin, livré en annexe s'il vous plaît, un récit de vie au travers des tatouages qui couvrent le haut de ses bras - mais aussi un sentiment de profonde mélancolie.
Du charisme, de l'humour, mais une infinie solitude - des enfants adultes qui vivent au loin, aucun ami intime, une blessure paternelle que l'on devine entre les lignes (I looked in my father's eyes...) - une sincérité touchante aussi, lorsqu'il évoque sa vie à bord - les rencontres de mouillage qui amènent une brève chaleur humaine, une joie éphémère mais le renvoient tôt ou tard à la cabine trop grande et trop vide où le sommeil ne vient pas. Pour le moment il est perdu et l'admet - lost in translation. Au lendemain de cet échange il me dira : Merci d'avoir posé les vraies questions.
04 juillet 2023
S'adapter
Beaucoup plus tard, devenue adulte, la cadette s'entendrait dire à une amie : "Si un enfant va mal, il faut toujours avoir un œil sur les autres". Avant d'ajouter, pour elle-même : "Car les bien-portants ne font pas de bruit, s'adaptent aux contours cisaillants de la vie qui s'offre, épousent la forme des peines sans rien réclamer. Ils seront les gardiens du phare détestant les vagues mais tant pis, refuser serait déplacé. Un sentiment de devoir les guide. Ils se tiendront là, vigies dans la nuit noire, se débrouilleront pour n'avoir ni froid ni peur. Or, n'avoir ni froid ni peur n'est pas normal. Il faut venir vers eux."
(...) Dira-ton un jour l'agilité que développent ceux que la vie malmène, leur talent à trouver chaque fois un nouvel équilibre, dira-t-on les funambules que sont les éprouvés ?
(...) Il sentait qu'une frontière le séparait des enfants de son âge. Il perçait l'épaisseur humaine très facilement. Il attrapait un regard, une mélancolie, une attente, un sentiment d'infériorité, un amour secret, une peur. Il flairait autrui à la façon d'un animal. Mais il veillait à rester humain pour éviter le rejet car, il le devinait, les grands sensibles sont des proies.
Clara Dupont-Monod, S'adapter
03 juillet 2023
Revenir
C'est bon de revenir. De retrouver - des visages, des voix, des couleurs - il y a quelque chose de très profondément nourrissant, réconfortant dans cette continuité dans la discontinuité, qui est pour moi beaucoup liée aux maisons. Celle d'Emilie, celle de Ghislaine, Pen Wern auparavant, Montlevon encore un peu, Trouville, peut-être ? Aux maisons, ou aux jardins - ce n'est sans doute pas un hasard si toutes ces maisons sont en connexion directe avec la nature ? Ou peut-être au lien - ou à l'idée que je m'en fais - peut-être ces lieux sont-ils intacts dans mon coeur parce qu'ils ne sont associés qu'à des instants lumineux ?
02 juillet 2023
Les Tisserands
Les créatifs culturels ont entrepris de créer une nouvelle culture, fondée sur la restauration de la qualité de tous les liens endommagés ou rompus : le lien d'écoute et d'estime entre soi et soi, le lien de solidarité et de fraternité avec autrui, le lien de symbiose avec la nature (...) L'ensemble forme ce que j'appelle le triple lien (à soi, à autrui, à la nature). Il y a donc trois grandes familles de Tisserands : celle du lien intérieur, celle du lien social, celle du lien écologique. Leur engagement complémentaire est fondamental parce que la mère de toutes les crises que connaît actuellement notre civilisation humaine est la menace d'une déchirure du monde.
Abdennour Bidar, Les Tisserands ou Réparer ensemble le tissu déchiré du monde
Un petit essai qui me va droit au coeur - ce titre merveilleux... et rejoint mon intuition et ma conviction que si espoir il y a, il passera par la reconnaissance et l'amplification de ce travail de tissage à tous les niveaux, dans un monde marqué par les clivages et les ruptures. Cette question du lien et de sa réparation me tient tellement à coeur, qu'elle explose dans toutes les dimensions de ma vie, affective, professionnelle, et à travers mon écriture aussi - forcément, je suis réceptive ! Réceptive aussi à sa conscience aiguë de l'interdépendance de ces dimensions, et à la conviction de l'auteur que cette conscience croissante pourrait amener vers une spiritualité nouvelle, multiple, nourrissante car au service du vivant sous toutes ses formes - sa compréhension du lien à soi dépassant largement le cadre du développement personnel ou du soin psychique pour ouvrir à la transcendance.
Résolument de la première famille, celle des tisserands du lien à soi, j'espère aussi apporter un peu, à ma modeste mesure, un peu au lien social comme au lien écologique... à tout petits pas, à tout petits points, comme un fil de plus dans la trame du monde.
01 juillet 2023
Quatre saisons
Quatre rencontres avec des femmes remarquables, en recherche, toutes plus ou moins dans des métiers d'accompagnement. C'était la dernière ce week-end, et vraiment encore une fois ce fut beau et bon de partager, d'expérimenter, d'apprendre les unes des autres - comme dans tous les groupes, c'est comme si chacune faisait un petit bout du chemin pour les autres, comme si chacune avait sa pièce du puzzle - toutes différentes mais toutes avec les mêmes questions - nos vies, nos familles, nos enfants, nos amours, nos métiers, nos choix...
De cette dernière rencontre je retiens cette remontée de l'arbre familial au travers des souffrances enfantines, pour redescendre sereinement à la femme thérapeute, tisserande que je suis aujourd'hui. Et aussi ce souhait : laisser retourner le(s) passé(s) à la Terre, pour s'élever vers la légèreté.
24 juin 2023
Elémentaire
17 juin 2023
Merci la vie
Décidément, ce mois de juin ! Souvent, je pense à cette phrase de Teresa : What is not to love ? Bien sûr, je la trouve magnifique en toutes circonstances - comme un mantra, une invitation - qu'est-ce qui sur cette Terre, ou dans cette vie, ne serait pas à aimer, même quand c'est tellement difficile, ou si fragile ? Mais il faut bien reconnaître qu'il y a des moments où c'est plus facile qu'à d'autres : gratitude !
Un bonheur n'arrivant jamais seul, ce week-end il y a eu aussi le coup de fil d'Elsa pour partager sa joie : stage en alternance trouvé, chez une fleuriste dont le travail l'intéresse et avec qui le contact est tout de suite bien passé : tellement heureuse pour elle !
09 juin 2023
On dirait le Sud...
07 juin 2023
Un discours
Bonjour à tous,
Laissez-moi commencer par tous vous remercier d'être là ; ça signifie tellement pour Cyril et Lika, et pour moi aussi, de les voir si bien entourés.
Cyril, Marion m'a mis la pression en me disant que tu comptais sur mon speech, je vais faire de mon mieux !
Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Lucile, et je suis la grande sœur de ce séduisant jeune marié ; je sais, je pourrais presque être sa mère, mais je vous promets, je suis vraiment sa sœur.
Plus précisément, je suis sa grande demi-soeur. Alors on va se mettre tout de suite d'accord : demi ? Quel demi ? Qui pourrait n'aimer Cyril qu'à moitié ? Au-delà des liens du sang, il y a avant tout des liens de cœur, une famille choisie, des souvenirs qui se construisent et des affinités qui se confirment.
Cyril, quand j'étais gamine, j'aurais rêvé d'avoir un grand frère ; bon, ça c'est raté, mais je suis tellement heureuse d'avoir un frère comme toi, qui partage mon goût pour le bon vin et la... plus ou moins bonne chanson française (oui, tu as massacré le Coup de soleil en karaoké pour tes 30 ans, ne nie pas), mais aussi, pour parler plus sérieusement, un frère avec qui la confiance, le dialogue et la solidarité réciproque vont de soi.
Et puis c'est la classe d'avoir un petit frère à la fois brillant, mature et beau gosse (même avec la moustache !), et pourtant gentil, simple et généreux.
Avant cette semaine, je n'avais rencontré Lika qu'une seule fois, mais le coup de cœur a été immédiat. Sa vivacité, son naturel, son attention à l'autre m'ont conquise tout de suite – te souviens-tu de cette coupe de champagne surprise sur la Limmat ?
Très vite, j'ai pensé, cette ravissante jeune femme, c'est Cyril au féminin – à moins qu'il ne soit une Lika au masculin ? Des jumeaux amoureux, la même énergie à laquelle rien ne résiste, le même rayonnement, une dream team que j'imagine sans peine s'épauler pour le meilleur pendant les 100 prochaines années.
Je comprends tellement que vous vous soyez choisis ; un amour comme celui-ci n'est pas facile à trouver, et c'est une chance de le vivre : prenez-en grand soin. (Un petit conseil au passage : Cyril, la meilleure façon de terminer une discussion en étant sûr d'avoir le dernier mot, c'est : tu as raison, ma chérie).
J'ai attendu cette journée avec impatience, car j'étais certaine qu'elle refléterait votre créativité, votre goût et votre générosité ; elle est effectivement merveilleuse, et elle vous ressemble : merci pour tout ce que vous avez préparé.
Avoir des frères et sœurs beaucoup plus jeunes, c'est vraiment chouette. Ça permet d'aller de nouveau à des mariages (quand tous vos copains sont en train de divorcer), ça permet de croire à nouveau en l'amour et d'avoir des étoiles plein les yeux (et moi je suis une grande romantique, définitivement fleur bleue).
Ça permet même de s'attendrir à nouveau devant des bébés – Clara et Thibaud ont déjà commencé, Cyril et Lika, je compte sur vous. Dans cette famille de cœur, je suis très heureuse d'avoir une nouvelle sœur, et bientôt je l'espère, une petite nièce ou un petit neveu !
Mais avant que ce ne soit le bon moment pour cela... rêvez grand. Sachez qu'on ne se souvient pas des jours, mais des instants : créez-vous des instants extraordinaires - je sais que vous avez ce talent-là. Mais n'oubliez pas non plus qu'il y a aussi un bonheur secret dans le fait de faire ensemble des choses ordinaires. Et remerciez-vous d'exister – il n'y a pas de plus belle déclaration d'amour.
Trois jours de rêve
Et surtout - parce que c'était émouvant cette cérémonie en plein air, ces vœux en allemand/français/anglais/polonais où ce qui ne se saisissait pas du fait de la barrière de la langue se communiquait cependant dans l'émotion palpable des mariés et de leurs proches. Un mariage inoubliable. Et j'aime assez l'idée que ces vœux soient prononcés en dehors de tout cadre administratif ou religieux - un engagement en toute liberté, un lien qui s'affirme simplement face à ceux qui comptent pour Cyril comme pour Lika, en même temps qu'un magnifique cadeau pour tous.
27 mai 2023
Le prix de la liberté
Cependant, créer ce foyer, un espace pour une mère et ses filles, a été une telle leçon d'humilité, une expérience si dure, profonde et intéressante qu'à ma grande surprise j'ai découvert que je travaillais très bien au milieu du chaos. J'avais les idées claires, j'étais lucide ; l'installation en haut de la colline et la nouvelle situation avaient libéré en moi quelque chose jusque-là enfermé et étouffé. J'ai gagné en vigueur à cinquante ans, à un âge où mes os étaient censés se fragiliser. J'avais de l'énergie parce que je n'avais pas d'autre choix que d'en avoir (...).
La liberté n'est jamais libre*. Quiconque s'est battu pour être libre sait ce qu'il en coûte.
La seconde - j'avais compris je crois, et je me suis sentie portée par cet élan vers une construction neuve, ce regain d'énergie incontournable lorsqu'il faut à nouveau tout assurer seule (mais aussi par la fierté qui l'accompagne). Et le plaisir d'explorer une identité nouvelle, lorsqu'on n'est plus la compagne et, les enfants ayant grandi, lorsqu'on a moins besoin d'être la mère.
Déborah Levy écrit longuement sur le bonheur que lui apporte son vélo électrique, qui lui donne des ailes et le sentiment de maîtriser sa vie (dans une modeste mesure) : je suis tellement d'accord !
25 mai 2023
Juste cet après-midi
Juste cet après-midi, il y a eu J, qui a perdu si brutalement sa meilleure amie, sa sœur de coeur élue, et sa joie de vivre. Dont la peine indicible croît avec cette absence qui n'en finit plus de s'imposer, et s'immisce dans chaque souvenir. J'imagine et elle me le confirme, les jumelles de Demy, qui dansent et chantent dans un monde arc-en-ciel - et puis Catherine sans Françoise...
Et puis V, une étudiante ukrainienne dont le frère est en ce moment sur la ligne de front, et qui présente pour sa fin d'études le projet d'un centre de soins psychiques à destination des traumatisés de guerre inspiré du kintsugi : dans un bâtiment éventré par un missile, ne pas chercher à restaurer à l'identique mais utiliser l'espace ainsi créé pour proposer de nouvelles circulations, un tissu cicatriciel visible mais créateur de nouveaux possibles.
Et puis A, livrée à elle-même depuis toujours, poly-consommatrice à quinze ans, sous emprise à dix-sept, submergée par l'angoisse aujourd'hui - logorrhéique, insomniaque, infiniment fragile et pourtant si résistante, résiliente. Une maturité bien trop précoce aussi - je la vois comme un petit esquif dans la tempête, sur une mer sombre dont elle seule sait ce qui se dissimule dans les abysses.
Et puis L, ce petit génie mathématique chinois à l'anglais traînant avec qui je poursuis depuis presque trois ans un dialogue intermittent (car à qui adresser cet ovni ?), qui gagne en profondeur à chaque rencontre, et révèle un questionnement existentiel et un humour insoupçonnables autrefois. Et je vois progressivement émerger du gamin terrifié de nos tout premiers échanges autrefois un jeune adulte qui revendique de plus en plus son indépendance de pensée et d'action.
Et encore J, une autre intelligence affûtée autant que perturbante, qui tente désespérément de trouver le chemin qui lui permettrait de ressentir une émotion, quelle qu'elle soit, sans pour cela avoir à se plonger dans des situations où la souffrance, la sienne ou celle de l'autre, parvient seule à lui donner la sensation d'être un peu vivante.
Chez tous, la rapidité de pensée, la lucidité sont vertigineuses. Et le désespoir, tout autant. Leur intelligence, leur beauté, leur jeunesse ne les sauvent de rien, les sauveront peut-être. Ils sont incroyables. Ils sont bouleversants.
23 mai 2023
Association de malfaiteurs
14 mai 2023
Une si jolie journée
Qui nous aime nous suive ! Ce jour-là, un mélange de générations, d'histoires et d'horizons, juste réunis par l'envie de célébrer ensemble les 20 ans de notre Ellie dans la joie et la bonne humeur. J'adore - l'idée d'une tribu évolutive de gens de coeur, au-delà des conventions et des ruptures, où les traditionnelles frontières amis, amours, familles n'ont pas lieu d'être. Pourquoi Ellie ? Peut-être parce qu'il y a des facettes d'Elsa que ma petite fleur a envie, en tout cas à ce jour, de laisser dans le passé... alors va pour Ellie (ou Rose ? Ou Marguerite ? Est-ce qu'Ellie évoluera un jour vers Lily - qui peut signifier lys ou muguet ?), l'essentiel, c'est qu'elle fleurisse. Ce fut joyeux, bruyant, chantant, et délicieux - autant d'instants précieux.
09 mai 2023
Personne n'est parfait

25 avril 2023
Bonbons des Vosges
21 avril 2023
Haut-le(s)-coeur(s)
"Un ordre social est machinal. Il nous agit. On l'a toujours déjà oublié.
(...) La norme une fois posée, elle n'est plus questionnée. C'est comme ça qu'on fait. La norme est invisible, même si elle est partout, même si elle est atroce. On ne la voit plus, on la prolonge."
Sandra Lucbert, Personne ne sort les fusils
Un livre coup de coeur mais aussi coup de poing. Qui relate le procès Orange, mais aussi bien plus largement dénonce la novlangue néolibérale, et la façon dont elle soutient, justifie, invisibilise la violence du monde du travail et la folie destructrice du capitalisme forcené. C'est brillant - et terrifiant. Ce mépris assumé de l'humain, que l'actualité politique, sociale, écologique met en évidence jour après jour - les quelques hommes qui machinent et dirigent ne prenant même plus la peine de faire semblant d'être au service du collectif.
Personne ne sort les fusils - et pourtant il y aurait de quoi.
15 avril 2023
Illuminations
Dans la sécurité du cercle de femmes, je nomme cette façon que nous avons d'encaisser en permanence, toutes et tous, des micro-chocs (ou pas micro d'ailleurs) qui s'accumulent, s'additionnent, finissent par nous fabriquer une peau apparemment épaisse, un supposé détachement - une armure si poreuse en réalité. Un risque majoré par nos métiers - cette façon de nous effacer devant l'émotion de l'autre, de faire comme s'il n'y avait pas d'impact sur nous-mêmes - ou si peu, juste assez pour lui communiquer une empathie profonde, donc encore à son service.
Je me demande comment ce serait, si je m'autorisais à ressentir pleinement, constamment, ce qui vient me chercher, m'atteint, me bouscule - invivable, probablement, la peau de mon âme (ou de mon ventre ?) est en réalité si fine et sensible...
L'autre apprentissage de cette rencontre, en tout paradoxe, c'est cependant la possibilité de choisir : accueillir l'émotion, la laisser me traverser - acceptation salutaire ; ou pas, et c'est jouissif aussi : je constate que j'ai le choix, que je peux dire non, prendre de la distance, refuser le pathos interne et externe.
A plusieurs reprises l'idée s'impose que ce choix est toujours possible, se laisser abuser ou pas par les apparences, comme si là je pouvais toucher du doigt concrètement le fait que tout cela est un jeu, une projection, une fiction – la vie qui (s')expérimente, rien de plus.
Et puis il y a eu cette jolie de phrase de C. sur son étonnement devant la persévérance de la nature, le bourgeon qui ne se pose pas de questions mais croît et fleurit au printemps, quelques soient les circonstances extérieures... la vie têtue, inébranlable.
09 avril 2023
Les petites lumières
03 avril 2023
02 avril 2023
31 mars 2023
Du coin de l'oeil
Ce n'est pas tout le temps mais... depuis quelques semaines je me fais surprendre par des pointes d'angoisse, ou des pics de chagrin, sans raison immédiate apparente, même si en cherchant... le contexte politique, écologique et social, l'absence de Chamade, la surdité obstinée du père de mes enfants, la maladie de Marion, les grands-parents qui se fragilisent, et l'absorption quotidienne des affects qui se déversent dans mon bureau - angoisse, colère, deuils - y participent.
La remarque anodine d'une collègue, l'histoire douloureuse d'un étudiant, l'atmosphère des manifs, tout semble appuyer à la fois sur un sentiment de vulnérabilité et de solitude, pourtant pas totalement justifiés, et sur un appel urgent au temps, à l'espace, au besoin de prendre un vrai recul, mais comment ?
Trop longtemps sans quitter la ville, sans rupture d'un rythme intense, sans les petites libertés ou les menus luxes que ce qui était un (cependant très relatif) confort financier permet aujourd'hui de moins en moins ? Mon corps est lourd, ma concentration fluctuante, c'est comme s'il y avait un petit nuage noir que je m'efforçais de maintenir sans cesse en périphérie de mon champ de vision - dont j'ai l'intuition qu'il est la somme des émotions et des besoins petits ou grands que je mets de côté jour après jour - pas le temps, pas la place, et puis ce pli pris d'être toujours en réception, qui fait que je m'étonne, dans les rares moments où je dis quelque chose de moi-même qui ne soit pas de surface.
Ce matin, une étudiante m'a demandé si mes patients se souciaient parfois de savoir comment j'allais, et si, dans ce cas, je leur répondais sincèrement. C'est une bonne question...
25 mars 2023
Qui êtes-vous ?
"Quand je demande à ceux que je rencontre de me parler d'eux- mêmes, je suis souvent attristée par la pauvreté de ma moisson.
On me répond: je suis médecin, je suis comptable...j'ajoute doucement: vous me comprenez mal.
Je ne veux pas savoir quel rôle vous est confié cette saison au théâtre mais qui vous êtes, ce qui vous habite, vous réjouit, vous saisit ?
Beaucoup persistent à ne pas me comprendre, habitués qu'ils sont à ne pas attribuer d'importance à la vie qui bouge doucement en eux.
On me dit: je suis médecin ou comptable mais rarement: ce matin, quand j'allais pour écarter le rideau, je n'ai plus reconnu ma main...ou encore: je suis redescendu tout à l'heure reprendre dans la poubelle les vieilles pantoufles que j'y avais jetées la veille; je crois que je les aime encore...ou je ne sais quoi de saugrenu, d'insensé, de vrai, de chaud comme un pain chaud que les enfants rapportent en courant du boulanger.
Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ?
Les choses que nos contemporains semblent juger importantes déterminent l'exact périmètre de l'insignifiance: les actualités, les prix, les cours de la Bourse, les modes, le bruit de la fureur, les vanités individuelles.
Je ne veux savoir des êtres que je rencontre ni l'âge, ni le métier, ni la situation familiale; j'ose prétendre que tout cela m'est clair à la seule manière dont ils ont ôté leur manteau.
Ce que je veux savoir, c'est de quelle façon ils ont survécu au désespoir d'être séparé de l'Un par leur naissance, de quelle façon ils comblent le vide entre les grands rendez- vous de l'enfance, de la vieillesse et de la mort, et comment ils supportent de n'être pas tout sur cette terre.
Je ne veux pas les entendre parler de cette part convenue de la réalité, toujours la même, le petit monde interlope et mafieux: ce qu'une époque fait miroiter du ciel dans la flaque graisseuse de ses conventions !
Je veux savoir ce qu'ils perçoivent de l'immensité qui bruit autour d'eux.
Et j'ai souvent peur du refus féroce qui règne aujourd'hui, à sortir du périmètre assigné, à honorer l'immensité du monde créé..
Mais ce dont j'ai plus peur encore, c'est de ne pas assez aimer, de ne pas assez contaminer de ma passion de vivre ceux que je rencontre".
Christiane Singer
22 mars 2023
Chamade
17 mars 2023
Le sens de la famille
Je profite aussi du bonheur d'être avec mes grands, ce temps suspendu, tous les trois à la maison, avant l'envol définitif de Léo - et puis Elsa aussi commence à imaginer son départ possible... alors, comme je l'ai toujours fait, mais avec un petit pincement au cœur supplémentaire, j'essaie de nous forger des souvenirs. Hier, le "concert-au-cinéma" de Ben Mazué-Grand Corps Malade-Gaël Faye, "un concept chelou" comme disait GCM, mais rigolo - on a dansé et applaudi comme si on était à Pleyel...
Je n'avais pas réalisé à quel point ce thème de la parentalité habite les textes des trois artistes, du coup je me suis laissée cueillir, et puis ce matin j'en ai découvert un autre encore, et c'est tellement ça :
(...) Si jamais j'devais tout perdre, si la roue faisait demi-tour
J'n'aurais besoin que d'leur présence pour que la vie reste facile
Peu importe c'qu'il y a sur la table, c'qui compte c'est qui il y a autour
C'que j'ressens, je veux leur dire, j'crois qu'j'ai l'sens de la famille (...)
14 mars 2023
Après l'école
12 mars 2023
Bonheur à demeure
Ce devait être un week-end au bord de la mer. Et puis les dépenses à prévoir, la fatigue, la météo plus que maussade nous ont fait renoncer. Au lieu de cela, nous avons bricolé. Enfin... nous avons commencé par une virée Leroy-Merlin, puis Samir a bossé, et moi j'ai fait le grouillot, et barbouillé un peu de peinture par-ci, un peu de vernis par-là. Résultat des courses, on a passé un week-end délicieux - j'adore le regarder travailler, chercher des solutions, être attentif à chaque détail... et je suis tellement contente du résultat ! D'autant plus précieux que c'est le cadeau commun de mes 50 ans, et que dans les couleurs, les éclairages, les matières, il y a donc un petit peu de l'amour de chacun, et beaucoup du savoir-faire de mon artisan préféré... comme dans toute la maison.
10 mars 2023
J'avance à l'autre...
08 mars 2023
Warrior Girl
Ce n'est pas que ce soit une bonne nouvelle, loin de là. Et j'espère que ce ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Mais j'avoue : annoncer un cancer via une pochette-surprise "cancer reveal" - (clin d’œil aux gender reveal parties) pour les amies proches avec tablette de chocolat et flacon de CBD de secours, c'est fort. Très, fort. Fallait bien ça, pour encaisser la nouvelle ; mais qui y aurait pensé, sinon elle ?
#mescopinesdéchirent
07 mars 2023
03 mars 2023
Une fleur parmi les fleurs
Quelquefois c'est un alignement d'étoiles - Marion m'avait parlé de ce fleuriste adorable, reconverti après une autre vie professionnelle, Sandrine avait soufflé l'idée de la rencontre-immersion avant le début d'une formation, et j'ai franchi la porte de la ravissante boutique d'Hervé comme un petit coup de poker, pour voir.
01 mars 2023
Dans la cour des grands
J'espère que son idéalisme ne se brisera pas sur les grèves du monde économique et politique, et qu'il pourra y mettre son tout petit grain de sable, ou de sel. Et qu'il se laissera cependant le temps de vivre, de voyager, et d'aimer.
18 février 2023
Un samedi soir sur la Terre
On pourrait se dire que c'est un samedi ordinaire - quelques patients, un déjeuner de copines, faire des courses, une lessive, finir un film sur Netflix, récupérer un bouquin à la librairie et tomber dedans : pas de grandes dépenses, pas de sortie culturelle, pas de dîner en ville, pas de fête jusqu'au bout de la nuit - juste la maison pour moi seule.
Et pourtant l'émotion à fleur de peau, touchée dix fois dans cette journée - par le désespoir de telle patiente à la séparation de ses parents. Par la confiance de tel autre qui se laisse entraîner dans un état hypnotique profond à la rencontre d'un traumatisme oublié.
Par l'authenticité des échanges avec mon amie - la vie, la mort, l'amour, pas de small talk entre nous. Par le discours de Julianne Moore dans le bouleversant Still Alice, sur la maladie d'Alzheimer : qui sommes-nous encore lorsque nous perdons la mémoire ? Par le magnifique L'année de la pensée magique, journal de deuil de Joan Didion (le bouquin de la librairie).
Par les associations d'idées qui m'ont fait plonger, via la musique (ce bonheur d'être seule pour écouter à plein volume et chanter), d'abord dans mes années chorale de gospel, en commençant par This little light of mine puis The storm is passing over et Song in my soul. Puis ramenée vers d'autres temps - c'est fou la puissance d'évocation de la musique, comme celle des parfums - Illumina, Days like this, Calma y tranquilidad, Rude, Alegria, juste les premières mesures suffisent à me connecter à des états, à des visages, à l'atmosphère de ces journées-là - ce soir je réalise à quel point je suis comme une éponge gorgée d'émotions, de blessures à peine cicatrisées, mais je me sens pleinement vivante.
15 février 2023
Février de cette année-là
Les "inédites" ne datent pas d'hier (l'album Petits bonheurs posthumes date de 1996), mais j'aime toujours autant Honte à qui peut chanter et la Chansonnette à celle qui reste pucelle. Et puis l'irrésistible Mélanie, et puis Mourir pour des idées, et puis la Supplique pour être enterré à la plage de Sète...
Et si la voix force un peu par moments, qu'une fragilité se devine, ça ne rend l'instant que plus précieux encore. Je me souviens de concerts tardifs de Barbara, et d'Aznavour un an avant sa mort - si les voix étaient moins puissantes, elles étaient tellement émouvantes, aussi.
14 février 2023
Soyez le changement...
...que vous voulez voir dans le monde. Bon, vu l'état du monde, c'est une tâche un peu démesurée, mais je tenterais bien les petits changements (puisqu'il paraît qu'il suffit de 21 jours pour que notre cerveau trace les routes d'une nouvelle habitude). J'essaie une nouvelle habitude par mois :
- Janvier : carnet des 3 kifs
- Février : suppression de Facebook et Instagram... sur le téléphone
- Mars : j'hésite : challenge méditation sur 30 jours ou suppression des consommations de sucre inutiles ?
Et après ? Après j'aurai certainement d'autres idées...
12 février 2023
Cassignas
A gauche mon moment préféré lorsque je suis là-bas : ouvrir les volets sur le soleil qui se lève entre les branches du grand cèdre...
J'ai fait la connaissance de Twist, le loulou de Poméranie (un genre de micro-renard-hérisson, quelques grammes de chien et beaucoup de poils), et accueilli César et Rosalie, coq et poule de leur état (pour les œufs, il faudra attendre leur acclimatation dans leur nouveau poulailler).
Et aussi dégusté un curry végétarien préparé par un jardinier très cultivé pour son amante anglaise - aussi excentrique qu'alcoolique, en compagnie d'un improbable Christ barbu et chevelu qui aurait eu le temps de sérieusement grisonner et d'affuter un regard indulgent mais amusé sur l'espèce humaine (un ancien travailleur social, ça aide). Le tout dans une petite maison de conte de fées - pierre, bois, trois chats et un poêle ronflant. J'adore.
Et bavardé de longues heures devant la cheminée, un verre de bon vin à la main. Une conversation ininterrompue lorsque nous sommes ensemble, intermittente lorsqu'un océan nous sépare, mais toujours reprise comme si c'était la veille. Les amours, les enfants, les projets, les découvertes : ça aussi, j'adore.
06 février 2023
Wanderlust
03 février 2023
Points communs
Avec ou sans majuscules : ce matin j'ai donné un coup de main à Louis, dans ma librairie coopérative favorite. Sur le papier c'est - ouvrir des cartons, scanner des commandes, ranger des bouquins. Sur le terrain c'est - deux heures de discussion lectures tous azimuts avec un jeune libraire passionné de littérature, de BD, de politique, de cinéma, repartir avec un roman acheté et un essai offert que j'ai ensuite partagé avec Léo, merci le service de presse, absolument enchantée.
La semaine précédente c'était atelier cuisine avec Entissar et son fils, étudiant, théâtreux et photographe - même richesse d'échanges sur les intérêts et les chemins de vie, et le plaisir de faire de mes mains. Décidément, c'est un lieu-ressource, et l'opportunité de belles rencontres - et exactement ce que je recherchais - surtout rien de psy ni de mental, juste des tâches simples et la joie de participer à un beau projet collectif. Quasi un atelier thérapeutique pour moi, et comme le disait Marion : le don, c'est bon !
30 janvier 2023
Il y a trois ans...
...quelqu'un que j'aimais beaucoup m'avait offert, en guise de cadeau d'anniversaire, une consultation chez un voyant. Choix que je n'aurais jamais fait par moi-même. Quand je relis l'enregistrement aujourd'hui, je suis assez bluffée (même s'il a fallu un peu de temps ;-))... Extraits :
"J'aime les gens amoureux, ça vous va bien. Vous n'imaginez même pas comment ça vous va bien : on s'en rappelle même plus (…) L'image d'un homme homme – quelqu'un que vous connaîtriez déjà ?(…) Amour gloire et beauté : travaux dans une nouvelle maison, finances OK, Peut-être vous travaillerez là aussi (…). Un mec qui dit éventuellement je sais pas faire mais dis-moi, et je suis là (…). Ça sera pas une rencontre cérébrale ce sera une rencontre affective. Le cœur qui bat des deux côtés, vous allez voir tout ce qu'on transforme. Quelqu'un sur qui tu peux t'appuyer, compter, qui sait ce que c'est qu'une paternité, qu'une maison à gérer, la vie... (...)
Déménagement, la gamine vous suit, il y a un homme dans la maison, vous y travaillez... c'est chouette ! Moi j'aime bien, je suis un peu fleur bleue j'aime bien les happy ends. Quand les choses marchent en voyance c'est quand les gens se bougent. Et vous vous êtes une femme qui bougez, qui prend les choses en main, c'est ce qui va vous sauver. Et en cadeau : je veux qu'on m'aide et être épaulée et avec le cœur qui bat – la décision que vous allez prendre c'est la bonne."
Air-Bag
En supervision, je râle après la perte de temps voire la perte de chances que peut représenter, pour un patient, un premier contact avec un psychanalyste caricatural qui l'abandonne à la solitude du divan et se contente de faire hum hum, ce sera tout pour aujourd'hui, au revoir. Et j'aime bien la réponse de mon interlocutrice qui me dit, moi quand je les vois arriver après une première mauvaise expérience, je ne ressens pas de colère, mais de la joie devant l'élan qui pousse cette personne à continuer à chercher de l'aide, à garder foi en la possibilité d'une parole.
De la même façon, lorsque je lui partage mon ras-le-bol d'avoir parfois le sentiment d'éponger toute la misère du monde, elle me renvoie aussi à la joie de voir dans le long terme émerger la vitalité, la créativité chez les patients, et la façon dont cela sollicite aussi ces dimensions chez le thérapeute. Et je suis d'accord, bien sûr !
C'est juste qu'actuellement... je suis un peu fatiguée.
28 janvier 2023
Des sorcières comme les autres
Un cercle de femmes, un lieu et un temps hors lieu, hors temps, si loin de nos quotidiens, pour plonger dans nos profondeurs, explorer nos questions, et trouver les réponses que nous n'attendions pas (quel privilège). De ce temps je ramène un lien paisible avec le masculin - en moi et en l'autre, et l'envie de prendre davantage soin de mon féminin - de la possibilité d'être fragile, du droit d'être vulnérable, une invitation à la douceur, à la lenteur pour moi-même. Si la précédente rencontre m'avait invitée à dire oui, peut-être celle-ci me suggère-t-elle d'apprendre à dire non - à m'arrêter quand je suis fatiguée, comme je le fais actuellement, à refuser les sollicitations, à prendre et à faire prendre en compte ce dont j'ai besoin ?
Cruche et fière de l'être !
Ce matin, j'ai eu l'insigne honneur d'être invitée dans le groupe des cruches, dont voici le manifeste :
L’art d’être une cruche
La cruche expose sa rondeur et sa stabilité. Certaines masquent leur contenu comme celles en terre permettant maturation dans leur ventre abrité dans l’ombre, tandis que d’autres laissent la lumière traverser leur corps de verre exposant leur intérieur en toute transparence et infusant ainsi la clarté céleste.
La cruche a une grande ouverture. Ouverture à ce qui peut la remplir. Son espace intérieur accueillant sans réserve ce qui vient la remplir, parfois même à en déborder. La cruche distribue avec générosité ce qu’elle a reçu sans déverser à tort et à travers grâce à son bec verseur courbé de douceur et à sa poignée qui la rendent ergonomique et saisissable.
La cruche est concave et non vide, réceptacle de fluides nourrissants. Elle a cette capacité à reverser ce qui l’a remplie pour se remplir à nouveau et redistribuer légèrement imprégnée de ce qui l’a déjà traversée, infusant à son tour tel un tonneau ancien redistribuant un peu de ses essences.
Sa stabilité donne un socle solide aux fluides instables. Elle est contenante mais non « retenante ». La cruche se doit d’être ouverte, prête à accueillir généreusement ; si elle fermée hermétiquement, elle n’est plus cruche, elle devient un pot plein de vide, ou bien remplie sans espace intérieur. Ce n’est plus une cruche.
Grande ou petite, la cruche a des formes et tailles diverses mais toutes ont en commun aussi la simplicité.
Tellement cruche !
Annabelle C.
18 janvier 2023
Communs
Points communs, c'est le nom de la librairie coopérative, et le Pot commun, c'est le nom du tout récent café associatif adjacent. Au programme, des lectures et des rencontres, mais aussi des jeux de société, des expos, des conférences, de la musique, un prix jeunesse - et pour le café, restauration bio, circuits courts, cafés suspendus, espace coworking - bref, tout pour me plaire.
Ce matin, j'y ai fait ma première matinée de bénévolat, et je me suis régalée, dans tous les sens du terme : j'ai épluché des choux de Bruxelles avec José, un autre bénévole sympa, appris à faire des baklavas avec Entissar, la chef cuisinière syrienne, et joué à la restauratrice en préparant la vitrine de desserts et en en dressant les tables. C'était joyeux, léger, un parfait antidote à l'immobilité et au tout-dans-le-mental de mon métier. Faire de mes mains, rencontrer des gens du coin animés par les mêmes choses, j'ai déjà envie d'y retourner ! La prochaine fois, je donne un coup de main à la librairie.
17 janvier 2023
Gracias a la vida
...que me ha dado tanto...
En ce début d'année, je me suis entendue recommander à une patiente le concept des 3 kifs par jour (Florence Servan-Schreiber), ou "trois questions pour une vie heureuse" en thérapie brève (Luc Isbaert) - ça fait tout de suite plus sérieux. Et puis je me suis dit que je pourrais être tentée d'en faire l'expérience moi aussi, et j'ai commencé un petit carnet au premier janvier.
Le point sympathique c'est qu'il peut s'agir de très petites choses - le sourire d'un inconnu, l'arrivée du métro pile quand on entre sur le quai, le chat qui vient ronronner sur vos genoux - ou de plus grandes, et qu'en exerçant son regard on se rend vite compte qu'il y en a beaucoup plus que trois par jour. J'aime particulièrement la deuxième, qui invite à travailler la gratitude.
Après deux semaines d'observation, je ne peux que constater, ou plutôt, confirmer : l'amour, l'amitié, la gentillesse, les grandes discussions, les petites attentions, mon métier, les livres (les mots en général), le chant, les projets même très modestes (acheter enfin un petit congélateur sur le Bon Coin, prendre des billets pour quelques jours à la campagne en février) sont d'inépuisables et récurrents pourvoyeurs de kifs.
15 janvier 2023
Trop long...
En tout cas, ça explique cette sensation de tunnel anxieux depuis plusieurs semaines, et pourquoi je suis submergée par la parole des patients dès le début de mes journées, et cette envie de pleurer dès que je vois la moindre contrainte s'ajouter à celles qui sont incontournables. Vivement le printemps !


























