To care : j'aime ce mot, qui dit à la fois la précaution, l'attention, la responsabilité, le souci, l'importance, le soin. Care box : un néologisme pour quelque chose comme, boîte à attention (littéralement en anglais imaginaire, trousse de secours).
20 décembre 2023
J'aurais voulu être un artiiiiiiiiiste...
13 décembre 2023
Parents pour toujours
"Lors de mon week-end chez Christiane, nous avions beaucoup échangé sur la complicité avec nos adultes-enfants, toujours nos enfants mais des adultes-enfants qui construisent leurs choix.
Et notre accompagnement évolue, se transforme, régresse parfois, l’adulte-enfant-petit refait surface, nous devenons « déchiffreurs » des bas bruits.
La position de parents, s’invente en permanence, se fourvoie aussi, c’est le rythme vivant."
Eric
Les adultes-enfants parfois, et nous comme déchiffreurs des bas bruits, j'adore les formulations d'Eric, dans lesquelles je me reconnais totalement.
08 décembre 2023
Ce qui vient au monde...
...pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience. - René Char.
Il y a les étudiants et puis, il y a les désormais jeunes adultes de notre entourage, nos enfants devenus grands. Je me rends compte que j'adore les échanges avec cette tranche d'âge, que je trouve toujours mutuellement enrichissants. Peut-être parce qu'une part de moi est indécrottablement dans ces questionnements existentiels de la vingtaine - le sens, la remise en question, la création, le désir d'une vie vivante - voir le post Rencontre - et qu'en même temps il y a un vrai bonheur aujourd'hui à garder une distance amusée et tranquille, la conscience de dimensions qui leur échappent encore, et j'espère, un peu plus de nuances, mais c'est joli d'avoir vingt ans et cette exigence, cette intransigeance parfois.
C'était un plaisir hier d'inviter mon filleul à la Manufacture, déjà pour partager avec lui ce lieu chaleureux que j'aime particulièrement, et de confirmer notre goût commun pour les conversations réelles. Nous avons causé bouquins, cinéma, philo, poésie, cuisine et bons vins, mêlé dans la même conversation René Char, les Lettres à un jeune poète, le musée d'Orsay, les YouTubeurs et We're not really strangers, et passé tous les deux, je crois ! une charmante soirée.
07 décembre 2023
Dans un souffle
Ce qui compte c’est le spirituel, et le spirituel c’est le noyau sauvage, la pudeur affolée dont les religions ne sont qu’une piètre traduction, un apprivoisement.
L’esprit c’est le vent, les rafales de vent sur les dunes des phrases des livres saints. La grande, l’unique liberté. On voit passer l’esprit dans les yeux en flammes de quelques gitans, de quelques poètes, de nombreuses personnes simples et ignorées du monde, dont le rayonnement dans l’invisible est plus fort que celui d’une étoile à son apogée...
Est spirituel ce qui, en nous, ne se suffit pas du monde, ne s'accommode d'aucun monde. C'est quand le spirituel s'affadit qu'il devient du «religieux».
Je n'aime pas ceux qui parlent de Dieu comme d'une valeur sûre. Je n'aime pas non plus ceux qui en parlent comme d'une infirmité de l'intelligence. Je n'aime pas ceux qui savent, j'aime ceux qui aiment.
Christian Bobin
Autoportrait au radiateur
04 décembre 2023
03 décembre 2023
L'amour a ses raisons
Je parlais à un ami de ma relation avec Samir, qui continue de nous surprendre l'un et l'autre - nous sommes tellement différents, avec des vies qui semblaient si peu faites pour se rencontrer, et nous avons de temps en temps je crois chacun des "moments d'étrangeté" face à l'autre - et puis j'ai dit - à ce jour, je me sens aimante et aimée, et cet ami a conclu : c'est l'essentiel, que demander de plus ? Et je suis d'accord. L'identité culturelle, les facilités matérielles, c'est sûr, ça aide, et ça ferait une vie tout à fait différente, mais ça ne suffit pas… et cette sensation de douceur et d'intelligence réciproques, elle ne s'achète pas, ni n'est garantie à terme par la proximité sociologique.
Donc - nous avons de la chance. Et peut-être plus en commun qu'il n'y paraît : la gentillesse, le respect, l'attention à l'autre, l'engagement inconditionnel pour nos enfants, l'habitude de nous débrouiller seuls, la sensibilité, la tendresse... et plus parce qu'affinités ;-). Deux des cinq langages de l'amour aussi, le service et le toucher (j'aime beaucoup cette théorie des langages de l'amour, que Halo m'a fait découvrir et que je transmets souvent à mes patients).
30 novembre 2023
Il était une fois
Peut-être tous les spectacles du Cirque du Soleil pourraient commencer comme cela - Il était une fois. Ce serait à chaque fois une histoire différente - il était une autre fois, mais ce serait toujours cet incroyable pouvoir de nous faire, à un moment, décoller du sol pour nous laisser émerveillés, bouche bée devant l'impossible - humains plus qu'humains et comme en apesanteur - un vélo volant, un acrobate sur rouleaux, d'accord, mais sur une balançoire ? La virtuosité technique disparaît derrière une poésie toujours renouvelée - une mer de nuages, des mains animées, un lion invisible, et j'en oublie. On aimerait imaginer le brain-storming qui précède la création de ces bijoux éphémères, ces rêves de gosse où tout est permis - machines volantes, dîner suspendu à quinze mètres du sol, homme-monde cachant dans son gros ventre une vraie petite personne. Pendant deux heures, j'ai retrouvé ce regard qu'on aimerait être celui de l'enfance - un émerveillement pur, un Oh ! sans réserves.
26 novembre 2023
Jour de fête
Une journée si simple et douce, juste tous les quatre - le plus beau des cadeaux d'anniversaire, être ensemble, tranquillement là les uns pour les autres. Partager un bon repas fait maison, une coupe de champagne, découvrir le cadeau des enfants, si LuLu à tous points de vue : trois places pour Starmania - un moment à partager plutôt qu'un objet matériel, pour un spectacle avec les chansons duquel ils ont grandi, et devant lequel je rêvais depuis sa reprise à la Seine Musicale l'année dernière.
De l'écoute, les nouvelles et les projets de chacun, le regard sur le monde de ces jeunes adultes, des câlins pour tous, un jeu, un peu de musique en fond sonore : un moment si chaleureux et lumineux que j'avais l'impression que nous étions au coin d'un feu de cheminée.
25 novembre 2023
23 novembre 2023
On the sunny side of the street
Ce n'est pas mon premier cours de danse - j'ai fait du modern jazz, de la danse orientale, du tango ; je suis généralement une élève lente, à la coordination motrice approximative, mais volontaire ; là je n'ai jamais été aussi enthousiaste ! Ça m'amuse, ça me fait bouger - indispensable quand on a les fesses vissées sur son fauteuil à longueur de temps, bref, ça m'enchante !
Donc - je me suis fait le meilleur cadeau d'anniversaire possible - hier je me suis offert deux heures de cours particulier à domicile avec Romain, notre prof de groupe, et c'était un super kif ! Déclic, progrès, j'ai plus avancé en deux heures qu'en un trimestre et surtout, j'en suis sortie avec une énergie incroyable, et l'envie de danser encore plus souvent. Trop bien !!! Comme dirait Romain.
19 novembre 2023
Il faudra que je me souvienne...
16 novembre 2023
Rencontre
Peut-être suis-je aussi d'autant plus touchée qu'une part de sa difficulté à vivre provient du fossé créé par l'incommunicabilité de son expérience de vie à des jeunes gens de son âge, lui qui a été confronté si intimement à la question de la maladie et de la mort dès ses premières années. Et qu'ici, dans ce lieu de passage, quelque chose peut en être dit. Même si, comme je l'ai lu quelques jours plus tard à propos d'un tout autre contexte "Ceux qui ont vécu (...) n'ont besoin d'aucune explication ; quant aux autres, ils ne peuvent ni comprendre ce que les survivants ont éprouvé alors, ni ce qu'ils éprouvent aujourd'hui."
13 novembre 2023
L'un ou l'autre ?
05 novembre 2023
Résurrection !
Comme cette étudiante en philo avec qui évoquer Dufourmantelle et son éloge du risque, les expériences spontanées de conscience élargie, la nécessité de s'ancrer dans le corps et dans le souffle pour ne pas trop partir dans une pensée désincarnée... Et puis il y a ceux qui reviennent de tellement loin et qui vont bien ou presque bien aujourd'hui, et qui sont un vibrant hommage à l'espoir et peut-être aussi au sens de ce travail - Maxime, Elsa, Lunia...
22 octobre 2023
Déjà 24 ans ?
21 octobre 2023
Ménoquoi ?
C'est idiot mais... jamais je n'avais envisagé l'arrivée de la ménopause comme une perspective inquiétante. Plus de règles, tant mieux, quelques bouffées de chaleur, so what ? Ce que je n'avais pas envisagé, c'est le sommeil en miettes, le (vrai) brouillard mental, les montagnes russes émotionnelles et même quelques douleurs aussi diverses qu'inhabituelles. Ni le coup de bambou de la confirmation médicale : ah oui, la chute hormonale a été aussi massive que rapide, pas étonnant que le corps et le cerveau rament sévèrement, il va falloir leur laisser un peu de temps pour s'adapter, là.
Bon. Dans les moments où je récupère quelques neurones et où je n'ai envie ni de pleurer ni d'incendier qui que ce soit, j'imagine que ça peut être une expérience, à observer avec curiosité...
Pour toi : prends le temps des décisions très importantes en te posant les bonnes questions pour ton avenir. Après 50 ans, il faut prendre un autre tournant...Même "si on ne paraît pas notre âge"...toutes et tous, on est à notre âge ! (...) La vie est une fleur... hé ! OUI ! Un chemin à effectuer, un carrefour qui arrive... tout simplement, il faut le franchir car à 50 ans, tout à coup... TOUT nous paraît très sérieux ! Le FUTUR t'appartient : tu sais ce que tu as, ce que tu peux supporter, le choix est à toi, tout simplement : A TOI.
YoYo
17 octobre 2023
Loopings
Ces jours-ci ressemblent aux suites de mon précédent Covid - épuisement constant, angoisse diffuse, sommeil fracassé, maux de tête récurrents, vagues de tristesse irrépressible - pas toujours sans raison, mais parfois, si. Il y a une citation qui me trotte dans la tête, je n'arrive pas à la reconstituer, mais c'était quelque chose comme "...ce n'était donc pas le gris qui changeait selon la lumière mais l'humeur du peintre...", et voilà, j'ai le regard gris ces temps-ci, un regard voilé, l'émotion à fleur de peau. Ce soir, j'ai allumé une petite bougie, offerte par YoYo pour mes 50 ans. Un besoin instinctif de chaleur et de lumière.
Il semblerait qu'il y ait peut-être une raison hormonale à tout cela, un virage un peu trop brutal pour que le corps s'adapte en douceur vers la ménopause - peut-être, mais peut-être pas seulement. C'est l'exact revers de la médaille du nouvel élan, une inquiétude, un découragement, un espace-temps qui favorise la lente remontée de ce que j'ai mis de côté pour continuer d'avancer toutes ces années. Des souvenirs, des images, des émotions ressurgissent, plus intacts que je ne l'aurais espéré. Notre inconscient sait, c'est fou : en écrivant ce billet, je prends soudain conscience de ceci : nous sommes le 17 octobre. Il y a quatre ans, Hugo décidait de quitter cette vie - la vague de chagrin, la petite bougie s'éclairent autrement...
Je me suis si souvent entendue le dire à l'un ou l'autre de mes patients - c'est parce que vous êtes maintenant en sécurité qu'il y a en vous la place pour laisser émerger ce qui demande encore à guérir.
(Et puis, en médecine chinoise, la ménopause est pensée comme un second printemps, l'ouverture d'un nouveau cycle).
16 octobre 2023
Sur le bout de la langue
J'aime bien quand au hasard des lectures il y a des phrases qui me sautent aux yeux, me parlent au cœur. Cette semaine, dans l'interview d'une jeune chanteuse neuroatypique : "Je n'en reviens pas de me rendre heureuse". J'adore. Et ça me parle. Cette stupéfaction d'une capacité de bonheur autonome.
Et puis, dans un cartel d'expo : "Chez les Dogons, le même mot signifie tisser et parler. Et dessiner revient à tisser les mots entre eux mais aussi les associations d'idées, les affects, les interrogations, avec les pleins et les vides que le tissage produit, en un "donner forme" original et aléatoire." (Une psy qui gribouille en séance sur les dossiers de ses patients) - Moi qui suis une inconditionnelle de la métaphore du lien, du tissage, de la reprise, cette polysémie m'enchante.
Et parfois ce sont les patients qui me les donnent, comme cet étudiant qui, après un riche échange sur les thématiques existentielles, m'a déclamé de mémoire les premiers paragraphes du texte de Stieg Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Un petit moment de grâce suspendu au-dessus de son désespoir. Il m'a signalé une version enregistrée par Les Têtes Raides du texte intégral, je l'ai dirigé vers Yalom en échange.
Ou cette autre, à qui un médecin étranger a demandé, après une série de malaises consécutifs au deuil récent de son père : c'est une "héritation" ? Oui, voilà, exactement : une héritation. La même s'était émue/amusée (émusée ?) d'une annonce RATP sur son trajet, signalant un ralentissement de la ligne pour cause de petit colis délaissé (le pauvre).
08 octobre 2023
Grand cru
Quand on se promène sur ce blog, il est facile de retrouver nos retrouvailles - ce petit groupe qui se balade en France une ou deux fois par an depuis une formation commune en 2006-2007. Avec ses invariants - les longues marches, les rires et les échanges tous azimuts, et ses variations - l'absence de l'une ou de l'autre, les aléas de nos vies, les lieux aussi - Bretagne, Jura, Drôme... et cette année, Bourgogne.
Mais ce que je garderai cette année, c'est l'émotion d'une dégustation de vins comme nous n'en aurons jamais dans un contexte commercial - faite par le père de mon amie Céline, vigneron à la retraite mais toujours passionné. Parce que le lieu - cette cave fraîche dans une maison bourguignonne, porteuse de l'histoire de plusieurs générations ; parce que le vin, un Pommard exceptionnel qui nous a fait remonter le temps jusqu'en 1991 ; mais surtout parce que l'homme, d'une simplicité et d'une générosité rare. Du genre à ne pas vendre une cuvée qu'il n'avait pas jugée suffisamment bonne. Mais à faire goûter et à offrir (il ne vend plus) des bouteilles qu'il apprécie toujours. Du genre à laisser une trace émue dans la mémoire d'anciens collaborateurs, longtemps après son départ. Du genre à raconter des histoires incroyables - comment le monde entier, USA, Japon, est venu à la rencontre de ce couple né dans ces côteaux et qui y vit toujours aujourd'hui. Un petit moment d'exception, où l'émotion vient aussi du plaisir à transmettre quelque chose du travail d'une vie, du regard de Céline sur ses parents à travers nos yeux - une fierté attendrie, ou une tendresse fière...
Une dégustation au coeur d'un week-end où l'hospitalité de Denise et Jean nous a enveloppés du début à la fin - maison accueillante, cuisine familiale, souci de l'autre - c'est comme si tout s'était aligné, la météo radieuse, les couleurs de la fin de l'été, et cette douceur tranquille dans nos liens - 2023 fut un grand cru.
29 septembre 2023
Câlin
On dit que “apapachar” (“cajoler”, dans son sens le plus proche en français) est l’un des mots les plus jolis qui existent et l’action qui consiste à “caresser avec l’âme” l’est encore plus.
Ce magnifique mot provient du mot nahuatl “apapachoa” (une langue indigène du Mexique) et a déjà fait le tour du monde. Le terme en nahualt n’a pas ce sens si émotionnel, mais celui celui qui est utilisé en espagnol (“apapachar”) a accentué l’aspect “caresse de l’âme”.
Un “apapacho” est plus qu’un câlin et qu’un bon moment, c’est plutôt une complicité, une rencontre émotionnelle, quelque chose qui va au-delà d’un simple contact affectueux. Peut-être que pour la plupart d’entre nous, caresser avec l’âme est très clair mais pour beaucoup, l’intensité est plus ou moins grande selon la culture ou la vision de la tendresse.
(Merci Guilou !)







